48 _ LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE classe ouvrière industrielle, avait ce privilège aussi d’être en butte aux sollicitations de l’ennemi. Maintenant, une chose étonnera toujours ceux qui pensent que si le Comité avait eu conscience de la nécessité d’empêcher complètement les ouvriers de se mettre au service de l’occupant, il aurait dû élever le taux des secours au niveau des salaires offerts par l’ennemi, c’est que la résistance patriotique fut soutenue en définitive, par des indemnités bien réduites. Mais il faut tenir compte de ce que les ressources financières étaient limitées, de ce que l’on ne savait au début à quoi l’on s’engageait, et aussi de ce que les inconvénients du secours gratuit furent immédiatement aperçus, non seulement par les employeurs, les industriels et hommes d’affaires, mais par les promoteurs du système. On savait bien que le Secours Chômage encouragerait la paresse, qu’il y aurait des fraudes, qu’il rendrait difficile la reprise normale du travail. On encourait ces risques par nécessité et par devoir patriotique immédiat, choisissant de deux maux, le moindre. Mais on réduisait l’indemnité au minimum pour en diminuer les effets nocifs.