ORGANISATION DU SERVICE ; — que des nouvelles relatives au ravitaillement, aux dispositions du Comité Exécutif et à celles du pouvoir occupant. On prenait contact avec les dirigeants à Bruxelles, avec les délégués des diffé- rentes provinces, on se consultait, on se concertait. Rien de plus utile, de plus important du point de vue moral. En temps de guerre, ou plus exactement en temps d'occupation, les caractères se classent vigou- reusement en pessimistes et optimistes, et il est à remarquer que, d’une manière générale, ceux-ci ont plus d’influence dans le mélange que les premiers. Le défaitiste est, par tempérament, découragé et peu énergique. Le confiant est plus actif, plus fort, plus discuteur, plus persuasif. Il se peut que son action dure peu, mais, répétée, elle finit par avoir raison du corrosif que distille le déprimé. C’était, en tout cas, ce qui se constatait toutes les semaines au Comité National. Combien de fois n’avons-nous pas vu des délégués de province partir dans les plus noires dispositions d’esprit et revenir avec des forces d’espoir et d’encouragement ? Les présidents des divers Comités provinciaux rapportaient de Bruxelles les procès-verbaux dactylographiés et des instructions orales, Ils les communiquaient dans une séance du Comité provincial de Secours et d’Alimentation qui avait lieu généralement le lendemain de leur retour. Là, se trouvaient les délégués de tous les arrondisse- ments de la province, qui étaient chargés, à leur tour, de remettre les instructions dernières aux Comités locaux. Parfois, il y avait au siège du Comité Provincial même, des réunions des délégués des Comités locaux. À Liége, elles devinrent rapidement périodiques. Au moment où commençait le Secours Chômage, en avril 1915, on peut dire qu’il y avait dans toutes les communes du territoire occupé un Comité local de Secours et d’Alimentation. C’était essen- tiellement, l’organisme actif du ravitaillement. Mais, depuis trois mois déjà, le Comité National avait insisté pour que, à son image, chaque Comité local soit divisé en deux sec- tions bien distinctes : le Secours d’une part, l’Alimentation d’autre part. Il y avait à cela des raisons d’administration très pressantes : le rôle de chaque section était différent. Mais il y avait aussi des raisons d’ordre moral : il convenait d’intéresser un plus grand nombre de citoyens au travail du Comité ; d’occuper tant de personnes habi- tuées à se dévouer aux œuvres sociales et de bienfaisance, et de maintenir parmi elles une activité dont les résultats ne pouvaient être que profitables à la nation. Cette division du travail s’était certai- nement opérée d’une façon générale dans la plupart des Comités locaux. Toutefois, il est bon de dire qu’à raison même du principe de la décentralisation qui était la base du régime du Comité National, 5.