10 INTRODUCTION encore peu visibles à la surface, mais on voit en regardant de près que la méthode des classiques gagne du terrain. Sombart appelle les économistes du XVIII e siècle des « viel gesclieitere Kerle » (1) que ceux d’au- jourd’liui. « Alors, écrit-il, l’homme statisticien ou théo ricien régnait sur les chiffres ; aujourd’hui ce sont les chiffres qui dominent l’homme. ». (2) Dans les ouvrages récents comme celui d’ALFRED Weber sur la localisation des industries (3) le retour vers la déduction est clai rement visible. Dans une brochure d’AüOLF Weber les nouvelles tendances se manifestent dans une forme très agressive dirigée contre Schmoller et ses adeptes. «Dans le domaine scientifique, dit-il, l’historisme non seulement n’a pas vaincu les classiques, il n’est pas même entré en lutte avec eux » (4). Avant d’abandonner cette question de la méthode, nous tenons également à signaler que notre but est tout simplement de rechercher et d’expliquer les faits sociaux et non de les juger à un point de vue politique, reli gieux ou moral . La facilité avec laquelle on intro duit souvent aujourd’hui en économie politique des opinions purement personnelles, dans un exposé qui devrait être objectif, est préjudiciable à la science. (1) Werner Sombart. Der moderne Kapitalismus Leipzig. 1902. t. II. p. 201. (2) Werner Sombart. Die deutsche Volkswirtschaft im neunzehnten Jahrhundert. Berlin 1903. p. 427. (3) Uber Standort der Industrien. Tübingen. 1909. (4) Die Aufgaben der Volkswirtschaftslehre als Wissenpchaft. Tübin gen 1909. p. 30.