EVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE lant plus de lin que de coton. En 1810, il y avait près de 10.000 ouvriers cotonniers au travail. Jamais peut-être on ne vit développement industriel aussi rapide, aussi imprévu. Des établissements grou pant un millier d’ouvriers s’érigeaient et prospéraient dans une ville où, jusque là, la réunion de quelques dizaines d’ouvriers constituait une entreprise notable. Durant cette période fiévreuse, ce n’étaient pas les industriels qui devaient avoir des voyageurs pour pla cer leurs produits, mais bien les consommateurs et les acheteurs qui entretenaient, à grands frais, des agents pour arracher à prix d’or un peu de la production des fabriques gantoises (1). C’est aussi vers ce temps que les premiers métiers de tissage (en 1805) furent employés par la maison F. S. et H. Lousbergs (2). De même que l’introduction de la mule-jenny dans l’industrie cotonnière, la transformation technique de l'industrie drapière fut la conséquence de la réunion de la Belgique à la France. Dès l'occupation définitive de la Belgique par les armées françaises, les commandes commencèrent à af fluer à Verviers et les comptes de 1799 nous disent que les fabriques ne pouvaient plus suffire aux deman des : elles achetaient en Allemagne et dans le Luxem bourg les draps qu’elles ne pouvaient travailler elles- (1) lb. p. 27. (2) N. Briavoinne : Sur les inventions et perfectionnements dans l’industrie depuis la fin du 18 e siècle jusqu’à nos jours. Mémoire couronné le 8 mai 1837, p. 79.