104 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE Molenbeek, Anderlecht. Tous les ouvriers et apprentis, âgés de 14 à 40 ans, inscrits au Fonds de Chômage ou secourus par le Comité Natio- nal sont tenus de se faire inscrire. Ces cours s’adressent particulière- ment aux ouvriers mécaniciens, ajusteurs, raboteurs, tourneurs, ete… en général à tous les ouvriers travaillant le métal. Les allocations accordées aux chômeurs et, éventuellement, les secours accordés par le service de l’Alimentation pourront être supprimés aux ouvriers et apprentis de 14 à 40 ans qui ne fréquenteraient pas les cours. Le Sous-Comité local de Bruxelles ». La menace du retrait des secours eut pour effet de faire affluer les chômeurs à l’école. Commencés le 1er septembre avec 129 élèves, les cours durent être divisés dès le 6 septembre; on dût renvoyer les chômeurs de Molenbeck dans leur commune, où l’on mit une école à la disposition du Comité. Le nombre des élèves augmentant toujours, le 15 septembre l’école de Bruxelles fut transférée au Palais du Midi, vaste local appartenant à l’administration communale. Les inscriptions s’élevèrent à un moment donné jusqu’à 1.200. Mais bientôt, des articles parurent dans les journaux censurés annonçant que le projet du Comité National ne serait pas approuvé. Ils avaient soin aussi de faire connaître que les chômeurs n’avaient pas l’obligation de suivre ces cours. Vers la fin d’octobre, le nombre des élèves était de beaucoup dimi- nué. Il avait fallu renvoyer beaucoup d’illettrés aux écoles primaires. D’autres élèves, très irréguliers ne se présentaient à l’école qu’à des intervalles très rares et disparurent dès qu’il se confirma que l’obliga- tion de fréquenter les cours n’était pas sanctionnée. Aux premiers jours de novembre, le nombre des élèves assistant aux leçons descendit à moins de 200. La population de l’école ne devint stable qu’en décem- bre, quand, appliquant une circulaire de la Ville de Bruxelles, on eût opéré le triage entre les chômeurs et séparé ceux qui avaient à compléter leurs connaissances, des illettrés et des chômeurs indiffé- rents à l’école. À partir de ce moment, la fréquentation fut des plus satisfaisantes. « Encore faut-il constater, dit le rapport du Comité, qu'aux jours pluvieux et froids de l’hiver, nombreux ont été les élèves qui n’ont pu venir en classe, faute de chaussures suffisamment imper- méables et de vêtements assez chauds ». Le même rapport ajoute : «Nous n’avons eu qu’à nous louer de l’esprit des élèves, qui ont été irréprochables au point de vue de la discipline ». Se basant sur les renseignements contenus dans les fiches que les chômeurs avaient dû rédiger eux-mêmes, le Comité décida d’établir