156 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE nité leur paraissant insuffisante, soit qu’ils fussent retenus en prison par le pouvoir occupant, pour l’une ou l’autre de ces contraventions de police, si abondantes à ce moment, et notamment celles encourues pour transport illicite de denrées. Les rations alimentaires étant manifestement insuffisantes, et le seul moyen de les compléter étant l’activité des fraudeurs, chaque jour des milliers de Gantois et de Gantoises partaient pour la campagne à la chasse des denrées, soit pour eux-mêmes, soit pour autrui. Le risque, considérable, était d’être arrêté et condamné pour le crime de se ravitailler. En juin 1917, le Fonds fit une enquête au sujet de ses membres qui se trouvaient à ce moment en prison du chef de transport de denrées, généralement de pommes de terre. Il y avait 15 hommes et 46 femmes. Ajoutez ceux, beaucoup plus nombreux, qui à ce moment, sans avoir eu la malchance de se faire arrêter, méprisaient les dix sous du Fonds en considération du bénéfice bien plus considérable du commerce clandestin ». Pour se rendre compte du fonctionnement et des transformations du Fonds de Chômage de Gand pendant l’occupation, il faut se rappe- ler les principes de son organisation au moment de l’ouverture des hostilités. Il consistait essentiellement à doubler le premier franc de l'indemnité accordée par la Caisse de chômage du syndicat. Cette « majoration » était faite grâce aux subventions de la Ville de Gand ou des communes affiliées au Fonds. La majoration n’était pas versée intégralement au chômeur qui y avait droit : on ne lui en remettait que 60 pour cent, les 40 pour cent restants étant réservés pour lui être distribués, à raison de 3 francs par semaine si le chômage se prolongeait au delà de la période d’indemnisation prévue par les statuts de la caisse de chômage. Ainsi, si un syndiqué chômait et recevait de son syndicat 2 francs par jour pendant 50 jours et si son chômage durait 150 jours, il rece- vait pendant les 50 premiers jours, 12 francs de son Syndicat et 3 fr. 60 de la Ville de Gand ou 15 fr. 60 par semaine. Puis, pendant 40 jours, 3 francs par semaine de la Ville ; pendant 60 jours, rien du tout. Son secours total était donc : Du Syndicat : 100 francs. De la Ville : 90 francs. Si le Syndicat ne payait que 50 francs, le secours de la Ville restait fixé au maximum de 50 francs (1). A côté des Caisses syndicales de chômage, le Fonds de Gand avait toujours fait une place à l’épargne individuelle et collective, en faisant participer aux « majorations » les retraits de fonds opérés en période (1) VARrLEZ , rapport cité, pp. 32-33.