Introduction *7 Nous voudrions exposer par un autre exemple bien frappant l’utilité de cette combinaison de la déduction et de l’induction. Il s’agit de la question de la main- d’œuvre féminine dans l’industrie. Les auteurs qui ne recherchent les lois d’évolution que dans la statistique, ont comparé le nombre de femmes occupées en Belgi que dans l’industrie en 1846 et en 1896 et ont trouvé qu’il y avait en 1896 proportionnellement au nombre total, moins d’ouvrières qu’en 1846. Pour notre part, avant d’interroger les recensements, nous avions recher ché les causes susceptibles d’influencer le phénomène, et nous avions abouti à cette conclusion qu’un régime ca pitaliste comme le nôtre doit favoriser le développement du travail salarié de la femme. Les statistiques étran gères confirmaient l’exactitude de cette prévision. En présence de ces constatations, nous nous sommes demandé s’il n’existait peut-être pas en Belgique des conditions spéciales contrariant cette loi d’évolution. Il n’en était rien. La statistique seule devait donc être en faute, et en effet, dans le recensement de 1846, on avait compté 20.000 dentellières d’une catégorie omise en 1896. Or, les chiffres ainsi corrigés véri fiaient notre prévision. Telle est la méthode que nous avons suivie. Avant d’aborder l’étude des faits relatifs à l’évolution indus trielle de la Belgique, nous avons essayé d’arriver à une clarté théorique du problème. Et ce n’est qu’après (l) Voir notre article « La maternité et l’évolution capitaliste. » Revue d’économie politique <909. n°* 7 et 8-9.