LA BELGIQUE INDUSTRIELLE 23 Des barrières à peine distantes d’une lieue retar daient le transport de la marchandise et la marche du voyageur. Il y fallait chaque fois payer un droit plus ou moins élevé suivant le genre du véhicule et le nombre des chevaux (1). « Il faut avoir le courage de le dire, écrivait le préfet du département de l'Ourtlie, cet im pôt gênant qui arrête le voyageur, le voiturier, l’agri culteur à chaque pas, qui les expose à des retards, à des tracasseries multiples ; cet impôt, enfin, qui coûte tant au peuple et rapporte si peu à l’Etat est une cause perpétuelle de dégradation des routes, et le motif d’une plainte générale » (2). Beaucoup de villes importantes n’avaient pas de com munication entre elles. Briavoinne nous dit dans son livre, publié en 1839, que les habitants du pays peuvent se rappeler, sans remonter à deux générations, qu’il n’y avait aucune route praticable pour les voitures en hiver entre Verviers et Liège (3). Dans la portion du Brabant qui faisait partie du département de la Meuse inférieure nous trouvons une situation semblable (4). Il est donc clair que la Belgique de la fin du XVIII e siècle ne pouvait pas avoir une industrie manufacturière importante, produisant pour le marché national, et nécessitant par conséquent des communications faciles et peu coûteuses. (I) Le Voyageur : 1. c. v. II. p. \ H. i) Desmousseaux : Statistique du département de l’Ourthe publiée par ordre du Ministère de l’Intérieur. Paris, an X, p. 31. (3) N. Briavoinne: De l'industrie en Belgique. Causes de décadence et de prospérité. Si situation actuelle, v. II, p. 201. (4j N. Briavoinne: Mémoire, l.c. p. 103.