$8 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE les campagnes, le long des rivières et dans les régions forestières du pays. * * * Dans les villes à côté des métiers, qui avaient encore un régime corporatif, nous trouvons quelques manufactures de luxe et quelques autres germes d’industrie. A Bruxelles, la draperie, et la tapisserie jadis si renommées, étaient en décadence complète. « Les camelots de France et -d’Angleterre, » écrit en 1790 George Forster, » ont jeté une telle défaveur sur ceux de Bruxelles, jadis si célèbres, qu’il ne se fait plus d’entre prises importantes dans ce genre de fabriques. Les belles tapisseries qu’on y travaillait sont également tombées dans le discrédit. On en "Comptait encore cinq fabriques il y a quelques années. Actuellement, celle de M. Van der Borgkt est la seule en activité, et il n’y occupe que cinq ouvriers ; encore se plaint-on de la quantité de matières fabriquées qui reste dans le magasin » (1). Charles de Lorraine avait fondé dans son parc de Tervueren près de Bruxelles quelques manufactures, dont la plus considérable était l’imprimerie de toiles, de coton et de papier à meubler. Il y avait aussi une fabrique de faience et de porcelaine (2). Ces manufactures, qui coûtaient beaucoup d’argent et qui au point de vue unique ment commercial auraient constitué de détestables affaires, ne survécurent pas à leur fondateur. Il semble que la seule industrie importante ayant un (1) George Forster : 1. c. v. II. p. 122. (2) Georges Gumont : Manufactures établies par Charles de Lorraine et industries créées ou soutenues en Belgique par le gouvernement autrichien. Bruxelles, 1898 (Extrait des Annales de la Soc. d’archéologie de Bruxelles, T. XII) pp. 3, 4 et 15. ON müwH m