LA BELGIQUE INDUSTRIELLE 27 ménagère à cette époque devait aussi bien savoir filer que faire la cuisine. (1). Aux chiffres cités ci-dessus, il fauf ajouter le nombre des enfants, garçons ou filles, employés aux travaux prépa ratoires du tissage et à la filature des étoupes. Nous pou vons évaluer ainsi la population s’adonnant dans le dé partement de l’Escaut à l’industrie linière à 200.000 âmes en 1800 (2). Dans le département de la Lys (Flandre occi dentale), on avait recensé en 1800, 23,133 tisserands (3). Le total des pièces fabriquées dans la Flandre était de 282,793 et le montant de l’estimation s’élevait à 18.382,059 francs (4). Tandis que dans l’industrie linière, les tisserands n’avaient pas encore perdu vers la fin du XVIII e siècle leur indépendance économique et produisaient pour leur propre compte, la draperie avait déjà revêtu le caractère d’une industrie à domicile. » Il y a tout lieu de croire, écrit Dechesne que les marchands drapiers dirigeaient la production et fournissaient la matière première suc cessivement aux fileurs, aux tisserands, aux foulons et aux finisseurs de draps. Tous ces artisans travaillaient pour le compte des marchands et recevaient simplement le prix de façon » (5). (1) Louis Varlez : Les salaires dans l’industrie gantoise, vol. II. Industrie de la filature du lin. Bruxelles, 1904, p. IX. (2) Ernest Dubois : L’industrie du tissage du lin dans les Flandres. Office du Travail. Les industries à domicile en Belgique. Bruxelles, ■1900, v. II, p. i4. (3) Ib. p. 16. (4) Ministère de l’Intérieur : Enquête sur l’industrie linière. Bruxelles, 1 841, v. I. p. 15. (5) L. Dechesne : 1. c. p. 30.