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        <title>Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande</title>
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            <forname>Ernest</forname>
            <surname>Mahaim</surname>
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        NEC.
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        HISTOIRE ECONOMIQUE ET SOCIALE
DE LA GUERRE MONDIALE
(SERIE BELGE)

LE
SÉCOURS ne CHOMAGE en BELGIQUE
PENDANT
L'OCCUPATION ALLEMANDE
Ernest MAHAIM
rte à ed ie
PUBLICATIONS DE LA DOTATION CARNEGIE
POUR LA PAIX INTERNATIONALE
LES PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE. PARIS
YALE UNIVERSITY PRESS, NEW-HAVEN. U. S. A.

PAR
        <pb n="5" />
        <pb n="6" />
        Publications de la
Dotation Carnegie pour la Paix Internationale
Section d’Économie et d°’Histoire
        <pb n="7" />
        HISTOIRE ECONOMIQUE &amp; SOCIALE
DE LA GUERRE MONDIALE
DIRECTEUR

James T. SHOTWELL
Professeur d'Histoire à l'Université Columbia (U.S. A.)
Série Belge
DIRECTEUR-ADJOINT
HENRI PIRENNE
Professeur d'Histoire à l'Université de Gand
(Voir à la fin de ce volume la composition des Comités étrangers
et la liste des monographies se rapportant à chaque pays).
        <pb n="8" />
        HISTOIRE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE
DE LA GUERRE MONDIALE
(SÉRIE BELGE)

LE
SECOURS pe CHOMAGE rn BELGIQUE
PENDANT
L'OCCUPATION ALLEMANDE
Ernest MAHAIM
PUBLICATIONS DE LA DOTATION CARNEGIE
POUR LA PAIX INTERNATIONALE
LES PRESSES UNIVERSITAIRES DE FRANCE, PARIS
YALE UNIVERSITY PRESS, NEW-HAVEN. U. S. A.

PAR
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        #
PREFACE

À l'automne de 1914, quand l’étude scientifique des répercussions de
la guerre sur la vie moderne passa tout à coup du domaine de la théorie
dans celui de l’histoire, la Division d’Economie et d’Histoire de la Dota-
tion Carnegie se proposa d’adapter son programme de recherches aux
problèmes nouveaux que la guerre allait susciter ou, si l’on préfère,
aux problèmes anciens qu’elle allait transformer.

Le programme existant, tel qu’il avait été rédigé dans la conférence
des économistes tenue à Berne en 1911 et qui traitait des questions
alors actuelles, avait déjà donné lieu à des travaux de haute valeur,
mais pour bien des raisons, il ne pouvait plus être maintenu tel quel.
Un nouveau plan fut donc tracé, à la demande du directeur de la Divi-
sion. Il avait pour but de mesurer, par une vaste enquête historique,
le coût économique de la guerre et les perturbations qu’elle causerait
dans la marche de la civilisation. Il y avait lieu de penser qu’en confiant
une telle entreprise à des hommes compétents et d’esprit pondéré,
et en la menant selon la méthode vraiment scientifique, elle pourrait
finalement fournir au publie les éléments nécessaires pour se former
une opinion éclairée, et servir par là les intentions d’une Fondation
consacrée à la cause de la Paix internationale.

Le besoin d’une telle analyse, conçue et exécutée dans le véritable
esprit de la recherche historique, s’est fait de plus en plus sentir au fur
et à mesure que la guerre s’est développée, déclanchant toute la multi-
plicité des forces nationales, non seulement celles qui visaient à la
destruction, mais aussi celles qui aboutissaient à la création de nou-
velles énergies productives. L’apnarition de ces formes nouvelles d’acti-
vité économique qui, en temps de paix, se seraient traduites par un
accroissement de richesse sociale et qui ont donné parfois l’illusion d’une
prospérité grandissante — et, d’autre part, le spectacle de l’incroyable
endurance dont firent preuve toutes les nations belligérantes pour sup-
porter des pertes sans cesse accrues — ont rendu nécessaire de soumettre
à un examen plus approfondi tout le domaine de l’économie de guerre.

Une double obligation s’imposa donc à la division d’Economie et
d'Histoire. Elle dut prendre pour règle de concentrer son travail sur les
        <pb n="11" />
        PRÉFACE

problèmes ainsi posés et de les étudier dans leur ensemble ; en d'autres
termes, de leur appliquer les critériums et les disciplines de la méthode
historique. En raison même de ce que la guerre, prise dans son ensemble,
constituait un seul fait, quoique se répercutant par des voies indirectes
jusqu’aux régions les plus reculées du globe, l’étude de la guerre devait
se développer sur un plan unique, embrassant tous ses aspects à la fois
et pourtant ne égligeant aucune des données accessibles.

Aussi longtemps que la guerre a duré, on ne pouvait songer à
l’exécution d’un tel programme. On pouvait tenter des études occa-
sionnelles et partielles (quelques-unes ont été publiées sous la direction
de la Division Economique), mais il était impossible d’entreprendre
une histoire générale, et cela pour des raisons évidentes. D'abord toute
étude autorisée sur les ressources des belligérants aurait influencé
directement la conduite des armées. Aussi les gouvernements avaient-
ils grand soin de soustraire à toute enquête les données de la vie éco-
nomique, même celles auxquelles, en temps normal, le public a accès.
En dehors même de cette difficulté, les collaborateurs qui eussent été
qualifiés pour ces études étaient pour la plupart mobilisés et par
conséquent hors d’état de se livrer à de pareilles recherches. Le plan
d’une histoire de la guerre fut donc ajourné jusqu’au moment où les
circonstances rendraient possibles dans chaque nation, non seulement
la communication des documents, mais la collaboration des spécialistes,
économistes, historiens, hommes d’affaires, et où leur coopération à ce
travail collectif ne pourrait plus donner lieu à des malentendus, ni
quant à ses buts, ni quant à son contenu.

Dès la guerre finie, la Dotation reprit son plan primitif. Il se trouva
qu’il s’adaptait assez bien, sauf quelques légères modifications, à la
situation nouvelle. Le travail commença dans l’été etl’automne de 1919.
Une première conférence des économistes composant le Conseil consul-
tatif (Advisory Board of Fconomists), fut convoquée à Paris par la
Division d’Economie et d’Histoire. Elle se borna à tracer un programme
de courtes études préliminaires ayant trait aux principaux aspects de
la guerre. Comme le caractère purement préliminaire de ces études
fut encore accentué par le fait qu’elles portaient plus spécialement sur
les problèmes urgents de l’Europe à ce moment, on décida de ne pas
en faire des fragments de l’histoire générale mais d’y voir simplement
des essais d’intérêt immédiat pour la période de l’après-guerre. Visible-
ment la conférence ne pouvait établir à priorà? aucun programme
d’ensemble ; il fallait créer un instrument plus spécialisé que celui qui
existait si l’on voulait entreprendre l’histoire économique et sociale
de la guerre. Pour cela il fallait une enquête menée d’abord par une
organisation nationale et ne faisant appel que subsidiairement à une

VI
        <pb n="12" />
        PRÉFACE

coopération internationale. Aussi longtemps que les faits relatifs à
l’histoire de chaque nation ne seraient pas parfaitement connus, il
serait vain de procéder à des analyses comparatives et l’histoire de
chaque pays constituerait elle-même un inextricable labyrinthe. On
décida donc de dissoudre l’ancien Comité européen de recherches et de
le remplacer par un Comité de direction (Editorial Board ) dans chacun
des principaux pays (ou par un seul directeur dans les petits pays). La
tâche de ces Comités devait se concentrer, au moins pour l’instant,
sur l’histoire économique et sociale de leur pays respectif.

La première démarche du Directeur général fut de choisir les
membres de ces Comités de Direction dans chaque pays. Si le plan de
la Dotation avait besoin d’une justification, il suffirait de montrer les
listes des noms de tous ceux qui, hommes de science ou hommes d’Etat,
ont accepté la responsabilité de ces publications. Cette responsabilité
est assez lourde, car elle implique l’adaptation du plan général aux
conditions spéciales de chaque pays et à ses habitudes de travail. Le
degré de réussite de l’entreprise dépendra du zèle avec lequel les colla-
borateurs de chaque nation accepteront d’y coopérer.

Une fois constitués les Comités de direction, un premier pas s’impo-
sait pour la mise en train de notre histoire. Pas d’histoire sans docu-
ments. Avant tout il fallait rendre accessibles pour les recherches,
dans la mesure compatible avec les intérêts de l’Etat, tous les docu-
ments de quelque importance relatifs à la guerre, locaux ou nationaux.
Mais la constitution des archives est une lourde tâche qui appartient
de droit aux gouvernements et autres détenteurs de ces documents
historiques, non aux historiens ou économistes qui se proposent de les
utiliser. C’est une obligation incombant aux propriétaires qui les
détiennent pour le compte du public. Les collaborateurs qui se sont
chargés de cette partie de l’Histoire de la Guerre ne pouvaient que se
borner à un rôle d’enquêteurs, et en acceptant la situation telle qu’elle
était, résumer leurs découvertes sous forme de guides ou de manuels
bibliographiques ; et peut-être aussi, en procédant à une comparaison
des méthodes employées, contribuer à faire adopter celles trouvées les
plus pratiques. Tel a été dans chaque pays le point de départ de nos
travaux, quoiqu’on n’ait pas dans chaque cas rédigé sur ce point de
monographie spéciale.

“ Pendant quelque temps il sembla qu’on ne pouvait dépasser cette
première étape du travail limitée à la mise à jour des documents. Et
si notre plan avait comporté le dépouillement des seuls documents
officiels, on n’aurait guère pu aller au delà, car une fois certains doou-
ments catalogués comme « secrets », il y a peu de gouvernements assez
courageux pour oser briser les scellés. Par suite, des mines de matériaux

VII
        <pb n="13" />
        PRÉFACE
indispensables à l'historien lui restent inaccessibles, quoique leur
publication ne puisse présenter bien souvent aucun inconvénient.
Tant que l’état d’esprit né de la guerre pesait ainsi sur nos recherches
et risquait de les entraver pendant bien des années encore, il fallait
découvrir quelque autre solution.

Heureusement cette sclution a pu se trouver grâce aux souvenirs
et aux impressions personnels, appuyés d’ailleurs sur des documents
dignes de foi, de ceux qui au cours de la guerre ont participé à la direc-
tion des affaires ou qui, simples observateurs, mais favorablement
placés, ont pu recueillir de première ou de seconde main une connais-
sance précise de certaines phases de la guerre et de leurs conséquences
sociales. C’est ainsi qu’a pu être établi le plan d’une série de mono-
graphies historiques ou descriptives où les faits seront exposés, non à
titre officiel, mais néanmoins de source autorisée, monographies qui
se classent à mi-chemin entre le type des mémoires personnels et celui
des rapports officiels. Ces monographies constituent le principal de
notre œuvre. Elles ne sont pas limitées aux faits de guerre ni même à
ses suites immédiates, car l’histoire de la guerre se prolongera longtemps
après que celle-ci aurà pris fin. Elles doivent embrasser aussi la période
de « déflation » au moins assez pour permettre de se faire, sur les per-
turbations économiques dues à la guerre, un jugement plus sûr que ne
le permettrait le seul examen des faits immédiatement contempo-
rains.

Avec cette nouvelle phase du travail, la tâche des directeurs a pris
un nouveau caractère. Le plan des monographies a dû être compris en
raison des collaborateurs disponibles plutôt qu’en raison des matériaux
existant, comme c’est le cas dans la plupart des histoires, car les sources
étaient aux mains des collaborateurs eux-mêmes. Ceci, à son tour
impliquait une nouvelle attitude à prendre en face du double idéal
d’exactitude et d’objectivité auquel doit toujours tendre l'historien.
Pour permettre à chaque collaborateur de donner toute sa mesure,
il fallait éviter de l’enfermer dans le cadre d’un programme trop rigide :
il fallait prévoir que les mêmes faits seraient présentés sur des plans
différents et vus sous des angles variés, et que des événements y seraient
compris qui ne rentrent pas strictement dans les limites de l’histoire.
Il ne fallait même pas vouloir obtenir partout une stricte objectivité.
On ne pouvait empêcher une certaine partialité, née des nécessités de
la controverse et de la défense. Mais cette partialité même est dans
bien des cas une partie intégrante de l’histoire, les appréciations des
faits par les contemporains étant aussi instructives que les faits mêmes
sur lesquels elles portent. D’ailleurs le plan, dans son ensemble, est éta-
bli de façon que les monographies d’un même pays se contrôlent mutuel-

VIII
        <pb n="14" />
        PRÉFACE :
lement ; là où ce ne serait pas le cas, nul doute que d’autres ouvrages
parallèles, publiés dans les autres pays, ne puissent servir de cor-
rectif.

Outre ces monographies destinées à utiliser les sources, d’autres
études sont en préparation ayant un caractère technique et limité, et
portant sur des points précis d'histoire ou de statistique. Ces mono-
graphies ont, elles aussi, le caractère de travaux de première main, car
elles enregistrent des faits recueillis assez près de leur source pour per-
mettre des vérifications qui deviendraient impossibles plus tard. Mais
d’autre part elles constituent aussi des applications de la méthode
constructive par laquelle l’historien passe de l’analyse à la synthèse.
Mais il s’agit d’une tâche difficile et longue et qui commence à
peine.

On pourrait dire, pour caractériser les premières phases d’une his-
toire comme celle-ci, que l’on n’en est encore, suivant l’expression
américaine, qu’à la « cueillette du coton ». Les fils emmêlés des événe-
ments restent à tisser pour fabriquer l’étoffe de l’histoire. Dans un
travail constructif et créateur comme celui-ci on peut être obligé de
changer de plan et d’organisation.

Dans une entreprise qui implique une coopération aussi complexe
et aussi variée, il est impossible d’établir, autrement que d’une façon
très générale, la part de responsabilité des directeurs et des auteurs
dans la rédaction des monographies. En ce qui concerne le plan de
l’Histoire de la Guerre dans son ensemble et son exécution, c’est le
Directeur général qui assume la responsabilité ; mais quant aux arran-
gements de détail et à la répartition des travaux entre les collaborateurs,
c’est surtout l’affaire des Comités de direction et d’édition dans chaque
pays, qui ont aussi à lire les manuscrits préparés sous leur direction.
Néanmoins l’acceptation d’une monographie n’implique nullement
l’approbation des opinions et conclusions qui s’y trouvent formulées.
La Direction borne son rôle à s’assurer de la valeur scientifique des
travaux, et à vérifier s’ils rentrent bien dans le cadre du plan adopté,
mais les auteurs auront naturellement toute liberté de traiter les sujets
à leur gré. De même aussi la Dotation, par le fait qu’elle autorise la
publication de monographies, ne doit pas être considérée comme don-
nant son approbation aux conclusions qui s’y trouveront formu-
lées.

C’est devant l’histoire seulement que la Dotation sera responsable :
d’où résulte pour elle l’obligation de réunir et de présenter tous les
faits et tous les points de vue aussi complètement et aussi exactement
que possible, sans chercher à en éliminer aucun dès qu’ils sont essentiels
à l’intelligence générale de la guerre.

IX
        <pb n="15" />
        PRÉFACE

Le présent ouvrage traite un sujet spécial de l’histoire économique
et sociale de la guerre. C’est, à proprement parler, un chapitre de
l'histoire de la classe ouvrière ; en même temps, c’est un exemple
de l'adaptation sociale d’un peuple sous le régime de l’occupation
militaire ennemie. L'intérêt qui s'attache à cette double recherche
n’échappera à personne. D’une part, on se rendra compte de la des-
tinée d’une population laborieuse compacte, dans un pays de grande
industrie voué pendant de longs mois à l’inaction. On pourra juger
de l'importance à la fois sociale et politique d’un système de secours
qui empêchait les ouvriers de mourir de faim et les retenait d’offrir
leurs services à la puissance occupante. D’autre part, on verra se
former et fonctionner une administration spéciale improvisée, sortie
des besoins du moment. Les difficultés, les complications, les imper-
fections même de ce mécanisme sont mises au jour avec un luxe de
détails et de précisions qui offrent le plus grand intérêt pour tous
ceux qui s'occupent de la lutte contre le chômage. L’auteur a eu le
privilège de participer à cette administration, son exposé est un
témoignage de première main.

James T. SHOTWELL.

La
; af
        <pb n="16" />
        AVANT-PROPOS

Celui qui veut connaître l’histoire économique et sociale de la
grande guerre ne peut négliger le Secours de Chômage en Belgique.

C’est déjà un prodige que ce petit pays surpeuplé ait pu vivre et
subsister pendant quatre ans et demi — prodige accompli par la
générosité des peuples étrangers et tout particulièrement du peuple
américain, et par la géniale habileté de cet homme prodigieux lui-
même, qui s’appelle Herbert C. Hoover.

Mais ce qui est particulièrement intéressant, dans ce phénomène,
est le traitement qui fut appliqué à la classe ouvrière. Pays indus-
trialisé à l’extrême, la Belgique a vu son industrie et son commerce
arrêtés tout d’un coup, et la population laborieuse réduite à l’inac-
tion. Comment et dans quelle mesure l’a-t-on aidée, soutenue, con-
servée ?

C’est ce que ce livre essaie de décrire. Travail malaisé, pour plu-
sieurs raisons. Tout d’abord, les documents commencent déjà à faire
défaut. Les archives du Comité National ont bien été versées dans
les dépôts provinciaux des Archives de l’Etat Belge, mais elles n’y
sont pas classées, et si elles comprennent des quantités énormes de
pièces, il y en a une infinité qui se répètent et sont sans intérêt, tandis
que celles qui seraient particulièrement intéressantes ont disparu —
tout spécialement celles qui se rapportent au département Secours.

Ensuite un des caractères essentiels de l’organisation du Comité
National était la liberté laissée à ses sous-organismes. Rien de plus
naturel. Dans un pays occupé par une armée ennemie, où les com-
munications sont difficiles, il est impossible de voir fonctionner un
gouvernement régulier faisant observer partout des prescriptions
uniformes. Delà, de province à province, de région à région, même
de commune à commune, des différences, des contrastes. Il faudrait
pour les connaître tous, pouvoir faire un grand nombre de mono-
graphies, ce qui ne nous a pas été possible.

Toutefois, comme nous avons participé à l’administration du
Secours-Chômage comme directeur général du Secours-Chômage dans
la Province de Liége, nous étions à même de fournir des renseigne-
ments irrécusables et vécus. Nous n’avons pas manqué d’en faire
        <pb n="17" />
        x AVANT-PROPOS
usage. Non pas que nous considérions notre œuvre comme un modèle,
mais il nous a paru que, comme exemple, elle était instructive.

Enfin, il est difficile aussi de rendre compte, dans un sujet aussi
touffu, aussi particulier, de la marche même du temps et des événe-
ments. Nous avons essayé, autant que possible, de suivre l’ordre
chronologique. Mais dans plus d’un chapitre, il a fallu, soit revenir
en arrière, soit anticiper.

Nous n’avons pas craint d’entrer quelque peu dans la technique
de l'administration. Nous avons pensé, en effet, que si quelqu’un
veut faire un jour l’histoire complète du chômage et des moyens que
l’on emploie dans les divers pays pour le combattre, il ne sera pas
fâché de trouver démontés quelques rouages du mécanisme en fonc-
tion en Belgique pendant la guerre. Delà, l’analyse que nous avons
faite des dispositions réglementaires adoptées, et des étapes qu’elles
ont suivies. On ne nous en voudra pas non plus, d’avoir élucidé quelques
statistiques intéressantes, dans un sujet où la statistique est si large-
ment utilisée.

Ceux qui ont eu à s’occuper de l’administration d’un Secours-
Chômage, n’importe où, ne seront pas étonnés de voir surgir, même
sous la domination de l’ennemi, les mêmes problèmes et les mêmes
difficultés. Quel que soit le pays et quelles que soient les circonstances,
il faut définir le chômeur, combiner un système équitable et pratique
d'allocations, déjouer les fraudes, etc. Les techniciens du chômage
ne manqueront pas de faire, grâce à notre expérience, des compa-
raisons instructives.

Nous nous en voudrions de ne pas ajouter que nous avons écrit
les pages qui suivent avec piété. Elles nous rappelaient, à chaque
instant, une période émouvante de l’existence de notre patrie. C’était
l’époque où les esprits étaient tendus vers une seule et unique pensée,
où les souffrances s’oubliaient dans la joie du sacrifice et l’exaltation
de l’âme. Nous n’avons mis ici ni haine, ni prévention. Nous décri-
vons sans plaider une cause. Mais on ne nous empêchera pas de dire
que nous croyons avoir montré que la Belgique a, ici encore, écrit
une page glorieuse de son histoire.

E. M.

II
        <pb n="18" />
        CHAPITRE PREMIER
Les caractères essentiels de la Belgique
au point de vue économique

Pour comprendre la nature et l’étendue du problème du chômage
en Belgique pendant l’occupation allemande, il est nécessaire de se
rappeler les caractères de l’économie belge avant la guerre.

Petit pays, la Belgique représentait, en territoire, la dix-huitième
partie de l’Allemagne ou de la France, la dixième du Royaume-Uni,
la deux cent soixante-huitième partie des Etats-Unis d’Amérique.
La plus grande longueur du pays, du nord-ouest au sud-est ne dépasse
pas 285 kilomètres : du nord au sud, la plus grande largeur est de
175 kilomètres ; en quatorze jours, l’armée allemande, malgré l’arrêt
subi à Liége, occupait la capitale, au centre du pays.

Au moment de l’invasion, la population belge comptait sept mil-
lions et demi d’habitants : exactement 7.423.783 d’après le recense-
ment du 31 décembre1910 et 7.638.757 d’après la population calculée
au 31 décembre 1913. Comme points de comparaison, nous dirons
que les Allemands étaient à peu près neuf fois plus nombreux, les
Français cinq fois, les Anglais six fois, et les Américains des Etats-
Unis vingt-deux fois.

Mais, si l’on s’en tient à la densité de la population, la Belgique
occupait la première place, avec 252 habitants par kilomètre carré,
tandis que l’Allemagne n’en comptait que 120, la France 70, le
Royaume-Uni 144, et les Etats-Unis 12.

Cette population, si serrée sur son territoire, n’y vivait cependant
point malheureuse, puisque l’émigration était nulle (en 1913, il y
avait eu 41.324 départs contre 45.506 entrées), et que depuis 1860,
les immigrations étaient constamment supérieures aux émigrations.
En outre, les étrangers aussi trouvaient le moyen d’y vivre et d’y

rester, puisqu’au recensement de 1910, on en comptait 28.242 à
demeure.

Si la natalité y suivait la pente de la dégression qu’elle suit danse
tant d’autres pays d’Europe et d’Amérique, il n’en est pas moins
        <pb n="19" />
        2 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE

vrai qu’entre les deux recensements de 1900 et 1910, le coefficient
d’augmentation de la population était de 1,03 par an, exactement
semblable à celui de l’Angleterre et du Pays de Galles, supérieur de
beaucoup à celui de la France (0,16), et dépassé seulement en Europe
par les pays de race germanique, dont l’Allemagne (1,41), et certains
pays scandinaves et balkaniques.

La prospérité de la Belgique n’était pas plus contestable que la
densité de sa population. Le voyageur qui la traversait en chemin de
fer était frappé non seulement de la proximité des stations, des vil-
lages et des villes, mais de la tenue magnifique des cultures, sur une
terre où pas un pouce de terrain cultivable n’est abandonné, de la
multiplicité des usines, des charbonnages, des établissements indus-
triels de tout genre. S’il débarquait à Anvers, il se rendait compte éga-
lement de ce que le commerce ne le cédait en rien à l’industrie et
à l’agriculture. Quelques chiffres rendront concrets les traits caracté-
ristiques de l’économie belge.

On a l'habitude de considérer la Belgique comme un pays exclu-
sivement ou principalement industriel. Cela se conçoit parce que
c’est l’industrie qui compte surtout sur les marchés étrangers. Mais
c’est une grande injustice de méconnaître l’importance de l’agricul-
ture. La vérité est qu’il est difficile de dire si la prospérité du pays
tient plus à l’une qu’à l’autre activité économique. Au point de vue
du chômage pendant l’occupation allemande, il convient de retenir
l’attention sur ce fait que près de 1.200.000 personnes étaient occupées
dans l’agriculture, d’une part parce que l’agriculture ne fut guère
atteinte par le chômage et d'autre part parce qu’elle continua, malgré
les difficultés techniques les plus grandes, à faire des bénéfices qui
permirent à ses membres de vivre et de vivre mieux que les personnes
occupées dans l’industrie (1).

Tout d’abord l’étendue cultivée est considérable : d’après le recen-
sement agricole de 1910 il y avait, sur la superficie totale du pays,
qui était de 2.945.557 hectares, 1.947.966 hectares de terres cultivées,
529.781 hectares de bois et forêts et seulement 116.493 hectares de
terres incultes, soit moins de 4 pour cent du total, proportion qui
n’est égalée par aucun autre pays.
rs ratée Hs

(1) « L’agriculture belge a présenté pendant la guerre un caractère paradoxal :
sa prospérité économique fut en raison inverse de son perfectionnement technique.
La terre s’épuisait, son rendement diminuait, le nombre de têtes de bétail s’amoin-
drissait, la production en lait et viande tarissait ; néanmoins la valeur du capital
mort et vivant ne cessait d’augmenter, et le rendement commercial de l’exploitation
de s’accroître ; en d’autres termes, plus l’agriculture tombait en décadence, plus le
cultivateur s’enrichissait ». À. FIENRY, Etudes sur l’oceupation allemande en Belgique,
Bruxelles, 1920, p. 183.
        <pb n="20" />
        CARACTÈRES ESSENTIELS AU POINT DE VUE ÉCONOMIQUE

Outre la « grande culture » des céréales, des légumineuses, des
plantes industrielles, des plantes racines et des fourrages, les cultures
« dérobées » de 190.163 hectares faisaient donner à la terre une
deuxième récolte par an, et la culture des légumes, des fruits et des
fleurs en serres ajoutait une précieuse valeur au domaine agricole.

Le monde entier sait que, malgré le développement de son agri-
culture, la Belgique était obligée d’importer une grande partie de sa
subsistance de l’étranger. M. A. Henry, le savant directeur général
au Ministère de l’Agriculture, qui fut aussi le Secrétaire général du
Comité National de Secours et d’Alimentation, a exprimé en jours
de consommation, les quantités que la Belgique produisait et celles
qu’elle devait importer : (1)

PRODUCTION INDIGÈNE IMPORTATION

POTGS  siapaeneue ex un +70 11H72
Bêtes bovines ..........….. Ts
Pommes de terre .......…..
AVOING ++ 0h 2e rmasrr ch à
Seigle ti rure+ ue
Froment ..… 2uivaut Ve vs

La production de lait, de fruits, de légumes, était insuffisante pour
les besoins du pays ; on voit que le déficit n’était vraiment important
que pour le froment, l’avoine et le seigle — et aussi pour les graisses
alimentaires.

Mais le déficit n’était point dû à l'incapacité de nos agriculteurs :
ls tenaient la tête au point de vue du rendement par unité de super-
ficie. D’après le Bulletin de Statistique agricole de l’Institut Interna-
tional d’Agriculture de Rome, le rendement par hectare nous classait
en second rang pour le froment, le Danemark ayant le premier, mais
en premier rang pour le seigle, l’orge et l’avoine, les pommes de terre,
le houblon et le tabac.

C’est que la Belgique est restée le pays des petites exploitations
agricoles, — ce qui est intéressant à noter au point de vue de chômage.
Nulle part ailleurs l’étendue moyenne d’une exploitation n’est aussi
faible : 2 hectares 30 ares, en comptant toutes les exploitations,
5 hectares 86 ares, en excluant du caleul les exploitations de moins
de 40 ares, De même, la Belgique est le type du pays de petits proprié-

(1) A. HENRy, op. cit, p. 192 et, dans la présente collection, M. A. Henry, Le
ravitaillement de la Belgique pendant l’occupation allemande, p. 13.
        <pb n="21" />
        4 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
taires. M. Seebohm Rowntree, qui a étudié la Belgique comme per-
sonne, nous a appris en 1910 que le nombre total des propriétaires
fonciers, 719.986, représentait 10 pour cent de la population totale
ou 18 pour cent de la population de plus de vingt et un ans: que
chaque propriétaire n’a pas en moyenne plus de 3 hectares 87 ares,
que plus des deux tiers des propriétaires ont moins d’un hectare
chacun, et que 95 pour cent ont moins de 10 hectares (1).
Quant au bétail, «nous voyons, dit le même auteur, que la Belgique

a sur les autres pays la même supériorité sous ce rapport que sous
celui des récoltes : elle les dépasse tous au point de vue du nombre
d’animaux par kilomètre carré de territoire. Si nous comptons huit
moutons comme équivalent à une bête à cornes ou à un cheval, nous
arrivons aux chiffres suivants, représentant le nombre d’animaux
(chevaux, moutons et bestiaux) par kilomètre carré de territoire dans
les différents pays ci-après :

Belgique 00 timicmetmts ia tenir rene d

Danemark 1001000 ie airs ie ait ES

Grande-Bretagne ......….+…&lt;+0e0000 0e

Allemagne ++ #»{ceanirieeiaic annees

France... Africa cent ces cu

On évaluait, en 1913, «à un milliard et demi de francs la valeur

annuelle de la production végétale de l’agriculture belge et à 950 mil-
lions celle de la production animale, soit environ deux milliards et
quart au total » (2).
“ Si intensive et si progressive que fût l’exploitation agricole, elle
ne parvenait pas cependant à nourrir la dense population de la Bel-
gique : c’était grâce à l’industrie qu’un aussi grand nombre de per-
sonnes pouvait vivre sur un territoire aussi exigu (3).

La Belgique occupait dans le monde une place peut-être plus
remarquable encore par l’industrie que par l’agriculture. Ses produits
fabriqués faisaient, sur les marchés étrangers, aux produits des grandes
vations une concurrence redoutable. Mais son caractère industriel

(1) V. SEEBOHM RowNnTREE, Comment diminuer la misère, p. 43. Voici en outre
son témoignage sur la valeur propre de l’agriculture belge : « Si l’agriculture belge
occupe parmi les autres nations une place si honorable au point de vue de sa produc-
tion — elle les dépasse toutes dans presque tous les cas — il est certain qu’elle ne le
doit pas aux qualités naturelles du sol qui, nous le savons, n’a rien d’extraordinaire :
le fait est que dans les Flandres, où la culture est le plus intensive, le sol est en grande
partie sablonneux et était autrefois extrêmement stérile. Cette prospérité est due à
d’autres causes parmi lesquelles nous ne pouvons nous abstenir de citer le contraste
frappant entre les petites exploitations et le rendement élevé de la Belgique d’une
part, les grandes fermes et le peu de rendement de la Grande-Bretagne d’autre part».

Op. cit, p. 185.
(2) Rapport général du Comité National, 17° partie t. 1, p. 12.
(3) V. aussi, dans la présente collection, M. A. Henry, ch. 1, p. 14.
        <pb n="22" />
        CARACTÈRES ESSENTIELS AU POINT DE VUE ÉCONOMIQUE 5
se manifestait surtout par la proportion des personnes occupées
dans l’industrie, qui s’accroissait continuellement par rapport à la
population totale. De 7 pour cent en 1846, elle était passée à 18 pour
cent en 1896, et elle était montée à 23 pour cent en 1910.

Et pourtant ce n’est pas l’abondance de ressources naturelles
qui était la cause de cette primauté : c’était surtout, comme pour
l’agriculture, l’activité du peuple qui faisait la prospérité de la
nation. Comme principale richesse naturelle, elle n’avait guère que
ses mines de houille, qui produisaient en 1913, 22.841.000 tonnes,
valant 419 millions de francs, et occupaient 145.000 ouvriers. Depuis
longtemps, ses mines de fer étaient épuisées, mais cela n’empéchait
pas ses 54 hauts fourneaux à feu en 1913 de produire 2.484.690 tonnes
de fonte, ses fabriques de fer, de produire 304.350 tonnes de fers
finis et ses aciéries de donner 2.405.000 tonnes d’acier brut et 1.858.000
tonnes d’aciers finis. Elle n’avait guère de minerai de zinc, mais ses
14 fonderies de 1913 produisaient 204.000 tonnes de zinc brut et
ses 10 laminoirs, 515.000 tonnes de zinc laminé, ce qui la mettait
immédiatement après les Etats-Unis et l’Allemagne pour la produc-
tion de ce métal. Ses usines à plomb, avec leurs 55.000 tonnes, lui
donnaient le troisième rang en Europe.

L’industrie du verre, ancienne et florissante, au pays de Charleroi,
avait une exportation mondiale, et les glaceries perfectionnées fabri-
quaient environ le quart de toute la production de glaces.

Dans les industries textiles, si les Flandres n’avaient plus la pri-
mauté universelle qu’elles eurerit au moyen âge, Verviers tenait, pour
la laine et le drap, une place de premier rang, comme Gand et Courtrai,
pour certaines qualités de fil et de tissus de lin.

Pour tout résumer en deux chiffres, le recensement du 31 décembre
1910 fixait à 1.710.161 le nombre de personnes occupées dans l’indus-
trie et l’on évaluait de 2 milliards et demi à 3 milliards de francs
la valeur des produits fabriqués.

Ce qu’il faut retenir pour apprécier l’importance de l’arrêt du
travail, c’est que de plus en plus, les principales industries vivaient
de l’exportation. La verrerie et la glacerie vendaient à l’étranger
près des neuf dixièmes de leur production, la métallurgie et la cons-
truction mécanique près des deux tiers, les filatures de lin, de laine,
de soie artificielle, également, l’industrie des armes à feu, les trois
quarts, et d’autres de même. Dans l’économie de la nation, l’indus-
trie jouait un rôle de plus en plus capital, parce que, en présence
du déficit relatif croissant de l’agriculture, elle seule permettait
à la population de vivre aussi dense sur un territoire aussi exigu,
dépourvu de grandes richesses naturelles. Le Belge se procurait à
        <pb n="23" />
        6 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
l'étranger son pain pendant dix mois, sa viande, ses œufs, la graisse
alimentaire, lui achetait ses minerais, sa laine et tant de matières,
en travaillant dur et à bon marché et en vendant à ses fournisseurs
de grandes quantités de demi-produits ayant en général une faible
valeur, et un petit nombre de produits finis — situation qui avait été
créée par le protectionnisme douanier de tous ses voisins.

Ce régime n’est explicable que quand on se rend compte enfin
de l’importance de la situation géographique du pays. La Belgique
est essentiellement un pays de transit. Elle se trouve au carrefour de
grandes routes maritimes et terrestres. C’est ce qui fait la valeur de
son commerce qui, au 31 décembre 1910, occupait 522.763 personnes.
«Le plus puissant courant commercial maritime du monde prend
naissance sur le pourtour de la Mer du Nord et se dirige vers l’ouest.
Il s’épanouit en un faisceau de lignes de navigation dirigées vers les
pays d’Amérique, vers l’Afrique et vers la Méditerranée. La Belgique,
située à l’origine de ce courant commercial et y prenant une part
active par le port d’Anvers, n’est pas isolée. Elle reçoit aisément, et
de première main souvent, les denrées alimentaires et les matières
premières et expédie facilement vers les pays d’outre-mer les produits
de ses usines ». (1)

De là la primauté d’Anvers, qui était en 1912 le premier port de
l’Europe, avec un trafic représentant 13.751 tonnes-registre à l’entrée,
et 13.722 à la sortie, tandis que Hambourg n’avait que 12.347 tonnes
et 12.595, Londres 12.986 et 11.066, Rotterdam 11.548 et 11.528,
Liverpool 11.810 et 9.008. Seul au monde, New-York le dépassait,
avec 14.464 et 14.371 tonnes.

Aussi, le commerce extérieur de la Belgique était une de ses gloires.
La valeur des importations avait atteint en 1913 5.050 millions de
francs, celle des exportations 3.716 millions, ce qui classait le pays
au sixième rang en valeur absolue, et au second rang en valeur relative,
avec 661 francs d’importation et 486 francs d’exportation par tête
d’habitant. Le transit, qui dénote aussi en un certain sens, une indus-
trie importante, celle des transports, se montait à 2.460 millions
ou 322 francs par tête d’habitant, proportion qui n’était atteinte nulle
part.

Ces résultats n’étaient possibles que par le développement extraor-
dinaire de l’outillage de la nation, tels, les chemins de fer. La Belgique
avait été la première, en 1835, à adopter l’exploitation des chemins

(1) DELMER, Aperçu général et caractéristique de l’industrie belge, dans Etudes sur la
Belgique. Anvers, 1912.

Voir aussi dans la présente collection, CH. DE KERCHOVE, L’Industrie belge pendant
l’occupation allemande, 1'e partie, ch. I.
        <pb n="24" />
        CARACTÈRES ESSENTIELS AU POINT DE VUE ÉCONOMIQUE

de fer par l’Etat, et le réseau s'était accru au cours des temps de
façon à lui maintenir encore à ce puint de vue une situation excep-
tionnelle. En 1913, la longueur totale des lignes en service était de
4.637 kilomètres, dont la presque totalité exploitée par l'Etat, et la
plus grande partie à double voie. Il faut y ajouter 4.892 kilomètres
de chemins de fer vicinaux, dont l’importance économique ne saurait
Être exagérée. Quant au trafic, inutile de dire qu'il était d’une inten-
sité peu commune : avec 1.055.000 voyageurs par kilomètre et 52.000
tonnes de marchandises, les chemins de fer de l’Etat seuls nous met-
taient en tête des exploitations similaires. On conçoit immédiatement
l’importance stratégique de ce réseau aux mailles serrées, qui permet-
tait le déplacement rapide de troupes dans toutes les directions.

Au point de vue du chômage, il convient de signaler une parti-
cularité intéressante du système des chemins de fer belges : grâce
à des tarifs extrêmement réduits, une large portion de la population
ouvrière utilisait les chemins de fer, soit tous les jours, soit une fois
par semaine, pour se rendre au siège de son travail. D’après une étude
approfondie, à laquelle l’auteur de ces lignes s’est livré en 1910,
on pouvait évaluer à 320.000 le nombre d’ouvriers qui utilisaient
en une année les coupons de semaine à prix réduits. De la sorte, une
grande partie de la classe ouvrière pouvait résider à la campagne et
trouver cependant dans l’industrie une occupation rémunératrice (1).

Un mot enfin de la situation financière. L’épargne était une vertu
belge. L’épargne des petites gens était en grande partie concen-
trée à la Caisse Générale d’Epargne et de Retraite qui gérait un
capital total de près d’un milliard et demi de francs en ses divers
services. La Bourse de Bruxelles, située à proximité des grands marchés
financiers de Londres, Paris, Berlin procurait un placement aisé
à une fortune mobilière évaluée en avril 1914, à huit milliards de
francs. La Banque Nationale, gérée avec prudence et habileté depuis
un demi-siècle, assurait un taux de l’escompte extrêmement bas
et garantissait sans effort une circulation financière d’un milliard
de billets. Le cours du change était partout favorable. Les finances
de l’Etat étaient aussi prospères que celles d’aucun autre grand
Etat européen ; les impôts, extraordinairement modérés, le budget
de 1912 étant de 895 millions, soit 118 francs par tête d’habitant.
La dette publique n’était que de 4.613 millions soit 615 francs par habi-
tant, et le 3°, était coté de 75 à 80. La fortune générale du pays
était évaluée à la veille de la guerre par un expert bien informé à

(1) V. ERNEST MAHAIM, Les Abonnements d’ouvriers sur les lignes de chemins de
fer belges et leurs effets sociaux. (Notes et Mémoires de l’Institut de Sociologie Solvay),
Bruxelles, 1910, p. 32.
        <pb n="25" />
        8 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
55 milliards de francs, ce qui rangeait la Belgique immédiatement
après la France et l’Angleterre (1).

Cela suffit, nous semble-t-il, pour donner une idée des traits essen-
tiels de l’économie belge avant la guerre. Mais ce n’est point pour
le vain plaisir de vanter notre patrie que nous les avons rappelés.
Nous avons voulu montrer la variété, la complexité, l’intensité de
l’activité économique de ce petit pays tranquille et laborieux au
moment de l’invasion. On percevra mieux ainsi quel ébranlement
produisit, dans cette ruche bourdonnante, la déclaration de guerre.

(1) Les calculs de la fortune générale d’un pays sont toujours fort approximatifs.
M. CLAVIER cite (La Fortune belge à la veille de la guerre ; Bruxelles, imp. van Buggen-
houdt, 1919, p. 43), les estimations suivantes comme les plus vraisemblables :

Ttalle.........--2--"eee eee teen 003 francs par habitant
Pays-Bas... 1110 OO0 -
Allemagne... nee eee ee NO UTDOSE = ——
Btais-Uniis 4 5e ateee dé Ten et eee 0 Ne ee MO -S708E = =
Belsique d.1u0-nee entra ere eue AT OA TE —
ANSICLÈTRE +00 00101 ete 5 101, ART DOM =
France--.41. 0e 7 31 _-

M. CorraDo GinI, professeur de statistique à Padoue, admet des chiffres quelque
peu différents dans son grand ouvrage : L’ammontare e la composizione della ricchezza
delle Nazioni, 1914, p. 600 : ;

Royaume Uni (1909).......... 7.840 francs à 9.390 francs par habitant
France (1906-1908)........... 5.730 francs à 7.280 francs Ge
Allemagne (1908) ............. 6.400 francs à 7.000 francs —
Etats-Unis (1904)............. 6.790 francs —
Belgique (1908)... -...…...--- 20-350 francs —
Italie (1908) ................. 2.350 francs à 3.500 francs —
        <pb n="26" />
        CHAPITRE II
Les premiers effets de la Guerre

La guerre ! Personne n’y songeait, n’y avait songé en Belgique.
Il n’y avait peut-être pas de pays au monde où la pensée de la guerre
était plus loin des esprits.

Quatre-vingt-quatre ans de paix ininterrompue, la certitude du
territoire protégé par la garantie des grandes puissances, la conscience
pure de toute faute vis-à-vis de n’importe quel voisin, avaient endormi
les inquiétudes possibles au point que l’armée n’avait rien de ce
qu'il aurait fallu pour une défense efficace du pays. Nous n’avons
pas à faire le tableau du désarroi qui fut général — sauf dans les
caractères — de ces premiers jours de la guerre. Mais nous ne saurions
trop répéter que la catastrophe s’abattit sur la Belgique avec une
soudaineté, une rapidité inouïes.

La première perturbation de l’activité économique fut causée
dès le 31 juillet par la mobilisation : rappel de classes de soldats,
arrachés au travail, modifications et encombrement des trains,
réquisitions de vivres, de bétail, de matériel. Puis, vint le choc de
l’invasion : les batailles autour de Liége et de ses forts, les villages
incendiés, les civils fusillés, jettent la terreur et paralysent morale-
ment la vie avant de l’arrêter physiquement. On a peur d’aller à
l’usine, on ne sait pas travailler. Les opérations militaires en se déve-
loppant bouleversent dans tout le pays la circulation matérielle
d’abord. Tout le trafic des matières premières, des produits, des
ouvriers, est entravé : c’est la vie des usines et des ateliers qui languit,
par l’obstruction du système circulatoire. Le commerce tout de suite,
aussi, est sens dessus-dessous : il n’y a plus que le commerce des
denrées alimentaires ou de première nécessité qui subsiste, et c’est
pour voir les stocks épuisés en un tour de main, sous la ruée de ceux
qui ont de l'argent et qui font des provisions ou des accaparements.
En même temps les banques sont prises d’assaut et ont peine à satis-
faire aux demandes de monnaie métallique. Dès le 5 août, les mesures
juridiques et administratives prises par le Parlement et le Gouver-
        <pb n="27" />
        10 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
nement pour le ravitaillement, le moratoire des obligations, para-
lysent le reste de la vie commerciale (1).

A mesure que les armées allemandes avancent — le 20 août elles
sont à Bruxelles, tenant presque la moitié du pays, le 9 octobre,
Anvers tombe, fin octobre, elles sont à l’Yser — le régime de l’occu-
pation s’installe. Il entraîne avec lui, au point de vue économique,
la rupture de toutes les communications avec l’étranger, l’arrêt
absolu de certaines industries comme l’industrie des armes dans le
pays de Liége dont l’exercice est contraire à l’ordre publie de l’oceu-
pant, ou comme les journaux, l’imprimerie, soumis à la censure, et
la mort lente de beaucoup d’autres, comme les grandes usines métal-
lurgiques, faute d’aliment, minerais, charbons, etc.

À l’arrière des armées, c’est la disparition des services adminis-
tratifs de l’Etat, l’alanguissement de ceux des provinces et le boule-
versement complet de ceux des communes. La poste, le télégraphe,
le téléphone, sont supprimés ou, comme les chemins de fer, à la dispo-
sition de l’occupant. Tous les paiements de l’Etat sont instantanément
arrêtés, les fonctionnaires privés de traitements, les fournisseurs
et créanciers sans recours. Dans les autres pays belligérants, la situa-
tion est tout autre : l’activité économique n’est pas suspendue. Elle
est seulement dirigée autrement, orientée vers les industries de guerre,
bouleversée à coup sûr, mais existante, fiévreuse, exaspérée. Ici, c’est
la mort. En dehors du ravitaillement, on ne voit rien qui appelle
l’effort. En même temps que l’angoisse, l’anxiété tournée vers la des-
tinée de la nation, les deuils, les horreurs de la guerre que l’on apprend
hélas à connaître et qui jettent la stupeur, on reste les bras ballants,
se demandant à quoi employer une énergie et une activité inutiles.

On a peine à se figurer les réactions psychologiques d’une catas-
trophe physique comme celle qu’occasionne la guerre. L'esprit change
complètement d’orientation. Tourné d’habitude vers des besognes
connues, uniformes, routinières et dans le cercle familier d’un milieu
stable, il est tout d’un coup sollicité vers des idées, des visions inouïes,
supposées impossibles. Le substratum fondamental de la vie sociale
est tout d’un coup ébranlé, et l’on’ s’aperçoit brusquement à quel
point on dépend des choses et des semblables. Secousse terrible,
qui rend fous quelques-uns, qui désaxe tous les autres. Le bon sens,
le sens critique s’affaiblissent à un point invraisemblable. Le senti-
ment dominant est la stupeur, qui paralyse les facultés d’intelligence
et d’énergie.

Dans ce milieu de cauchemar, l’aptitude au travail régulier se

(1) V. dans la présente collection, A. HENRY, Op. cit. pp. 17 et 18.
        <pb n="28" />
        LES PREMIERS EFFETS DE LA GUERRE J}1
perd. Sans doute, on peut s’occuper à des besognes urgentes, qui
prennent toute l’activité et l’exaspèrent parfois jusqu’à la fièvre,
mais c’est passager ou discontinu, parfois morbide. On peut dire
que les occupations normales de la vie sociale sont devenues sinon
impossibles, du moins extrêmement difficiles. Il n’y a rien d’étonnant,
dès lors, que le chômage, c’est-à-dire l’arrêt du travail lucratif, pénètre
profondément toutes les classes et tous les métiers, non seulement
pour des raisons matérielles, mais pour des causes morales profondes.

La Belgique offrit ce spectacle pendant quelque temps. Mais le
désarroi complet n’est pas un état durable. Il fit place bientôt à
une réaction de vie, d'activité, d’énergie. Le Belge n’est d’ailleurs
pas un contemplatif. Il est essentiellement pratique, un peu terre
à terre. Bientôt, du malheur général même, vint le salut, sous la
forme du Comité National de Secours et d’Alimentation.

u
        <pb n="29" />
        CHAPITRE III
Le Comité National

Quelques indications sur l’origine, la nature et le fonctionnement
du Comité National sont ici nécessaires. Il ne nous appartient pas de
décrire en détail ce puissant organisme administratif qui fut, en
réalité, le gouvernement national du pays pendant l'occupation,
mais il faut en rappeler les traits essentiels pour faire comprendre
le mécanisme du Secours-Chômage et en déterminer la place dans
l’œuvre du Comité National (1).

Dès les premiers jours de l’invasion, la détresse dans laquelle se
trouvaient plongés un grand nombre d’hommes et de femmes avait
ému, dans chaque commune, ceux qui avaient lé courage et les moyens
de penser à autre chose qu’à leur salut personnel. On a la consolation
de constater qu’ils furent nombreux en Belgique, et que le sentiment
de la solidarité, de la communauté de la destinée pénétrait beaucoup
d’âmes.

Ceux qui n’ont pas vécu ces jours sombres ne se rendent pas compte
des trésors de charité, de dévouement au bien public, d’abnégation,
qui dormaient dans les cœurs. On vit alors les classes se confondre,
les partis politiques disparaître, les rivalités personnelles se taire
pour venir en aide aux malheureux. Les grandes catastrophes sociales,
comme la guerre, ont pour conséquence de mettre les caractères en
relief : les lâches apparaissent plus lâches, les courageux deviennent
sublimes, et bien souvent, la grandeur d’âme se révèle là où l’on ne
s’attendait pas à la trouver.

Devant les mains tendues, les mendiants multipliés dans les rues,
les vivres rares et les prix s’élevant à des hauteurs inouïes, la pensée

(1) V. le Rapport général du Comité National, première partie. Bruxelles, 1919. —
ALBERT Henry, L’Œuvre du Comité National de Secours et d’Alimentation pendant la
Guerre, avec une préface du Cardinal MErcrer, Bruxelles, 1920. — ALBERT HENRY,
Etudes sur l’Occupation allemande en Belgique avec un avant-propos de HENRI PIRENNE,
Bruxelles, 1920. — CxuAarLEs DE LANNoY : L’Alimentation de la Belgique par le Comité
National. Bruxelles, 1922. — Dans la présente collection, A. HENRY, Op. cit., chap.
V (pp. 53 à 39) et ch. VIII (pp. 59 à 65).
        <pb n="30" />
        LE COMITÉ NATIONAL :
est venue tout naturellement presque dans chaque commune « d’or-
ganiser quelque chose ». Et c’était, autour de l’administration com-
munale, quand elle était active et intelligemment menée, ou bien
en dehors d’elle, quand elle manquait d’initiative, un comité qui se
formait pour recueillir des fonds, procurer des vivres et les distribuer.
Les premiers organismes de ce genre aboutirent bien vite à faire des
cantines ou soupes populaires. On peut dire qu’à mesure que l’envahis-
seur avançait dans le pays, il faisait naître derrière lui, avec la misère
qu’il répandait, des œuvres spontanées de secours et d’assistance,
s’occupant en premier lieu du ravitaillement.

Naturellement c’était dans les grandes villes et dans les bourgs
industriels que les besoins étaient les plus étendus, et les plus urgents.
Aussi voyons-nous naître à Verviers, à Liége, à Seraing, dars tout le
bassin de la grande industrie, dès les mois d’août et de septembre
1914 des comités de secours.

Anvers paraît avoir eu, sous ce rapport, le maximum de prévoyance,
puisque c’est dès le 6 août que l’Administration communale cons-
titua de grands approvisionnements de vivres et qu’un comité se
forma, qui réunit plus de deux millions de francs de souscriptions,
organisa des soupes populaires, un fonds de chômage et une œuvre
spéciale de secours aux familles de militaires sous les armes (1).

Dans la province de Liége, les administrations communales aidées
des bureaux de bienfaisance, des sociétés industrielles et de parti-
culiers, entrèrent dans cette voie dès le mois d’août, et un commen-
cement de centralisation s’opérait déjà le 21 septembre par la créa-
tion d’un Comité d’Alimentation et d’Hygiène qui s’étendait à 23
communes comptant 220.000 habitants (2).

On cite encore le Comité de Secours de la Province du Luxem-
bourg, l’action des administrations communales de Bruges et d’Os-
tende, d’Audenaerde, et de cette petite ville de Renaix qui avait
organisé un Comité subdivisé en trois sections : l’assistance, le ravi-
taillement et le secours aux blessés, « qui créa une boulangerie com-
«munale, une boucherie économique, un magasin communal, une
«commission de prêts et organisa une soupe populaire » (3).

Mais, c’est de la capitale, naturellement, que vint l’institution
principale qui s’étendit au pays tout entier. Dès le 28 août, sous
l’impulsion de M. Adolphe Max, bourgmestre de Bruxelles, l’agglo-
mération bruxelloise était dotée d’un service de distribution d’ali-
ments, et le Bourgmestre pouvait annoncer à la population la forma-

(1) Rapport Général du Comité National, première partie, p. 20.

re il général du Comité National, première partie, p. 21.

13
        <pb n="31" />
        14 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
tion d’un Comité, sous le patronage des Ministres d’Espagne et des
Etats-Unis et la présidence de M. Ernest Solvay (1).

Le Comité était constitué le 5 septembre sous le nom de Comité
Central de Secours et d’Alimentation. Son but immédiat était la
distribution d’aliments aux indigents et aux sans-travail de l’agglo-
mération bruxelloise, mais son président en prévoyait l’extension
à tout le territoire belge en appelant « l’intervention de tous les Belges
demeurés relativement heureux en faveur des Belges devenus malheu-
reux » (2).

Ce Comité était déjà une organisation centrale puisqu’il accordait
des subsides aux différents Comités de Secours formés à Bruxelles et
dans les autres communes de l’agglomération pour organiser des can-
tines populaires, «première manifestation du Département Se-
cours » (3).

Il obtint sans retard de l’autorité militaire allemande — qui pouvait
craindre des désordres si la population manquait de vivres — des
sauf-conduits de protection pour les denrées destinées à ses œuvres
d’alimentation. L’autorisation d’apposer ces « affiches de protection »
allemandes sur ses véhicules et ses magasins fut ainsi la première
reconnaissance officielle du Comité Central. D’autre part, comme
les communes de l’agglomération bruxelloise avaient fait d’impor-
tants achats de vivres qu’elles craignaient se voir réquisitionner,
elles les transférèrent au Comité Central pour ses cantines popu-
laires, et c’est le premier stock d’aliments du « Département Alimen-
tation » qui allait prendre tant d'extension (#).

Ce serait sortir du cadre de notre étude que de rappeler les diffi-
cultés qui assaillirent le Comité à cette époque : les stocks vite épuisés,
la résistance du Gouvernement anglais à permettre l’importation
de vivres en Belgique au risque de rompre le blocus de l’Allemagne,
les négociations entreprises par les ministres neutres auprès du Gou-
vernement britannique et du Gouvernement belge.

Mais nous rappelons, parce que c’est nécessaire pour caractériser
la situation du Comité National, que sous la date du 16 octobre, le
baron von der Goltz, gouverneur général de la Belgique occupée,
accordait au Comité l’assurance que « les vivres de tous genres impor-
tés par lui pour l’alimentation de la population civile belge,
seraient exempts de réquisition de la part des autorités militaires
et resteraient à sa disposition exclusive » (5) — premier engagement

(1) Avis de la Ville de Bruxelles, 28 août 1914. V. Rapport cité, annexe III.

(2) Ibidem, annexe 1v.

(1) Ibidem, p. 23.

(*) V. Rapport Général, p. 24.

(&gt;) Ibidem, annexe xxxII.
        <pb n="32" />
        LE COMITÉ NATIONAL
allemand qui allait devenir la base des privilèges permettant au
Comité d’accomplir son œuvre.

La mission Francqui à Londres, le 17 octobre, revint avec l’auto-
risation du gouvernement anglais d’importer des vivres « à condition
que ces produits fussent envoyés jusqu’à la frontière belge, sous le
patronage des ambassadeurs d’Espagne et des Etats-Unis à Londres ;
de la frontière jusqu’aux magasins de distribution en Belgique, le
transport des produits importés devait se faire sous le patronage des
ministres d'Espagne et des Etats-Unis d’Amérique à Bruxelles ».
De là, la création d’un organisme capable, en dehors de la Belgique,
de faire les nombreuses opérations d’achat de vivres, d’expédition
et de réception de marchandises, sous le contrôle et la surveillance
des diplomates indiqués : c’est la Commission for Relief in Belgium,
qui, sous la géniale direction de M. H. C. Hoover, «l’Ami du Peuple
Belge », devint la pourvoyeuse de la Belgique (1).

Cependant, des Comités se constituaient dans les diverses pro-
vinces sur le modèle de celui de Bruxelles, et un mouvement spontané
les portait à s’entendre et se mettre en rapport avec celui-ci : il deve-
nait évident qu’une action commune, des ressources communes,
une participation commune aux distributions de vivres importés
étaient devenues nécessaires. Le Comité de Bruxelles encouragea
naturellement ces tendances, et le 23 octobre, une réunion avait lieu
à Bruxelles, comprenant, avec le Comité de la capitale, les présidents
des divers comités provinciaux. Le Comité Central était devenu
le Comité National de Secours et d’Alimentation.

Telle est l’origine de ce qui fut, comme nous l’avons dit, pour la
durée de l’occupation ennemie, le véritable gouvernement du pays,
réduit à des fonctions primordiales : la subsistance et la lutte contre
la misère.

Fixons-en maintenant les caractères essentiels.

Né des circonstances effroyables dans lesquelles brusquement
tout un peuple est plongé, le Comité National est avant tout un orga-
nisme improvisé, sans précédent, sans analogue dans l’histoire du
pays. Tout le monde, même ses fondateurs, le croit temporaire,
passager et de courte durée. Comme il se substitue, par la force des
choses, aux autorités légales, au Gouvernement qui est en exil, aux
administrations provinciales et communales paralysées par le pouvoir
occupant, il aurait pu être considéré, et il le fut même parfois, dans
certains milieux politiques comme illégal et révolutionnaire, à coup
sûr comme un intrus.

(1) Voir Rapport Général, p. 25, et, dans la présente collection, A. HENnry, op. cii.
th. VII pp. 50 à 58.

15
        <pb n="33" />
        16 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'’OCCUPATION ALLEMANDE

Il fut accepté pourtant d’emblée par l’immense majorité de la
population comme le salut, à cause d’une part de l’urgence et de
l’importance des fonctions capitales qu’il remplissait, et d’autre part,
par l’habile et énergique attitude de ses dirigeants.

Tout d’abord, on a bien soin de proclamer son caractère exclusi-
vement privé. Il est fondé et géré jusqu’au bout par des particuliers;
qui ne tiennent leur mandat que d’eux-mêmes, n’ont de délégation
d’aucun pouvoir public. Ce caractère était nécessaire d’abord vis-à-
vis du pouvoir occupant, qui n'aurait jamais toléré à côté de lui la
reconstitution d’un pouvoir gouvernemental belge : à chaque occa-
sion, l’autorité allemande revendiquait les droits du gouvernement
de fait qu’il était, aux termes de l’art. 43 du règlement annexé à
la IVe convention internationale de La Haye du 18 octobre 1907.

Afin de maintenir ce caractère privé, le Comité National prenait
lui-même les plus grandes précautions pour éviter toute confusion
avec les administrations officielles des provinces et des communes.
Sans doute, beaucoup de membres de ses sous-organismes étaient
mandataires publics, mais on leur enjoignait de n’agir jamais que
comme personnes privées et de ne pas faire usage de leurs qualités
officielles. De même, les locaux employés par le Comité National
étaient de préférence distincts des locaux servant aux services publics,
où, naturellement, l’autorité occupante aurait à exercer sa surveil-
lance.

Le caractère privé du Comité National était encore nécessaire à
un double point de vue : l’importation des vivres exotiques ne pou-
vait être permise par l’Angleterre que si l’organisme distributeur
était complètement indépendant du pouvoir occupant. Il ne l’eût
point été s’il avait été revêtu d’un caractère officiel. Par voie de
réciprocité, l’Allemagne n’aurait pas supporté que le Comité National
eût reçu un mandat officiel du Gouvernement Belge ou d’un autre
Etat en guerre avec elle. En même temps, pour jouir de la protection
des Etats Neutres, l’Espagne, les Etats-Unis, les Pays-Bas, il ne
fallait point que le Comité appartint officiellement à l’un des Etats
belligérants.

Neutre au point de vue international, le Comité devait l’être éga-
lement au point de vue de la politique intérieure. Aussi, l’une de
ses règles fondamentales dans le choix des personnes fut d’en admettre
de tous les partis — du moins des trois grands partis politiques qui
se partageaient la puissance électorale : le parti catholique, le parti
libéral et le parti socialiste. Règle de sagesse élémentaire, en présence
de la tâche éminemment nationale qu’il s’agissait d’accomplir, qui
avait été inaugurée dans le Gouvernement même du pays, réalisant
        <pb n="34" />
        LE COMITÉ NATIONAL I.

«l’Union Sacrée », mais qui n’en était pas moins très neuve dans les
mœurs de la nation. Pour qui connaît la Belgique, en effet, il y eut
quelque chose d’étonnant à voir la facilité avec laquelle des ennemis
politiques purent, pendant tant de mois, travailler en commun et
en harmonie. Les passions politiques sont extrêmement vives en
Belgique, et les divisions de partis se répercutent jusque dans la vie
sociale. On sut pourtant les faire taire — non pas, à coup sûr, partout
et toujours — mais dans la mesure suffisante pour que le travail
fût efficace. On ne repoussait pas les mandataires publics : ils furent
en grand nombre associés à l’œuvre du Comité, mais neutralisés l’un
par l’autre et par leur émulation commune.

Ce n’est pas tout. Les promoteurs et les fondateurs du Comité
National à Bruxelles étaient surtout des banquiers, des hommes
d’affaires, des hommes de grandes affaires, qui n'avaient pour la poli-
tique, l’administration, l’Etat même, qu’une médiocre estime. Ils
eurent à cœur d’employer des méthodes qu’ils estimaient différentes
et plus efficaces que celles des pouvoirs publics. C’était un mot d’ordre
de gérer les affaires du Comité « commercialement », cindustrielle-
ment ». L'affaire était essentiellement une grande affaire commer-
ciale : se procurer des vivres, les transporter et les distribuer. On mit
son point d'honneur à ce que cette vaste entreprise fût bien conduite;
et elle le fut en effet. La comptabilité, matières et finances, reçut
une attention toute particulière. On aimait à montrer que l’initiative
privée était toujours supérieure à l’organisation étatiste. Sociologi-
quement, il y a quelque chose d’extrêmement intéressant, à voir
ainsi appliquer une technique nouvelle et différente à ce qui était
en définitive un service publie, où disparaissait l’aiguillon ailleurs
si puissant de l’intérêt personnel. C'était l’épreuve, bénévolement
consentie, de la classe des hommes d’affaires au gouvernement du
pays. On peut dire qu’elle y à réussi. Ce fut le pendant de l’épreuve
des «civils» comme officiers de complément ou dans les services
techniques des armées de campagnes.

Autre trait essentiel, qui achève de montrer le caractère privé
du Comité : ne tenant son mandat d’aucun corps électoral, il n’ad-
mettait pas de contrôle de ses administrés. Non seulement les autorités
publiques belges n’avaient pas le droit de lui demander compte de
ses actes, ni d’exercer sur lui la moindre surveillance, mais il ne devait
aucune justification même aux citoyens qu’il secourait. « Le Comité
National existait par lui-même suivant la volonté de ses fondateurs
et de ceux qui lui avaient donné leur adhésion : il n’était pas l’éma-
nation de la volonté populaire. C’est pourquoi il était souverain
dans les décisions qu’il arrêtait : elles devaient être exécutées sans

17
        <pb n="35" />
        18 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'’OCCUPATION ALLEMANDE
que personne eût le pouvoir de les discuter, ou de les faire modifier » (1).
Comme système politique, c'était donc le régime du « bon despote ».
Il se justifiait par les conditions exceptionnelles où il fonctionnait
et l'impossibilité absolue de faire contrôler par le public « les raisons
d’ordre divers, fréquemment confidentiel » (2) que lui dictaient ses
résolutions. Ce régime était d’ailleurs tempéré, comme nous le verrons,
par la souplesse obtenue dans l’application des mesures décrétées,
par la grande décentralisation des sous-organismes. Mais dire que
ce régime fut accepté facilement et dans toutes les classes de la popu-
ation, serait excessif. Il fallut toute l’habileté et l’ingéniosité des
dirigeants, et, disons-le aussi, la confiante résignation du public,
pour qu’il pût subsister.
Œuvre privée, le Comité ne jouissait d'aucun droit de police ou
de contrainte, d’aucune protection légale. Bien plus, le pouvoir
occupant avait soin de tenir ses attributions dans les plus strictes
limites. La lettre du Gouverneur général allemand aux ministres
d’Espagne et des Etats-Unis du 26 juin 1915, qui constitua en partie
la charte du Comité, formule les défenses suivantes : « Les Comités
ne pourront pas donner directement des instructions aux communes,
ils ne pourront pas organiser des enquêtes, envoyer des questionnaires
ou circulaires aux communes, ni faire dresser par celles-ci des listes
ou des statistiques quelconques sans avoir au préalable consulté le
président ou le commissaire civil allemand. Les Comités ne pourront
agir auprès des communes en vue de l’obtention d’arrêtés ou de
règlements en leur faveur ; toutes mesures de cette espèce devront
être proposées au président ou au commissaire allemand compétent.
Toute entrave à la liberté personnelle ou à la liberté du commerce
étant défendue, il y a lieu de ne permettre aucune menace verbale
ou par écrit, prononcée ou exécutée envers une personne Oo! une
commune, soit d’arrêter la fourniture des vivres, soit d’exiger pour
ces vivres un prix plus élevé, soit de lun refuser des secours. D’une
manière générale, il doit être défendu aux Comités de faire usage
de n’importe quel moyen de pression pour obtenir, tant des communes
que des particuliers, l’obéissance à leurs instructions. Toutes mesures
à prendre vis-à-vis de ces derniers doivent être proposées par le Comité
aux autorités compétentes qui leur donneront la suite qu’elles juge-
ront utile» (3).
La situation du Comité National vis-à-vis du pouvoir occupant,
(1) Rapport Général, p. 34.
(2) Rapport Général, p. 34.
(3) Rapport Général, annexe x, p. 162.
        <pb n="36" />
        LE COMITÉ NATIONAL 19
des Etats étrangers et du Gouvernement belge ne doit jamais être
perdue de vue pour saisir les particularités et les difficultés de son
fonctionnement.

L’armée allemande, en vertu de l’occupation de fait du territoire,
y exerçait les pouvoirs reconnus par les lois de la guerre sur terre,
d’après les usages internationaux et les conventions, dont la dernière,
signée et ratifiée par l’Allemagne, était la convention de La Haye
du 18 octobre 1907. D’après l’art. 43 du Règlement annexé à cette
convention, «l’occupant doit prendre toutes les mesures qui dépen-
dent de lui en vue de rétablir et d’assurer, autant qu’il est possible,
l’ordre et la vie publics ». Cette obligation renfermait à coup sûr
celie d'assurer le ravitaillement du pays : comment la vie publique
eût elle été possible si la population n’était pas alimentée ? Toutefois,
dès le début, il fut visible que cette charge était au-dessus des forces
et'de la volonté de l’Allemagne. Le blocus qui l’encerclait l’obligeait
à réserver ses propres ressources pour sa population, et l’empêchait
de se procurer des quantités énormes de vivres à l’étranger. Or,
la Belgique, nous l’avons vu, concentrait sur son territoire une popu-
lation très dense dépendant pour sa nourriture, en grande partie,
des pays exotiques.

Elle eût été condamnée à mourir de faim si le Comité National
n’avait pu fournir aux Alliés et tout particulièrement à l’Angleterre
l'assurance que les vivres importés ne seraient pas donnés ou vendus
aux Allemands. Cela n’était possible que si l’administration du Comité
était réellement indépendante du pouvoir occupant, et en outre,
sous la surveillance des puissances neutres. Des négociations qui
eurent lieu en 1915 entre les Gouvernements de ces puissances, le
Gouvernement belge, l’Angleterre, et les Allemands, est sorti ce
régime spécial des garanties formant ce qu’on a appelé la charte du
Comité National et qui achève d’en faire une institution unique :
d’une part les Allemands s’engageaient à ne pas entraver les opéra-
tions de ravitaillement du Comité, et à ne pas détourner de leur
destination les vivres importés ; d’autre part, les ministres des puis-
sances neutres, restés à Bruxelles, — M. Brand Whitlock, ministre
des Etats-Unis, le Marquis de Villalobar, ministre d’Espagne, puis,
quand les Etats-Unis devinrent belligérants, M. Van Vollenhoven,
ministre des Pays-Bas — devinrent les protecteurs reconnus de la
population belge. C’est eux qui étaient sensés les dirigeants du Comité
National. Comme dit le Rapport Général du Comité (p. 35) : « Les
Belges furent en quelque sorte les mandataires des ministres des
puissances neutres : ils agissaient d’après les instructions de ces
derniers et sous leur responsabilité. Ainsi s’explique la liberté dont
        <pb n="37" />
        20 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE

ls jouirent dans l’administration de leur œuvre, bien qu’ils fussent
astreints d’autre part, à toutes les obligations et à toutes les con-
traintes de l’occupation. »

On conçoit, dans ces conditions, les difficultés que devait rencontrer
le maniement de semblables organismes, en présence de trois groupes
d’autorités mus par des intérêts divergents et animés de sentiments
et de passions terriblement opposés les uns aux autres.
        <pb n="38" />
        CHAPITRE IV
Le Département-Secours

Nous n’avons pas ici à décrire l’organisation ni le fonctionnement
du Comité National, mais nous devons en dire ce qui est nécessaire
pour comprendre le service du Secours Chômage.

Le Comité lui-même en son assemblée plénière, se réunit assez
fréquemment en 1914 et dans le premier semestre de 1915, mais dans
la suite, ses réunions furent plus espacées et il délégua ses pouvoirs
à un Comité Exécutif, comprenant au début des membres de la
Commission for Relief in Belgium. Dans la suite, il fut réduit à son
président, M. Francqui, aux chefs des départements du Secours
et de l’Alimentation et au délégué du Comité du Nord de la France (1).
En fait, le président concentrait dans ses mains tous les pouvoirs
du Comité exécutif et la direction des affaires. Aidé du secrétaire
général, il prenait les décisions en dernier ressort pour les deux grands
départements du Comité.

Au Département d’Alimentation, revenaient toutes les questions
relatives au ravitaillement du pays. C’était lui qui faisait à la Com-
mission for Relief in Belgium les commandes de marchandises, et
c’était lui qui les revendait aux Comités provinciaux, et, par ceux-ci,
à la population.

Voici comment le Rapport Général du Comité (p. 39) explique
le mécanisme des ressources mises à la disposition du Département-
Secours par le Département Alimentation : « Dès le début de son exis-
tence, le Département Alimentation avait été organisé et géré com-
mercialement. Sur la masse des consommateurs disposant encore de
ressources, il prélevait, sous forme de bénéfice commercial sur ses
opérations, une sorte d’impôt de charité, destiné à venir en aide aux
nécessiteux. Mais bientôt, par prudence et pour éviter de fournir
aux autorités allemandes l’occasion d’intervenir dans la gestion
du Comité National, ce département se vit obligé de cesser de réaliser
lui-même ce bénéfice et il en confia le soin à la Commission for Relief

(1) On sait que dès le mois de novembre 1914, le Comité ravitaillait la région de
Maubeuge et celle de Givet, et qu’à partir d’avrii 1915, son action s’étendit à toute la
région occupée du nord de la France.
        <pb n="39" />
        22 — LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

in Belgium. Celle-ci majora ses prix de vente au Comité National
d’une quotité équivalente au bénéfice réalisé précédemment par
ce dernier, qui se borna, dès lors, à prélever sur les prix qui lui étaient
facturés par Rotterdam la marge indispensable à la couverture des
frais généraux. Il en arriva donc ainsi à fournir à leur prix de revient
les denrées alimentaires importées. Toutes les recettes du Départe-
ment Alimentation provenant de la revente des marchandises et
des bénéfices réalisés sur celles-ci ainsi que les dons et souscriptions
recueillies en Belgique et à l’étranger, étaient versés au Département-
Secours. Ces fonds, transformés par ce département en subsides aux
Comités et aux œuvres, fournirent les sommes qui, durant l’exis-
tence du Comité National, ont soulagé les détresses que la guerre
avait amassées ».

Ainsi, les Allemands interdisant toute entrée de fonds des Alliés
en Belgique, les vivres fournis par la Commission for Relief in Belgium,
et qui étaient en partie payés par le Gouvernement belge, entraient
dans le pays, étaient vendus à tous au prix de revient, et le produit
de la vente au lieu d’être versé aux fournisseurs — toute sortie de
fonds étant de même interdite — était versé au Département-Secours
qui se chargeait de la distribution.

Mais ce n’est pas tout. Les ressources du Département-Secours
ne se limitaient pas à ce produit de la vente des denrées. Il y avait
les dons et souscriptions recueillis à l’étranger, ainsi que les fonds
versés chaque mois par le Gouvernement belge, le Comité National
étant chargé d’acquitter les obligations de l’Etat envers les familles
de militaires sous les drapeaux, envers les fonctionnaires, envers
les établissements d’enseignement et de bienfaisance.

Au 31 décembre 1918, le Comité avait reçu, pour le service des
secours, 2.195 millions provenant, pour plus de 2 milliards du Gou-
vernement belge, et le reste de l’étranger.

En outre, les Comités provinciaux de leur côté recueillirent des
souscriptions et firent des bénéfices qu’ils versaient aux Secours.
Les communes et les comités locaux versaient également des fonds
aux œuvres du Comité. L’ensemble de ces ressources constituait
«l’effort local » qui fut à certains égards une condition des subsides
du Comité. Il atteignit au total 610 millions.

Le chiffre global des sommes consacrées aux secours divers s’éleva
en définitive à 2.825 millions, dont 630 millions fournis par le pays
et 2.195 millions, fournis par l’étranger et le Gouvernement belge (1).

À quels services, à quelles œuvres ces sommes ont-elles été attribuées ?

@) Rapport Général. troisième partie, Département-Secours, t. I. p. 19.
        <pb n="40" />
        LE DÉPARTEMENT-SECOURS ;

Il convient de les énumérer ici pour indiquer la place que le Secours
Chômage y occupait.

C’est d’abord le Secours A, ou secours ordinaire, consistant essen-
tiellement en vivres et spécialement en soupes populaires, qui était
destiné aux nécessiteux de toute catégorie. Nous expliquerons plus
loin les relations qui existaient entre le Secours À et le Secours Chô-
mage. Disons seulement que, distincts dès le début, ils furent fusionnés
à partir de novembre 1917 pour former, avec le Secours Chauffage
et le Secours Vêtement, le Secours Alimentaire. Le Secours À pro-
prement dit, dépensa 164 millions, auxquels il faut ajouter 47 millions
de « vivres supplémentaires » qui furent distribués au moment de la
plus grande pénurie.

