122 EVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE sinon, suivant le mot de Mirabeau, donner les biens ecclésiastiques ?» (1) Des églises étaient vendues pour quelques centaines de francs. Celle de Saint-Pierre à Saint-Trond ne coûta que 375 francs ; celle de Sainte-Catherine, 280 francs. A Liège, le mobilier de Saint-Paul fut adjugé 505 francs; celui de Saint-Jacques, 181 francs ; celui de Saint-Denis 05 francs ; celui de Saint-Bartliélémy, 17. Dans le Limbourg, les acquéreurs de biens nationaux étaient à ce point traités en voleurs par la population, qu’un arreté spécial dût être pris pour leur accorder la faculté de porter des armes (2). Malheureusement, nous savons en somme- très peu de chose sur la vente des biens nationaux en Belgique. Les historiens locaux nous ont très peu renseignés sur les acquéreurs de ces biens. « Leurs descendants, me disait un archiviste, font beaucoup de bien et on n’aime pas de dévoiler l’origine de leur fortune ». Aussi ne puis-je citer que quelques noms de per sonnes qui se sont enrichies par l’achat des biens nationaux et qui plus tard placèrent leurs capitaux dans l’industrie. Un certain citojmn Lecoulteux Can- teleu, par exemple, qui plus tard devint président du Sénat en France avec la sénatorerie de Lyon, acheta, le 2 brumaire an VI le couvent des Chartreux à Liège (3). Prévoyant sans doute un changement gouvernemental, il vendit l’ancienne propriété et acquit avec le produit (1) Ib. p. 9. (2) Demarteau. 1. c. p. 205. (3| Gobert. 1. c. p. 245.