PRÉFACE coopération internationale. Aussi longtemps que les faits relatifs à l’histoire de chaque nation ne seraient pas parfaitement connus, il serait vain de procéder à des analyses comparatives et l’histoire de chaque pays constituerait elle-même un inextricable labyrinthe. On décida donc de dissoudre l’ancien Comité européen de recherches et de le remplacer par un Comité de direction (Editorial Board ) dans chacun des principaux pays (ou par un seul directeur dans les petits pays). La tâche de ces Comités devait se concentrer, au moins pour l’instant, sur l’histoire économique et sociale de leur pays respectif. La première démarche du Directeur général fut de choisir les membres de ces Comités de Direction dans chaque pays. Si le plan de la Dotation avait besoin d’une justification, il suffirait de montrer les listes des noms de tous ceux qui, hommes de science ou hommes d’Etat, ont accepté la responsabilité de ces publications. Cette responsabilité est assez lourde, car elle implique l’adaptation du plan général aux conditions spéciales de chaque pays et à ses habitudes de travail. Le degré de réussite de l’entreprise dépendra du zèle avec lequel les colla- borateurs de chaque nation accepteront d’y coopérer. Une fois constitués les Comités de direction, un premier pas s’impo- sait pour la mise en train de notre histoire. Pas d’histoire sans docu- ments. Avant tout il fallait rendre accessibles pour les recherches, dans la mesure compatible avec les intérêts de l’Etat, tous les docu- ments de quelque importance relatifs à la guerre, locaux ou nationaux. Mais la constitution des archives est une lourde tâche qui appartient de droit aux gouvernements et autres détenteurs de ces documents historiques, non aux historiens ou économistes qui se proposent de les utiliser. C’est une obligation incombant aux propriétaires qui les détiennent pour le compte du public. Les collaborateurs qui se sont chargés de cette partie de l’Histoire de la Guerre ne pouvaient que se borner à un rôle d’enquêteurs, et en acceptant la situation telle qu’elle était, résumer leurs découvertes sous forme de guides ou de manuels bibliographiques ; et peut-être aussi, en procédant à une comparaison des méthodes employées, contribuer à faire adopter celles trouvées les plus pratiques. Tel a été dans chaque pays le point de départ de nos travaux, quoiqu’on n’ait pas dans chaque cas rédigé sur ce point de monographie spéciale. “ Pendant quelque temps il sembla qu’on ne pouvait dépasser cette première étape du travail limitée à la mise à jour des documents. Et si notre plan avait comporté le dépouillement des seuls documents officiels, on n’aurait guère pu aller au delà, car une fois certains doou- ments catalogués comme « secrets », il y a peu de gouvernements assez courageux pour oser briser les scellés. Par suite, des mines de matériaux VII