Le Secours B, est le secours aux « familles privées de leur soutien
par suite de la guerre », euphémisme imposé par la réserve à laquelle
on était tenu envers l’occupant, pour dire aux familles de militaires
sous les drapeaux. Il absorba 410 millions, auxquels il faut ajouter
23 millions distribués par le service d’Aide et Protection aux familles
d'officiers et de sous-officiers privées de leur soutien par suite de
la guerre.

Le Secours Chômage dit Secours C, ou Secours aux « Sans-travail
nécessiteux » répartit au total 329.758.101 fr. 43 cms, de mars 1915
au 4 novembre 1917.

Le Secours Alimentaire, créé seulement en novembre 1917, dépensa
près de 423 millions.

Le Secours Chauffage, jusqu’au moment de son absorption dans
le précédent, coûta près de 8 millions.

Le Secours Vêtement distribuait des vêtements usagés et des vête-
ments neufs confectionnés par le Vestiaire Central et les ateliers
qu’il alimentait à Bruxelles et en province. En outre, de nombreux
dons en vêtements venant d’Amérique furent répartis par ses soins.
Le Vestiaire Central absorba 102 millions et demie, les vêtements
américains se montèrent à 9 millions et demi.

Les Secours médicaux et pharmaceutiques accordaient aux néces-
siteux l’assistance médicale et pharmaceutique gratuite, tout en
leur assurant le libre choix du médecin et du pharmacien. Ce service
comprit une aide particulière aux sociétés mutualistes. Il coûta plus
de 21 millions.

La Protection de l’Enfance fut assurée par une série de services
et d’œuvres subventionnés qui absorbèrent près de 90 mil-
lions.

La lutte contre la tuberculose fut soutenue par des subsides à la
Ligue Nationale, à des dispensaires régionaux, des sanatoria, par

F4
        <pb n="41" />
        24 _ LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
l'assistance alimentaire aux tuberculeux ; la dépense totale dépassa
35 millions.

Il y avait encore : -

L'Œuvre nationale des Orphelins de la Guerre ;

L’Aide et protection aux sans-logis ;

L’Aide et Protection aux églises sinistrées ;

La Section des abris provisoires ;

Le Comité Central des œuvres de lecture populaires ;

L'Entr’aide fraternelle des membres du Barreau ;

L’Assistance à la bourgeoisie, par les restaurants économiques, les
secours aux pensionnés de l’Etat, l’aide et protection aux artistes, aux
médecins et pharmaciens sinistrés, aux étrangers ;

L’Assistance aux réfugiés et évacués.

Toutes ces œuvres furent des créations successives du Comité.
Mais il accordait à d’autres institutions un patronage qui se tradui-
sait par l’octroi de subsides.

Tels étaient :

La Société d’Avances et de Prêts, qui allouait aux fonctionnaires
de l'Etat privés de leur traitement par suite de l’occupation, une
partie de celui-ci ; elle payait aussi aux créanciers de l’Etat des avances
à valoir sur les sommes qui leur étaient dues ;

L’Auxiliaire des Sociétés d’habitations ouvrières, destinée à soutenir
dans la mesure du possible les nombreuses sociétés de prêts pour la
construction de maisons ouvrières, comme aussi de faciliter aux
ouvriers individuels l’achèvement d’une maison commencée :

L'Union des Villes et des Communes belges, association qui s’occu-
pait de tout ce qui se rapporte à l’Urbanisme, et qui prit en mains
la construction d’abris provisoires pour les sinistrés, et la préparation
de la reconstruction des localités détruites ;

L'Agence de renseignements pour les prisonniers de guerre et les
internés, la Cantine du Soldat prisonnier, la Caissette du Soldat belge,
qui organisaient les envois de colis aux Belges prisonniers en Alle-
magne et veillaient au ravitaillement des internés nécessiteux.

Cette énumération seule montre la variété et le grand nombre
des œuvres alimentées par le Département-Secours. On voit que le
Secours Chômage n’y occupe qu’une place subordonnée, et pourtant;
quand nous en aurons décrit les rouages et l’activité, on se rendra
compte de l’influence qu’il exerça sur le pays tout entier, et de l’im-
portance qu’il acquit dans l’immense travail du Comité.
        <pb n="42" />
        CHAPITRE V
A °
Le chômage en Belgique avant la guerre
et les moyens de le combattre

La question de la lutte contre le chômage avait depuis longtemps
attiré l’attention en Belgique. Rien de plus naturel dans un pays de
grande industrie, où l’organisation ouvrière était en marche croissante,

Depuis plus de quinze ans, avant la guerre, les pouvoirs publics.
et plus spécialement les provinces et les communes, encourageaient
la prévoyance en subventionnant lescais ses de chômage créées au
sein des associations professionnelles ou en dehors de celles-ci.

L'initiative en remontait au Conseil provincial de Liége. Le 27 juil-
let 1897, il avait inscrit à son budget une somme de 1.500 francs destinée
à être répartie entre les caisses mutuelles d’assurances contre le
chômage : un tiers en proportion du nombre des membres, un tiers
en proportion des cotisations des membres, un tiers enfin en propor-
tion des indemnités de chômage allouées,

Mais c’est surtout sous l’impulsion de M. Louis Varlez, à Gand,
que se développa un système quelque peu différent, bien connu dans
la littérature sociale, et qui porte le nom de système gantois. Au
lieu d’accorder les subventions des pouvoirs publics aux Caisses
syndicales, il alloue une « majoration » d’indemnité au chômeur lui-
même. Le montant de cette contribution officielle était fixé au début
de chaque mois pour la durée du mois suivant par un Comité nommé
à cet effet par la commune, et qui dirige ainsi le « Fonds de Chômage».
La majoration était payée soit directement par le Comité du Fonds,
soit avancée par les trésoriers des caisses affiliées, autorisés à faire
ces avances sous leur responsabilité. Pour éviter les abus, la Ville de
Gand avait adopté trois règles limitant la majoration : elle ne devait
jamais dépasser un franc par jour, s’élever à plus de cent pour cent
de l'indemnité statutaire syndicale, ni être payée pendant plus de
soixante jours par an. D'autre part, les majorations n’allaient pas
seulement aux ouvriers syndiqués seuls : les chômeurs s’étant cons-
titué des épargnes soit individuellement, soit collectivement, partioi-
paient aussi aux subventions.
        <pb n="43" />
        26 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

Ce système fut mis en vigueur à Gand dès 1901. Il eut, dès le début,
un succès considérable dans la ville même, dans la région, et dans
le pays. Les discussions qui s’élevèrent notamment dans les Congrès
ouvriers au sujet des modalités des deux systèmes, le système liégeois
et le système gantois, ne firent que rendre plus intense la propagande
et accélérer la diffusion de l’encouragement officiel à la prévoyance
contre le chômage.

On sait que le système de Gand a rapidement rayonné en Europe.
Le décret français du 9 septembre 1905 s’en inspirait entièrement ; le
Gouvernement de la Norvège par la loi du 1°' octobre 1906, celui du
Danemark par la loi du 1e" août 1907, d’autres par la suite, l’adop-
tèrent avec des modalités variant de pays à pays.

Depuis 1907 le Gouvernement avait consenti à ajouter ses subven-
tions à celles des provinces et des communes : le système était alors
pleinement en harmonie avec celui de la « liberté subsidiée » qui était
en vigueur dans tout le domaine des assurances sociales.

Quand l’Association Internationale pour la lutte contre le Chômage
fut fondée, en 1910, M. Varlez en fut l’un des Secrétaires Généraux,
et les Belges prirent une part active à ses travaux. À la session de
Zurich en 1912, à celle de Gand en 1913, la Section belge de l’Asso-
ciation eut des représentants qui surent mettre en valeur les travaux
accomplis dans le pays.

Bref, au moment de l’invasion allemande, la question de la lutte
contre le chômage était au premier plan des discussions publiques.

Nous n’avons pas la statistique complète des Fonds de chômage
existants en 1913. La dernière qui fut publiée avant la guerre fut
celle de 1912.

Il existait alors en Belgique 27 Fonds de Chômage auxquels étaient
affiliées 92 communes. En outre six provinces sur les neuf provinces
du Royaume accordaient également des subsides soit aux Fonds,
soit aux Caisses de chômage.

Les tableaux qui suivent résument l’intervention des pouvoirs
publics dans la lutte contre le chômage. Ils indiquent, d’après !a
Revue du Travail, les subventions et les dépenses des Fonds de
chômage communaux, de 1901 à 1912, les crédits alloués et les
sommes dépensées par les divers Fonds en 1912, ainsi que le nombre
de chômeurs et les jours de chômage par fonds et par groupes
d’industries
        <pb n="44" />
        LE CHOMAGE EN BELGIQUE AVANT LA GUERRE
(LES FONDS DE CHOMAGE COMMUNAUX EN BELGIQUE DE 1901-1912
* —_ =
| 8 SUBVENTIONS DES FONDS
2 Z =
2 | 2 -
. | (à A DES CHOMEURS SYNDIQUÉS A DES ÉPARGNANTS
2 = | z INDIVIDUELS
alz =
, 2 = ss = és
” (BB! 8/82  Indeïinnités Moutentites Sdbvontions| n°5 S JOURNÉES ÉZ EH
CE 2 ji accordées tezs 5 2.2 DECHOMAGE Montant (27 253
ë | 8 = par les s8F4 Z S'= pour lesquelles des sE sä$
Z | z E Syndicats ABSOLU ; 7 222 ; bn ions subven- (57 1828
1014 Ë aifiiés 28 oO 22 ont été ee tions ê ê | 2
1901| 2 2] 26 17.895,19 6.253,84 36p.c 2.089 6.676 » :
1902} 6 8 98 55.274,41 29.166,68 44 3.211 32.219, 4 7
1903| 9| 14i 129 67.137,10 36.516,85 54» 2.835 39.891 55,40
1904) 11| 15j| 128 81.150,19 46.362,25 57» 2.825 50.604, 99.60 ; »
1905| 14| 18| 131 66.368,08 35.487,14 53» 3.400 55.734, 45 29.00 + )
1906| 14| 25| 229 89.716,32 46.663,42 52» 5.019 71.969, % 38.00 3 38
1907| 14| 27| 284} 159.957,26 74.199,04 45» 9.750 113.726,4 245.00 13 250
1908| 16| 32| 346! 305.763,29 130.896,34 43» 17.348 208.427, 964.05 53 635
1909| 21} 41 350| 233.040,85 114.006,37 49 » 18.909 180.772,4 309.50 10 343
1920] 22! 50} 346 196.434,36 86.218,05 44 » 16.315 143.828, » » .
1911 B 72j 359 288.910,33 114.564,07 39.5 22.405 183.109,4 528.00 26 | 880
1912! 27| 921 401 290.186,73 134.157,39 46.2 27.081 208.889, 288.60 | 22 481
4 i a
SUBVENTIONS DES FONDS (suite) DÉPENSES
_ CRÉDITS ;
A DES ÉPARGNANTS{ A DES IN ;
EN COLLECTIVITÉ | ISOLÉS A DES SYNDICATS alloués Frais
$ 2 |Ës dis 3 2 par les | Subven- d’admi-
2 |s2/285 2 2 Je 5 4 = TOTAL
ce + ay. = | {Subven £ ñ | a Com | tions | nistra-
mo 2. |v=Z° È - +}
= ea ji # | . tions 2 : munes tion
92 8slÉ = ce $,
=n scope 5 ; æ|
me i ; = - _ — li tas 2 cs —0u - + — — —
‘| , s ‘» | 11-500,00| 6.253,84 2100,00, 8.353,84
. D 41.500,00} 29.173,68 5.061,49 34.235,17
:  2.243,35| » 9 58.150,00| 39.815,60 4.772,12 44.587,72
i 2.482,85; » v . 1.000,00} « 60.800,00, 49.944,70 5.786,81 55.731,51
* 2.825,70] » » 2.561,50} | 1.000,00! » 69.776,00| 41.913,34 4.761,60 46.674,94
2.556,80|170|3.829|2.279,00 ! 1.000,00! » 83.983,00] 52.537,22 7.559,53 60.096,75
2.444,00|136|3.351 2.538,00 » ) : ‘101.366,53| 79.426,04 10.373,47 89.799,51
1.350,95|107|1.70611.757,00 ? ) » » 155.954,55{134.968,34 14.797,14 149.765,48
1.244,00| 87|1.911 2.280,59|14 188/2.891 138.972,1G 117.840,54 17.092,01 134.932,55
1.027,35|100|1.615 , 2.563,09:16 313 2.166 % |133.695,72 89.808,40 15.882,88 105.691,37
533,30| 70| 697 » » 7.350,12;37 1.554|5.601 4 141.995,22 (26.313,29 17.576,51 143.889,80
393,10| 40| 522 » 12.55 12.545,96|31 1.569/9.145 %|192.506, 24] 47.397,60 19.448,32 66.845,92
l

27
        <pb n="45" />
        CRÉDITS ALLOUÉS ET SOMMES DÉPENSÉES EN 1912 j
FONDS SOMMES DÉPENSÉES =
oi
Tv A ne - 7 TA
Nombrel CREDLIS EN SUBVENTIONS DU FONDS
HOMMUNES de Com-, AntouUÉs = EN FRAIS TOTAL
(Sièges) En E aux or ante Rpineaut aux Fendi Viaticum RL pÉTENSES
adhé- : 2 argnants ' argnants « € omeurs
rentes Syndiqués rnaduels collectifs Syndicats isolés
AlosE aire en er Eat 1. 2.500,00 1.670,85 » 32 ,40 » » ñ ) 1.703,25
ANVers 5 +4 tenues étE 3 17.651,00 36.377,20 » » » » 5.224,80 41.602,00
Berchem....…....-.…- 1 2.100,00 1.908,00 » » » » 288,25 2.196,25
prunes. ee tes 1 2.000,00 1.509,75 » » » » 187,24 1.756,99
Bruxelles.........-| “18 49.550,00 37.211,17 » » , 2.996,36 40.207,53
Courtrai... Hi 1.000,00 377,10 » 0 A 250,00 627,60
Fecloo.:.….:...…. 1 600,00 542,13 » ; 542,13
Gand." 8 | 41.504,14 =— 20.167,49 288,60 16,20 = ; 3.444,01 23.916,30
Eye re ES 1 300,00 ” » 497 ,00 » 497,00
iscohem.-.-..... 1 300,00 505,15 » » » . 505,75
La Louvière.......| 18 1.195,00 ? » | 1.173,90 , 193,05 1.366,95
Fiége.....….....*.--| 17 - 12-443,64 » 10.875,06 12.55 | 1.543,48 12.430,09
Bierre-........…. +. 1 116,13 116,13 » » , # " 116,13
Lokeren...........…. 1 1.000,00 151,50 » » » » 151,50
Jjouvain--:..... il 2.469,00 | 1.399,30 344,50 » - » 1.743,80
Malines»..........……..… 1 4.500,00 4.323,11 » ; » 380,10 4.703,21
Ninoyve. 1 800,00 826,00 » 200,00 1.026,00
Nivelles... 1 | 800,00 516,25 ; . 516,25
Ostende... { | 1.200,00 540,00 ; 300,00 840,00
Renaix 4... | 1.000,00 2.864,68 » ; 2.864,68
Moulers.....-....., | 1.000,00 173,08 ; 100,50 273,59
Saint-Nicolas.….....-.. 1 4.000,00 1.832,50 2.500,00 4.332,50
saini-drond..........-. 1. 250,00 234,50 ‘ 25,00 259,50
Tamise-L.….....-—." T1; 1.000,00 63,50 90,10 153.60
Termonde.…......... { 500,00 , *
Verviers......... || 12-427,30 20.697,40 j 1.650,43 22.347,83
Wiriek 45-051 1 600.00 89.50 75,00 164.50 :
Toravk see MA | 192,506,21 | 134,157,39 288,60 ! 393,10 |12.545,96| 12.55 | 19.448,32 166.845,92
        <pb n="46" />
        RELEVÉ, PAR FONDS, DES CHOMEURS ET DES JOURS DE CHOMAGE
CONSIDÉRÉS POUR L’OCTROI DES SUBVENTIONS EN 1912
CHOMEURS CHOMEURS CHOMEURS
FONDS ÉPARGNANT ÉPARGNANT SYNDICATS TO LL
; SYNDIQUÉS INDIVIDUELLEMENT EN COLLECTIVITÉ
; =
CHOMAGE Chômeurs | Journées chômeurs | Journées Chômeurs | Journées Chômeurs| Journées Chômeurs | Journées a
—_ “ - —— acte * see &gt;—————— — — - ——— je = _ — —

AJOSt. par met tt 1180 324 3.881 2 A 328 3.929
ANVETS. +00 vastes 1418 3.672 42.809 23.672 42.809
Berchem... 198 1.908 | 198 1.908
Bruges &gt;... #02e pertes + 110 1.582 : 110 1.582
Bruxelles..….……..…...".; 4.570 45.317 | | 4.570 45,317
Courtrai... ……u…e ten net 16 944 &gt; 168 944
BeClOO.. .r…0+ 200004 51e + 73 1.230 73 1.230
Gand... 2210 ea vtr en: + 3.443 35.104 2. É , 3.467 35.612
Huy een sen net ane +? ; » 168 … 7 168
ISegheln..………….…...... 297 1.019 » 297 1.019
La Louvière... ..……&lt; » 625 1.792 625 1.792
LIÉGG.… «+ epeuue tite 41 + &gt; 44 » 937 7.185 4 937 7.185
LR PE » 255 44 255
LOKCLeEn. sn vieee rite ne + +7 28 303 28 303
Louvain tués "pes ane **) 156 1.898, &amp; ‘ | la 190 2.345 4
MAUNES .« +rorre &lt;e + 4444” 1842 5.858 842 5.858
Ninove...…….….….."- | 443 1.377 4 | 443 1.377 4
Nivelles... .……….+.+| 158 1.032 4 158 1.032 4
Ostende... +... 68 579 68 579
Renaix.……….….-...-l "1,297 6.756 4 1.297 6.756 %
Roulers.........-……-….} 105 287 105 287 .
Saint-Nicolas. .. +. 350 3.677 ; j 350 3.677 a
Saint-Trond.........+ + 25 469 | 25 469
Tamniserarue recu sers +) 16 87 ( 16 87
Termonde.......-.….--i » » ; »
Verviers... 10.675 52.3369 % 1 10.675 52.236 %
QVITIJCK peer 0 ce 00e 00 4 &lt; 49 17 19 179

TOTAUX.+c+++eve&lt; 27,081 208.889 | 22 | + 4u ot | 1,569 9.145 | 28.712 219.037 4 €

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DE
‘T'AL
‘81 ï &lt;39
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        ç-
RELEVÉ, PAR GROUPES D’INDUSTRIES, DES CHOMEURS ET DES JOURS DE CHOMAGE S
CONSIDÈRES POUR L’OCTROI DES SUBVENTIONS EN 1912 -
m
CHOMEURS CHOMEURS CHOMEURS
INDUSTRIES ÉPARGNANT ÉPARGNANT SYNDICATS TOTAL
F* SYNDIQUÉS INDIVIDUELLEMENT EN COLLECTIVITÉ
PROFESSIONS Chômeurs | Journées Es) Journées pete Journées Chômeurs | Journées , Chômeurs| Journées
Industries des Mines... » ; , » D 1.218 ' 2.130 1.218 2.130
— des Métaux . 1.902 20.027 4, 184 1.797 2.086 21.824 4,
— Céramiques .' D | » ; D ’ : |
— Verrières.....' 6 44 » ' , » » 6 44
— Chimiques.... 12 173 ] S » ” 12 173
— Alimentaires.. 135 1.654 4, ; ® « 135 1.654 4
- Textiles..…....| 14.598 77.367 4 | » , 14.598 77.367 4
- du Vêtement. 562 5.466 : 2007 80 | 2.075 4, 644 7.561 4
= du Bâtiment. 1.130 12.677 % | 34 469 3 30 1.167 13.176
du Bois et de
l’Ameublement 1.630 11.668 : 9 106 4, 1.639 11.774 4
= des Peaux et
des Cuirs.…. 736 6.072 LÆ | 6 " 738 6.078 4
_ du Tabac ... 885 10.306 è 885 10.356
= du Papier..…. À 16 » » 4 16
- du Livre..... 1.560 18.329 72 2.914 1.632 21.243
- d’Art et de
Précision... 1.419 22.673 4, , » » 1.419 22.673 4
— des Transports 1.538 11.570 » » 1.538 11.570
EMDplOYÉS....…+c+aeenee + 207 3.585 » | 3 92 | 210 3.677
Divers... 24. 3+0renere 150 1.516 4 | 2 481 27 ’ &gt; À 174 2.024 4
Ouvriers de Fabriques
sans dénomination spé-:
ciale .…….….….-.--&gt;... 607 5.743 ' 607 5 743 ;
a fair 00 00e 127,081 208.889 22 + 40 11522 | 1.569 | 9.145 | 28.712 | 219.037

ua
l'OTAUX. 481 : -
        <pb n="48" />
        LE CHOMAGE EN BELGIQUE AVANT LA GUERRE

D’autre part nous pouvons nous faire une idée du chômage normal
en Belgique par deux statistiques instructives.

Le Recensement de l’Industrie et du Commerce du 31 décembre 1910
avait, pour la première fois, indiqué quel était le nombre d’ouvriers
et d’employés sans travail à la date du relevé. Ses chiffres sont basés
sur les réponses des recensés et se rapportent à tous les employés
et ouvriers de toutes les professions industrielles.

RÉPARTITION DES CHOMEURS D’APRÈS LES GROUPES
D’'INDUSTRIE
D'APRÈS LE RECENSEMENT DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE EN 1910
CHOMANT
GROUPES are
EMPLOYÉS OUVRIERS
D’INDUSTRIES === sr
Hommes ! Femmes Total Hommes Femmes |! Total
Industries :
1'de la Péche..........… » » *--145 , 115
des Mines.............. a) 104 104 ‘b)6.673 251 =— 6.924
des Carrières....……..…... d) 55 k 56 ‘e)3.016 13 3.029
des-Métaux.. +... 173 5 179 6.597 132 6.729
Géramiques.…. +. 19 ‘ 19 4.782 1.290 6.072
Verrières. +... 27 D 27 868 136 1.004
Chimiques.-……........ 35 3 38 519 178 697
Alimentaires... 98 7 105 ! 2.520 188 2.708
Textiles sr res 91 3 99 | 2.754 1.941 4.695
du Vêtement.........… 27 16 43 2.640 9.904 12.544
Li; de la Construction......, 105 2 107 25.384 29 25.413
12 du Bois et de l’Ameuble-
Ment.… 0002 571 rame 28 » 28 5.929 194 6.123
13 des Peaux et Cuirs..... 18 3 21 . 1.870 358 2.228
14 du Tabac............&lt; 14 ) 14 438 157 595
15: du Papier... 10 t0 435 135 570
16-du'lLivre:.….:...:.44&lt; 22 } 25 898 118 | 1.016
17 d’Art et de Précision... 28 ’ 33 1.507 95 1.602
18 des Transports : entre-
prises Publiques...... 147 es 152 1 540 5 546
19 des Transports : Ateliers
et Arsenaux..…........ 3 3 52 52
20 des Transports : Entre-
prises privées.......….. 96 82 30 2.4: 1
TorAaL.. 1 1.100] 6. 1.161| 69.967 15.136. 85.103
a) 18 de ces employés chôment par suite de grève
b) 3.742 — ouvriers — — —
c) 128 — ouvrières — — —
d) 5 employés = — —
€) 1.372 ouvriers — — &gt;

3.
        <pb n="49" />
        32 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
PROPORTIONS D'OUVRIERS CHOMEURS, EN 1910,
PAR GROUPES D’INDUSTRIES
—_——P A —

NOMBRE PROPORTION
GROUPES NOMBRE POUR CENT
TOTAL des chômeurs
D’OUVRIERS DE au nombre
D’INDUSTRIES (au travail d'ouvriers
et chômant) cHomEURs %PPartenant au
groupe ci-contre
Industries :
Céramiques... 4-2. 27.670 6.072 21,94
de la Constrüction....:...... ....... 120.108 25.413 21,10
du Vêtement... EN 98.012 12.544 12,80
dela Pêche... ... 4. a 1.512 115 7,60
d'Art et de Précision... .….…..….. 22.324 1.602 7,18
cles iGarricrcs en M ee 42.248 3.029 7,17
du Bois et de l’Ameublement.......... 85.803 | 6.123 7,1!
du Livre... tds. eee eee ee 17.381 1.016 5,84
des Transports : Entreprises privées.... 45.924 2.441 5,31
des Pcaux et des Cuirs.....2.20 42.040 2.228 D,30
Alimentaires: +. 5let ahéhece ha ve 00e 52.695 2.078 5,14
du Papier... +. ve. «0h01 e eee eee tee 11.250 570 5,07
Clos MIT CS a OU a Ne ae 147.768 6.924 4,69
du Tabac eee tente a M put le hate ete 12.874 595 4,62
des Métaux. +. ve eee et ee oem 188.344 6.729 3,07
Verrièrés. +. den ba aa e me ter drone 28.167 1.004 3,56
ChiMIiques 4 vu 0e de ire la het ete 30.175 697 2,31
Peilcs es TA ae AR 240.134 4.695 1,95
des: Transports. ....…-"-"""w 42.116 546 1,29
NOTA ets etre aaterr ee eur rater te ren A ME 290 DIÉ 85.051 6,76
Nous connaissons en outre par les Caisses de chômage le nombre
de chômeurs et le nombre de journées de chômage prises en considé-
ration pour établir les indemnités en 1912.
NOMBRE DE TOTAUX
INDUSTRIES on |
Caisses |Participants Chômeurs Journées
Industries. des Mines... +... 17 10-711 2.389 2.999
TTNICES CAITICTES : «ete ere rie 00e 5 300 53 229 ,34
75 a des Métaux... ME SIRE 29-017 4.105 31.700,%,
— Céramniques......-......«. 8 700 133 542
— VOrrGries..… «nca at 1 90 6 44
CGhimiques.. 1.4. ..++.-h 5 327 347 1.545,4%
Alimentaires..." 20 1.209 181 2.363
Mextiles.1. &lt;. 2200-04 ee nn 1-11. IA 22.189 35.161 159.377,%
du Vêtement. .......…..... 25 2.207 1.001 7.993
i( de la Construction......... 81 4.480 1.987 14.992
11 du Bois et de l’Ameuble-
ment: ee 78 12.611 2.995 19.886 , %
12 Peaux et Guirs. 19 3.085 1.314 7.917
1 — du Kabac 1... 6... 20 2.604 1.512 15.823, %
1 == dir Panier. 1... 0e 2 355 64 111, %
2e du Livres. mn. ee 39 5.652 3.523 25.689 ,%
; — Art et Précision... 2 3.887 1.809 92-077,
- des Fransports.-...…...-.. ‘ 3.882 1.504 13.089
ITEINDION CS den eee e cn 0 anal em tte Ci 10 5.649 207 4.879
19 DIVOIS 1.0: + arriere ar ate eee ete rat a PE UE 26 5.067 1.600 10.754 ,
DOGAUX dada eu eee ei ce 1564 130-072 59.881 342.914,4,

ae
        <pb n="50" />
        LE CHOMAGE EN BELGIQUE AVANT LA GUERRE ;

Tout le monde sait que le service du placement des chômeurs
est un complément nécessaire de l’indemnité de chômage. La Belgi-
que n’avait pas manqué de s’oceuper d’organiser le placement en
même temps que l’encouragement à la prévoyance.

Au moment de l’invasion, 49 Bourses du Travail agréées par le
Gouvernement fonctionnaient dans le pays. Le principe était, ici
encore, de subsidier les œuvres de l’initiative privée, soit des Bourses
officielles, c’est-à-dire créées par des communes, soit des Bourses
syndicales ou créées par des particuliers. L'Etat allouait des subsides
de premier établissement aux Bourses qui se fondaient et des subsidet
de fonctionnement. Les provinces et les communes accordaiens
également des subventions en argent et des avantages en nature,
tels que jouissance de locaux, aide d’employés, ete.

En 1913, l’Etat avait alloué 29.370 francs aux 43 Bourses qui
avaient fait des opérations en 1912, et 200 francs de premier éta-
blissement à 7 Bourses qui s’étaient formées pendant l’année. Les
subsides en espèces des provinces s’étaient élevés à 11.227 francs,
celles des communes à 33.101 francs.

Les opérations des Bourses du travail en 1913 peuvent se résumer
ainsi :

Les 49 Bourses avaient reçu :

67.489 demandes d’emploi émanant d'hommes.
20.699 — x — de femmes;
soit 88.188 au total.
55.083 offres d’emploi pour hommes.
19.617 — — de femmes;
soit 74.700 au total.
Elles avaient opéré :
33.010 placements d'hommes,
et 10.729 ue de femmes ;
soit 43.739 au total.
Les chiffres proportionnels étaient les suivants
118 demandes pour 100 offres
ou 110 offres pour 100 demandes.
49 placements pour 100 demandes,
et = 58 placements pour 100 offres.

Jà
2
        <pb n="51" />
        2 ATION ALLEMANDE
34 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUP. LE CHOMAGE EN BELGIQUE AVANT LA GUERRE
” « . , . + .; ,
Par groupes d’industries, les opérations des Bourses se répartissaient de la manière suivante :
LES BOURSES DU TRAVAIL EN 1913. — RELEVÉ
S DES OPÉRATIONS PAR GROUPES D’INDUSTRIES
DEMANDES D’EMPLOI ee —
OFFRES D’EMPLOI PLACEMENTS
GROUPES [Nombre de demandes TS 7 ja
; TRIES nommes | Femmes | TOTAL ‘ Pour 100 offres NOMBRE Nombre de [Nombre de
D’INDUSTRI : Prepemm aérme HOMMES | FEMMES | TOTAL DP'OFFRES Hommes | Femmes | TOTAL Wplacemts | placemts
| 1912 | 1913 pour ee ! pour 100 | pour 100
Ë 7. - - —_- = Po rs rarement mr - , demandes offres
* Industries des Mines................., 1.094 » 1.094 79 83 s - TT
— des Carrières..............| __ 787 ) 787 84 | 70 1-822 ? 1.322 121 957 0 9571 87!
—  desmétaux............... 12.988 26 | 12.964 104 | 132 1.125 » 1.125 143 781 » 781 99 69
== | Céramiques... 341 8 349 87 | 116 9.726 96 9.822 76 5.529 18 5.548 43 56
—_ NOTTiÈrES Ter eennecu in annee | 56 16 72 20 37 293 8 301 . 86 187 8 195 56 65
— Chimiques ..….…....….......- 683 46 729 74 75 177 18 195 271 49 16 65 90 33
- Alimentaires ..……….….... 1.858 52 1.910 127 116 922 51 973 133 636 39 675 93 t9
: "PORTES ..-.+.++&lt;++++2000) 2-201 1.408 3.609 149 | 133 1.578 64 1.642 86 799 87 836 44 ti
3 du Vêtement ........….... 1.107 2.420 3.437 | 176 123 1.472 Ç 1.474 2.946 82 909 "724 1.633 45 |; Li
' de la Construction ........ 9.843 » 9.843 05 108 1217 2.629 016 145 545 1.499 1.974 57 50
is et de l’Ameuble- . » . | 5.604 -
ne ee ds Am 5.636 21 5-75 1 82 USE 5 caniet D 5.604 ! 57! 41
des P t des Cuirs....…. ; 216 : e ; 121 3.336 25 ;
' Gus Peaux et des Cure 1e À 7 99 497 190 | 194 1.241 176 1.417 117 | 586 110 | 3200 57 49
du Papier... 325 779 404 80 8i 315 85 400 80 | 204 47 251 51 63
du Livre... {.… +050 0004 2.417 132 . 2.549 119. 111 307 192 499 123 : 149 53 202 50 40
d’Artet de Précision........ 1.386 22 1.408 153 | 139 2.027 278 2.305 90 1.062 78 1.140 45 49
ie feenponts (1 » | 3!125 206| 198 997 16 - 1.013 72 774 3 7700 55 77
(8 Autres Industries et Professions:.... Fe : 1.580 » 1.580 50 1.080 ;. 1.030 33 65
a) Commissionnaires et hommes de !
} Courissentens st hommes EE a 388 7.790 | 08 198 24 va |
b) Domestiques, concierges, servantes, | 5.737 33 ! -067 78 4.270 189 “4.459 57 74
femmes de chauhre, Filles 02
tier, ‘enfants e
ga EURE | a 025 t du 20e 15.601‘ 407 | 105 =
c) Garçons et demoiselles de mages 1.337 11.392 12.729 96 “776 6.086 6.862 ! 59 54
: j Il t a-
BTE ue let etre nets 4002 À 692 5254 225 | 265 me eus es
d) Jardiniers et ouvriers agricoles... . -981 38 1.189 115 1.304 25 66
5 Employés et encaisseurs..........1 2.153 209 3.062 251 | 276 844 26 870 97 413 12 425 48 49
4 ivre TN 5036 2.004 5460 104 | 427 783 527 ' 1.110 36 400 198 598 191 5
_ L Er - 1 5er 4.190 2.213 6.403 78 2.832 1.542 * 4,374 53 | 68
rire rees- 67.480 | 20.600-| 68.188 ‘ TE ‘118 = CE a 77
TorAux | | 55.088 | 19.617 | 74.700 85 || 33.010 10.729 | 43.739 | 49 | 58

25
        <pb n="52" />
        CHAPITRE VI
Les fonds de chômage
pendant les
premiers mois de l’occupation Allemande

Toute l’organisation de la lutte contre le chômage reposait en
Belgique sur la subvention, par les pouvoirs publics, d’organisations
ouvrières vivant des cotisations de leurs membres.

On conçoit que le premier effet de l’occupation allemande ait été
la dislocation complète des Fonds de Chômage. Comment percevoir
des cotisations mensuelles d’ouvriers mis eux-mêmes pour la plupart
en chômage par la fermeture ou l’inactivité partielle des usines, le
manque de matières premières, ou des obstacles physiques, comme
les opérations militaires, les incendies, les fusillades de civils ?

Comment les communes auraient-elles pu continuer le versement
régulier de leurs subsides, quand toutes leurs ressources étaient
absorbées par les questions de ravitaillement ou la bienfaisance
publique ?

Il y eut toutefois, pendant quelques semaines, et même quelques
mois, une période de transition, où l’on prit dans un certain nombre
de communes, des mesures d’urgence, qui prolongèrent quelque peu
l’agonie des Fonds de Chômage.

Il y eut même une ville où l’on parvint, par des moyens de fortune,
à maintenir le fonctionnement presque normal de l’institution exis-
tante : c’est la ville de Gand. Le phénomène est unique et si intéressant
que nous y consacrerons tout un chapitre plus loin. Disons seulement
ici que, tout en réduisant les allocations, et en modifiant quelques
dispositions réglementaires, on employa toutes les réserves des caisses,
on se procura des ressources occasionnelles, et on parvint, grâce
à des sacrifices considérables de la Ville, à maintenir tout le cadre
du Fonds de Chômage et à distribuer des secours à tous les membres
pendant de longs mois. Nous verrons plus loin les relations qui s’éta-
blirent entre le Fonds de Gand et le Secours-Chômage du Comité
National.
        <pb n="53" />
        LES FONDS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE = 37

Un rapport de M. Varlez, rédigé fin janvier 1915, nous donne des
rense:gnements précieux sur la situation d’un certain nombre de
Fonds de Chômage à cette époque et sur leur histoire pendant les
premiers mois de l’occupation.

Le Fonds Intercommunal de l’agglomération bruxelloise compre-
nant Bruxelles et dix-sept communes voisines décida, le 18 août 1914,
de suspendre provisoirement l’allocation des majorations aux chô-
meurs à partir du 23 août. Il émit en même temps le vœu de voir
les administrations communales affiliées organiser dans chaque
commune un service spécial, destiné à venir en aide aux sans-travail,
syndiqués et non syndiqués, et de leur voir allouer uniformément :

3 francs par semaine aux chômeurs célibataires,

5 — — &gt; mariés,

6 — — &gt; mariés et qui avaient plus de
trois enfants en bas-âage.

Plusieurs communes suivirent ces indications, mais aucune ne
semble avoir accordé aux ouvriers syndiqués un régime différent
des non-syndiqués.

Seule, la capitale reprit, à partir du 21 septembre, le paiement
des majorations aux syndicats agréés par le Fonds de Chômage et
qui continuaient le service des indemnités de chômage à leurs mem-
bres. L'intervention de la Ville ne se faisait d’ailleurs que dans les
limites du règlement du Fonds, c’est-à-dire que les majorations d’un
import maximum de 50 pour cent des indemnités syndicales et de
1 franc par jour au plus, n’étaient accordées que pour soixante-douze
jours au plus, et seulement aux syndiqués chômeurs habitant Bruxelles
et inscrits aux registres de la population avant le 1°" septembre.

Les syndicats qui ne possédaient pas les fonds nécessaires devaient
prendre l'engagement de reconnaître cette dette vis-à-vis de la Ville.

Sur les soixante-treize syndicats agréés ayant leur siège à Bruxelles,
quarante-neuf ont bénéficié des avantages accordés.

Le nombre réel des chômeurs syndiqués qui, jusqu’au 16 janvier
1915, avaient participé au Fonds s’élevait à 2.374.

Les listes de la semaine du 9 au 15 septembre accusaient les chiffres
les plus élevés, tant en indemnités payées qu’en nombre de chômeurs.
L’allocation pour cette semaine était de 8.579 francs pour 1.950
chômeurs. Chacun d’eux avait reçu en moyenne frs 4.40 pour cette
semaine.

Progressivement, à mesure que les chômeurs avaient épuisé leurs
droits au chômage statutaire (soixante-douze jours), le total des
majorations accordées par la Ville a diminué. Il était de 1.800 francs
        <pb n="54" />
        38 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

pour la semaine du 4 au 9 janvier 1915, de 1.400 francs pour celle
du 11 au 16 janvier. Le nombre des chômeurs indemnisés pendant
ces deux semaines n’était plus que 488 et 291 respectivement.Non
pas qu’il y eût une reprise du travail, mais presque tous les chômeurs
syndiqués avaient épuisé leurs droits aux indemnités réglementaires.

Les Caisses de chômage n’avaient pas de réserves importantes.
La Ville, en considération de l’œuvre de solidarité des syndicats,
décida de continuer ses majorations même quand les caisses eurent
cessé de payer leurs indemnités : dès lors, les subventions commu-
nales devenaient des secours, alloués en primes à l’esprit de prévoyance
manifesté précédemment par les syndicats.

A mesure que les syndiqués avaient épuisé leurs droits aux indem-
nités statutaires, ils passaient dans la catégorie des chômeurs secourus.

Ces secours de quinzaine, de même que les majorations ordinaires,
étaient payés chaque semaine aux fondés de pouvoir des syndicats
et répartis par les soins de ces derniers entre les chômeurs. Le mon-
tant de ses secours augmenta naturellement, à mesure que les indem-
nités statutaires diminuaient. La première liste de secours, présentée
en novembre 1914, fut de 77 fr. 50, celle de la quinzaine du 11 au
23 janvier était de 3.361 francs et concernait 775 ménages. Le secours
était de 4 francs en moyenne par ménage.

Au 23 janvier 1915, les sommes payées aux ouvriers syndiqués en
majorations s’élevaient à 104.228 fr. 84, et celles payées en secours
à 13.125 fr 50, soit au total 117.352 fr, 34.

Le Fonds intercommunal de Liége, comprenant la ville de Liége
et seize communes limitrophes dut cesser presque totalement ses
opérations dès le mois d’août 1914.

La plupart des Caisses ouvrières affiliées ne possédaient pas de
réserves suffisantes pour faire face aux conséquences d’un chômage
presque général. Aussi, avaient-elles décidé soit l’interruption com-
plète du service des indemnités, soit l’allocation de secours inter-
mittents à leurs membres ou aux plus pauvres d’entre eux.

D’autre part, les communes suburbaines, en raison de l’état précaire
de leurs finances ne pouvaient plus fournir de provisions pour le
service du Fonds. Au deuxième trimestre de 1914, le nombre des
assurés était de 5.288 dont 1.878 seulement fixés à Liége et les deux
tiers restants dans les seize autres communes affiliées. Celles-ci avaient
dû consacrer leurs faibles ressources à fournir de la soupe et du pain
à tous leurs sans-travail, syndiqués ou non.

Le Fonds de Chômage s’était donc assigné pour tâche de garder
contact avec les associations et les communes affiliées. Il avait adressé
aux communes, le 15 février 1915, une lettre où l’on lisait :
        <pb n="55" />
        LES FONDS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE = 39

« Notre organisme ne peut se désintéresser des efforts qui ont été
faits par les travailleurs prévoyants en vue de s'assurer contre les
conséquences néfastes du chômage, et nous pensons que les communes
par lesquelles notre œuvre a été constituée, doivent, dans la mesure
de leurs moyens, s’employer à la maintenir.

« C’est pourquoi nous vous prions de bien vouloir nous faire savoir
si vous êtes d’accord pour admettre l’application d’un régime excep-
tionnel jusqu’à la fin de la période de guerre et, dans l’affirmative,
si vous nous autorisez à faire, pour votre compte, les dépenses qui
en découlent.

«Ce régime consisterait en allocation de subventions calculées
sur les indemnités de chômage, à raison de 50 pour cent, taux maxi-
mum prévu par notre règlement, ou de tout autre taux inférieur que
vous voudriez indiquer en tenant compte de l’état de vos ressources.

«La perception des cotisations ayant été forcément interrompue
dans toutes les associations, la part du subside réglementaire calculée
sur cette base serait suspendue jusqu’à nouvel ordre. »

Le Comité du Fonds dé Liége s’était d’ailleurs déjà adressé au
Comité National pour lui demander une intervention fixe ou des
subventions périodiques qu’il aurait réparties entre ses membres
conformément à son règlement.

A Anvers, le Fonds de Chômage de la ville avait continué à payer,
jusqu’au bombardement, 80 centimes de majoration en plus des
20 centimes payés par quelques associations ; mais la plupart de
celles-ci avaient rapidement épuisé leurs ressources.

A la fin, il n’y en avait plus que trois qui continuaient à intervenir ;
après le bombardement, la majoration avait été réduite à 60 centimes
pour les personnes âgées de 21 ans, et à 40 centimes pour celles âgées
de 18 à 21 ans. D'ailleurs, les mêmes secours étaient alloués à tous
les chômeurs, prévoyants ou non. D’après une note parue dans la
presse, il y aurait eu à cette époque (janvier 1915) 33.148 sans-travail
secourus, coûtant à la Ville 100.000 francs par semaine.

Dans les communes suburbaines, tout secours aux chômeurs
avait été supprimé.

A Louvain, les opérations du Fonds de Chômage avaient pris fin
dès le 1er août. Mais l’administration communale avait institué des
travaux de secours pour chômeurs, leur payant un salaire de 2 fr. 50
par jour.

A Ninove, le Fonds de Chômage avait été incorporé, dès la pre-
mière semaine de la guerre, avec les institutions charitables, dans
un fonds de secours communal, alimenté par des souscriptions publi-
ques, les subventions de la Ville, puis celles du Comité National.
        <pb n="56" />
        40 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

À lost, le Fonds de Chômage avait été liquidé, les associations
ouvrières ne payaient que des secours très faibles et très irréguliers.

A Bruges, le Fonds de Chômage avait continué à fonctionner
quelque temps, quelques associations continuaient à distribuer leurs
indemnités ; beaucoup avaient interrompu leur service.

À Eecloo, le Fonds de Chômage avait cessé ses opérations, mais
des secours communaux assez importants allant de 4 à 8 francs par
semaine et par ménage étaient alloués aux sans-travail.

À Iseghem, le chômage avait été en peu de temps général et les
associations avaient dû cesser leurs services d’indemnisation.

A Saint-Nicolas (Flandre Orientale), le Fonds de Chômage avait
décidé, dès le début de la guerre, que, vu l’impossibilité où se trou-
vaient les associations affiliées de continuer le service des indemnités,
la Ville payerait ses majorations à raison de 50 centimes par jour
pour toute la durée de l’indemnisation prévue pour chaque syndicat
(36, 40 ou 50 jours suivant le cas) sans aucune participation des
associations. Lorsque ces secours furent épuisés, la Ville vota encore
un crédit extraordinaire de 10.000 francs en faveur de son Fonds
de Chômage, et il fut réparti aussi à raison de 50 centimes par jour
et par chômeur.

A Termonde, à T'amise, à Malines, les Fonds de Chômage avaient
naturellement disparu par suite des événements militaires.

Les autres Fonds de Chômage du pays ne connurent pas de meil-
leur sort. Ils durent rapidement cesser leurs opérations et faire place
à des institutions de secours plus générales.

En résumé, l’on peut dire que, sauf à Gand, les Fonds de Chômage
créés pour le temps de paix ne purent résister à l’ébranlement général
occasionné par l’occupation ennemie. Mais il y avait quelque chose
de touchant, dans les efforts faits par certaines communes, pour
maintenir en activité ces institutions de prévoyance sorties du sein
même de la classe ouvrière.
        <pb n="57" />
        CHAPITRE VII
La section ‘‘ Aide et Protection
aux chômeurs involontaires ”

Dès le mois de décembre 1914, le Comité National se préoccupait
de venir en aide aux chômeurs.

Dans une circulaire adressée aux bourgmestres des communes
le 17 décembre 1914, leur faisant part des intentions du Comité
d’allouer des subventions aux Communes pour divers objets, on
trouve la mention des «chômeurs involontaires ». A la séance du
31 décembre 1914, le Comité commence déjà à demander aux bourg-
mestres le relevé de ces chômeurs et leur recommande d’exiger que
les chômeurs soient munis d’un certificat de leurs patrons mention-
nant la date de la cessation du travail.

A ce moment le Secours A est déjà organisé, c’est-à-dire que le
Comité distribue déjà des secours en denrées alimentaires aux néces-
siteux de toute catégorie.

Mais à la séance du 11 février 1915, le Président annonce que le
Comité a décidé de créer une nouvelle section, intitulée « Aide et
Protection aux Chômeurs involontaires » Une Commission a été
nommée ; elle se compose de neuf membres, choisis en dehors du
Comité National, particulièrement compétents en matière de lutte
contre le chômage. Elle a pour mission « d’étudier comment il est
« possible de secourir immédiatement les chômeurs de l’industrie
«privée comme ceux de l’Etat, qu’ils soient syndicalistes ou non
« syndicalistes »,

Cette formule est tout un principe. Nous avons vu que le système
d'avant-guerre reposait essentiellement sur les syndicats. On veut
marquer tout de suite qu’on ne s’en tiendra pas exclusivement aux
chômeurs affiliés aux caisses de chômage : les secours seront pour tous
les ouvriers.

D'autre part, le Président ajoute : «Il a toutefois été convenu,
        <pb n="58" />
        42 _ LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
dès à présent, que dans la mesure du possible ces secours seront
distribués par l’intermédiaire des organismes existants ».

Ainsi l’idée est de conserver autant que possible l’activité des
caisses ou des syndicats, en profitant de leur expérience. Il est hors
de doute qu’il faut voir là le résultat de la préoccupation des leaders
ouvriers, qui voyaient avec angoisse la catastrophe nationale entrai-
ner la disparition d’œuvres vivantes à laquelle ils avaient consacré
tant d'efforts. Nous verrons plus loin qu’il ne fut pas partout possible
de se servir des Fonds de Chômage ni des associations profession-
nelles pour la distribution des secours.

Enfin, le Président terminait sa communication en disant : « Les
charges résultant de ce nouvel organisme seront supportées à raison
de 4/5 par le Comité National (3/5 secours extraordinaires et 1 /5
secours ordinaires), le 1/5 restant étant à charge des communes ».
L'intervention des communes était une des bases de l’organisation
du Fonds de Chômage. Elle se justifiait tout autant pendant l’occu-
pation ennemie ; c’était une garantie que les communes, intéressées
aux dépenses, auraient à cœur de surveiller l’emploi des fonds et
de veiller au bon fonctionnement du service. Toutefois, l’appel aux
communes offrait un inconvénient : c’était donner aux autorités
allemandes, qui avaient la haute main sur les communes, l’occasion
de s’ingérer dans le service des secours. Dans la suite, on fut amené,
pour cette raison, à supprimer toute intervention communale.

Le Comité National exprima ses intentions dans une circulaire
aux administrations communales dont le projet fut discuté dans
les séances du 18 au 25 février 1915.

La circulaire engage avant tout les communes, afin d’occuper le
plus de chômeurs possible, à faire effectuer des travaux d’utilité
publique, tels que travaux de voirie, de terrassement, défrichement
ou assainissement, etc. Le Comité s’offre à procurer aux communes
les ressources nécessaires.

Le Fonds général de Chômage est destiné essentiellement aux
communes qui ne sont pas à même d’occuper tous leurs chômeurs
ou d’effectuer un travail d’utilité publique.

La première chose à faire est le recensement des chômeurs. Le Co-
mité donne à ce sujet les principes directeurs :

19 Tout d’abord la définition du chômeur. « Est considéré comme
chômeur, l’ouvrier, l’artisan, l’employé de l’industrie et du commerce
des deux sexes, ayant plus de 16 ans et moins de 65 ans, qui vivant
du produit de son travail, s’est vu privé de ce travail par suite de
la crise provoquée par la guerre et se trouve actuellement dans le
besoin ».
        <pb n="59" />
        LA SECTION AIDE ET PROTECTION AUX CHOMEURS INVOLONTAIRES 43

20 Aucune distinction n’est faite entre les chômeurs, qu’ils appar-
tiennent à des industries et des commerces privés ou à des services
publics, qu’ils soient syndiqués ou non ;

30 Sont exclus du secours et par conséquent de la liste à dresser :

a) Les travailleurs des deux sexes qui n’étaient pas chômeurs
avant la date du 15 février ;

b) Ceux qui ne sont pas à même de prouver qu’au cours des mois
de juin et de juillet 1914, ils ont exercé pendant 15 jours au moins
un emploi salarié dans l’industrie ou le commerce, ou qu’ils en ont été
empêchés par maladie ou accident constaté, grève ou lock-out.

c) Ceux qui refusent de travailler à un salaire qui sera jugé « con-
venable » par la commune ou le Comité local ;

d) Les malades, infirmes, victimes d’accidents ou ouvriers mêlés
à des lock-out ou grèves ;

e) Les épouses bénéficiant de la rémunération militaire.

Les tableaux du recensement devaient en outre indiquer les femmes
mariées sans profession industrielle et le nombre d’enfants en dessous
de 16 ans.

Ce recensement est présenté comme une condition indispensable
«afin de juger si le système est réalisable ». La décision définitive n’est
pas prise encore. Mais on fait connaître les grands traits du régime
qu’on espère instituer.

19 L’indemnité serait de trois francs par semaine par chômeur ;

20 Elle serait versée non en argent, mais en nature ;

30 Elle serait augmentée proportionnellement aux charges de
famille ;

40 Les ressources seraient en majeure partie fournies par le Comité ;
mais on exigerait, comme une condition essentielle, l’intervention
des communes, à concurrence d’un dixième (on avait primitivement
arrêté un cinquième) des secours alloués aux chômeurs résidant sur
leur territoire.

Il y avait lieu d’ailleurs de combiner cette intervention avec celle
que les communes effectuaient déjà.

50 L'organisation du Secours Chômage n’était pas laissée aux
communes, mais elle incombait aux Comités de Secours institués
par les Comités provinciaux dans chaque commune même quand il
s'agissait d’ouvriers syndiqués ou mutualistes. On invitait d’ailleurs
les Comités locaux à faire appel au concours des Bourses du travail,
des Caisses et Fonds de Chômage, des Syndicats et Associations
professionnelles ou de prévoyance.

On annonçait enfin que le Comité était disposé à commercer ses
distributions dès le mois de mars, et l’on engageait les communes
        <pb n="60" />
        44 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
et les comités à faire diligence pour opérer le recensement des chô-
meurs, et à veiller à ce qu’il soit sincère et aussi exact que possible.

La discussion qui eut lieu au sein du Comité National dans les
deux séances des 18 et 25 février est intéressante à analyser, parce
qu’on y voit d’une part quelques-unes des idées qui ont dirigé les
auteurs du projet et d’autre part les difficultés qui furent aperçues
dès le début par les hommes d’affaires et les administrateurs qui
constituaient le Comité.

Tout d’abord l’idée de soutenir les communes qui veulent organiser
des travaux pour chômeurs est à tout le monde sympathique. C’est
là «l’œuvre sociale » par excellence, non seulement parce que c’est
un remède efficace contre le chômage en général, mais parce qu’on
doit tendre à la «reprise du travail ». Personne n’a dit que l’expé-
rience avait démontré que ce remède est souvent illusoire, qu’il faut
des circonstances vraiment rares pour qu’il réussisse. On se disait
que même si les travaux coûtaient cher, ils coûteraient encore moins
que des indemnités gratuites, sans contre-prestations.

Mais on a immédiatement eu la certitude que ce système pouvait
Occasionner des dépenses très considérables.

Les uns ont avancé que le Crédit Communal mettrait des fonds
à la disposition des communes. Le Crédit Communal est un institut
financier officiel, alimenté en partie par l’impôt et ayant le droit
d'émettre des obligations, qui est destiné à faire des prêts aux com-
munes. Mais un administrateur de cet établissement qui était présent,
à fait observer immédiatement que ces ressources seraient de plus
en plus limitées et qu’il ne fallait guère y compter.

Une préoccupation qui anima plus d’un membre aussi fut de ne
pas énerver l’initiative des communes qui avaient déjà institué des
travaux de secours. On indiqua l’exemple d’Anvers, qui examinait
la possibilité d’entreprendre des travaux importants, tels que le
creusement des darses, et qui avait déjà constitué un fonds pour
favoriser la fabrication de briques dans la région de Boom. 300.000
francs avaient été réunis et avancés à des communes dans la région
qui, à leur tour faisaient des avances en bons de salaires. Ces bons
étaient remboursables à raison de 80 pour cent en vivres et des
magasins spéciaux avaient été établis dans la contrée.

Un membre représentant le Comité du Luxembourg expliqua que
dans cette province on avait adopté un système différent, qui con-
sistait alors à acheter directement certains produits, comme les
ardoises.

Les conséquences morales et sociales de l’œuvre de Secours
n’échappèrent pas non plus à divers membres. De grands indus-
        <pb n="61" />
        LA SECTION AIDE ET PROTECTION AUX CHOMEURS INVOLONTAIRES 45
triels attirèrent l’attention sur la nécessité et la difficulté de se borner
à secourir le chômage involontaire. Il ne s’agissait pas d’allouer une
pension gratuite à des travailleurs, qui, avec un peu de bonne volonté
trouveraient l’emploi de leurs bras. Beaucoup d’établissements indus-
triels faisaient des sacrifices considérables pour continuer à occuper
leur personnel, deux ou trois jours par semaine, à des travaux de réfec-
tion, de nettoyage, ou autres. « Si ces ouvriers, disait-on, peuvent
escompter des indemnités de chômage, il est à craindre que, suppu-
tant d’une part le montant de cette indemnité, d’autre part, le salaire
réduit qu’ils touchent pour le travail sans attrait qu’ils fournissent,
ils ne préfèrent le premier système et abandonnent volontairement
l'usine ». Si le montant du secours se rapprochait du salaire, l’ouvrier
quitterait aisément le travail et l’on créérait une population de
désœuvrés.

Une voix s’éleva même contre le principe d’un secours chômage
général : « Ce principe est faux. Une œuvre de secours pour le chômage
se conçoit lorsqu’il s’agit de faire face à une situation exceptionnelle
Jorsque le chômage n’est que partiel en ce sens qu’il n’affecte qu’une
certaine catégorie des travailleurs ou une ou plusieurs industries
déterminées. Il est impossible de combattre le chômage s’il est général.
Des mesures doivent, certes, être prises, Mais devant un phénomène
d'ordre général et l’instabilité des éléments, ces mesures doivent
avoir un tout autre caractère que celles”qui sont préconisées : attri-
buer des secours aux chômeurs, en tant que chômeurs, serait disqua-
lifier l’œuvre même ».

Cependant le projet fut maintenu, grâce notamment aux efforts
d’un éminent ministre d’Etat, qui fit valoir les arguments suivants :
tout d’abord, on ne pouvait faire abstraction de ce qui existait avant
la guerre : les Fonds de Chômage représentaient un aspect de la lutte
contre le chômage dont on ne pouvait envisager la disparition avec
indifférence ; au moment où le chômage devenait un mal général
il fallait commencer par généraliser le remède employé auparavant ;
le Comité ne faisait rien d’autre. Seulement, il ne pouvait plus être
question de limiter aux ouvriers syndiqués ou affiliés à des caisses
les allocations de chômage ; il fallait venir en aide à tous, sans privi-
lège. Le Secours Chômage avait, en outre, un aspect moral qu’il ne
fallait pas méconnaître. Il sauvegarde la dignité de celui qui le rece-
vait. Ce n’est pas le secours de l’indigent, c’est une indemnité qui
prend la place du salaire, comme cela se faisait en temps normal
là où il y avait une assurance contre le chômage. Aussi, il fallait
conserver autant que possible la distribution des secours par les
organismes existants, notamment par les syndicats, qui étaient
        <pb n="62" />
        46 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
habitués à organiser un contrôle efficace contre la fraude. Là où n’exis-
taient pas des Fonds de Chômage, la commune, intéressée également
le remplacerait de même qu’elle interviendrait en faveur des non-
syndiqués.

C’est ce point de vue qui prévalut.

On discuta longuement également le rôle respectif des Comités
provinciaux et des communes. On avait écarté celles-ci de la distri-
bution des secours ordinaires, il fallait que les comités locaux à créer
prissent la chose en main complètement. Le Président se rallia à
cette manière de voir.

Telle fut la naissance du Secours Chômage au Comité National.
Naturellement, on ne trouve pas trace dans les discussions reproduites
aux procès-verbaux, d’une autre préoccupation qui eut son impor-
tance, et qui gagna surtout en importance par la suite : celle d’em-
pêcher les ouvriers de travailler pour l’ennemi.

M. Albert Henry, l’éminent secrétaire général du Comité National,
que nous avons déjà cité plus d’une fois, écrit très justement : « L’ins-
«titution du Secours Chômage pendant la guerre ne doit pas s’apprécier
«uniquement au point de vue de ses résultats sociaux, comme on le
«ferait d’une institution fonctionnant en temps de paix. En effet,
«ce ne fut pas seulement une institution sociale, dans le sens propre
«du mot ; son objet n’était pas uniquement de combattre les effets
«du chômage involontaire et de soulager le dénuement des ouvriers
«sans travail. Elle visait en même temps un autre but : enlever aux
«ouvriers belges tout prétexte et toute tentation de travailler pour
«l’ennemi en les soutenant dans leur résistance aux sollicitations
«dont ils étaient l’objet » (1).

Rien n’est plus exact. Nous verrons plus loin que ce résultat fut
atteint en une très large mesure, et nous verrons aussi comment
l’institution d’un secours spécial destiné uniquement à la classe ouvrière
prêta à objections, à interventions de la part des autorités allemandes.
Il ne faut jamais oublier qu’aucune institution belge du temps de
l’occupation n’eut une vie normale, c’est-à-dire semblable à ce qu’elle
aurait pu être en temps de paix.

Mais il faut dire aussi que personne ne se doutait, au moment de
la création du Secours-Chômage, de l’importance qu’il allait prendre,
au point de vue financier, comme au point de vue moral. N’oublions
pas, d’abord, que nous sommes au début de l’année 1915, et qu’on
ne s’imagine pas que la guerre — et avec elle, l’occupation alle-
mande — va durer de longues années encore.

a) A. HENRY, L’Œuvre du Comité National de Secours et d’Alimentation pendant la
Guerre, p. 247.
        <pb n="63" />
        LA SECTION AIDE ET PROTECTION AUX CHOMEURS INVOLONTAIRES 47
D’autre part, à ce moment, s’il y a déjà pas mal d’ouvriers qui
travaillent pour les Allemands, la misère n’a pas encore atteint
l’étendue qu’elle prendra dans la suite, et l’ennemi lui-même n’a pas
encore besoin de main-d’œuvre dans la proportion où il lui en faudra
plus tard. Mais, avec cet instinct de prévoyance qui est le propre
des véritables hommes d’Etat, les dirigeants du Comité National
avaient compris qu’il fallait absolument essayer d’avoir, d’une ma-
nière générale «la classe ouvrière en main ». Dans un pays comme
la Belgique où la classe laborieuse occupe tant de place dans la vie
politique et sociale de la nation, où elle avait fait l’objet de tant
de préoccupations de tout ordre de la part des Gouvernements, il
était tout naturel qu’un gouvernement d’occasion ayant vraiment
l’esprit national, s’attachât à continuer la tradition. D'ailleurs, au
sein même du Comité National, et autour de lui, il y avait des chefs
d'organisations ouvrières de diverses nuances qui s’inquiétaient
très vivement du sort de ces organisations, créées avec tant d’efforts
pendant la paix: à mesure que la guerre durait et qu’on perdait
l’espoir de la voir se terminer à brève échéance, on se demandait
ce qu’allaient devenir les syndicats, les caisses de chômage, les mutua-
lités, les coopératives. Ces dernières pouvaient être associées en
une certaine mesure au ravitaillement. Mais les associations qui ne
vivaient que de cotisations, désormais irrécouvrables, comment ne
dépériraient-elles pas dans la misère générale, comment ne dis-
paraîtraient-elles pas dans la tourmente ? On vit dans la par-
ticipation à la distribution des secours le moyen de leur donner
un semblant d’existence, de les préserver de l’anémie et de la
mort.

Ce que les créateurs et les défenseurs du Secours Chômage avaient
bien vu, c’est qu’il venait à son heure pour apporter aux ouvriers
un réconfort moral dont ils avaient besoin. Le Secours Chômage
paraissait prendre la place du salaire, c’était la dignité dans la misère
c'était le signe d’une fonction sociale, c’était aussi la preuve qu’on
n’était pas abandonné. Le Secours Chômage eut toujours et jus-
qu'au bout, des adversaires, qui auraient voulu qu’il n’y eût qu’un
secours pour tous les nécessiteux, et qui se réjouirent quand il dispa-
rut, en 1917, sous la pression de circonstances que nous indiquerons,
pour être absorbé par le Secours Alimentaire. Mais ils n’apercevaient
pas qu’il y avait urgence à faire précisément cette distinction parmi
les nécessiteux. Assister un homme en sa qualité même de travailleur,
c'était lui reconnaître encore une valeur particulière qui le plaçait
au-dessus de la misère. Privilège si l’on veut, mais qui avait cette
justification patriotique que la classe ouvrière, et précisément la
        <pb n="64" />
        48 _ LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
classe ouvrière industrielle, avait ce privilège aussi d’être en butte
aux sollicitations de l’ennemi.

Maintenant, une chose étonnera toujours ceux qui pensent que
si le Comité avait eu conscience de la nécessité d’empêcher complète-
ment les ouvriers de se mettre au service de l’occupant, il aurait dû
élever le taux des secours au niveau des salaires offerts par l’ennemi,
c’est que la résistance patriotique fut soutenue en définitive, par
des indemnités bien réduites. Mais il faut tenir compte de ce que les
ressources financières étaient limitées, de ce que l’on ne savait au
début à quoi l’on s’engageait, et aussi de ce que les inconvénients du
secours gratuit furent immédiatement aperçus, non seulement par
les employeurs, les industriels et hommes d’affaires, mais par les
promoteurs du système. On savait bien que le Secours Chômage
encouragerait la paresse, qu’il y aurait des fraudes, qu’il rendrait
difficile la reprise normale du travail. On encourait ces risques par
nécessité et par devoir patriotique immédiat, choisissant de deux
maux, le moindre. Mais on réduisait l’indemnité au minimum pour
en diminuer les effets nocifs.
        <pb n="65" />
        CHAPITRE VIII
A
Le recensement des chômeurs
en Février-Mars 1915

Nous avons vu que le Comité National avait demandé dès le 28
février aux Comités Provinciaux de faire procéder dans chaque
commune, et par les administrations communales, au recensement
des chômeurs d’après les indications qu’il avait données. Il fallut
attendre jusqu’au 15 avril pour que le Président put faire connaître
les premiers résultats de ce relevé.

À cette date, un certain nombre de communes n’avaient pas encore
envoyé leurs tableaux, mais on put se rendre compte tout de suite
de l’étendue du chômage et de l’importance des sommes nécessaires-

Voici le premier relevé :

ENFANTS DE

EPOUSESs CHOMEURS

ToTAL SANS OU DE
PROVINCES DES PROFESSION … CHOMEUSES
CHOMEURS DES âgés de moins

CHOMEURS de 16 ans

Agglomération Bruxelloise. .........…... 74.174 22.139 42.577
Brabant......….0=7 ts es + 63.414 24.827 63.055
Flandre Occidentale: Comité de Bruges... 5.326 1.023 5.130
— de Courtrai. 67.516 15.735 51.706

Flandre'Orientaie 1... 52.250 10.701 13.489
OO POS Ne PET ST SC USTE 90.415 35.577 2&gt;.549
Limbourg....+4++254 040040444400 0 00 14,145 5.028 20.279
LIGR0 ni rana nee dense 0e actu eine O9 145 34 . 690 79.857
Luxembourg ni himecun ts terntimns La ettee 6.846 3.091 1.446
Namur 202 xs sr0 ose trie cie rate vale 20.908 9.625 1 "7548
Hainaut 4.024044 05 res POV 101.927 46.082 73.581
601.299 208.518 | 474.627
        <pb n="66" />
        50 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

La proportion de chômeurs par rapport à la population ouvrière
était déjà très considérable : 601.299 chômeurs représentaient en effet
un peu moins de 50 % de la totalité des ouvriers et des employés
de l’industrie et du commerce recensés en 1910. Mais le Comité avait
limité à 65 ans l’âge d’admission au secours et la Belgique occupée
ne comprenait pas tout le territoire du royaume. Les chiffres n’étaient
donc pas rigoureusement comparables.

Il est hors de doute, cependant, que le nombre de chômeurs était
quelque peu forcé, surtout si l’on tient compte de ce que, dans ce
premier recensement, on ne voulait connaître que les ouvriers com-
plètement privés de leur travail par la guerre, ceux que l’on appellera
dans la suite «les chômeurs complets ».

On a toute raison de croire que les administrations communales
donnèrent à leurs agents des instructions qui n’étaient pas stricte-
ment conformes à celles du Comité.

Rien de plus naturel : une nouvelle forme d’assistance étant annon-
cée, comment empêcher les malheureux de se croire autorisés à y
participer ? Tout individu trouva facilement qu’il était dépourvu de
travail, et les agents des communes eurent rarement le courage de
refuser d’inscrire des gens à qui allait leur pitié.

Un recensement est toujours une opération délicate, exigeant une
forte et sérieuse préparation. Rarement des agents recenseurs nom-
breux exécutent d’un même esprit les instructions qui leur sont
données. Ce recensement-ci avait dû être improvisé, très rapidement
exécuté, sous l’œil jaloux et inquiet du pouvoir occupant.

Tout conspirait pour qu’il prêtât à la critique. On peut penser en
tout cas qu’il ne fut pas compris par tous de la même manière. C’est
ainsi que dans certaines communes on ne compta point les ouvrières
chômeuses dans un ménage où il y avait un chef de ménage chômeur.
Presque nulle part non plus le relevé ne fut nominatif : on se contentait
de supputer le nombre de chômeurs dans une famille ou un ménage.
En résumé, il est hors de doute que ce recensement ne répondait pas
aux exigences d’un travail rigoureusement scientifique ; mais il était
suffisant pour le but pratique que poursuivait le Comité. On se sou-
viendra de ces imperfections chaque fois que les résultats du recen-
sement seront pris comme point de comparaison.

Que les chiffres du recensement initial soient exagérés, c’est ce qui
résulte de la comparaison du nombre de chômeurs (complets) avec
celui des ouvriers et employés de l’industrie et du commerce recensés
en 1910.

Il est visible que dans l’arrondissement de Courtrai, par exemple,
dans le Limbourg et dans le Luxembourg, on avait porté sur les listes
        <pb n="67" />
        LE RECENSEMENT DES CHOMEURS EN FÉVRIER-MARS 1915 51
— =
NOMBRE PROPORTION P. C.
DE des ouvriers de
PROVINCES cHomeurs | l'Industrie et du
Commerce
au 31 décembre 1940
Agglomération Bruxelloise ........... 74.174 :
; 142.288
Brabant..............…......….... 08.114 |)
Flandre Occidentale : '
BTruUGCS Le cunenne rue er armes rene 5940 à 21.7
76.996 | 98.5
Courtrai. .u0+resaurensee- nes veus 11.090 139.8
Flandre Orientale... …1&gt;-00 veu vera parrain annee » 56.600 27.5
AUVOTS 100 0 ain rien 0 unie nier ae reine ne nnn Te ACTE ee 90.415 49.1
EE ESRI SPP NOTES CO PSUCEE 99.619 7
LIMDOUTS 2101 +010 + 510 vu me tin p ie cime varie eine 14.145 7a 4
LuUXembOUrg..+.… 0000002 0iree ne den nee nan e 10.429 52.8
EEE EE EI ROIS PET ANA PEINE CARTE TERRE 28.489 51.7
Hainaut... &lt;wew-e++rehe00rh 125.159 4.,1
quantité de personnes qui ne répondaient pas à la définitron des
chômeurs adoptée par le Comité. D’autre part, dans la Flandre
Orientale, zône « d’étape », le relevé n’avait pas été complet.

Quoiqu’il en soit, le Comité National résolut de prendre pour base
de ses subventions, le nombre de chômeurs, de ménagères et d’enfants
accusé par le recensement, et mit dès le 15 avril, à la disposition des
Comités provinciaux — l’agglomération bruxelloise formant une
nouvelle province — la somme de 1.617.500 fr. 25.

En même temps, le Comité insistait auprès des Comités provin-
ciaux pour qu’ils organisent sans retard le service du Secours Chômage
selon ses instructions. Un détail donnera une idée des difficultés de
l’administration à cette époque. Beaucoup d’imprimés devaient être
fournis par le Comité National aux Comités provinciaux : règlement,
fiches, livrets, formulaires de toute sorte. On les annonçait pour le
mois prochain, parce que «à raison des circonstances actuelles, il
a été nécessaire de faire fabriquer les matières indispensables à la
confection de ces documents ».

49.7
a.
        <pb n="68" />
        CHAPITRE IX
Organisation du Service

Dans le courant du mois d’avril, le Secours Chômage était organisé
dans tout le pays. Mais comme pour toutes les institutions du Co-
mité National, il y eut de notables différences dans les modalités
de l’exécution.

A la tête du service se trouvait à Bruxelles le Comité National,
ayant délégué ses pouvoirs à son Comité Exécutif, qui comprenait
notamment, outre le Président du Comité, M. Francqui, le Chef du
Département-Secours, M. Emmanuel Janssen. Leurs décisions étaient
sans appel. Chaque semaine, le Comité National se réunissait, au siège
de la Société Générale, en une assemblée générale à laquelle assistaient
les délégués des Comités provinciaux. Cette réunion recevait commu-
nication des instructions du Comité Exécutif. On ne les discutait pas
à proprement parler, mais souvent les délégués avaient des explica-
tions à demander, à l’occasion desquelles on précisait et parfois on
modifiait les instructions. Plus d’une fois, le texte dactylographié
de ces instructions, texte officiel qui était communiqué à l’adminis-
tration allemande, ne correspondait pas tout à fait avec les véritables
directives, qui étaient orales.

Ces réunions hebdomadaires — plus tard tous les quinze jours —
du Comité National jouèrent un rôle considérable dans son action.
Les communications par chemins de fer ou chemins de fer vicinaux
étaient longues et pénibles. L'autorisation de se rendre à Bruxelles
devint peu à peu difficile à obtenir des autorités allemandes. Les
délégués de province qui en jouissaient avaient donc un privilège
dont ils profitaient pour rendre à leurs concitoyens des services très
appréciés. Porteurs de réclamations, de requêtes, de suggestions, ils
étaient les intermédiaires de la population vis-à-vis du Centre. Ils
venaient surtout anxieux d’apprendre des nouvelles — non pas tant
des nouvelles du front qui étaient cependant toujours très recherchées
        <pb n="69" />
        ORGANISATION DU SERVICE ;
— que des nouvelles relatives au ravitaillement, aux dispositions
du Comité Exécutif et à celles du pouvoir occupant. On prenait
contact avec les dirigeants à Bruxelles, avec les délégués des diffé-
rentes provinces, on se consultait, on se concertait. Rien de plus utile,
de plus important du point de vue moral. En temps de guerre, ou plus
exactement en temps d'occupation, les caractères se classent vigou-
reusement en pessimistes et optimistes, et il est à remarquer que,
d’une manière générale, ceux-ci ont plus d’influence dans le mélange
que les premiers. Le défaitiste est, par tempérament, découragé et
peu énergique. Le confiant est plus actif, plus fort, plus discuteur,
plus persuasif. Il se peut que son action dure peu, mais, répétée, elle
finit par avoir raison du corrosif que distille le déprimé. C’était, en
tout cas, ce qui se constatait toutes les semaines au Comité National.
Combien de fois n’avons-nous pas vu des délégués de province partir
dans les plus noires dispositions d’esprit et revenir avec des forces
d’espoir et d’encouragement ?

Les présidents des divers Comités provinciaux rapportaient de
Bruxelles les procès-verbaux dactylographiés et des instructions orales,
Ils les communiquaient dans une séance du Comité provincial de
Secours et d’Alimentation qui avait lieu généralement le lendemain
de leur retour. Là, se trouvaient les délégués de tous les arrondisse-
ments de la province, qui étaient chargés, à leur tour, de remettre
les instructions dernières aux Comités locaux. Parfois, il y avait au
siège du Comité Provincial même, des réunions des délégués des
Comités locaux. À Liége, elles devinrent rapidement périodiques.

Au moment où commençait le Secours Chômage, en avril 1915,
on peut dire qu’il y avait dans toutes les communes du territoire
occupé un Comité local de Secours et d’Alimentation. C’était essen-
tiellement, l’organisme actif du ravitaillement.

