52 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE on écrira un jour l’histoire de la genèse du marché mondial on aura à démontrer comment dans chaque branche d’industrie les changements techniques survin rent en raison de leurs relations mondiales » (1). Si cette conception, comme nous tâcherons de le démon trer plus loin, manque à certains égards de justesse, elle a en tout cas le grand mérite d’être, depuis Adam Smith, le premier essai d’expliquer la transformation de la technique par des facteurs économiques. Parmi les économistes qui ont émis des théories semblables, citons John a IIobson et Schulze-Gaver- nitz. Le premier démontre que « l’histoire des inven tions textiles contribue beaucoup à détruire la « théo rie héroïque » de l’invention, qui prétend qu’une idée jaillit subitement du cerveau d’un génie produit une révolution rapide dans une industrie ». Il prouve que pas une des grandes inventions comme la jenny, la mule, le power-loon n’est due à l’effort et à l’habilité d’un seul homme. Les machines de la filature étaient, d’a près une déclaration faite en 1857 par un ingénieur civil devant un Comité de la Chambre des Lords, une combinaison de 800 inventions et les machines de car- dage une combinaison de 60 brevets. C’est la nécessité qui est la mère de l’invention. « Des hommes comme Kay, Hargraves, Cartwright, dit Hob- son, ont déployé leur intelligence et leur labeur pour vaincre quelques difficultés, qui se sont présentées. Pres que tous les inventeurs de machines textiles étaient des (1) L. Brentàno. Uberdie Ursuchen der heutigen sozialen Not. Leip zig. 1883, p. 7.