INTRODUCTION 9 ment gagne surtout du terrain en Allemagne, où l'école de Schmoller traitait avec un dédain sans égal le père de l'économie politique. « Ce serait aller à l’encontre du progrès, disait en 1897 Schmoller dans son discours rectoral, que de mettre des écoles disparues et des méthodes surannées sur le même pied que des écoles nouvelles et des méthodes plus parfaites : c’est ainsi qu'un pur disciple de Smith, tout comme un pur disciple de Marx, ne peuvent prétendre aujourd’hui être traités sur le même pied que d’autres. Ceux qui ne se tiennent plus sur le terrain de la recherche moderne et des méthodes sa vantes d'aujourd’hui, ne peuvent pas être utiles. » (1) C’est à August Oncken, que revient le mérite d’avoir démontré le manque de fondement de ces allégations. (2) Schmoller lui même a d’ailleurs modifié ses opinions et dans un article paru en 1907, il appelle Smith une des grandes lumières de la civilisation (einen der grossen Sterne der Aufkliirung) qui a exercé sur le monde une influence plus considérable qu’aucun autre économiste après lui. (3). Ce changement d’opinion est significatif pour le reviremeut d’idées qui, dans les dernières années, s’est produit en Allemagne. Les nouveaux courants sont (1) Gustav Schmoller. Politique sociale et économie politique. Paris, 1902. p. 320. (2) August Oncken. Das Adam Smith-Problem. Zeitschrift für Sozial- wissenschaft, 1898 et Adam Smith und Adam Ferguson. Ib. 1909, N. 3 et 4. (3) Internationale Wochenschrift für Wissenschaft, Ivunst undTechnik. 45 Juni.