Mais, depuis trois mois déjà, le Comité National avait insisté
pour que, à son image, chaque Comité local soit divisé en deux sec-
tions bien distinctes : le Secours d’une part, l’Alimentation d’autre
part. Il y avait à cela des raisons d’administration très pressantes :
le rôle de chaque section était différent. Mais il y avait aussi des
raisons d’ordre moral : il convenait d’intéresser un plus grand nombre
de citoyens au travail du Comité ; d’occuper tant de personnes habi-
tuées à se dévouer aux œuvres sociales et de bienfaisance, et de
maintenir parmi elles une activité dont les résultats ne pouvaient être
que profitables à la nation. Cette division du travail s’était certai-
nement opérée d’une façon générale dans la plupart des Comités
locaux. Toutefois, il est bon de dire qu’à raison même du principe
de la décentralisation qui était la base du régime du Comité National,

5.
        <pb n="70" />
        54 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCOUPATION ALLEMANDE
ses recommandations ne furent pas partout et d’une façon absolue,
exécutées de la même manière. On trouva parfois des comités locaux
qui n'avaient organisé que fictivement leur section secours : c’étaient
les mêmes personnes qui géraient en fait les deux départements.

En ce qui concerne le Secours Chômage, le Comité National avait
demandé encore une spécialisation nouvelle : le Secours Chômage
ne devait pas être administré par les comités locaux de secours, mais
par des Comités spéciaux, comprenant des personnes familiarisées
avec les questions ouvrières, tout particulièrement des hommes
d’œuvres, des patrons, des représentants d’organisations ouvrières.
En outre, il était recommandé d’utiliser les organisations ouvrières
elles-mêmes, syndicats ou caisses de chômage, pour la distribution
des Secours.

Ces instructions ne laissèrent pas que d’embarrasser un certain
nombre de comités et ne reçurent pas partout la même exécution.

D’une part, il se trouva certaines régions où l’on ne put ou ne
voulut faire appel à des compétences en matière de chômage. Là,
le Comité de Secours resta le seul Comité du Secours Chômage. Ailleurs,
on se contenta d’adjoindre quelques personnes — généralement
trois — au Comité local de Secours, qui continua à être le véritable
et seul organe de distribution.

D’autre part, la collaboration avec les organisations ouvrières ne
fut pas jugée partout possible ou souhaitable. En fait, elle resta
limitée à l’agglomération bruxelloise, à la ville de Gand, et quelques
parties du Hainaut. Quand la question vint en discussion au Comité
provincial de Liége, elle fut finalement tranchée par la négative, de
l’assentiment même des représentants de la classe ouvrière organisée
au Comité provincial. Ils prévoyaient, en effet, qu’à l’occasion de la
distribution du Secours Chômage, une lutte allait s’établir entre les
organisations ouvrières de diverses nuances, qui ne serait pas à l’avan-
tage de la bonne organisation. On reconnut aussi que les motifs qui
militaient, auparavant, en faveur de la distribution des secours par
les syndicats, avaient certainement perdu de leur valeur actuelle :
en effet, la surveillance et l’administration des secours sont efficaces
quand le syndicat contribue de ses deniers à la formation du fonds
à distribuer ; il est alors directement intéressé à dépister la fraude et
enclin à l’économie. Il n’en est pas de même quand il s’agit de répartir
des fonds provenant exclusivement d’un autre organisme. La force
et l’organisation des associations ouvrières étaient d’ailleurs très
variables, de région à région, même dans une province déterminée.
Elles dépendaient, en vérité, des capacités de leurs dirigeants. Aussi;
au lieu de faire appel directement aux organisations ouvrières comme
        <pb n="71" />
        ORGANISATION DU SERVICE 55
telles, certains comités provinciaux et notamment le Comité provincial
de Liége fit appel aux hommes qui les dirigeaient, et l’on constitua
des comités spéciaux de chômage, où se rencontraient en fait ceux
qui avaient le plus d’influence sur la classe ouvrière.

Ces Comités locaux nouveaux étaient soumis, comme les autres
comités du Comité National, à la règle de l’impartialité et de la neu-
tralité politique. C’est pourquoi il était recommandé de les com-
poser en nombre égal autant que possible de personnalités appar-
tenant à tous les partis politiques. En fait, cela se réduisait générale-
ment à trois : le parti catholique, le parti libéral et le parti socialiste.
Nous n’avons pas besoin de dire que cette exigence fut difficile à
exécuter et qu’elle ne fut point partout réalisée d’une manière satis-
faisante. Tout d’abord, il y eut des localités dans lesquelles on prétendit
que la représentation des trois partis était impossible parce que l’un
des partis n’y existait pas du tout. Tel village inféodé depuis long-
temps à un parti déterminé ne voulait pas admettre qu’on réveillât
d’anciennes hostilités en donnant une représentation, une consécra-
tion nouvelle à des ennemis politiques vaincus pour toujours. Puis,
il arriva fréquemment que, pour garder la haute main sur l’adminis-
tration du secours, les dirigeants du Comité local, appartenant à
un parti déterminé, désignèrent comme représentant d’un autre parti
quelqu’un qui en réalité n’avait nullement cette qualité aux yeux
des membres de ce parti.

On voit donc comment la composition même des Comités locaux
était entourée de difficultés. ‘Elles ne furent pas partout levées. À la
fin de l’occupation encore, on se trouvait en face de réclamations sur
la composition des Comités locaux. Ce qui contribua à les résoudre,
fut l’exemple des Comités provinciaux : ils renfermaient, à leur tour
des représentants des trois partis, mais, généralement des représen-
tants qualifiés et influents, hommes politiques ayant des mandats
importants, hommes d’affaires, hommes d’œuvres, dirigeants d’orga-
nisations. Au sein du Comité provincial, on fut généralement plus
raisonnable, moins passionné que dans les communes, et l’on y apprit
à faire des concessions à des adversaires politiques. Il serait exagéré
de dire que l’esprit patriotique de l’Union sacrée entre les partis souffla
toujours et partout avec la même intensité. Plus d’une fois, la défiance
et l’animosité reprirent le dessus. Mais à tout observateur impar-
tial, il est aujourd’hui évident que l’effort fut considérable et général.
Pour qui connaît la Belgique politique d’avant-guerre, il est clair que
la catastrophe nationale opéra un véritable miracle politique dans
les esprits. À mesure que l’occupation se prolongeait, les mauvaises
habitudes reprirent dans certaines régions le dessus, mais dans l’en-

tar
        <pb n="72" />
        56 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
semble, on parvint à conserver une tenue des âmes qui fut un grand et
profond enseignement.

La nomination des Comités locaux de chômage était dans la com-
pétence des Comités provinciaux. Là où un service spécial provincial
était organisé, c’était à ce service qu’il appartenait de faire des pro-
positions de nominations au Comité provincial, de veiller au bon
fonctionnement des Comités et au maintien de leur caractère de
neutralité politique. On se rendra compte du travail que représentait
cette tâche primordiale quand on se rappellera qu’il y avait plusieurs
centaines de comités locaux par province (342 à Liége, par exemple)
et qu’il fallait être constamment au courant de la situation respec-
tive de tous les membres.

Le rôle des Comités locaux consistait essentiellement à distribuer
les secours conformément au règlement adopté par le Comité National,
transmis, commenté et au besoin modifié par le Comité provincial.
C’était le Comité local qui dressait la liste des chômeurs, c’est-à-dire
qui procédait à l’admission de ceux-ci — tâche difficile, parce qu’il
s’agissait de confronter la réalité vivante avec les textes, et ingrate,
parce qu’elle exposait aux récriminations, aux rancunes, aux colères
de ceux qui se voyaient refuser ou réduire un secours, ou qui croyaient
avoir des titres à en recevoir un plus élevé. Dans plus d’un endroit
et en plus d’une occasion, l’admission aux secours donna lieu à des
scènes de violence. Un recours était d’ailleurs ouvert au Comité
d’arrondissement, d’abord, au Comité provincial ensuite, c’est-à-dire
là où un service spécial était organisé, au service provincial du chô-
mage. Ces juridictions eurent, dans l’ensemble, beaucoup moins
de recours à juger qu’on aurait pu le craindre au début.

La distribution même des secours ne se faisait pas en totalité en
argent, comme nous le verrons : les secours devaient être donnés en
nature, c’est-à-dire en vivres, ét c’était sous forme de bons utilisables
soit exclusivement dans les magasins ou aux dépôts du Comité, soit
dans les magasins communaux, soit même chez les commerçants
particuliers. Nous aurons l’occasion plus loin d’étudier quelques-uns
des systèmes qui furent adoptés pour exécuter ces prescriptions.
À raison de l’indépendance des Comités provinciaux et mêmes locaux,
ces systèmes furent très variés.

Nulle part, on ne s’en tint à la distribution intégrale du secours
en nature, soit à certains moments pour la totalité du secours. C’était
au Comité local, responsable des fonds qui lui étaient remis, à orga-
niser le paiement aux chômeurs. Dans certaines agglomérations ce fut
un travail d'organisation considérable, exigeant une attention et
une surveillance astreignantes. Tout chef de ménage de chômeurs
        <pb n="73" />
        ORGANISATION DU SERVICE Ï
— ou son délégué — devait donner acquit des sommes reçues en
bons et en argent. Les listes contenant ces acquits individuels reve-
naient dans un délai fixé au Comité provincial. Ce fut, comme d’habi-
tude une difficulté, que de faire rentrer à temps ces listes de distribu-
tions. Il fallut, pour faire observer ces délais, finir par ne plus délivrer
les fonds d’une quinzaine avant d’avoir reçu les listes de la quinzaine
précédente ou au moins d’une quinzaine précédente. C’était, pour
le Comité provincial, un contrôle général sur l’emploi des fonds.
Mais les listes devaient être continuellement revisées, elles conte-
naient généralement des erreurs, qui se traduisaient par des défauts
de concordance des chiffres comptables. Pendant des mois, l’organi-
sation du service de la comptabilité préoccupa tous ceux qui avaient
la charge de la distribution des fonds.

Malgré le souci de laisser le plus de liberté possible à ses sous-
organismes, le Comité National ne put se dispenser d’un système de
contrôle. Il eut des agents qui se rendirent au siège des Comités
provinciaux, et se firent rendre compte des diverses opérations des
services. Quelques-uns furent spécialisés pour le Secours Chômage.
Les Comités provinciaux furent obligés de l’imiter : sans un contrôle
sérieux, les comités locaux auraient certainement abusé de leur
pouvoir. Aussi, les provinces furent bientôt sillonnées de contrô-
leurs qui se rendaient auprès des Comités locaux, assistaient aux
opérations de distributions, se faisaient montrer les pièces comp-
tables, ete…

Ils avaient surtout pour mission d’aider les Comités locaux, de
leur transmettre les instructions orales qui, à certains moments et
en certaines circonstances, remplaçaient ou modifiaient les instruc-
tions écrites, de leur communiquer surtout les interprétations adop-
tées des textes parfois difficiles du Comité National.

Contre les Comités locaux qui se montraient de mauvaise volonté
et auraient refusé de mettre à exécution les instructions du Centre,
les Comités provinciaux avaient une arme toute puissante, sanction
inéluctable de ses ordres: c’était la suspension des secours : le chèque
de quinzaine n’était pas tracé. Mais cette arme, dans les circonstances
où l’on se trouvait, était particulièrement terrible : elle privait de
secours tous les chômeurs du ressort du Comité local, mesure grave
qui atteignait des innocents, et qui ouvrait la porte à l’intervention
allemande. On à vu, en effet, que le pouvoir occupant ne reconnaissait
pas au Comité le droit d’infliger des amendes ni de priver les délin-
quants de secours. Le Comité provincial imita alors ce qui se fait en
temps de paix vis-à-vis des communes qui refusent d’exécuter les lois
et règlements ou les arrêtés du Gouvernement : on leur envoie un

57
        <pb n="74" />
        58 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
«commissaire spécial » qui exécute les instructions à leur place. Il
en fut de même des Comités locaux récalcitrants : ils furent privés
de leurs fonctions, ne reçurent notamment plus de fonds, mais un
contrôleur du service provincial se rendait dans leur localité et fai-
sait lui-même la distribution des secours. Nous n’avons pas besoin de
dire que de semblables punitions furent extrêmement rares. Dans
l’ensemble, le service du Secours Chômage fut admirablement orga-
nisé et répondit à ce qu’on attendait de lui.

Les fonctions de membres des Comités locaux étaient gratuites,
comme toutes celles des membres des Comités provinciaux et du
Comité National. Mais elles exigeaient l’aide de travail rémunéré.
Le Secours Chômage comme les autres services du Comité de Secours
et d’Alimentation, dut avoir ses bureaux. Le recrutement en fut
extrêmement variable : on engagea des fonctionnaires de l’Etat privés
de leur emploi par la guerre, notamment de l’administration des
chemins de fer, des postes, télégraphes, des employés de l’industrie
privée, des ouvriers instruits, des artistes, des personnes appartenant
aux professions libérales, ete. Ce ne fut pas une des moindres diffi-
cultés de cette administration improvisée, d’utiliser au mieux ces
collaborateurs venus de tous les points de l’horizon social, n’ayant
pas d’unité dans la préparation à leur'tâche, ayant des niveaux de
connaissances différents, n’ayant pas eu de contact préalable entre
eux. Heureusement, l’esprit de sacrifice et de bonne volonté ne firent
point défaut ; l’idée du devoir envers la patrie anima beaucoup
d’âmes et domina, pour elles, les inconvénients et les ennuis de l’em-
ploi. On vit des fonctionnaires de grade supérieur accepter d’être
mis en sous-ordre, des employés habitués à des besognes sédentaires
ou «de tout repos » prendre du service actif et des responsabilités.
On vit surtout des gens accoutumés à faire tranquillement et sans
risques une besogne sans imprévu, assumer des emplois qui les met-
taient continuellement en contact avec l’autorité allemande et les
exposaient à être mis en prison ou exilés dans quelque camp de con-
centration en Allemagne.
        <pb n="75" />
        CHAPITRE X
Relations avec les Autorités Allemandes

Le Secours Chômage n’étant qu’un service spécial du Départe-
ment Secours du Comité National se trouvait placé, vis-à-vis des
autorités allemandes, sous le même régime. Mais à raison de sa nature,
il ne tarda pas à attirer tout particulièrement leur attention et à
être l’objet d’une surveillance spéciale, dont la rigueur alla s'accen-
tuant.

Cela se conçoit : les services de l’alimentation et du secours ordi-
naire étaient utiles, en une certaine mesure, à l’armée d'occupation ;
en donnant du pain à la population et en soulageant les nécessiteux
en général, on maintenait l’ordre à l'arrière.

Le Secours Chômage ne parut pas, au début, avoir un autre carac-
tère, et il est vraisemblable que les autorités allemandes, pas plus
que les dirigeants du Comité National, n’en aperçurent pas toute
l’importance politique. Mais, à mesure que les besoins de main-
d’œuvre dans les industries de guerre se firent plus pressants en
Allemagne, l’opinion publique allemande exigea qu’on utilisät les
ouvriers sans-travail du pays conquis. On avait pour cela un moyen
puissant, qui était l’appât d’un salaire élevé. Mais il est clair que
l'existence seule d’un secours spécial aux chômeurs était un obstacle
au recrutement volontaire de la main-d'œuvre.

Aussi voyons-nous bientôt l’administration civile allemande prêter
son appui aux entreprises installées dans le pays pour enrôler des
ouvriers. Elle demande tout d’abord à être informée d’une façon
toute spéciale sur l’activité des Comités provinciaux et locaux de
chômage. La correspondance des organismes divers du Comité National
est surveillée de près, censurée avec rigueur. Non seulement les
règlements et les instructions générales du Comité National à Bruxelles
sont communiqués et expliqués au Gouvernement général, mais

eur application dans les provinces et les communes est l’objet d’une
étude continue.
        <pb n="76" />
        60 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

Sauf dans la province de Hainaut, où un fonctionnaire allemand
assiste à toutes les séances du Comité provincial, les Comités
provinciaux tiennent leur réunion sans témoin officiel allemand. Mais
le président du Comité Provincial est tenu de rendre compte au
président de l’Administration civile allemande de tout ce qui regarde
son activité, notamment des sommes dépensées en secours et de
la marche du Secours Chômage.

Là où il y a un service spécial provincial pour le Secours Chômage,
le chef du service doit être en relations constantes avec un fonc-
tionnaire désigné à cet effet dans l’administration civile allemande.
L’auteur de cet ouvrage eut ainsi périodiquement à justifier toutes
les mesures qu’il eut à prendre devant un officier qui avait des con-
naissances étendues en matière sociale et qui avait exercé des fonctions
administratives dans une grande ville allemande. Ce fonctionnaire
finit par connaître de façon parfaite tous les règlements, toutes les
instructions concernant le Chômage. Il aimait à en discuter les termes
et la portée, à soulever des cas d’application et à se faire préciser
le jeu de tous les rouages administratifs.

Bientôt l’administration allemande s’institua la gardienne des
règlements. Elle accueillit avec complaisance les réclamations que
les intéressés ne manquaient pas d’élever contre des décisions qui
les privaient de secours ou ne leur accordaient point ce qu’ils espé-
raient. Alors, le pouvoir occupant, règlement en mains, demandait
au Comité local ou provincial, la justification de ses mesures.

Juridiquement, le Comité National n’avait pas de comptes à
rendre de l’emploi de ses fonds. Les secours qu’il accordait ne cons-
tituaient pas des droits pour leurs bénéficiaires. Mais, comme l’autorité
allemande lui avait imposé d’accorder des secours sans privilège
pour certaines catégories de personnes, et lui avait interdit d’autre
part d'’infliger des amendes ou d’instituer des sanctions par la sup-
pression des secours ou autrement, il était amené naturellement à
justifier l’interprétation qu’il donnait à ses propres règlements.

L'instruction de ces réclamations appuyées par l’autorité allemande
causa beaucoup de tracas aux Comités provinciaux et locaux. Nous
aurons l’occasion d’en examiner un certain nombre et de montrer
dans quel esprit s’effectuait l’intervention du pouvoir occupant.

Quand la réclamation avait une portée générale, l’affaire était
portée devant le Comité National qui la traitait avec la Vermitt-
lungstelle des Nationalen Comités à Bruxelles et allait jusqu’à recourir
à la protection des ministres des puissances neutres.

Les Comités locaux avaient pour instructions, dès que l’autorité
allemande les inquiétait, d’en référer au Comité provincial. Mais
        <pb n="77" />
        RELATIONS AVEC LES AUTORITÉS ALLEMANDES il
il arriva souvent que l'officier du ressort local essaya d’user d’intimi-
dation et de pression pour se faire livrer des renseignements ou pour
interdire l’application de certaines mesures. Bien souvent, les Comités
locaux furent interrogés sur l’«origine des fonds dépensés » ; ils
devaient répondre que ces fonds leur était remis par le Comité pro-
vincial, qui les tenait du Comité National, et que c’était là qu’on
en connaissait l’origine.

Plus souvent encore l’autorité allemande demanda communi-
cation des listes de chômeurs secourus. Les Comités locaux avaient
ordre de ne pas les livrer. Le but de l’occupant était trop clair : il
voulait pouvoir au besoin agir sur les secourus pour les contraindre
au travail en faveur de l’armée d’occupation ou des industries qui
la servaient. On peut dire que la grande majorité des Comités observa
les prescriptions du Comité. Mais au moment de la déportation en
masse des ouvriers, il y eut pour beaucoup d’entre eux de l’héroïsme
à résister aux ordres impératifs, souvent accompagnés de menaces,
des officiers allemands.

Une des difficultés de la situation des Comités locaux provenait de
ce qu’ils étaient forcément en relations avec les administrations
communales, et que celles-ci étaient directement sous l’autorité
occupante, qui avait le droit de leur donner des ordres. Delà ce soin
que prit constamment le Comité National de recommander à ses
sous-organismes de se tenir nettement séparés de l’administration
de la commune et de revendiquer en toute occasion leur indépen-
dance absolue.

6]
        <pb n="78" />
        CHAPITRE XI
Le premier règlement
et les bases du Secours Chômage

Le premier règlement communiqué aux Comités provinciaux à la
séance du Comité National du 18 mars 1915 n’était présenté que
comme un projet. Le fait est qu’il subit des retouches successives et
nombreuses. Elaboré par la Commission spéciale dont nous avons
parlé plus haut (v. p. 41) il porte la trace des discussions auxquelles
il avait donné lieu, et en même temps des diverses préoccupations
qui pesaient sur le Comité National.

Sous le titre d’Encouragement au Travail, il débute par l’annonce
de l'intention du Comité d’aider les communes qui feront effectuer
par les chômeurs des travaux d’utilité publique, dans le sens et dans
les termes de la circulaire qui avait déjà été communiquée aux admi-
nistrations communales et que nous avons analysée (v. p. 42).

Le règlement précise cependant le montant de ses subventions :
«Il s’efforcera de procurer aux communes les ressources nécessaires
et leur allouera comme subside une somme égale au montant des
secours auxquels les chômeurs occupés pourraient prétendre suivant
le règlement arrêté ci-après. » Il s’agit donc, au fond, d’un système
uniforme de secours, et non de véritables subventions aux communes
pour exécuter de vastes travaux publics : le Comité prenait à sa
charge une partie du salaire des chômeurs employés par les communes,
partie égale au montant des Ÿsecours qu’ils auraient touchés s’ils
n’avaient pas été occupés. Cela revenait à « immuniser », c’est-à-dire
à ne pas prendre en considération comme une ressource, le salaire
gagné par le chômeur au service de la commune.

Le règlement faisait connaître ensuite qu’un dixième des sommes
allouées en secours chômage était à la charge des communes, et que
c’était une condition de l’intervention du Comité.

L’organisation générale des secours est dessinée par l’énoncé des
attributions respectives des comités provinciaux et des comités
locaux. Les premiers « centralisent les renseignements et les demandes
de leurs Comités de Secours régionaux et locaux, étudient et contrô-
lent les mesures d’application prises par ces Comités, formulent des
        <pb n="79" />
        LE PREMIER RÈGLEMENT ET LES BASES DU SECOURS CHOMAGE 63
propositions de secours au Comité National, répartissent les fonds
entre les Comités Régionaux et Locaux, suscitent les initiatives et
répriment les abus. »

Les seconds « organisent, sous le contrôle des communes, le service
intérieur des secours : ils ont notamment à dresser et à tenir à jour
les listes des chômeurs secourus, à répartir les secours, à réprimer
les abus possibles, à prendre toutes les initiatives utiles. »

Les uns et les autres étaient invités à s’adjoindre en vue du nouveau
service des personnes compétentes. Pour les Comités locaux, on
précise : des personnes appartenant à l’industrie, au commerce,
aux organisations ouvrières, syndicales ou mutualistes ou autres
personnalités spécialement compétentes en respectant toujours la
représentation des divers partis.

Les conditions d’admission au secours sont énumérées en divers
articles de la façon suivante :

1° Il faut être privé de tout travail. Les chômeurs partiels sont
seulement recommandés à la bienveillance des communes, en atten-
dant que le Comité puisse leur étendre sa sollicitude.

20 Sont considérés comme chômeurs, l’ouvrier, l’artisan, l’employé
de l’industrie ou du commerce de deux sexes, âgés de plus de seize
ans, qui vivant du produit de leur travail, se sont vus privés de ce
travail par suite de la crise provoquée par la guerre et se trouvent
dans le besoin. C’est la formule même adoptée pour le recensement
du 15 février, avec cette différence qu’il n’y a plus de limite supé-
rieure d’âge. Les chômeurs de 65 ans et plus étaient admis. La raison
est que, primitivement, on avait espéré que le Gouvernement allemand
continuerait à verser les allocations de vieillesse réservées aux anciens
ouvriers de 65 ans, mais qu’à l’époque du réglement, on avait acquis
la certitude qu’il n’en serait pas ainsi. D'ailleurs, ces allocations
n’étant que de 65 francs par an, elles devaient être jugées comme
tout à fait insuffisantes.

Le règlement répète qu’il n’est fait aucune distinction entre les
chômeurs selon qu’ils appartiennent à l’industrie privée ou à des
services publics ; que leur travail s’exerce en atelier ou à domicile ;
qu’ils fassent ou non partie de groupements, quelle que soit la nature
de ceux-ci. C’était, comme de raison, proclamer le principe de l’égalité
devant la misère, et en même temps, couper toute liaison avec l’assu-
rance ou la prévoyance contre le chômage d’avant la guerre.

La notion de l’état de besoin, qui va plus tard être précisée, n’est
pas encore définie. On recommande seulement aux Comités locaux,
dans leurs appréciations à cet égard «d’envisager l’ensemble des
besoins familiaux, les conditions d’existence spéciales à la localité
        <pb n="80" />
        64 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

et les ressources disponibles pour les intéressés. C’est ainsi que la
situation nécessiteuse peut résulter aussi bien de l’indisponibilité
que de l’absence d’économies ; en particulier, la propriété de l’habi-
tation peut ne pas exclure le besoin ».

30 Il faut prouver qu’au cours des mois de juin ou de juillet 1914,
l'intéressé a travaillé pendant quinze jours au moins dans l’indus-
trie et le commerce — à moins qu’il en ait été empêché par maladie,
chômage saisonnier, grève, lock-out ou accident constatés. Ceci, pour
prouver la qualité d’ouvrier ou d’employé normal.

4 Il faut être en chômage avant le 15 février, jour du recense-
ment — pour éviter les inscriptions prématurées.

50 Il faut être chômeur involontaire. À cet effet, les Comités devaient
demander un certificat du patron.

Le règlement exclut explicitement : les chômeurs qui refuseraient
d'accepter un travail convenable qui leur est offert et dont ils sont
raisonnablement capables. Il était recommandé au Comité local de
s'inspirer, à cet égard « non seulement des aptitudes professionnelles
au travail et des conditions ordinaires de celui-ci, mais aussi des
exigences de la situation actuelle, qui réclame de tous, patrons et
ouvriers, un effort plus énergique ». Le Comité devait tenir compte
également, quant au salaire, des conditions économiques de l’entre-
prise. Si le travail offert ne présentait qu’une occupation temporaire
et partielle, le secours pouvait être suspendu provisoirement ou
réduit proportionnellement suivant l’équité.

Telles étaient les conditions positives à remplir pour être inscrit
sur les listes de chômeurs.

Mais le règlement interdisait en outre d’inscrire :

a) Les malades, les infirmes ou les victimes d’accidents, qui rece-
vaient d’autres secours ou indemnités. La raison en était que le
Secours Chômage était destiné aux travailleurs normaux. On craignait
—— avec bien des raisons — de voir s’installer dans les listes, des
personnes qui devaient être secourues à d’autres titres, et partant
par d’autres œuvres.

b) Les ouvriers mêlés à des lock-out ou des grèves. Cette inter-
dition rappelait les discussions importantes qui avaient eu lieu à
ce sujet au sein de la section belge de l’Association internationale
pour la lutte contre le chômage.

Les grévistes ne sont pas à coup sûr des chômeurs involontaires.
Quant au lock-out, on l’assimilait à la grève, parce qu’il est souvent
impossible de distinguer si le conflit est véritablement un lock-out
ou une grève. Dans les circonstances où l’on se trouvait, il y avait
d’ailleurs à présumer que les conflits ouvriers seraient rares. C’est
        <pb n="81" />
        LE PREMIER RÈGLEMENT ET LES BASES DU SECOURS CHOMAGE 65
probablement pour cela que l’on n’avait pas prévu l’un des cas les
plus difficiles du Secours Chômage, celui des «chômeurs forcés »
par suite de grève, ces ouvriers qui sont mis en chômage réellement
involontaire par la grève d’autres ouvriers.

c) Enfin, les épouses de soldats et leurs enfants bénéficiant de
la rémunération militaire.

Pour vérifier la présence des conditions d’admission, les Comités
avaient le droit de se faire produire les livrets d’ouvriers, des décla-
rations de patrons, des certificats de police d’assurance contre les
accidents ou toutes autres pièces justificatives. Ils étaient d’ailleurs
autorisés à faire des enquêtes directes et à exercer un contrôle per-
manent pour s'assurer de la persistance des conditions requises.

Le règlement impose au Comité local l’obligation de dresser la
liste des chômeurs qu’il admet à bénéficier du secours. Il ajoute que
le Comité est soumis, sous ce rapport, au contrôle de l’Administration
communale, ce qui se comprend, celle-ci fournissant un dixième
du montant des secours.

Non seulement, le Comité doit dresser la liste, mais il doit la tenir
à jour, et la tenir à la disposition de l’administration communale et
du Comité provincial.

On lui recommande, pour dresser cette liste, de faire appel au
concours des bourses du travail, des caisses et fonds de chômage
ainsi que des syndicats, associations professionnelles, sociétés d’habi-
tations ouvrières et institutions de prévoyance existantes. Comme
certains de ces organismes pouvaient être autorisés à distribuer des
secours, les chômeurs devaient être groupés d’après l’organe distri-
buteur.

Comme les bénéficiaires des secours étaient non seulement les
chômeurs, mais leur épouse ménagère et les enfants de moins de
seize ans habitant avec eux, les listes devaient en faire mention.

Le taux des secours était fixé « provisoirement » de la manière
suivante :

Pour le chômeur célibataire, 3 francs par semaine ;

Pour le chômeur «chef de famille » :

a) 3 francs pour lui-même, plus :

b) 1 fr. 50 pour son épouse ménagère ou, à défaut de celle-ci,
pour la personne de la famille vivant sous le même toit qui la remplace
— si l’une comme l’autre n’exerce aucun travail rémunérateur et

n’est elle-même chômeuse bénéficiant des secours ;

c) O0 fr. 50 par enfant en dessous de 16 ans habitant avec ses parents
et ne travaillant pas.

La distribution des secours devait avoir lieu en nature, c’est-à-dire
5
        <pb n="82" />
        66 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE

en denrées alimentaires, « soit directement soit sous forme de bons ».
Mais le règlement laissait aux Comités la faculté de distribuer en espè-
ces le montant des secours qui était à la charge des communes
c’est-à-dire le dixième du total. On avait en effet fait observer au Comité
qu’il était utile de laisser au secouru la libre disposition d’une partie
de son indemnité, pour pouvoir acquérir dans le commerce les objets
qu’on ne vendait pas dans les magasins du Comité ou les magasins
communaux.

Nous avons exposé plus haut l’intérêt que les dirigeants des organi-
sations ouvrières attachaient à leur participation à l’administration
du Secours Chômage.

Le règlement en avait tenu compte de la manière suivante :

Les Comités provinciaux pouvaient décider que la distribution
des secours se ferait, pour les affiliés, par quatre catégories d’orga-
nismes limitativement désignés :

190 Les Fonds de Chômage communaux et intercommunaux ;

20 Les Associations professionnelles (sans distinguer si elles étaient
reconnues ou non) ;

3° Les Mutualités ;

40 Les Sociétés d'habitations ouvrières.

Chaque organisme devait être agréé par le Comité provincial pour
être chargé de la distribution.

Si le chômeur était affilié à plusieurs de ces organismes, la préfé-
rence devait être donnée au Fonds de-Chômage ; sinon le chômeur
pouvait choisir sa société distributrice.

Afin d’éviter des affiliations fictives ou après coup, l’affiliation du
chômeur dans un de ces organismes devait être antérieure au 127 sep-
tembre 1914.

Mais il est clair que, même là où existaient des organismes de ce
genre, il fallait encore un service de distribution générale, destiné
aux chômeurs qui n’étaient affiliés à aucune société ou qui n’y étaient
affiliés qu’après le 1e" septembre 1914.

Le règlement prévoyait en outre que dans les localités où existait
ou se créerait un service général de distribution, les ouvriers affiliés
aux sociétés agréées pussent recevoir leurs secours dans un ou plusieurs
locaux distincts.

C’était afin que les ouvriers organisés ne perdent point contact avec
leurs organisations.

On spécifiait encore que, dans le cas où le Comité provincial
déciderait que les secours revenant aux bénéficiaires affiliés aux
organismes mentionnés seraient distribués par les Comités locaux,
il serait tenu de s’adjoindre des représentants de ces organismes.
        <pb n="83" />
        LE PREMIER REGLEMENT ET LES BASES DU SECOURS CHOMAGE 67

La remise des indemnités de chômage devait se faire au moins une
fois par quinzaine.

Tout système de secours chômage implique des mesures de contrôle
et de surveillance ; les Comités devaient, en outre, justifier de l’emploi
des fonds mis à leur disposition. Voici comment le règlement satis-
faisait à ces exigences.

Tout d’abord, le chômeur, le « chef de famille » s’il s’agissait de
secours dus à des femmes ménagères et des enfants — devait se pré-
senter personnellement au local du service distributeur. Il devait
être muni d’un carnet, dit carnet d’identification, qui était délivré
par le Comité local de secours comme une pièce d’identité ne donnant
d’ailleurs pas droit par lui-même au secours, et qui indiquait :

La composition de la famille du titulaire ;

Le relevé des salaires, indemnités, secours, etc, payés au titulaire
du carnet et à sa famille par les patrons et les institutions diverses
existant pour la bienfaisance, l’organisation ou la prévoyance sociales;

Le montant, en nature et en espèces, du secours de chômage hebdo-
madaire du titulaire et de sa famille, en distinguant spécialement
ce qui provenait du Comité National.

Le but de ce carnet était de renseigner toutes les institutions et
toutes les personnes disposées à secourir l’intéressé sur tout ce qu’il
avait reçu à titre de secours ou de salaire.

En dehors de l’inscription du secours chômage au livret d’iden-
tification, il fallait que le chômeur apposät sa signature sur une
liste d’émargement conforme à la liste d’inscription aux secours.
Cette liste formait décharge pour le Comité.

Les Fonds de Chômage, Associations professionnelles, Mutualités
et Sociétés d'habitations ouvrières agréés pour la distribution des
secours devaient suivre les mêmes prescriptions pour leurs affiliés,
et remettre leurs listes d’émargement au Comité local, qui les trans-
mettait après chaque paiement, avec la sienne, au Comité provincial.

Le Comité local avait le droit de se faire remettre par le chômeur
toutes les pièces de nature à justifier qu’il réunissait toujours les
conditions requises pour bénéficier du secours. Il pouvait le soumettre

aux mesures de contrôle qu’il jugerait bon d’instituer.

Les Comités locaux avaient qualité non seulement pour réprimer
les abus, mais les irrégularités de toutes sortes commises par les inté-
ressés. Ils disposaient d’une sanction efficace : la suspension ou la
suppression des secours. Mais leurs décisions étaient susceptibles
d'appel devant le Comité provincial. Une instance suprême était
réservée au Comité National, qui se prononçait en dernier ressort.

Si des abus étaient commis par des organismes agréés pour la dis-
        <pb n="84" />
        68 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'’OCCUPATION ALLEMANDE
tribution, ceux-ci pouvaient être déchus de leur participation au
service.

Le Comité National et les Comités provinciaux nommaient des
contrôleurs chargés de vérifier le travail des Comités locaux.

Telles sont les dispositions du règlement initial du Secours Chômage,
qui va garder jusqu’au bout les caractères essentiels qui lui sont
imprimés.

Nous les résumerons de la manière suivante :

Tout d’abord, il s’agit d’un secours gratuit, non d’une indemnité
d’assurance. Tout lien est coupé avec l’assurance-chômage propre-
ment dite. Etant gratuit, le secours n’est attribué qu'aux personnes
dans le besoin, disposition qui va se développer dans la suite et donner
lieu à une réglementation compliquée.

Ensuite, ce secours est réservé à la classe des ouvriers et employés
de l’industrie et du commerce. Il ne suffit donc pas d’être indigent.
Il faut que l’on vive d’un salaire et que ce salaire fasse défaut. Toute
l’agriculture, tout le patronat, toutes les classes intellectuelles sont
exclus.

D’autre part, l’indemnité est peu élevée : trois francs par semaine,
soit moins de cinquante centimes par jour. Même à cette époque,
c’est peu de chose pour nourrir un homme ; mais l’indemnité s'accroît
d’un complément, faible aussi, d’après les charges du ménage et sans
limitation.

Le secours est versé pour presque la totalité en nature, l’appoint
en espèces ne devant être qu’exceptionnel, ce qui se conçoit par
suite des rapports étroits entre ce service du secours et celui de l’ali-
mentation, gérés tous deux par le Comité National.

Quant à l’organisation du service, elle repose essentiellement
sur le Comité local de secours, l’intervention des organisations ouvrières
étant, d’une part facultative pour les Comités provinciaux et d’autre
part se bornant à la distribution des secours.
        <pb n="85" />
        CHAPITRE XII
. A .
Extension du secours aux chômeurs partiels

Le règlement primitif, nous l’avons dit, se bornait à secourir les
ouvriers qui chômaient complètement. Mais déjà, il faisait pressentir
que le Comité National en arriverait à étendre sa sollicitude aux
«chômeurs partiels ». Dès la séance du Comité National du 22 avril
1915, en effet, il en est question. La Commission spéciale s’en préoceu-
pait et l’on cherchait une formule.

On s’était rendu compte, en effet, qu’il y avait un grand danger
à ne soutenir que le chômage absolu : étant donné l’attraction irré-
sistible d’une allocation gratuite, on aurait vu de plus en plus les
ouvriers déserter le travail pour être inscrits aux listes de chômeurs.
Le secours devenait dès lors une prime à la paresse, et rendait plus
difficile encore la reprise éventuelle du travail. On se demandera
peut-être comment une aussi faible indemnité que celle promise
par le règlement pouvait opérer un tel attrait. C’est pourtant un
fait incontestable. La moindre pension gratuite jouit en tout temps
de ce pouvoir. Mais en temps d’occupation, la sollicitation est majeure :
la vie est instable, l’avenir incertain, le secours représente au moins
quelque chose de fixe et de sûr. Puis l’on se dit que l’on pourra tou-
jours se procurer des ressources suppémentaires par quelque trafic
ou quelque travail clandestin, qu’on aura soin de cacher au Comité.
Dès 1915, en effet, commence à se développer dans la population
cette activité fiévreuse qui recherche dans la spéculation et la fraude
un gain que n’offre plus le travail régulier.

La préoccupation patriotique du Comité d’empêcher les ouvriers
de se mettre au service de l’occupant, venait s'ajouter à ces raisons.
Beaucoup d’ouvriers étaient soutenus par leurs employeurs dans une
mesure réduite : on les entretenait au travail quelques jours par
semaine. Ne valait-il pas mieux les encourager à rester occupés,
même partiellement, plutôt que de les pousser à déserter l’usine et
l’atelier pour émarger au secours ?
        <pb n="86" />
        70 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

Après quelque tâtonnement, le Comité National fut informé,
le 6 mai 1915, que le système d’assistance aux chômeurs était arrêté
de la manière suivante :

« Le bénéfice intégral des secours prévus à l’article 22 du règlement
pourra être étendu aux chômeurs partiels si le salaire de ceux-ci ne
dépasse pas 5 francs par semaine. Si le salaire dépasse ce taux, les secours
seront réduits à raison de Ofr. 50 par franc ». Il était entendu que,
s’il y avait plusieurs chômeurs dans le ménage, leurs salaires devaient
être réduits d’après la règle énoncée.

Le Président, en communiquant cette formule, donnait d’ailleurs
des exemples d’application de nature à faire comprendre le méca-
nisme du système. On les trouvera résumés dans le tableau de la
page suivante.

L'idée fondamentale du système était donc « d’immuniser » c’est-
à-dire de ne pas prendre en considération le salaire jusqu’à 5 francs,
puis de réduire l’indemnité de la moitié du salaire dépassant cette
somme, jusqu’à extinction de la dite indemnité. La formule était
donc pour le célibataire :

salaire — 5 francs
Secours = 3 francs — —— ——_—
2
et, d’une manière générale, pour un ménage :
indemnité du ménage salaire — 5 francs
Secours = si le chômage était complet — —— ——
Z

Ce système qui combinait l’encouragement au travail avec le
secours, compliquait quelque peu le travail des Comités. Il ne suffi-
sait plus d’avoir la preuve du chômage et la composition de la famille,
il fallait connaître les salaires gagnés par tous les membres de la
famille restés au travail. C’était obliger les Comités à une surveillance
des chômeurs plus complète et plus continue.

Cela explique pourquoi il fallut plusieurs semaines pour que le
régime pût être appliqué dans tous les Comités provinciaux.
        <pb n="87" />
        = —
DIVERSES HYPOTHÈSES ALLOCATION AU CHOMEUR OU AU
ALLOCATION MÉNAGE GAGNANT AU TOTAL
AUX PAR SEMAINE OBSERVATIONS
CHOMEURS :
CHOMAGE PARTIEL COMPLETS
5 frs | 8 frs | 10 frs 15 frs | 20 frs
1re Hypothèse : Chômeur complet ISOÏÉ 2.2 000u0000+000r 3,00 II doit gagner 11 frs
— partiel: — +-++00000s ue ce 2 | 1,50| 0,50| pour ne rien tou-
cher du fonds de
2e Hyp : Ménage composé de chômeur chef de famille (chô chômage.
meur ‘complet............. 3,00
— Epouse ménagère ....…... 1,50
—— 1 enfant de 19 ans (chômeur' 850 |
complet... .......++0……00000 3,00 ,
- 1 Enfant de 15 ans (1)...... 0,50
-—_ 1 de 9 ans... 0,50
a) Même ménage si le chômeur chef de famille est L
chômeur partiel.............. 8,50| 7 6 ! 3,50| 1 id 22 frs
b) ue si seul l’enfant de 19 ans est chô-| | x
meur partiel ..........+.+0000 8,50| / 65. 3,50] 1 id 29ïrs  [
c) — si le chef de famille l’enfant de
19 ans sont chômeurs partiels... 8,501 7 | 6 3 50| 1 id 22 frs
’ -|
3e Hyp : Ménage composé de : chômeur chef de famille (chô
meur complet).........-- 3,00
— l’épouse ménagère.....…….….... 1,50
— l’enfant de 10 ans......... 1,50 5,00
a) Même ménage si le chef de famille est chômeur par- |
tel. en 2 000070 &gt; ose 0,50 = 15 frs
4e Hyp : Ménage composé de : chef de famille (chômeur ;
complet)..........0000000 3,00 n
— l’épouse chômeuse........... 3,00 6,50
— l’enfant de 10 ans......... 0,80
a) Même ménage si le chef de famille chôme partielle-
ment ou si la femme chôme partiellement ou tous
les deux... - ae 6,50| 5, | « | 1,50
(1) Les enfants au-dessus de 16 ans non chômeurs, ne touchent rien. ; _

DE
id
id 18 frs
he
        <pb n="88" />
        CHAPITRE XIII
Les débuts de la mise en marche
Le premier effet de la mise en application du règlement fut de
faire augmenter le nombre de chômeurs, ou du moins de faire grossir
les listes de ceux qui se croyaient autorisés à recevoir les secours.
Nous avons dit que le nombre de chômeurs obtenu par le recen-
sement au 15 février nous paraissait déjà exagéré. Il s’élevait à
601.299 chômeurs, 208.518 ménagères et 474.627 enfants. Au 20 avril,
ces chiffres étaient devenus : 646.199 chômeurs, 227.096 ménagères
et 509.574 enfants, et l’on peut encore considérer qu’à ce moment,
l’action des Comités n’a pas encore commencé : à Liége, notam-
ment, ce n’est qu’après le 1e" mai qu’a eu lieu la première distri-
bution.
A la séance du 29 avril, le nombre des secourus est renseigné de
la manière suivante :
708.044 chômeurs — 246.431 ménagères — 562.682 enfants ;
Le 6 mai :
741.594 chômeurs — 255.370 ménagères — 588.722 enfants.
À ce moment, on annonce l’extension des secours aux chômeurs
partiels, et les nombres deviennent au 20 mai :
781.091 chômeurs — 267.043 ménagères — 630.138 enfants.
Le Comité National s’émeut de ces augmentations. Dès le 8 avril,
il avait mis à la disposition des Comités provinciaux une somme
totale de 1.617.500 fr. 25 représentant le total des secours à allouer
d’après le règlement.
La semaine suivante, elle était montée à 2.356.977 fr. 50 dont
les 9/10 étaient à la charge du Comité, soit 2.121.279 fr. 75
Au 20 avril, le total des secours dépassait 2 millions et demi, au
29 avril, 2.775.000 francs, et au 6 mai, le Comité constate qu’il
a dépensé de ce chef, depuis le début, 9.306.337 fr. 80 et qu’il va
        <pb n="89" />
        LES DÉBUTS DE LA MISE EN MARCHE DU SERVICE '
falloir consacrer chaque mois plus de dix millions au Secours Chô-
mage, somme qui devra encore être augmentée par l’admission au
Secours des chômeurs partiels.

Aussi le Président du Comité, à la séance du 20 mai, comparant
les données recueillies par province avec le nombre d’ouvriers et
d’employés de l’industrie et du commerce recensés en 1910, constate
que « dans certaines provinces, notamment dans la région ressortis-
sant au Comité de Courtrai et dans la province du Luxembourg, le
nombre de chômeurs figurant dans les états remis au Comité National
était hors de proportion avec la population industrielle ».

En effet, cette proportion était :

Dans le Brabant, 52,8 pour cent ;

Dans la Flandre Occidentale (Arr, de Bruges et de Courtrai) 98,5

pour cent ;

Dans la Flandre Orientale 46,2 pour cent ;

Dans le Hainaut, 47,0 pour cent ;

Dans la province de Liége, 46 pour cent ;

Dans le Limbourg, 80,5 pour cent ;

Dans le Luxembourg, 170,5 pour cent ;

Dans la province de Namur, 52,1 pour cent.

«Il faut en conclure, disait le Président, que certains Comités ont
trop facilement admis sur les listes de chômeurs des personnes qui
n’auraient pas dû y être portées » et il rappela aux Comités provin-
ciaux les dispositions réglementaires relatives à l’admission aux
secours. Il fit observer qu’en limitant aux ouvriers et employés de
l’industrie et du commerce les bénéfices du secours, on a exclu « les
ouvriers agricoles, cultivateurs, propriétaires ou locataires, fermiers,
les négociants, commerçants, entrepreneurs, chefs d’industrie ou du
commerce, les gens de service, domestiques, servantes, etc., allant
travailler à domicile, les journaliers et journalières, les colporteurs,
les commissionnaires, les personnes exerçant les professions libérales,
les instituteurs, les artistes, etc, etc. ».

Cette liste de proscription, qui fut dans la suite souvent reproduite,
précisée et étendue, fit, au moment où elle fut publiée, un grand effet
parmi les Comités locaux, notamment dans les campagnes.

Le Président faisait remarquer ensuite que le secours ne se justi-
fiait que par l’état de besoin dans lequel se trouvait le ménage du
secouru, et posait les bases d’un principe qui va recevoir plus tard
une large application. « Il va de soi, disait-il, que si le montant du
secours alloué à un chômeur et à ceux qui font partie de son ménage
dépasse le montant de ce qui est strictement nécessaire pour vivre,
le secours peut être réduit jusqu’à ce montant. Il en est évidemment

pa €,
(a
        <pb n="90" />
        T&amp; _ LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

de même si le secours, joint aux ressources dont peut disposer le
ménage d’un chômeur, dépasse la « quantum » du besoin de ce ménage
tel qu’il est estimé par le Comité National. En d’autres termes, une
fois que l’état de besoin vient à disparaître, la cause de l’intervention
cesse également d’exister». C’était indiquer aux Comités locaux
la nécessité de fixer, pour leur ressort, un minimum de ressources
comme constituant la limite du besoin, et en outre, de faire des réduc-
tions de secours.

Le Président rappelait encore que si le Secours Chômage ne peut,
en principe, se cumuler avec le secours ordinaire du Comité National
— pour éviter les doubles emplois — il pouvait du moins se combiner
avec eux : un ménage ayant beaucoup d’enfants en dessous de seize
ans et pour lequel le secours chômage serait insuffisant pouvait
recevoir un secours ordinaire supplémentaire jusqu’à concurrence
de son «état de besoin ».

Enfin, constatant que le Secours Chômage allait coûter par mois
plus de onze millions de francs, le Président concluait : « La charge
du Secours Chômage est donc énorme. Il faut absolument qu’elle
diminue ; aussi le Comité National espère que les Comités Provin-
ciaux, Régionaux et Locaux de secours et d’alimentation compren-
dront que leur devoir est d’opérer une vérification minutieuse des
listes de chômeurs et de soumettre à un examen sérieux toute ins-
cription sur ces listes. Il est certain que des abus se sont produits
dans la confection des listes. Ils doivent disparaître. Il nous a été
signalé, notamment, dans cet ordre d’idées, qu’il s’était trouvé des
personnes assez dénuées de scrupules pour remettre à des prétendus
chômeurs des certificats de chômage de complaisance ; on nous a
affirmé également que les Comités locaux admettent au bénéfice
du secours les ouvriers qui refusent d’accepter, sans motif admis-
sible, un travail convenable qui leur est offert. Ce sont là des errements
auxquels il faut énergiquement couper court ».

Cet appel fut entendu par certains Comités, car à la séance du
27 mai, le nombre de chômeurs était légèrement diminué, il était
devenu 764.222 et le Président constatait qu’un Comité, celui de
Courtrai, grâce à un travail minutieux de revision des listes, avait
obtenu une sérieuse diminution du nombre des inscriptions. De
61.263 chômeurs et chômeuses recensés au 15 février 1915, il était
descendu à 42.927.

La discussion qui suivit au Comité National, l’objurgation du
Président, est intéressante parce qu’elle montre les préoccupations
des délégués. On demande par exemple, de fixer pour tout le pays
le quantum de l’état de besoin. « Il faudrait, disait-on, une forme
        <pb n="91" />
        LES DÉBUTS DE LA MISE EN MARCHE DU SERVICE 3
générale, car les différences d'appréciation à cet égard sont très
grandes. C’est ainsi qu’à Saint-Gilles (commune de l’agglomération
bruxelloise) l’on se basait sur le taux de 1 fr. 50 par jour et par per-
sonne, alors qu’à Liége on a fixé à 0 fr. 50 le montant du besoin avec
l’échelle dégressive lorsqu’il y a des enfants ». On se demanda aussi
si la vie coûtait réellement moins cher à la campagne qu’à la ville :
on disait qu’à cette époque des villages étaient réduits, pour certains
de leurs habitants, aux vivres du Comité National, et que le prix
en était augmenté des frais de transport. Le délégué du Luxembourg,
pour répondre à la critique qui avait été faite du nombre de chô-
meurs admis, avait fait remarquer que la statistique du Recensement
industriel de 1910 ne comprenait pas les terrassiers et les ouvriers de
services divers, que dans la province du Luxembourg, c'était dans
ces catégories de travailleurs qu’il se trouvait le plus de chômeurs.

D’autres membres recommandaient de faire poursuivre devant
les tribunaux ceux qui fournissaient des certificats de complaisance,
et beaucoup assuraient que pour atteindre les abus, il fallait néces-
sairement un service spécial d’inspection.

C’est ce qui fut réalisé dès le début du mois de juin. À la séance
du 3 juin, le Président annonça que le Comité avait nommé des
inspecteurs, qui auraient pour mission de vérifier les opérations
des Comités locaux, pourraient se faire produire les fiches et tous
documents justifiant les décisions prises, ainsi que la comptabilité et
les pièces comptables ; ils avaient en outre le droit de faire des en-
quêtes sur place, instruire des réclamations, prendre tous les ren-
seignements utiles au bon accomplissement de leur mission ; les Co-
mités avaient pour devoir de leur prêter assistance.

Le 10 juin, on put faire connaître les premiers résultats de l’inspec-
tion : l’organisation adoptée par certains Comités locaux devait être
remaniée; il y avait eu des erreurs dans la formation des listes de
chômeurs et la fixation des secours. L’un des abus contre (lequel
s’élevait le Président était la distribution dans certaines provinces,
des secours en argent. Or, le Comité National avait pris — vis-à-vis
des autorités allemandes notamment — l’engagement de remettre
les secours en nature aux nécessiteux ; il demandait donc aux Comités
provinciaux de prendre les mesures nécessaires pour que cet enga-
gement fut tenu.

C’était révéler les difficultés que soulevait l’organisation de la
distribution des secours au moyen de « bons ». Nous aurons l’occasion
d’y revenir.

_
+
        <pb n="92" />
        CHAPITRE XIV
L'organisation dans la Province de Liége

Pour mieux faire connaître l’organisation du service du Secours
Chômage, notamment à ses débuts, nous décrirons sommairement
celle que nous connaissons le mieux, pour y avoir participé. Non pas
que nous ayons la fatuité de croire qu’elle fut la meilleure, mais
c’est celle sur laquelle nous avons le plus de renseignements et les
plus précis.

Ce serait une erreur de croire toutefois, que l’organisation fut
la même dans toutes les provinces. Un des principes du Comité Natio-
nal était, nous l’avons dit, de laisser une grande liberté à ses sous-orga-
nismes en tout ce qui n’était pas essentiel ou particulièrement impor-
tant vis-à-vis de l’autorité occupante. De là, une grande variété dans
les modalités de l’administration. Il était parfaitement admis que,
malgré leurs termes impératifs — exprimés à dessein vis-à-vis des
Allemands sous la forme impérative — les circulaires venues de
Bruxelles ne fussent pas exécutées à la lettre, que les délais ne fussent
pas respectés, que les formalités ne fussent pas toutes observées.

Des différences s’imposaient, de région à région, par suite de par-
ticularités locales, et l’on pouvait constater même des différences
provenant de la personnalité des caractères des dirigeants. Et ce qui
était vrai de province à province, l’était, dans chaque province,
d'arrondissement à arrondissement, de commune à commune.

C’est le 28 février 1915 que le Président du Comité de Secours
et d’Alimentation de la Province de Liége réunissait un certain,
nombre de personnes susceptibles de s’occuper du Secours Chômage
et leur communiquait les intentions du Comité National. Le règle-
ment n’était pas encore arrêté. On connaissait le projet de circulaire
aux communes, à qui l’on demandait d’urgence le recensement des
chômeurs. On sollicitait le concours d’industriels, de chefs d’orga-
nisations ouvrières, d’hommes d’œuvres, etc.

A ce moment, le Comité provincial de Liége fonctionnait déjà
depuis trois mois et il avait formé un comité dans chacun des quatre
arrondissements de la province : Liége, Huy, Waremme et Verviers.
Les Comités organisateurs avaient à leur tour constitué un Comité
        <pb n="93" />
        L'ORGANISATION DANS LA PROVINCE DE LIÉGE TI
au moins — parfois deux, un d’Alimentation, l’autre de Secours —
dans chaque commune. Tous les jeudis, les délégués des arrondisse-
ments se réunissaient à Liége, recevaient du Président les commu-
nications qu’il rapportait de Bruxelles, et se chargeaient de les trans-
mettre dès le lendemain aux Comités locaux de leur ressort.

Le 17 avril 1915, sur une décision du Comité provincial se cons-
tituait le Comité général du Secours Chômage de l’arrondissement de
Liège, quarante-cinq personnes — qui remettait à un comité exécu-
tif de sept membres le soin de la gestion journalière du service.

En même temps, le Comité provincial décidait la création d’un
service spécial, ayant pour attributions exclusives l’exécution des
instructions centrales et provinciales du service de Secours Chômage.
Quelques employés suffirent au début, mais ce service prit rapide-
ment une grande extension et finit par comprendre plus de deux
cents collaborateurs appointés.

Dès le 19 avril, les Comités locaux de secours et d’alimentation
étaient invités à créer dans chaque commune des Comités d’aide et
protection aux chômeurs, en observant les règles d’impartialité et
de compétence établies par le Comité National. Un mois après, on
pouvait annoncer que, pratiquement, la chose était réalisée.

Il est inutile de dire que la création de ces Comités ne se fit pas
partout sans difficultés. Un rapport dit à ce sujet : « des questions de
personnes et des questions politiques ont surgi en plus d’un endroit
et ont parfois amené la démission de tout un Comité d’arrondisse-
ment ; mais dans les cas particulièrement graves, la direction pro-
vinciale intervenait en dernier ressort. Dans l’ensemble, on rencontra
un concours magnifique de dévouement. La besogne des Comités
locaux était des plus ingrates. Ils étaient en butte aux récriminations
et aux sollicitations de tout genre et, en outre, l’application du règle-
ment présentait toutes les difficultés de la réalisation concrète d’une
œuvre de justice et d’humanité, élaborée par d’autres esprits. C’est
pourquoi on avait reconnu dès le début qu’il était indispensable de
les guider, de les soutenir, autant que de les surveiller, et c’était le
but du service de contrôle qui fut institué. »

Nous avons déjà attiré l’attention sur la grande variété dans les
modalités de l’organisation des sous-organismes du Comité National.
C’est ainsi que le Comité d’arrondissement de Verviers nomma, dès
son origine, un Comité directeur de trois membres, qui avait les
pouvoirs les plus étendus et qui gérait en fait tout le district. Il avait
formé six groupes de comités locaux à la tête desquels il avait placé
un agent ou délégué de son choix.

La première tâche des Comités locaux fut d’arrêter les listes de
        <pb n="94" />
        78 _ LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
chômeurs en se basant sur le recensement opéré par les communes,
qui avait été accompli en trois semaines et arrêté le 10 mars.

Dans beaucoup de localités, le nombre de chômeurs se trouva aug-
menté notamment à cause de l’admission des sans-travail âgés de
plus de 65 ans, et à cause de l’interprétation un peu extensive du
règlement. Celui-ci n’étant pas encore à cette époque, définitivement
formulé, le service provincial avait envoyé une circulaire interpré-
tative aux Comités locaux, pour répondre aux nombreuses questions
posées.

La tâche était particulièrement difficile pour la ville de Liége,
agglomération de 160.000 âmes. Le Comité local, composé de 17
personnes, procéda en moins de dix jours à un recensement des sans-
travail, et se divisa en sept sous-comités de quartier qui s’attachèrent
à examiner environ 14.000 fiches de chômeurs. Le 3 mai, le paiement
des allocations put commencer.

Pour l’ensemble de la province, toutefois, le nombre de chômeurs
admis à la première distribution n’atteignit pas le nombre de chô-
meurs repris au recensement du 15 février, et il s’abaissa encore durant
le mois de mai, par suite des réductions successives qui résultaient de
la révision des listes par les Comités locaux. Il se releva ensuite nota-
blement quand le secours fut étendu aux chômeurs partiels, sans
cependant atteindre encore le chiffre du recensement. Il était alors
égal à 86,5 pour cent de ce chiffre.

Une attention particulière était consacrée à l’organisation de la
comptabilité. Le service, en effet, était essentiellement une distri-
bution de fonds périodique — par quinzaine — qui devait être jus-
tifiée jusqu’au dernier centime. Le Comité National exigeait que,
d’après les listes d’émargement signées des chômeurs eux-mêmes,
et transmises au Comité provincial, celui-ci lui fournit un état
récapitulatif indiquant le nombre de ménages et de secourus, les
provisions aux Comités locaux, le montant des secours distribués
et le reliquat ou déficit éventuel.

Les sommes remises par le Comité provincial aux quatre Comités
d'arrondissement étaient réparties par ceux-ci entre les Comités
locaux. Au début, ils n’opérèrent pas de même. Les Comités des
arrondissements de Liége et de Waremme remettaient aux Comités
locaux des provisions, c’est-à-dire des avances approximatives, et
le montant en était modifié, de quinzaine en quinzaine, d’après la
liste d’émargement produite. Mais les Comités des arrondissements
de Huy et de Verviers avaient voulu éviter de laisser un reliquat aux
mains des Comités locaux. Il exigeaient d’eux l’état envoyé à l’avance
et signé par les chômeurs et versaient la somme exacte.
        <pb n="95" />
        L'ORGANISATION DANS LA PROVINCE DE LIÉGE &gt;

Mais il était impossible que le paiement fut toujours absolument
complet dans la quinzaine, soit par suite de l'absence, du retard, de
la négligence, du décès de chômeurs, soit pour d’autres causes. Il
en résultait que les Comités locaux avaient toujours des reliquats,
dont l’import n’était pas constaté. En outre, ce système occasionnait
des retards. Il fut donc abandonné et l’on adopta dans toute la pro-
vince le système des provisions, qui fut d’autant plus commode
que le nombre des chômeurs finit par se stabiliser et que l’on put
déterminer plus exactement les sommes nécessaires. Des inspecteurs
spéciaux du Comité National venaient périodiquement vérifier la
comptabilité.

En ce qui concerne le mode de distribution des secours, le Comité
provincial de Liége prit dès le début la résolution de ne-pas faire appel
aux organisations ouvrières. L'accord fut, sur ce point, obtenu de
tous les partis. On préféra laisser aux Comités locaux de chômage
la responsabilité complète de la distribution, et d’exiger d’eux qu’ils
eussent dans leur sein des représentants qualifiés de la classe ouvrière.

Le règlement imposait la distribution des secours en nature. Mais
il permettait qu’elle ne fut pas directe, c’est-à-dire en marchandises
et qu’elle se fit en bons. Au début la direction provinciale pensa
émettre des bons vaiables dans toute la province. Mais il parut bientôt
que ce système n’était pas pratique, et ce furent les Comités locaux
qui pendant des mois assumèrent la charge et la responsabilité de
leurs émissions.

Pendant assez bien de temps, le Comité de la ville de Liége s’en
dispensa et remit les secours en espèces. Le Comité de l’arrondisse-
ment de Verviers émit des bons pour tout son ressort. Mais à partir
du mois de novembre 1915, pour satisfaire aux instructions du Comité
National, un modèle uniforme de bons fut imposé aux Comités locaux,
et le Comité provincial prit à sa charge les frais d'impression.

La grande majorité des Comités distribuaient les secours unique-
ment en bons valables dans les magasins du Comité d’Alimentation
et les commerçants de la localité. Quelques Comités distribuaient
les secours en partie en nature et en partie en bons ; d’autres, avaient
des bons transformables en marchandises déterminées : pain, farine,
pommes de terre, etc.

Un service important de la direction provinciale de chômage était
le service du contrôle. Il fut institué dès le mois de juin. Il ne com-
prenait alors que six contrôleurs dirigés par un contrôleur en chef.
Leur mission était non seulement de vérifier toutes les opérations
des Comités locaux, formation des listes de chômeurs, distribution
de secours, comptabilité, etc, mais de leur donner des conseils aussi

1
        <pb n="96" />
        80 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
bien au sujet de leur organisation que de l'interprétation des règle-
ments. Ils servaient ainsi d’agents de liaison entre le service centra,
et les Comités. Quand des instructions orales devaient être transmises]
elles le furent par leur intermédiaire. Le rapport de 1915 dit à leur
sujet : «la seule existence du contrôle a empêché des abus fréquents
et importants. Les Comités locaux sont sollicités de toute manière,
par les intérêts politiques ou autres, par des passions plus ou moins
excusables, à ne pas conserver l’impartialité qui convient à leur
mission. Ils n’ont pas tous non plus les connaissances et les dévoue-
ments nécessaires. Les contrôleurs sont venus leur apporter une
aide efficace et un appui des plus utiles ».

Comme type de l’activité d’un Comité local, nous reproduisons, à
l'annexe N° 1 (p. 189), le règlement et les données relatives à l’activité
du Comité local de Seraing.
        <pb n="97" />
        CHAPITRE XV
Travaux pour chômeurs (!)

Nous avons vu qu’en tête de son règlement, le Comité National
avait placé l’encouragement au travail par l’aide qu’il se proposait
d’accorder aux communes qui occuperaient des chômeurs à des
travaux d’utilité publique.

Depuis longtemps, c’est un remède au chômage préconisé par
tous ceux qui ont été mélés à la lutte contre ce fléau. Il fit l’objet de
nombreuses études et discussions au sein de l’Association Interna-
tionale. Mais si c’est théoriquement un remède de choix, dans la
pratique, il se montre fort malaisé à organiser. Déjà, la recomman-
dation souvent adressée aux pouvoirs publics — état, provinces,
communes — de faire faire des travaux décrétés aux époques de chô-
mage ne peut être réalisée pour des raisons administratives, notamment
des raisons budgétaires, qui sont souvent décisives. Quand il s’agit
d’instituer des travaux spéciaux, destinés uniquement ou principa-
lement à des chômeurs, on se heurte à d’autres difficultés, qui sont
essentiellement des difficultés techniques : la première est de trouver
des travaux qui peuvent être faits par des ouvriers de métiers diffé-
rents, ayant des aptitudes physiques et mentales toutes contraires
parfois à celles qu’il faudrait pour bien accomplir la besogne désirée.
L’expérience avait montré partout que les travaux improvisés
coûtaient extrêmement cher.

Dans les circonstances où se trouvait la Belgique pendant la guerre,
il n’y avait cependant pas à hésiter. La plaie des bras ballants s’agran-
dissait tous les jours. Les usines fermées ou entr’ouvertes quelques
jours par semaine jetaient sur le pavé des milliers d’ouvriers qui
s’accoutumaient à la paresse, en butte à toutes sortes de pernicieuses
sollicitations. Les communes avaient toujours quelque ouvrage à
faire faire, quelque amélioration à apporter au domaine public.
N’était-il pas hautement désirable de les voir occuper les sans-travail,
(1) Deux ouvrages de la présente collection donnent également des renseigne-
ments intéressants à ce sujet :

Voir F. PASsELECQ, op. cit, ch. 1, p. 3, Entrave aux œuvres belges d'assistance aux
chômeurs, et Cu. DE KERCHOVE, op. cit, 17° partie, ch. viII, p. 7, Opposition allemande
à l’assistance aux chômeurs.

f
        <pb n="98" />
        S2 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
fût-ce à des travaux peu utiles en soi: ce serait toujours quelque
chose de gagné contre la paresse ; comme il fallait, en tout état de
cause, allouer des secours de chômage, rien n’était plus légitime
que de ne pas les allouer gratuitement et d’exiger une prestation des
bénéficiaires.

L'idée était saine et juste. Le Comité National ne cessa de la pré-
coniser.

Il ne pouvait songer, toutefois, à accorder aux communes des
subsides considérables comme eût pu le faire, en temps de paix, le
Gouvernement du pays. Il n’était pas question d’entreprendre des
travaux publics de grande extension et de longue durée. Nous avons
vu que la Ville d’Anvers avait songé à construire des darses, au
port, mais qu’elle avait dû bientôt abandonner ce projet. Par contre,
il y avait partout des ‘travaux de voirie, de terrassement, d’assai-
nissement, qui pouvaient être entrepris. Le Comité National offrait
aux communes de payer aux ouvriers qu’elles occuperaient une
partie du salaire nécessaire, en prenant à sa charge une somme égale
à ce que les ouvriers occupés auraient touché comme chômeurs.

C’est dans cet esprit que les communes furent encouragées à ins-
tituer les travaux pour chômeurs. Mais il y avait bien des précautions
à prendre pour qu’il n’y eût point d’abus. Tout d’abord, il ne fallait
pas que les travaux en question fussent des travaux incombant
d'ordinaire et normalement aux communes par suite de leurs obli-
gations légales : c’eût été déloger, pour ainsi dire, des travailleurs
occupés pour les remplacer par des chômeurs, ou créer de nouveaux
sans-travail. Il fallait aussi que les travaux fussent vraiment d’utilité
publique et non d’intérêt privé. On n’aurait pu admettre que le
bénéfice d’une entreprise de charité allât exclusivement à un parti-
culier, qui se serait ainsi enrichi de la misère générale. Il fallait encore
que les salaires fussent proportionnés à l’ouvrage, ni trop bas pour
venir efficacement en aide aux chômeurs dans le besoin, ni trop élevés
pour ne pas créer une classe de privilégiés.

De là, la nécessité pourle Comité National d’approuver les travaux
institués par les communes. Mais ce fut une des dispositions les
moins observées du règlement et beaucoup de Comités fermèrent
les yeux.

De même, on toléra que des communes considèrent comme travaux
pour chômeurs les services du ravitaillement, ou de la police, le
nettoiement public, etc.

La manière de calculer les secours des ouvriers employés aux
travaux communaux donna lieu à plus d’une discussion. On avait
proposé de fixer les subsides aux communes à une quotité du montant
        <pb n="99" />
        TRAVAUX POUR CHOMEURS :
des salaires payés par elles aux ouvriers. Ce régime eut pour avantage
d’intéresser les communes à ne décréter que des travaux utiles et
d’en surveiller la bonne exécution. Finalement, le Comité National
décida que le chômeur occupé par la commune devait être considéré
comme chômeur total : il fallait lui compter, s’il avait femme et enfants,
les indemnités qui revenaient à ceux-ci, et la commune avait le droit
de retenir, ou plutôt d’imputer sur le salaire l’ensemble des indem-
nités dues au chômeur, à sa ménagère et ses enfants. Le salaire,
d’ailleurs, ne devait jamais être inférieur à cette somme.

Beaucoup de communes s’engagèrent dans la voie indiquée par
le Comité National. C’est ainsi que dans la province de Liége, à la
fin de 1915, plus de cent communes faisaient exécuter des travaux
par les chômeurs. On évaluait à plus de 3.000 les ouvriers ainsi secourus.
Le Comité provincial du Luxembourg commença même par adopter
ce système à l’exclusion de tout autre. Nous lui consacrerons quelques
pages plus loin. Dans le Limbourg également, le défrichement des
bruyères, l’appropriation des terrains marécageux, l’ouverture et
l’amélioration de chemins vicinaux donnèrent du travail à des milliers
d’ouvriers.

Dans la province de Namur, le Comité fit aux chômeurs l’obligation
de fournir 20 heures de travail par semaine à la commune.

Il est probable que, vu l’accroissement du service, ce régime se fût
développé et aurait fini par être organisé partout d’une manière
satisfaisante. Mais un moment vint où il déplut à l’administration
allemande.

Le 2 mai 1916, le Gouverneur général von Bissing prenait l’arrêté
suivant :

« Arr. ler, — Les travaux qui, indirectement ou directement, ont
pour but de procurer du travail rémunéré aux chômeurs (travaux
pour chômeurs) doivent au préalable être déclarés au bourgmestre
de la commune sur le territoire de laquelle on compte les faire exécuter.
Le bourgmestre est tenu d’en transmettre la déclaration au commis-
saire civil (Zivil Kommissar) du canton. Celui-ci s’adressera au prési-
dent de l’administration civile de la province, qui décidera. L’exécution
non autorisée de travaux pour chômeurs est interdite.

Les travaux pour chômeurs dont l’exécution est déjà commencée
avant l’entrée en vigueur du présent arrêté doivent être déclarés
au plus tard le 12" juin 1916.

« ART. 2. — Quiconque fait exécuter des travaux non autorisés
pour chômeurs et quiconque provoque l’exécution de tels travaux
sera puni, soit d’une peine d’emprisonnement de 3 ans au plus et
d’une amende pouvant atteindre 20.000 marks, soit l’une de ces

83
        <pb n="100" />
        84 _ LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
deux peines à l'exception de l’autre. Est passible des mêmes peines
le bourgmestre qui néglige de faire la déclaration requise au commis-
saire civil ou tolère qu’on commence à exécuter des travaux non
autorisés pour chômeurs.

«ART. 3. — Les exceptions aux dispositions de l’article premier
seront accordées par le Gouverneur général.

«ART. 4 — Le présent arrêté entre en vigueur dès sa publication ».

On remarquera que l’arrêté vise tous les travaux pour chômeurs,
même ceux institués par des particuliers. Il s’étendait par conséquent
à ceux que pouvait faire exécuter le Comité National lui-même ou
ses organismes, et, à fortiori, à ceux des communes,
        <pb n="101" />
        CHAPITRE XVI
Les travaux pour chômeurs
dans la Province de Luxembourg

La province de Luxembourg offre l’exemple le plus remarquable
d’une tentative d’organisation de secours en travail.

Dès qu’il fut question d’aide aux chômeurs, les délégués du Luxem-
bourg au Comité National demandèrent à pouvoir disposer des
sommes qui étaient destinées à leur province sous forme de subsides
aux communes qui entreprendraient des travaux publics. Ils avaient
pensé qu’étant donné la grande étendue du territoire et le peu de
densité de la population, composée en grande partie d’éléments
agricoles, il était possible d’élaborer un important programme de
travaux publics et d’y occuper pendant longtemps tous les hommes
valides.

Le Comité créa dès le début, une Section, intitulée Section-Travail
qui devint bientôt le pivôt de toute l’organisation des secours dans
la province.

I édicta un règlement dont les principales dispositions étaient
les suivantes ;

Le Comité mettait à la disposition des administrations communales
qui en feraient la demande des sommes destinées à payer les salaires
des ouvriers employés à certains travaux d’utilité publique énumérés
limitativement :

19 Etablissement et empierrement de chemins d’intérêt local,
de chemins forestiers ou de culture :

20 Etablissement et réparation de conduites ou distributions
d’eau ;

30 Creusage et curage de fossés ;

40 Travaux de terrassement et déblaiement ;

50 Plantation, coupe de bois, défrichements ;

69 Travaux d'assainissement de terrains fangeux et de wateringues ;

79 En général tous les travaux d’intérêt public et d’hygiène.

En dehors de ces catégories de travaux, aucune intervention n’était
accordée. Seuls, les ouvriers habitant la province de Luxembourg
pouvaient y participer.
        <pb n="102" />
        86 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

Un service technique était institué ; des agents techniques étaient
installés dans chaque «zone » de la province sous la direction d’un
inspecteur général. Il devait visiter journellement les chantiers et
faire rapport au Comité provincial.

Comme, parmi ces travaux, il y en avait qui pouvaient être subsi-
diés, en temps normal, par l’Etat ou la province, et que l’on pouvait
espérer les voir remboursés après la guerre, les administrations devaient
avant tout faire auprès des autorités belges compétentes, les démar-
ches nécessaires pour obtenir l'approbation des plans et devis et
la promesse d’un intérêt. Dans certains cas, et à la demande des
communes, l’invention des travaux pouvait être confiée au Comité
local de secours.

