68 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE la campagne travaille en Flandre pour son propre usage et consommation et ce que plusieurs familles travaillent également dans les villes » (1). Disons aussi qu’une grande partie de la population se composait, notamment dans les villes, de gens tout-à-fait pauvres, (voir sur le paupérisme, chap. III), qui étaient dans l’impossibilité d’aclieter les produits de l’industrie textile. Si nous tenons compte de ces faits, nous comprenons que malgré l’accroissement très considérable de la po pulation, la demande des produits de l’industrie textile n’ait pas été bien grande sur le marché. L’industrie textile aurait gardé encore pendant long temps son ancien caractère, si un évènement d’ordre politique n’en avait accéléré l’évolution. Par la réunion de la Belgique à la France, un marché de 46 millions d'habitants, protégé contre la concurrence étrangère, notamment anglaise, par le blocus continental, fut ouvert aux produits de l’industrie belge. Les conséquences s’en firent bientôt sentir. « En effet, lisons-nous dans un rapport sur la situation commerciale et industrielle du Luxembourg, pendant la réunion au vaste empire fran çais, l’aisance et l’activité se faisaient remarquer dans les lieux où régnent maintenant la gêne et l’inertie. Les nombreux troupeaux d’Ardenne, seule richesse de nos cultivateurs, trouvaient une foule d’acheteurs et n’avaient qu’à paraître sur les marchés pour être aussitôt enlevés ; les laines, les draps, servant à l'habillement des (8)Ib. p. 12.