<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0">
  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>Le Pérou économique</title>
        <author>
          <persName>
            <forname>Paul</forname>
            <surname>Walle</surname>
          </persName>
        </author>
      </titleStmt>
      <publicationStmt />
      <sourceDesc>
        <bibl>
          <msIdentifier>
            <idno>1019703202</idno>
          </msIdentifier>
        </bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <div>LE PÉROU ÉCONOMIQUE 
285 
et ordinairement les meilleurs, pendant de longs mois, 
quelquefois même pendant plusieurs années. Rendu à son 
foyer après une longue absence, souvent en proie à des 
fièvres intermittentes, on comprend facilement la répulsion 
qu’éprouve le malheureux ouvrier à retourner travailler 
dans les plantations. 
Cette répulsion est en partie justifiée par les procédés 
autoritaires des propriétaires péruviens qui ont conservé 
l’habitude de traiter les indigènes comme des serfs ou des 
esclaves, et parfois avec plus ou moins de justice ou d’hu 
manité. Nous sommes absolument convaincu que traités 
avec fermeté, mais surtout avec douceur et équité, on peut 
obtenir des Indiens Quechuas de la Sierra ou des frontières 
un travail efficace, pourvu aussi qu’on les laisse célébrer 
à leur façon, c’est-à-dire par des libations prolongées, les 
nombreuses fêtes du calendrier chrétien jointes à celles du 
calendrier indigène. Vivant chichement et éprouvant peu 
de besoins, ils ne travaillent que pour satisfaire leur pas 
sion pour les fêtes, les pétards et l’alcool. 
Cependant, il est à remarquer que l’Indien des hauts 
plateaux éprouve toujours une certaine répugnance à 
descendre très loin sur le versant oriental des Cor 
dillères; habitué aux solitudes désertiques des punas, 
les immenses forêts de la Montana font sur son esprit 
une pénible impression ; seul l’appât d’un gain élevé, 
lorsqu’il est endetté, le décidera à y faire de courts 
séjours. 
XI. — Il nous faut aussi dire quelques mots sur les tribus 
d’indiens qui vivent encore à l’état sauvage, éparses dans 
l’immense territoire qui compose le département de Loreto. 
Si on jette les yeux sur une carte du Pérou, on est surpris 
de voir figurer sur les blancs qui désignent des terri 
toires encore peu connus de la Montana un grand nombre</div>
    </body>
  </text>
</TEI>