Les fonds alloués étaient remis par le Comité provincial aux Comités
régionaux de Secours, qui les répartissaient entre les différentes
communes de leur zone dans les conditions suivantes :

10 La commune qui se proposait d’exécuter des travaux adressait
au Comité provincial par l’intermédiaire du Comité local et du Comité
régional de secours une délibération du Conseil communal, conte-
nant la justification de la somme sollicitée, le nombre d’ouvriers à
occuper, et le montant de la dépense mensuelle prévue ;

20 Le Comité provincial après avoir instruit la demande, chargeait
le Comité régional de secours de remettre dans la première quinzaine
du mois à la commune, par l’intermédiaire du Comité local, et sur
présentation des feuilles de salaires, la somme allouée ;

30 Les fonds accordés étaient exclusivement destinés à payer les
salaires des ouvriers et non le coût ou le transport des matériaux à
mettre en œuvre, qui restaient à la charge de la commune ;

40 Tous les travaux étaient exécutés à l’entreprise ou à la tâche
et les prix de base établis de telle façon que le salaire par heure de
travail ne fut pas supérieur à 35 centimes pour les ouvriers de métier
et que celui des terrassiers eb manœuvres ne dépassät pas 25 cen- ”
times ;

Si, exceptionnellement, ces ouvriers étaient employés à la journée,
ces taux devaient être réduits respectivement à un maximum de
32 centimes 1 /2 l’heure pour les ouvriers de métier et à un maximum
de 22 centimes 1/2 l’heure pour les terrassiers.

Les ouvriers âgés de moins de 16 ans pouvaient être admis à parti-
ciper aux travaux s’ils étaient soutiens de leur famille ; ils recevaient,
dans le cas exceptionnel de l’emploi à la journée, un salaire journalier
basé sur le taux maximum de 20 centimes par heure de travail.

La journée d’ouvrier ne pouvait comprendre plus de dix heures
de travail pendant la saison d’été.
        <pb n="103" />
        LES TRAVAUX POUR CHOMEURS DANS LA PROVINCE DE LUXEMBOURG 87

Des prescriptions administratives détaillées assuraient la régu-
larité des opérations comptables.

Enfin, en dehors des travaux prévus par le règlement et qui rele-
vaient en principe des communes, le Comité provincial annonçait
qu’il interviendrait en attribuant directement aux Comités locaux
de secours qui en feraient la demande, les fonds nécessaires pour
l’exécution de certains travaux d’intérêt purement local, tels que :
extraction et concassage de pierres, fabrication de paniers, de chaises,
de sabots, travail du bois, etc. Les produits ainsi obtenus étaient
la propriété du Comité provincial.

La pratique vint apporter quelques modifications à ces dispositions.
Tout d’abord, le taux de salaire, qui était suffisant au début, dut
être augmenté par suite de l’augmentation continue du coût de la vie.
Le minimum des terrassiers et manœuvres fut porté à 3 fr 50 par
jour, celui des ouvriers de métiers à 6 fr 50

Le travail à la journée fut appliqué d’une façon générale au début,
mais on parvint dans la suite à le limiter aux seuls travaux qui ne
se prétaient pas au travail à la tâche. Dans certains cas même, on
ne maintînt pas le taux maximum du salaire, afin de permettre aux
ouvriers de se créer des ressources en rapport avec leur capacité de
travail et leurs dépenses.

On eut particulièrement à se louer du fonctionnement du service
technique, qui prêta une aide efficace à toutes les communes de la
province. Un bureau central était installé à Bruxelles et dans chaque
zone, un service régional et local.

Le Comité du Luxembourg avait ainsi réalisé un mode de secours
des plus recommandables à tous égards. Il en résultait que pratique-
ment, au début de l’année 1916, il n’y avait plus de chômeurs dans
la province. Tout le monde était au travail, et la province entière se
couvrait de travaux utiles.

Cette situation n’était pas de nature à plaire au pouvoir occupant.

Dans le courant du mois de juin, se basant sur l’arrêté du 2 mai
1916, subordonnant à son autorisation préalable l’exécution des tra-
vaux pour chômeurs (1), il refusa à quelques administrations com-
munales du Luxembourg l’approbation des projets de travaux qu’elles
avaient, comme d’habitude, soumis à la Députation permanente de
la Province. Le prétexte invoqué était que ces travaux n’avaient
qu’une utilité contestable.

Le véritable motif était tout autre: à ce moment, l’administration
allemande commençait à recruter de la main-d’œuvre belge pour

(1) Voir suprà p. 83.
        <pb n="104" />
        88 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
d’importants travaux d’intérêt militaire, entrepris dans la province
de Luxembourg même : il s’agissait de construire des chemins de fer
stratégiques et d’intensifier dans les forêts l’abatage du bois destiné
aux tranchées. Paralyser l’action des communes dans leurs travaux
pour chômeurs, c’était faciliter le recrutement de la main-d’œuvre
désirée par l’autorité militaire.

Mais comme, malgré le chômage provoqué par les premiers refus
d’autorisation de travaux, les ouvriers luxembourgeois ne consen-
tirent pas à travailler pour l’occupant, celui-ci résolut de prendre une
mesure radicale. Le Président de l’administration civile allemande
dans la province annonça dans une séance de la Députation perma-
nente qu’il s’opposerait à toute tentative de secours en faveur des
ouvriers redevenus chômeurs. D’autre part, les Commissaires civils
adressèrent aux communes, verbalement d’abord, puis par écrit,
l’ordre formel d’arrêter les travaux en cours, et ils indiquaient sans
détours que ces mesures étaient prises dans le but de mettre les ouvriers
en demeure de répondre à leurs sollicitations.

Au début, ces interdictions ne s’étendirent qu’à certaines régions
de la province. On vit alors les ouvriers se déplacer et s’embaucher dans
les communes voisines où des chantiers fonctionnaient encore. L’au-
torité allemande prit alors un arrêté défendant aux ouvriers de
travailler en dehors du territoire de leur commune.

Si ces mesures n’atteignirent pas pleinement leur but en ce sens
que les Allemands n’obtinrent jamais toute la main-d’œuvre qu’ils
désiraient, elles aboutirent toutefois à la paralysie, puis à la disparition
des travaux de secours de la province.

Il est pourtant du plus haut intérêt de se rendre compte des résultats
d’une initiative intéressante et une expérience instructive pour la
lutte contre le chômage.

Elle réussit à employer, fin 1915, jusqu’à 10.000 chômeurs, ce qui
représentait plus de 4 1/2 pour cent de la population de la province.
Pour se faire une idée de l’ordre de grandeur de ce nombre, nous
rappellerons qu’à cette époque le chiffre de chômeurs secourus de
la province de Liége représentait 9 %, de la population totale.

Voici, d’après le rapport présenté au Comité provincial du Luxem-
bourg un peu avant l’armistice, les travaux qui furent effectués.

A Travaux d’intérêt public.

Ce sont les travaux entrepris par les administrations communales
avec l’aide financière et sous le contrôle du Comité. Ils comprenaient :

a) Des travaux de voirie tels que :

1° Etablissement de chemins vicinaux ordinaires et de grande
        <pb n="105" />
        LES TRAVAUX POUR CHOMEURS DANS LA PROVINCE DE LUXEMBOURG 89
communication, empierrés de 6 à 7 mètres de large de plateformes
entre fossés ;

20 Etablissement de chemins agricoles comportant en général,
une plateforme de 5 mètres de largeur avec empierrement ;

30 Des travaux d’entretien et d’amélioration tels que le rechar-
gement de chemins empierrés, établissement de filets d’eau, cons-
tructions d’aquedues, changements de profils en long et en travers
de chemins.

b) Des travaux d'hygiène, notamment :

19 L'établissement et le renouvellement de captages et de dis-
tribution d’eau ;

20 La construction et la reconstruction de murs de clôture de cime-
tières, l’établissement de nouveaux cimetières.

c) Des travaux forestiers et agricoles, parmi lesquels :

1° Des chemins de vidange et de desserte, dont une bonne partie
empierrés ;

20 L’assainissement de terrains fangeux ;

3° La plantation de terrains incultes, le reboisement et les travaux
d’entretien.

Le Comité énumère de la façon suivante les buts principaux qu’il
poursuivait :

« Donner une plus-value plus ou moins considérable aux domaines
communaux et aux propriétés privées. Créer ainsi ou tout au moins
développer la prospérité des communes et de régions entières dans
lesquelles s’exécutaient les travaux ;

« Mettre en valeur les propriétés restées incultes ou fort peu produc-
tives, faute de moyens d’accès ;

« Améliorer la situation hygiénique des agglomérations et de leurs
abords et écarter ainsi dans bien des cas de graves dangers pour la
santé publique ;

« Assurer la viabilité des voies de communication et, par conséquent
dégrever l’avenir de lourdes charges permanentes d’entretien ou de
frais de renouvellement anticipé ;

« Faciliter les transports ainsi que les relations intercommunales
pour les piétons et les voituriers tout en augmentant la sécurité de
la circulation ».

Il ajoutait que des préoccupations d’esthétique n’étaient pas
étrangères à certains de ces travaux et que ce point de vue avait son
importance dans une région dont l’une des sources de prospérité
réside dans le tourisme.

Pour faire apprécier l’étendue de ses travaux, quelques chiffres
sont à emprunter au même document.
        <pb n="106" />
        90 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

Il a été effectué :

19 L’empierrement de 282 kilomètres 527 de chemins agricoles,
forestiers ou de communication, comportant une surface de 955.012
mètres carrés ; ces travaux ont nécessité l’extraction de 489 164 mètres
cubes de pierres et le concassage de 157.247 mètres cubes.

20 L’ouverture ou l’amélioration par la mise sous profil de 683.414
kilomètres de chemins de terre.

Tous les chemins indiqués à ces deux numéros desservent 18.000
hectares de forêts et 25.000 hectares de cultures.

30 L'établissement de filets d’eau et d’aqueducs sur une longueur
de 33.709 mètres et d’égouts sur une longueur de 6.484 mètres.

4 De nombreux travaux en vue de pourvoir plusieurs communes
de distribution d’eau potable. Il a été dépensé jusqu’en septembre
1918, pour ces travaux 237.845 fr 48.

50 Le boisement de 1.906,66 hectares de terrains incultes ; d’autres
terrains ont été reboisés. Pour ces travaux, on a mis en œuvre :
7.980.900 plants.

69 L’assainissement après boisement et en vue de boisement de
plus de 555.40 hectares de terrains fangeux.

Indépendamment de ces travaux, le Comité a porté son attention
sur l’'importante question de l’éclairage des agglomérations rurales,
qui fut particulièrement précaire après les premières années de l’oceu-
pation. A la demande de plusieurs administrations communales, le
Comité fit étudier la possibilité de l’utilisation économique et ration-
nelle des sources naturelles d’énergie en vue de créer des réseaux
d’éclairage électrique. Le Comité ne pouvait se charger que des
études, les travaux devant être exécutés par des ouvriers spéciaux.
Outre la difficulté de trouver cette main-d’œuvre qualifiée, le coût
élevé des matériaux a été souvent une entrave pour les administra-
tions communales. D’autre part, les arrêtés du pouvoir occupant
furent souvent des obstacles qui ne purent être surmontés. Il y a
pourtant quelques communes de la province qui sont aujourd’hui
dotées d’une installation d’éclairage électrique par force motrice
hydraulique dont l’étude fut faite par le service technique du Comité.

L’exécution de l’ensemble des travaux de cette carégorie A, a
entraîné une dépense totale de 6.683.255 fr. 48.

B. Travaux de Wateringues.

On appelle ainsi en Belgique des associations officielles de proprié-
taires en vue de contribuer au desséchement de terrains humides
et de diriger les travaux nécessaires à cet effet. L’Etat et la province
fournissent des subsides pour ces travaux et l’association des proprié-
taires peut en outre faire des emprunts au Crédit Communal. Toutes
        <pb n="107" />
        LES TRAVAUX POUR CHOMEURS DANS LA PROVINCE DE LUXEMBOURG 91
ces ressources ne pouvaient être obtenues pendant l’occupation.

Le Comité provincial du Luxembourg avait décidé d’intervenir
en payant la moitié de la dépense qui correspond aux subsides accordés
généralement par les pouvoirs publics. Un règ'ement très complet
avait été arrêté indiquant aux directions des wateringues ce qu’elles
devaient faire pour obtenir l’intervention du Comité.

Plusieurs travaux d’assainissement de terrains purent ainsi être
entrepris par les directions de wateringues, et une somme de
47.282 fr. 18 y fut consacrée par le Comité provincial.

C. Travaux d’intérêt local.

On désigna ainsi les travaux relatifs à de petites industries localisées
dans certaines régions luxembourgeoises. Tel est le cas pour la fabri-
cation des sabots, chaises, paniers.

L’industrie sabotière surtout avait été jugée digne d’intérêt par
la prospérité. qu’elle avait atteinte et le nombre assez important
d’ouvriers qui en vivaient.

«Le Comité, dit le rapport cité, entendit favoriser la reprise du
travail par ces ouvriers en achetant « ferme » les produits qu’ils con-
fectionnaient. 264 ouvriers et leurs familles furent ainsi mis à l’abri
de la misère ; ils livrèrent au Comité un total de 500.000 paires de
sabots environ pour une somme de 463.288 fr. 58. Ces sabots furent
distribués gratuitement aux indigents du Luxembourg et le surplus
fut cédé à d’autres comités pour faire l’objet de distributions ana-
logues dans d’autres provinces.

« Mais ici encore, dit le rapport, nous ne pouvons nous empêcher
de signaler l’infltence néfaste de l’autorité allemande qui, au cours
de l’année 1917, poursuivant le but d’acquérir pour les besoins de
ses nationaux, tous ces objets, mit des entraves de plus en plus sévères
au trafic et au transport des sabots. Elle finit même par opérer la
saisie d’une partie (49.000 paires) du stock du Comité ».

En dehors de la fabrication des sabots, le Comité eut encore dans
cet ordre de travaux deux initiatives intéressantes. Il créa un petit
atelier pour le travail du bois dans les locaux d’une école des Arts
et Métiers des environs de Virton. Une quinzaine d’ouvriers purent
y être occupés ; ils confectionnèrent 77.000 manches d’outils de char-
bonnage et de bêches, ainsi que des brouettes. Celles-ci furent cédées
aux administrations communales pour servir sur les chantiers orga-
nisés par la Section Travail ainsi qu’aux Comités locaux pour les
travaux de cultures des potagers. Une somme de 59.501 fr. 35 fut
consacrée à ces travaux.

On cite également l’exploitation de tourbières, ainsi que la coupe
        <pb n="108" />
        92 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

de taillis pour la fabrication de fagots, qui furent entreprises en vue
de fournir du combustible à certains villages des Ardennes dont
l’approvisionnement en charbon était devenu impossible, et aussi
aux cuisines des Comités locaux chargées de préparer la soupe popu-
laire. 600 mètres cubes de tourbe furent extraits et de nombreux
fagots de bois furent confectionnés. La dépense s’éleva à 23.891 fr. 37.

D. Travaux effectués par les industries privées.

Le Comité vint en aide à certaines industries, notamment à des
briqueteries et à des ardoisières, pour qu’elles pussent continuer
leur exploitation et employer leurs ouvriers. Il passa avec les dirigeants
de ces établissements des contrats par lesquels il s’engageait à leur
faire des avances remboursables au fur et à mesure de la vente des
produits fabriqués. Les produits non vendus remis en stock garan-
tissaient le Comité de ses créances non encore remboursées.

Le montant des avances consenties s’éleva à 96.534 francs.

E. Gardiennat des récoltes.

« Le gros gibier, notamment le sanglier, s’est multiplié d’une façon
considérable pendant la guerre, dit le rapport du Comité, au point
qu’il devenait un véritable danger pour les cultures. Il s’imposait
donc de prendre des mesures générales de préservation. Dans ce but,
le Comité provincial accorda sa collaboration financière aux com-
munes pour l'établissement du gardiennat des récoltes par des veilleurs
de nuit. Le Comité décida de rétribuer totalement deux veilleurs
de nuit dans chaque section, à raison de 3 fr. 50 par nuit ; dans les
sections où ce nombre était jugé insuffisant, il pouvait être augmenté,
mais chaque veilleur supplémentaire ne touchait qu’un franc par
nuit du Comité provincial, la commune se chargeant de parfaire
son salaire. »

Une somme de 491.222 fr. 50 fut dépensée pour cet objet par le
Comité. Une étendue d’environ 30.000 hectares de terrains cultivés
fut ainsi préservée. Le nombre maximum de veilleurs atteint 705
dans les 145 communes qui bénéficièrent de l’aide de la Section
Travail.

F. Construction de citernes à purin.

Au mois d’octobre 1915, le Comité provincial du Luxembourg
avait décidé qu’en vue de procurer de l’ouvrage aux maçons, il entre-
prendrait la construction de fosses à fumier et de citernes à purin.
Un règlement avait été adopté à ce sujet.

Il était précédé d’un « exposé des motifs » qui est un véritable petit
        <pb n="109" />
        LES TRAVAUX POUR CHOMEURS DANS LA PROVINCE DE LUXEMBOURG 93
traité agronomique sur le fumier et le purin, expliquant le rôle du
fumier dans le sol, celui des excréments solides et liquides du bétail,
indiquant comment l’utilisation actuelle de ces produits était défec-
tueuse, et formulant les règles pour la production, la conservation
et l’emploi du fumier et du purin.

Le règlement, en onze articles, disait que le Comité entreprenait :
a)la construction de fosses à fumier et de citernes à purin ; b ) le pave-
ment des étables avec drainage du purin vers les citernes. Seuls, les
cultivateurs dont le revenu cadastral était inférieur à 300 frs pouvaient
bénéficier de l’intervention du Comité, qui prenait à sa charge :
1° la direction des travaux ; 2° le paiement de la main-d’œuvre des
maçons et manœuvres pour la construction ; 3° la fourniture des fers,
du ciment et de la chaux. Les cultivateurs avaient à leur charge les
travaux de terrassement de la fosse suivant le plan remis, et la four-
niture à pied d’œuvre des pierres et du sable nécessaires à la cons-
truction. La capacité des fosses et citernes était mise en rapport
avec le nombre de têtes de bétail se trouvant dans les étables. Il y
avait trois types de grandeur.

Nous savons, par un rapport du Comité, les résultats de cette
mesure.

«Le nombre des citernes établies s’élève à 3.001 ; mais, à raison
des difficultés insurmontables opposées par l'occupant, 2.045 cons-
tructions seulement ont pu être complètement effectuées, au prix
de grands efforts. La dépense s’est élevée à environ l’109.516 fr. 52.
Les citernes exécutées offrent une capacité totale correspondant
sensiblement aux besoins d’un cheptel de 24.000 têtes bovines. La
valeur des engrais récupérables par l'intermédiaire d’installations
de citernes et de pavages d’étables pouvant être estimée à 50 francs par
tête de bétail, l’exécution de ces travaux aura donné annuellement
aux exploitations agricoles de la province une plus-value de un million
deux cent mille francs ».

Tels furent tous les travaux pour chômeurs entrepris par le Comité
provincial du Luxembourg. L'ensemble occasionna une dépense de
8.974.452 fr. 46, et l’on peut dire que ces sommes ont été très utile-
ment employées. On assure qu’au point de vue économique, au point
de vue technique et de l’intérêt public, les travaux ont entièrement
répondu à leur but.

Nous avons tenu à exposer cette expérience avec quelques détails
parce qu’elle nous a paru extrêmement intéressante pour la lutte
contre le chômage. Elle l’eût été davantage encore si elle avait pu
se prolonger et si l’occupant n’y avait pas mis tant d’entraves.
        <pb n="110" />
        CHAPITRE XVII
L'enseignement pour chômeurs ()

Dans une séance du 24 juin 1915, le Comité National préoccupé
de remédier aux inconvénients qu’engendre au point de vue social,
l’oisiveté d’un grand nombre d’adolescents, décida de tenter de
perfectionner leur instruction en les préparant à l’enseignement
professionnel.

L'idée avait pris naissance dans l’entourage du grand philan-
thrope et ami de l’instruction, M. Ernest Solvay, et avait immédiate-
ment été accueillie par lui avec enthousiasme. Rien n’était plus juste
et mieux de nature à tenter les esprits élevés soucieux du bien public.
Voici une population ouvrière immense, la population ouvrière de
tout le pays, dans l’inaction, sinon dans l’oisiveté. Elle comprenait
notamment des enfants, des adolescents et des jeunes gens, en grand
nombre, car nous l’avons dit, à la différence des autres pays belli-
gérants, la Belgique n’ayant à la déclaration de guerre qu’une armée
très faible, et l’occupation allemande empêchant les départs pour
l’armée, avait conservé une bien plus grande proportion d'hommes
que les autres pays. N’était-il pas tout indiqué d’essayer d’employer
le temps que cette population ne pouvait plus consacrer au travail,
à son développement intellectuel ? Si peu que l’on pût gagner dans
cette voie, était tout bénéfice pour la nation. Toute diffusion de con-
naissances, techniques ou générales, devait avoir pour effet de per-
fectionner l’ouvrier en tant que producteur, et par conséquent d’aug-
menter sa capacité de concurrence pour l’avenir.

Même, s’il n’était pas possible de donner à tous une instruction
professionnelle approfondie, il y avait grand intérêt à répandre
l’instruction générale. On sait, en effet, que sans être l’un des pays
les plus arriérés, à cet égard, la Belgique ne brillait pas au premier
rang. Elle venait seulement quelques mois avant la guerre, de décréter
l’instruction obligatoire. Le Gouvernement général allemand s’était

(4) Voir aussi, dans la présente collection, F. PasseLEeco, Déportation et travail forcé
des ouvriers et de la population civile (1915-1918), ch.II, $ 3, Entrave aux œuvres belges
d’enseignement professionnel, et Cu. DE KercHove, op. cit, ch. VIII, $7, Opposition alle-
mande à l’assistance aux chômeurs}
        <pb n="111" />
        L'ENSEIGNEMENT POUR CHOMEURS
donné le mérite bien facile de mettre cette loi belge en vigueur. Les
enfants en âge d’école seraient donc sauvés de l'ignorance. Mais les
autres, ceux qui étaient déjà engagés dans l’industrie et les métiers,
seraient privés de tout apprentissage régulier. Etait-il rien de plus
rationnel que de les instruire, pour les équiper et les armer pour
les luttes futures de la vie économique ?

Le projet était certain de réussir, du moment que le Comité National
pouvait y consacrer des ressources importantes et l’on assurait que,
grâce notamment à M. Solvay, il en serait ainsi. ‘

Les Comités provinciaux furent donc invités à se renseigner auprès
des communes en leur demandant si elles seraient disposées à soutenir
le projet et en les priant, dans l’affirmative, d’indiquer le genre de
cours et d'enseignement qu’il convenait d’instituer.

Dans un rapport que nous présentions au Comité d’arrondissement
de Liége, le 24 juillet 1915, nous résumions de la façon suivante l’ac-
cueil qui fut fait aux premières suggestions du Comité National :

«La plupart des réponses qui nous viennent des communes de
notre arrondissement montrent que l’on est disposé à faire de sérieux
efforts pour répondre au désir du Comité National.

«Peu nombreuses sont les communes qui ont pu, de leur propre
initiative, organiser un enseignement ‘ destiné spécialement aux
chômeurs. Mais le plus grand nombre comprennent qu’il était déplo-
rable de laisser échapper l’occasion qui nous est offerte de contribuer
au perfectionnement intellectuel et technique de notre classe labo-
rieuse. Il s’agit en somme d’augmenter son capital le plus précieux,
celui que constitue la main-d’œuvre nationale, menacé par les cir-
constances actuelles d’une dégradation peut être aussi grave que celle
du capital matériel ».

Et de la consultation qui venait d’avoir lieu, nous dégagions les
principes suivants :

«Il est clair tout d’abord qu’un enseignement technique spécial
n’est possible que dans les centres urbains.

Mais dans beaucoup de localités, même rurales, on peut envisager
l’ouverture ou la réouverture d’écoles d’adultes. Les projets les plus
complets nous montrent qu’on devrait graduer l’instruction de façon
à l’adapter aux connaissances déjà acquises.

HU doit y avoir des classes pour ceux, trop nombreux encore qui ne
savent ni lire ni écrire ; d’autres pour ceux qui n’ont qu’une instruc-
tion primaire incomplète ; d’autres enfin, pour les personnes ayant
le certificat d’études primaires.

Quant à l’enseignement technique proprement dit, on semble
d'accord pour y distinguer deux catégories d’études. Les unes sont

95
        <pb n="112" />
        96 _ LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

d’une utilité générale : tel est notamment le dessin industriel, dont
tout ouvrier peut faire son profit, et qui est proposé par beaucoup de
communes ; telles sont, pour les employés, la comptabilité et la
correspondance commerciale. Les autres visent des métiers déterminés;
elles font l’objet des cours professionnels au sens propre du mot ».

À ce moment, le Comité National avait chargé un Comité spécial
d'étudier les bases de l’organisation de l’enseignement proposé. Ce
Comité, appelé Comité de Chômage-Capacitariat, terminologie usitée
par M. Solvay, arrêta bientôt un règlement organique qui mérite
d’être analysé.

Ce règlement posait d’abord en principe l’obligation pour les chô-
meurs âgés de 14 à 40 ans, pour pouvoir bénéficier des allocations
de chômage, de fréquenter des cours de perfectionnement profes-
sionnel ou d’enseignement général. Les Comités locaux étaient d’ailleurs
autorisés à abaisser l’âge de fréquentation obligatoire à 30 ans.

L’organisation de ces cours, leur fonctionnement ainsi que le
contrôle des chômeurs étaient assurés par l’intermédiaire des Comités
provinciaux, régionaux et locaux, qui étaient invités à s’adjoindre
à cette fin des personnes spécialement compétentes. ‘

Les Comités devaient tenir compte spécialement des besoins du
commerce et des industries de leur ressort.

Leur premier soin devait être de procéder au classement des chô-
meurs «au point de vue du savoir et du savoir-faire ».

Dans ce but, ils devaient remettre, à l’occasion du prochain paie-
ment des allocations, un questionnaire dont le modèle était arrêté
et qui était différent pour les ouvriers, les employés, etles femmes.

Aux ouvriers, on demandait s’ils avaient fréquenté, pendant le
temps qu’ils indiqueraient :

Une école primaire seulement,

Une école d’adultes,

Une école ou des cours industriels,
Une école ou des cours professionnels.

Aux employés, on demandait d’indiquer une série de cours, qu’ils
seraient désireux de suivre, parmi ceux qu’il était possible d’organiser
dans le ressort et auxquels ils seraient admis à leur choix.

Aux femmes, on demandait si elles avaient fréquenté :

Une école primaire,

Une école ou un atelier ou des cours professionnels,
Une école ménagère.

Une école professionnelle ménagère,

Une école ménagère professionnelle.
        <pb n="113" />
        L'ENSEIGNEMENT POUR CHOMEURS 7

D’après les réponses, les chômeurs étaient classés en six catégories :

Catégorie A : Les ouvriers et ouvrières de toutes professions qui
n'avaient pas fréquenté l’école primaire ou qui ne l’avaient fréquentée
que jusqu’à la quatrième année ou encore qui avaient uniquement
fréquenté une école d’adultes pendant moins de trois ans.

Catégorie B : Les ouvriers qui avaient fréquenté une école primaire
au delà de la quatrième année d’études ou une école d’adultes pen-
dant plus de 3 ans, sans avoir fréquenté une école ou des cours profes-
sionnels correspondant à leur métier ou profession, pendant deux
ans au moins.

On y rangeait aussi les ouvrières qui n’avaient fréquenté aucune
école ni cours professionnels, ni aucune école professionnelle ménagère
ou qui les avaient fréquentéees pendant moins de deux ans.

Catégorie C : Les ouvriers qui avaient fréquenté l’école primaire
tout au moins jusqu’à la fin de la quatrième année d’études et une
école ou des cours professionnels ou encore des cours ou une école
industriels pendant au moins deux ans.

Catégorie D : Les ouvriers qui avaient fréquenté une école primaire
tout au moins jusqu’à la fin de la quatrième année d’études ou une,
école d’adultes pendant trois ans au moins et qui exerçaient un métier
ou une profession qui ne nécessitent aucun enseignement professionnel
proprement dit.

Catégorie E: Les employés et les femmes employées y étaient
rangés, et divisés en sections d’après les cours qu’ils avaient choisis.

Catégorie F : Les ouvrières qui n’avaient fréquenté ni école ména-
gère, ni école ménagère professionnelle pendant deux ans au moins.

Le principe était que, d’après leur catégorie, les chômeurs étaient
soumis à un enseignement complémentaire.

En dehors des cours généraux d’instruction primaire nécessaires
aux illettrés ou à ceux qui n’avaient pas fréquenté suffisamment
l'école, le règlement prévoyait l’institution de cours de perfectionne-
ment théoriques et pratiques.

Il recommandait aux Comités locaux d’en arrêter le programme
— soumis à l'approbation du Comité provincial — d’accord avec
les organisations patronales et ouvrières de leur ressort.

Mais il indiquait comme devant figurer dans ce programme autant
que possible :

Pour la catégorie À : la lecture, l’écriture, le calcul, le dessin géo-
métrique à main levée et avec instruments, des exercices pratiques
à domicile ;

9'
        <pb n="114" />
        98 — LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE

Pour la catégorie B : le dessin géométrique à main levée et avec
instruments, et la technologie théorique correspondant aux divers
métiers et professions ;

Pour la catégorie C: le dessin appliqué à chaque profession ou
industrie, et la technologie théorique et pratique correspondant
aux divers métiers et professions ;

Pour la catégorie D: des matières choisies dans un tableau de
cours complémentaires d’utilité générale ou de culture civique ;

Pour la catégorie E : des cours choisis par les intéressés, et qui
comportaient, en ordre principal : la comptabilité générale, la comp-
tabilité spéciale à certaines industries ou professions, le droit com-
mercial, la géographie commerciale, la correspondance dans les lan-
gues nationales et étrangères, la sténographie, la dactylographie ;

Pour la catégorie F : des cours théoriques, comptabilité domestique,
économie domestique, hygiène en général, hygiène féminine, puéri-
culture et des cours pratiques: raccommodage et couture, coupe,
confection et lingerie, cuisine, lavage et repassage, entretien et
esthétique de la maison.

Le règlement énumérait enfin une série de matières qui devaient
faire l’objet de cours complémentaires, à ajouter selon les circons-
tances locales, aux matières principales de l’enseignement notamment
pour parfaire le nombre d’heures requis. C’étaient en premier lieu,
les matières spéciales suggérées par les associations patronales et
ouvrières, puis : notions d’arithmétique, d’algèbre et de géométrie,
éléments de physique, de chimie, de mécanique, géographie com-
merciale et industrielle, hygiène en général, hygiène professionnelle,
hygiène dentaire, les lois ouvrières, l’anti-alcoolisme, l’économie
industrielle, des notions de droit commercial. On y avait inscrit aussi
des notions de droit constitutionnal belge, mais au dernier moment,
on supprima cette matière pour ne pas susciter l’opposition de l’admi-
nistration allemande.

Il était entendu d’ailleurs que ces règles n’étaient qu’indicatives
que les Comités avaient toute latitude pour organiser des programmes
de cours aussi complets et aussi variés que possible.

La durée maxima de fréquentation des cours, la durée obligatoire,
bien entendu, était fixée à deux heures par jour durant toute la
semaine, les dimanches et jours fériés exceptés.

Il entrait évidemment dans les intentions du Comité que les cours
se donneraient dans les écoles et institutions existantes aux heures
libres. Aussi, les Comités locaux étaient chargés de s’entendre avec
elles pour l’organisation des cours et l’utilisation du matériel scolaire.

Les Comités locaux devaient en outre faire un règlement spécial,
        <pb n="115" />
        L'ENSEIGNEMENT POUR CHOMEURS 3
déterminant notamment les conditions de fréquentation des cours
par les chômeurs partiels et les chômeurs intermittents, le nombre
des élèves à admettre par cours — on recommandait de ne pas dépasser
30 — la langue dans laquelle les cours seraient donnés, les sanctions
à prendre contre ceux qui se refuseraient à se soumettre aux mesures
édictées par le Comité.

Parmi ces sanctions, la première et la plus efficace était indiquée
au projet de règlement qui fut adopté par le Comité du Chômage-
Capacitariat : c’était la suspension ou le retrait des secours. Mais on
craignit bientôt que cette disposition eût pour effet de faire interdire
l’organisation des cours par les Allemands, et on la supprima dans
le règlement définitif.

Il y avait à prévoir des motifs légitimes de dispenses de fréquen-
tation des cours. Le règlement énumérait les dispensés :

19 Ceux qui étaient malades, invalides ou victimes d’un accident
de travail ;

20 Ceux dont le domicile était trop éloigné du local où se donnaient
les cours ;

so Ceux qui justifiaient fréquenter une institution d’enseignement
général, technique ou ménager, pendant une durée au moins égale
à celle prévue par le règlement ;

4° Les femmes occupées habituellement aux travaux du ménage.

Le recrutement du personnel enseignant n’avait pas été oublié
dans le règlement. On recommandait aux Comités locaux tout d’abord
de s'entendre à ce sujet avec les associations patronales et ouvrières,
dans l’idée qu’on trouverait parmi le personnel technique mis en
chômage dans les usines et les grands établissements industriels de
précieux concours. Le Comité National disait : « La collaboration des
professeurs doit être, en raison des circonstances, toute de dévouement,
néanmoins, le Comité National mettait à la disposition des Comités
locaux et régionaux des subventions destinées à dédommager dans
une certaine mesure le personnel enseignant ».

Il suggérait de choisir les professeurs parmi :

10 Le personnel enseignant des institutions professionnelles et
d'enseignement primaire, moyen et supérieur ;

20 Les ouvriers et employés chômeurs, spécialement ceux qui
avaient fréquenté une institution d’enseignement professionnel ou
industriel, les ingénieurs, les directeurs des travaux, chefs d’ateliers,
chefs de bureau, etc.

30 Les magistrats, les docteurs en droit, les médecins, pharmaciens,
dentistes, chimistes, accoucheuses, architectes, géomètres-experts,
conférenciers des Universités populaires, conférenciers agréés, etc…

oc
        <pb n="116" />
        100 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

Le Comité accordait aux Comités locaux et régionaux pour être
répartis entre les professeurs et sur leur demande, les subventions
ci-après :

Par semaine de cours, si ceux-ci comportaient :

2 ou 3 heures de leçons, 4 francs ;

4 ou 5 heures, 5 francs ;

6 heures et plus, 6 francs.

Cette allocation n’était évidemment pas une rémunération adé-
quate des services rendus et l’on espérait que la plupart des profes-
seurs y renonceraient et prêteraient leur concours gratuitement.
On voulait surtout ne pas s’engager dans des dépenses qui pouvaient
s’élever énormément, et l’on se réservait, si besoin était, d’accorder
des augmentations d’indemnités.

Le Comité accordait en outre pour l’achat des fournitures d’école
un crédit qui ne pouvait dépasser 2 francs par élève pour une fréquen-
tation de 25 semaines de cours.

Le règlement prévoyait aussi que des subventions spéciales pour-
raient être accordées pour les cours spéciaux nécessitant des frais
considérables d’organisation.

Ces mesures, arrêtées par la Commission du Chômage-Capacitariat,
furent décidées en principe par le Comité National et communiquées
officieusement en juillet 1915 aux Comités provinciaux. Elles étaient
tellement sympathiques à tout le monde, que dans plus d’une province,
on n’attendit pas la publication du règlement pour le mettre en
vigueur.

C’est ainsi que dans la Province de Liége, le rapport du mois de
juillet auquel nous avons déjà fait allusion annonçait que des cours
pour chômeurs étaient ouverts dans plusieurs communes. Dans un
district du pays de Herve, les cours de dessin annoncés avaient reçu
tant d’inscriptions qu’il avait fallu penser à doubler les classes.
A côté des communes, de grands établissements industriels organi-
saient également un enseignement professionnel. Le Comité provincial
avait constitué un Comité d’enseignement pour chômeurs, composé
d’un Comité directeur, pris dans le sein du Comité provincial et de
trois commissions consultatives d’hommes particulièrement com-
pétents en matière d’enseignement. L’une devait s’occuper de
l’enseignement élémentaire, l’autre de l’enseignement technique pour
hommes et la troisième de l’enseignement technique pour femmes.

La Ville de Liége avait pris les devants. Le Comité local y avait
désigné une Commission spéciale, où se rencontraient des repré-
sentants de l’enseignement officiel et de l’enseignement libre, arrêté
un règlement, commencé l’enquête sur le degré d’instruction des
        <pb n="117" />
        L'ENSEIGNEMENT POUR CHOMEURS q
chômeurs. Elle avait limité l’âge d’admission maximum à 30 ans,
et constaté qu’il y avait plus de 10.000 chômeurs de 14 à 30 ans;
70 à 75 pour cent de ces chômeurs avaient fourni des réponses favo-
rables et précises au questionnaire qui leur avait été remis.

Le Comité avait déjà commencé l’agrégation des écoles existantes.
Les écoles d’enseignement général, officielles et libres, avaient répondu
à l’appel qui leur avait été adressé. On prévoyait la nécessité d’ins-
titutions nouvelles, dont l’agrégation était préparée.

Nous relisons un passage d’un rapport que nous présentions au
Comité d’arrondissement de Liége, et qui indique bien dans quel
esprit on accueillit le projet du Comité National : «Le problème
d’enseignement qui se pose ici est un des problèmes les plus intéres-
sants : pour la première fois, et par une occasion unique, on se trouve
en face de la population laborieuse presque tout entière, non plus
celle de l’avenir, mais celle qui est au travail, et il s’agit de reconnaître
ses besoins intellectuels les plus urgents et d’y satisfaire. Questions
de personnel, questions de programmes, questions de technique de
l’enseignement, tout se présente ici avec un intérêt pratique qui n’a
jamais été égalé. En outre, comme on a également affaire aux enfants
de 14 ans, qui sortent de l’école primaire, on peut agir sur le choix des
métiers, c’est-à-dire sur la répartition professionnelle de la population.
J’aperçois des hommes d’expérience et de science, des hommes d’affai-
res et des hommes d’œuvres qui serutent toute l’importance de la
tâche qui nous est impartie et consacreront leurs efforts à la remplir ».

On peut dire que ces dispositions étaient générales dans tout le
pays. Déjà un grand nombre de communes avaient institué les cours.
Une classe nouvelle de collaborateurs, les membres de l’enseignement,
venait apporter son concours au Comité et grossissait ainsi son
influence et grandissait son œuvre.

Dès le milieu du mois d’août, le Comité National était informé
que l'administration allemande s’opposait à l’exécution du projet.
Des démarches étaient tentées pour la faire revenir sur sa décision.
Les ministres protecteurs étaient intervenus. On avait supprimé du
règlement la disposition sanctionnant la non-fréquentation des
cours par le retrait des secours, mais la décision fut maintenue. Un
avis, parvenu aux Comités provinciaux à la fin d’août les priait de
surseoir à toute mesure d’exécution.

D’après le rapport général du Comité « tant qu’il ne s’agissait que
d’un projet, exposé par MM. Solvay et Francqui, le Gouvernement
général avait approuvé. Mais lorsque ce projet entra dans la voie de
la réalisation, il n’approuva plus ».

Le 23 novembre, le Comité reçut du Gouvernement général la lettre

12
        <pb n="118" />
        102 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
laconique suivante : « J’ai appris que le Comité National a l’intention
de créer des cours pour les chômeurs indigents et que les cours en
préparation pour l’ensemble du territoire du Gouvernement général
ont déjà commencé dans certains endroits. Comme cette activité
dépasse le cadre des missions qui incombent au Comité et que je ne
puis admettre que l’assistance à ces cours soit aux conditions de la
délivrance de secours, j'ai donné l’ordre aux Gouverneurs militaires
et de forteresse de fermer les cours existants et d’empêcher l’ouver-
ture de cours nouveaux ».

Aussi, à la séance du Comité National du 2 décembre, après avoir
rappelé le projet et son but, le Président disait : « Ce projet, pour
des raisons indépendantes du Comité, doit être définitivement aban-
donné. Commeil nous était revenu que certains organismes avaient
eru devoir prendre des mesures en ce qui concernait de semblables
cours, nous avions pris soin d’attirer l’attention de nos Comités à la
réunion des Délégués du 23 septembre sur ce que l’organisation de
ces cours ne pouvait résulter que d’une initiative privée, indépen-
dante du Comité National. Nous croyons devoir répéter aujourd’hui
qu’aucun de nos Comités ne peut organiser soit des cours, des confé-
rences, causeries, etc... à l’usage des sans-travail. Nos Comités ne
peuvent non plus intervenir, soit directement, soit indirectement,
dans semblables cours qui existeraient actuellement ou qui seraient
créés ultérieurement à l’initiative d’administrations communales ou
d’autres organismes ».

C’est ainsi que se termina, pour le Comité National, sa tentative
d’enseignement généralisé pour chômeurs, une idée noble et généreuse
s’il en fût. Mais il ne faudrait pas croire que ces efforts ont été entiè-
rement perdus. Dans la société, comme dans la nature, rien ne se
perd, le bien pas plus que le mal. Des communes, qui avaient pris
les devants n’ont pas fermé leurs écoles d’adultes ou professionnelles.
Celles-ci ont eu un succès éclatant (1). Dans plus d’une localité, des
cours improvisés pour chômeurs ont subsisté et ont été le point de
départ d’institutions plus durables. C’était le résultat évident d’une
propagande, arrêtée avant d’avoir pris tout son essor, mais qui était
trop juste et trop rationnelle pour échouer tout à fait.

(1) Voir le Rapport du -Comité de la Province de Liége au 31 décembre 1915
page 171.
        <pb n="119" />
        CHAPITRE XVIII
Une école pour chômeurs à Bruxelles

Comme exemple intéressant d’une école pour chômeurs qui eut
du succès, nous voulons citer les « cours pour chômeurs des industries
du métal organisés à l’Ecole industrielle de Bruxelles ».

L'initiative en est partie de la Chambre de Commerce de Bruxelles,
qui avait adressé dès le 5 juin 1915, une demande d’intervention à
l’administration communale de Bruxelles. À la suite d'une réunion
à l’Hôtel de Ville de Bruxelles, le 23 juillet, des diverses Chambres
syndicales patronales du Métal et des dirigeants de Syndicats ouvriers,
le principe de l’institution fut décidé. On escomptait alors l’inter-
vention financière du Comité National. La Chambre Syndicale des
Ingénieurs et Dessinateurs industriels, l’Association des Anciens
Elèves sortis de l’Ecole Industrielle de Bruxelles promirent leurs
concours en fournissant le personnel enseignant.

Une école de la Ville de Bruxelles fut mise à la disposition du
Comité organisateur et fut ouverte aux chômeurs, le 28 août, dans
une séance inaugurale, où le Président du Comité, qui était Président
de la Chambre syndicale des Industries des Métaux et des Cons-
tructions mécaniques, annonça que si les fonds venaient à manquer,
il ferait personnellement les avances nécessaires.

Le Comité organisateur était composé du président, cité, du prési-
dent de la Chambre syndicale de l’Automobile, de celui de la Chambre
syndicale du Bronze et de l’Éclairage, d’un représentant du parti
ouvrier socialiste, d’un chef électricien attaché à la Ville de Bruxelles
et du directeur, un éminent ingénieur en chef de l’administration
des chemins de fer de l’Etat.

Le Comité et le corps professoral avaient été formés en dehors
du personnel officiel de l’enseignement technique afin de pouvoir
organiser l’école selon les vues des hommes pratiques qui les com-
posaient.

Les cours furent annoncés par voie d’affiches sous la forme sui-
vante : « Comité National de Secours et d’Alimentation. — Les cours
pour chômeurs réservés aux ouvriers du métal sont ouverts de 4 heu-
res et demie (heure belge) à 6 heures pour les chômeurs de Bruxelles,
        <pb n="120" />
        104 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Molenbeek, Anderlecht. Tous les ouvriers et apprentis, âgés de 14 à
40 ans, inscrits au Fonds de Chômage ou secourus par le Comité Natio-
nal sont tenus de se faire inscrire. Ces cours s’adressent particulière-
ment aux ouvriers mécaniciens, ajusteurs, raboteurs, tourneurs, ete…
en général à tous les ouvriers travaillant le métal. Les allocations
accordées aux chômeurs et, éventuellement, les secours accordés par
le service de l’Alimentation pourront être supprimés aux ouvriers
et apprentis de 14 à 40 ans qui ne fréquenteraient pas les cours. Le
Sous-Comité local de Bruxelles ».

La menace du retrait des secours eut pour effet de faire affluer
les chômeurs à l’école. Commencés le 1er septembre avec 129 élèves,
les cours durent être divisés dès le 6 septembre; on dût renvoyer
les chômeurs de Molenbeck dans leur commune, où l’on mit une école
à la disposition du Comité.

Le nombre des élèves augmentant toujours, le 15 septembre l’école
de Bruxelles fut transférée au Palais du Midi, vaste local appartenant
à l’administration communale.

Les inscriptions s’élevèrent à un moment donné jusqu’à 1.200.

Mais bientôt, des articles parurent dans les journaux censurés
annonçant que le projet du Comité National ne serait pas approuvé.
Ils avaient soin aussi de faire connaître que les chômeurs n’avaient
pas l’obligation de suivre ces cours.

Vers la fin d’octobre, le nombre des élèves était de beaucoup dimi-
nué. Il avait fallu renvoyer beaucoup d’illettrés aux écoles primaires.
D’autres élèves, très irréguliers ne se présentaient à l’école qu’à des
intervalles très rares et disparurent dès qu’il se confirma que l’obliga-
tion de fréquenter les cours n’était pas sanctionnée. Aux premiers
jours de novembre, le nombre des élèves assistant aux leçons descendit
à moins de 200. La population de l’école ne devint stable qu’en décem-
bre, quand, appliquant une circulaire de la Ville de Bruxelles, on
eût opéré le triage entre les chômeurs et séparé ceux qui avaient à
compléter leurs connaissances, des illettrés et des chômeurs indiffé-
rents à l’école. À partir de ce moment, la fréquentation fut des plus
satisfaisantes. « Encore faut-il constater, dit le rapport du Comité,
qu'aux jours pluvieux et froids de l’hiver, nombreux ont été les élèves
qui n’ont pu venir en classe, faute de chaussures suffisamment imper-
méables et de vêtements assez chauds ».

Le même rapport ajoute : «Nous n’avons eu qu’à nous louer de
l’esprit des élèves, qui ont été irréprochables au point de vue de
la discipline ».

Se basant sur les renseignements contenus dans les fiches que
les chômeurs avaient dû rédiger eux-mêmes, le Comité décida d’établir
        <pb n="121" />
        UNE ÉCOLE POUR CHOMEURS A BRUXELLES
les classes suivantes :

19 Une classe de constructeurs et de conducteurs d’automobile ;

2e Une, de serruriers, poéliers, ferronniers, forgerons ;

39 Une, de mécaniciens monteurs, ajusteurs ;

40 Une de fondeurs, chaudronniers, monteurs en charpentes,
ouvriers aux machines outils ;

59 Une, d’ouvriers du bronze ;

6° Une, d’ouvriers électriciens ;

79 Une de plombiers, zingueurs, gaziers ;

89 Une classe d’ouvriers flamands de professions diverses.

Mais les plombiers, zingueurs et gaziers ayant été admis à l’école
professionnelle de plomberie, l’école de chômeurs ne compta en réalité
que sept classes.

Le rapport donne les renseignements suivants sur l’enseignement :
« Dans chacune de ces classes, il fut donné, par semaine, trois leçons
d’une heure et demie de dessin, une leçon de mathématiques, une
leçon de technique professionnelle, et une leçon d’hygiène ou de droit
ouvrier.

«Sauf pour les électriciens et les bronziers-lustriers, le dessin a
été enseigné d’après modèle et, dans chaque classe, les modèles ont
été choisis dans la catégorie des objets produits par la branche à
laquelle les élèves appartenaient.

«Chaque modèle donnait lieu à un entretien du professeur sur
le procédé de fabrication, le métal mis en œuvre, les défauts possibles
de la matière et le mode de travail. Aussi souvent que possible, le
dessin exécuté était l’occasion d’un exercice de calcul de surface, de
volume, de poids, de prix. L’enseignement a été purement objectif
et n’a pas cessé un seul instant d’avoir un caractère industriel.

«Nous nous étions assigné, comme programme : obtenir de ces
ouvriers, dont la plupart n’avaient jamais tenu un crayon, qu’ils
deviennent capables de relever sur place un croquis coté, d’une pièce
de machine, d’un objet de fonderie, d’un détail de charpente, de
manière à pouvoir donner à l’atelier toutes les indications pour la
reproduction ou la réparation de cette pièce ou de cet objet. Nous
y sommes parvenus, et si ce résultat étonnant a été obtenu, il faut
l’attribuer d’abord à l’intelligence et au dévouement des professeurs,
ensuite — surtout peut-être — à ce que les professeurs étaient eux-
mêmes des hommes d’industrie, la plupart dessinateurs dans de
grandes maisons de construction, formés autant au contact des choses
et des travailleurs que des livres et des plans.

«Des résultats tout aussi remarquables ont été constatés dans
la classe des bronziers-lustriers et ici encore le succès est dû à ce que

105
        <pb n="122" />
        106 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OGCUPATION ALLEMANDE

le professeur était un homme de la profession : artiste, concevant et
dessinant lui-même ses modèles, veillant à leur exécution et leur
donnant le fini. Il à pu dire dans son rapport qu’à la fin des cours
les neuf dixièmes de ses élèves étaient capables d’établir de leur
propre initiative un croquis d’appareil conforme au projet et parfai-
tement exécutable.

« Dans la classe des électriciens, les leçons de dessin ont été avant
tout des applications du cours de technologie, pénétrant plus avant
dans les procédés de construction et de montage ».

En dehors des cours réguliers et obligatoires pour tous les élèves,
le Comité avait organisé un certain nombre de cours spéciaux, qui
furent fréquentés par les chômeurs qu’ils intéressaient particuliè-
rement. Ils portaient sur : la géométrie appliquée à la construction,
la galvanoplastie, la téléphonie, les machines-outils.

Les cours de technologie furent donnés autant que possible —
malheureusement trop peu, les ressources faisant défaut — à l’aide
d'appareils de projections et d’appareils de démonstration. Une société
de construction mit à la disposition de l’école un châssis complet
d’automobile.

Nous relevons dans le tableau du personnel enseignant : six pro-
fesseurs pour les cours d’arithmétique, 21 pour les cours de dessin,
6 pour les cours de technique professionnelle, 7 pour les cours de
droit ouvrier, 7 pour les cours d’hygiène, 4 pour les cours spéciaux.

« Nous n’avons eu qu’à nous louer de nos professeurs, dit le rapport
du Comité. Nous ne parlerons pas de leur assiduité. Ils étaient venus
à nous sans esprit de lucre, par pur dévouement à l’œuvre du relè-
vement moral et intellectuel des chômeurs ; ils ont travaillé avec
le zèle et l’abnégation des hommes qui entreprennent un travail dont
ils n’attendent aucune rémunération. Leurs aptitudes ont été à la
hauteur de leur tâche. Il devait nécessairement en être ainsi : le
dessin n’était-il pas enseigné par des professionnels du dessin, la
technologie par des hommes vivant de la vie des ateliers, le droit et
l’hygiène par des avocats et des médecins ? Une fois de plus, nous
avons constaté que le professeur, même improvisé, qui s’inspire de
l’observation des choses, l’emporte de loin sur celui qui ne nourrit
son cerveau que de la poussière des livres ».

On voit dans quel esprit le Comité avait entrepris son œuvre et
quelle portée pratique et efficace elle était destinée à avoir.

Les cours durèrent de décembre 1915 à la fin de juin 1916, avec
une interruption de quinze jours à Pâques.

Plus de cent élèves les fréquentèrent encore après que l’admi-
nistration communale avait pris la décision de fermer l’école.
        <pb n="123" />
        CHAPITRE XIX

Le développement successif du règlement

Le règlement communiqué en projet aux Comités provinciaux en
mars et avril 1915 subit de nombreuses modifications en cours des
années suivantes. C’était inévitable. D’une part, il était impossible
au début de fixer les détails d’une organisation administrative nou-
velle et improvisée, et d’autre part, la pratique devait fatalement
dévoiler les lactnes, des défauts et des abus. La longue durée de
l’oceupation allemande permit de remédier à beaucoup de ces tâtonne-
ments et de ces remaniements. Les questions qui furent soulevées,
au cours des temps, on peut être sûr de les rencontrer dans tout
système de secours de chômage.

Admission aux secours.

Nous avons vu les conditions requises pour être admis au Secours-
Chômage. (V. p. 63).

La première était d’être ouvrier, artisan ou employé de l’industrie
et du commerce, formule qui excluait nécessairement un certain nombre
de professions. Le Comité National avait énuméré d’abord : «les
ouvriers agricoles, cultivateurs, propriétaires ou locataires fermiers ».
Des voix s’étaient élevées, au sein du Comité en faveur des ouvriers
agricoles, qui pouvaient être aussi malheureux et aussi dignes d’in-
térêt que les ouvriers de l’industrie. Il fut répondu que l’agriculture
ne subissait pas de crise comparable à celle de l’industrie ; au con-
traire, malgré des conditions techniques défavorables, elle connaissait
une prospérité que les autres branches de l’activité économique
enviaient. D’autre part, il était extrêmement difficile d’exercer un
contrôle sur le chômage d’ouvriers dont le travail est intermittent et
peut être interrompu à volonté. On ne revint donc pas sur l’exclusion

Mais la qualification d’ouvriers de l’industrie et du commerce
donnait également lieu à interprétations diverses.

En principe, la qualité d’ouvrier était considérée comme prouvée
par le fait que l’intéressé travaillait de ses mains pour un patron
de là, l’exigence qui devint générale d’un certificat de patron. Mais
il fallut faire remarquer qu’un ouvrier peut avoir plusieurs patrons :
        <pb n="124" />
        108 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
par exemple, à Liége, dans l’industrie des armes, il arrive fréquemment
que l’ouvrier fournit son travail à plusieurs « fabricants ».

L'industrie à domicile a, de tout temps, offert des difficultés pour
l’application des règlements industriels. C’est que l’ouvrier de l’in-
dustrie à domicile exerce souvent une autre profession ou plutôt
n’exerce souvent son métier qu’accessoirement. Tel est le cas des
dentellières. On peut dire que dans certaines parties des Flandres et
de la province d’Anvers toutes les ménagères ont été ou sont dentel-
lières, et auraient reçu des certificats de patrons. Le Comité National
avait tranché la question en instituant une œuvre spéciale : « L'aide
et Protection aux dentellières » qui était une forme d’assistance par
le travail. Les dentellières reconnues de cette façon étaient exclues
du Secours Chômage.

Par contre, dans la province de Liége, on y admettait les tresseuses
de paille de la vallée du Geer, femmes et filles de cultivateurs géné-
ralement, qui sont de véritables ouvrières à domicile.

Le règlement admettait l’artisan au bénéfice du secours. La diff-
culté était de le distinguer du patron, de l'entrepreneur ou chef
d'industrie, ou du commerçant. Nous en donnâmes la définition
suivante : « L’artisan est celui qui confectionne lui-même des produits
qu'il vend directement au client. L’artisan doit travailler de ses
mains; s’il occupe des ouvriers, il est, en principe, un patron ou chef
d'entreprise. Toutefois, dans l’industrie à domicile, particulièrement
dans l’industrie armurière, on considère comme artisan un inter-
médiaire qui n’occupe pas plus de quatre ouvriers ».

Une catégorie de travailleuses donna lieu à des complications :
c’étaient les couturières. Nous avions posé en principe à Liége que la
couturière était ouvrière quand elle travaillait pour un patron ou un
magasin. Elle était artisan quand elle travaillait pour des clients
et vivait du produit de son travail. Mais on trouva cette distinction
trop difficile à établir et comme des abus avaient été signalés, le
Comité National arrêta, le 20 mai 1915, que les couturières, lingères,

etc, allant travailler chez les particuliers étaient exclues. Elles étaient
rangées parmi les travailleuses du service domestique, qui furent
exclues dès le début : tels, les domestiques, servantes, journaliers
et journalières, femmes à la journée, récureuses, etc…

On assimila aussi au travail domestique celui des commissionnaires.

Les colporteurs furent exclus comme commerçants.

L’employé, on l’a vu, était admis au secours. Il fut spécifié que le
voyageur de commerce privé de travail et sans ressources était dans
Ce cas.

Exclues également, les personnes exerçant une profession libérale
        <pb n="125" />
        LE DÉVELOPPEMENT SUCCESSIF DU RÈGLEMENT
— tels les professeurs de langues, de musique, de comptabilité, etc,
les instituteurs et les artistes, pour qui il existait une œuvre spéciale,
« Aide et Protection aux Artistes ».

Les cabaretiers et cafetiers n’étaient pas admis au secours. On plaida
pourtant en leur faveur au Comité National, alléguant que souvent
le bénéfice des cabarets était minime surtout à la campagne. Mais
l’exclusion fut maintenue.

On décida toutefois que si le débit n’était pour eux qu’un emploi
accessoire et s’ils exerçaient principalement une autre profession
donnant droit au secours, ils pouraient être admis, à la condition de
fermer leur cabaret ou café.

Le règlement disait explicitement que les chômeurs appartenant
aux services publics étaient admis aussi bien que ceux de l’industrie
privée. C’est pourquoi au début on admit au secours les ouvriers
des chemins de fer de l’Etat. Mais une Société Coopérative appelée
«Société Coopérative d’Avances et de Prêts » avait été constituée
pour accorder aux créanciers de l’Etat, fournisseurs ou fonctionnaires,
des avances de traitements ou de fonds. Elle prit à sa charge
le service d'allocations à faire aux ouvriers des chemins de fer de
l’Etat. Quand ce procédé se fut généralisé, le Comité National décida
qu’il n’y avait pas lieu d’admettre ces ouvriers au Secours Chômage.
Le 16 décembre 1915il prit la résolution suivante ; « Il est de règle
que le Secours Chômage ne doit pas être alloué aux ouvriers et em-
ployés des services publics vis-à-vis desquels intervient la Société
Coopérative d’Avances et de Prêts et ce, ni pour eux personnellement,
ni pour les membres de leur ménage Toutefois. s’il existe dans le
ménage du chômeur d’un service public un ou des chômeurs de
plus de 16 ans, qui sont ouvriers de l’industrie privée et qui réunissent
les conditions mises par le règlement à l’octroi des secours, ce ou
ces membres pourront recevoir l’allocation de chômage qui leur
revient personnellement. En cas de chômage partiel de ceux-ci,
on appliquera sur les secours qui leur reviennent le barème du Comité
National.

«L’on voit que le régime dont il s’agit constitue une exception au
principe qui veut que ce soit l’ensemble des ressources du ménage
qui détermine l’état nécessiteux du sans-travail qui postule l’octroi
du secours. Cette exception admise en faveur d’une catégorie spéciale
d'ouvriers est de stricte interprétation et ne peut donc être étendue
aux ouvriers d’autres professions que celles ci-dessus visées.

«Dans l’application, deux cas peuvent se présenter :

«10 C’est le chef de ménage qui est employé ou ouvrier de l’Etat ;

20 C’est un enfant célibatiare qui occupe cet emploi.

109
        <pb n="126" />
        110 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

« L’exclusion dans le premier cas atteint le père, son épouse et les
enfants âgés de moins de 16 ans ; les enfants âgés de plus de 16 ans,
réunissant les conditions requises peuvent obtenir les secours, et
pour fixer le montant de ceux-ci, les Comités ne tiendront compte
que des ressources (salaires ou autres) personnelles de ces enfants.

« Dans le second cas, l’exclusion frappe le fils seulement. Les autres
personnes constituent un ménage distinct qui pourra recevoir l’indem-
nité dans les conditions du règlement ».

La qualité d’ouvrier devait exister dans le chef du requérant immé-
diatement avant la guerre. De là cette condition, qu’il prouve « qu’au
cours du mois de juin et de juillet 1914, il à travaillé pendant quinze
jours au moins dans l'industrie ou le commerce ». Mais le règlement
ajoutait «à moins qu’il n’en ait été empêché par maladie, chômage
saisonnier, grève, lock-out ou accident constatés. « On expliqua que
ces derniers mots se référaient évidemment à un obstacle occasionnel
au travail régulier. « Mais il était clair que n’est pas chômeur, aux
termes du règlement, celui qui, depuis deux mois et davantage avant
la guerre ne travaillait plus ».

Le secours n’était accordé qu’au chômeur involontaire c’est-à-dire,
«celui qui, vivant du produit de son travail, s’est vu privé de ce
travail par suite de la crise provoquée par la guerre». De là, l’exclusion
des «chômeurs qui refuseraient d’accepter un travail convenable
qui leur est offert et dont ils sont raisonnablement capables ». Cette
disposition dont les Comités firent largement usage, les mettait à
l’abri des poursuites qui auraient pu leur être intentée, en contre-
venant à l’arrêté du Gouvernement général du 15 août 1915 (I).
Elle comportait toutefois une certaine latitude dans l’interprétation,
qui était laissée au Comité, pour apprécier les aptitudes du chômeur
et la « convenance » du travail.

Dans tout fonds de chômage, il y à ce qu’on appelle le délai de carence,
c’est-à-dire le temps pendant lequel il faut avoir été privé de travail
pour pouvoir participer aux indemnités. Le règlement primitif fixait
au 15 février 1915 le point de départ de ce délai. Mais il fallut, natu-
rellement dans la suite, déplacer ce point de départ. La date du
15 février avait été fixée dans l’idée que le service commencerait le
15 mars. On admit donc, plus tard, que le délai de carence fut un mois,
ce qui devint fort rigoureux à l’époque où la misère fut plus grande
et les occasions de travail plus rares.

L’âge d’admission au secours était fixée à 16 ans. Il fallait que

(1) Voir plus loin, page 132.
        <pb n="127" />
        LE DÉVELOPPEMENT SUCCESSIF DU RÈGLEMENT I
l’ouvrier eût cet âge au 15 février 1915, pour être admis comme chô-
meur. En conséquence, les ouvriers industriels de 14 à 16 ans, n’avaient
pas droit au secours.

Nous avons vu qu’il n’y avait pas d’âge d’exclusion et que les ouvriers
de plus de 65 ans étaient admis.

La condition d’être nécessiteux avait, dès le début amené les Comités
à fixer l’état de besoin. Pour apprécier si un chômeur est dans le besoin,
c’est-à-dire manque du nécessaire, les Comités devaient se rendre
compte de la composition du ménage dont l’intéressé faisait partie
et de toutes ses ressources.

On eut quelque peine à faire comprendre la notion du ménage.
Le ménage n’est pas la famille, c’est l’ensemble des personnes vivant
sous le même toit d’une vie commune, peu importe qu’elles soient
unies entre elles par des liens de parenté. Cette notion est familière
à tous les statisticiens. Elle l’est moins aux personnes s’occupant
d’œuvres de bienfaisance.

Les vicissitudes de la guerre avaient opéré souvent de grandes
modifications dans la composition des ménages. Il arrivait souvent
que des parents ou des voisins recueillaient chez eux des personnes
qui, auparavant, ne vivaient pas avec eux. Certaines situations inté-
ressantes avaient attiré l’attention de certains Comités. Nous trouvons,
par exemple, dans une circulaire du Comité provincial de Namur,
l’exposé des débats qui eurent lieu entre lui et le Comité National

« Une famille sans ressources qui, poussée par la nécessité ou quelque
autre triste circonstance des événements actuels, s’était réfugiée
chez des parents ayant quelques ressources, se voit, du fait des res-
sources de ces parents, totalement privée des secours qu’elle aurait
touchés si elle avait vécu seule et, partant, elle se trouve complète-
ment à charge des parents qui l’avaient recueillie.

«Cet état de choses a, dans certaines familles, été la cause de
reproches, de discussions intestines et même d’exclusion de la famille
réfugiée. On a parfois vu des enfants indignes se séparer de leurs
vieux parents qui se trouvaient ainsi plongés dans la plus affreuse
misère.

«Désireux de porter remède à cette situation préjudiciable à
l’intérêt moral et matériel des familles, nous avons soumis la question
au Comité National.

« Celui-ci nous répond notamment : « Au préalable, il faut admettre
les principes suivants : Avant les devoirs de la Société, il y a les devoirs
de la famille, avant de recourir à l’assistance de la Société, on doit
utiliser ses propres moyens. La morale courante condamne un fils
qui, pouvant nourrir et loger ses vieux parents sans ressources, les

1
        <pb n="128" />
        112 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

met à la porte sous prétexte que la Société ne les secourt pas. Le
Comité National ne peut faire le jeu des enfants dénaturés de même
qu’il ne peut encourager les parents à mettre dehors leur fils marié,
alors qu’ils sont à même de lui venir en aide. Cela posé, il faut distin-
guer les deux cas suivants : est-ce avant ou après la guerre que les
parents ont été recueillis par leur fils marié ou le fils marié par ses
parents ?

«Premier cas. Si déjà, avant la guerre, les vieux parents étaient à
charge de leur fils marié et que celui-ci n’était pas dans le besoin,
le Comité National n’a pas à le secourir. Le même principe s’applique
évidemment au cas de frères ou sœurs vivant ensemble ou d’autres
personnes reliées par un lien quelconque de parenté.

« Deuxième cas. Si, depuis la guerre, les parents ont été recueillis
par leur enfant ou qu’un fils marié est rentré au foyer paternel, on
pourrait admettre, sauf éléments contraires que la voix du devoir
a été écoutée. Dès lors, on pourrait se montrer indulgent ».

On finit par adopter la règle suivante : «La séparation en vue
de bénéfices des secours ou d’une augmentation du secours de ménages
vivant auparavant réunis n’est pas admise. Dans le premier cas, la
requête ne sera prise en considération que s’il est prouvé que la
séparation est réelle et répond à une nécessité, par exemple, par
suite de mariage, d’expulsion du logement précédent, etc. Dans le
second cas, les personnes séparées recevront uniquement les secours
auxquelles elles pourraient prétendre si elles continuaient à faire
partie du ménage ».

Le fait que le ménage tout entier devait être nécessiteux ou en état
de besoin obligeait le Comité local, même au début, quand il s’agissait
de ne secourir que le chômage total, de tenir compte de toutes les res-
sources du ménage et de fixer la limite en dessous de laquelle le
ménage pouvait être considéré comme dans le besoin.

Il devait donc connaître :

1° Le salaire de tous les membres du ménage qui travaillaient
encore :

20 Les autres ressources quelconques du ménage.

Nous verrons plus loin à quelles dispositions cette distinction
donne lieu.

Il s'agissait évidemment des ressources actuelles du ménage, c’est-
à-dire de celles dont il disposait effectivement. Des économies qu’on
ne pouvait toucher, par exemple des dépôts à la Caisse Générale
d’Epargne, qui ne pouvaient être touchés que par fractions —
n’entraient pas en ligne de compte. Par contre, les secours ou alloca-
        <pb n="129" />
        LE DÉVELOPPEMENT SUCCESSIF DU RÈGLEMENT “3
tions que les patrons donnaient à leurs ouvriers, même sous forme de
prêts ou d’avances, étaient comptés comme ressources.

Cette dernière disposition occasionna bien des discussions. Plus
d’un patron se refusa à faire connaître les secours personnels qu’il
accordait à ses ouvriers, prétendant que «cela ne regardait pas le
Comité National ». D’autres laissèrent à dessein, leur personnel sans
secours pour le faire secourir par le Comité, quitte à ajouter clandes-
tinement, ensuite, des allocations. On reprocha de plus d’un côté,
au Comité, de favoriser les «mauvais patrons ».

Le Comité pourtant ne pouvait se départir de son point de vue.
Il ne lui était pas possible d’allouer des secours gratuits sans distinc-
tion à tout ouvrier. Le besoin était la raison fondamentale, nécessaire,
du secours.

Aussi, la première chose que les Comités locaux devaient faire était
de fixer la limite de l’état de besoin. Ils devaient, pour cela, tenir
compte des conditions d’existence qui variaient de localité à localité.
Des Comités inventèrent à ce sujet des formules plus ou moins ingé-
nieuses, tenant compte de divers facteurs, notamment de la com-
position du ménage. Dans les communes industrielles du pays de
Liége, le taux du besoin fut primitivement fixé à 50 centimes par
jour et par personne ; dans les communes rurales, il descendait à
35 centimes.

À côté des chômeurs proprement dits, le règlement secourait les
épouses sans profession des chômeurs ou les ménagères qui rempla-
çaient (par exemple la mère, la sœur, la fille, etc…) et les enfants
en dessous de seize ans faisant partie du ménage, c’est-à-dire vivant
avec leurs parents.

Ce sont les « bénéficiaires accessoires ». I] fallait, naturellement
qu’il y eût un chômeur dans le ménage pour qu’il y eût des alloca-
tions aux femmes et aux enfants. Ainsi, une veuve qui n’était pas
chômeuse de son chef n’avait pas droit au secours de chômage, même
si elle était chargée d’enfants nécessiteux. C’était à la bienfaisance,
c’est-à-dire au Secours ordinaire ou Secours A, à s’en occuper. De
même, la femme d’un prisonnier civil ou autre, d’un ouvrier parti à
l’étranger, ne participait au fonds de chômage s’il n’y avait pas
d'autre chômeur dans son ménage.

Mais, par contre, il suffisait qu’il y eût un chômeur pour entraîner
l’allocation aux bénéfices accessoires.

Exemple : Une veuve dont le fils était chômeur recevait le secours
de ménagère et les enfants de moins de 16 ans du ménage, frères et
sœurs du chômeur, le secours d’enfants.

S’il y avait un père encore au travail, une mère sans profession,

ll:
8
        <pb n="130" />
        114 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

un fils chômeur et des enfants, ceux-ci et celle-là recevaient les allo-
cations, à condition que le ménage dans son ensemble fût dans le
besoin.

Si la mère elle-même était chômeuse, elle recevait l’allocation de
chômeuse et ses enfants, celles des enfants, même si le père n’était pas
chômeur mais à condition, toujours, que le ménage fût dans le besoin.

Les enfants âgés de plus de seize ans qui n’étaient pas chômeurs
de leur chef n’avaient droit à aucun secours.

Une concubine n’était pas admise au fonds de chômage à titre
de ménagère.
        <pb n="131" />
        CHAPITRE XX
Le calcul du montant du secours

Tant que le Secours de chômage fut exclusivement attribué aux
chômeurs complets, le calcul du montant de l’indemnité se bornait
aux trois opérations suivantes :

19 Déterminer l’éfat de besoin du ménage, c’est-à-dire fixer la
limite que ses ressources ne doivent pas dépasser pour être admis
au secours.

Nous avons vu par exemple qu’au début, le Comité provincial de
Liége l’avait arrêté à 50 centimes par jour et par personne sans dis-
tinction entre les adultes et les enfants. Il suffisait donc de multiplier
le nombre de personnes du ménage par 3 fr. 50 pour obtenir l’état
de besoin par semaine.

20 Relever toutes les ressources disponibles que le ménage pouvait
posséder. Si elles atteignaient la somme calculée au 1°, le ménage
était exclu du secours, si elles ne l’atteignaient pas, le ménage était
admis et recevait le montant intégral de l’indemnité à laquelle il
avait droit.

30 Calculer, le ménage étant dans le besoin, l’indemnité d’après
le barème :

3 francs pour chaque chômeur, 1 fr. 50 pour la ménagère et 50 cen-
times par enfant en dessous de seize ans.

Celle-ci était acquise intégralement si l’état de besoin n’était pas
atteint quand l’indemnité était additionnée aux ressources. Mais
dans le cas contraire, le ménage chômeur n’avait droit qu’à la diffé-
rence entre ses ressources calculées, comme ci-dessus, et l’état de
besoin.

Avec l’indemnisation du chômage partiel (juin 1915) des principes
nouveaux étaient admis, qui modifièrent plusieurs caractères du
Secours Chômage.

La règle fondamentale, nous l’avons vu, est d’admettre au secours
des ouvriers qui travaillent, et de ne pas tenir compte, ou « d’immu-
niser » le salaire jusqu’à cinq francs par semaine ; ensuite, de réduire
        <pb n="132" />
        116 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

les secours de 50 centimes par franc d’augmentation hebdomadaire
du salaire au-dessus de 5 francs. Le secours diminue donc progres-
sivement à mesure que s’élève le salaire hebdomadaire : il y à ainsi,
une combinaison de la condition du besoin avec un encouragement
ou une prime au travail.

Rien de plus juste que cet encouragement au travail, en dehors
des raisons morales : l’ouvrier qui travaille dépense plus qu’un autre ;
il use ses souliers et ses vêtements ; il lui faut un supplément de
nourriture, souvent il doit payer son loyer, que le propriétaire aban-
donnait parfois à l’ouvrier sans travail ; bref il a plus de charges.

Autre modification : du moment qu’on admet au secours des
ouvriers au travail, le délai de carence perd de son importance et doit
être modifié. On admit à Liége, que le point de départ était un mois
pour le secours initial, mais que le secours reprenait ensuite avec les
modifications dans le salaire.

Le régime de l’indemnisation du chômage partiel imposait donc
aux Comités locaux, pour le calcul du secours, les opérations sui-
vantes :

19 Calcul de l’indemnité de chômage comme si le ménage n’avait
aucune ressource, ni aucun salaire, c’est ce qu’on appellera « le secours
théorique » ;

20 Calcul de l’état de besoin d’après la composition du ménage ;

30 Evaluation du salaire de tous les membres du ménage au travail ;

40 Evaluation de ses autres ressources comme au chômage total ;

5o Déduction des autres ressources de l’état de besoin ;

60 Déduction de la moitié du salaire dépassant cinq francs.
        <pb n="133" />
        CHAPITRE XXI
Le Règlement du 20 février 1916

Le système décrit dans le chapitre précédent resta en vigueur
jusqu’à la fin de 1915. Mais le 20 janvier 1916, le Comité National
promulgua un nouveau règlement, fort détaillé, où il précisait ce qu’il
fallait entendre par salaires et par «autres ressources » et où il donnait
certaines règles pour l’évaluation de celles-ci.

Tout d’abord, par l’expression « autres ressources » on spécifiait
qu’il fallait entendre tous les revenus perçus par l’ensemble des mem-
bres du ménage, y compris les allocations patronales, les secours de
la bienfaisance publique ou privée, les ressources même des personnes
exclues du secours, mais faisant partie du ménage — mais non les
secours À, ou secours ordinaires alloués par le Comité National, — ce qui
se conçoit, les secours À étant également basés sur l’état de besoin
et pouvant s'ajouter au Secours Chômage, dans les cas exceptionnels
où celui-ci n’atteignait pas la limite du besoin.

Le règlement de janvier 1916 établissait de la manière suivante
les bases de l’évaluation des autres ressources que le salaire :

A. Pour les immeubles (maisons): 1 franc par semaine et par
300 francs de valeur disponible, c’est-à-dire charges déduites. On indi-
quait un moyen pratique de connaître la valeur des maisons sans
contestation de la part du chômeur : c’était de prendre pour base le
contrat d’assurance contre l’incendie diminué de 25 %/, . A défaut d’as-
surances, le Comité prenait l’évaluation de la dernière péréquation
cadastrale qui datait de 1896.

