LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND À Le Secours-Chômage eut pour première conséquence de soulager les finances communales : on supprima, pour les indigents, membres du Fonds, le secours de 50 centimes par jour, et le Fonds cessa son intervention en faveur des femmes et des enfants indigents. Pendant quelques semaines, le Fonds de Chômage continua à accorder ses propres secours à ses affiliés ; mais comme ce régime créait une inégalité entre les secourus, et avantageait les plus fortunés, on finit par décider de payer le même secours communal à tous. Toutefois, la Ville se montra un peu moins sévère que le Comité National quant à la limite du besoin. Voici comment M. Varlez explique la collaboration du Fonds de Chômage au secours du Comité National : « Pendant plusieurs mois, conformément au premier règlement du Secours Chômage du Comité National, le Comité local de Secours laissa le Fonds de Chômage et, par lui, les Syndicats, distribuer les secours suivant les méthodes rapides usitées par nos institutions, tandis que les secourus du Comité National ne recevaient leur secours que plus tard par l’entremise des bureaux du Comité. Ce système eut pour effet d’amener des divergences assez sensibles d’application entre les deux catégories de distributeurs. Des efforts, assez inutiles, furent faits pendant quelque temps pour établir le départ exact entre les sommes payées au nom du Fonds et celles dues par le Comité National. Mais ces calculs auraient amené des frais et des efforts disproportionnés au résultat à atteindre, et finalement, le Comité National, tenant compte du but d’utilité publique renonça à exiger le remboursement des petites sommes dont le Fonds permettait l’avance en son nom. Ce règlement de comptes tout à fait favorable aux intérêts de la Ville fut exécuté à condition que, pour l’avenir les dépenses de la Ville et celles du Comité National fussent tout à fait séparées et que les secourus du Fonds, qui jusque là touchaient en une fois au syndicat leurs deux secours, — communal et national — allassent toucher au Comité local de Secours le montant du secours de celui-ci. La collaboration du Fonds et du Comité local prit fin le 14 octobre 1916. » La seule difficulté un peu sérieuse qui s’éleva entre les deux organismes fut au sujet du point de savoir si les allocations du Fonds devaient entrer en ligne de compte dans les « autres ressources » des secourus. Finalement, elles en furent exclues. Le projet d’enseignement professionnel obligatoire pour chômeurs du Comité National reçut, naturellement, un appui enthousiaste du Fonds de Chômage de Gand et de la Ville. Quand il dut être abandonné sur l’injonction des autorités allemandes, « on organisa des conférences publiques auxquelles nombre de chômeurs assistèrent ». 16 11