INTRODUCTION. « Un fait n’est rien par lui-même, il ne vaut que par l’idée qui s’y rattache ou par la preuve qu’il fournit. Quand on qualifie un fait nouveau de découverte ce n’est pas le fait lui-même qui constitue la découverte, mais l’idée nou velle qui en dérive... L’observation et l’expérience amas sent chaque jour une multitude de faits, mais le rôle de la science n’est pas seulement de former le répertoire de ces faits ; elle doit en saisir la portée, le lien, l’harmonie et le but. La généralisation doit mettre en œuvre les matériaux que lui fournit l’esprit d’observation et d’ex périmentation » (1). Combien rares sont les œuvres d’histoire économique imbues de ce principe fondamental de la méthode scientifique, que Claude Bernard a si bien exprimé. Lisez les descriptions de l’évolution économique d’un pays ; vous y trouverez difficilement une idée direc trice, une généralisation quelconque, une théorie nou velle. On se contente d'amasser des matériaux et des (1) Claude Bernard : Leçons sur les phénomènes de la vie. Paris, 1879, t. 1 [ pp. 45 et 390, cilé par E. ’Waxwkii.kr. Esquisse d’une sociolo gie. 1906 p. 116,