Cette évaluation des immeubles, destinée à éviter des abus, fut
bientôt critiquée par beaucoup de personnes qui y virent un péril
pour l’œuvre si intéressante des habitations ouvrières. On sait qu’en
Belgique, depuis une loi du 8 août 1889, la construction de petites
maisons individuelles, pour un ménage, a pris une grande extension.
Au moment de la déclaration de guerre, on pouvait estimer à près de
cent mille le nombre de ces maisons, acquises et habitées par leur
propriétaire, qui furent ainsi bâties sous le régime de faveur de cette
loi. Des sociétés de prêts nombreuses et actives s’étaient constituées
et servaient notamment d’intermédiaires entre les ouvriers et la
        <pb n="134" />
        118 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
Caisse Générale d’Epargne, qui était autorisée à consacrer une partie
de ses fonds en prêts pour l’acquisition de terrains ou de maisons.

Naturellement, du moment que l’on ne pouvait secourir que les
nécessiteux, on devait tenir compte de la valeur des maisons appar-
tenant aux chômeurs, du moins de la valeur disponible, puisqu’ils
pouvaient dans certaines conditions, en faire argent. Mais, d’autre
part, on trouvait rigoureux d’évaluerà 52 francs par an (un franc par
semaine) et par 300 francs de valeur soit 16 pour cent, les ressources
représentées par cette forme d’épargne encouragée depuis tant d’an-
nées. Aussi, on réclama bientôt une atténuation à cette règle, qui fut
accordée sous forme de l’immunisation d’une partie de la valeur de la
maison, partie variable d’après le nombre de personnes du ménage.

B. Pour les terres cultivées, il y avait lieu de distinguer :

19 Si le ménage chômeur les tenait en location, on comptait comme
ressources :

2 à 3 centimes par are et par semaine, pour une culture de moins
de 10 ares ;

4 à 7 centimes par are et par semaine, pour une culture de 10 à
50 ares ;

5 à 9 centimes par are et par semaine, pour une culture de plus
de 50 ares ;

20 Si le chômeur les tenait en propriété, les taux indiqués ci-dessus
étaient majorés de 2 à 5 centimes par are et par semaine.

C. Pour les épargnes (comptes en banque, livrets de caisse d’épar-
gne, titres, créances généralement quelconques, etc…), le taux d’éva-
luation était de 50 centimes par semaine et par 100 francs du montant
totalisé des épargnes appartenant à tous les membres du ménage,
non compris les valeurs ou épargnes appartenant à des personnes
âgées de 65 ans et plus; il était de 50 centimes par semaine et par
300 francs pour les épargnes appartenant à des personnes âgées de 65
ans et plus.

D. Les pensions, rentes, intérêts et tous autres revenus devaient
être portés en compte pour leur montant intégral par semaine.

Il en était de même des secours alloués par des patrons ou des
organismes de prévoyance.

E. Bétail et basse-cour.

A mesure que l’occupation allemande se prolongeait, la valeur
des animaux domestiques augmentait. C’était à la fois une source
de revenus agricoles ou commerciaux et un capital disponible.

Le taux de l’évaluation du Comité National était le suivant :

Pour un cheval, 12 francs par semaine.
        <pb n="135" />
        LE RÈGLEMENT DU 20 rÉVRIER 1916 '
Pour une vache : 6 francs par semaine, si le ménage n’en possédait
qu’une ; 7 francs par vache et par semaine s’il en avait deux.

Un bœuf de trait, un poney ou un âne, 2 fr. 50 par semaine;

Un porc, un veau ou une génisse, 2 francs par semaine ;

Une brebis, 1 franc par semaine ;

Les poules : au-dessus de 10 poules, 5 centimes par semaine et
par poule.

Le ménage possesseur de plusieurs chevaux de plus d’une vache et
d’un cheval, ou de trois vaches, était exclu du bénéfice des secours.

F. Commerce accessoire :

Il pouvait arriver qu’à côté de sa profession principale, le chômeur
ou un membre de son ménage tnt un commerce qui fût une source
de revenus. Les Comités locaux devaient porter ces revenus en compte.
Mais il n’était pas possible d’arrêter une règle générale d’évaluation.
Les Comités étaient invités à prendre pour base le loyer ou des cir-
constances locales. Le revenu net par semaine du commerce acces-
soire devait entrer pour sa valeur intégrale dans le compte des autres
ressources.

Les taux d’évaluation de ressources indiqués par le Comité National
étaient donnés comme des minima. Les Comités locaux pouvaient
évaluer ces ressources en tenant compte des circonstances locales,
notamment pour les cultures qui, dans certaines régions fertiles étaient
d’un rapport beaucoup plus élevé.

Aussi, les Comités provinciaux exigeaient des Comités locaux l’indi-
cation de leurs bases d’appréciation pour les cultures, le bétail, les
commerces accessoires.

Nous avons vu que le ménage pouvait comprendre des personnes
exclues du secours. Leurs ressources devaient évidemment entrer
en ligne de compte, du moins en partie. Tel était le cas, par exemple,
des salaires d’un journalier ou d’une journalière, de la ressource
attribuée au livret d’épargne appartenant à un ouvrier agricole, du
salaire d’un enfant de quinze ans, de la pension d’un ouvrier invalide,
etc. Ces personnes ne pouvant être considérées pour déterminer le
secours théorique, il était injuste d’attribuer au ménage la totalité
des revenus hebdomadaires de ces personnes sans en déduire la charge
que représente leur subsistance. Le Comité National évaluait cette
charge au montant de l’état de besoin individuel admis par le Comité
local. A Liége, elle était de 4 francs pour une personne adulte et de
3 francs pour un enfant de moins de seize ans.

Le règlement du mois de janvier 1916 généralisait pour toute la
Belgique la limite adoptée à Bruxelles pour l’état de besoin. On avait

116
        <pb n="136" />
        120 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
reconnu, en effet, qu’en laissant toute liberté aux Comités locaux de
fixer cette limite, certains pouvaient avoir une tendance à l’élever.
On résolut donc de fixer un maximum que l’état de besoin ne pouvait
dépasser, laissant toutefois aux Comités locaux, la faculté d’adopter
des taux inférieurs. L'état de besoin doit être évalué d’une façon
modérée, dit le règlement ; à titre d’indication, les taux ci-après sont
donnés comme limite maximum des bases admissibles :

4 francs par semaine et par membre du ménage âgé de plus de
seize ans ; ‘

3 francs par semaine par membre de 10 à 16 ans :

2 francs par semaine par membre de moins de 10 ans.

En fait, ces taux étaient très faibles pour l’époque : l’hiver de 1916.
Ils devinrent de plus en plus dérisoires à mesure que la misère aug-
menta, et de toute part, on en demandait le relèvement, ainsi que
celui de l’indemnité de secours. Pendant toute une période, le Comité
National résista à toutes ces sollicitations, pour des raisons financières.
Quand il erut pouvoir faire face aux charges nouvelles, que ce relè-
vement eût entraînées, il se heurta à l’opposition obstinée de l’autorité
allemande, qui voyait dans le secours et dans l’évaluation du montant
de l’état de besoin un obstacle au recrutement des travailleurs dont
elle désirait le concours.

Le règlement de janvier 1916 contenait cependant une disposition
nouvelle qui constituait une légère amélioration. C’était celle relative
aux enfants atteignant l’âge de 16 ans. L'art. 12 portait : « Le secours
hebdomadaire de 3 francs peut être alloué aux enfants qui justifieront
avoir été avant la guerre apprentis dans un des métiers ou professions
admis au bénéfice des secours et qui ont atteint depuis lors ou attein-
dront dans la suite l’âge de 16 ans révolus.

«Ce même secours peut également être accordé aux enfants qui,
ayant atteint l’âge de 16 ans depuis la guerre, justifieront avoir
suivi pendant les six premiers mois de l’année 1914, des cours d’en-
seignement général ou professionnel et avoir été dans l’impossibilité,
absolue par suite des événements d’obtenir un emploi industriel ou
commercial ».

En outre, les enfants qui bénéficiaient du secours de 50 centimes
depuis la mise en vigueur du règlement et qui ne pourraient jouir du
secours de 3 francs en question parce qu’ils ne réunissaient pas les condi-
tions requises ci-dessus, continuèrent à recevoir le secours de 0 fr. 50
par semaine, même après qu’ils avaient dépassé l’âge de 16 ans.

Les Comités devaient s’entourer de tous les renseignements utiles
et se faire produire les certificats nécessaires des institutions d’ensei-
gnement ou des patrons chez qui l’anprentissage avait été fait.
        <pb n="137" />
        LE RÈGLEMENT DU 20 FÉVRIER 1916 vof

Le calcul des secours était l’objet, dans le nouveau règlement d’une
attention particulière. Il se ressentait, naturellement, des compli-
cations nouvellement introduites.

Il fallait distinguer tout d’abord entre les chômeurs complets et
les chômeurs partiels.

A. Chômeurs complets. — L'’indemnité hebdomadaire maxima
restait fixée à trois francs pour un chômeur ou une chômeuse ;

1 fr. 50 pour la ménagère ;

et O fr. 50 pour chaque enfant âgé de moins de seize ans et ne
travaillant pas.

Lorsque le ménage n’avait ni salaire (ce qui est le cas pour le chô-
mage complet) ni d’autres ressources, il obtenait la totalité du secours :
c’était le secours théorique.

Mais le ménage pouvait disposer d’autres ressources que du salaire.

Le règlement énonçait la règle du calcul du secours : « Pour déter-
miner si un chômeur ou un ménage comprenant un ou des chômeurs
peut recevoir les secours de chômage, et, dans l’afflrmative, pour
établir le montant de ceux-ci, il faut en premier lieu fixer d’après les
bases admises par le Comité National, l’état de besoin de chômeur
ou celui du ménage dont fait partie le ou les chômeurs. Ensuite, on
établit, en se conformant au barème, le montant de toutes les ressour-
ces du ménage. Cela fait, si ces ressources sont égales ou supérieures
à l’état de besoin, le chômeur ou le chômeur et son ménage sont exclus
du secours.

«Si, par contre, les ressources sont inférieures au quantum du
besoin, le Secours-Chômage sera alloué et son montant sera égal à la
différence entre le montant des ressources et celui du besoin, sans que
le secours puisse toutefois dépasser le taux du secours fixé par le
règlement (secours théorique). »

Ainsi, soit un chômeur célibataire possesseur d’un livret de caisse
d'épargne de 800 francs. Son état de besoin est de 4 francs ; l’éva-
luation de ses ressources (0 fr. 50 par 100 francs par semaine) est éga-
lement de 4 francs. Il ne reçoit rien, son besoin étant couvert par ses
ressources. S'il est possesseur d’un livret de 600 francs, il est admis
au secours, mais ne reçoit qu’un franc au lieu de trois.

B. Chômeurs partiels. — Le revenu d’un ménage où il y avait
des chômeurs partiels pouvait être constitué :

19 Uniquement par du salaire ;

20 À la fois par du salaire et d’autres ressources.

De là deux hypothèses à envisager séparément :

Première hypothèse. — Le revenu comprend uniquement du salaire.

À &lt;&gt;»
        <pb n="138" />
        122 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

Dans ce cas, la partie du salaire à immuniser à [titre de prime au
travail était égale au montant du secours théorique, avec minimum
de 5 francs.

Ainsi, pour un chômeur isolé, pour un chômeur et une ménagère, pour
un chômeur et un enfant, la prime au travail était de 5 francs, alors
que le secours théorique s’élevait respectivement à 3 francs, 4 fr. 50,
et 3 fr. 50 Mais si le ménage se composait de deux chômeurs, d’une
ménagère et deux enfants, la prime au travail était de 8 fr. 50, somme
égale au secours théorique (3 + 3 + 1.50 + 0.50 + 0.50 = 8.50).

Pour calculer le secours à payer on avait donc à déduire du montant
du secours théorique, la moitié de la partie des salaires cumulés excé-
dant la prime au travail.

EXEMPLES : Un ménage se compose d’un chômeur et d’une ména-
gère. Le secours théorique est de 3+1.50 = 4.50. S'il y a 10 francs de
salaire par semaine, la prime au travail étant de 5 francs, le secours
à payer sera :

10 — 5
4.50 — Ta 2 francs par semaine.

Un ménage composé de 4 chômeurs, d’une ménagère et de 2 enfants,
a pour secours théorique :

3 + 3 + 3 + 3—+ 1.50 + 0.50 + 0.50 — 14.50. Si les salaires
cumulés des chômeurs se montent à 25 francs par semaine, la prime au
travail équivalant au secours théorique, le secours sera :

25 — 14.50 ;
14.50 — —— —— = 9 fr. 25 par semaine.

Deuxième hypothèse. — Le revenu comprend du salaire et d’autres
ressources.

Dans ce cas, le règlement stipulait que l’indemnité à payer devait
être établie en appliquant séparément les deux barèmes, en commen-
çant par celui du chômage complet.

EXEMPLES : soit un sans-travail célibataire ayant des ressources
évaluées à 2 frs et gagnant 8 frs de salaire par semaine. Son état de
besoin est de 4 francs. Ses ressources étant de 2 francs, le secours en
cas de chômage complet eût été de 2 francs. C’est de ce premier
résultat qu’il faudra déduire ce qu’indiquera le barème du chômage
partiel, de la façon suivante. La prime au travail est égale au se-
cours théorique (3 francs), étant inférieur à ce minimum, la prime au
        <pb n="139" />
        LE RÈGLEMENT DU 20 FÉVRIER 1916 "3
travail restera 5 francs. Par conséquent, sur le salaire de 8 francs, il
y a 5 francs à immuniser. Il reste ainsi 3 francs dont la moitié doit
être déduite, soit 1 fr. 50. Le secours de chômage est donc : francs
2 — 1.50 — 0.50 par semaine.

Autre exemple : Soit un ménage comprenant un père chômeur,
la ménagère, 2 fils chômeurs, 2 enfants en dessous de 16 ans, ayant
des ressources autres que le salaire évaluées à 15 francs et gagnant 20
francs de salaire.

Application du barème du chômage complet :

Etat de besoin, 4 + 4 + 4 + 4 + 3 + 3 = 22 francs.

Ressources = 15 francs.

Le secours chômage eût été 22 — 15 = 7 francs.

Application du barème du chômage partiel.

Secours théorique : 3 + 3 + 3 + 1.50 + 0.50 + 0.50 = 11.50.

La prime au travail est ici égale au secours théorique, soit 11.50.

La partie du salaire excédant la prime est de 20 — 11.50 = 8.50,
dont la moitié 4.25 doit être déduite du secours en cas de chômage
complet.

Le secours est donc 7 — 4.25 = 2 fr. 75 par semaine.

On voit que ces calculs étaient assez compliqués.

L’ingéniosité des Comités locaux s’exerça pour les simplifier. Cer-
tains employèrent des formules algébriques, d’autres les traduisirent
en abaques. Ce fut notamment le cas au Comité provincial du Hainaut,
dont on trouvera en annexe (voir N° 2, p. 205), le tableau graphique,
par lequel, connaissant le secours théorique et le salaire on obtient
immédiatement le secours à payer.

Au Comité provincial de Liége, nous employâmes des formules,
qui étaient destinées à faciliter le travail et en même temps à utiliser
les feuilles de chômage employées sous le régime précédent.

On les trouvera aussi à l’annexe N° 2.

its
        <pb n="140" />
        CHAPITRE XXII
Le mode de distribution des secours

Nous avons vu que le Comité National imposait aux Comités locaux
l’obligation de distribuer les secours en nature. C’eût été facile si les
magasins du Département Alimentaire avaient eu toutes les espèces
de marchandises que pouvaient désirer les ménages secourus. Mais
il était loin d’en être ainsi. Toutefois, il est bon de faire observer que
l’indemnité de chômage étant peu élevée, elle pouvait toujours repré -
senter la valeur des denrées nécessaires à tout le monde, comme le
pain, la soupe populaire, etc. Il arrivait pourtant que, dans les familles
nombreuses, l’indemnité devenait assez importante pour dépasser
les besoins en aliments indispensables. En tout cas, on ne put jamais
se borner à donner directement et exclusivement en nature les secours
de chômage.

Le règlement permettait d’ailleurs d’allouer les secours sous forme
de bons. Mais il ne prescrivait pas de règles, au début, pour leur émis-
sion ni leur utilisation.

Aussi, nous trouvons, comme toujours, une grande diversité dans
l’application des dispositions réglementaires. C’est ainsi que dans
un rapport présenté en octobre 1915, au Comité de l’arrondissement
de Liége, nous constations que 22 Comités locaux distribuaient les
secours en partie en nature, en partie soit en bons, soit en argent ;
75 émettaient des bons valables dans les magasins du Comité de
Secours et d’Alimentation et chez les commerçants de la localité ;
21 avaient des bons transformables en marchandises déterminées,
telles que pain, farine, pommes de terre, et des bons valables dans
les magasins du Comité ; 7 Comités distribuaient les secours unique-
ment en argent. Le Comité de la Ville de Liége, notamment, fut de
ce nombre pendant six mois par raison d’économie et à cause de la
difficulté du contrôle dans une grande ville ; puis il adopta , une
forme de bons qui fut imposée partout par le Comité National.

Dans sa séance du 26 août 1915, le Comité National avait critiqué
les bons valables uniquement dans les magasins communaux ou
les magasins du Comité. « Pareille manière de faire aura fatalement
pour résultat, disait-on, la disparition de nombreux détaillants
faute de clientèle et, partant, l’accroissement du nombre de personnes
        <pb n="141" />
        LE MODE DE DISTRIBUTION DES SECOURS 105
devant être secourues ». Mais on reconnut qu’il y avait bien des in-
convénients à permettre d’échanger les bons dans les magasins privés :
diffleultés du contrôle, facilités de fraudes et de mauvaise utilisation
des bons, leur échange au rabais, ete. Finalement, on laissa les Comités
provinciaux libres d’adopter les mesures qu’ils jugeraient les meil-
leures.

Il arrivait fatalement que, une fois les bons entre les mains des
chômeurs, ils n’étaient pas tous utilisés pendant la quinzaine, et que
les Comités devaient en émettre continuellement. Ils finissaient par
circuler dans le public et par devenir une véritable monnaie.

Le Comité National dut prendre des mesures.

Le 21 octobre, il demanda aux Comités provinciaux de lui faire
connaître :

19 La valeur totale des bons que chaque Comité local avait entrés en
magasin depuis la mise en vigueur du Secours Chômage ;

20 La valeur totale des bons qui ont été remis aux chômeurs ;

30 Le montant exact des bons remboursés.

Il prescrivit de demander l’autorisation d’émettre des bons. Les
Comités Provinciaux devaient prendre soin, en fixant le montant de
la première émission de chaque Comité local, de tenir compte de ce
que l’émission devait être suffisante pour que les secours aux sans-
travail nécessiteux pussent être régulièrement distribués pendant
trois mois, qu’une partie des bons étant remboursés par le Comité
émetteur pouvait être remise en circulation.

Mais afin d’empêcher qu’il pût y avoir une trop forte quantité de
bons, on limita, le 28 octobre, à trois mois l’émission autorisée. L’émis-
sion devait être divisée en trois séries d’un montant égal. Chacune
de ces séries devait être datée du premier jour du mois dans lequel
elle serait remise aux chômeurs. Les bons ne devaient avoir de valeur
que pendant soixante jours au maximum à partir de leur date d’émission.
La mention du délai de validité devait figurer en caractères très appa-
rents sur le bon. Les bons devaient avoir pour chaque mois une
couleur différente. On en vint alors à interdire la remise en circulation
des bons, trouvant le contrôle trop difficile à exercer.

Jusqu’à ce moment c’étaient les Comités locaux qui avaient eu à
supporter la charge de leurs émissions de bons. À partir de novembre
1915, certains comités provinciaux, notamment celui de Liége, prirent
la dépense à leur charge, et fournirent les bons aux Comités locaux.

Une comptabilité spéciale devait être tenue du service des bons,
afin que l’on pût se rendre compte continuellement de la quantité
de bons en circulation.

Mais bientôt, l’autorité allemande intervint : elle prétendait que;

is?
*
        <pb n="142" />
        126 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'’OCCUPATION ALLEMANDE

les bons circulant comme monnaie, dépréciaient le mark. Elle imposa
donc au Comité National certaines conditions, qui furent communi-
quées à la séance du 30 décembre 1915.

«19 Les bons doivent être émis sous une formule telle qu’ils ne
puissent point prendre dans la circulation publique le caractère d’une
monnaie ordinaire, mais qu’ils apparaissent comme étant unique-
ment les titres de contrôle de la remise des secours.

«20 L’usage que l’on peut faire du bon doit être clairement indiqué.

«39 La valeur d’utilisation du bon doit être limitée à l’endroit où il
est émis.

«40 Les bons doivent indiquer clairement la date jusqu’à laquelle
ils peuvent être présentés en remboursement au Comité émetteur.

«59 Les signatures etc., qui n’ont pour but que de donner le carac-
tère d’un moyen de circulation de même que toutes les mentions non
nécessaires quant à la durée de validité du bon et l’usage qu’on en peut
faire, doivent être évitées.

«69 Les bons seront chaque mois de couleur différente, la distinc-
tion de la valeur des bons au moyen de couleurs différentes étant
sans utilité ».

Puis, le 20 janvier 1916, le Comité annonça que la question des
bons avait été définitivement réglée avec les autorités allemandes.
Ils devaient être d’un type uniforme et d’une couleur semblable —
variant chaque mois — pour tout le pays, de grandeur et de disposition
de texte identiques au modèle. On avait obtenu, pour éviter la con-
trefaçon, qu’ils pussent porter les signatures du président et du
secrétaire du Comité émetteur. On n’autorisait enfin que des bons
de 5, 10, 15, et 50 centimes et d’un franc. Les bons pouvaient être
rédigés soit en français, soit en flamand, soit dans les deux langues.
La comptabilité spéciale devait être arrêtée chaque mois. Les bons
non utilisés et les bons remboursés ne pouvaient être détruits que
par le Comité Provincial et après vérification opérée par celui-ci.

Mais le 8 juin 1916, à la suite des difficultés de contrôle rencontrées
pour le paiement des bons aux sans-travail nécessiteux, il fut décidé
qu’à partir du 1° juillet un quart des indemnités pourrait être payé
en espèces. On annonçait ensuite que si ce système donnait satis-
faction, il pourrait être étendu à l’intégralité du secours.

En effet, à la séance du 31 août, on annonça que les secours de
chômage pouvaient être distribués en espèces, à partir du 1°" sep-
tembre. Les Comités étaient directement invités à veiller attentive-
ment à ce que les sans-travail nécessiteux ne fissent pas un mauvais
usage des espèces qui leur étaient remises. D'autre part, on leur
recommandait de favoriser la remise en circulation des monnaies
        <pb n="143" />
        LE MODE DE DISTRIBUTION DES SECOURS 7

divisionnaires, dont la pénurie était déjà à cette époque inquiétante.

On avait jugé, à ce moment, que les frais et les complications

qu’entraînait le service des bons étaient hors de proportion avec
leur utilité.

Cependant, un certain nombre de Comités continuèrent à les
employer jusqu’à l’institution du Secours Alimentaire.

Parmi les initiatives intéressantes relatives au mode de distribu-
tion des secours, il faut signaler celles du Comité provincial de Namur
qui remplaça le système des bons par des livrets, véritables carnets
de chèques, sur lesquels on inscrivait d’une part les recettes des
secourus, c’est-à-dire les indemnités de secours et d’autre part, leurs
dépenses, c’est-à-dire les sommes correspondant à leurs achats dans
les magasins du Comité et chez les commerçants agréés. On avait ainsi
un contrôle permanent sur l’utilisation des secours et l’on habituait
la population à user des moyens de paiement économisant la monnaie.
C’était comme une réalisation partielle du « comptabilisme » cher à
M. Ernest Solvay.

Ce système entraînait des écritures assez compliquées qui exigeaient
un personnel d'employés compétents. Mais il fut jugé si rationnel et
efficace, qu’il fut adopté d’une façon générale lors de l’institution du
Secours Alimentaire.

12”
        <pb n="144" />
        CHAPITRE XXIII
Les arrêtés allemands contre les chômeurs

La politique du Gouvernement général allemand à l'égard du
chômage des ouvriers belges se révèle d’une façon extrèmement
claire quand on se rappelle la suite de ses actes.

Déjà dans le premier semestre de 1915, le Comité National, se
rendant aux vœux de beaucoup d’industriels belges, tente de rendre
quelque vie à l’industrie en négociant avec les Alliés, spécialement
avec l’Angleterre, la possibilité d’importer des matières premières
pour l’industrie. Il ne fut jamais question d'essayer de replacer l’in-
dustrie belge dans une situation comparable à celle qu’elle avait avant
la guerre ; mais il s'agissait simplement d’entretenir une partie de
la population ouvrière au travail de façon à ne pas lui faire perdre
toutes ses qualités productrices. Naturellement, l’Angleterre ne con-
sentait à l’importation de matières premières et à l’exportation de
produits fabriqués avec ces matières que sous la condition qu’elles
ne servent pas les intérêts allemands. On imaginait donc des mesures
de précaution et de contrôle.

Au moment où les négociations prirent une forme concrète (1)
on devait organiser à Bruxelles, un « Comité Industriel » composé des
représentants les plus qualifiés des grandes industries belges, qui
devait être placé, comme le Comité National, sous la protection et
le patronage des Ministres des Puissances neutres. Ce Comité eût été
collectivement responsable des usines remises en activité. Toute
la production de chaque usine agréée par le Comité devait être expor-
tée. Toute la matière première employée devait venir d'outre-mer ou
être d’origine belge. Le Gouvernement allemand devait s’engager à
ne pas réquisitionner ou acheter la matière première, les marchandises
manufacturées, les sous-produits, l’outillage et les machines de ces
usines. Il devait en outre s'abstenir d’obliger ces usines à travailler
d’une façon quelconque pour l’occupant ni à intervenir en rien auprès
de leur personnel.

(1) Voir E. PasseLECQ, Les Déportations belges à la lumière des documents allemands,
p. 292 et suivantes, et dans la présente collection, J. PIRENNE et M. VAUTHIER,
Législation et Administration allemandes en Belgique (1914-1918), 2° partie, ch. qI!;
La Politique allemande en matière industrielle, et CH. DE KERCHOVE, Op. cit, ch. III,
$ 2, Rejet des propositions alliées pour favoriser l’exportation.
        <pb n="145" />
        LES ARRÊTÉS ALLEMANDS CONTRE LES CHOMEURS 199

«Ces usines seraient placées sous la protection de la Commission
for Relief in Belgium de la même façon que les dépôts de vivres de
celle-ci en Belgique, et le transport de toutes les marchandises im-
portées de Hollande ou exportées vers ce pays se ferait sous le drapeau
de la Commission for Relief in Belgium. Tous les comptes concernant
les importations et exportations seraient concentrés à Rotterdam,
des statistiques complètes tenues à jour. Un bilan mensuel établirait
les dépenses relatives aux importations et les sommes reçues pour
les exportations ; les excédents de recettes sur les dépenses seraient
remis à la Commission for Relief. Celle-ci aurait le droit, à l’aide de
ces recettes qu’elle réaliserait en Belgique par la vente des vivres,
de faire en Belgique des paiements pour venir en aide aux indigents,
pour une somme égale à celle que lui procurerait le surplus des expor-
tations sur les importations à un taux de change à fixer d’accord
avec le Comité Industriel. Toutes les sommes non dépensées de cette
façon seraient déposées et bloquées jusqu’à la conclusion de la paix
dans une banque neutre à choisir par la Commission for Relief. Celle-ci
remettrait au Comité National des certificats de dépôts pouvant servir
de gage à des emprunts locaux en Belgique destinés à payer les salaires.
Les premières dix mille livres sterling déposées à la banque neutre
choisie seraient gardées par la Commission for Relief comme gage de
la bonne foi du Comité Industriel pour la bonne exécution, par toutes
les usines, des conditions imposées. En cas de violation d’une de ces
conditions la somme serait confisquée ; le Comité Industriel aurait
à son tour le droit de la réclamer à l’usine en faute. Les Gouverne-
ments intéressés publieraient une liste de matières premières et
des produits manufacturés dont le Comité Industriel pourrait s’oceu-
per et ils approuveraient les noms des firmes patronnées par le Comité
Industriel ».

On le voit, les bases d’un accord avaient été élaborées soigneuse-
ment. Au début, l’Administration allemande parut disposée à les
étudier et à les discuter. Nous nous rappelons avoir personnellement
assisté à une réunion à Bruxelles à laquelle prirent part de nombreux
officiers et fonctionnaires allemands. Mais toute cette organisation
impliquait de la part du Gouvernement allemand, des obligations
qu’il ne voulait pas prendre : celle notamment de ne pas réquisitionner
les matières premières importées ni les produits fabriqués. Il fit donc
objections sur objections. Il trouvait en outre que les conditions
imposées par l'Angleterre constituaient un espionnage commercial
de l’industrie belge. « À l’aide de ces dossiers, l’Angleterre aurait les
relations commerciales belges complètement en mains », disait un
article officieux de la Norddeutsche Allgemeine Zeitung, du 9 mars

4
A
        <pb n="146" />
        130 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
1916 ; aussi l’Allemagne laissa tout simplement sans réponse les
propositions de la Commission for Relief in Belgium. « La reprise du
travail telle que la concevaient le gouvernement britannique et le
Comité National, c’est-à-dire sans profit pour l’occupant n’était point
celle que celui-ci désirait. C’est ce qui explique l’échee de toutes les
tentatives du Comité National et des industries belges pour provo-
quer le réveil industriel » (1).

La raison fondamentale de cette politique est qu’à partir de l’été-
1915, la nécessité d’obtenir de la Belgique non seulement des matières
alimentaires et des produits servant directement aux opérations mili-
taires, mais des matières premières et de la main-d’œuvre se faisait
sentir. De nombreuses maisons allemandes, officiellement favorisées
de toute manière, avaient installé des bureaux de recrutement d’ou-
vriers dans le pays, où l’on offrait des salaires élevés, la garantie d’une
bonne nourriture et de nombreux privilèges de tout ordre à ceux qui
s’engageaient.

Comme le succès ne répondait pas à leurs efforts, elles se mirent à
accuser le Secours Chômage d’entraver la reprise de tout travail. Dès
le mois de juin 1915, on voit la presse censurée en Belgique et la presse
allemande s’apitoyer sur le sort de la classe ouvrière belge, qui était
maintenue dans l’oisiveté et la paresse par le Secours Chômage. C’est
la préparation de l’opinion publique à deux arrêtés du Gouvernement
général qui parurent le 14 et 15 août (2).

Le premier concerne les mesures destinées à assurer l’exécution des
travaux d’intérêt public. Son art. 1°" porte : « Quiconque, sans motif
suffisant, refuse d’entreprendre ou de continuer un travail d’intérêt
public conforme à sa profession et ordonné par une autorité allemande,
sera passible d’une peine d’emprisonnement de police ou d’emprison-
nement correctionnel d’un an au plus ». C’est le principe de la con-
trainte au travail ou du travail forcé pour cause d’utilité publique —
l’autorité allemande étant d’ailleurs maîtresse de déterminer le carac-
tère du travail. Le second alinéa du même article stipule pourtant :
«Tout motif concernant le refus de travailler sera valable s’il est admis
par le droit des gens. » On visait par là la disposition de la Convention
de La Haye du 18 octobre 1907, interdisant à l’occupant de forcer
les populations du territoire occupé à prendre part aux opérations
militaires contre leur pays. Ici encore, c’étaient les Allemands qui,

(1) Rapport général du C. N., 17e partie, p. 120.

Voir dans PASSELECQ, Op. cit, les pièces justificatives.

(2) Voir le texte de ces arrêtés, dans la présente collection, J. PIRENNE et M. VAU-
THIER, Op. cit. Partie documentaire, ch. III, note 1.
        <pb n="147" />
        LES ARRÊTÉS ALLEMANDS CONTRE LES CHOMEURS
juges et parties, étaient appelés à décider si le refus de travail était
justifié par le droit des gens. Or, on avait pu lire, sur des avis de l’auto-
rité militaire, que même des travaux destinés directement à l’armée
allemande ne rentraient pas dans cette catégorie. Le 10 juin 1915,
le commandant de l’Etape de Gand, comte von Westarp, commencait
ainsi l’une de ses proclamations : « L’attitude de quelques fabriques,
qui sous prétexte de patriotisme, et en s’appuyant sur la Convention
de La Haye, ont refusé de travailler pour l’armée allemande, prouve
que, parmi la population il y a des tendances ayant pour but de
susciter des difficultés à l’administration de l’armée allemande » (1).

D'autres excipaient de l’incompétence juridique des administrés
aussi bien que des occupants pour déclarer : « Aujourd’hui, c’est
exclusivement l’interprétation de l’autorité militaire allemande qui
est valable, et, en raison de cela, nous entendons que tout ce dont
nous avons besoin pour l’entretien de nos troupes soit fabriqué par
les ouvriers du territoire occupé » (2).

L'article 2 de l’arrêté du Gouvernement Général punissait d’une
peine d'emprisonnement de cinq ans au plus « quiconque, par con-
trainte, menaces, persuasion ou d’autres moyens, tente d’empêcher
d’autres personnes d’entreprendre ou de continuer un travail d’intérêt
publie conforme à leur profession et ordonné par une autorité alle-
mande, ou un travail pour compte d’une autorité allemande ou pour
compte d’un entrepreneur agissant en vertu d’un mandat d’une auto-
rité allemande ». On remarque à quel point ces expressions sont géné-
rales et comme elles permettaient d’incriminer tout ouvrier qui vou-
lait se soustraire, par patriotisme, à un travail quelconque.

Les deux articles suivants visaient les œuvres de secours et pou-
vaient atteindre les Comités locaux du Secours Chômage : Article 3. —
Quiconque sciemment par des secours ou d’autres moyens, favorise
le refus de travailler punissable en vertu de l’article 1er sera passible
d’une amende pouvant aller jusqu’à 10.000 marks ; en outre, il pourra
être condamné à une peine d'emprisonnement d’un an au plus »

Article 4. — Si des communes, associations ou d’autres groupe-
ments favorisent le refus de travailler de la manière prévue à l’article 3,
les chefs en seront rendus responsables conformément à cet article. »

L'article 5 prononçait la confiscation, au profit de la Croix-Rouge
de Belgique, des sommes destinées à secourir les personnes désignées
à l’article 1er, On sait que les Allemands avaient pris en mains l’admi-
nistration et la direction de la Croix-Rouge.

(1) Reproduit en fac simile dans PASSELECQ, Op. cit, p. 15.
(2) Déclaration du commandant de la place de la ville française de Halluin (juin
1915). PassELECQ, Les Déportations belges à la lumière des documents allemands, p. 10.

131
        <pb n="148" />
        132 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE

L'article 6 plaçait les infractions à l’arrêté dans la compétence des
tribunaux ou autorités militaires allemands — ce qui se conçoit, les
délits visés étant inconnus du droit pénal belge.

L'article 7 portait : « Indépendamment des prescriptions précédentes
les autorités compétentes pourront, quand il y aura lieu, imposer des
contributions », forme de punition collective réprouvée par la Con-
vention de La Haye, mais que les Allemands ont largement appli-
quée en Belgique.

Le second arrêté, du lendemain du 15 août, était dansle même style
et contenait certaines dispositions identiques au précédent. Mais
tandis que celui-ci visait le refus de travailler, quand il y avait un
ordre de l’autorité allemande, le second arrêté visait directement
«les chômeurs qui, par paresse, se soustraient au travail », en général.

Il commençait par menacer d’un emprisonnement de six semaines
et d’une amende de 1.250 francs « quiconque, sciemment ou par négli-
gence, fait de fausses déclarations au sujet de sa situation personnelle
lors d’une enquête destinée à établir son indigence ».

L'article 2 portait : « Quiconque est secouru par l’assistance publique
ou privée et, sans motif suffisant, refuse d'entreprendre ou.de conti-
nuer un travail qu’on lui a proposé et qui répond à ses capacités, ou
quiconque, en refusant un tel travail, tombe à charge de l'assistance
publique ou privée sera passible d’un emprisonnement de quatorze
jours à six mois. » Le délit, ici, est le refus de travail en général, il
suffit qu’on propose un travail répondant aux capacités du chômeur
et que celui-ci soit secouru.

Il y a toutefois, une exception : c’est, comme dans l’arrêté précé-
dent, si le motif de refus de travail est «admis par le droit des gens ».
En outre, le tribunal peut « ordonner l’application de la mesure prévue
à l’article 14 de la loi du 27 novembre 1891 ». C’est-à-dire la mise à
la disposition du Gouvernement pour vagabondage.

Les articles 3, 4 et 5 reproduisaient les articles correspondants
de l’arrêté de la veille.

Mais, par une singulière aberration, l’article 6 mettait les infractions
à cet arrêté dans la compétence des Chambres correctionnelles des
Tribunaux belges de première instance — comme si le pouvoir judi-
ciaire belge allait se prêter à l’application de semblables arrêtés (1).

Les deux arrêtés des 14 et 15 août 1915 ne passèrent pas inaperçus
ehez les Alliés. Une lettre de Sir Edward Grey à la Commission for
Relief in Belgium, datée du 22 septembre 1915, éleva contre eux une
énergique protestation. Elle invoquait l’engagement pris par les Alle-

(1) Voir le texte de cet arrêté dans PIRENNE-VAUTHIER, pp. 192-193.
        <pb n="149" />
        LES ARRÊTÉS ALLEMANDS CONTRE LES CHOMEURS 3
mands de ne pas intervenir dans la distribution des secours du Comité
National, confirmé par une lettre du baron von der Lancken, à
M. Brand Whitlock, Ministre des Etats-Unis, en date du 29 juillet
portant que: «Le Gouverneur Général ne se servirait jamais du
Comité National dans le dessein de forcer la population belge à tra-
vailler au service de l’armée allemande, contrairement aux stipulations
de la Convention de La Haye ». Elle rapprochait le texte des arrêtés
des mesures de coercition prises par les autorités allemandes contre
des ouvriers du chemin de fer à Luttre, qu’avait révélées un rapport
de la Commission d’enquête belge, du 6 août 1915. Elle concluait :
«Si un ouvrier belge quelconque, connaissant l’extension des besoins
de l’armée allemande et la façon dont toute industrie allemande en
Allemagne est déjà vouée à la tâche de la pourvoir, refusait de travailler
dans des industries directement nécessaires au maintien de cette armée,
tout secours lui sera refusé et la famine et l’emprisonnement l’atten-
dent ».

A cette lettre, publiée en juillet 1916, par le Daily Telegraph une
note Wolff, reproduite par le journal censuré La Belgique répondait en
affirmant simplement qu’il ne s’agissait « que de décrets pris dans
l’intérêt public, dans le but d’obvier à l’abus, souvent et très vivement
regretté même du côté belge, commis par des ouvriers sains et aptes
au travail qui faisaient appel à l’assistance publique ».

Tel est d’ailleurs le ton de toute la presse allemande et censurée à
ce moment. Le thème est que la classe ouvrière belge est vouée à la
paresse, « répugne » au travail et qu’il est légitime de l’y contraindre.

Il est bon de rappeler que c’est à cette époque que l’autorité alle-
mande fait traîner en longueur les négociations relatives à l’impor-
tation de matières premières et que, d’autre part, se multiplient et
s’allongent les arrêtés relatifs à la saisie de matières et d’objets de
toute sorte. Le célèbre plan de M. Walter Rathenau, pour procurer
à l’industrie allemande les matières premières dont elle a besoin date
de la fin de 1915.

Les « Centrales » c’est-à-dire les offices institués pour concentrer
les achats et la répartition de matières et de produits utiles à l’armée
commencent à fonctionner : celle du charbon date du 26 avril 1915 (1),
celle des huiles du 3 juin (2), celle des cuirs du 20 novembre, et elles
vont être suivies par d’autres et d’autres. La liste des produits et
matières susceptibles de saisies comprend déjà à la fin de 1915, plu-

(1) Voir texte de cet arrêté, même collection J. PIRENNE et M. VAUTHIER, partie
documentaire, ch. II, note 5.

(2) Voir l’arrêté du 14 août 1915. Id. ch. II, note 5.

135
        <pb n="150" />
        134 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
sieurs centaines d'articles, et elle allait, lors de l’application du plan
Rathenau au cours de 1916, s’étendre à presque toutes les denrées
imaginables (1).

Cette liste, elle constituait pour les ouvriers belges soucieux de ne
rien faire contre la patrie une indication précieuse : elle montrait à
tous quels étaient les produits qui servaient directement ou indirec-
tement aux opérations militaires, et par conséquent qu’il était mora-
lement interdit de travailler.

Il devenait visible, de jour en jour, que l’Allemagne vidait le pays
pour l’armée et la vaste usine de guerre qu’était l’Allemagne. Il était
inévitable, dès lors, que le chômage s’étendît et s’établit définitive-
ment, sans espoir de voir l’industrie reprendre avant la fin de la guerre,
qui s’éloignait de plus en plus.

Mais, on le sait, ce n’était pas seulement de produits qu’avait
besoin l’armée allemande, c’était de main-d’œuvre. Il s’agit d’en
trouver dans le pays occupé. Les arrêtés de 1915 n’ayant pas suffi à
influencer les ouvriers belges et le Comité National, on prend des
mesures plus directes.

C’est d’abord l’arrêté du 2 mai 1916, (2) que nous avons analysé
plus haut (voir p. 83) au sujet des travaux pour chômeurs et dont
nous avons vu les effets dans la province de Luxembourg. Les travaux
pour chômeurs ou travaux de secours sont soumis à autorisation, et
l'administration allemande refuse son autorisation, de sorte que les
chômeurs sont maintenus au chômage.

Comme cela ne suffit pas encore, un nouvel arrêté du 16 mai
1916 concernant « les chômeurs qui, par paresse, se soustraient
au travail », abroge celui du 15 août 1915. L'article 1er n’est pas modifié.
L'article 2 porte à un an le maximum de la peine d’emprisonne-
ment pour le délit de refus de travail. Il renferme encore la réserve
de l'admission de motifs basés sur le droit de gens, mais il ajoute :
«Au lieu de recourir à des poursuites pénales, les gouverneurs, les
commandants militaires qui leur sont assimilés et les chefs d’arron-
dissement peuvent ordonner que les chômeurs récalcitrants soient
conduits de force aux endroits où ils doivent travailler». C’était
l’institution du travail forcé, ou plus exactement l’astreinte au travail.
C’est, au fond, l’établissement de l’esclavage d’une population vaincue.

Enfin, l'arrêté enlevait aux tribunaux belges la connaissance des
infractions à l'arrêté, sauf de celles prévues à l’article 1€" (fausses

(1) Pour le plan Rathenau, voir dans la présente collection, F. PASSELECQ, Op.
cit, ch. 1, $ 4. a) Le plan Rathenau ; b) L’exécution du plan Rathenau.

(2) Voir texte de cet arrêté, dans la présente collection, J. PIRENNE et M. Vau-
THIER, OP. Cit., partie documentaire, ch. III, note 3.
        <pb n="151" />
        LES ARRÊTÉS ALLEMANDS CONTRE LES CHOMEURS &gt;
déclarations) et plaçait les autres dans la compétence des tribunaux
et commandants militaires allemands.

Nous n’avons pas besoin d’attirer l’attention sur la gravité de cet
arrêté. C’est en réalité le plus important, parce qu’il contient le
principe fondamental de l’astreinte au travail. On aura beau dire
qu’il ne permet que de « conduire de force les ouvriers sur les lieux
où ils sont appelés à travailler ».

L'auteur de l’arrêté savait très bien qu’il suffit, en effet, de la con-
duite, baïonnette au canon, au lieu de travail : une fois arrivé au
chantier ou à l’usine, l’ouvrier est aux mains des contremaîtres,
des surveillants, des sergents qui sauront employer tous les moyens
pour le faire travailler. Nous avons personnellement entendu raconter
par des ouvriers ainsi emmenés, les sévices, les coups, les privations
inouïes et les souffrances de toute sorte dont ils étaient l’objet et qui
finissaient par avoir raison des plus fermes volontés.

13:
        <pb n="152" />
        CHAPITRE XXIV
Les déportations

Il restait un pas à franchir : la déportation. Nous n’avons pas, dans
cet ouvrage, à étudier ce terrible épisode, qui est une des phases de la
grande guerre qui vaut d’être traitée à part, et qui fait l’objet dans
la présente collection de l’ouvrage magistral : la Déportation etle Travail
forcé des Ouvriers et de la Population civile, confié à un auteur parti-
culièrement qualifié, M. Passelecq (1). C’est à nous simplement à
montrer comment il se rattache à l’histoire du Secours Chômage et à
faire connaître les relations entre ce secours et les déportations.

Il est prouvé par d’innombrables témoignages que les Allemands
déportèrent des milliers d’ouvriers qui travaillaient encore en Belgique
et qui n'étaient point secourus. Le Secours Chômage a servi de prétexte
et de point de départ ; mais en fait, on recherchait avant tout la main
d'œuvre utilisable. Nous avons assisté personnellement au contrôle
ou plutôt au triage préalable à la déportation en plusieurs endroits,
et nous avons vu désigner pour le départ quantité d’ouvriers qui
n’étaient ni sans ouvrage ni dans le besoin.

Malgré les affirmations des hauts personnages du pouvoir occupant,
il ne s’agit donc nullement du bien-être des populations du territoire
occupé, mais il s’agit avant tout de l’intérêt de l’armée allemande.
La déportation n’était pas, comme on l’a soutenu souvent, une dépor-
tation de chômeurs, mais d’ouvriers en général à employer dans l’in-
dustrie de guerre allemande. Il ne faut pas oublier, en effet, qu’à la
même époque où s’opéraient les déportations en Belgique, il s’en fai-
sait de toutes semblables en Lithuanie, en Pologne et dans d’autres
régions occupées par l’armée allemande. C’est à la même époque éga-
lement qu’était promulguée en Allemagne la loi d’empire organisar.
le service civil obligatoire. Il est certain qu’on réclamait en Allemagne
l’utilisation de la main-d'œuvre des pays occupés. Comment admettre
que la déportation des Belges fut autre chose qu’une application
d’un système général imposé par des buts militaires!

(1) M. PASSELECQ, qui avait déjà consacré un volume à cette grave question en
1917, l’a reprise dans un ouvrage de cette collection, intitulé : La Déportation et le
travail forcé des ouvriers belges et de la population civile.
        <pb n="153" />
        LES DÉPORTATIONS 137

Voilà un point qui ne sera mis en doute par aucun Belge ayant
assisté au départ des déportés. ;

Mais si les déportations ne se sont pas exercées exclusivement
au détriment des chômeurs secourus, elles prirent leur point-d’ap-
pui primitif sur les listes de chômeurs que dressaient les Comités
locaux.

Dans beaucoup d’endroits, les autorités allemandes trouvaient
commode, avant de convoquer par affiche toute la population mâle
de 17 à 55 ans, d’exiger des administrations communales d’abord, des
Comités locaux de secours ensuite, la communication des listes de
chômeurs. Ce fut un moment d’angoisse pour les administrateurs du
Secours Chômage. Le Comité National, se basant sur les garanties
formelles qui lui avaient été accordées, interdit à ses sous-organismes
de communiquer les listes. Les administrations communales, depuis
qu'elles n’intervenaient plus dans le Secours Chômage, ne les possé-
daient point et devaient répondre aux autorités allemandes que les
Comités locaux, œuvre privée, ne pouvaient être contraints de les
leur fournir. Il y eut certainement par-ci par-là des défaillances, mais
d’une manière générale on peut dire que les Comités de Secours Chô-
mage surent résister aux sollicitations et aux menaces.

L'autorité allemande, en effet, ne se bornait pas à exiger ni à mena-
cer : elle n’hésita pas à exiler en Allemagne des bourgmestres et des
présidents de Comités qui s’étaient refusés à communiquer les listes
des chômeurs.

D'autre part, elle invoqua le fait que les listes ne lui étaient
point fournies pour déporter des non-chômeurs. Dans une circulaire
adressée le 28 octobre 1916 par le Gouverneur Général aux bourg-
mestres qui avaient refusé les listes on lit : « Votre devoir de bourg-
mestre est de conseiller dans ce sens (c’est-à-dire de les engager à
accepter du travail en Allemagne) les chômeurs de votre commune,
et non pas de les exciter au refus du travail. La responsabilité des ri-
gueurs inévitables de l’emploi de la contrainte retomberait sur
ceux qui ont détourné les travailleurs du travail qui leur est offert en
Allemagne. Je vous ferai en outre remarquer qu’un bourgmestre qui
ne d(nne pas ponctuellement et complètement les listes des chômeurs
demandées sera responsable de ce que les personnes occupées seront
confondues avec les chômeurs et envoyées en Allemagne. Si, après
cette explication, vous refusiez de livrer les listes des chômeurs ou
provoqueriez d'autres difficultés en cette circonstance, je serais obligé
d’agir contre vous avec la plus grande sévérité ».

Que ces menaces aient intimidé plus d’un magistrat communal,
c’est certain et cela n’a rien d’étonnant. Mais qu’elles n’aient réussi
        <pb n="154" />
        135 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
qu'auprès d’un nombre infime et négligeable, c’est ce qui est à l’hon-
neur des Belges.

On sait que le nombre d’ouvriers déportés atteignit 120.655, offi-
ciellement connus, et que sur ce nombre 2.614 moururent pendant
la déportation (1). Nous n’avons aucun renseignement sur la propor-
tion des chômeurs secourus qui entre dans ces totaux.

(1) Voir Rapport et documents de la Commission d’enquête sur les violations des
règles du droit des gens, t. II, p. 24
        <pb n="155" />
        CHAPITRE XXV
Renseignements statistiques
I. Nombre de Chômeurs

Le Comité National n’a publié en fait de statistique du Secours
Chômage, que trois tableaux qu’on trouvera en annexe de son Rapport
Général donnant, par province, le nombre des chômeurs, de ménagères
et d'enfants des ménages secourus, en août et en décembre 1915, en
juin et décembre 1916, en juin et octobre 1917. Le premier tableau
est celui des chômeurs complets, le second des chômeurs partiels, le
troisième des deux catégories ensemble.

Nous considérons ce dernier comme plus exact que les deux pre-
miers, parce que nous savons que la distinction entre chômeurs
complets et partiels n’a pas partout été comprise de la même manière.
En effet, le secours étant donné au ménage et non individuellement,
il y avait nécessairement trois catégories de ménages : ceux ne com-
prenant que des chômeurs complets, ceux ne comprenant que des
chômeurs partiels, et ceux comprenant des chômeurs complets et des
chômeurs partiels. Les ménagères et les enfants devaient donc être
rattachés également à ces trois catégories. On ne sait comment les
différents comités provinciaux ont dressé les statistiques se bornant
à deux catégories seulement. On peut constater en outre que le Comité
de la Flandre Occidentale pour Bruges, ceux de Hainaut et de Liége
n’ont pas fourni de nombres de chômeurs partiels.

Si donc l’on s’en tient au relevé général, on voit que le nombre de
chômeurs, parti de 661.061 en août 1915, s’est élevé à 692.518 en juin
1917, pour tomber en octobre de cette année à 616.114, chiffre mini-
mum.

Les maxima sont chaque année en été, en août ou en juin, ce qui
ne s'explique guère rationnellement. Mais il faut se rappeler que
des modifications continuelles dans les dispositions réglementaires
pouvaient avoir pour effet de supprimer ou d’ajouter des catégories
de bénéficiaires. D'autre part, nous pensons que le chiffre de décembre
1916 a été normalement réduit par suite des déportations qui ont
enlevé des chômeurs et de la crainte de la déportation qui fit qu’un
        <pb n="156" />
        140 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'’OCCUPATION ALLEMANDE
certain nombre de chômeurs inscrits aux listes demandèrent leur
radiation.

On remarquera que la province de Luxembourg ne figure pas
au relevé, alors qu’elle était mentionnée au premier recensement
des chômeurs, du 15 février 1915. C’est que, dans cette province,
le Secours Chômage n’était distribué que sous forme d’assistance
au travail. Quand, à la suite des mesures prises par l’administration
allemande, dont nous avons parlé, les travaux pour chômeurs furent
supprimés, le Comité provincial ne distribua plus de secours spécial
pour chômeurs ; il se contenta de distribuer le Secours À. Il en résulte
que le relevé général n’est pas tout à fait exact, et qu’il y aurait lieu
d’y ajouter les chômeurs de la province de Luxembourg, qui devaient
être environ de 5 à 6.000.

Le nombre total des chômeurs secourus varia donc de 616.114
à 692.518. La différence entre les deux extrêmes, 76.404 n’est pas
considérable, puisqu’elle ne représente pas 12 pour cent du chiffre
le plus faible.

On peut dire que le nombre des chômeurs fut en moyenne de 650.000
à 6 pour cent près en plus ou en moins.

Malgré les grandes variations qui s’opérèrent dans le chômage
des industries, sous l’action des causes suivantes : épuisement des
stocks, pénurie de matières premières, cessation, faute de ressources,
des travaux de secours, enfin destruction ou enlèvement des machines,
le nombre de chômeurs resta relativement stable. C’est que, dès la
première année, il atteignit pratiquement à peu près toute la classe
ouvrière susceptible de recevoir des secours. Jusqu’à l’institution du
Secours Alimentaire, en novembre 1917, le secours chômage ne con-
nut que des fluctuations de peu d’importance, grâce surtout au secours
pour chômage partiel, qui maintenait sur les listes, pour des secours
minimes, des ménages où il y avait encore des ouvriers occupés.

Pour nous rendre compte de la proportion que représente le nombre
total des chômeurs par rapport à la population ouvrière totale, nous
sommes obligés de faire certaines hypothèses et de nous contenter
de chiffres approximatifs. Le nombre d’ouvriers et d’employés de
l’industrie et du commerce était au recensement du 31 décembre
1920, de 1.453.923. Ce nombre avait dû normalement augmenter
comme la population générale, de 3,5 pour cent de 1910 à 1914. Elle
devait, au début de la guerre atteindre donc 1.500.000. Mais il faut
en déduire les ouvriers incorporés dans l’armée et ceux qui l’avaient
rejointe petit à petit dans la suite, enfinla masse des exilés en Hol-
lande, en Angleterre, en France. En outre, une petite partie du terri-
toire jusqu’à l’Yser reste inviolée. Si nous évaluons ces absents à
        <pb n="157" />
        RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES 141
250.000 il reste 1.250.000 ouvriers et employés de l’industrie et du
commerce en Belgique occupée ; les 650.000 chômeurs secourus en
représentent les 54 pour cent.

La répartition géographique des chômeurs par province, fait voir
des différences importantes. La Flandre Orientale tient la tête parce
que c’est la zone des étapes ; pour la Flandre Occidentale, nous
n’avons que deux régions, Bruges et Courtrai, mais il est hors de doute,
que, relativement, le nombre des chômeurs y est très élevé. Le Hainaut
et la province de Liége ont de gros chiffres absolus, parce que ce sont
les provinces les plus industrielles, mais proportionnellement à la
population ouvrière du commerce et de l’industrie en 1910, elles occu-
pent en réalité des places inférieures à la moyenne, Liége avec 42 pour
cent, le Hainaut avec 38 pour cent seulement. Cela provient de
ce que l’industrie houillère, qui est concentrée dans ces provinces
réussit à occuper une grande partie de son personnel. Les chiffres
correspondants pour la Flandre Orientale sont 67 pour cent de la
population ouvrière, pour Anvers 58 pour cent, à cause du chô-
mage complet du port. Le Brabant est coupé en deux, formant le
Comité de l’Agglomération bruxelloise et du Brabant proprement
dit, — ce qui ne permet pas les comparaisons. Quant au Limbourg
et à la province de Namur, ce sont des provinces agricoles, et il n’y
a rien d’étonnant à ce que la proportion des chômeurs n’y soit que
33 à 31 pour cent.

L’allure de la courbe du chômage n’est pas la même dans toutes
les provinces, et ne concorde pas toujours avec celle de l’ensemble.
C’est ainsi que dans les deux provinces agricoles de Limbourg et de
Namur, elle s’abaisse graduellement depuis août 1915 jusqu’à octobre
1917, sauf un léger relèvement en juin 1917, que nous trouvons
partout. Dans la province de Liége, au contraire, il y a aggravation
continue sauf en décembre 1916 — à cause, pensons-nous, de la
crainte de la déportation. Dans le Hainaut, on n’a jamais plus atteint
le chiffre du début, même en juin 1917. Dans la Flandre Orientale,
c’est, très régulièrement, une augmentation jusqu’en décembre 1916
où on trouve le maximum, puis une chute les deux semestres suivants.
Dans la région de Courtrai, il y a augmentation jusqu’en juin 1917
et diminution sérieuse en octobre 1917. La région de Bruges est plus
stable, sauf la chute finale. Dans le Brabant, province surtout agricole,
le maximum est au début, et la tendance est nlutôt à la diminution,
sauf des hausses légères en juin 1916 et juin 1917. Dans l’aggloméra-
tion bruxelloise, la courbe est plus tourmentée : elle tombe d'août
1915 à décembre, puis se relève en 1916, pour atteindre son maximum
en juin 1917 et finir en octobre 1917 un peu plus haut qu’au début.
        <pb n="158" />
        142 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

A Anvers, il y a baisse jusqu’en juin 1916, puis hausse jusqu’en jumn
1917, où se trouve le maximum, et la chute du chiffre d’octobre 1917
est très considérable.

Les causes de ces variations sont aujourd’hui bien malaisées à
découvrir ; elles tiennent autant à des circonstances locales qu’à
des modifications dans les dispositions réglementaires et des mesures
administratives — telles que le contrôle. Au demeurant, nous répétons
qu’elles restent relativement faibles.

Nous n’avons malheureusement aucun relevé d’ensemble des
professions des chômeurs. Il nous est donc impossible de faire, comme
nous pourrons le faire pour la province de Liége, le rapprochement
entre la population ouvrière dans chaque industrie et le nombre de
sans-travail. Il y eut certainement une grande inégalité sous ce rapport
entre les diverses industries. Certaines, comme l’industrie armurière à
Liège et les transports au port d’Anvers, durent cesser complètement
toute activité. D’autres au contraire, comme les charbonnages, purent
maintenir une activité réduite, d’autres enfin comme certaines indus-
tries alimentaires purent, comme l’agriculture, continuer et même
prospérer.

II. Ménagères et Enfants

Le même relevé général dont nous nous occupons indique le nombre
de ménagères et d’enfants secourus dans les ménages admis au Secours
Chômage. Rappelons que le nombre de ménagères ne coïncide pas
avec le nombre de ménages, puisque s’il est vrai qu’il ne peut y avoir
qu’une personne secourue comme ménagère par ménage, il se trouve
cependant des ménages sans ménagère : des célibataires vivant
ensemble, des chômeurs veufs, etc. D'autre part, le ménage ne se
confond pas avec la famille : il comprend les personnes vivant d’une
vie commune, quel que soit leur degré de parenté. Les enfants secourus

peuvent donc ne pas être unis par un lien de filiation aux chômeurs
ni à la ménagère.

Cependant il est clair que le ménage ordinaire, le plus fréquent,
est celui qui comprend la ménagère, la femme du chômeur, et ses
enfants en dessous de 16 ans.

La relation entre le nombre de chômeurs et celui des bénéficiaires
accessoires est intéressante à établir. Si l’on fait la moyenne des
nombres repris au relevé général, on admettra qu’il faut considérer
647.000 chômeurs, 287.000 ménagères et 582.000 enfants en dessous
de 16 ans, ce qui donne 1.516.000 personnes secourues en moyenne
pendant cette période d’août 1915 à octobre 1917.

Les chiffres proportionnels sont les suivants : sur 100 personnes
        <pb n="159" />
        RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES
secourues, il y avait 43 chômeurs, 19 ménagères, et 38 enfants en
dessous de 16 ans. Mais cette proportion varie, naturellement, par
province. Ainsi, dans le Limbourg, on trouve par la même méthode
sur 100 personnes secourues, 38 chômeurs, 17 ménagères, et 50 enfants ;
tandis que dans le Hainaut, sur 100 secourus, on compte 44 chômeurs,
22 ménagères et 34 enfants. Ce sont là des différences qui proviennent
de la constitution démographique de ces provinces.

Le chiffre moyen des personnes secourues, 1.516.000, doit être
mis en rapport avec la population. On peut évaluer la population du
territoire occupé à un peu plus de 7.250.000. Les personnes secourues
par le Secours Chômage représentaient donc de ce tota! 21 pour cent
environ. Il ne faut pas oublier qu’à côté du Secours Chômage, il y
avait le Secours À qui était destiné aux nécessiteux en général, et
qui comptait environ 700.000 secourus.

III. Sommes dépensées

Le rapport général du Comité National ne donne que des chiffres
globaux sur les sommes dépensées. Nous savons qu’au total le Secours
Chômage a coûté 329.758.101 fr. 43 au Comité National. Par tête de
secouru, cela représente 271 fr. 51, pour trente-trois mois que dura
le Secours Chômage proprement dit. Mais nous ne savons ce qui, dans
ce total, représente séparément les allocations aux chômeurs, aux
ménagères et aux enfants.

Le rapport donne les subsides dépensés par province et même par
commune, mais nous ne croyons pas devoir entrer dans ces détails
qui intéressent moins l’étranger que les Belges.

IV. Les Statistiques spéciales de la Province de Liége

Par contre, nous croyons intéressant pour tout le monde de con-
naître les principaux résultats des relevés statistiques que nous
avons faits périodiquement dans la province de Liége. Ils n’ont point
eu d’analogues dans les autres provinces et ils éclairent singulièrement
le caractère du Secours Chômage.

I. Nombre de chômeurs, de ménagères et d'enfants secourus.

Les tableaux que nous donnons en annexe (Voir annexe n° 4, p. 231)
permettent de suivre quinzaine par quinzaine le nombre de chômeurs,

de ménagères et d’enfants admis au secours et la proportion qu’ils
représentent de la population totale ou de la population ouvrière.

Le recensement du 15 février 1915 avait compté 99.340 chômeurs,
soit 11 pour cent de la population totale et 45,7 pour cent du nombre
d'ouvriers et d’employés au 31 décembre 1910. Ce nombre fléchit

143
        <pb n="160" />
        144 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
sensiblement lors de la première application du règlement au chômage
total seul par les Comités locaux. Il se releva légèrement après l’admis-
sion des chômeurs partiels, et atteignit un taux égal ou supérieur
à celui des mois de juin et juillet 1917.

Le nombre de ménagères, légèrement exagéré au début quand il
ne s'agissait que du chômage total, fut au contraire constamment
dépassé dans la suite, jusque 128 pour cent.

Quant au nombre d’enfants, il n’atteignit jamais le total du recen-
sement. La proportion des bénéficiaires accessoires par rapport aux
chômeurs se maintint avec une constance remarquable.

1T. Sommes distribuées et secours moyen.

Les sommes distribuées par quinzaine partent de 574.524 fr. 23,
pour s'abaisser jusqu’à 529.988 francs en octobre 1916 et se relever
ensuite jusqu’à 727.581 fr. 89 en 1917.

Nous sommes à même d’indiquer le secours moyen par chômeur et
par personne secourue. Par chômeur, il commença par valoir 7 fr. 73,
et s’abaisser en juillet-août 1915 à G fr. 76, se releva légèrement et
oscilla longtemps autour de 6 fr. 90, pour dépasser 7 francs à partir
de décembre 1916, et s’élever graduellement dans la suite. Le maxi-
mum fut 7 fr. 71 en février 1917.

Quant au secours moyen par personne secourue, il était de 3 fr. 85
au début et n’atteignit jamais plus ce chiffre. Il resta longtemps aux
environs de 3 fr. 20 pour clôturer vers 3 fr: 40.

Ce qu’il y a de remarquable dans ces chiffres, c’est, d’une part leur
constance et d’autre part leur modicité. Non seulement les variations
sont faibles, mais la distance entre les extrêmes est de l’ordre d’un
franc pour les chômeurs, de soixante centimes pour les personnes secou-
rues. Quelle réponse aussi à ceux qui soutinrent que le Comité National
entretenait les chômeurs dans la paresse ! Comment fera-t-on croire
qu’un secours de 7 francs par quinzaine, soit cinquante centimes par
jour pour un homme qui travaillait, ou 25 centimes par secouru était
de nature à faire vivre ces masses d’hommes dans l’oisiveté ?

III. Relevés spéciaux de certaines quinzaines.

Les résultats précédents étaient donnés nécessairement par la
comptabilité de chaque quinzaine.

Mais nous avons voulu savoir davantage.

Dans ce but, nous avons fait faire des relevés spéciaux et détaillés
de quinzaines isolées. Pour les exécuter d’une facon continue, il aurait
fallu disposer de ressources et d’un personnel que nous n’avions pas.

Les quinzaines choisies furent :

La vinget-troisième, du 21 février au 4 mars 1916,
        <pb n="161" />
        RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES

La trentième, du 29 mai au 10 juin 1916,

La quarante-deuxième, du 13 au 25 novembre 1916,

Et la cinquantième du 5 au 17 mars 1917.

Ce sont des coups de sonde jetés dans la misère de la classe ouvrière
belge pendant l’occupation.

Il. Ils nous permettent tout d’abord de connaître la profession
des chômeurs. Le rapprochement avec les nombres du recensement
industriel de 1910 ne fut malheureusement pas possible, à cause des
différences dans la classification des ouvriers : d’une part, le règlement
admettait au secours les artisans qui n’étaient pas repris au recense-
ment ; d'autre part, malgré toutes les recommandations, les indica-
tions fournies par les Comités locaux manquèrent souvent de la
précision nécessaire. Ainsi ils se bornaient à qualifier un chômeur
«d’ouvrier d’usine» ou de «manœuvre», « d’employé », tandis qu’au
recensement les individus ainsi appelés étaient rattachés à l’établisse-
ment où ils étaient occupés, et classés dans le groupe de celui-ci.

Quoi qu’il en soit, nous pouvions suivre ainsi d'époque à époque.
les contingents de sans-travail que formaient les diverses industries,

Dans la province de Liége, l’industrie la plus largement représentée
sur nos listes était l’industrie des métaux, qui comprenait notamment
l’industrie armurière, dont l’effectif resté en Belgique — une partie
ayant passé à l’étranger — était complètement réduit au chômage
Après les industries métallurgiques, venaient les industries textiles,
représentées surtout dans notre province par l’industrie lainière de
l’arrondissement de Verviers, puis celles de la construction, dont un
fort contingent habitait l’arrondissement de Waremme, et celles
du vêtement, toujours largement représentées dans une grande
agglomération.

Une particularité de la province qui fut confirmée par nos tableaux,
c’est que la plus importante des industries, celle des mines de houille,
n'avait qu’un nombre minime de chômeurs. Toutefois en mars 1917,
eut lieu une cessation de travail affectant un grand nombre d’ouvriers,
qui refusaient de descendre dans la mine faute d’une nourriture suffi-
sante, notamment de pain. On considéra ce mouvement comme
une grève ; les ouvriers ne reçurent point de secours de chômage,
mais certains d’entre eux, dont l’anémie et l’incapacité de travail
étaient constatées par un certificat médical, purent figurer aux listes
du chômage.

De la comparaison des tableaux relatifs aux quatre quinzaines
étudiées, il résulte que la répartition des chômeurs par profession resta
sensiblement constante pendant toute la période. Il semble que la
misère atteignit les mêmes couches d’ouvriers dans toutes les indus-

145
10
        <pb n="162" />
        146 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

tries à la fois dès le début, et que les variations qui se produisirent
dans la suite furent d’un ordre de grandeur insignifiant par rapport au
chômage général.

2. Nos relevés nous permettaient de connaître exactement la
proportion de chômeurs complets et de chômeurs partiels.

Dans l’industrie, nous constatämes :

A la vingt-troisième quinzaine (février 1916) 69,14 pour cent de
chômeurs complets et 30,86 pour cent de chômeurs partiels :

A la trentième quinzaine (mai-juin 1916) 69,76 pour cent de chô-
meurs complets et 30,24 pour cent de chômeurs partiels ;

A la quarante-deuxième quinzaine (novembre 1916) 70,40 pour
cent de chômeurs complets et 29,60 pour cent de chômeurs partiels ;

A la cinquantième quinzaine (mars 1917) 73,64 pour cent de chô-
meurs complets et 26,36 pour cent de chômeurs partiels.

Il y eut donc une augmentation relative très marquée de chômeurs
complets, qui s’explique par l’augmentation progressive du nombre
des établissements qui devaient cesser complètement leur activité.

Dans le commerce, ce fut plutôt l’inverse : il y eut une diminution
des chômeurs complets dans les deux dernières quinzaines étudiées,
par rapport aux deux premières ; mais la cinquantième vit se mainte-
nir le chiffre de la quarante-deuxième. Au demeurant, le nombre de
chômeurs du commerce était minime et n’avait pas grande influence
sur le résultat.

Les chiffres étaient, pour le commerce :

A la vingt-troisième quinzaine, 79,60 pour cent de chômeurs com”
plets et 20,40 pour cent de chômeurs partiels :

A la trentième quinzaine, 79 pour cent de chômeurs complets et
21 pour cent de chômeurs partiels ;

A la quarante-deuxième quinzaine, 76,18 pour cent de chômeurs
complets et 23,82 pour cent de chômeurs partiels ;

A la cinquantième quinzaine, 76,55 pour cent de chômeurs com-
plets et 23,45 pour cent de chômeurs partiels.

On trouvera aux annexes, le tableau complet de la répartition pour
les quatre quinzaines considérées.

3. Nous pouvions ensuite connaître la composition des ménages
SECOUTr us.

Sans doute ce n’était pas une étude démographique et nous ne
connaissons pas la composition complète des ménages : il pouvait
aussi y avoir des enfants entre 10 et 16 ans qui travaillaient, ainsi
que des enfants au-dessus de 16 ans non chômeurs. Nous ne con-
naissions donc que les personnes secourues à titre de chômeurs ou
        <pb n="163" />
        RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES ;
de bénéficiaires accessoires. Les indications n’en étaient pas moins
précieuses.

Comme pour les données précédentes, nous constatons une cons-
tance remarquable dans les proportions. Aussi, nous nous contentons
de reproduire aux annexes (voir n° 5, p. 235 et suiv.), les tableaux
relatifs à la cinquantième quinzaine (mars 1917).

Nombre de personnes par ménage : Nous voyons au tableau C que
le ménage le plus fréquent est celui de deux personnes seulement
mais il est suivi de près par le groupe des ménages de trois personnes.
Près des deux tiers des ménages ne comptent pas plus de trois per-
sonnes. Il y en avait un cependant qui en comptait quinze.

La dernière colonne de ce tableau C montre que sur les 62.195 mé-
nages secourus, il y en avait 40.952 qui avaient une ménagère au
sens du règlement. Un tiers des ménages de chômeurs était donc sans
ménagère secourue.

Le nombre de chômeurs secourus par ménage est indiqué au tableau
D. On y voit que 65 pour cent des ménages n’avaient qu’un chômeur,
et que les ménages ayant deux chômeurs et moins forment 89 pour
cent de l’ensemble. Toutefois, il y eut un ménage qui eut jusqu’à 8
chômeurs.

Quant aux enfants, le tableau E montre que 51 pour cent des ménages
n’ont pas d’enfant secouru du tout, que 22 pour cent n’en ont qu’un,
13 pour cent en ont deux, de sorte que les ménages ayant trois enfants
et plus ne représentent pas plus de 13 pour cent de l’ensemble. Ce
sont des traits qui accusent la figure démographique de la population.

Le tableau F répartit les ménages en trois classes : ceux n’ayant
que des chômeurs complets, ceux n’ayant que des chômeurs partiels,
et ceux en ayant des deux catégories. On voit que dans 65 pour cent
des ménages, il n’y avait que des chômeurs complets, cela veut dire
plus de salaires du tout. En outre, parmi ceux-ci, il y en avait 16.480
ou un tiers qui n’avaient pas de ménagère secourue — ce qui repré-
sentait un degré de plus de misère et de dénuement. Quant aux enfants
secourus, ils sont plus nombreux relativement dans les ménages où
il n’y a que des chômeurs partiels que dans les autres.

Les moyennes pur ménage (tableau G) sont restées presque cons-
tantes pendant toute la période étudiée. Par 10 ménages, on comptait,
pour la province 32 personnes, dont 15 chômeurs, 7 ménagères et
10 enfants. Il y avait, naturellement, des différences d’un arrondisse-

ment à l’autre. Celui de Waremme présentait toujours le ménage le
plus nombreux : il avait 42 personnes au lieu de 39, parce qu’il avait
plus d’enfants : 19 enfants par dix ménages au lieu de 10. L’arron-
dissement de Verviers, au contraire, restait toujours celui où le ménage

14”
        <pb n="164" />
        148 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
moyen était le moins nombreux et contenait relativement plus de
chômeurs.

Au tableau H, les ménages sont répartis à la fois d’après le nombre
de chômeurs et de secourus qu’ils comprennent. On y voit que le type
le plus fréquent, le maximum de la partie gauche du tableau est
le ménage de deux personnes (secourues) comprenant un seul cho-
meur. On peut y suivre le décroissement des nombres dans les deux
sens, dans le sens des chômeurs et dans le sens des personnes secourues.
On s’étonnera peut-être de trouver des ménages où il n’y a qu'un
ehômeur, mais douze personnes secourues ; ou d’autre part, des
ménages de neuf personnes où il y a huit chômeurs. Mais c’étaient
là des exceptions, dont la rareté donnait sa pleine valeur à la fréquence
des groupes nombreux.

4. Les deux tableaux suivants, | et J,nous éclairent sur un point
extrêmement important : la répartition des ménages secourus d’après
leurs ressources, ou plus exactement, d’après leur déclaration de
ressources. Il y avait des ménages où aucune personne secourue ni
aucune personne exclue ne travaillait et n'avait de salaires, mais ces
ménages pouvaient avoir des ressources, provenant d’épargnes, ou
d’autres causes.

