42 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE de coton (1). Il n’y avait plus aucune grande industrie dans cette ville. Quelques petites fabriques de sayettes, quelques-unes de tabac, une faïencerie, 9 savonneries, 9 raffineries de sel, quelques brasseries et quelques autres petites entreprises, rien de plus (2). Meme au XIX e siècle on ne prévoyait pas encore le rôle que Gand devait jouer plus tard dans la vie indu strielle de la Belgique. Comment lutter avec quelque espoir de succès, écrivait en 1805 le préfet du départe ment de l’Escaut à propos des manufactures de coton, contre les fabriques de Bengale, du Malabar et de Coro- mondal qui ont la matière première sur les lieux et la main d’œuvre à un sou de France la journée de tisserands ? « (3). Telle était l’opinion d’un homme compétent sur l’a- (1) L. Vari.ez : 1. c. v. II, p. 2i. L’histoire de la fondation de l’im pression de coton de Gand est intimement liée à la famille Voortmann qui joue encore aujourd’hui un rôle important dans cette ville. Au XVIII e siècle M Voortmann, Hollandais d’origine, avait émigré en Angleteire où il imprimait des cotons pour la Compagnie des Indes orientales. Un de ses employés épousa une demoiselle Story de Car liste ('’) dont le père mourut en 1766 laissant deux fils. Ces jeunes gens suivirent leur beau-frère et Voortmann qui retourna en Hol lande et apprirent le métier d’imprimeur à l’usine de Voortmann. En 1788, l’un des frères Story fut invité par Joseph II à venir à Gand en même temps qu’un capitaliste Clemcns, pour y ériger une imprimerie àAkkergem. Voortmann continua son métier en Hollande. Voyant le succès que remportait son ami Story établi en Belgique, son fils vint à son tour fonder à Gand une imprimerie de coton au quai de Ramage. A cette imprimerie fut jointe sous l’Empire une filature de coton (actuel lement la Société anonyme « Le Texas »). Je dois ces détails â une lettre de M Story, se trouvant à la Bibliothèque de l’Université de Gand dans le dossier Coton. (2) Le Voyageur dans les P. B. A. 1. c. v., p. 5. (3) Faiepout : 1. c. p. 133.