L'ORGANISATION DANS LA PROVINCE DE LIÉGE > Mais il était impossible que le paiement fut toujours absolument complet dans la quinzaine, soit par suite de l'absence, du retard, de la négligence, du décès de chômeurs, soit pour d’autres causes. Il en résultait que les Comités locaux avaient toujours des reliquats, dont l’import n’était pas constaté. En outre, ce système occasionnait des retards. Il fut donc abandonné et l’on adopta dans toute la province le système des provisions, qui fut d’autant plus commode que le nombre des chômeurs finit par se stabiliser et que l’on put déterminer plus exactement les sommes nécessaires. Des inspecteurs spéciaux du Comité National venaient périodiquement vérifier la comptabilité. En ce qui concerne le mode de distribution des secours, le Comité provincial de Liége prit dès le début la résolution de ne-pas faire appel aux organisations ouvrières. L'accord fut, sur ce point, obtenu de tous les partis. On préféra laisser aux Comités locaux de chômage la responsabilité complète de la distribution, et d’exiger d’eux qu’ils eussent dans leur sein des représentants qualifiés de la classe ouvrière. Le règlement imposait la distribution des secours en nature. Mais il permettait qu’elle ne fut pas directe, c’est-à-dire en marchandises et qu’elle se fit en bons. Au début la direction provinciale pensa émettre des bons vaiables dans toute la province. Mais il parut bientôt que ce système n’était pas pratique, et ce furent les Comités locaux qui pendant des mois assumèrent la charge et la responsabilité de leurs émissions. Pendant assez bien de temps, le Comité de la ville de Liége s’en dispensa et remit les secours en espèces. Le Comité de l’arrondissement de Verviers émit des bons pour tout son ressort. Mais à partir du mois de novembre 1915, pour satisfaire aux instructions du Comité National, un modèle uniforme de bons fut imposé aux Comités locaux, et le Comité provincial prit à sa charge les frais d'impression. La grande majorité des Comités distribuaient les secours uniquement en bons valables dans les magasins du Comité d’Alimentation et les commerçants de la localité. Quelques Comités distribuaient les secours en partie en nature et en partie en bons ; d’autres, avaient des bons transformables en marchandises déterminées : pain, farine, pommes de terre, etc. Un service important de la direction provinciale de chômage était le service du contrôle. Il fut institué dès le mois de juin. Il ne comprenait alors que six contrôleurs dirigés par un contrôleur en chef. Leur mission était non seulement de vérifier toutes les opérations des Comités locaux, formation des listes de chômeurs, distribution de secours, comptabilité, etc, mais de leur donner des conseils aussi 1