Il y avait aussi des ménages qui, ayant des membres au travail
et gagnant un salaire, avaient des ressources. Dans quelle mesure ?
C’est ce qu’indique le tableau I. On y voit que le ménage le plus fré-
quent, parmi ces 26.873 ménages ayant des ressources, était celui
dans lequel il entrait du salaire pour 5 à 10 francs par semaine et
qui n’avait aucune autre ressource. Les deux tiers à peu près de ces
ménages, 65,74 pour cent, n’avaient déclaré aucune ressource. Mais
il y à au contraire, des cas extrêmes : deux ménages étaient admis au
secours, ayant encore 10 à 15 francs de salaires et 30 à 35 francs
d’autres ressources. Un autre gagnant plus de 50 francs de salaires,
avait encore des ressources de 5 à 10 francs. Il fallait évidemment
que la composition de ces ménages répondit aux exigences du règle-
ment pour qu’il en fût ainsi.

Le tableau J répond précisément à la question de savoir quelle
était la composition de ces ménages ayant des ressources. Mais il n’a
pas été possible de distinguer la source du revenu, et nous avons
réuni le salaire ét les ressources. Il révèle d’abord que le ménage le
plus fréquent parmi ces 26.873 privilégiés est le ménage de trois per-
sonnes, au lieu de deux personnes pour l’ensemble des ménages.
Ensuite, le revenu le plus fréquent est celui de 5 à 10 francs par semaine,
et il appartient précisément au ménage de trois personnes. Le cas

typique coïncide donc pour les deux variables. En outre, le revenu le
        <pb n="165" />
        RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES ;
plus répandu est celui de 5 à 10 francs comme on devait s’y attendre,
et 82 pour cent de ces ménages n’avaient qu’un revenu inférieur à
15 francs par semaine.

Une observation s’impose : toutes ces indications reposent sur les
déclarations, vérifiées il est vrai, par le Comité local, contrôlées en cas
de doute, de réclamations ou d’autres circonstances par les contrô-
leurs du service provincial. Il n’y a pas de doute que bien des ressour-
ces nous furent cachées, bien des salaires diminués ou celés. Les indi-
cations de ces tableaux sont donc d’une manière générale, inférieures
à la réalité, mais nous ne saurions dire dans quelle mesure. Il est
vraisemblable en tout cas que les nombres proportionnels gardent
leur significtaion.

Le dernier tableau, le tableau K, échappe à cette critique, car
il ne renferme que des données exactes, du plus haut intérêt. Il répartit
les ménages d’après le montant des secours reçus par semaine et d’après
leur composition.

Si l’on y suit la courbe de fréquence des ménages d’après le secours
reçu (dernière ligne du tableau) on aperçoit d’abord qu’elle a deux
«modes » c’est-à-dire deux maxima : il y à 13.173 ménages recevant
2fr. 01 à 3 francs et 15.063 recevant 4 fr. 01 à 5 francs, tandis que le
groupe intermédiaire, de 3fr.01 à 4 francs est plus faible : 4.599 ménages.
Cela provient de ce que la variation du secours n’est pas uniforme. Le
groupe de 2 à 3 francs est fort nombreux parce que l’indemnité du
chômeur complet est de 3 francs: de même le groupe de 4 à 5 francs est
plus nombreux encore, parce qu’il comprend le type fréquent du chô-
meur avec ménagère, dont les secours sont de 4 fr. 50 par semaine.

Si l’on recherche les cas les plus fréquents, on verra que le plus
fréquent de tous est le ménage d’une personne recevant un secours
de 2 à 3 francs. Ce sont probablement, pour le grand nombre, des
chômeurs isolés.

Ensuite viennent les ménages de deux personnes, recevant 4 à
5 francs, dont le type est le ménage comprenant un chômeur et une
ménagère. Ils sont suivis par le groupe des ménages de trois personnes,
recevant le même secours, puis par celui des ménages de quatre per-
sonnes recevant de 5 à 6 francs. Les autres nombres sont inférieurs.

La moyenne arithmétique du secours par ménage ne dirait pas
grand”chose. Mais nous tirons de notre tableau que la moitié des ménages
recensés ne recevait pas plus de 5 francs : la médiane se place à 4.367 fr.
et 80,65 pour cent ne recevaient pas plus de 7 fr. par semaine.

Ainsi, se confirme notre observation, souvent répétée, que le secours
de chômage était très faible, étant donné surtout les circonstances
et le coût élevé de la vie.

14€
        <pb n="166" />
        CHAPITRE XXVI
Le Fonds de chômage de Gand

Le Fonds de Chômage de Gand mérite une étude particulière pour
plusieurs raisons. D’une part, c’était l'institution d’assurance-chômage
la plus fortement organisée avant la guerre, et d'autre part, elle eut
ce privilège incroyable de vivre pendant toute l'occupation allemande,
à côté du Secours Chômage du Comité National, grâce au soutien
de la Ville de Gand, et à la vigilante sollicitude de ses dirigeants. Le
phénomène est d’autant plus intéressant que Gand se trouvait dans
la zone d’étapes et par conséquent était soumise à un régime militaire
plus sévère que le reste du territoire occupé. En outre, nous avons
de son histoire une monographie complète, rédigée en 1920 par
son président, M. Louis Varlez.

Il n’est pas sans intérêt de constater d’abord que la période
précédant immédiatement la guerre avait été, pour la ville de Gand
et ses environs, une période de prospérité, où le chômage avait été
extraordinairement faibie. En 1912, le nombre d’ouvriers chômeurs
indemnisés par le Fonds n’avait pas dépassé en moyenne | pour cent
des ouvriers affiliés au Fonds ; en 1913, la moyenne était 1,4 pour
cent, chiffre qui n’avait jamais été aussi bas, pendant seize années
antérieures. On avait même touché, en octobre 1912, et en avril 1913,
le taux de 5 chômeurs par 1.000 affiliés, qui est, pratiquement, égal
à Zéro.

L'année 1913 est celle de l’Exposition Universelle de Gand, qui
attira de la main-d’œuvre étrangère, laquelle fit relever légèrement
le chômage des syndiqués indigènes, notamment au moment de la
fermeture de l’Exposition, mais toujours dans de faibles proportions,
jusqu’en-1914.

M. Varlez donne les statistiques mensuelles syndicales du chômage
de 1895 à 1914. On y constate d’une manière générale, une réduction
constante du chômage indemnisé à Gand.

Nous avons également les chiffres proportionnels pour chacune
des dix branches principales de l’industrie gantoise. On y voit qu’elles
sont solidaires l’une de l’autre pendant les années de prospérité et
de crise, et que les industries les plus atteintes par le chômage sont
toujours celle du bâtiment et les industries alimentaires ; les moins
atteintes, les industries textiles et les employés.
        <pb n="167" />
        LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND ]
©; _ 2 [an {1 2
2#1 1|5|218/=1&lt;/=s/|E/=/2/512
52| 34-2125 LE | SZ 12-135) 8424312
ANNÉES SS| 2 SI Et |! 552 | &lt; = 3 $
= CR 3 bit 2,1&gt;0-f0 18 1 À a
= 8 A ae "3 — = ‘ ‘ A
| -
ee EE
1895-1896 ....... 3,9 [10,2! 7,4 | 5,5 2,7 ! 1,9 | 2,0 | 2,5 | 2,9 | 3,5 | 3,2 | 2,9 ' 3,2
1896-1897........, 3,2 | 3,9| 4,8 | 4,2 | 2,2 | 2,1 | 2,1 | 2,2 | 2,0 | 2,8 | 2,8 | 2,6 | 2,7
1897-1898........ 3,5 | 3,6] 3,6 | 3,6 | 2,5 | 2,5 | 2,5 | 2,7 | 2,7 | 3,5 | 3,9 | 3,1 | 3,0
1898-1899........1 2,6 | 3,0| 3,8 | 3,9 | 3,1 | 2,4 | 1,5 | 1,6 | 1,8 | 2,2 | 1,9 | 1,6 | 1,6
1899-1900........| 2,4 | 4,0| 2,8 | 3,2 | 1,7 | 1,7 | 1,7 | 2,3 | 1,7 | 1,8 | 1,1 | 1,9 | 2,1
1900-1901........| 2,6 | 2,4| 4,0 | 3,8 | 2,9 | 2,3 | 1,8 | 1,7 | 1,9 | 2,1 | 2,7 | 2,7 | 2,3
1901-1902......../ 2,0 3,9| 3,4 | 4,0 ! 2,6 | 2,6 | 1,6 | 2,2 | 2,7 | 3,1 | 3,0 | 2,5 ! 2,9
1902-1903........| 3,0 3,6| 4,9 | 3,7 ‘ 2,4 | 2,4 | 2,1 | 1,6 | 1,5 | 1,6 | 2,4 | 2,5 2,4
1::03-1904........| 3,0 3,6| 4,8 ! 3,5 : 2,7 | 2,8 | 2,1 | 1,9 | 1,7 | 2,1 | 2,4 | 2,5 2,4
1904-1905........1 2,3 4,2 45 3,3 | 2,3 | 1,6 | 1,4 | 1,7 | 1,4 | 1,9 | 1,3 | 1,8 ° 2,2
1905-1906........; 1,9 | 2,5 2,9 | 2,7 1,4 | 1,6 | 1,2 | 1,2 | 1,3 | 2,0 | 1,8 bé f$
1906-1907... !!! | 178 | 3,2| 4,0 | 3,1 | 1,0 | 1,3 | 1,0 | 1,2 | 1,1 | 0,8 | 1,1 | 1,4 | 1,6
1907-1908........,3,0 2,1} 5,0 | 2,8 | 1,7 | 1,6 | 1,7 | 2,2 | 2,3 | 2,3 | 2,8 | 4,8 * € ;
1908-1909........| 3,3 4,3| 6,3 | 7,1 | 3,3 | 2,7 | 2,2 | 2,2 | 1,9 | 2,0 | 1,9 | 2,1 | 2,8
1909-1910......../ 2,0 , 3,4| 4,1 | 2,7 | 1,8 | 1,4 | 1,4 | 1,6 | 1,6 | 1,5 | 1,4 | 1,7 | 1,7
1910-1911........| 1,5 | 2,2| 2,5 | 2,9 | 1,5 | 1,3 | 1,2 | 1,3 | 1,1 | 1,2 | 1,1 | 0,9 | 0,4
1911-1912........| 1,2 | 1,6| 2,4 | 2,4 | 1,4 | 0,7 | 1,2 | 1,1 | 1,0 | 0,9 | 0,5 | 0,5 ! 1,0
1912-1913........' 1,4 1,1| 2,2 » 2,0 | 0,8 | 0,5 | 0,8 | 1,0 | 1,4 | 1,3 | 1,5| 1,8 2,1
1913-1914........ 2,3| 2,6/4,1.3,0|1,6|1,2120[14| » | » | à &gt; à
Moyenne des |
annees
1895-1914........, 2,5 54 |sx|s5|21|16|16|18 1,8 | 2,1 | 2,5 21/28
= - a s1. 4 2
=: |8e|8:/82/8,|2E SE SE SR /2s, 2
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1896 (1) ......... 1,2] 4,5| 1,9/ 19,8: 4,4, 1,5| 82| 85; 5,1| 15,1 3,9
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1900............. 08 833 14|157| 27| 17 7,6 14,3| 14,0| 5,4! 24
1901...:..+...4.. 36 4,4} 1,6| 9,8) 4,5/ 3,8) 7,9! 14,3} 1,6} 14 +6
1902............. €,7 2,9| 1,7| 10,2| 3,8| 3,9| 6,5' 20,8| 5,4| 3,0j| ‘9
1903... 42.000122 0,7 4,4} 1,6/ 11,4} 4,7! 35! 9,0: 16,01 19,7) 3,1 :
1904............. OE 1,8| 1,9/ 10,8] 5,3: 2,6 6,8; 13,1| 7,0| 33; -
1905............. 05 32/ 14| 96| 44 18 9,0! 15,0| » 1,7 Le
1906............. 06 3,5) 1,2 7,2| 46 1,1 7,5 10,4 » 1,4} 1,9
1907............. 0,6 1,9| 1,1| 6,7| 3,3 1,1} 4,2 11,9‘ » 1,5 8
1908...........44 O4 831) 1,2/ 11,11 5,0 383,9| 7,0! 25,5 » 1,8 0
1909............. @5 2,3) 1,2 20,0/ 45 3,3| 12,2 11,5 » 3,3; 3
1910............. 03 1,4] 1,2) 11,0| 24 2,2| 7,8| 0,8| » 1,2° 2,0
101, 12 AT 05 1,7} 1,9) 80| 1,9 1,1| 8,5/  5,4| » 1,5] 1,5
1912.4+5x++ +10 rme 0,4 1,1| 0,6| 6,9] 1,0 0,8] 7,9] 3,4| » 1,2 1,2
1913............. 0,3 1,0} 0,7 96/ 28 1,7 2,0| 0,6| » 1,6 1,4
1914. 6 mois .... 0,5) 1,8] 1,3| 13,8/ 33; 2,9/- 5,7] 1,7/| «+ 26 23
Nombres de : ? | , ,
membres en 1896 (24 34 41.8/86,70/12,93|11.95:*9 12| 3,52| 5,39| 9,7 ee
| Epargne 49,6
1914... 1.040 «| 544/ 7917| 787 1tool ant 196! 233| — 21/62/21174
!
(1) de décembre 1895 à novembre 1896 et ainsi de suite, chaque fois par 12 mois.

15
        <pb n="168" />
        152 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

C’est à partir du mois de juillet 1914, que le chômage s’étendit
dans des proportions jusque-là inouïes. M. Varlez nous dit même que
la plupart des syndicats furent dans l’impossibilité de dresser leurs
statistiques habituelles en présence de la rapidité et de l’intensité de
la crise et que les statistiques de chômage reposent depuis lors sur
d’autres bases — également sûres, d’ailleurs, sur l’assurance chômage
elle-même.

Voici de mois en mois, jusqu’en décembre 1918, le nombre d’ouvriers
membres des associations affiliées au Fonds de Chômage, le nombre
des chômeurs indemnisés et le nombre de jourriées de chômage payées.

MEMBRES CHOMEURS JOURNÉES
DE
CHOMAGE
1914 Jun 1... 44e 104 1-e 604 3.556
Juillet 01.245 A RE 2.587 8.452
Août.+...*.. 11e 54 4.137 49.953
Septembre 10.040015 eue + 00 4.713 78.298
Octobre * 6.680 118.829
Novembre..." 6.941 110.992
Décembre: eee Le 5.705 100.236
21.174
1915 Janvier :.. ++ -+ &lt;a: 04000 5.410 75.080
Février +15. een A dan à 6.093 82.683
Mais... 11 01e 7.039 99.015
Avr ST 7.783 141.791
Mi 455 8.129 132.735
STORE EE PT 8.141 165.938
SUIOU + bein one vd eee Aushsete true 9.740 161.663
A0Oûtrie 01424 rare deep 9.748 163.840
Septembre”... ++ Abare 2 ide 9.680 202.579
Octobre +++". 9.544 166.504
Novembre... Le. 9.579 212.669
Décembre. +2; Me 4e 9.442 175.244
25.904
1916 Janvier... - 4e a eue 9.403 181.186
Tévrier .…. 11.1 1 t 4 "atentr 10e 9.650 187.361
Mars. 1... 4e 9.621 235.218
Avril 1 ET due 74520 10.226 202.566
Mai... 44h 17-349 10.237 206.051
SUR. -...+-."+- "het 17094 10.601 212.415
Juillet .....:-..…+-.#-..1le 17-005 10.702 263.995
AQÛG. 1... + .+++-".+velee  LA-320 10.513 218.500
Septembre ...........-.... 19.288 10.708 276.724
Qétobre .. 1 |: 20-032 12.268 239.692
Novembre... ......-..… 20.103 12.225 248.921
Décembre... 20.216 11.833 317.156
        <pb n="169" />
        LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND %

1917 Janvier: 2 70 coive cure su 1OH21Q 11.967 258.862
PÉVrier ..…++.-&lt;+-+--""—" 19.085 12. 427 267.359
Mars rence rt eee neue sneee 19.423 12.371 236.993
AVril +... &gt;&lt;a ves 11e 1-19 498 12.218 269.763
Mai... ..…+..+..-.-W19.019 12.048 266.909
Juin... 70000 19846 11.988 328.031
Juillet :....../............ 20.097 11.791 =— 256.068
Août 1... 20.226 11.360 245.698
Septembre............…-.. 20.448 10.944 294.605
OGtObre +. +++. &lt; uen see 1 MOI. 285 11.461 302.958
Novembre ..…....-..+.+++. 21.474 11.160 244.265
Décembre........../..1+,, 21.612 11.057 242.597
1918 Janvier. iskv.…-un eue. 20:910 11.086 244. 847
Février ................... 21.142 — 10.954 = 241.101
Mars +++ ee ra e ce 21: 049 11.297 308.618
Avril... 1... +. ++. MM21.844 11.464 253.763
Mai ...+.. +++. .++.+» "ML 948 11.512 258.010
Juin; TA 11 922.098 11.662 320.678
Juillet 01 rvsu0 ee rat 22203 10.891 244.060
AQÛLite 14e ici ravir 6 aitu aimes RE. 204. 10.748 241.390
Septembre +++"... 22.311 10.595 293.619
Octobre.….................. 22.333 12.200 — 257.442
Novembre... .......... 122.550 15.251 350.116
Décembre: .:. 111 0 23644 14.848 419.777

M. Varlez nous donne quelques indications sur la proportion de
chômeurs dans les diverses industries : les trois groupes de l’industrie
textile eurent les neuf dixièmes des ouvriers et ouvrières au chômage,
tandis que dans les autres industries, la proportion ne varia guère
qu’entre la moitié et les deux tiers. Les employés d’autre part, n’eurent
jamais plus de 10 pour cent de chômeurs.

La proportion énorme des chômeurs dans l’industrie textile, écrit
M. Varlez, «tient à ce que, pendant la guerre, la plus forte partie des
ouvriers gantois mâles ont été réduits aux travaux forcés par le
pouvoir occupant. Les uns ont été effectivement réquisitionnés et
conduits dans les grands camps d’esclaves que le Gouvernement
avait institués pour les travailleurs de l’Etape flamande, où tant
d'entre eux périrent. Les autres traqués par les autorités militaires,
craignant les horreurs de l’esclavage contre lequel ils étaient sans
défense, avaient dû accepter le travail «libre » qui leur était offert
dans l’intérêt de l’armée allemande, soit sur place, soit en Allemagne ».

Les femmes n’échappèrent à la réquisition que parce que le Fonds
de Chômage retarda à dessein, jusqu’en août 1918, la fourniture des
statistiques qui devaient lui servir de base. Du relevé fait en ce moment
il résultait que le nombre total des chômeurs secourus par le Fonds de

155
        <pb n="170" />
        154 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Chômage était, en juillet 1918, de 11.115 se répartissant comme suit :
HOMMES FEMMES TOTAL
Dans les Syndicats -. 4... 2.709 5.967 8.676
Dans les mutualités +... &amp;15 1.141 1.756
Parmi les épargnants +... 7e 912 371 683
TOTAL era ere em ect eee OO 7.479 11.115

Or, en temps normal, les nombres des hommes est le double de celui
des femmes. « Cela fait supposer, dit M. Varlez, que les trois quarts
au moins des ouvriers mâles effectuaient à ce moment, malgré leur
vive répugnance, des travaux forcés pour le Gouvernement alle-
mand ».

Les chiffres proportionnels par industries, ou du moins par groupe
professionnel, ont été très variables. Avant la guerre, en 1912 et 1913,
la proportion des chômeurs ayant, dans chaque groupe, participé aux
indemnités du Fonds de Chômage, avait été de 20 pour cent environ ;
mais la plupart des ouvriers n’avaient qu’un chômage indemnisé fort
court : une dizaine de jours par an. Les affiliés du Fonds de Chômage
ensemble n’avaient en moyenne pas plus de deux jours de chômage
par an. Naturellement, il y avait de grandes différences, de métier à
métier : un pour cent des employés, avec une demi-journée de durée
moyenne, 10 pour cent des liniers, avec un jour, 40 pour cent des
ouvriers du bâtiment, avec une durée de 20 jours.

Mais, dès le commencement de la guerre, la majorité des affiliés
— en général les trois quarts — connut le chômage. La durée du
chômage par membre augmenta aussi régulièrement : de moins d’un
jour en 1912, d’un peu plus d’un jour en 1913, elle passa à 23 jours
en 1914, 69 jours en 1915, 138 jours en 1916, 153 jours en 1917, pour
rester à ce niveau en 1918: 145 jours.

Les métiers exercés par les femmes avaient le plus long chômage,
tandis que les métiers exercés par les hommes — métaux, bois, bâti-
ment — avaient le plus court. M. Varlez l’explique de la manière
suivante : « C’est que c’étaient ces derniers (ouvriers de métiers) qui
pouvaient rendre des services à l’armée, et qu’après de vigoureuses
chasses à l’homme, presque tous les hommes valides qui n’acceptaient
pas le travail « volontaire» avaient été contraints d’exécuter les
travaux forcés ».

Voici les deux tableaux résumant les données recueillies par le
Fonds de Chômage.
        <pb n="171" />
        LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND ;
Proportion pour cent des ouvriers ayant touché des indemnités de
chômage pendant les années considérées dans les diverses industries.
PROPORTION DES CHOMEURS DANS LES DIVERSES INDUSTRIES
1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918
Fileurs de coton ......... 26,6 31,6 82,2 75,7 91,8 85,9 91,1
Tisserands ..............…. 1 VW 272-744 62,1 93,9 89,3 90,8
Les a aveu 4/93 055,171,6 90,8 81,5 8L1
Ouvriers des métaux ..... 1-9 252 71,8 63,1 61,1 44,5 62,3
Ouvriers du bois ......... 179 24,6 24,6 59.7 55,4 44,5 64,8
Ouvriers du bâtiment ..... 4t.1 35,1 55,4 47,5 66,3 63,5 51,8
Ouvriers du vêtement ..... t3 1,55 41,6 20,4 68,7 70,4 72,0
Ouvriers du livre......... 11,8 14,0 74,4 72,8 66,0 59,4 62,4
Employés .. +... 1,0 ::1,1-10,8 19.7 - 11/2 12,1 6,7
Divers et non classés.…..... 13,3 8,6 15,7 40,3 50,9 67,0 65,5
TOTAL ++ +++ +&lt;xnveneu 17,9 20,9.50,3 54,0 73,6..70,1.. 73,2
JOURNÉES DE CHOMAGE INDEMNISÉES PAR MEMBRE
1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918
Fileurs de coton ...... 18 #70 398 130,9 216,5 222,7 212,4
Disserands:. 1000 ne ete à : 9 °4, 67,6 187, 231, 205,9
Liniers. + +." veues ; +9 85,7 197,8 205,7 190,6
Ouvriers des métaux .. \ sn, 55,6 58, 65,6 60,5
Ouvriers du bois ...….. 3 4.3 1233 ;56,9:.&gt;56,9...106,8
Ouvriers du bâtiment . 15.503 - 69,3 114,3 76,1
Ouvriers du vêtement. , :3 7-4 123,6 170,6 163,6
Ouvriers du livre ..... ; La] 3.592 6..91,4. 80,l
Employés a 0 109,8 -19, 9,8
Divers et non classés . _  .,0  5z5 115,6 125,5 130,3
TOTAL Le vin nie e 04 1,7 22 23,4 68,7 138, 153,3 145,2
M. Varlez fait remarquer justement que le chômage indemnisé est
loin de représenter toutes les journées de chômage subies par les
affiliés au Fonds de Chômage. Il décrit à ce propos une situation qui
exista plus ou moins dans presque toutes les villes belges, et qui s’ap-
plique aussi bien aux secourus du Comité National qu’à ceux du
Fonds de Chômage de Gand. « Chaque jour, écrit-il, des centaines
de chômeurs omettaient d’aller prendre leur constat de chômage au
bureau d’estampillage, soit qu’ils le fissent volontairement, l’indem-

155
        <pb n="172" />
        156 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

nité leur paraissant insuffisante, soit qu’ils fussent retenus en prison
par le pouvoir occupant, pour l’une ou l’autre de ces contraventions
de police, si abondantes à ce moment, et notamment celles encourues
pour transport illicite de denrées. Les rations alimentaires étant
manifestement insuffisantes, et le seul moyen de les compléter étant
l’activité des fraudeurs, chaque jour des milliers de Gantois et de
Gantoises partaient pour la campagne à la chasse des denrées, soit
pour eux-mêmes, soit pour autrui. Le risque, considérable, était
d’être arrêté et condamné pour le crime de se ravitailler. En juin 1917,
le Fonds fit une enquête au sujet de ses membres qui se trouvaient
à ce moment en prison du chef de transport de denrées, généralement
de pommes de terre. Il y avait 15 hommes et 46 femmes. Ajoutez ceux,
beaucoup plus nombreux, qui à ce moment, sans avoir eu la malchance
de se faire arrêter, méprisaient les dix sous du Fonds en considération
du bénéfice bien plus considérable du commerce clandestin ».

Pour se rendre compte du fonctionnement et des transformations
du Fonds de Chômage de Gand pendant l’occupation, il faut se rappe-
ler les principes de son organisation au moment de l’ouverture des
hostilités. Il consistait essentiellement à doubler le premier franc de
l'indemnité accordée par la Caisse de chômage du syndicat. Cette
« majoration » était faite grâce aux subventions de la Ville de Gand
ou des communes affiliées au Fonds. La majoration n’était pas versée
intégralement au chômeur qui y avait droit : on ne lui en remettait
que 60 pour cent, les 40 pour cent restants étant réservés pour lui
être distribués, à raison de 3 francs par semaine si le chômage se
prolongeait au delà de la période d’indemnisation prévue par les
statuts de la caisse de chômage.

Ainsi, si un syndiqué chômait et recevait de son syndicat 2 francs
par jour pendant 50 jours et si son chômage durait 150 jours, il rece-
vait pendant les 50 premiers jours, 12 francs de son Syndicat et
3 fr. 60 de la Ville de Gand ou 15 fr. 60 par semaine. Puis, pendant
40 jours, 3 francs par semaine de la Ville ; pendant 60 jours, rien
du tout. Son secours total était donc :

Du Syndicat : 100 francs.

De la Ville : 90 francs.

Si le Syndicat ne payait que 50 francs, le secours de la Ville restait
fixé au maximum de 50 francs (1).

A côté des Caisses syndicales de chômage, le Fonds de Gand avait
toujours fait une place à l’épargne individuelle et collective, en faisant
participer aux « majorations » les retraits de fonds opérés en période

(1) VARrLEZ , rapport cité, pp. 32-33.
        <pb n="173" />
        LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND "TT
de chômage par des ouvriers qui avaient versé régulièrement des
mensualités à la Caisse d’épargne. Ce sont ceux qui figurent dans les
tableaux sous la dénomination d’«épargnants ».

Toutefois, ce mode d’assistance n’avait jamais été qu’accessoire,
et au moment de l’ouverture des hostilités, on demandait au Conseil
communal de Gand de le supprimer et de le remplacer par l’institu-
tion d’une Caisse mutuelle communale d’assurance-chômage, ouverte
à tous les ouvriers qui ne faisaient pas partie de syndicats.

11 est bon de signaler aussi qu’en décembre 1913, le Conseil
Communal avait adopté un règlement établissant un Fonds des
Crises, destiné à secourir les ouvriers soumis au short-time, ou
chômage partiel, qui tendait à se généraliser pendant les périodes de
crises et à prendre la place du chômage total. Mais cette forme nou-
velle d'assistance demandait l’intervention des patrons, et la guerre
arriva pendant les négociations avec les Associations patronales.
La Ville avait toutefois voté un premier crédit de 30.000 francs qui
se trouvait ainsi disponible.

Dès le début du mois d’août 1914, le Fonds de Chômage de Gand
d'accord avec les Syndicats qui y étaient affiliés et la Ville, prenait
la résolution de maintenir son organisation en lui gardant une acti-
vité aussi semblable que possible à celle qui lui était habituelle. Mais
les circonstances imposaient des modifications importantes.

Le 12 août, on commença par décider de limiter le taux de secours
à 50 centimes par jour et par chômeur. En revanche, la durée du
secours fut doublée.

Ensuite, le Fonds décida de remettre en une fois les majorations
de 100 pour cent sur ces indemnités réduites, sans limite de temps
pour la durée du secours. Dans presque tous les Syndicats, le montant
du secours fut ainsi porté à 1 franc par jour, moitié à la charge de
la Caisse sociale, moitié à charge du Fonds communal.

L’une des premières conséquences de la guerre avait été la fuite du
numéraire et particulièrement la pénurie de monnaie divisionnaire.
Le Fonds décida donc de faire aux Syndicats l’avance des « majora-
tions » de leurs secours au lieu de les leur rembourser après paiement,
comme il le faisait auparavant. Les 46.000 francs qu’on avait mis en
réserve pendant les années de prospérité furent ainsi employés. Les
30.000 francs du Fonds des Crises, en formation, furent ensuite prêtés
aux Syndicats, auxquels la Ville prêta également des sommes gagées
sur les titres de fonds publics de leurs réserves.

Mais les dépenses augmentaient continuellement.

13
        <pb n="174" />
        158 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
DÉPENSES A CHARGE
des Syndicats du Fonds de Total
Chomage
Janvier 1914 :....! Francs 3.602 2.039 5.731
Juillet coter 6 un = ar 10040 4.925 15.974
Août rene dE taie — 27.247 22.519 49.766
Septembre — ri — 42.274 39.312 81.586
Octobre EE ie - 56.293 58.743 115.036

C’est alors que le Conseil communal de Gand prit la résolution
héroïque d’allouer au Fonds de Chômage un crédit de 10.000 francs par
semanne, au lieu du crédit annuel de 30.000 francs qu’il lui accordait.

En même temps, on frappait à toutes les portes : les Syndicats
socialistes s’adressaient aux Trade Unions Anglaises « qui leur envoyè-
rent, dit M. Varlez, des secours assez généreux » dont nous ne con-
naissons pas le montant, jusqu’au moment où la ville de Gand fut
occupée. Les Syndicats chrétiens, de leur côté reçurent des sommes
de philanthropes charitables.

Les patrons ayant introduit le short-time pour faire durer le travail
plus longtemps, le Fonds de Chômage établit des règles d’indemnisa-
tion en raison inverse de l’emploi des ouvriers :

Pour moins de 10 heures de travail par semaine, on recevait 4 jours
d’indemnité ; pour moins de 10 à 20 heures de travail par semaine, on
recevait 3 jours d’indemnité ; pour moins de 21 à 25 heures de travail
par semaine, 2 jours d’indemnité ; pour moins de 26 à 30 heures de
travail par semaine, 1 jour d’indemnité.

Plus de 30 heures de travail par semaine était considéré comme
une semaine normale et excluait du secours.

Ces règles subsistèrent, avec quelques modifications, pendant
toute la guerre.

Le 12 octobre 1914, l’armée allemande occupa la ville de Gand, qui
resta dans la zone des étapes, et par conséquent fut coupée de toute
relation avec l’extérieur jusqu’à l’armistice.

Devant la détresse qui s’annonçait, le Fonds de Chômage obtint
de la Ville l’envoi d’une délégation auprès du Gouvernement belge
pour lui demander ses intentions au sujet du paiement de secours aux
chômeurs, car, dit M. Varlez « personne dans la Belgique occupée ne
s’attendait à de la pitié de la part des ennemis, et ne comptait ni
demander, ni recevoir aide de leur part. » La délégation, composée du
président du Fonds de Chômage, M. Varlez, du R. P. Rutten délégué
des Associations ouvrières chrétiennes et d’un délégué de l’Association
patronale, se rendit à La Haye, à Londres, au Havre, à Paris. Elle
revint avec la promesse qu’on allait s’occuper sans désemparer de
        <pb n="175" />
        LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND »
l’organisation de secours aux chômeurs et que les dépenses que les
villes feraient pour leur Fonds de Chômage leur seraient remboursées »,
promesse qui fut tenue après l'armistice.

M. Varlez nous apprend à ce propos que «comme témoignage
spécial de leur intérêt envers le Fonds de Chômage et les œuvres de
prévoyance de Gand, L. L. MM. le Roi et la Reine remirent au président
du Fonds de Chômage une somme de 25.000 francs en émettant le
vœu que cette somme servit comme dernière réserve pour secourir
spécialement les femmes et les enfants des affiliés du Fonds de Chô-
mage ». Le président revint à la fin de décembre 1914 avec ces bonnes
nouvelles, qu’il devait tenir plus ou moins secrètes, pour échapper au
soupçon d’intelligence avec « l’ennemi ».

Au premier janvier 1915, les Caisses Syndicales étaient épuisées :
les secours venus d’Angleterre et les avances qui leur avaient été con-
senties n’avaient fait que prolonger leur agonie. Les Syndicats qui,
en temps normal, ne dépensaient pas plus de 50.000 francs ve-
naient de distribuer 189.000 francs pendant les cinq premiers mois
de la guerre. « Aussi, le Comité du Fonds de Chômage, à la prière des
Caisses syndicales épuisées, demanda-t-il de pouvoir interrompre ces
paiements et en présence des promesses qui avaient été faites au
président, d’avancer sur les secours nationaux espérés la somme inté-
grale nécessaire au maintien du secours de 1 franc par jour».

Le Conseil communal, à l’unanimité décida en conséquence « qu’à
partir du 4 janvier 1915, les Syndicats qui justifieraient avoir consacré
à l’assurance chômage plus des trois quarts de leur encaisse ne devraient
plus intervenir dans les frais d’assurance-chômage et que la somme
de 1 franc remise quotidiennement aux chômeurs prévoyants serait
payée entièrement par la Ville aussi longtemps que le Gouvernement
belge n’interviendrait pas dans ces secours. »

Des dispositions analogues furent introduites en ce qui concernait
les épargnants ayant épuisé leurs épargnes. « Il était entendu d’ailleurs
que les mesures prises par le Fonds pour défendre les encaisses syndi-
cales seraient maintenues au profit de la Ville : limitation du secours
à 6 francs par semaine, exclusion des ouvriers travaillant plus de
30 heures par semaine, indemnisation en raison inverse des heures
d’emploi, déduction des allocations patronales. En outre, aueune
indemnité ne devait être payée aux personnes qui se seraient affiliées
au Fonds de Chômage, seulement depuis le début des hostilités. À
partir de ce moment, on peut dire que l’assurance chômage n’existait
plus à Gand, et qu’elle était remplacée par une « œuvre de secours
aux prévoyants ».

Le contrôle des chômeurs, laissé auparavant à la vigilance des Syn-

15%
        <pb n="176" />
        160 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
dicats, fut réorganisé ; douze contrôleurs, choisis parmi les employés
sans travail, ainsi que la Bourse de Travail, s’en occupèrent, et le
Comité du Fonds de Chômage institua une Commission spéciale de
trois membres pour examiner les réclamations et poursuivre les abus.
Sa mission n’était pas sans danger, les radiations visant souvent des
ouvriers travaillant pour les Allemands, ou soutenus par ceux-ci.
Aussi, M. Varlez loue-t-il son courage avec son impartialité…

Du moment que le Fonds de Chômage perdait son caractère d’assu-
rance-chômage, il devenait difficile d’écarter des subventions publi-
ques les mutualités, qui sont des caisses d’assurance contre la maladie
ou pour la retraite, et qui groupent aussi des « prévoyants ». Elles
furent donc affiliées au Fonds de Chômage et assimilées par la Ville
aux «épargnants » qui recevaient un secours spécial de 25 centimes
par jour. On s’occupait de régler davantage les rapports entre l’admi-
nistration communale et les mutualisés quand le Bourgmestre de
Gand, M. Braun, fut déporté en Allemagne et l’administration
belge remplacée par une administration mixte, allemande et activiste.
Celle-ci essaya d’entraîner le mouvement mutualiste gantois dans
le mouvement activiste. « Les faveurs publiques, dit M. Varlez,
furent dès lors réservées aux directeurs d’une mutualité qui pacti-
sait avec les occupants et qui, seule, était autorisée à parler au nom
des mutualités gantoises. Malgré les subventions abondamment
promises ou distribuées, malgré l’élaboration d’un décret-loi destiné
à créer l’assurance obligatoire sous le contrôle du Gouvernement
activiste, ce mouvement n’eut pas grand succès et disparut quand
l’administration allemande fut entraînée dans la déroute de ses
troupes. »

Quand le Comité National eut décidé d’intervenir en faveur des
chômeurs, le Fonds de Chômage de Gand résolut de distribuer le don
royal aux femmes et aux enfants de moins de 13 ans de ses membres.
Ce secours commença à être payé le 8 février 1915 et continua jus-
qu’au jour où le Comité National fit participer au Secours-Chômage
les femmes et les enfants.

Comme les allocations données à ceux-ci étaient très faibles, le
Fonds de Chômage obtint de la Ville de Gand et de ses trois faubourgs
de les majorer.

Le Fonds accorda aussi une indemnité de 10 francs par nouveau-né
aux mères d’affiliés qui accouchèrent pendant la guerre.

Les relations entre le Fonds de Chômage et le Comité local de Secours
du Comité National furent et restèrent des plus cordiales, bien que
les principes et les habitudes de l’assurance-chômage fussent diffé-
rents de ceux du Secours.
        <pb n="177" />
        LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND À

Le Secours-Chômage eut pour première conséquence de soulager
les finances communales : on supprima, pour les indigents, membres
du Fonds, le secours de 50 centimes par jour, et le Fonds cessa son
intervention en faveur des femmes et des enfants indigents.

Pendant quelques semaines, le Fonds de Chômage continua à accorder
ses propres secours à ses affiliés ; mais comme ce régime créait une
inégalité entre les secourus, et avantageait les plus fortunés, on finit
par décider de payer le même secours communal à tous. Toutefois,
la Ville se montra un peu moins sévère que le Comité National quant
à la limite du besoin.

Voici comment M. Varlez explique la collaboration du Fonds de
Chômage au secours du Comité National : « Pendant plusieurs mois,
conformément au premier règlement du Secours Chômage du Co-
mité National, le Comité local de Secours laissa le Fonds de Chô-
mage et, par lui, les Syndicats, distribuer les secours suivant les
méthodes rapides usitées par nos institutions, tandis que les secourus
du Comité National ne recevaient leur secours que plus tard par
l’entremise des bureaux du Comité. Ce système eut pour effet d’ame-
ner des divergences assez sensibles d’application entre les deux caté-
gories de distributeurs. Des efforts, assez inutiles, furent faits pendant
quelque temps pour établir le départ exact entre les sommes payées
au nom du Fonds et celles dues par le Comité National. Mais ces
calculs auraient amené des frais et des efforts disproportionnés au
résultat à atteindre, et finalement, le Comité National, tenant compte
du but d’utilité publique renonça à exiger le remboursement des
petites sommes dont le Fonds permettait l’avance en son nom. Ce
règlement de comptes tout à fait favorable aux intérêts de la Ville
fut exécuté à condition que, pour l’avenir les dépenses de la Ville et
celles du Comité National fussent tout à fait séparées et que les
secourus du Fonds, qui jusque là touchaient en une fois au syndicat
leurs deux secours, — communal et national — allassent toucher au
Comité local de Secours le montant du secours de celui-ci. La colla-
boration du Fonds et du Comité local prit fin le 14 octobre 1916. »

La seule difficulté un peu sérieuse qui s’éleva entre les deux orga-
nismes fut au sujet du point de savoir si les allocations du Fonds
devaient entrer en ligne de compte dans les « autres ressources » des
secourus. Finalement, elles en furent exclues.

Le projet d’enseignement professionnel obligatoire pour chômeurs
du Comité National reçut, naturellement, un appui enthousiaste du
Fonds de Chômage de Gand et de la Ville. Quand il dut être aban-
donné sur l’injonction des autorités allemandes, « on organisa des
conférences publiques auxquelles nombre de chômeurs assistèrent ».

16
11
        <pb n="178" />
        162 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE

Ces conférences, nous apprend M. Varlez, durent à diverses reprises
être interrompues par suite de la crainte que les ouvriers avaient de
voir les rafles de travailleurs « volontaires » ou «forcés » s’opérer
au cours de ces séances ou à leur sortie. Mais, sauf ces interruptions,
«le système des conférences ouvrières se continua jusqu’à quelques
jours avant l’armistice, lorsque les Allemands interdirent toute cir-
eulation dans les rues, et réquisitionnèrent en masse toute la popu-
lation mâle valide ».

On sait l’étroite union qui existe dans toute lutte contre le chômage,
entre le placement et l’indemnité. À Gand, la Bourse du Travail coopère
intimement avec le Fonds de Chômage. Elle continua ses opérations le
plus longtemps possible, malgré les défenses et les menaces allemandes :
mais elle finit par être fermée par le bourgmestre allemand, et son
directeur fut menacé de poursuites.

À partir du mois de mars 1916, un nouveau régime de distribution
des secours fut institué. Voici pourquoi. Les dépenses communales
augmentant sans cesse, des critiques s’élevèrent contre Poctroi de
secours qui constituaient une faveur à des ouvriers qui avaient été
prévoyants dans le passé, mais qui ne pouvaient l’être actuellement.
Comme toute intervention des syndicats avait cessé, «des journaux
affirmaient que les syndicats, qui avaient continué à percevoir leurs.
cotisations, se constituaient des trésors de guerre énormes». Ne
voulant pas s’expliquer publiquement dans la presse, le Comité du
Fonds se justifia vis-à-vis de l’ancien collège échevinal, et on adoptæ
les règles suivantes : « Le montant du secours communal alloué par le
Fonds de Chômage fut uniformément fixé à O fr. 50 par jour pour
les anciens assurés chômeurs et à O fr. 25 par jour pour les épargnants
chômeurs. Toute faveur faite pour rétablir l’égalité entre indigent et
non indigent et tout secours de famille furent supprimés. En outre,
les syndicats furent obligés de reprendre une certaine participation
aux frais de l’assurance et furent ainsi empêchés de consacrer toutes

leurs ressources à la formation de caisses de résistance ». Le montant
total de cette participation fut fixé à peu près à ce qu’elle était avant
la guerre, mais la forme de la participation donna lieu à discussions
à cause de la différence du risque de chômage dans les diverses pro-
fessions. « Finalement, il fut décidé que les Syndicats pourraient
choisir entre deux modes d’intervention : 10 centimes par semaine
et par membre, ou 5 centimes par journée de chômage indemnisée.
Aux syndicats à haut chômage la première base fut appliquée, tandis
que la seconde était adoptée par les Syndicats à bas chômage ».
En même temps, la Ville autorisa les Syndicats à reeruter de nouveaux
membres, qui pouvaient passer à charge du Fonds de Chômage, après
        <pb n="179" />
        LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND
avoir payé leur cotisation pendant un an. Ce régime resta en vigueur
pendant toute la guerre.

La sollicitude du Fonds de Chômage pour les malheureux ouvriers
affiliés réquisitionnés par les autorités allemandes et leurs familles
ne cessa de s’exercer et absorba des ressources importantes.

LES RÉQUISITIONNÉS DU FONDS DE CHOMAGE PAR MOIS
(1917-1918)
NOMBRE: Réqur- SECOURS
‘DE MEMBRES ‘SITIONNÉS ' 4 ACCORDÉS
Décembre 1916,,..-...+..+.+….-1 20.216 1.114 : 55 10.688 »
Janvier 1917 ...--.--&lt;+&lt;+-&lt;-- ML. 19.219 1.181 61 9.041
Février . +=. + » + +++} 5264» un (+ + RO 085 1.157 6.0 8.766
Marss..&lt;&gt;.-+-+.-+…."#+-e-MlIDd.423 1.089 56 10.403
Avrils-.+1-.+-.--+""+++."&lt;Wl1D.498 1.013 5 2 7.742
Mal nen-2+» +kneie tes eHeu-+op ee 19.979 1.043 52 7.904
Juin. «..+.-+++-+.+- ++ ++. IS .B4G 1.040 : 52 9.857
Juillet +211 es 20.097 1.039 ; 51 7.694 »
Août hui--. + nt &lt;tre r rh 0-70 20.220 1.012 50 7.415 »
Septembre ..+..-....…+.+-.+» 20.448 947 45 8.923 50
Octobre ..................….... 21.285 | 1.058 | 43 9.085 50
Novembre...+.+4.+++&lt;".= 21.474 1.047 43 7.213 50
Décembre... 4016 0 nure5 en» 21.612 1.021 47 7.043 »
Janvier 1918... 0.2-+% 005 00 mn ne 20.910 989 47 6.811 »
Février. +..r.."0+1 URI 142 936 «4 | 6.461 »
Mars vrar-mnenrementdnen 1e Mat D49 934 4 } 7.748 »
Avril ++ .x"eu:2en1 eue nene vue MAI 844 875 ; 43 5.975 »
Mai--uv.++edererer nor rh rune 21.043 869 39 5.938 »
JUIL en +000 000000000010 00 0 0e 22.092 871 39 7.356 50
Juillet. an seuvssuce nacre na 0e 22.203 457 25 3.006 »
AOÛ LL envie se 2 015 1 4 1 aene m0 * 00 22.264 429 1,73 2.874 »
Septembre .+++0.44++2+40+4500. 22.311 179 07 686 »
| 158.731 »

La Section des « épargnants » du Fonds de Gand a présenté pendant
la guerre, une particularité : elle a pris une grande extension.

M. Varlez donne à ce sujet les détails instructifs suivants :

« Avant la guerre, en 1913 par exemple, il ne s’était présenté aux
guichets du Fonds que 16 épargnants, ayant subi cette année 548 jour-
nées de chômage et obtenu de ce chef des retraits d’épargne qu’ils
avaient opérés, 328 fr. 80.

«En 1914, au début de la guerre, le développement fut lent : les
épargnants qui s’étaient présentés au Fonds de Chômage n’avaient
pas dépassé 100, ayant subi au cours de l’année 4226 journées de
chômage. Mais bientôt, le mécanisme du Fonds d’épargne fut connu et
apprécié par les intéressés, constituant une partie de la population

163
        <pb n="180" />
        164 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

qui ne se retrouve généralement pas dans les Syndicats. Ce sont pour
une bonne partie des ouvriers du vêtement, pour la grande majorité
des femmes (3/5 de femmes). Ce nombre alla en augmentant jusqu’en
mai 1916 ; alors le développement s’arrêta par suite de la réduction
à 25 centimes par jour du montant du secours alloué aux épargnants.

«Nous pouvons dresser pour le Fonds de Chômage le tableau sui-
vant qui montre le progrès et l’arrêt du mouvement.

- ne ë SOMMES TOUCHÉES

| E | SES n A CHARGE DU

‘ 35 ë ”a = FONDS COMITÉ

a. DE CHOMAGE :  NATIONAL

Mai 1914... 15400 2 1.20 =
Novembre 1914 ........ 53 964 482 —
Mai 1915 +... 4. 1.726 | 34.286 27.854.50
Novembre ...........…. 2.215 56.654 61.334 25
Maï:t916..... 1... - 2.301 51.623 24.310,25 = 16.740
Novembre 1916......... 2.283 47.593 11.898,25 non indi-
Mar 1017-22" ue +0: 2.005 44.955 11.238 75 qué.

« Pour permettre de vérifier l’effet destructif que la guerre a produit
[ ur les épargnes ouvrières, nous avons fait rentrer au Fonds, en 1917,
les livrets de 3.089 de ces épargnants, et nous avons relevé les sommes
qui étaient inscrites au début de la guerre et au 1°" janvier de chacune
des années 1915, 1916 et 1917.

«Au 1°7 août 1914, 3.089 livrets portaient 766.884 francs ou 235 francs
par livret ; au 1°" janvier 1915, 3.089 livrets portaient 452.493 francs
ou 146 francs par livret ; au le" janvier 1916, 3.089 livrets portaient
209.960 francs ou 68 francs par livret ; au l1°' janvier 1917, 3.089
livrets portaient 114.254 francs ou 37 francs par livret.

« On voit combien la baisse est régulière, constante et attristante.
S on élimine les 71 livrets portant plus de 500 francs au 1er août
1914 on constate un épuisement encore beaucoup plus rapide :

«Au 1er août 1914, 3.018 livrets portaient 610.841 francs ou 202 francs
par livret ; au 1°" janvier 1915, 3.018 livrets portaient 354.301 franc
ou 117 francs par livret ; au 1°" janvier 1916, 3.018 livrets portaient
209.960 francs ou 45 francs par livret ; au le" janvier 1917, 3.018
livrets portaient 39.934 francs ou 13 francs par livret.

« Le tableau suivant montre la réduction de chaque livret.

DATES
        <pb n="181" />
        LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND
È Le
LIVRETS ÉPUISÉS PORTANT 1-8-1914| fin 1914 fin 1915 | fin 1916
Épuisés portant... .-.….-&lt;+&gt;-»erreee eee" , 4 6 6
1 franc 5115, + rem une 170 726 , 1.225 , 1.405
2 à Détrancs 4. 415 en ee 146 526 892 1.017
5a 10694 112 153 188 194
1t'à1 25-91 A de ati rie 390 284 170 159
26. à DOM 21e eee nee 415 : 243 126 74
51 à 100 rite. rad» 426 243 133 58

101 à 200 ce R EPS ER 455 278 97 “1

201 à 300 At ne nautee re 244 181 +5 3

301 à 400 curinneneanen a an 173 98 1

401 à 500 tante the nee = 119 177 7

501 à 750 hier ue tr éUrE nette 118 125 7

751 à 1.000 aise ie 166 due is A 118 | 65 45

1.001 à 1.500 ta ab 84 48 5 |

1.501 à 2.000 ee ane a eee» 55 35 9

2.001 à 2.500 AE RR ae : à |

plus de 2.500 — cine hair cata eue ruse a eue ! 3 1 i
| 3.089 | 3.089 | 3.089 | 3.089

«On en trouve au 1°" janvier de chacune des années :

1915 1916 1917

Complètement épuisés. . crverser snare nana en 0e 4m 4 6 6
Diminués au cours de l’année.............….... 1:01 1.485 563
Stationnaires. &gt; 1eetienie (ana eus Can FE L | 1.583 2.509
Augmentés .....,7. ee ae ren Tee eaie 10 15 11
| 3.089 (3.089 | 3.089

«Il ne faut pas perdre de vue que le grand nombre des livrets sta-
tionnaires est dû à une cause de force majeure : la réduction du
livret à son minimum légal de 1 franc. Le nombre de livrets se trouvant
dans ces conditions était, en effet, de 726 en 1915, 1.225 en 1916 et
1.405 en 1915. Aucune réduction ne pouvait plus être apportée.
Le montant des autres livrets n’était pas plus élevé. »

Quand l’administration communale belge de Gand fut remplacée
par une- administration composée d’un bourgmestre allemand et
d’échevins activistes, le Fonds de Chômage qui avait des relations
s1 intimes avec la Ville se trouva dans une position difficile.

Après quelques hésitations, on résolut de ne pas abandonner l’œuvre
qui avait groupé plus de 20.000 affiliés. et de ne pas la livrer aux
ennemis, notamment aux échevins activistes qui ne demandaient qu’à
s’en emparer.

Il fut décidé, nous apprend M. Varlez, « que si le comité, pour
sauver son œuvre était obligé d’accepter la présence de contrôle de
fonctionnaires allemands, il se refusait cependant à tout contact avec
les échevins traîtres et la présence seule d’un de ceux-ci obligerait tous
les membres à se retirer et à abandonner la direction du Fonds. Cette

165
        <pb n="182" />
        166. LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
décision fut communiquée par le président au bourgmestre allemand
Kunzer. Après quelques moments d’hésitation assez inquiétants,
ce dernier déclara qu’il acceptait provisoirement l'expérience et
qu’aucun de ses collaborateurs « belges » n’assisterait aux séances.
«Nous devons reconnaître, ajoute M. Varlez, que cet engagement
fut scrupuleusement tenu et que seul le bourgmestre allemand ou son
collaborateur assistaient aux séances du Comité, sans en réclamer
la présidence, à laquelle ils avaient droit. Par dérogation aux règles
ordinaires de l’administration de ces temps troublés, la correspon-
dance se faisait directement entre le bourgmestre et le président du
Fonds, sans intervention d’aucun échevin. Le bourgmestre allemand
laissa d’ailleurs une grande liberté au Comité et lui assura les ressour-
ces financières nécessaires à son fonctionnement normal. Malgré
l’élaboration de plusieurs projets contre le fonctionnement du Fonds,
émanant des échevins dont le Comité dépendait nominalement,
aucun ne fut pris en considération pendant le règne du bourgmestre
allemand et de ses acolytes ».

Cependant, le Fonds de Chômage devait obéir aux ordres du bourg-
mestre. « Le plus cruel à exécuter, dit M. Varlez, fut celui qui obligeait
à communiquer la liste des secourus, que le Comité n'avait aucun droit
de refuser. Ce dernier eut recours à l’arme des faibles et les difficultés
administratives et techniques permirent de gagner plusieurs semaines,
précieuses aux intéressés, au milieu de la décomposition de l’armée
allemande qu’on voyait avancer rapidement. La liste ne fut finalement
remise au sous-bourgmestre Schurucker qu’après que celui-ci eut
affirmé que la communication n’avait qu’un but purement statistique
et qu’il eut affirmé qu’aussi longtemps qu’il remplirait ses fonctions,
les listes ne tomberaient pas en mauvaises mains ».

Est-ce en corrélation avec cette déclaration que quelques jours
plus tard, le sous-bourgmestre donnait sa démission ? Nous ne pour-
rions le préciser, mais en tout cas, il ne paraît pas que les Jistes du
Fonds de Chômage aient servi de base à des réquisitions d’hommes
ou de femmes. On avait d’ailleurs atteint, dans l’entre-temps, la fin
septembre et les victoires des armées alliées rendaient les abus moins
redoutables.

La période qui suivit immédiatement l’armistice fut encore une
période d’épreuve pour le Fonds de Chômage.

Le retour des déportés, la destruction des usines, le manque complet
de matières premières, la cessation des travaux faits pour le compte
des Allemands, tout cela avait pour effet d’augmenter le chômage
dans des proportions inconnues même pendant l’occupation : les
        <pb n="183" />
        LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND ÿ
dépenses du Fonds de Chômage atteignirent leur maximum en décem-
bre 1918, où il indemnisa jusqu’à 85.000 journées de chômage par
semaine. Ce n’est guère qu’à partir de mars 1919 que le chômage
commença à décroître et il le fit alors très rapidement, malgré l’aug-
mentation énorme des membres des syndicats.

Au cours de 1919, des modifications assez importantes furent
apportées aux statuts :

1° La section des épargnants individuels disparut. Elle fut rem-
placée par une caisse communale officielle, où tous les ouvriers non
syndiqués peuvent se faire inscrire et où ils touchent, outre l’indemnité
à laquelle ils ont gtatutairement droit, des majorations identiques
à celles des syndiqués.

2° La majoration communale de 100 pour cent, au lieu de porter
sur le premier franc d’indemnité, porta désormais sur les deux pre-
miers francs — à raison de l’augmentation du coût de la vie.

30 On éleva également le montant des secours de voyage pour les
prévoyants à la recherche de travail.

49 Le secours aux enfants des chômeurs secourus fut aussi aug-
menté.

À partir du 1°" janvier 1920, le Fonds de Chômage de Gand reprit
intégralement son fonctionnement normal.

Les tableaux qui suivent décrivent numériquement l’histoire du
Fonds de Gand. On y trouve, mois par mois, le nombre de membres
affiliés, puis les dépenses par membre dans les diverses industries, enfin
les chiffres annuels de toutes les opérations effectuées.

167
        <pb n="184" />
        I. PÉRIODE D’AVANT-GUERRE =
Co
NE 7 Te - "EN EEEN
td
INDEMNITÉS PAYÉES PAR Nombre JOURNÉES 5
JOURNÉES de POUR CENT DE
MEMBRES = CHÔMEURS DE = TOTAL semaines DE CHÔMAGE
CHÔMAGE FONDS Associés de CHÔMEURS = PAR 100
payement MEMBRES
1913
Janvier... 689 5.131 2.986,40 5.632,69 8.619,15 1 317 23,32
lévrien..….+.+... 788 4.663, 2.715,83 4.934,26 7.650,09 4 3,58 21,19
Mars +... 1 864 4.152 2.407,61 4.587,02 6.994,66 5 3,94 15,10
ANIME 554 1.353 786,75 2.963,63 3.750,38 4. 2,51 6,15
Mar... 51e 374 2.256 ! 1.299,12 2.874,38 4.173,50 4 1,70 | 10,02
Jui. 2 456 2.123 1.239,62 2.524,98 3.746,50 5. 2,07 7,72
Juillet... 673 3.805 2.137,67 4.663,25 6.851,12 4 3,05 17,29
Août... +... 552 3.840 2.183,68 4.530,46 6.714,14 5 2,50 13,96
Septembre ….,........ 565 4.326, 2.469,12 5.273,10 7.742,22 4 2,50 19,66
Detobre. +... 549 4.035 2.310,59 4.980,90 7.291,49 4 2,49 18,64
Novembre .........…… en ; 614 4.424 2.522 52 4.916,50 7.439,32 ; 2,79 16,08
Décembre ..-.……....…... 22.023 1.716 0-30 5.345,62 10.347.16 15.562,72 ; 7.79 42.27
4.605 49.361 28.455 4 58.098,27 86.553,39 52 20,93 224,13
1914
Janvier … \. x: 1.399 12.493 y, 7.236,40 12.853,76 20.190,16 1 6,60 59,00 F
Février. .....….........… 702 5.957 3.375,40 5.534,10 8.909,50 4 | 3,$1 28,13
Mars... 478 3.786 2.153,88 +-019,70 6.073,59 41 2,25 17,88 8
Avis... 666 4.361 2.603,54 5.305,83 7.911,37 4 3,14 21,07
Mais. 0e. 100020. 835 5.442 3.171,97 6.464,62 9.636,59 + 3,94 20,56
Juitr-- ut 604 3.556 2.038,57 3.692,50 5.731,07 1 2,85 16,79
Juillet es. de ru. 231.174 2.587 8.452 4 4.925,54 11.048,95 15.974,49 ! 12.21 39.91
44.149 85.507,31 48.919,46 74.426,77 29 |

208.45
        <pb n="185" />
        II. PÉRIODE DE GUERRE
&gt; INDEMNITÉS PAYÉES
; JOURNÉES SECOURS Nombre POURCENT. JOURNÉES
: Ë SUPPLÉ- de DE
1.1 DE PAR DES  MENTAIRE = TOTAL = semaines DE CHÔMAGE
= PAR LE ASSOCIATIONS DU de PAR CENT
= CHÔMAGE FONDS ET RETRAITS FONDS paiements CHÔMEURS MEMBRES
D’ÉPARGNE
. — ———eee cc cer — —— — - -
1914 “
Août 4.137 43.958, 45! 22.518,94 27.246,78 49.965,72 | 19,53 166,08
Septembre ........... 4.713 78.298 39.312,36 42.274,02 81.586,38: : 22,25 369,78
Octobre... +44. 6.680 118.829 58.743,25 56.292,99] 10.404 125.440,24; 31.54 448,96
Novembre ..........:… 6.941 110.992,4, 54.561,45] 54.939,96 169.501,41 | : 32,78 524,19
Décembre... : 5.706 100.236 48.172,15 48.491,97 96.664,12 5 26,94 378,71
21. 174| 10.655 952.314 223.308,15}  229.245,72| 10.404 462.957,87: 23 50,32 2.136,17
— dame LL LL eme 7 te ss re
1915
Janvier... 5:410 75.080 73.079,35 810,50 73.889,85 i 21,27 289,45
Février ................1 6.093 82.683 80.109,80 1.261,90| 3.993,50 85.365,20 23,52 319,19
Mars ®…..……..…......... 7.039 99015 95.292,50] 2.777,30] 6.369, 104.438,80 4 27,17 386,09
AVIiL.. 11 Le 7.783 141.791 133.408,50 6.462 9.363 149.233,50 ; 30,04 437,89 -
Mai... 42. 4. 8.129 | 132.735 5.974,90 31,38 512,41
Juin... .++..0.....t 8.141 165.938 217.311 7.762,75 4.466,50) 243.340,20! 31.42 512,47
Juillet +++... 9.740 161.663 7.825,05 37,60 632,48
AOÛt 212011560004 11 2/7 9.748 163.840 80.197,50 7.734,05 87.931,55- 37,63 625,62
Septembre ........... 9.680 202.579 104.777,50 9.476,30 114.253,80; 37,36 | 624,08
Qetobre +++ 9.541 166.504 81.452,75 6.332,35 87.785,10 36,84 642,42
Novembre... 9.579 212.669 109.188,75 8.876,30 118.065,05 36,97 | 656,79
Décembre... :... + 9,442 175.244 90.439,50 7.297,20 97.736,70 + 36,45 676.51
25.904| 13.997 [17700741 1.065.257,15] 72.590,60|24.192 1.162.039,75| 52 | 54,03 6.870,52 =
| : ©
        <pb n="186" />
        II. PÉRIODE DE GUERRE (Suite) =
— 7 =
R ; INDEMNITÉS PAYÉES : ; 3
- JOURNÉES SECOURS Nombre ‘POUR CENT, JOURNÉES 1
| . a Rss -—  SUPPLÉ- de DE
ê DE PAR DES — MENTAIRE = TOTAL — semaines DE CHÔMAGE
g = PAR LE ASSOCIATIONS DU de PAR CENT
9 CHÔMAGE FONDS ET RETRAITS FONDS paiemants| CHÔMEURS- MEMBRES
D’ÉPARGNE
1916
Janvier... | 9.403 181.186 95.170, » D 95.170 » 4j 36,29 699,45
Révrieri……—. 1e ne 9.650 187.361 28.167 », » 98.167 » 41 837,25 723,25
Mars d anne 9.621 235.218| 123.341 »! S 123.341 » 0 37,14 726,43
en amas Dies) 202.566) 36.321,75 4.7507| 101.072,501 © 5831 1.156,12
17/29 Avril... 17,349 "10.287 | 206.651l 99.809 » 4.763,40] | 104.572,901 + 59, »! 1.187,62
15ÿ27 Mai... | !
24 Mai.-20 Juin .......-} 17,599 10.601 | 912.415) 101.577 » 4.850,50» 106.427,50| 41 60,25 1.200,49
3/15 Juillet...
12 Juin-ler Juillet... = e, "
17 /29 Ets ER 17.605 | 10.702 263.995] 120.173,80] 6.086,45! 6.575,50 132.682,75| 5 60,78 1.199,63
81 Juillet-12 Août.....-
° î K = K
PS Aût 8 Septembre E 17.825 110.513 | 218.500 105.003,70| 4.924,10 6.490,50| 16.418,30] 4 58,97 1.225,80
14/26 AOût-‘0unrrener =, ‘ ‘
9, ge
1120 Septembre 7 19.289 | 10.708 276.724| 134.215,30 6.196,45 7.964,25, 148.376,00] 5 55831 1.113,07 ‘
2/14 Getobre ..…...-
9 2.26 ‘
Octobre 11 prostate 20.032 12.268 239.692| 111.410,40 5.377,60, 3.236,50] 120.024,50] 4| 61,28! 1.196,54
16/28 Octobre .....-... = =
13/25 0 20.103 12.225 248.921| 129.508,80| 5.531,20 &gt; 135.040 » 4 60,81 1.238,22
Décembre... 20.216 11.833 317.156 —118.266,10| 7.119,15 ° 125.385,25 5 58.53 1.255,07
(4.888 2.790.986 1.332.963,85 40-600,10| 24; 064 70/1406. 626701 52 | 73.64 3.805,82
        <pb n="187" />
        ÎI. PÉRIODE DE GUERRE (Suite et fin)
INDEMNITÉS PAYÉES
JOURNÉES -_ Nombre POUR CENT JOURNÉES
MEMBRES —CHÔMEURS DE PAR LE PAR DES TOTAL de DE Hé GE
‘ à ASSOCIATIONS James PUR CENT
CHÔMAGE FONDS EL RECRAITS “paiements! CHÔMEURS = MEMBRES
1917 ;
Jauvier à. +00 re a ur» 19.219 11.967 158.862 112.709,65 5.751,35 118.461 a 62,26 1.346,90
Hévrier...... 19.085 12.427 158.359 116.304,75 5.935,75 122.240,50 à 65,11 1.400,88
Marsi… +1 0000000010 + 19.423 12.371 336.993 146.531,45 7.585,05 154.116,50 5 63,69 1.388,01
AVIIL: 00001000 140505 19.498 12.218 269.763 117.426,45 6.074,30 123.500,75 4 62,66 1.383,54
Mai... 5.200100 0 10044 19.579 12.048 266.909 116.161,30 6.054,45 122.215,75 4 61,55 1.363,24
Juin. .....…..+004427 0060 1 + es 19.846 11.988 328.031 142.448.75 7.615,55 150.064,50 + 60,40 1.322,30
Juillet +000 1000500 20.097 11,791 256.068 110.778,55 6.087,70 116.866,25 58,67 1.274,16
Août........…....+++++.. 20.226 11.360 245.698 105.954,55 5.985,45 111.940 » q 56,15 1.214,76
Septembre ............... 20.448 10.944 294.615 126.895,35 7.366,15 134.261,50 ; 53,52 1.152,60
OCLODTE 12000120 0800 0004 0 21.385 11.461 302.958 127.473,85 7.284,65 134.758,50 53,84 1.138,67
Novembre .........….….…... 21.474 11.160 244.265 102.379,40 5.814,85 108.194,25 4 51,96 1.137,49
Décembre .....….... 2060 m 21.612 11.057 242.597 101.800,25 5.821,25 107.621,50' a 51.16 1.122.51
21.612 15.153 3.314.108 1.426.864,50! 77.376,50 1.504.241 52 70,11 15.334,57
1918
JATIVIEL 10.2 011010100000 0 20.910 11.086 244.847 102.842,85 5.888,15 108.731, » 1 53,01 1.170,95 9
RÉVIICL + v0-0sierae eine sea ta V0 21.142 10.954 241.101 101.042,05 5.879,20 106.921,25 51,81 1.140,30
Mars. 01e as 0 veu 08 21.649 11.297 308.618 128.672,60 7.491,65 136.164,25 52,18 1.140,44
AVI 101201 00 0C1 00100008 21.844 11.464 253.763 105.839, » 6.149,25 111.988,25 52,48 1.161,70
Mai :......+...#.…u 00010 21.948 11.512 258.010 107.608,86 6.221,45 113.830,25 52,45 1.175,55
Juin... ...+ ++ 00000000 0 000 22.092 11.662 320.678 133.632,80 7.714,70 141.347,50 ; 52,78 1.161,24
Juillet: .......+.#0 0001010 22.203 10.891 244.560 101.669,80 5.993,95 107.663,75 : 49,05 1.099,22
AOÛ 101 eu eue 0021100000 22.264 10.748 241.390 100.977,20 5.958,80 106.936, » 48,27 1.084,21
Septembre .....-...….….…. 22.31) 10.595 293.619 123.576,45 7.319,80 130.896,25 47,48 1.052,82
Octobre... 104000001000 15 23.333 12.200 257.442 109.876,85 6.275,40! 116.152,25 * 64.62 1.152,74
2.663.928 |, 115.738,40, 64.892,35 1. 180.630,75| 43 1 11.971,64 -
one

…
        <pb n="188" />
        : =
IV. PÉRIODE D’APRÈS-GUERRE =
+ -—
E
INDEMNITÉS “tn SOUEX ES PER
JOURNEES ! DES AssoorÉs 2 ä 9 CHÔMAGE ï
MEMBRES —CHÔMEURS DE DU TOTAL &lt;a) ?
ET RETRAITS &lt; S DE CHÔMEUX POUR 100
CHÔMAGE FONDS ; 1 .
D 'EPARGNE mn MEMBRES
1918
Novembre ,..…....….-+ 22.550 15.251 Sn 015) 154.141,50| 7.274 ; 161.415,50' 4 67,63 1.552,62
Décembre .………….....,... 23.644 14.848 419.777| 184.330,85 9.485,90] 193.816,75 5 62,79 1.775,46
23.644 17.309 769.893] 338.472,35| 16.759,90 | 355.232,25] 9 | 73,20 3.256,61
(total de) | (Total de)
l’année (l’année)
= = ==; =&gt; == —&gt; = Tam ms 2
1919 23.412 14.396 328.255] 142.836,95 8.437,55 — 151.274,50 4 61,48 1.402,07
JANVICr ee nest ess on 6 25-737 14.250 325.622} 141.340,05 8.723,20 — 150,063.25 4 55,36 1.265,19
Révricre. 20e Tee 29.254 14.199 398.706 172.439,30 11.541,70 183.981 » 5 48,53 1.362,91
SET CAR Re 31.354 13.396 298.484 128.765,35 9.167,65 137.933 » 4 | 42,72 951,48
Avril 1 AN VA Le 32.805 12.297 169.786] 115.424,40 9.145,35  124.569,75 4 | 37,48 822,39
Mai…..............…….... 34.548 10.868 277.377 116.841,85, 10.783,40 127.625,25 5 31,45 802,87
GE ee ONE 35.594 8.020 157.922 65.765.15 6.493,85! 72.259 » 4 22,44 443,67
Juillet 0 37.015 6.487 121.171 50.112,15 4.951,85; 95.007 » 1 17,52 327,35
AGût.+..............… 38.637 5.438 118.013 48.539,65 4.759,10] 53.298,75 5. 14,07 305,44
Septembre ...... ......… 40.319 4.097 "74.158 30.817,10 3.069,40 33.886,50 4 10,16 182,42
Octobre..….-........…:.…… 41.831 3.340 62.293, 25.922,45! 2.587,30 28.509,75 4 3,22 148,91
Novembre .............… 43.362 3.310 68.794 28.667,90! 2.867,35 31.535,25 5 7,63 158,65
Décembre ..…......…..,….
TS TT = = T _ = T5 me =I
13.362 16.647 2.500,581{/1.067.472,30! 82.530,70 1.150,003 52n 38,18 5.766,75

LE 3)
        <pb n="189" />
        LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND
DÉPENSES POUR CHOMAGE PAR MEMBRE

DANS LES DIVERSES INDUSTRIES
INDUSTRIES 1912 | 1913 ! 1914 1915 1916 |! 1917 | 1918 | 1919
fres. frcs. frces. frcs. frces. fres. fres. frces.
Fileurs de coton.....…. 3,27| 3,03' 41,32 00:92 |125.51/111259 106,21 34,47
Tisserands.... 1,39| 3,34" 36,16 34,79, 97,12/115,56/102,97 40,15
Liniers..............…. 2,06| 1,35 8,49 61,29 111,96 103,87 95,33 36,29
Ouvriers des Métaux... 3,37| 7,04 41,60 31,89 27,49; 52,81| 30,25, 13,20
- du -Bois......{. 3,23 9,80, 45,34 29,88 22,36] 31,79; 33,10j 11,27
— du Bâtiment... 9,88 10,99 45,94 33,21| 36,62! 57,15| 38,08| 7,57
— du Vêtement.. 0,43 0,38, 7,68, 18,63 68,80! 85,44| 81,80! 40,84
—— du Livre... TS 3,92 50,02 56,07 46,74 45,73 40,07 15,57
Employés... ....&lt; 0,47| 0,94 6,57, 9,06 11,51| 9,54 4,92 1,32
Divers et non classés. 3,87 2,20 7,29 34,03 42,46 42,35 43,18 20,95
3,02] 3,93 21,68 13,02] 18,56) 69,60] 64,65| 26,52

173
        <pb n="190" />
        174 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE LE FONDS DE CHOMAGE DE GAND
RENSEIGNEMENTS ANNUELS SUR LES DIVERSES OPÉRATIONS EFFECTUÉES
‘ bis a|bêlg g 2 M ; Montant | Secours Total ot ; states ver
"É se Ë ; ë S = | : = 2 4 af | s Dépenses Retraits LL. 4 nm | Indemnités mer ! a que ses « de chômage totales
ji # E- ê S # $ € f LA syndicales * d’Épargne perarntet = + “| différées | détaires ‘encommagements | l'ammance ,! ax at TE
‘ #=l e 1. 20 ee ‘ chômage 2 membre [chômeur | affilié | chômeur
1913... 8 47 (17.055; 2 | 4.968/22.023 49.361| 4.605; 57.083,72 1.014,55} 58.098,27 26.851,47] ses » 28.455,12 36.553,39] 67 | 21 2,à/ 10,7| 8,93| 48,79
1914..| 8 | 44 |15.886| 2 | 5.288/21.174| 496.,436|10.655| 270.034,98 8.130,20} 278.165,18 237.015,90/11.799,56|10.404 »| 259.219,46| 537.384,64| 50 | 50 | 23,4| 46,5| 25,37| 50,43
1915..| 7 | 43 |17.639| 2 | 8.265/25.904|1.779.741}13.997 871,50} 71.719,10} 72.590,60 1 . » 24.192 »|1.089.449,15/1.162.039,75| 6 | 54 | 6G8,7| 123 »| 44,85] 83,02
1916..| 6 | 42 |14.702| 2 | 5.514|20.216/2.790.986/14.888 47.339,00 2.251,10} 49.600,10 1.332.963,85 » 24.064,75|1.357.028,60|1.406.628,70| 3 | 73 | 138,5| 187,4| 69,58| 94,48
1917..| 4 | 42 |15.741| 8 | 5.871/21.612/3.314.108/15.153| 70.445,20 6.931,30] 77.376,50 1.426.864 :50 » ‘a1.040  »|1.427.904,50|1.505,28t »| 5 | 70 | 153,3| 218,7) 69,55| 99,34
1918..| 4 | 42 (17.540| 4 | 6.104|23.649|3.433.421|17.309| 73.538,05 8.114,20] 81.652,25 1.454.210,75 » a2.710 »1.456.920,75/1.535.573 »| 5 | 73 | 154,2| 198,3| 64,56| 88,85
1919..! 4 | 43 |38.103| 4 | 5.259/43.362/2.500.581|16.647 75.968,40 6.562,30] 82.530,70 1.067.472,30 » 4.160 »|1.071.632,30|1.154.163 » 8 38 | 57,6) 150,2| 26,52| 75,09

175
        <pb n="191" />
        CHAPITRE XXVII
Suppression du Secours Chômage
et institution du Secours Alimentaire

Les œuvres de secours du Comité National s’étaient créées une
à une, petit à petit, et avaient fini par se multiplier considérablement.
Elle impliquaient chacune des comités ou administrations spéciales,
qui, parfois ne coordonnaient pas leurs mesures et leurs efforts. Il en
résultait, pratiquement, des discordances et des abus. Une certaine
unification s’imposait.

