CAUSES DE LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE 49 (ï) Adam Smith : 1. c. vol. Il, p. 409 et 410. quand un artisan a amassé un peu plus de fonds qu’il ne lui en faut pour faire aller son commerce il ne cherche pas à monter avec ce capital une fabrique pour étendre sa vente au loin, mais il l’emploie à acheter de la terre inculte et à la mettre en valeur D’artisan, il devient planteur ; ni le haut prix des salaires, ni les moyens que le pays offre aux artisans de se procurer de l’ai sance, ne peuvent le décider à travailler pour autrui plutôt que pour lui-même. Il sent qu’un artisan est le serviteur des pratiques qui le font vivre ; mais qu’un colon qui cultive sa propre terre, et qui trouve dans le travail de sa famille de quoi satisfaire aux premiers besoins de la vie, est vraiment son maître et vit in dépendamment du monde entier ». « Au contraire, continue-t-il, dans les pays où il n’y a pas de terres incultes, ou du moins qu’on puisse se procurer à des conditions faciles, tout arti san qui a amassé plus de fonds qu’il ne saurait en employer dans les affaires qui peuvent se présenter aux environs, cherche à s'arranger pour préparer de l’ouvrage propre à être vendu plus au loin. Le forge ron élève une fabrique de fer ; le tisserand se fait maître manufacturier en toiles ou en laineries. Avec le temps, ces différentes manufactures viennent à se subdiviser par degrés, et par ce moyen elles se per fectionnent et se raffinent de mille manières dont on peut aisément se faire idée, et qu’il est conséquem ment inutile d’expliquer davantage » (1).