chiffres et on oublie que l’homme de recherche, même en concentrant ses efforts sur un sujet limité, doit collaborer à la réalisation d’un plan d’ensemble. Cet état de choses, assurément regrettable, est dû à l’importance exagérée qu’on attribue aujourd’hui dans les recherches économiques à la méthode inductive. On amasse des matériaux sans avoir acquis des no tions théoriques du problème ; on se perd dans le chaos des faits et l’on termine de gros ouvrages avec cette conclusion ou plus tôt ce manque de conclusion : « c’est cela, mais c’est aussi le contraire ». La nécessité de donner à la méthode déductive la place qu’elle a perdue depuis que l'école historique ou pour mieux dire l’école de Schmoller (1) a triomphé en économie politique, s’impose de plus en plus. Ce n’est point cette méthode elle-même, mais bien sa fausse application qui a conduit les anciens écono mistes à leurs erreurs. « Ceux qui l’emploient, né gligent, écrivait Toynbee, d’examiner de près leurs propositions, de vérifier par des faits leurs conclusions ; leurs arguments sont basés sur des prémisses qui non seulement ne correspondent pas à la réalité, mais qui (1) Nous préferons employer le terme « école de Schmoller «, le mot « école historique » étant beaucoup trop vague. Il y a en Allemagne un grand nombre d’économistes qui se sont adonnés aux éludes historiques et les ont encouragées, mais qui se rattachent à l’école classique et autrichienne (Bûcher, Brentano, Knapp). Il n’y a rien de plus faux que de croire que tous les économistes travaillant dansle domaine historique sont des adeptes de Schmoller, ; rf.vii-miu