D’autre part, depuis longtemps, dès la fin de 1916 et le début de
1917, un mouvement d’opinion se faisait sentir pour demander l’aug-
mentation des secours. Le prix de la vie renchérissait de jour en jour
dans toutes les parties du pays, et l’insuffisance des secours s’accen-
tuait. Le Comité National fit de vains efforts pour obtenir des auto-
rités allemandes l’autorisation d’augmenter le taux de ses secours,
notamment du Secours Chômage. Quand on vit que la résistance
était définitive, on résolut de recourir à un moyen détourné : modi-
fier l’organisation des secours principaux.

Telles sont les raisons qui poussèrent le Comité National à étudier
dès le milieu de 1917 une réforme importante. Elle aboutit, en août
1917, à l’institution du Secours Alimentaire.

L’idée fondamentale était de rendre les œuvres plus simples et
plus uniformes pour en rendre le fonctionnement plus aisé, supprimer
des abus et des fraudes.

Le premier caractère de la réforme consistait à fusionner plusieurs
secours : le Secours A, ou secours aux nécessiteux en général ;

Le Secours « pour vivres supplémentaires » qui avait été institué
pour parer une manœuvre des autorités allemandes, qui avaient
exigé des vivres supplémentaires pour les ouvriers astreints à un
dur travail — c’est-à-dire généralement les ouvriers travaillant
pour l’occupant. On avait généralisé la mesure, pour qu’il n’y eût
point de privilégiés ;

Le Secours C ou Secours Chômage ;

Le Secours Chauffage ;

Et le Secours Vêtement.
        <pb n="192" />
        SUPPRESSION SECOURS CHOMAGE. INSTITUTION SECOURS ALIMENTAIRE 177

Tous ces secours spéciaux étaient donc réunis et devenaient le
Secours Alimentaire.

C’était l’abandon d’un secours spécial destiné à la classe ouvrière.
Les partisans du Secours Chômage y avaient vu la préoccupation de
ménager la dignité du travailleur, un souvenir de l’assurance chômage
où elle existait et là où elle n'existait pas, un encouragement, un
avant-goût de cette assurance pour l’avenir.

Mais il fallait reconnaître que, par suite de la longue durée de la
guerre, la misère s’était étendue à toutes les classes de la société et
s’était considérablement aggravée. Tout le monde était devenu néces-
siteux. Tout le monde allait au misérable ravitaillement, dans cer-
taines villes même tout le monde allait à la soupe populaire. Du
moment que les pouvoirs publics étaient obligés d'étendre leurs
secours à presque toute la population, du moment que l’entr’aide
sociale devenait permanente, il n’était plus question de faire une
place à part à l’ouvrier, d’autant plus que la presque totalité des
chômeurs participaient au Secours A, qui était donné sans distinction
personnelle.

Le second caractère de la réforme était l’augmentation des secours.
Par rapport au Secours Chômage, le Secours Alimentaire est évidem-
ment supérieur. En effet, il atteint, au maximum :

Pour les personnes de plus de seize ans, 4 francs par semaine,
alors que la ménagère n’en recevait que 1 fr. 50 ; pour les enfants de
10 et 16 ans, 3 francs au lieu de 50 centimes ;

Pour les enfants de moins de 10 ans, 2 francs au lieu de 50 centimes.

Ces taux avaient été arrachés, après de longues négociations, aux
autorités allemandes.

Il y a lieu, toutefois, de faire observer que cette augmentation
était, pour certaines localités, purement théorique. En effet, en beau-
coup d'endroits, le Secours À avec les allocations dues aux communes
et aux Comités provinciaux, atteignaient déjà ces taux. Mais, comme
ce n’était pas le cas partout, le Secours Alimentaire, en les générali-
sant, représentait une augmentation de bien-être.

En outre, l’état de besoin, base de l’admission au secours, était
également plus élevé, du moins pour les ménages de composition
moyenne.

Il était porté aux chiffres suivants :

Pour les ménages d’une personne  7fr. par semaine
— de deux personnes 10 fr. 50 —
trois = 14 fr. _
quatre — 17 fr. 50 —
cinq — 21 fr.
12
        <pb n="193" />
        178 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Pour les ménages de six personnes 24 fr. 50 —
— sept 7 28 fr. 50 |
me huit — 31 fr. 50
— neuf cu 33 fr. 25
== dix - 35 fr.

Pour ceux de plus de dix personnes, 1 fr. 50 de plus par personne
supplémentaire.

En outre, le Comité National prenait désormais à sa charge l’allo-
cation pleine de 4, 3 ou 2 francs, de sorte que les Comités provinciaux,
les Comités locaux et les communes, qui y ajoutaient des subventions
formant « l’effort local » pouvaient ainsi accroître encore l’indemnité
totale. Ils étaient invités d’ailleurs à le faire, de façon à atteindre
partout l’état de besoin.

IT est hors de doute qu’en beaucoup d’endroits, cela représentait
une amélioration sensible.

Cependant, en regard de ces avantages, il convient de remarquer
que le Comité National supprimait le Secours charbon et le Secours
vêtement en ce sens qu’il faisait payer aux secourus ce qui leur était
auparavant offert gratuitement.

Enfin, un des caractères essentiels de la réforme était l’institution
du livret de bons, en vigueur depuis longtemps dans la province de
Namur, qui était étendu obligatoirement à toutes les provinces.

On le justifiait de la manière suivante :

« L’usage du livret, qui paraît à première vue devoir exiger de mul-
tiples jeux d’écritures et compliquer la tâche des Comités locaux,
n’offre cet inconvénient qu’en apparence. L'expérience faite déjà en
divers endroits, a donné des résultats pleinement satisfaisants. Elle a
démontré que le système n’aggrave pas sensiblement le travail des
bureaux, débarrassés notamment du service du chômage, et qu’il
rend les fraudes beaucoup plus difficiles ; nous sommes convaincus
que la généralisation de son emploi contribuera puissamment à garder
au secours le caractère de Secours Alimentaire, que les ressources seront
plus malaisément détournées de leur destination et soulageront plus
sûrement les seuls besoins immédiats.

«Les avantages de ce système nouveau nous apparaissent considé-
rables. Il est plus simple pour le Comité National en ce qu’il supprime
pour une grande partie les mouvements de fonds remplacés par des
opérations de comptabilité ; il est plus clair pour les nécessiteux ; il
est plus sain en ce qu’il supprime la tentation de bénéficier sans dis-
cernement de tous les secours : désormais, le ménage dispose de
nouveau d’un budget restreint mais bien déterminé, et il choisit ses
dépenses : il ne va pas à la soupe, s’il n’a pas besoin de la soupe, il
        <pb n="194" />
        SUPPRESSION SECOURS CHOMAGE. INSTITUTION SECOURS ALIMENTAIRE 179
réserve ses bons pour l’obtention d’un secours qui lui est plus précieux ;
le secouru reprend conscience d’une responsabilité, découvre de nou-
veau un intérêt concret à dépenser ses ressources avec circonspection.
L’esprit d’économie peut, dans une certaine mesure, retrouver son
application ».

Ces motifs, extrêmement louables, à coup sûr, comportaient une
certaine part d’illusion.

D’une part, le travail d’écritures n’était pas négligeable. Il y avait
deux livrets par ménage secouru, l’un étant retenu pour contrôle et
inscription des nouveaux crédits, pendant que l’autre était en cireu-
lation. Le secrétaire-trésorier du Comité local devait inscrire sur le
livret le solde de la quinzaine précédente, l’allocation pour la quin-
zaine en cours, en déduire les retenues éventuelles pour vêtements,
pour timbres médicaux, etc... et indiquer bien clairement le solde
disponible. Les fournisseurs notaient sur le feuillet de quinzaine, les
marchandises achetées, et le montant dépensé, et, après chaque
opération, une soustraction était faite, indiquant le reste disponible
pour l’achat suivant. Il y avait un feuillet par quinzaine, et une feuille
de bons à détacher. C’était en somme, un véritable carnet de chèques,
tenu constamment à jour.

Ensuite, on ne supprimait pas, comme on le croyait, toute possi-
bilité de fraude : supprimer tout secours en argent, n’était pas suppri-
mer les abus, puisque celui qui avait besoin d’argent pouvait revendre
les denrées elles-mêmes. C’est ce qui arriva d’ailleurs couramment.
On n’hésitait pas à accepter des denrées dont on ne voulait pas faire
usage pour les céder à vil prix — ou parfois à haut prix. Une sur-
veillance continue dut être exercée à ce sujet. Tout ce qu’on peut dire,
c’est que le livret rendait ce trafic un peu plus difficile.

Enfin, l’expérience démontra que la portée éducative du livret eut
peu de résultats. Ce n’était pas parce que le compte était écrit, avec
son solde répété, qu’il faisait réfléchir davantage la ménagère.

Quoi qu’il en soit, dans son ensemble, la réforme était évidemment
utile.

Le nouveau règlement adoptait et précisait la plupart des règles
du Secours Chômage. La pratique avait fini par élaborer toute une
jurisprudence pour l’évaluation des ressources, pour le caleul des
secours, etc. Le contrôle était renforcé, la comptabilité perfectionnée.

La réforme eut aussi des conséquences appréciables en ce qui con-
cerne les Comités. Là où existaient des Comités spéciaux pour le Secours
Chômage et pour le Secours A, il fallut les fusionner, et trouver un
modus vivendi, ce qui ne fut pas toujours commode. Les questions de
presonnes se mêlèrent aux questions de méthodes et d’administration.
        <pb n="195" />
        LE SECOURS ALIMENTAIRE 2

re 7 =

AU 31 DÉCEMBRE 1917 AU 30 JUIN 1918 AU 31 DÉCEMBRE 1918 2

COMITÉS _
PROVINGIAUX PoPULATION Ménages Personnes Ménages Personnes Ménages Personnes
Secourus Secourues Secourus Secourues Secourus Secourues
Agglomération Bruxelloise.............. 826.269 81.872 231.960 84.300 227.774 92.192 244.610 .

ATIVOLS not 1 ae Ce See» 8 950-52L 90-139 325.120 84.414 293.288 114.307 | 367.923
Brabant... 4 ss dt are 2e Fe 737.193 58.255 216.803 57.390 210.690 56.186 | 200.410
Flandre Occidentale Nord.............. 189.519 19.362 : 56.188 17.049 | 66.096 21.834 82.880
Flandre Orientale -.....--.........-../ 1.475.316 | 134.904 | 522.759 2 à 38.2702 527.816 " 55.635 581.719
Hainaut... +. 1.-4 1.) 1.207.338 À 140.100 | 387.149 132.290 378.163 207.005 564.211
Liéges. +... 12-20 100 TO SALES 901.407! 96.848 284.231 109.264 312.289 130.001 384.952
Timbourgs +. 55. 0e se te 296.282 | 17.750 79.939 18.855 80.536 18.327 79.556
Luxembourg - &gt;. ++ 2t +de nee 235.653 5.943 » 19.845 7.543 25.250 7.610 24.885
Namur ..-.....-.-.......cu ru eue 383.931 25.741 82.793 24.106 77.175 29.790 104.194

ToTAUX Lu 0e 7203 -429 665.914 2.206.787 673.482 — 2.199.027 632.793 2.634.840 7
        <pb n="196" />
        SUPPRESSION SECOURS CHOMAGE. INSTITUTION SECOURS ALIMENTAIRE 181

Le Comité National a donné dans son rapport général une statistique
des bénéficiaires du Secours Alimentaire à trois époques : au 31 dé-
cembre 1917, au 30 juin 1916 et au 31 décembre 1918 (v. p. précédentes).

On voit qu’il y a eu une augmentation du nombre des ménages
secourus au 30 juin 1918, puis une diminution au 31 décembre 1916,
mais une légère diminution des personnes secourues au 30 juin 1918,
et une sérieuse augmentation à la fin de la même année.

Mais le Comité National ne nous donne pas de renseignements sur
le passage du Secours Chômage au Secours Alimentaire.

Nous l’avons étudié spécialement pour la province de Liége, en fai-
sant le relevé des principales données pour les quatre premières quin-
zaines, c’est-à-dire les mois de novembre et de décembre 1917, et en
soumettant la première quinzaine du Secours Alimentaire à la même
enquête statistique que la cinquantième du Secours Chômage. On
trouvera ces comparaisons à l’annexe n° 6, p. 249.

Signalons ici les résultats les plus saillants.

Le nombre des ménages secourus qui était au Secours Chômage,
de 62.000 environ, était passé à 89.524 à la première quinzaine du
Secours Alimentaire et à 96.849 à la quatrième. Celui des personnes
secourues, qui était de 200.172 au Secours C, fin octobre était devenu
fin décembre 284.233 et représentait 31 pour cent de la population.

Mais le Secours Alimentaire comprenait le Secours A, qui comptait
fin octobre 1917, 227.560 personnes secourues. Seulement, il y avait
beaucoup de ménages participant aux deux secours. Dans la ville de
Liége, il n’y avait guère que 19 pour cent des secourus À qui
n'étaient pas inscrits au Secours C, et 2 pour cent des chômeurs qui
n’étaient pas bénéficiaires du Secours A. Il résultait donc de notre
relevé que le Secours Alimentaire avait recueilli un plus grand nombre
de personnes que les anciens Secours À et C réunis.

Si l’on compare la statistique de la première quinzaine du Secours
Alimentaire (novembre 1917) à celle de la cinquantième du Secours
Chômage (mars 1917), on constate une augmentation très sensible : il
y à 34 pour cent des ménages en plus et 25 pour cent des personnes.
Rien d’étonnant à ce que l’augmentation proportionnelle du nombre
des ménages soit plus forte que celle du nombre des personnes : la
cause en était dans le grand nombre de ménages nouveaux composés
d’une personne, repris au Secours Alimentaire. Il y avait, en effet, au
Secours À (nécessiteux en général) bien plus de ménages d’une per-
sonne qu’au Secours Chômage. Le règlement de ce dernier imposait,
comme condition sine qua non d’admission la preuve que les secourus
étaient occupés comme ouvriers en juillet 1914. Beaucoup d’anciens
ouvriers et ouvrières, vieux et vieilles et incapables de travailler par
        <pb n="197" />
        182 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
suite de leur âge, étaient de ce chef exclus du Secours C et repris au
Secours A. D’autre part, le Secours C excluait du bénéfice de ses allo-
cations certaines catégories de personnes, telles que journaliers, jour-
nalières, les malades, les infirmes, les accidentés, etc. En outre, le
règlement du Secours Alimentaire permettait à des personnes isolées
privilégiées de former des ménages séparés : telles étaient entre autres
les invalides de guerre, les femmes de militaires, ete…

Dans l’ensemble des ménages de la Province, ceux de 1, 2 et 3 per-
sonnes formaient la très grosse majorité, soit 82,2 pour cent.

Quant au nombre de personnes comprises dans chaque catégorie
de ménages, il n’y avait guère de changement du Secours Chômage au
Secours Alimentaire. La même proportion de secourus, un peu plus de
20 pour cent, était comprise dans les ménages de trois personnes (Voir
diagramme III, p. 252).

Au Secours Alimentaire, les notions de chômeurs et de ménagères
disparaissent. Les allocations sont accordées suivant l’âge des secourus.
Le tableau © répartit les ménages d’après ce caractère. On voit que le
plus grand nombre de ménages (54,41 pour cent) ne comprend que des
adultes. Viennent ensuite les ménages comprenant les adultes et les
enfants de moins de 10 ans (19,65 pour cent), puis ceux composés
d’adultes et d’enfants des deux catégories (12,78 pour cent) représen-
tant à peu près la même proportion que ceux composés d'adultes et
d’enfants de 10 à 16 ans (12,59 pour cent).

La répartition des personnes dans les ménages suivant l’âge des
secourus qui composent ces derniers (tableau D) ne présente plus la
même homogénéité que précédemment.

Le tableau E reprend la composition moyenne des ménages et la
compare aux résultats du Secours Alimentaire. À la cinquantième
quinzaine du Secours C, le ménage moyen se composait, pour la
province de Liége, de 3,19 personnes, dont 2,16 adultes et 1,03 enfants.
À la première quinzaine du Secours Alimentaire, le grand nombre
de ménages à une personne fait baisser la composition du ménage
moyen : 2,94 personnes dont 2,04 adultes et 0,9 enfants. En d’autres
termes, alors qu’au Secours C, sur 10 ménages nous comptions 32 per-
sonnes, dont 21 adultes et 11 enfants, au Secours Alimentaire, nous
ne trouvons plus que 29 personnes, dont 20 adultes et 9 enfants.

La répartition des ménages d’après le secours accordé par le Comité,
National fait l’objet du tableau F et du diagramme IV, (p. 254). On y
voit des différences sensibles, qui se traduisent par le déplacement du
« mode » ou ordonnée maximum. Au Secours Alimentaire, les sommes
les plus fréquemment distribuées par le Comité National sont plus
importantes qu’au Secours C.
        <pb n="198" />
        SUPPRESSION SECOURS CHOMAGE. INSTITUTION SECOURS ALIMENTAIRE 183
MopEs
Secours Chômage Secours Alimentaire
8 à 10 francs... 24,21 p. c. 6 à 8 francs... 24,65 p. c.
4à 6 francs... 2117». €. 14 à 16 francs.... 15,35 p. c.
10 à 12 francs... 15 p.ce. 20 à 25 francs.... 12,18 p. c.

L’augmentation pouvait se chiffrer pour la province par 59 pour
cent.

Les tableaux G. et H. nous donnent des indications plus détaillées
en ce qui concerne la répartition des ménages d’après le secours
accordé par quinzaine par le Comité National.

L’effort local venait ajouter un supplément intéressant au secours
de quinzaine alloué par le Comité National. On désignait ainsi, comme
nous l’avons dit, les allocations accordées aux secourus et qui étaient
couvertes au moyen de fonds recueillis par les organismes locaux.
Ces fonds provenaient de dons particuliers, de subsides de la com-
mune ou d’établissements d’utilité publique (bureaux de bienfaisance,
hospices) et des bénéfices de l’alimentation.

Ces allocations comprenaient notamment :

19 Des secours distribués en espèces ou portés sur les livrets de bons
ou encore accordés sous forme de bons de marchandises (viande,
denrées, charbon).

20 Des réductions sur le prix de la soupe.

30 Des réductions sur le prix du pain ou sur le prix

u charbon ; ainsi que des interventions spéciales en nature (lait
œufs, fortifiants) aux malades.

D’après le rapport général du Comité National, l’effort local s’est
élevé, pour la Belgique, au 31 décembre 1918, à 610.105.964 fr. 67.

Dans la province de Liége, 202 Comités locaux sur 334 se faisaient
un honneur de prendre leur part d’intervention dans le Secours Ali-
mentaire. Il faut citer notamment la Ville de Liége qui, sous forme
de réduction sur le prix du pain, allouait en fait des sommes énormes
aux secourus.

Les Comités provinciaux intervenaient de leur côté pour une
large part dans ces suppléments.

Nous avons vu que le Comité National s’était efforcé en vain d’obte-
nir des autorités allemandes que le Secours Alimentaire fût augmenté,
vu la hausse énorme du prix des denrées alimentaires et des objets de
première nécessité.

En présence du refus de l’administration civile, on éleva indirecte-
ment les secours par l’effort local, qui, aidé du Comité provincial,

+
        <pb n="199" />
        184 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
cédait aux secourus le pain, la soupe, des vêtements, des denrées
diverses, de la houille en dessous du prix de revient et parfois gratui-
tement.

À deux reprises, le Comité National fit des distributions extraordi-
naires de vivres et doubla son secours pour des raisons soi-disant
administratives. Des allocations doubles furent parfois distribuées
par l’effort local à d’autres occasions.

Chacun ainsi contribuait à soutenir une population vaillante et
travailleuse, réduite à l’inaction et à la misère.

Enfin, le 19 octobre 1918, au moment où l’armée allemande fléchis-
sait sous l’effort victorieux des armées alliées, le Comité National
annonça une augmentation du barème des secours. L’état de besoin
était augmenté de 50 pour cent. Il partait de 10 fr. 50 au lieu de 7
pour les ménages de une personne, et atteignait 57 fr. 75 pour les
ménages de 10 personnes, au lieu de 35 fr. 50.

En outre, l'intervention du Comité National était également majo-
rée de 50 pour cent, elle pouvait atteindre 6 francs par semaine par
adulte au lieu de 4 francs, 4 fr. 50 par enfant de 10 à 16 ans et 3 francs
par enfant de moins de 10 ans.

Mais on avait laissé aux Comités locaux la faculté d’appliquer ce
nouveau barème, appelé barème B. Il entraînait des charges plus im-
portantes pour eux, en effet, puisqu’ils devaient couvrir la différence
entre le secours à payer et l'intervention du Comité National. Lorsque
cette condition n’était pas remplie, l’ancien barème (barème A) con-
tinuait à être appliqué.

Ce nouveau règlement entra en vigueur le 3 novembre 1918, huit
jours avant l’armistice.

L’armistice ! La fin de l’occupation allemande ! Dans l’opinion de
combien de Belges ce jour fut-il salué avec allégresse ! Combien aussi
pensèrent que c’était la fin du chômage ! Hélas, il fallut bien vite
perdre cette illusion. Le chômage resta non seulement considérable,
mais ne fit qu’augmenter jusqu’au milieu de l’année 1919.

Le premier effet de la cessation des hostilités fut de licencier les
ouvriers ayant travaillé pour les Allemands en Belgique et en Alle-
magne. Beaucoup de ces gens sollicitèrent le Secours Alimentaire.
Le sentiment patriotique, dans beaucoup de Comités, poussa à leur
refuser impitoyablement tout secours. Mais il n’était cependant pas
possible de refuser toute assistance aux femmes et aux enfants. On
accorda donc souvent le pain et la soupe à ces ménages, et l’allocation
complète ne fut accordée qu’après enquête et examen de tous les cas
individuels.

Au mois de décembre 1918, le Comité National fit savoir que le
        <pb n="200" />
        SUPPRESSION SECOURS CHOMAGE. INSTITUTION SECOURS ALIMENTAIRE 185
délai de carence pour les ménages de ces ouvriers qui avaient failli à
leur devoir patriotique était expiré. Cette mesure de clémence fut dans
différentes provinces, mal accueillie. Des Comités d’arrondissements
prirent une série de mesures ayant pour but de favoriser la population
qui était restée héroïque et elles furent généralement approuvées.

C’est à ce moment que, pour accentuer la prime du travail, les salai-
res furent immunisés de 75 pour cent.

On en revint à l’immunisation de 50 pour cent au 10 février 1919.
C’est la période où le chômage fut le plus intense.

Le Comité National, resté en fonctions à la prière du Gouvernement,
prenant en mains une véritable politique de lutte contre le chômage,
invita les Comités provinciaux à créer des Bourses de Travail dans
tous les centres importants.

Après février 1919, le chômage commence à diminuer sérieusement :
le travail reprend petit à petit, à mesure que l’on répare les dommages
causés par les opérations militaires, la retraite de l’armée allemande
et surtout les destructions systématiques d’usines.
        <pb n="201" />
        CHAPITRE XXVIII
Le retour au Secours Chômage
(JUILLET 1919)

En mars 1919, le Ministère de l’Industrie, du Travail et du Ravi-
taillement, instituait un Conseil National du Secours de Chômage,
avec mission de rechercher les modifications à introduire dans l’orga-
nisation des secours. Dans ce Conseil se rencontraient, sous la prési-
dence du Ministre, des patrons, des ouvriers et des hommes ayant
participé, pendant l’occupation allemande, à la gestion du Secours
Chômage.

La première question qui fut posée au Conseil fut celle de savoir si
un secours de chômage devait être maintenu. Il la résolut par l’affir-
mative. Personne, en ce moment, n’aurait voulu recommander de
supprimer les secours existants à une population aussi éprouvée
par la guerre et où le chômage était encore considérable.

Le Conseil fut en outre d’avis qu’il convenait, étant donné la cherté
de la vie, d'appliquer le barème le plus élevé (barème B) ; mais en subor-
donnant l’octroi des secours à une intervention communale égale au
quart de la dépense.

À partir du le" mai 1919, un certain nombre de Comités provin-
ciaux, dont le Comité de Liége, cessèrent leur intervention.

C’est à cette époque que le Comité National résolut d’allouer deux
quinzaines de secours à tout ouvrier qui reprendrait le travail, mesure
qui se montra extrêmement efficace.

Puis, le Conseil du Chômage recommanda le retour au Secours de
Chômage, c’est-à-dire à la restauration d’un secours spécial à la classe
ouvrière, l’Etat Belge se substituant naturellement au Comité Natio-
nal. Ce fut chose faite au début du mois de juin. Le Secours Chômage
devait être réservé aux seuls ouvriers ou employés de l’industrie
et du commerce se trouvant dans l’impossibilité démontrée d’être
embauchés et étant dans le besoin.

Etaient donc exclus des secours : les artisans, les ouvriers agricoles,
les cultivateurs, propriétaires ou locataires, fermiers, maraîchers,
les négociants, commerçants, boutiquiers, les entrepreneurs, chefs
d'industrie ou de commerce, les gens de service, domestiques, ser-
        <pb n="202" />
        LE RETOUR AU SECOURS CHOMAGE ï
vantes, concierges, cochers ou chauffeurs, garçons et filles de ferme,
les femmes à journée, femmes de ménage, récureuses, les lingères,
couturières, etc, allant travailler à domicile, les journaliers, les jour-
nalières, les colporteurs, les commissionnaires, les personnes exerçant
des professions libérales, les forains, etc.

On se rendait bien compte de ce que, parmi ces personnes ex-
clues à raison de leur profession d’avant-guerre, il y en avait de né-
cessiteuses et de fort intéressantes. Mais on les renvoyait à la bienfai-
sance publique, où elles avaient mieux leur place qu’au Secours Chô-
mage. Le Gouvernement adressait d’ailleurs, le 4 juin 1919, aux com-
munes et aux bureaux de bienfaisance un pressant appel pour qu’ils
accordent, après contrôle sérieux, une allocation aux personnes dont
la misère aurait été nettement établie.

Le Secours Chômage national fut mis en vigueur le 29 juin 1919
et c’est à ce moment que cessa le rôle du Comité National et de ses
sous-organismes.

Nous sortons de la période de guerre et nous n’avons pas à exposer
les principes ni les résultats du nouveau Secours-Chômage. Disons
seulement qu’un grand nombre de dispositions élaborées et mises en
pratique sous le régime du Comité National furent conservées et
développées. On avait fait, en somme, une expérience douloureuse,
en de mauvaises conditions, sans doute, mais permettant cependant
d’envisager la plupart des problèmes qui se posent à toute organisation
contre le chômage.

L’un des traits heureux du nouveau régime fut l’union du Secours
Chômage avec le service de placement par les bourses du travail.

En outre, il prépara la voie à la véritable assurance contre le chô-
mage, basée sur des sacrifices des bénéficiaires.

On peut dire que l’héritage du Comité National n’a pas été inutile
au temps de paix.

187
        <pb n="203" />
        <pb n="204" />
        ANNEXE N° 1
(au Chapitre XIV)
Rapport du Comité local de Seraing-sur-Meuse
        <pb n="205" />
        <pb n="206" />
        ANNEXE N° l
Rapport du Comité local de Seraing-sur-Meuse

Dans la commune industrielle de Seraing-sur-Meuse, siège des grands
établissements métallurgiques Cockerill, un système d’organisation des
secours intéressant fut institué.

Un Comité général de Secours, réunit dans ses mains la direction de
toutes les œuvres de secours dans la commune, dont voici la liste :

19 Comité de Secours aux Nécessiteux.

20 Aide et Protection aux Chômeurs.

3° Rémunération aux Familles de Militaires.

4 Œuvre des Orphelins de la Guerre.

59 Aide et Apprentissage aux Invalides de la Guerre.
69 Œuvre du Prisonnier Belge.

79 Aide et Protection aux Œuvres de l’Enfance.

89 Œuvre des Enfants débiles.

9° Comité des Repas Scolaires.

109 Œuvre de la Soupe Populaire.

119 Œuvre du Restaurant et Coin de Terre.

1290 Œuvre de l’Œuf.

139 Œuvre du Vêtement.

149 Comité des Secours Médicaux et Pharmaceutiques.

15° Comité des Fortifiants.

169 Comité de Secours aux Artistes.

179 Comité de Secours aux Evacués et Réfugiés.

18° Comité de la Vacherie.

19° Office des Emplois.

20° Sou du plaisir.

Le Comité de Secours Chômage resta continuellement en contact avec
le Comité de Secours aux nécessiteux et fut pourvu de nombreuses mesures
d’unification.

Nous donnons ci-après le diagramme exposant les résultats du Secours À
et le rapport relatif du Secours Chômace.

AIDE ET PROTECTION AUX CHOMEURS

Le 19 Avril 1915, le Comité Provincial de Secours et d’Alimentation, avi-
sait le Comité local de Seraing, de ce que le Comité National, siégant à
Bruxelles, avait pris la décision définitive de donner aide et protection
aux chômeurs nécessiteux du pays.

I l’informait qu’en vue de prendre la direction de cet important dépar-
tement, il avait fait appel à Monsieur Mahaim, professeur d’Economie
politique à l’Université de Liége.

191
        <pb n="207" />
        192 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

Il lui faisait enfin connaître les bases générales de ce nouvel organisme,
lui laissant le choix de divers moyens de distribution et lui demandait de
prendre les mesures nécessaires pour assurer, dès le 3 mai, le payement
de la première quinzaine — du 19 avril au lë&amp; mai.

Cette information fut portée à la connaissance du Comité Général de
Secours en sa séance du 25 avril 1915, à laquelle fut constitué le Comité
spécial chargé de la direction du nouvel organisme de secours.

Conformément aux instructions du Comité National, les personnes for-
mant le Comité appartenaient à l’Industrie, au Commerce, aux Institutions
ouvrières, syndicats professionnels, mutualités, etc. ; les partis politiques
étaient ainsi équitablement représentés.

ORGANISATION

Après avoir arrêté les grandes lignes de l’organisation, le Comité eut à
assurer la bonne marche des travaux et à solutionner les difficultés nom-
breuses rencontrées dans l’application du règlement qui n’était encore
qu’ébauché.

Au début les séances furent nombreuses — une chaque semaine — puis
s’espacèrent dans la suite. Il y eut au total 30 réunions du Comité Général
auxquelles les Membres assistèrent régulièrement.

Ainsi qu’on nous l’avait demandé, les paiements de la première quin-
zaine purent commencer le 3 mai 1915.

Il fut distribué un secours total de fr. 17.799,00 réparti entre 2.398 cho-
meurs, 875 ménagères et 786 enfants.

Comme on devait s’y attendre, le nombre de chômeurs fut quelque peu
supérieur à celui accusé par le premier recensement (2.300 chômeurs), celui-
ci ayant dû être exécuté hâtivement en vertu d’instructions sommaires et
différant des instructions ultérieures.

Jusqu’à la 4Me quinzaine incluse, furent seulement indemnisés les chô-
meurs totaux, c’est-à-dire les ouvriers, artisans et employés privés de tout
travail.

Ce fut le 7 juin 1915 que le Comité provincial nous fit part de ce que le
Comité National avait pris la résolution d’étendre les allocations de chômage
aux ouvriers qui ne sont que partiellement privés de leur travail par la
crise actuelle.

Au compte individuel par chômeur fut substitué le compte par ménage.

Le travail accompli dut être complètement remanié et l’application des
nouvelles instructions (5me quinzaine) amena une hausse assez sensible
dans le chiffre des chômeurs, qui s’éleva à 3.646. La somme distribuée
accuse une majoration de 3.462 francs.

STATISTIQUE DES CHOMEURS ET PERSONNES SECOURUES

L'activité de l’Œuvre est résumée par les tableaux et diagrammes su1-
vants :

Le tableau N° 1 renseigne, quinzaine par quinzaine, le nombre de
        <pb n="208" />
        DraGramme Î
ComrTÉ DE SERAING-SUR-MEUSE
SECOURS À ET SECOURS ALIMENTAIRE. NOMBRE DE PERSONNES SECOURUES ET MONTANT DU SECOURS
ds 0m. = -
esse s ES
- 25 8 2g 3 2 $ 88
ê 58 4 E a +04
ue 9 02
2° a 11
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-…- &lt;.5 855 9 8ÉE 8 8 $/ 1 dt
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2 A8
        <pb n="209" />
        <pb n="210" />
        ANNEXE N° ] }
chômeurs et de bénéficiaires accessoires secourus, ainsi que les sommes
distribuées :

Le tableau N° 2 donne le pourcentage :

a) des chômeurs et chômeuses secourus, par rapport à la population
ouvrière ;

b) des personnes indemnisées par rapport à la population générale ;

Le tableau N° 3 donne la moyenne des secours distribués chaque

quinzaine par chômeur et par personne secourue.

Le diagramme représente :

19 Le montant moyen des indemnités payées par jour et calculées par
séries de 28 jours, du 19 avril 1915 à fin octobre 1917;

20 Le nombre moyen de chômeurs secourus.

PE X

Il y a lieu de remarquer que, jusqu’à la quatrième quinzaine incluse,
les chômeurs complets seuls étaient admis à bénéficier du secours chômage.

Le recensement initial avait accusé 2.300 chômeurs, chiffre qui s’éleva
à 2.398 à la première quinzaine.

Au second paiement, le nombre de chômeurs est quelque peu augmenté,
cela provient de ce que beaucoup de personnes n’étaient pas inscrites,
ignorant encore la création de l’œuvre.

Le chiffre s’est alors abaissé à 2.418 à la 3me quinzaine. C’est que, dans
l'intervalle, l’interprétation restrictive du règlement nous a obligés à rayer
certaines catégories, intéressantes cependant, de bénéficiaires, notam-
ment les servantes et journalières.

Avec l’indemnisation du chômage partiel, le chiffre se relève assez sen-
siblement, pour atteindre 3.646 chômeurs à la 5me quinzaine.

Jusqu’à la 24me quinzaine, les variations accusées dans les tableaux
qui suivent, sont dues, pour une grande part, aux variations dans les salai-
res gagnés par les ouvriers.

Au 25me paiement, une hausse légère se fait alors sentir. De 3.737 qu’il
était, le nombre de chômeurs s’élève à 3.947. Cela s’explique par le fait
de l’application de nouvelles instructions ; entre autres améliorations,
ces instructions portaient la prime au travail ou l’immunisation sur les
salaires, au montant de l’indemnité revenant théoriquement à chacun
des chômeurs et aux bénéficiaires accessoires, avec minimum de 5 francs
par semaine.

Jusqu’à la 44me quinzaine, les différences constatées dans le nombre
de chômeurs proviennent de diverses causes, qu’il est parfois difficile de
déterminer ; elles sont dues généralement aux variations dans les salaires.

Nous voyons alors le nombre de chômeurs s’élever progressivement pour
atteindre, à la 58me quinzaine, le chiffre respectable de 5.254. Cette hausse
très sensible provient du fait que les grandes usines du bassin ont été ame-
nées à devoir faire chômer davantage et qu’un grand nombre de mineurs
ont été obligés d’abandonner le travail, la nourriture dont ils pouvaient
disposer étant loin d’être suffisante à la récupération de leurs forces.

a

19:
1
        <pb n="211" />
        194 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
No I. TABLEAU RÉCAPITULATIF
des personnes secourues et sommes totales payées par quinzaine.
Sn NOMBRE NOMBRE DE NOMBRE SOMMES PAYÉES SOMME TOTALE
Zaines|DE CHÔMEURS MEÉNAGERES D'ENFANTS après chaque paiement
; 2.398 875 786 17 799,00 17.799,00
| 2.630 914 1.094 19.616,00 37.415,00
2.418 904 1.181 18.401,00 55.816,00
! 2.599 1.023 |} 1.317 19.980,00 75.796,00
3.646 1.828 2.327 23.442,00 99.238,00
3.485 1.744 2.220 22.277,00 121.515,00
3.961 2.011 2.607 25.504,50 147.019,50
4.174 2.120 2.758 26.037,50 173.057,00
4.242 2.159 2.734 27.057,00 200.114,00
; 3.887 1.925 2.435 22.569,50 222.683,50
; 3.817 1.897 2.403 21.883,00 244.566,50
1 3.962 1.933 2.480 22.882,50 267.449,00
. 3.670 1.795 2.352 20.930,00 288.379,00
; 3.874 1.905 2.487 22.330,50 310.709,50
3.654 1. 785 2.341 20.565,50 331.275,00
3.912 1.922 2.563 21.865,00 353.140,00
3.684 1.776 2.362 20.089,00 373.229,00
3.624 1.801 2.459 22.240,50 395.469,50
: 3.736 1.844 2.507 20.472,00 415.941,50
0 3.549 1.763 2.410 19.397,00 435 .338,50
ra 3.654 1.823 2.476 20.348,00 455 .686,50
2 3.563 1.791 2.449 19.641,00 475.327,50
03 3.571 1.764 2.377 19.749,50 495.077,00
“E 3.737 1.821 2.420 20.805,50 515.882,50
a 3.947 1.898 2.599 24.010,00 539.892,50
5 3.944 1.915 2.618 24.461,50 564 .354,00
; 3.915 1.891 2.623 24.081,00 588.435,00
a 4.133 2-010 2.841 25.895,50 614.330,50
9 3.077 1.939 2.757 25.098,00 639.428,50
su) 3.795 1.822 2.625 23.368,50 662.797,00
1 0 3.849 1.858 2.675 23.813,00 686.610,00
3 3.817 1.837 2.703 23.690,50 710.300,50
} 3.534 1.697 2.499 22.313,00 732.613,50
3.900 1.883 2.800 24.972,50 757.586,00
) 3.637 1.739 2.567 22.530,00 780.116,50
û 3.428 1.641 2.427 21.352,00 801.468,50
3.467 1.641 2.413 21.282,50 822.751,00
: 3.444 1.641 2.412 21.500,50 844.251,50
À 3.442 1.658 2.451 21.661,50 865.913,00
3.400 1.617 2.440 21.388,00 887.301,00
3.481 1.670 2.511 21.898,50 909.199,50
3.509 1.676 2.538 21.880,00 931.079,50
3.508 ; 684 2.557 22.516,50 953.596,00
3.429 ; 653 2.513 21.552,50 975.148,50
3.425 3.647 2.490 22.648,00 997.796,50
3 3.520 1.696 2.558 23.248,50 1.021.045,00
û 3.535 1.697 2.587 35.019,25 1.057.064,25
= 3.609 1.735 2.666 23.881,00 1.079.945,25
3.736 1.793 2.737 24.795,50 1.104.740,75
4.120 2.029 3.032 28.068,50 1.132.809,25
4.224 2.121 3.077 29.196,50 1.162.005,75
à 4.186 2.104 3.035 29.210,50 1.191.216,25
, 4.229 2.124 3.090 29.587,50 1.220.803,75
| 4.358 2.198 3.257 30.713,00 1.251.516,75
4.689 2.391 +. 572 33.390,00 1.284.906,75
Lû 5.116 2.655 3.814 36.889,00 1.321.795,75
=7 5.212 2.696 3.868 38.062,50 1.359.858,25
Ii. 5.254 2.708 882 38.669,50 1.398, 527,75
ba 5.136 2.657 1. 756 38.382,50 1.436.910,25
0 5.066 2.607 3.619 37.816,50 1.474.726,75
14 4.931 2.531 3.547 36.808,00 1.511.534.75
62 4.850 2.483 3.433 37.118,00 1.548.652,75
63 4.705 2.424 3.298 36.069,50 1.584.722,25
64 4.542 2.332 3.193 34.996,00 1.619.718,25
65 4.588 2.300 3.202 53.177,25 1.672.895,50
        <pb n="212" />
        ANNEXE N° l $
N° II. TABLEAU donnant le pourcentage :
1° des chômeurs et chômeuses secourus par rapport à la population cuvrière
2° des personnes indemnisées par rapport à la population générale.
—e À
Quinzaines : NOMBRE Pourcentage partuppott) NOMBRE |Pourcentage parrapport
DE CHÔMEURS à la population ouvrière! DE PERSONNES à la population générale
t 2.398 18,4 4.059 10,1
2.630 20,2 4.638 11,5
2.418 18,6 4.503 11,2
2 599 20 4.939 12,3
3.646 28 7.801 19.5
3.485 26,8 7.449 18,6
3.961 30,5 8.579 21,4
4.174 32,1 9.052 22,6
4.242 32,6 9.185 22,9
3.887 29,9 8.247 20,6
3.817 29,3 8.117 20,3
3.962 30.5 8.375 20,9
3.670 28,2 7.817 19,5
3.874 29,8 8.266 20,6
3.654 28,1 7.780 19,5
3.912 30 3.397 20,9
3.684 28,3 7.822 19,5
3.624 27,9 7.884 19,7
3.736 28,7 8.087 202
3.549 27,3 7.722 19,3
3.654 28,1 7.953 19.9
; 3.563 27,4 7.803 19,5
à 3.571 27,4 7.712 19,3
3.737 28,8 7.978 19.9
e 3.947 30,3 8.444 21,1
H; 3.944 30,3 8.477 212
3.915 30,1 8.429 9
, 4.123 31,8 8.984 22,4
'. 3.977 30,6 8.673 21,6
3.795 29,2 8.248 20,6
3.849 29,6 8.382 20,9
; 3.817 29,4 8.357 20,9
3.534 27,2 7.730 18,4
! 3.900 30 8.583 21,5
a 3.637 28 7.943 19,9
3.428 26,3 7.496 18,7
! 3.467 26,6 7.521 18,8
3.444 26,5 7.497 18,7
- 3.442 26,5 7.551 18,8
‘ 3.400 26,2 7.457 18,6
3.481 26,8 7.662 19,1
&gt;. 509 27 7.723 19,3
3.508 27 7.749 194
:.429 26,4 7.595 19°
425 26,3 7.562 18,9
520 27 7.774 19,4
(535 27,2 7.819 19,5
608 27,7 8.010 20
‘ 3.736 28,8 8.266 20,6
4.120 31,7 9.181 229
4.224 32,5 9.422 23,5
; 4.186 32,2 9.325 23,3
; 4.229 32,5 9.443 23,8
4.358 33,5 9.813 24,5
. 4.689 36 10.652 26,7
5.116 39,3 11.585 29°
; 5.212 40 11.776 29,4
5.254 40,4 11.844 29,6
£ 5.136 39,5 11.549 28,9
Es 5.066 39 11.292 28,2
( 4.931 38 11.009 27,5
6 4.850 37,3 10.766 26,9
Éc 75 36,2 10.427 26
+ 4.542 35 ; 10.067 25,1
; : 10.123 25,3

195
        <pb n="213" />
        196 _ LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
N° III. MOYENNE DES SECOURS
distribués chaque quinzaine par chômeur et par personne.
Quinzaines | SOMMES PAYÉES MOYENNES DES SECOURS |MOYENNES DES SECOURS
un distribués par chômeur|distribués par personne
' 17.799,00 7,42 4,38
19.616,00 7,45 4,23
18.401,00 7,61 4,08
19.980,00 7,68 4,04
23.442,00 6,43 3,00
22.277,00 6,40 2,98
25.504,50 6,44 2,97
26.037,50 6,24 2,87
27.057,00 6,37 2,93
1 22.569,50 5,80 2,74
21.883,00 5,73 2,70
22. 882,50 5,78 2,73
20.930,00 5,70 2,67
22.330,50 5,76 2,70
20.565,50 5,62 2,64
21.865,00 5,59 2,60
20.089,00 5,45 2,56
22.240,50 6,18 2,82
20.472,00 5,48 2,53
: 19.397,00 5,47 2,51
: 20.348,00 5,57 2,56
2 19.641,00 5,51 2,52
© 19.749,50 5,53 2,56
. 20.805,50 5,57 2,60
; 24.010,00 6,08 2,84
2. 24.461,50 6,20 2,90
; 24.081,00 6,14 2,85
* 25.895,50 6,26 2,88
: 25.098,00 6,31 2,89
« 23.368,50 6,16 2,83
f 23.813,00 6,19 2,84
: 23.690,50 6,20 2,83
: 22.313,00 6,31 2,88
: 24.972,50 6,40 2,91
22.530.50 6,20 2,83
‘ 21.352,00 6,23 2,85
: 21.282,50 6,14 2,83
’ 21.500,50 6,24 2,87
21.661,50 6,29 2,86
4 21.388,00 6,29 2,86
‘ 21.898,50 6,30 2,86
‘ 21.880,00 6,25 2,83
‘ 22.516,50 6,41 2,90
‘ 21.552,50 6,25 2,84
4 22.648,00 6,61 3,00
4i 23.248,50 6,60 2,99
4 35.019,25 9,90 4,47
‘ 23.881,00 6,61 2,98
‘ 24.795,50 6,44 3,00
i 28.068,50 6,81 3,16
| 29.196,50 6,91 3,10
su 29.210,50 6,98 3,13
: 29.587,50 6,90 3,13
{ 30.713,00 7,04 3,13
t 33.390,00 7,12 3,13
0; 36.889,00 7,21 3,18
:? 38.062,50 7,32 3,23
E 38.669,50 7,36 3,26
La 38.382,50 7,47 3,32
es 37.816,50 7,46 3,34
36.808,00 7,46 3,34
UE 37.118,00 7,65 3,45
{ 36.069,50 7,66 3,46
A 34.996,00 7,70 3,47
£; 53.177,25 7,72 3,50
        <pb n="214" />
        ANNEXE N° |
STATISTIQUE DES MÉNAGES
a) Nombre de Ménages

A la 31e quinzaine, qui correspond à peu de chose près à la moyenne
de 10 payements consécutifs (du 24 au 33), il a été secouru 2.500 ménages
(au 58me paiement, le nombre de ménages indemnisés était devenu 3.645)
comprenant 3.849 chômeurs, 1.858 ménagères, 2.675 enfants, soit au total
8.382 personnes.

Cette quinzaine a été prise comme base pour la détermination des chiffres
ci-après.

Il est cependant à remarquer que le nombre de personnes composant ces
ménages est, en réalité, plus élevé, certaines catégories de personnes, telles
que journalières, journaliers, servantes, domestiques, qui ne peuvent être
indemnisés, n'étant pas comprises dans nos totaux.

Le tableau ci-après renseigne le nombre de ménages comprenant :

a) des chômeurs complets seulement ;

b) des chômeurs partiels seulement ;

c) des chômeurs complets et partiels.

NOMBRE
NATURE NOMBRE NOMBRE NOMBRE D'ENFANTS
DU CHÔMAGE DE MÉNAGES DE CHÔMEURS DE MÉNAGÈRES DE MOINS
DE 16 ANS
Gomplet ..… ...….. 1.627 2.114 1.102 1.476
Partiel 0200. 424 508 343 498
Complet et partiei.. 449 1.227 413 701
TOTAUX 1... 2.500 , 3 249 1.858 a. 75
b) Composition des Ménages

Les tableaux suivants donnent :

1° la répartition des ménages d’après le nombre de chômeurs secourus ;

20 la répartition des ménages d’après le nombre d’enfants secourus ;

3° la répartition des ménages d’après le nombre de personnes secourues

197
re +: a.vi.
        <pb n="215" />
        198 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Répartition des ménages d’après le nombre de Chômeurs secourus.
— —=—
COMPOSITION DES NOMBRE NOMBRE
MÉNAGES DE MÉNAGES DE CHÔMEURS
L chômeur, dt 1.603 1.603
à chômeurs... anse 559 1.118
— eat etape tite 251 753
— ru ET 65 260
= — ea EN EE 17 85
6 sie ARE CE ae Aie dt 5 30
‘ 0 if
Répartition des ménages d’après le nombre d’Enfants secourus
NOMBRE D’ENFANTS NOMBRE NOMBRE D’ENFANTS
PAR MÉNAGES DE MÉNAGES DE MOINS DE 16 ANS
Sans enfant... T.16L -
ä - SAME SU ER 651 651
Pecniantis. +. 5 ae net» 322 644
4e ee LE 188 564
se Et a A dE ait 104 416
ee et ma ete 48 240
ee na nes acte 22 132
/ ere ER ete dec 4 28
A
Répartition des ménages d’après le nombre de Personnes secourues
NOMBRE DE NOMBRE NOMBRE
PERSONNES SECOURUES DE MÉNAGES DE PERSONNES
PAR MÉNAGES
1 personne .....++.………-» 385 385
se DOISONTIES +10 0iats v10 01e 27010 538 1.076
== a 599 1.797
: AS A CE 397 1.588
= ee TER 259 1.295
. AE a TEE 157 942
te ele 82 574
A tel sde ce ele etais ‘ 344
- eo a aus . 225
! : a a ft {. 100
, - Re Ne , 44
12 TEA a - 12

2.500 3.84:
2.50 2.675
2.500 8.382
        <pb n="216" />
        ANNEXE N° |
RÉPARTITION PROPESSIONNELLE
Ci-après la statistique des chômeurs et chômeuses de Seraing, secourus
par notre organisme et classés par profession. Ces chiffres ont été détermi-
nés en se basant sur la 23m€ quinzaine.
10 Chômeurs de l’Industrie
ge - —
CHÔMEURS CHÔMEURS
GROUPES D’INDUSTRIES TOTAL
COMPLETS PARTIELS
er AT VETEIIIEITES 68 169 237
Carrières ......….2+&lt;+++r enfer a nee 8 12 20
Métaux. ......…….+2 22000 eme aie re 0000 550 744. 1.294
Armuriers.. ...…...…+……#-#&lt;.. 4 » 4
Céramiques .........0000000ee 000000 11 — 11
Verrières.. 2... &lt;&gt; er ea eme 100 00000 807 78 | 885
Chimiques ..........…++000ecee0000000 25 6 31
Alimentaires .....+..+0 +++ 0040 01650 0 000 05 31 10 41
2UCTET EOPREIPES PIRE TR EE LAS 9 3 12
Vêtements. + ++ &lt;iareruretaie avaiinin tenave re one 262 16 278
Construction» ....+..+++++ 10 "red en 5 5» 259 34 293
Bois et ameublements...........0+000- 78 14 92
Peaux ot Cuirs:. +100 0000000 0001000 33 6 39
LiIVrC ….++++veveun ee ru Hitman et A EC ES 19 6 25
Art et précision.............…..…..….... 12 11 23
Transports publics ...........&lt;00&lt;00000 3 5 13
"Transports privés .......…...4.22420 00 et 14 75
Horticulture. - Eater cie nie are ee ne qe te |
Ouvriers d'usine ...……….....…...
Non
Es Manœuvtres .….+...+++++&gt; +++ 0 ++
AULTES vecu eee ere 0000 +
Employés en général 0.0 0er e sis mie /5i» 2 !
Electriciens: . +.» 1m ir triernie voice rirqe aire eie 16 28 J
Mécaniciens... ++. + #0eir ie aie ie nette cie 1 »
Machinistes et chauffeurs .............. 3 -
Coiffeurs .…….....++..+.+w000 00e 0e 2 6 -3
a - 9 ss 5u. 3.447

199
z. 28; i.16:
        <pb n="217" />
        200 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
20 Chômeurs du Commerce
VENTE DES PRODUITS CHÔMEURS CHÔMEURS
TOTAL
DES INDUSTRIES COMPLETS PARTIELS
MÉLAUX e+0e re neeee eee eee een »
Céramiques et verreries ..........
Chimiques +..." +. 1 1
Alimentaires nn 40 14 54
Textiles et vêtements................. 18 19
Bois, ameublements, construction ....…. 3 3
Peaux, CUS rene rare rar aererates
Polygraphiques ..-........4422+ 004 1v 15
Vente d’articles divers (bazars) .....…. 7
Banque et crédit ..................…- | ’
Assurances ww Tete ra Ma :
VMoyagenrs need an end 2 Ë
Industrie hôtetère ..:.....\eut 04. 2 :
Divertissements publics ......s........ 3 +
Non classés: Employés .......…....….…….
MoDE DE PAIEMENT DES SECOURS

Les indemnités furent payées entièrement en argent jusqu’à et y com-
pris la septième quinzaine (du 12 au 24 juillet). À partir du payement sui-
vant, les secours furent distribués sous forme de bons conformément aux
instructions reçues du Comité National.

Autorisé spécialement par M. Mahaim, Directeur Général, à s’approvi-
sionner directement en tickets, notre Comité fit usage de bons-rouleaux
système spécial de la firme Meurice de Bruxelles, qui correspondaient
parfaitement au texte imposé par le Comité National.

Au total, notre Comité émit des bons pour une somme de fr. 675.802,00.
Il en fut remboursé pour une valeur de fr. 674.611,20. Le montant de ceux
qui restaient en circulation et qui n’ont pas été échangés, soit fr. 1.190,80
fut versé dans la Caisse du Comité Provincial.

Le remboursement s’effectuait dans un local spécialement aménagé,
les mardi et mercredi de chaque semaine.

107 1% 124
        <pb n="218" />
        DraGrammE Il
COMITE DE SERAING-SUR-MEUSE
SECOURS CHOMAGE, NOMBRE DE CHOMEURS ET MONTANT DES SECOURS
+ x
s N° D
NN à
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Le _
=2 En
@ 2. . te
=. ( 32 Périodes de 28 jours ) LS
cr
        <pb n="219" />
        <pb n="220" />
        ANNEXE N° ] 201

A partir de la 38e quinzaine, nos payements se sont effectués à nouveau
en espèces. Cependant, pour parer à la pénurie de monnaie nous avons
été obligés d’introduire des bons à O fr. 25 à partir du 57me payement.

D'autre part, à dater de la 54me quinzaine, les secourus ont reçu leur
indemnité partie en bons de soupe, partie en argent.

TRAVAUX COMMUNAUX

L’oisiveté forcée dans laquelle se trouvaient les chômeurs complets,
étant de nature à porter préjudice à leur santé morale, la Commune décida
de faire exécuter certains travaux d’utilité publique, afin d’en occuper le
plus grand nombre possible.

C’est ainsi que depuis le 22 novembre 1915 jusqu’au ler juillet 1916,
250 chômeurs furent occupés à tour de rôle aux travaux d’amélioration
de la forêt de la Vecquée.

I leur fut distribué un salaire total de fr. 12.424,00 ainsi que certains dons
en nature. En outre, notre Comité leur versa, chaque quinzaine, l’indemnité
entière du chômage.

Ajoutons que ce sont dans les chômeurs et chômeuses secourus, qu’ont
été choisies les personnes nécessaires pour assurer la marche des différents
services provisoires de secours et de ravitaillement, de la police, etc.

Cours ÉLÉMENTAIRES POUR CHOMEURS

Mentionnons la tentative du Comité National de créer l’obligation sco-
laire pour tous les chômeurs. Il avait cru devoir prendre cette décision,
en suite des constatations suivantes :

Insuffisance des connaissances techniques ;

Grand nombre de chômeurs de 16 à 30 ans ne sachant pas apposer leur
signature sur les listes d’émargement.

Chaque chômeur fut invité, par notre Comité, à remplir personnelle-
ment un questionnaire. Des fiches devaient servir en quelque sorte d’exa-
men et faciliter l’élaboration des divers programmes.

Une commission spéciale fut chargée de l’examen des questionnaires
et remit, en octobre 1915, un rapport documenté.

Détachons, de ce rapport, les quelques paragraphes suivants :

« Sur 2.040 chômeurs, 222 seulement ou 10,87 % ont terminé leurs
« études primaires. Le nombre des illettrés totaux est plus considérable
« encore. Il atteint 272 ou 13,33 %. Mais la quantité des chômeurs qui,
« sans être des illettrés totaux, n’ont que des notions absolument rudi-
« mentaires, est presque triple. Le nombre des chômeurs qui ont quitté
« l’école primaire sans avoir terminé leur 3me année d’études est, en effet,
« de 707 ou 35,65 %..

« Du moins semblent-ils avoir conscience des nécessités qui s’imposent
« à eux. Le nombre des chômeurs désireux de suivre les cours de l’école

AA
        <pb n="221" />
        202 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
« d’adultes est de 768 ou 37,64 %, et se rapproche, par conséquent, du
« précédent.

« Si la proportion se maintenait pour l’ensemble de la population ouvrière
« métallurgique (nous n’avons d’indications précises que pour elle) le nom-
« bre des ouvriers n’ayant pas terminé la 3M année d’études de l’école
« primaire, serait à Seraing de 4.023 ouvriers ou 35,63 %-

« Mais à côté de ce groupe déshérité, il y a encore l’énorme contingent
de ceux dont la culture n’atteint pas l’ensemble du programme de l’école
primaire et qui se chiffre par 1.111 chômeurs ou 54,46%.

« Pour l’ensemble des travailleurs métallurgistes de Seraing, la même
« proportion se traduirait par 6.149 ouvriers. »

CoNTROLE

En dehors des nombreuses enquêtes faites à domicile par les Membres,
les grandes Usines du Bassin nous ont fait connaître régulièrement chaque
quinzaine, les salaires touchés par leurs ouvriers chômeurs.

Les ouvriers travaillant pour le compte de petits patrons ont été invités
à faire remplir et signer par ceux-ci, le certificat spécial qui leur a été déli-
vré lors de chaque paiement.

Les chômeurs complets furent soumis à un pointage périodique.

SITUATION FINANCIÈRE

Les fonds nécessaires au paiement des indemnités nous ont été versés,
chaque quinzaine, par le Comité Provincial. Ils ont varié suivant l’impor-
tance des secours distribués.

Jusqu’au 18me paiement inclus, les 9 /10 des secours délivrés furent pris
en charge par le Comité National et l’autre dixième fut versé par le Comité
local. Ensuite, à partir de la quinzaine suivante, le Comité National prit
la résolution de couvrir l’entièreté des indemnités versées aux chômeurs.

Ainsi que le renseigne le compte général, la somme totale versée par
le Comité National s’élève à Fr. 1.636.400,00
et celle fournie par le Comité local, à......…....000000000 D 39.619,70

Total: Fr. 1.676.019,70
PERSONNEL

Jusqu’au mois de mai 1917, le service de bureau fut assuré par 9 employés
mis gracieusement à notre disposition par les Sociétés Cockerill, des Cris-
talleries du Val-St-Lambert et de l’Espérance-Longdoz, auxquels furent
adjoints une dactylo et 2 commissionnaires.
        <pb n="222" />
        ANNEXE N° l 203

Ensuite, l’augmentation excessive de la besogne nous obligea à porter
le nombre d’employés à 14.

Le personnel qui assura le fonctionnement du service fut à la hauteur
de sa ‘tâche.

Les divers travaux : caleul des indemnités, élaboration des listes de paie-
ment, etc, besogne fastidieuse et énervante, furent toujours exécutés avec
soin et exactitude. Aussi — et ceci est tout à leur honneur — nous n’encou-
rûmes jamais, pendant cette longue période de près de 3 ans, aucune remon-
trance de la part des Inspections provinciale et nationale.
        <pb n="223" />
        <pb n="224" />
        ANNEXE N° 2
(au Chapitre XXI)
I. Abaques employées dans le ressort du Comité
provincial du Hainaut pour la détermina-
tion du secours. (V. p. 123.)
Il. Circulaire de la Direction générale de la
Province de Liége (/6 février 19/6) relative
notamment au calcul du secours.
        <pb n="225" />
        <pb n="226" />
        ANNEXE N° 2
Comité provincial de secours du Hainaut
RÈGLES PRATIQUES POUR L’USAGE DES GRAPHIQUES

I. Cas où le besoin réel (besoin théorique diminué des ressources)
du ménage est supérieur ou égal au secours théorique de chômage
complet.

C’est le graphique I qu’il convient d’utiliser (1).

MANIÈRE DE PROCÉDER. — Connaissant le secours théorique de chô-
mage complet du ménage considéré, le mesurer sur l’axe OY ; suivre la
courbe qui part du point obtenu, jusqu’à son point de rencontre avec la
verticale passant par le point de l’axe OX qui correspond au salaire du chô-
meur partiel.

La cote verticale du point de rencontre indique le secours à payer ; cette
valeur est lue immédiatement sur l’axe OY.

REMARQUE. — Dans le graphique, une division représente 25 centimes.
Le salaire sera donc arrondi préalablement aux 25 centimes.

EXEMPLES D'APPLICATION. — l° Soit un ménage de composition telle
que le secours théorique de chômage complet soit égal à 6 francs.

et soit 5 fr. 50 le salaire du chômeur partiel.

Le point de rencontre :

de la courbe partant du point 6 de l’axe OY

et de la verticale passant par la cote 5,50 de l’axe OX.

est en P.

La cote verticale de ce point est 6 : le secours à payer est de 6 francs.

20 Même secours théorique 6 francs ; salaire 9 francs.

Le point de rencontre de la courbe partant du point 6 de l’axe OY, avec
la verticale passant par la cote 9 de l’axe OX, est en Q.

(1) Le graphique II peut aussi être utilisé dans ce cas, moyennant l’observance
de certaines règles que nous jugeons inutile d’indiquer dans cette notice, à raison
de ce que l’usage du graphique I est plus simple.

207
        <pb n="227" />
        208 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

La cote verticale de ce point Q étant 4,50, le secours à payer est de 4 fr. 50.

3° Secours théorique 4 fr. 50 ; salaire 7 francs.

Point de rencontre en R, dont la cote verticale est 3,50.

Le secours à payer est de 3 fr. 50.

Cas sPÉcrAL. — 4° Secours théorique 4 fr. 50 ; salaire 7 fr. 15 (à arron-
dir à 7 fr. 25).

Point de rencontre se trouve à mi-distance entre la cote verticale 3,25
et la cote 3,50.

Le secours à payer est donc 3 fr. 375, soit 3 fr. 40.

II. Cas où le besoin réel D (besoin théorique diminué des res-
sources) du ménage est inférieur au secours théorique de chômage
complet (C).

C’est le diagramme II qui doit être utilisé.

MANIÈRE DE PROCÉDER. — l° Mesurer sur l’axe OY la valeur de D ;

20, Ajouter, à la valeur de D, celle de C/2, toujours sur l’axe OY. Si C
est inférieur à 5, le considérer comme étant égal à 5 ;

3° Suivre l’oblique partant sur OY, de l’extrémité de la longueur totale
obtenue, jusqu’à sa rencontre avec l’horizontale correspondant à la cote
verticale D.

Le point de rencontre marque le point-limite du salaire jusqu’auquel
le secours à payer reste égal à D (1).

Au delà, à droite, le secours à payer est déterminé par la cote verticale
du point de rencontre de l’oblique et de la verticale passant par le point
qui marque, sur l’axe OX, le salaire.

REMARQUE. — Dans le graphique, une division représente 25 centimes.
Le besoïn réel (D) et le salaire seront donc arrondis préalablement aux
25 centimes.

EXEMPLES D’APPLICATION. — 1°" Exemple. — Supposons : 7 francs de
besoin et 6 francs de ressources ; donc 1 franc de besoin réel. (D = 1).

C4 fr. /50
x (salaire) = 6 francs.

Solution. — a) D est inférieur à C. C’est donc bien le graphique II qui
doit être utilisé ;

b) C est inférieur à 5 fr. ; donc le considérer comme étant égal à 5 francs.

Don : D ee 1 pu shqut 3,50.

2 2

(1) Ce point limite correspond d’ailleurs à un salaire égal au secours théorique du
chômage (C) avec minimum de 5 francs.

On peut donc s’abstenir de le rechercher graphiquement à la condition de Ne pas
perdre de vue ce qui précède. Mais en tout cas, qu’elle soit graphique ou non, la déter-
mination de la limite a une importance capitale et doit constituer la première opé-
ration dans chaque cas. Ce n’est, en effet, qu’à partir de cette limite que l’oblique
peut être utilisée ; utiliser en deçà entraînerait chaque fois des erreurs.
        <pb n="228" />
        COMITÉ PROVINCIAL DE SECOURS DU HAINAUT
Graphique n° I
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        <pb n="229" />
        <pb n="230" />
        COMITÉ PROVINCIAL DE SECOURS DU HAINAUT
Graphique n° II

2 ir L _,

= 0
vb
}

}

,
4
—p—
LL

4

b 0 += des 6 éteende 1 ad … émet = = de +
_ 5 40 a 12 vs f. 15 16 y. 18 ++ zu 24
        <pb n="231" />
        <pb n="232" />
        ANNEXE N° 2 ‘

Prenons le point 3,50 sur l’axe OY et suivons l’oblique : nous voyons
qu’elle rencontre l’horizontale correspondant à la cote verticale 1 (valeur
de D), en un point situé sur la verticale passant par le point 5 de l’axe OX.

Cela rappelle que, tant que le salaire est inférieur ou égal à 5 francs, le
secours à payer reste égal à 1 franc.

Pour un salaire de 6 francs (cas supposé), le secours à payer est de 0 fr.50,
ce qu’indique le graphique.

Cas sPÉCIAL. — Pour un salaire de 5 fr. 25, le secours eût été de 0 fr. 875,
soit O fr. 90.

2e Exemple. — D = 1 fr. 95 (à arrondir à 2 francs) et C = 10 francs.

a) Pour un salaire de 9 francs par exemple, le secours à payer = 2 francs.

En effet, prenons sur l’axe OY : D = 2, puis C/2 = 5, ce qui représente
une cote totale de 7.

Suivons l’oblique partant de 7 : elle rencontre l’horizontale partant
de 2 au point S correspondant à la cote 10 de l’axe OX.

Partant, pour tout salaire inférieur ou égal à 10 francs le secours à payer
reste uniformément de 2 francs.

Pour un salaire de 9 francs, le secours à payer est donc de 2 francs.

b) A partir du point S, c’est la rencontre de l’oblique avec la verticale
correspondant au salaire qui marquera le secours à payer.

Ainsi pour un salaire de 11 francs, le secours à payer est de 1 fr. 50.

c) Pour un salaire de 11 fr. 50, le secours à payer est de 1 fr. 25,

Cas sPÉCIAL. — Pour un salaire de 11 fr. 15 (arrondir à 11 fr. 25), le secours
à payer est de 1 fr. 375, soit 1 fr. 40.

REMARQUE S’APPLIQUANT AUX DEUX GRAPHIQUES

Si le point de rencontre de l’oblique et de l’axe OX marque précisément
le salaire ou si le point marquant ce dernier est au delà, à droite, de cette
intersection, c’est évidemment que le secours à payer est nul.

Ie" exemple (graphique I).

Secours théorique : 6 francs.

Salaire : 18 francs.

Le secours à payer est égal à 0.

À fortiori, si le salaire est de 19 francs, le secours à payer est nul ; et, en
effet ‘la verticale passant par le point 19 de l’axe OX ne rencontre pas
l’oblique dans les limites de notre graphique (c’est-à-dire au-dessus de
l’axe OX).

2me exemple (graphique II).

Besoin réel : 1 franc ; Secours théorique : 6 francs.

Dès que le salaire atteint 8 francs, le sesours à payer est nul.

20$
44
        <pb n="233" />
        210 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
-» e ” Li
Instructions aux Comités locaux de la Province
° 2 oO ’ °
de Liége, n° 4 (16 février 1916)
DISPOSITIONS INTERPRÉTATIVES

Le Comité National a arrêté des dispositions interprétatives modifiant
les prescriptions actuellement en vigueur et relatives aux objets suivants :

1° L’admission dans certaines conditions, des enfants atteignant l’âge
de 16 ans, au bénéfice du secours de trois francs ;

20 Les taux d’évaluation des ressources autres que le salaire ;

3° Le calcul du secours, suivant que les revenus du ménage comprennent
uniquement du sälaire, uniquement d’autres ressources ou bien à la fois
du salaire et des autres ressources.

Le Comité National a jugé nécessaire de préciser quels sont les revenus
à considérer comme salaires et ceux à ranger dans la catégorie « autres
ressources ».

Dans la première catégorie (salaires), il faut admettre :

1° Les rétributions accordées à un ouvrier, un artisan ou un employé
de l’industrie ou du commerce, pour un travail accompli ;

20 Les rétributions accordées aux ouvriers agricoles, aux journaliers et
journalières, aux servantes et domestiques, aux enfants âgés de moins de
16 ans et autres personnes exclues du bénéfice des secours par leur pro-
fession (voir plus bas, n° IV).

Dans la deuxième catégorie (autres ressources), le Comité National com-
prend les revenus que le ménage retire ou qu’il est présumé pouvoir retirer
de toutes les valeurs disponibles mobilières ou immobilières qu’il possède.

Sont rangés parmi les autres ressources :

19 Les secours ou avances accordés par les patrons ;

20 Les pensions ou secours notamment ceux alloués aux ouvriers mineurs ;

30 Les rentes d’accidents de travail ;

40 Les indemnités accordées par les institutions existant pour la bienfai-
sance ou la prévoyance sociale :

5° Tous les autres secours obtenus à un titre quelconque, à l’exception
des secours ordinaires en nature alloués par le Comité National, des secours
accordés aux parents (père ou mère) des soldats sous les drapeaux, et
octroyés aux estropiés de la guerre ;
        <pb n="234" />
        ANNEXE N° 2
6° Le produit des immeubles ;
79 Le produit des cultures ;
8° Les épargnes ;
90 Le revenu du bétail ou de la basse-cour ;
10° Le revenu net d’un commerce accessoire.
1
ENFANTS AYANT ATTEINT L’AGE DE l6 ANS

Le secours hebdomadaire de 3 francs peut être alloué aux enfants qui ont
atteint l’âge de 16 ans et qui justifieront avoir été, avant la guerre, appren-
tis dans un métier ou profession admis au bénéfice du secours.

Le même avantage est accordé, dans les mêmes conditions, aux appren-
tis qui atteindront dans la suite l’âge de 16 ans.

Peuvent également obtenir ce secours de 3 francs par semaine, les enfants
qui, ayant atteint l’âge de 16 ans depuis la guerre, justifieront avoir suivi
pendant les six premiers mois de l’année 1914, des cours d’enseignement
général ou professionnel et avoir été dans l’impossibilité absolue, par suite
des événements, d’obtenir un emploi industriel ou commercial.

Pour bénéficier de ces secours, les intéressés devront justifier qu’ils réu-
nissent les autres conditions requises par le règlement. Ils devront fournir
un certificat délivré par le patron qui les occupait ou par le directeur de
l’institution qu’ils ont fréquentée. Les Comités locaux obtiendront des
formules de ces certificats dans nos bureaux.

Les enfants qui bénéficient du secours de 0 fr. 50 depuis la mise en vigueur
du règlement et qui ne peuvent jouir des faveurs indiquées ci-dessus con-
tinueront à recevoir le secours de O fr. 50 par semaine, même après qu’ils
auront dépassé l’âge de 16 ans.

Cette disposition entrera en vigueur immédiatement.

TAUX D'ÉVALUATION DES AUTRES RESSOURCES
Les autres res-ources du ménage sont évaluées d’après les bases suivantes :
a) Immeubles.

Taux : 1 franc par semaine et par 300 francs de valeur disponible de la
maison, charges déduites.

Pour estimer la valeur de l’immeuble, il y a lieu de prendre pour base
le contrat d'assurance contre l’incendie diminué de 25°, ou, à défaut d’assu-
rance, la dernière préréquation cadastrale (1896).

b) Cultures.
1° En location : moins de 10 ares, 2 à 3 centimes par are et par semaine ;
de 10 à 50 ares, 4 à 7 centimes par are et par semaine ;
plus de 50 ares, 5 à 9 centimes par are et par semaine ;

211
Il
        <pb n="235" />
        212 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

20 En propriété : les taux ci-dessus majorés de 2 à 5 centimes par are
et par semaine.

c) Epargnes (comptes en banque, livrets de caisse d’épargne, titres,
créances généralement quelconques, ete.).

Taux : 50 centimes par semaine et par 100 francs du montant totalisé
des livrets du ménage ou de ses épargnes déposées en banque, de ses titres,
etc, non compris les valeurs ou épargnes appartenant à des personnes âgées
de 65 ans et plus ;

50 centimes par semaine et par 300 francs pour les épargnes appartenant
à des personnes âgées de 65 ans et plus.

d) Pensions, rentes, intérêts, secours remis par les patrons ou dis-
tribués par des organismes de prévoyance sociale ou autres :

Le montant intégral hebdomadaire.

e) Bétail ou basse-cour.

Cheval : 12 francs par semaine.

Vache : 6 francs par semaine s’il n’y en a qu’une ; 7 francs par vache
et par semaine s’il y en a deux.

Bœuf de trait, poney et âne : 2 fr. 50 par semaine.

Porc, veau, genisse : 2 francs par semaine.

Brebis : 1 franc par semaine.

Poules : au-dessus de 10 poules, 5 centimes par semaine et par poule.

Le ménage possesseur de plusieurs chevaux,

de plus d’une vache et d’un cheval,
ou de trois vaches, est exclu du bénéfice des secours.
1) Commerces accessoires.

Le revenu net du commerce accessoire est difficile à déterminer. Les Comi-
tés locaux fixeront celui-ci en tenant compte de l’importance du loyer et
des circonstances locales.

Ce revenu doit être compté comme « ressources autres que le salaire ».

*

Les taux d’évaluation ci-dessus sont des minima ; le Comité National
estime que les Comités locaux peuvent surévaluer ces ressources en tenant
compte des circonstances locales, notamment pour ce qui concerne les cul-
tures qui, dans certaines régions fertiles, sont d’un rapport beaucoup plus
élevé.

Les Comités d’arrondissement sont priés de me faire parvenir un tableau
indiquant, pour chaque Comité local de leur ressort, la base admise pour
les cultures. Les taux seront définitivement arrêtés par le Comité provin-
cial et le relevé général sera ensuite communiqué au Comité National.

Les Comités locaux vérifieront les déclarations des intéressés relatives
au bétail d’après le premier et le dernier recensements opérés par le Comité
National. Le produit des ventes réalisées depuis s’ajoutera au montant
des épargnes.

#
- RU
        <pb n="236" />
        ANNEXE N° 2
UI
CALCUL DES SECOURS
A — Chômeurs complets
L'indemnité hebdomadaire maxima reste fixée :
à 3 francs pour un chômeur ou une chômeuse ;
à 1 fr. 50 pour la ménagère, et
à Ofr. 50 pour chaque enfant âgé de moins de 16 anset ne travail-
lant pas.

Nous avons indiqué au chapitre I les conditions d’admission au béné-
fice du secours des enfants âgés de 16 ans.

Lorsque le ménage ne dispose ni de salaire, ni d’autres ressources, il
obtient la totalité du secours, calculé d’après les bases ci-dessus. C’est le
secours théorique.

Mais le ménage peut disposer de ressources autres que du salaire.

