166. LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE décision fut communiquée par le président au bourgmestre allemand Kunzer. Après quelques moments d’hésitation assez inquiétants, ce dernier déclara qu’il acceptait provisoirement l'expérience et qu’aucun de ses collaborateurs « belges » n’assisterait aux séances. «Nous devons reconnaître, ajoute M. Varlez, que cet engagement fut scrupuleusement tenu et que seul le bourgmestre allemand ou son collaborateur assistaient aux séances du Comité, sans en réclamer la présidence, à laquelle ils avaient droit. Par dérogation aux règles ordinaires de l’administration de ces temps troublés, la correspon- dance se faisait directement entre le bourgmestre et le président du Fonds, sans intervention d’aucun échevin. Le bourgmestre allemand laissa d’ailleurs une grande liberté au Comité et lui assura les ressour- ces financières nécessaires à son fonctionnement normal. Malgré l’élaboration de plusieurs projets contre le fonctionnement du Fonds, émanant des échevins dont le Comité dépendait nominalement, aucun ne fut pris en considération pendant le règne du bourgmestre allemand et de ses acolytes ». Cependant, le Fonds de Chômage devait obéir aux ordres du bourg- mestre. « Le plus cruel à exécuter, dit M. Varlez, fut celui qui obligeait à communiquer la liste des secourus, que le Comité n'avait aucun droit de refuser. Ce dernier eut recours à l’arme des faibles et les difficultés administratives et techniques permirent de gagner plusieurs semaines, précieuses aux intéressés, au milieu de la décomposition de l’armée allemande qu’on voyait avancer rapidement. La liste ne fut finalement remise au sous-bourgmestre Schurucker qu’après que celui-ci eut affirmé que la communication n’avait qu’un but purement statistique et qu’il eut affirmé qu’aussi longtemps qu’il remplirait ses fonctions, les listes ne tomberaient pas en mauvaises mains ». Est-ce en corrélation avec cette déclaration que quelques jours plus tard, le sous-bourgmestre donnait sa démission ? Nous ne pour- rions le préciser, mais en tout cas, il ne paraît pas que les Jistes du Fonds de Chômage aient servi de base à des réquisitions d’hommes ou de femmes. On avait d’ailleurs atteint, dans l’entre-temps, la fin septembre et les victoires des armées alliées rendaient les abus moins redoutables. La période qui suivit immédiatement l’armistice fut encore une période d’épreuve pour le Fonds de Chômage. Le retour des déportés, la destruction des usines, le manque complet de matières premières, la cessation des travaux faits pour le compte des Allemands, tout cela avait pour effet d’augmenter le chômage dans des proportions inconnues même pendant l’occupation : les