Le Comité National énonce comme suit la règle à appliquer :

Pour déterminer si un ménage peut recevoir les secours de chômage et,
dans l’affirmation, pour en établir le montant, il faut en premier lieu fixer,
d’après les bases admises par le Comité provincial, l’état de besoin de ce
ménage. Les ressources sont ensuite évaluées conformément aux indica-
tions du chapitre II. Si leur montant est égal ou supérieur à l’état de
besoin, le ménage est exclu. Dans le cas contraire, le secours est égal à la
différence entre le montant du besoin et celui des ressources, sans que
l'indemnité à payer puisse dépasser le secours théorique.

Sur l’avis des Comités d’arrondissement, le Comité provincial a fixé l’état
de besoin au maximum indiqué par le Comité National :

4 francs par semaine et par membre du ménage âgé de plus de 16
ans (chômeurs et ménagère) ;

à francs par semaine et par membre du ménage âgé de 10 à 16 ans
(enfant) ;

2 francs par semaine et par membre du ménage âgé de moins de
10 ans (enfant).

Pour permettre aux Comités de calculer les secours sans modifier nos
listes de chômage et leur fournir un barème pour le contrôle des calculs,
on procèdera comme suit :

1° défalquer du montant des ressources 1 franc par chômeur et 2 fr. 50
par bénéficiaire accessoire, ménagère ou enfants ;

20 déduire du secours théorique la totalité du reste.

Exemples. — a) Ménage de 2 chômeurs complets :

Autres ressources : secours patronal . . . . 6 francs.
400 francs d’épargne. . . 2 francs.
Total par semaine . . . . .. . . 8 francs.
Secours théorique : 6 francs
Réduction à opérer : 1 +1 = 2.
Secours à payer : 6 — (8 — 2) = 0 franc par semaine.

213
“kr
        <pb n="237" />
        214 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

Ce ménage recevrait actuellement une indemnité de 3 francs par semaine.

b) Ménage composé d’un chômeur, une ménagère, 2 enfants :

Autres ressources . . . 8 francs par semaine (comme ci-dessus).
Réduction à opérer . . 1 + 2.50 + 2.50 + 2.50 = 8 fr. 50.
Secours théorique: 3 + 1.50 + 0.50 + 0.50 = 5 fr. 50.
Secours à payer : 5.50 + (8 — 8.50) = 5 fr. 50 par semaine.

Ce ménage recevrait actuellement 2 fr. 50.

c) Ménage composé de 2 chômeurs, 1 ménagère et 2 enfants :

Autres ressources. . . . 8 francs par semaine (comme ci-dessus).
Réduction à opérer. . . 1 +1 + 2.50 + 2.50 + 2.50 = 9 fr. 50.
Secours théorique: 3 + 3 + 1.550 + 0.50 + 0.50 = 8 fr. 50.
Secours à payer: 8.50 — (8 — 9.50) = 8 fr. 50 par semaine.

Ce ménage recevrait actuellement 5 fr. 50 par semaine.

Le barème que les Comités appliquent depuis la quatrième quinzaine
paraît donc amélioré, mais le nouveau calcul des ressources sera défavo-
rable à beaucoup de ménages, notamment à ceux qui ont des épargnes,
des cultures ou du bétail.

Le barème joint à la circulaire n° 2 du 7 juin 1915 est remplacée par
celui ci-après (tableau A).

B. — Chômeurs partiels

Le revenu hebdomadaire d’un ménage où il y a des chômeurs partiels
peut être constitué :

“1° uniquement par du salaire ;

20 à la fois par du salaire et des autres ressources.

Première hypothèse. — Le revenu comprend uniquement du salaire.

Dans ce cas, la partie du salaire à immuniser à titre de prime au travail
sera égale au montant du secours théorique avec minimum de 5 francs.

Ainsi :

pour un chômeur isolé,
pour un chômeur et une ménagère,
pour un chômeur et un enfant,

la prime au travail est de 5 francs, alors que le secours théorique s’élève
respectivement à 3 francs, à 4 fr. 50 et à 3 fr. 50.

Pour un ménage composé d’un chômeur, d’une ménagère et de deux
enfants, la prime au travail sera de 5 fr. 50 (3 + 1 fr. 50 + 0.50 + 0.50).

Si le ménage comprend deux chômeurs, une ménagère et deux enfants,
la prime au travail sera de 8 fr. 50, somme égale au secours théorique :
(3 +3 +1.50 + 0.50 + 0,50 = 8.50).

La prime au travail sera donc de 5 francs au moins ; elle pourra s’élever
au montant de l’indemnité revenant théoriquement à chacun des chômeurs
et aux bénéficiaires accessoires.

}
        <pb n="238" />
        ANNEXE N° 2 ;

Pour calculer le secours à payer, on déduit du montant du secours théo-
rique la moitié de la partie des salaires cumulés excédant la prime au
travail.

Exemples : a) Composition du ménage : 1 chômeur et l ménagère.

Secours théorique : 3 + 1,50 = 4 fr. 50.
Salaire hebdomadaire : 10 francs.
Prime au travail : 5 francs.
10 — 5
Secours à payer : 4.50 — — — — = 2 francs par semaine.
9
b) Composition du ménage : 2 chômeurs, 1 ménagère et 2 enfants.

Secours théorique : 3 + 3 + 1.50 + 0 50 + 0.50 = 8.50.
Salaires cumulés : 20 francs par semaine.
Prime au travail : 8 fr. 50.

20 — 8. 50
Secours à payer : 8.50 — — -—— = 2 fr. 75 par semaine.

2
c) Composition du ménage : 4 chômeurs, 1 ménagère et 2 enfants.
Secours théorique : 3 + 3 + 3 + 3 + 1.50 + 0.50 + 0.50 =
14 fr. 50.
Salaires c umulés : 25 francs par semaine.
Prime au travail : 14 fr. 50.
25 — 14.50

Secours à payer : 14.50 — — = 9 fr. 25 par semaine.

Pour permettre aux Comités locaux de vérifier les résultats, nous avons
dressé le barème B.

Ce dernier indique le secours à accorder, suivant la composition du ménage
et le montant des salaires cumulés de toutes les personnes travaillant.

Ce barème est beaucoup plus favorable que celui appliqué jusqu'ici.

REMARQUE IMPORTANTE : Le tableau ne peut prévoir tous les cas ; il
a simplement pour but de faciliter le contrôle des calculs.

Il est bien entendu que le secours payé ne peut jamais dépasser l’indem-
nité théorique, c’est-à-dire celle qu’obtiendrait le ménage s’il n’avait aucun
revenu.

Deuxième hypothèse. — Le revenu comprend du salaire et des autres res-
sources.

Le montant de l’indemnité à payer au ménage de cette catégorie doit
être établi en appliquant séparément les barèmes indiqués ci-dessus.

On appliquera d’abord le barème du chômage total (chapitre III, A).
Le résultat obtenu peut être égal ou inférieur au secours théorique.

21€
2
        <pb n="239" />
        216 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
On appliquera ensuite à ce résultat le barème du chômage partiel (cha-
pitre III, B). Lorsque le résultat en question est inférieur au secours théo-
rique, c’est ce premier nombre qui doit être diminué de la moitié de la
partie du salaire excédant la prime au travail.
Exemples. — a) Ménage composé d’un chômeur, une ménagère et quatre
enfants.
Autres ressources : 10 francs ; salaire : 8 francs par semaine.
Secours théorique : 3 + 1.50 + 0.50 + 0.50 + 0.50 + 0.50 = 6.50.
On applique d’abord le barème du chômage total :
Réduction à opérer: 1 + 2.50 + 2.50 + 2.50 + 2.50 + 2.50 = 13.50,
ler résultat : 6.50 — (10 — 13.50) = 6.50.
On applique ensuite le barème du chômage partiel.
Prime au travail : 6 fr. 50.
8 — 6.50
Indemnité à payer : 6.50 — — — = Sfr. 75.
o
b) Ménage composé comme ci-dessus.
Autres ressources : 15 francs, salaire -: 8 francs (par semaine).
On applique d’abord le barème du chômage total.
Réduction à opérer : 13 fr. 50.
ler résultat : 6.50 — (15 — 13.50) = 5 francs.
On applique ensuite le barème du chômage partiel.
Prime au travail : 6 fr. 50.
8 — 6.50
Indemnité à payer : 5 — — — = À4 fr. 25.
(a
REVENU DES PERSONNES EXOLUES
Les salaires et les autres ressources des personnes exclues du secours
chômage doivent être compris, en partie, dans le revenu hebdomadaire du
ménage.
Tel est le cas, par exemple :
des salaires d’un journalier ou d’une journalière ;
de la ressource attribuée au livret d’épargne appartenant à un
ouvrier agricole ;
du salaire d’un enfant de 15 ans ;
de la pension d’un ouvrier invalide ;
du produit d’un commerce accessoire, etc.
Ces personnes ne pouvant entrer en ligne de compte pour déterminer
le secours théorique, il serait injuste, ainsi que nous le faisions observer

IV
        <pb n="240" />
        ANNEXE N° 2 217
dans notre circulaire n° 3, d’attribuer au ménage la totalité des revenus
hebdomadaires de ces personnes, sans en déduire la charge que représente
leur subsistance. Cette charge est évaluée à 4 francs pour une personne
adulte et à 3 francs pour un enfant de moins de seize ans.

Les Comités inscriront donc à leur liste, en regard du nom du chômeur
principal, soit dans la colonne salaire, soit dans la colonne autres ressources,
selon les cas, la partie des revenus en question dépassant 4 ou 3 francs, sui-
vant l’âge de la personne exclue.

Si les revenus doivent être affectés à l’entretien de deux conjoints exclus,
il faut en déduire la charge que représente la subsistance de ces deux per-
sonnes. Ainsi dans un ménage, le grand-père et la grand’mère ne peuvent
bénéficier du secours théorique : celle-ci parce que le ménage comprend déjà
une ménagère, celui-là parce qu’il ne travaille plus. La charge de ces deux
personnes est évaluée à 8 francs par semaine : la pension d’ouvrier mineur
(7 francs par semaine) du grand-père n’entrera pas en ligne de compte.

Les dispositions faisant l’objet de la présente circulaire, à l’exception
de celles relatives aux enfants atteignant l’âge de 16 ans, seront appliquées
à dater du 3 avril, pour le paiement des indemnités de la vingt-cinquième
quinzaine.

Liége, le 16 février 1916.
Le Directeur général,
E. MAHAIM.
        <pb n="241" />
        218 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Annexe à la Circulaire N° 4
FORMULES DU CALCUL DES SECOURS

Nous appelons I l’indemnité hebdomadaire à payer au ménage :

T, le secours théorique;

a, le nombre des chômeurs ;

b, le nombre de ménagères, qui ne peut être que 1 ou 0;

c, le nombre d’enfants en dessous de 16 ans :

T —= 3a + 1.50 b + 0.50 c.

n, le nombre de bénéficiaires accessoires :

n=b+ce

R, les ressources autres que les salaires ;

D, la somme à déduire des ressources :

D = a + 2.50 n.

S, les salaires cumulés du ménage : ceux des chômeurs, intégralement,
ceux des « personnes exclues » après déduction de 4 ou de 3 francs, suivant
Pâge ;

P, la prime au travail :

P — 3a + 1.50 b + 0.50 c = au moins 5 francs.
Chômage total.

Première hypothèse. — Il n’y a pas de ressources.

‘ 7? —T (1)

Deuxième hypothèse. — Il y a des ressources autres que des salaires.

I = T — (R — D).
Chômage partiel.
Première hypothèse. — Le revenu se compose uniquement de salaires.
s—P
rx (3)
2
Deuxième hypothèse. — Le revenu comprend des salaires et d’autres res-
Sources.
sS—P
1 = T — (R — D) — — — (#)
3

Remarque générale. — L’indemnité à payer, I, ne peut jamais dépasser

le secours théorique, T. En conséquence, quand l’expression R—D prend une
sS—P
valeur négative, elle doit être remplacée par 0. Il en est de même de — 755

€
*
        <pb n="242" />
        <pb n="243" />
        9
MONTANT DE L'INDEMNITÉ DE CHOMAGE REVENANT, PAR SEMAINE, AU CHEF DE MÉNAGE
. Mé i t .
À. Ménage disposant seulemen de ressources autres que les salaires
COMPOSITION Secours] = = = MONTANT DE LAUNDEMAITE LOF-QUE LE POLAT, REVENANT, PAR SEMAINE, AU CHEF DE MÉNAGE
DU théo- | 75 vi
MÉNAGE rique |É52/ 1 | 2 | s{f4{ &gt;| | 7 | 8 | 9| 10/1 | 22 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29
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1 chômeur... 3, » 1, »| 3, +} 2, »| 1, »
1 chômeur... ;
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L chômeur...
1 ménagère .. 5,2 6,+|-5; &gt;| 5, +|5, »| 5, +| 5,» | 5, +} 4, + | 83, »| 2, +] 1, »j
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: Chômeur.… .. 5 S rx
1 ménagère :!  6,50| 13,50| 6,50) 6,50| 6,50] 6,50| 6,50| 6,50| 6,50| 6,50] 6,50|6,50 | 6,50| 5, »
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2 chômeurs .. 5
1 ménagère .. 8,50| 9, 50| 8,50} 8,50| 8,50] 8,50| 8,50] 8,50] 8,50| 8,50] 8,50] 8, »| 7, »| 6, »
2 enfants...
2 chômeurs ..
1 ménagère .. 9, »| 12, »| 9, »| 9 »| 9, »]| 9, »| 9, »] 9, »| 9, »| 9. »| 9, »| 9, »| 9, » | 9, »
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3 chômeurs 9,» 8,4) 9,»1 9, +| 9, +) 8, +! 7, »/ 6, v| 5, »| 4, al 8, + | 2, +1 &gt; 7
3 chômeurs .. 10,50| 5,50|10,50/10,50|10 50|10,50|10,50|10, »| 9, »| 8, »| 7, »| 6, »| 5, »| 4, » =
1 ménagère .. = 3. ?
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È . 4° 1
        <pb n="244" />
        MONTANT DE L’INDEMNITÉ DE CHOMAGE REVENANT, PAR SEMAINE, AU CHEF DE MÉNAGE
B. Ménages disposant uniquement de salaires
COMPOSITION | MONTANT DE L’INDEMNITÉ LORSQUE LE TOTAL DES RESSOURCES, PAR SEMAINE, EST DE FRANGS :
DU ai i_-—-_ _—-— _ _ _ -&gt;—- — — ae TT a pollue 1 Ego les | BR os)
MÉNAGE |mom| 6 | 7 | 8 | 9 [10 | 11 | 121 13 1 141 15 | 16 | 17 | 18 | 19- [20 2122 [as [es [25 [26] 2) as [20 | 50) mi [ee | 50] [05 [6 [7 [ss] so] 40
1 chômeur…| 3, »| 2,50| 2, »| 1,50| 1, »| 0,50
1 chômeur...
1 ménagère. | 450| 4, »| 3,50} 3, »| 2,50] 2, »| 1,50| 1, »| 0,50
1 chômeur...
1 ménagère .| 5, »| 4,50| 4, »| 3,50| 3, »| 2,50 2, »| 1,50] 1, »| 0,50
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[ ménagère .| 5,50] 5,25| 4,75|4,25| 3,75| 3,25/ 2,75| 2,25] 1,75| 1,25| 0,75| 0,25
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1 ménagère .! 6, »| 6, »| 5,50) 5, »| 4,50] 4, »| 3,50| 3, »| 2,50| 2, »| 1,50| 1, »| 0,50
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1 ménagère . 6,50] 6,50| 6,25) 5,75| 5,25| 4,75] 4,25] 3,75| 3,25| 2,75| 2,25| 1,75| 1,25| 0,75| 0,25
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l ménagère ., 7, »| 7, »| 7, »| 6,50| 6, »| 5,50| 5, »| 4,50| 4, »| 3,50| 3, »| 2,50 2,5) 1,50} 1,» 0,50
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3 chômeurs ., 9, »| 9, »| 9, »| 9, »| 9, »|"8,50| 8, »| 7,50] 7, »| 6,50) 6, &gt;| 5,50 5, »| 4,50| 4, + 3,50/3, » 12,5012, »11,50|1, »10,50| ee
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3 chômeurs ..
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3 chômeurs | arpiecne ia EE | 475 1.95 0.25
| ménagère :11,50/11,50/11,50|11,50|11,50|11,50|11,50|11,25/10,75|10,25| 9,75 9,25| 8,75] 8,25| 7,75 7,25/6,75|6,2515,75/5,25/4,75|4,95/3,75/3,25/2,75|2,25|1,75/1,25|0,75|0,
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3 enfants .. “8, »|7,50|7, »|6,50/6, »|5,50|5, »|4,50|4, »|3,50 3, »|2,502, »|1,50|1, »|0,50 n et
Leurs 72 003, VIE AE, +02, 172, n1T2, 192, + TL SONTT, 5110,50/10, »[ 9,50 9, 5| 5,50 110,25/9,75/9,25|8,75|8,25/7,75|7,25|6,75|6,25|5,75|5,25/4,75/4,25|3,75/3,25/2,75 2,25|1,75|1,25|0,75]0,25
1 es (3,50/13,50/13,50|13,50/13,50|13,50|13,50|13,50|13,50|13,25|12,75|12,25|11,75|11,25|10,75 pe Se fe Lit fe se etes ee SES 0
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2 chômeurs. 211 assis ts *—|—|——|— 0,50]
à chémeurs = 7 »| 7, »| 7, | 650) G, +] G56)-5, » 450/4 + 250L8, n 250,0 el TEL , 1 4 14 41
        <pb n="245" />
        <pb n="246" />
        ANNEXE N° 3
(au chapitre XXIV — Voir page 136)
L’Autorité allemande et la communication
des listes de chômeurs
Spécimen de la correspondance

45
        <pb n="247" />
        <pb n="248" />
        ANNEXE N° 3
I. Lettre du Gouverneur Général aux Bourgmestres
GÉNÉRAL GOUVERNEMENT
in BELGIEN
Sekt. n° 7858 Bruxelles, le 28 octobre 1916.
« Au Bourgmestre de….

« Comme suite à votre lettre du 24 octobre par laquelle vous priez d’être
dispensé de devoir donner les listes des chômeurs, je vous fais savoir qu’il
ne peut être donné suite à votre demande.

« Depuis le début de la guerre, une grande partie des travailleurs belges
chôme. Le motif en est, d’un côté l’arrêt de nombreuses entreprises indus-
trielles par manque de matières premières amené par le blocus ennemi,
d’un autre côté, la répugnance pour le travail.

« La longue durée de cette situation commence à montrer de graves
conséquences.

« Des Belges clairvoyants se sont déjà adressés à moi au printemps 1915
et ont montré les dangers du chômage et du refus de travailler. Ils ont
fait ressortir que les secours de quelque côté qu’ils viennent endettent à
la fin l’économie nationale belge et conduisent en même temps les travail
leurs à l’oisiveté. En conséquence, les travailleurs s’amoindriraient physi-
quement et moralement, particulièrement les travailleurs instruits per-
draient leurs aptitudes et leur habileté de manière que, pour le prochain
temps de paix, ils deviendraient impropres à travailler pour l’industrie
belge.

« C’est pour ces motifs qu’ont été décrétées, en collaboration avec le
Ministère belge compétent, mes ordonnances d’août 1915 qui plus tard ont
été complétées par l’ordonnance du 15 mai 1916.

« Ces ordonnances ne prévoient le travail forcé que lorsqu’un chômeur
refuse sans motif suffisant un travail répondant à ses facultés avec un salaire
proportionné et par là tombe à charge de la bienfaisance publique. Tout
motif concernant le refus de travailler sera valable s’il est admis par le
droit des gens. Aucun travailleur ne peut donc être forcé de participer à
des entreprises militaires. Ces ordonnances reposent sur de saines consi-

297
        <pb n="249" />
        298 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
dérations législatives (faisant droit) qui dans tous les cas subordonnent
la liberté de l’individu aux intérêts de la généralité.

« Après que les inconvénients qui se sont déjà manifestés en 1915, sont
devenus avec le temps une calamité publique, il s’agit maintenant d’exécu-
ter cette ordonnance d’une manière plus efficace.

« Dans ce but, notamment, les bourgmestres doivent dresser des listes
nominatives des chômeurs. Aux séances de contrôle (Meldeamt) on offrira
aux chômeurs portés sur la liste, du travail contre un bon salaire et ce tra-
vail devra être exécuté en Allemagne puisque un nombre limité seulement
des chômeurs peuvent être occupés dans le territoire du Gouvernement
Général.

« Les chômeurs qui n’accepteraient pas un travail offert dans ces séances
de Meldeamt seront de force envoyés en Allemagne. Ils y recevront aussi
un salaire mais moindre que ceux qui s’embauchent comme ouvriers libres.

« J’espère qu’il ne devra être fait usage de cette mesure que dans des
cas exceptionnels. Une grande partie du simple peuple a, dans sa saine
conception, compris exactement la situation et c’est par dizaine de milles
que des travailleurs belges sont déjà partis volontairement en Allemagne,
où, mis sur le même pied que des ouvriers allemands, ils gagnent des salaires
plus élevés qu’on ait jamais connus en Belgique et où ils s’élèvent, par-
viennent plus haut économiquement, eux et leurs familles, au lieu de vivre
dans la misère comme leurs compagnons restés en Belgique.

« Votre devoir de bourgmestre est de conseiller dans ce sens les chômeurs
de votre commune et non pas de les exciter au refus du travail. La res-
ponsabilité des rigueurs inévitables de l’emploi de la contrainte retombe-
rait sur ceux qui ont détourné les travailleurs du travail qui leur est offert
en Allemagne.

« Je vous ferai en outre remarquer qu’un bourgmestre qui ne donne
pas ponctuellement et complètement les listes des chômeurs demandées sera
responsable de ce que les personnes occupées seront confondues avec les
chômeurs et envoyées en Allemagne.

« Si après cette explication, vous refusiez de livrer les listes des chômeurs
ou provoqueriez d’autres difficultés en cette circonstance je serais obligé
d’agir contre vous avec la plus grande sévérité.

(s) von BISSING »
        <pb n="250" />
        ANNEXE N° 3
II. Correspondance au sujet de la communication
des listes de chômeurs
Seraing, le 11 juillet 1916.
Monsieur Mahaim,
Directeur général du Service du Chômage,
Boulevard d’Avroy, 45,
Liége.
« Monsieur le Directeur,

« Je vous transmets ci-jointe, la copie de la lettre adressée à notre Admi-
nistration communale par M. le Président de l’Administration Civile pour
la Province de Liége, M. Horning.

« Que devra faire le service local « Aide et Protection aux Chômeurs » ?

« Veuillez bien me donner votre avis d’urgence et agréer mes respec-
tueuses salutations.

« Echevin des Finances.
(s) J. MERLOT. »
LE PRÉSIDENT DE L’ADMINISTRATION
CIVILE POUR LA PROVINCE DE LIÉGE.
N° 10542. Liége, le T7 juillet 1916.

« En séance du 4 courant, la Députation permanente a émis un avis
favorable pour l’approbation des délibérations du Conseil communal de
Seraing concernant un emprunt de 800.000 francs. L’approbation de cet
emprunt par l’Instance-Centrale ne doit être attendue que si Monsieur
le Chef de l’Administration près du Gouverneur Général en Belgique à
Bruxelles, possède une liste exacte des sans-travail de la Commune, avee
indications des noms, adresses exactes, ainsi que des professions.

« Je vous prie par conséquent, de me faire parvenir le plus tôt possible
une telle liste.

(s) HORNING. »

229
        <pb n="251" />
        230 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
A Monsieur le Bourgmestre
de et à Seraing.
COMITÉ NATIONAL
DE SECOURS
et D’ALIMENTATION Liége, le 19 juillet 1916.
à Monsieur le Président du Comité local de Seraing.
« Monsieur le Président,

« En réponse à votre lettre du 11 de ce mois, j'ai l’honneur de vous faire
connaître que les Comités locaux de Chômage ne sont pas autorisés à donner
communication des listes nominatives de chômeurs.

« Je joins à la présente la statistique des chômeurs de Seraing classés
par profession ; jusqu’à présent l’autorité occupante s’est contentée de ce
document. Il ne m’est pas possible d’en livrer d’autre.

« Mes instructions me font un devoir de maintenir l’indépendance com-
plète de notre œuvre, qui est d’ordre privé, vis-à-vis des administrations
communales.

« Veuillez exprimer mes regrets à l’administration communale de ne
pouvoir satisfaire à son désir et recevoir, Monsieur le Président, la nouvelle
expression de ma considération la plus distinguée.

« LE DIRECTEUR GÉNÉRAL. »
        <pb n="252" />
        ANNEXE N° 4
au chapitre XXV (page 146)
Les chômeurs complets et les chômeurs partiels
dans quatre quinzaines spécialement étudiées
(Province de Liége)
        <pb n="253" />
        <pb n="254" />
        ANNEXE N° 4
PROVINCE DE LIÉGE
Les chômeurs complets et les chômeurs partiels
(Chiffres proportionnels)
—_—" -_—_—_ z_——
QUINZAINES
23e 30e 42° 50e
comp. part. |comp. | part. | comp. | part. jcomp. | part.
Industrie .. 68,40 | 31,60 | 70,10 | 29,90 |69,09 | 30,91 | 72,45 | 27,55
Liége .…...
Commerce. 81,80 | 18,20 | 80,50 | 19,50 | 77,84 | 22,16 | 78,51 | 21,49
( Industrie. 63,80 ‘ 36,20 | 65,79 | 34,21 | 65,50 | 34,50 | 72,91 | 27,09
Huv.. ..-
; | Commerce. 79,20 | 20,80 | 83,33 | 16,67 | 78,90 | 21,10 | 83,43 | 16,57
Industrie. 74,40 | 25,60 | 72,39 | 27,61 | 75,43 | 24;57 | 78,15 | 21,85
Verviers...
| Commerce. | 75,60 | 27,40 | 73,65 | 26,35 | 71,83 | 28.17 | 7/95 | 29,05
Industrie. | 62,20 | 37,80 | 61,28 38,72 | 61,45 | 38,55 | 62,11 | 37,89
Waremme. =
Commerce. 57,40 | 42,60 | 67,27 | 32,73 | 60,76 | 39,24 | 60,00 | 47.00
Industrie. 69,14 | 30,86 | 69,76 | 30,24 | 74 40 | 29,60 | 73,64 ‘ 26,36
Province. |
Commerce. 79,60 | 20,40 | 79,00 | 21,00 [76.18 | 23,82 | 76,55 : 23,45
|
Au total... 69,52 30,48 | 70,13 | 29,87 | 70,62 | 29,38 1 73,73 | 26,27

233
        <pb n="255" />
        <pb n="256" />
        ANNEXE N°5
(Chapitre XXV)

Statistiques spéciales de la Province de Liége
pour la cinquantième semaine du Secours Chômage
(Du 8 au 17 mars 1917)

TABLEAUX A à K (Voir page 147 et suivantes)
        <pb n="257" />
        <pb n="258" />
        TABLEAU A. PROVINCE DE LIEGE
RÉPARTITION DES CHOMEURS D’APRÈS LEUR PROFESSION 508 quinzaine.
Industrie du 5 au 17 mars 1917
- ARRONDISSEMENT | ARRONDISSEMENT | ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT PROVINCE
GROUPES DE LIÉGE DE HUY DE VERVIERS DE WAREMME
; ï 2 Ô Ô R
D’INDUSTRIES _ GRÔMEURS TOTAL! _CHÔMEURS | JOTAL CHÔMEURS TOrAL nées | roraLi _ CHÔMEU S | TofaL
complets | partiels 1 np] partiels | complets | partiels pompes | partiels : romplets | partiels
Péche. 2200 0 svt ere 05e 1! » 1 » » » » » » » | » 1| : 1
Mines... .++.++#{++* +. ++ 1.798. 901] 2.699 244 115 359 79 96 175 131 152 283 2.252 1.264| 3.516
Carrières... .………....++..-1 1.308 614| 1.982 876 487| 1.363 150 67 217 76 76 152] 2.470, 1.244) 3.714
Métaux .................4 7.423| 4.225|11.648| 2.088 832| 2.920 471 175 646 296 262 558|10.278, 5.494!15.772
Armuriers… . } 5.495 920) 6.415 û 5 8 55 18 73 10 4 14| 5.563 947 6.510
Céramiques .............. jca 36 198 573 94 667 60 14 74 115 55 170 910 199! 1.109
Verrières.….…… 2121 0e 001010 5 + | 1.520! 562] 2.082 43 18 61 22 14 36 63 24 87| 1.648 618| 2.266
Chimiques.............….. 798, 481| 1.279 82 52 134 48 25 73 81 71 152| 1.009 629| 1.638
Alimentaires..….…..........- | 744, 288| 1.032 185 55 240 466 202 668 122 99 221/ 1.517 644! 2.161
Textiles. . (aan e ses e eee eT 521 237 758 2 » 2/12.009| 2.041 14.050 14 2 16/12.546 2.280 14.826
Vêtements sance a scene 6.751; 1.617| 8.368 683 116 799| 2.143 792 2.935 179 82 261 3-70 2.607112.363
Constructions... ++; 3.109 949, 4.058| 1.136 435] 1.571] 1.448 321, 1.799| 1.309 586, 1.895] 7.002; 2.291; 9.293
Bois et ameublement...... 1.526 590| 2.116 227 76 303 525 285 810 125| 104 229| 2.403 1 059 3.458
Peaux et:cuirs ..........- 621 365 986 72 42 1141 1.217 734| 1.951 32 20 52| 1.942 1.161| 3.103
Tabac... 189 76 265 2 » 2 5 ? 5» 2 2 196 78 274
Papiers 000152 + Hair tax d | 117 51j  168| 245 99| 344 52 23 75| » , 0 414, 173! 587
Livre.….…...........+...….. 425 197 622 74 16 90 233 105 338 il 7 18 743; 325| 1.068
Art-et précision ......... | 122 32’ 154 11 3 14 29 12 41 2 » 2 164 47 211
Transports publics........ - 152 107 259 30 4 34 160 185 345 112 77 189 454 373 827
Transports privés.…....….... | 719 335| 1.054 211 55 266 257 129 386 58: 62 120} 1.245 581: 1.826
N’ayant pu être classés pans un
groupe du recensement industriel : ;
proue ponon nee e eee cl 140 134 "724 16 9| 25 45 25 70 1! 2 3 202 170 372
Mécaniciens...…...-...….-- 167 61 228 21 10 31 541 219 760 27 8 35 756 298| 1.054
Machinistes et chauffeurs... 128 143 171 16 11 soi 175 78 253 10 4 14 332 236 586
Ouvriers d’usine......... 170 60 230 53 25 78! +» » » 22 12 34 245 97 342
Manœuvres..—". +. le» +2 5 + + 192 120 312 29 13 42 2 1 3 10 2 12 233 136! 369
Autres ouvriers.........-. 891 307| 1.198 94 26 120 86 Si 117! 14 14 28| 1.085 378, 1.463
Employés de l’industrie... 37| 11 48 2; + 2, 68 47 115! 3, + 3. 110 58 168
Employés en général...... | 207] 64 271 24 6 30 60 40 100! 6 2 8 297| 112 409
Horticuiture.............- 90 31 121 44 11 55] 78 25 1031 12 s. 151 224 70 294
Forestière........….....….… 58 44 102 75, 47. 122 129 61 190! 3 3 6 265 155 420 t
Toraux.......... 35.641-13.558 19.199; 7.164; 2.662| 9.826/20.613 5.765/26.378, 2.844| 1.735! 4.579/56.262 23.720,89 982
Pour cent .………………| 72,45| 27,55| 100,00 72,91| 27,09| 100,00 7515 21,85] 10,000] 62,11| 37,89| 160,00] 73,64| 26,36| 100,00
4 ‘ "
        <pb n="259" />
        æ
TABLEAU B. PROVINCE DE LIEGE
; , to
RÉPARTITION DES CHOMEURS D’APRÈS LEUR PROFESSION 50° quinzaine. ®&amp;
Commerce
un
ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT PROVINCE ,
VENTE DES PRODUITS DE LIÉGE DE HUY DE VERVIERS DE WAREMME
DES _—— ue - —— —_— ———&lt;e = —
INDUSTRIES CHÔMEURS CHÔMEURS | CHÔMEURS CHÔMEURS CHÔMEURS |
————|—| roran! —. —J——| TorAL! — TOTAL ———|———| TOTAL!———]- —| TorAL ,
comp: | part. : comp part. | comp: part. | comp part. comp. | part. |
Mines et carrières ........ 15 9 18! 2| » 2 B L a , 4' 8 29| 5 37
MELAUX eue rec T2 00 00 54 13 67 1 » 1 2 Li » 57 19 76
Céramiques et verrières ... 6 3 9 ». 2 », L D » 6 3; 9
Ghimiques +... 49 20 69| 5| 1] 6 5. | . 57) 22 79
Produits agricoles non pré-} |

PAPÉS c4s00cr ee vre seu) 28 8 36 8' 3 11 ; S Ê 42 14 56
Alimentaires .............} 410| 117| 527 34 11! 45 74 va : è ei sat 175| 706
Textiles et vêtements .....1 188 56 244 20| 5| 25 5 ", Sy 5] 9 te} 218 70 288
Bois, ameublement et cons-!

ÉVUCHION +2 0000e0uvecee ST) M8! 80| 2 ; 2 | ’ , ; 1 591 24! 8
Peaux ct cuirs... 23 5 28 9 ; 3 2 &gt; 2 » » 28 3 33 ;
TADAC ie rire cer de AT 8 1 9 ' - 1 » 1! 1 ’ : » 9 2 11
Papier c++ 0e ue Ver + 81 4 12 , , » » ’ ; » 8 4 12
Produits polygraphiques …. 224 3 254] 2 z 21 75! 14 89] 5 2 7] Se 46: 371
Art et précision... 13 2 15 1 1 &gt; , » ; , : 14 2) 16
Vente d’articles divers (ba- |

Hais)e. +. +..++-...... 44 23! 671 11 2 13 171 17 34 1 » 1 73} 42 115
Banque et crédit .......….. 26 7 33 » 1 1 2 14 16 s » » 28 22 50
ASSUTANCOS 4++++20++42 005 : 58 16 74 5 » 5 15 8 23 = » 2 801 24 104
Intermédiaires commerciaux 20 9 29 1 &gt; 1 37 26 63j » » 58 35 93
Voyageurs... 6 6j 79 2 ; s ol 21] mal 5 5 165] 27| 19
Industrie hôtelière......…. 205 67 272 s 2 10, 66 23 69 4 2 6: 283 94 377
Divertissements publics . .. 90 aile 11 2 2! 21. 65 18 81 | 1] 11 155 40| 195

Divers non classés : | !

Demoiselles de magasin ...! 115 81| 146! 9 1 101 73/1 061 Lo9 g' 1 a} 200! 59| 259
Employés de commerce... 20 8! 2 7 3 40 » 1 1 à 3 S PE

Autres... sx a108 12 a 15) 2 ’| 2, ’ , D 2 1 sy 16 4 20

memes | eee es nee | ee rt mat its uma | tre tee ae te a un

TOTAUX ......... 1.739] 476] 2.215} 146, 29 175} 535; 219] 754| 48| 32 80| 2.468, 756 3.224

Pour cent......…. 7.851| 21,49|100,00 83,43| 16,57 soon) 70,95, 29,05| 100,00| 60,00] 40,00| 1 ,00 7655 23,45| 100,00
        <pb n="260" />
        4
TABLEAU C. PROVINCE DE LIEGE 50e quinzaine.
Répartition des ménages d’après le nombre de personnes secourues qu’ils comprennent
2" -
NOMBRE DE MÉNAGES NOMBRE DE PERSONNES SECOURUES
NOMBRE
- - es DE MÉNAGES
NOMBRE DE PERSONNES « Pour Pour ! REORVANT
ARRONDISSEMENT DE ARRONDISSEMENT DE ;
SECOURUES PAR MÉNAGE | cent cent | L'INDEMNITÉ
-. ToTAL - ue — TOTAL] DE 1 re. 50
ÉNAGÈ
Liége | Huy | Verviers] Waremme! Liége [Verviers] Huy |Waremmel FOUR ‘1 MEKAGERE .
personne…............; 6.801i 767| 3.192 255|11.015 17,71| 6.801 767| 3.192' 255| 11.015| 5,55 : c4
personnes ............| 8.652| 1.578: 4.232| 505!14.967| 24,06| 17.304| 3.156) 8.464! 1.010| 29.934 17.09 10.162 À
_— «..….…........| 7.826| 1.697| 3.610| 664/13.797| 22,18| 23.478| 5.091!10.830* 1.992| 41.391| 20/86 10.615 9
— «..………........| 5.495! 1,246| 2.300| 687| 9.728| 15.64| 21.980| 4.984; 9.200! 2.748| 38.912| 19,61 8.393 o
_ s..….........| 8.041  842| 1,382| 495| 5.760| 9,26| 15.205 41910) 6.910! 2.475| 28.800! 14,52 5.213
…++….0...| 1,681  443| 742| 365| 3.231 5,20| 10.086| 2.658, 4.452" 2.190| 19.386/1 9,77 3.019
“ …..….......|  9837|  291| 433| 212| 1.873! 3,01| 6.559| 2.037| 3.031' 1.484! 13.111| 6,61 1.779
“ +++. 1515; #154| 2268/1530 1.027] 1,65| 4.120| 1.232| 1.824 1.040 8.216| 4,14 1.005
sédradx ane.) | 216 74| 114 76; 480. 0,77| 1.944| 666| 1.026, 684 4.320| 2,18 460
l _ ec duarn nue ME IO4 32 54 25] 215; 0,35| 1.040| 320| 540{ 250) 32.150| 1108 207
- area nes 31 10 13 12 66| 0,11 341| 110| 143| 132 726| 0,371 64
L… — este n eh 11 4 8 1 24" 0,04 132 48 96 12| 288| 0,14 25
ls — cute tanu es 4 2 2 8 » 52 26 26| + 104| 0,05
“ ARCe CURE 1 1 1| 3 0,02 14° 4 44 ; 42, 0,02 =
is  — M reseau 1° +4 , 1 » 15 » » |» 15| 0,01 1
————— jrs fe Es es me ee [te mt Ses ——
Tv. co 7.141 500 3.427|62.195 10.00 109.07 [25.819 49,748 1e R7B| 198.410|100.00. 4'

TAUX 0.952
No
v
Je
        <pb n="261" />
        v
TABLEAU D. PROVINCE DE LIÉGE 504 quinptine AS
= :
Répartition des ménages d’après le nombre de chômeurs secourus.
NOMBRE DE MÉNAGES NOMBRE DE CHÔMEURS SECOURUS
NOMBRE DE CHÔMEURS Pour Pour
ARRONDISSEMENT DE ARRONDISSEMENT DE
SECOURUS PAR MÉNAGE cent cent
- — TOTAL] - — TOTAL
Liége | Huy | Verviers|Waremmel Liége | Huy | Verviers |Waremme
+ ee M M 8 TU M A
1 chômeur ................. 28.881 | 5.074i 8.895| 2.531 40.381 | 64,93 23.881| 5.074 8.8951 2.531 40.381 | 43,32
2 chômeurs. ...…....…..! 7.933‘ 1.458 | n 635 15.124 | 24,32 15.866 | 2.906 | 10.206; 1.270: 30.248| 32,45
Set etes ene annees ADTD 471 | 1.506 2001 4.752 | 7,64 | 7.725 | 1.4di3| 4.515) 600 | 14.256 15,30
desrraueu ne rousse À 730! 1141 57] 49j 1.472 2,37 | 2.9201 4561 2.3161 196. 5.888 6,32
Des 5 vs hu aie érern en 7064 2311 182. 11 3801 GG S20 115 910 55 1.900 = 2.04
ee) 30 ! 51 27 728 011 180 30 222 432 — 0,46
ne 2 1 7 1 11/1 0,02 14 7 49 7 77 0.08
eh es ciuteee ++ 1 2 3 0,02 8 16 24 0,03
Rte ea ee at urt 55.56 7.141 | 16.311 3.427 | 62.195 | 100,00 | 51.414 | 10.001 | 27.132 | 4.659 93.206 | 100,00 7

191 A0"
        <pb n="262" />
        TABLEAU E. PROVINCE DE LIÉGE 50° quinzaine.
Répartition des ménages d’après le nombre d’enfants de moins de 16 ans secourus.
NOMBRE DE MÉNAGES NOMBRE D’ENFANTS SECOURUS
NOMBRE D'ENFANTS ; Pour Pour
ARRONDISSEMENT DE ARRONDISSEMENT DE
SECOURUS PAR MÉNAGE _ ;
‘ - TorALE °°" TOTALE Cent
Liége ! Huy Verviers pre Liége | Huy |Verviers [Waremme
Pas d’enfant ...............1 18.514 * 2.995] 9.342 | 962 31.813" 51,15 L D ® ’ »
tenfant.....…..…...….…..... :7.846| 1,629: 3.205 706 13.476 | 21,67 | 7.846| 1.629] 3.295 706 | 13.476| 20,97 ts
enfants .......………...….... 4,508! 1.129 1.837 673 8.142 13,09 | 9.006 | 2.258| 3.674 | 1.346 1 16.284: 25,35
1 AA ee EAN 654 894 420 | 4.219{ 6,78 Eu) 1.962| 2.682 1 1.260 | 12.657. 19,70 &gt;
= enteeusre ane nu meute 14376 363 495 335 | 2.369{4 3,81 | 4.704 | 1.452] 1.980 | 1.340 9.476i 14,75
 driec etc return ecO0B 202 236 184! 1.230| 1,98 | 3.040| 1.010 | 1.180 920 6.150, 9,57
PAS PE NE 255 98: 183 85 571 0,92 | 1.530 588 798 510 3.426! 5,33
EE) 114 49 52 sol 254] 0,41 7981 343 3641 273 1.778: 2,77
nn eau 40 14 19 17| 901 0,14 320| 112 152 136 720 1,12
EE NAS 5 7 : 6 25 0,04 45 63. 63 54 225 0,35
Ls- rein hante naeuee 4 i | 6 0,01 40 10 10 . 60 0,09
is - I + - RS ee
k
POTAUX 11.10.0000 35.316 7,141 | 16.00 | 3.427 | 62405] 100,00 | 34.082 | 9.427| 14.198 6.5) 64.252 10,000
; ; | |
ha

pi
oi -
+
age
        <pb n="263" />
        242 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
TABLEAU F.: PROVINCE DE LIEGE = 50e quinzaine.
Répartition des ménages et des secourus d’après la catégorie des chômeurs.

ARRONDISSEMENT DE POUR
—Iroraux!
Liége | Huy rater | Waremmel CENT
Nombre de ménages :
a) où il n’y a que des chômeurs
complets .....….--...-4- 29.285) 4.722/| 11.057 1817; 40. 581} 65,25
b) où il n’y a que des chômeurs
DATES 2e ec ee etes 7.046; 1.605 2.605 1.119} 11.835 49,03
c) où il y a des chômeurs complets et
des chômeurs partiels (ménages
mixtes. 5.285 @14 3.180 491| 9779 | 15,72
TOTAL + ete OO OLON 7.14 IG EU 3.427} 62.195, 100,00
Nombre de chômeurs :
A. COMPLETS :
1° dans les ménages où il n’y a que
des chômeurs complets ..... 29.860 6.199 16.359 2.221] 54.639' 79,50
20 dans les ménages mixtes .. 7.520 1.111. 4.789 _ 671; 14.091 20,50
TOTAL ner emperenca nan 1 O7:880 = 7,310 21.148 . 2.892 68.730 100,00
B. PARTIELS : - 7 - - ; T
1° dans les ménages où il n’y a
que des chômeurs partiels... . 7.784 1.767 2.304 1.209| 130641 53,37
2° dans les ménages mixtes ... 6.250 924 3.680 558, 11.412} 46,63
ToTAL.…..... -........ 14.034 2.691 5.984 1.767, 24.476 100,00
G. DANS LES DEUX CATÉGORIES :
jsrcomplets.. ++." +". 87-280 7.310| 21.148. 2.892 S2-720) 73,74
2e partiels +. .-.-.-.....- 1° 14.034 2.604 5.934 1.767| 24.476l 26,26
Me TORAT5+ erremeeiens mener (0.414 10.001 27.182 4.650 03.206 100,00_
Nombre de ménagères :
d) dans les ménages où il n’y a que
des chômeurs complets ...... 13.665 3.700| 5.191. 1.545] 24.101; 58,85
b) dans les ménages où il n’y a que
des chômeurs partiels…........, 5.775 1.481 1.509 1.056! 9.821 23,08
c) dans les ménages mixtes ...... 4.135 710 1.718 467| 7.030 17.17
TOrAL + &gt;0……2 rene SO 070 __5.891 28, 418 _ 3.06&amp; 40.952 100,00_
Nombre d’enjants de moins de 16 ans :
a) dans les ménages où il n’y a que
des chômeurs complets ...... 19.085. 5.527, 8.737,  2.957| 36.306| 56,51
b) dans les ménages où il n’y a que
des chômeurs partiels......... 8.683 2.830 2.626 2.607| 16. 546) 26,06
c) dans les ménages mixtes... .…. 6.314 1.070 2.835 981, 11.2001 17,43
TOTAL... -....…....…... 34.082 9.427 14.198 6.546 64.252, 100,00
Nombre de personnes secourues :
a) dans les ménages où il n’y a que
des chômeurs complets ...... 62.610] 15.426, 30.287, 6.723] 115.046} 57,98
b) dans les ménages où il n’y a que
des chômeurs partiels......... 22.242 6.078 6.439 14R] 39.631) 19,98
©) dans les ménages mixtes ...... 24.219 3.815 13.022 _ 2.677 43.788} 22,04
ToraL…................. 109.071 25.319 49.748 14.272|198.41C} 100,00
        <pb n="264" />
        TABLEAU G. PROVINCE DE LIÈGE 502 quinzaine.
Moyennes par ménage.
mu —
Arrondissement de Liége] Arrondissement de Huy Arrondissement Arrondissement Province
de Verviers de Waremme
Nombre moyen dej Nombre moven de! Nombre moyen de Nombre moyen de Nomb ;
MÉNAGES Noire ombre = ect - Notibre y . Nombre dr are TOY Guide
2 41 21288 61e | na |1$S 2 | 1 |82 |E|2|21|88 z n Vin
de | $|T IE EE œ 13 |" |SJÉE x 1É 8 /ÉJÉ2 0 li/e JS ÉÉ œ 15e |x*5
or IRL S [5 Erotues PALNRL 5 12 Stone US | SI Es eme 8 4 Eee ME NN
nages ë. : © Ménages | = ; - 5 o* ménages | « = 5,4 = Ménages = 5 + . ménages | «2
BH TÉ EST TE I IR RES IE [Se IE IE [E e TE
_- — - set recente MS == mct| ect os mme ml EE er cl ects eee SE
en
1. En général... 5.316|1,40|0,67/07)8.09 7.141|1,40 0,82)1,33|8,55{16.311|1,66|0,52|0,87|3,05 3.427|1,36|0,89|1,91|4,16162.195|1,50|0,66|1,03|3,19
|
2. De chômeurs
complets M 22.985|1,80|0,59|0,83|2,72} 4.722|1,31 0,79|1,17|3,27|11.057|1,48|0,47|0,79|2,74 1.817|1,22|0,85|1,63|3,70140. 581|1,35|0,59[0,89/2,83
|
3. De chômeurs!
partiels ... 7.046|1,11]0,82/1,23/3,16] 1.605 1,11[0,92 1,76|3,79| 2.009|142j0,73{12[3,1 1.119/1,08|0,94|2,88|4,35111.835 1,10|0,83|1,42|3,35
| { ; | ,
4. De chômeurst
mixtes ..., 5.285/2,61/0,78/1,19 4,58 814/2,50/0,87|1,31 4,68 3.189/2,65/0,54|0,89|4,08 491|2,50/0,95 2,00|545 9.779/2,61|0,72|1,14|4,47
t&gt;
:

È
        <pb n="265" />
        bo
; ma
TABLEAU H. PROVINCE DE LIEGE 4
7 E
502 quinzaine. ë
Nombre de ménages et de secourus.
NOMBRE MÉNAGES COMPRENANT NOMBRE DE 2
Ménages ;
DE SECOURUS .. === 0000 Nombre :
| ! avec
PAR 1 2 3 4 5 6 7 8 , d’enfants
Ménages [ Personnes | Chômeursiménagères| :
MÉNAGE chômeurs (chômeurs chômeurs |chômeurs :chômeurs !chômeurs chômeurs |chômeurs :
‘ 11.015 » » 11.015 11.015 11.015 ’ | »
11.729 3.238 » 14.967 ' 29.934 18.205 10.162, 1.567
7.052 6.073 672 » | &gt; ; 13.797 41.391 21.214 10.615 9.562
4.975 2.686 1.920 | 147 à » » 9.728 38.912 16.695 8.393 13.824
2.708 1.419 984 609 40 » : - 5.760 28.800 11.134 5.213 12.453
* 1.491 764 536 301 136 3 3.231 19.386 | 6.529 3.019 9.838
782 4°76 304 188 90 32 ‘ 1.873 13-111 4.007 1.779 ' "7.285
383 266 185 111 58 18 1.027 8.216 2.534 1.005 4.857
173 118 85 56 32 10 à 480 4.320 | 1.152 460 2.708
Ï 57 | 56 42 39 14 7 215 2.150: 563 207 1.380
; 14 | 19 16 | 10 5 66 796 179! 64 483
1 2 7 4 7 P ; 24 288 77 23 188 ;
Î 2 2 3 1 8 104 27 8 69 5
{ 2 1 ‘’ &gt; 3 42 10 3 20
15 ’ ’ L h 1 15 5 i 3
ToTaL des ménages. 40.381 ! 15.124 j 4.752 1.472 380 2 3/562.195 (198.410 D 40.952 64,252
es INA AQIAQAQ AA M ds
Nomsrz de chômeurs. 40.381, 30.248 14.256 5.888 | 1.900 432 77 | 24 | 93.206
        <pb n="266" />
        TABLEAU I. PROVINCE DE LIÉGE 50e quinzaîne.
Répartition des ménages d’après les salaires et les autres ressources.
= REs- 7
SALAIRES SOURCES 5fr.et—1 5 à 10 | 10 à 15 | 15 à 20 | 20 à 25 | 25 à 30 | 30 à 35 Toraux [Pour cent
Nul cn cen recto centre aS + 2.929 | 1.775 | 412 | 126 13 ; 5.259 ! 19,57
5 francs et moins ............ 5.054 793 | 415 | 55 | 16 | 5 : 6.338 | 23,58
Francs 5 à 10.42; 5.011} 8761 480 | 79 | 26 | 5 7.327 | 2726
— 10h15... 8.502 | 474 | 251 | 63 | 16 | : 4.390] 1637 |
: 152420 ......112 2... 1,587 * 185 | 137 | 24 | 9 | 3 1.945 1 7,24
2012.25 2 0&lt;+rmeeestt (805 | 75 | 42 | 14 | w 9391 349 |
25.4 30 2 +20 a | 358 | 26 | 29 | 421 | 1,57
SOA ST 2041 1a 00 co uen) 115 ! 11 11 142! 053
C10CE TIRIMME PERTE E 55 4 6 ! 66° 0,25
= A 45 nn ea nes se 17 3 2 ; 22 0,08
150-5020 1 0n0e 2 5 ; 8 0,03
— 50 et plus ..…...…-... 5 { 7 ba)
Tfordux &gt; nr 1 N7ÉEOS 5.378 — 3.100 656 Te. _/ 2.873
Pour cent ........... — 65,14 20,01 | 11,54 244 | 0,75 100,00,
ë

Le an 97 a
0.10 0.02 7
        <pb n="267" />
        a ra
TABLEAU J. PROVINCE DE LIEGE 5
———_———- 502 quanzamne. =
5
Répartition des ménages d’après leur composition et les salaires et autres ressources réunis.
CoMmPOSITION REVENU HEBDOMADAIRE DU MÉNAGE (SALAIRES ET AUTRES RESSOURCES RÉUNIS) 7
our
DU =
| cent
MÉNAGE 5fr.et-| 5 à 10 |10 à 15/15 à 20 |20 à 25 125 à 30 |80 à 35 35 à 40 |40 à 45 5 à 50 | 50 et+ | Torar |
_ y Em ce ME ee -
» personne........| 1.156 460 25 » » D | , , , ; » 1.641 6,11
personnes .......| 2.531 2.199 740 77 , , 9 ) ) ) » 5.547 — 20,64
==, n-+-0 1.891 2.579] 1.326 526 161 13 | l » » ) »! 6.497 24,18
ee 1 .r+0/ 11-259 TL 705| 1.277 668 287 125 | 16 3 , ) »| 5.344 19,89
gs. 686 918 862 466 288 133 48 21 5 &gt; : 83-427 12,75
0 3451 521 | - 498 342 185 116 59 15 ; i 2.027 7,54
=&gt; ae 195 271 244 192 134 79 28 1 ‘ : 3 1.181 4,40
PE . 90 129 157 103 81 49 32 1 É 4 2 662 2,46
ur sui 41 65 | 65 50 48 32 12 € Î 6 334 1,24
i ee 12 24 25 23 25 12 7 2 ç L 1' 140 0,52
L = a 5 5 6 8 6 1 ‘ 3 ; 2 44 0,16
L = ete: 1 ; 2 4 ; 6 : ; ; 18 0,07
L = FE &gt; D i à - ; ; ; 7 0.03 *
14 ==e etre etefateil » » D » 1 » j » -
15 — es tee eee » Î » “ » &gt; » » : 0,01 ‘
TorAUX-&lt;...&lt;..0. 83-210 8.880 5.171 | 2.459 4221 562 217 89 ; 8 15 26.873 | D
| _————— —————————; ————_—_—___—____ —— —_———— —_— — ; — qn, __- ————————————— —œœ_— 2‘, — e
Pour cent….......| 30,55. 33,05 | 19,24 9,15] 154 2091 081| 033 1015 as 0,06 &gt;: 100.00
        <pb n="268" />
        TABLEAU K. PROVINCE DE LIEGE
— 50e quinzaine.
Répartition des ménages d’après le montant des secours reçus par semaine.
; sé |é |#lé |élé|é [els jé |élé|é|élé|é[é|s|s/élélélé ,
D, nl = ag 7 «a
2ù g a 1.3 | em + 10 qe o 189115 1 1SISISTSTRTRINAR a 5 a
a 9 4 Ë a | « - 1 + æ &lt; + | = | &lt;« | &lt; | a | &lt; | * | a | « | à | a | a | à |a|-a1-« Z “ E.
ae) = —» À 4 — — - - = Le - qu = - et || le 158
on 8 v : | © © = &gt; S | © So © 9.]S 1/19 |;S9),60S 19/00 1-15
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Q Oo |j+ et mn + 1 - æ R &amp;C =
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327; 559 963/2.336| 8.181 2.601 » » » »u » » » » ; *] »(14.967{ 29.934
310| 511 689|1.320| 5.472| 428/|1.935/2.648| 484 » » ; » » » “ | »113.797| 41.391 ;
j | 186| 320 456] 485 74113.768| 852/1.433| 128| 294| 969| 96 » » » ‘ »| 9.728} 38.912 a
96| 173 254| 219 352/2.213| 164| 333| 792/|134| 561| 30| 94| 318| 27: - . - s »! »l 5.700| 28.800
52 78 114} 143 158| 224|1.106| 174| 463| 45 73| 312| 45/1161 4i 1 G - » » »| 3.231| 19.386
| 19/ 37 58|- 54 95} 101| 632} 43; 81|299| 45/194| 12| 18} 109} "7 4 1 &lt;1 » »} 1.873; 13.111
9 15 28 29 39 38 61| 315 40| 176 19/-.93/1170&gt; 9|--61 3 0 ; 1 1.027: 8.216
5} i 1” ; 16 2. 22} 137 13/| 24 70/11); 60 2 63 a 480 4.320
Ï 1 = 5 ; 137. 1! 39 ' 1. 4 Bi 26 5 2( » 215: 2.150
; D ; 2 € 14 = l. 14| 1 8 » ; ; 66 726
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émet | a 1 = pe Lai : € 1-1 — ML , Im 98
Toraux !.157|1.975|13.173/4.599|15.063|9.402|4.789/5.099|2.053| 984|1.789| 685| 336] 542] 216| 74|133| 58| 16 a) 8 4| 3| 1|62.195{198.410
—  ——.--—— ———|[ ;——— —-—1 1. pe [es [et | ce ——ee La rem (nette eee À ee
Ps cent. ; +) 508 21,18 209 24,22:15,12| 7,70| 8,20] 3,30/1,58| 2,88|/1,10/0,54/0,87|0,35 02/0 0,09/0,03 0,06|0,01 0,01 10000 » N
|
w,

-
_
        <pb n="269" />
        <pb n="270" />
        ANNEXE N° 6
(Au chapitre XXV)

Statistiques spéciales de la Province de Liége
Comparaison d’une quinzaine du Secours Chômage
avec les premières quinzaines du Secours Alimentaire

(Voir page 182 et suivantes)
        <pb n="271" />
        <pb n="272" />
        ANNEXE N° 6
TABLEAU A.
Répartition des ménages d’après le nombre de personnes
qui les composent.
A. — NOMBRE DE MÉNAGES.
50e quinzaine du Secours Chômage (mars 1917).
NOMBRE | Arrondissement ' Arrondissement, Arrondissement ‘Arrondissement La Province
DE de Liége de Huy - de Verviers | de Waremme
PERSONNES! — —_—- me ———
PAR
MÉNAGE absolu | pour so pour ! absolu | pour | absoiu | pour y absolu | pouf
— = rte ec ficn nc eme nel ri ti mm potter ta cata 4 ré et mme
6.801" 19,3 767 10,7, 3.192 19,6 + 255 7,4 015 17,71
8.652 24,5} 1.578| 22,1} 4.232/ 25,9 505, 14,8} 14.967i 24,06
: 7.826) 22,21 1.697} 23,7} 3.610} 22,1 664| 19,4} 13.797! 22,18
| 5.495) 15,5} 1.246) 17,5} 2.300} 14,1‘ 687| 20,0} 9.728| 15,64
3.041 8,6 842; 11,8} 1.382 8,5 497| 14,5} 5.760| 9,26
1.681 4,7 443 6,2 742 4,5 365) 10,6! 3.231] 5,20
937 2,6 291 4,1 433 2,6 212 6,3; 1,873/| 3,01
515 1,5: 154 2,1 228 1,4 130 3,91 1,027| ° 1,65
216 0,6; 74 1,0 114 U,7 76 2,2 480| 0,77
104 0.3| 321 05 54/04 251 071 215! 0,35
31 10 0,1 13) ; 19) 0,4 66| 0,11
11 , 8 | 14 24 0,04
4 02l 0.1] 2) 04 |» 2;
: 1' { 1\ :° 0,02
15 et plus i 1
| 5.00 105) pas 100,0 au 00 24 es G2:to] 100,00
1re quinzaine du Secours Alimentaire (novembre 1917).
| 15.298 27,7! 1.543 17,7 5.402] 258 540| 12,4| 22.783| 25,5
; 13.224| 23,9, 1.838/ 20,7} 5.081| ; A 559} 13,8; 20.742] 23,3
| 10.989} 19,9} 1.872} 21,0! 4.208| 20,1 742} 17,2| 17.811} 19,9
, 7.154| 12,9} 1.401| 15,8; 2.792| 13,3) 753|  17,4j 12.100| 13,5
3.970 7,3 937| 10,5; 1.612 7,7 6314 - 14,5] 7.150 8,1
2.246 4,1 570 6,4 850 4,1 469| 10,8! 4.135 4,5
1.238 2,2 335 3,7 478 2,3 274 6,3] 2.325 2,7
635 1,1 209 2,3 261 1,2 169 3,9} 1.274 1,4
280 0,5 96 1,1 127 «6 8e 2,0 591 0,6
141 0,2 39 0,4 65 9,3 27 0,9 282 0,3
52 25) 19 at 117
13 8/ 10 39
£ 0,2 2) 0,4 3 2 47 0,7 12, 0,2
21 0. . | 2
15 et plus 1 1 | 3
! I
=: —— —1; cts tt ———ees EE —
| 55.249 100,0} 8.876 100, 20.009 | as 1000 89.366| 100,0

251
        <pb n="273" />
        952 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
TABLEAU B.
Répartition des ménages d’après le nombre de personnes
qu’ils comprennent.
B. — PERSONNES.
Secours Chômage — 502 quinzaine.
NOMBRE jArrondissement {Arrondissement Arrondissement|Arrondissement La Province
DE de Liége de Huy de Verviers , de Waremme
PERSONNES — = ;
EEE absouu | pour bsol pont bsol pour bsol pour bsol pour
pie cont MAPSOU | cent: MMA 959 u| cent ! absolu | cent l'absolu | cent
ES ss
6.801 6,2 767 s,14 3.192 6,4 255/ 71,8) 11-015 5,55
| 17.304| 15,9] 3.156| 12,5} 18.464| 17,0| 1.010 7,6| 29.934 15,09
| 23.478] 21,5] 5.091| 19,9 0.830| 21,8" 1.992 13,8} 41.391 20,86
21.980| 20,1] 4.984| 19,7 9.200| 185 2.748 192 38.912 19,61
15.205! 13,9| 4.210| 16,6 6.910| 13,9" 2.475 17,3, 28.800. 14,52
10.086 9,3} 2.658| 10,5 4.452 8,9 2.190 15,3) 19.386, 9,77
6.559 6,0| 2.037 81 3.031 6,1 1.484| 10,4| 13.111 6,61
4.120 38/1 1.235011 4,8 1.824 3,6| 1.040 73/ 8.216 4,14
1.944 1,8 666! 2,7 1.026 1 684 4,81 4.320 2,18
1 1.040 0,9 320| 1,3 540 1,0 250 1,6) 2.150 1,08
1 = 134118 703 110 0,4 143 0,3 132 0,8 726 0,37
1 12 48 96, 128 *O1}1 12858 014
1 52 0,3] 26 26 0,3 » » | 104 0,05
14 14 14 0,3, 14 » » 42 0,02
15 et plus. 15/ &gt; » D » 155 O0
pe Me NE NE NE ME
109.071] st vd 0 vs 14.672, fx an
Secours Alimentaire. — lre quinzaine.
l | 15.298/ = 9,9| 1.543 5,2} 5.402 9,0 540! 9.21/292-783 0 02
26.448: 17,0| 3.676| 12,2/10.162/ 16,9} 1.198 6,8} 4.r84 15,74
32.967| 21,21 5.616) 18/5|12.624| 21,0| 2.226| 12,5] 53.433) 20,28
28.616| 184| 5.604| 18,5|11.168| 18,5| 3.012/ 17,0’ 48.400 18,47
19.850| 12,8] 4.685] 15,5] 8.060| 13,4/ 3.155| 17,7) 35.750, 13,57
13.476 8,7| 3.420| 11,3| 5.100 8,5| 2.814| 15,8 24.810: 9,42
8.666 5,6| 2.345 7,8] 3.346 5,6 1.918 10,8 16.275 6,19
5.080 3,3| 1.672 5,5] 2.088 s,5| 1.352 7,7; 10.192 3,87
2.520 1,6 864 2,9] 1.143 1,9 792 4,4, 5.319 2,02
13 1.410 0,9 390 1,3 650 1,1 370 2 1/ 12-820 1,07
Ji 572 0,4 275 0,9 209 0,3 231 1,4| 1.287! 0,48
15 1561 0,1 961 03 1201 - 0,2) - 96( 468 0,18
13 78| 26/ 39 134; 108 156(
14 28/ 0,1! » {01 ) 0,1 y | » 28( 0,09
15 et plus. 16! 16 15 » » 47;
ps ss AAA {|
55.181 100,0] 30.228: 100,0 60.126) 100,0| 17.717 100,0[263.252|100,00
        <pb n="274" />
        Draoramme lIii

21 |
20:
ni FROVINCE ne LiÉsE

Répartition des ménases d'apres le

nombre de persomnes quiles composent

BD Nombre de personnes,

——.. 50: ur secours.

—_.1* Quinz secours alimentaire
a. ; | | | | | | | | ; | | 1 1 SRE EE EEE ss)

3 - 6 Ÿ 8 9 40 4 19 F3 ic 15
Personnes par ménage
        <pb n="275" />
        <pb n="276" />
        TABLEAU C. Répartition des ménages d’après l’âge des membres qui les composent.
A. — MÉNAGES.
Secours alimentaire : 1° quinzaine
NOMBRE DE MÉNAGES
ARRONDISSEMENT | ARRONDISSEMENT | ARRONDISSEMENT |ARRONDISSEMENT -
MÉNAGES COMPRENANT DE LIÉGE De Huy DE VERVIERS DE WAREMME LA PROVINCE
absolu | pr cent; absolu | pr cent absolu | p' cent absolu | pr cent absolu | pr cent
* uniquement des adultes ................... 30.560 | 552 4.074 5,09 12.6 60,8 1.313! 30,3 48.625 54,41
— des enfants de 10 à 16 ans .... 150 |} 0.8 10 0,1 0.2 4 0.2 | 177 0,19
b = des enfants de moins de 10 ans. 254 , 17 0,2 vx , 3 &gt; 295 0,34
AB des adultes et enfants de 10 à 16 ans .... 7.239 13,0 | 1.182 13,3 1512. 3/15 10,9 632 12,2 | 11.254 12,59
AC — — de moins de 10 ans. 10.537 ’ 19,2 2.050 23,2 3.74 14,7 1.262 à 29,2 17.562 19,65
ABC — —_ de deux catégories . 6.494 : 11,8 1.539 17,38 2.1/7 10,4 1. 1.218 28,1 11.428 12,78
BC des enfants de deux catégories............ 15 » 4 » 8 » » » 25 0,04
55.249 | 100,0 78.876 | 100,0 - 20.909 1” 100,0 | 4.332 “ 100,0 | 89.366 1 100,0
TABLEAU D. B. — PERSONNES.
va
NOMBRE DE PERSONNES
ARRONDISSEMENT | ARRONDISSEMENT |ARRONDISSEMENT l'ARRONDISSEMENT
MÉNAGES COMPRENANT DE LIÉGE DE Huy DE VERVIERS DE WAREMME LA PROVINCE
absolu | pr cent absolu | pr cent absolu | pr cent absolu | pr cent absolu | pr cent
« | mme ——— ——— = - ————— ——eee — —_—_
- uniquement des adultes ................... 56.069! 36,3 | 8.379! 27,72 25.067 ; 4] 2.701 | 15,24 92.216 | 35,05
— des enfants de 10 à 16 ans .... 165 y 03 10 0,03 17F VU. 5 0.03 197 0,07
= — des enfants de moins de 10 ans. 293 | ; 22 0,08 34 ? 4 4 | ; 353 0,13
AB des adultes et enfants de 10 à 16 ans..... 27.141 17,5 4.865 16,09 9.080 ! 15,1 2.306 13,02 43.392 16,45
AC — — de moins de 10 ans. 34.473 22,2 7,465 24,69 13.318 21,8 4.999 28,21 60.055 22,78
ABC _— _ de deux catégories . 36.999 23.9 9.476 31,35 12.795 21,4 7.702 43,48 66.972 25,46
BC des enfants de deux catégories............ 41 » » 0,04 15 » » » 67 __0,03 to
155.181 100,0 i 30.228 100,00 60.126 100,0 : 17.717 100,000: 263.252 100,00 »
        <pb n="277" />
        ID
Où
&gt;
TABLEAU E. a
NOMBRE MOYEN D’ADULTES, D’ENFANTS ET DE PERSONNES PAR MÉNAGE.
ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT
DE LIÉGE DE Huy DE VERVIERS DE WAREMME LA PROVINCE
Secours CG Sec. Alim Secours C. Sec. Alim. Secours C. Sec. Alim. Secours C. Sec. Alim. Secours C. Sec. Alim.
50e quinz. 1'° quinz. 50° quinz. 1r°e quinz. 50e quinz. 1re quinz. 50e quinz. 1re quinz. 50e quin?. " 1re quinz.-
Aduites.…..... 2.12 1,96 224 2,22 2,24 2,09 2,25 2.20 2,16 2.04
Enfants ....… 0.97 0,85 1,33 1,32 1,16 0,78 1,91 1,79 1,08 0.90
Personnes .... 3.09 2.81 2.20 3.54 3.40 2,87 4,16 4.09 3,19 2.64
        <pb n="278" />
        Dracramme IV
15
94|
03 Provincene LiÉSE
22| ; a ;
Répartition des ménases d'après le SECOUPSs

21 ; ; :

| accorde parle EN et par QUINZAINE.
20 2
to] « m,m, modes

5oe quinz. secours C a. _—_— 50e quinz. secours C
al | M, médiane
I7. | m*mèmé modes
te Qquinz. sec alim. ST …——… 1eQuinZ Secours alim

if | M, médiane
&amp; '
=

3
19}
al
101
9'
ñ
2 /

J

3 74 15
t 234 S 6 7 8 9 40 4 12 13 44 45 16 17 18 19 20 24 22 23 24 25 26 2728 29.30 31 32 33 34 35 36 37 38 3940 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 SI S2 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 M 72 7
A Peter ereserrenia free ES TE SOS at vom s 5É
Met — 2 à +$ 401 6F 60148 801a10f I0rairt RO HÉAOIAIHTENaEtBO20 20.018 2SÛ 2501 à SOf S00 a 35 É 3S01d 401 40014a 451. 4501 SOË S001« SSf. 5501 a 6Of G001&lt; 65f 6504 à 70f 7004a 7sf
par QUINZaine
        <pb n="279" />
        <pb n="280" />
        TABLEAU F.
Répartition des ménages d’après le secours accordé par le Comité National et par quinzaine.
NOMBRE DE MÉNAGES
50e quinzaine du Secours Chômage.

: ; ÉNAGEI ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT

SECOURS ACCORDÉ PAR MÉNAGE DE LIÉGE DE Huy DE VERVIERS DE WAREMME La ProvINCE
ET PAR QUINZAINE = a Le
PAR LE COMITÉ NATIONAL absolu |Ipour centt absolu |pour cent4 absolu |pour centl absolu |pour cent| absolu |pour cent

2 francs et moins ........... 696 1,97 169 2,97 232 1,42 60 1,75 | 1.157 1,86

201; +4 francs... 1.206 3,41 289 ; 4,05 344 2,11 136 3,97 1 1.975 317

4,01:à&gt;°6 —";............ : 8.029 | 22,73 1.084 | 19,18 3.594 22,03 466 | 13,60 13.173 21,17 !

601 à- 8 — 12e 2.825 8,00 510 7,14 ! 993 6,09 271 7,91 4.599 7,39

01.210 +... 241 9.009 25,52 2.066 28,93 | 3.125 19,16 ! 863 25,18 15.063 24,21 4.
10,01::à412 -— &gt;. 5121 4.845 13,71 1.174 16,44 2.699 16,54 684 19,96 9.402 15,11
12,01 à°14 +— 2.2.1 55 2.341 6,62 | 486 6,81 ‘ 1.674 10,26 282 8,40 4.789 1 7,69
14,01 à 16 tele es ca eue à 2.902 8,03 602 8,43 : 1.331 8,16 264 7,70 5.099 8,19
16,01 à 18 C3 Ce DR SOS 1,087 2,93 251 +302 622 3,82 143 4,17 2.053 3,30
18,01 à 20 - Ce ee ES» 482 1,46 128 - 1,79 292 1,79 82 2,39 984 1,38
20,01 à 25-11 ee 1.389 3,93 276 | 3,85 852 5,24 124 3,62 2.641 4,24
25,01 à 30 eu oeeefe due 0 a eral té 4,23 1,29 81 1,13 390 2,39 34 0,99 928 1,48
30015239 +100 00 vu 4 95 | 0,27 | 20 ! 112 1,68 e 0,27 236 0,37
35,01 à 40 Case aaie ae SAN Si } 4 0 34 42 0,25 3 0,09 80 0,12
40,01 à 45 PS PEN PSE DEEE 6 0,13 1 7 : » 14
45,01à50 111 » : 0,05 ù 2! 0.92
50,0L à. 55 — 211.21 :

Toraux ............. 35.316 | 100,00 | 7.141 | 100,00 | 16.311 | 100,00 | 3.427 | 100,00 | 62.195 | 100,00
        <pb n="281" />
        TABLEAU F. (suate) ox
,o° r e A r sr ° . ° s&gt;
Répartition des ménages d’après le secours accordé par le Comité National et par quinzaine.
NOMBRE DE MÉNAGES
Secours Alimentaire : 17€ quanzanne.
SECOURS ACCORDÉ PAR 'MÉNAGE! ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT ARRONDISSEMENT
DE LIÉGE DE Huy DE VERVIERS DE WAREMME LA PROVINCE
ET PAR QUINZAINE _ a. ; _ =
-
PAR LE COMITÉ NATIONAL absolu |pour cent absolu [pour cent absolu (pour cent: absolu |pour cent| absolu ‘pour cent
9 francs et moins .......... 339 0,61 157 1,77 | 135 0,65 129 2,98 760 0,85
201 à  4francs........--. 919 1,67 236 2,66 225 1,07 163 3,76 1.543 1,72
0h as 6... 1.709 3,09 38 4,3 | 547 2,62 245 5,65 2.884 3,23
Got à. 8 — -...….…...…—. 14.524 26,29 1.620 18,25 5.227 25,00 652 15,05 22-123 24,65
8,01 à 10 — ...+..0+00] 1.679 3,03 414 4,66 545 2,60 272 | 6,28 2.910 3,26
1001 aàas12 —.....…..... 2.818 5,21 471 5,31 615 2,94 329 " 7,60 4.293 4,80
12.012018" +" 21210 53-001 5,43 453 5,10 982 4,70 283 6,53 4.719 5,28
id0Làa 1 — 2-00 8.289 15,00 1.196 13,47 | 3.781 18,08 452 10,43 13-718 15,35 |
16,01 à 1 Tee S 1137 2,06 306 3,45 397 1,90 225 5,19 2.065 2,31 ;
18,01 à 2 sn EN 4.801 7,39 660 7,44 1.583 7,57 266 6,14 6.590 7,37
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30,01 à 3 T4 NUM 2.302 4,17 , 17 4,70 970 : 4,64 200 4,62 3.889 4,35
35,01 à 4 Eee + 1.862 SSI 328 3 70 750 | 3,59 139 3,21 3.079 3,45
40,01 à 4 nu 753 1,36 137 1,54 292 1,40 71 1,64 1.253 1,40
45,01 à! AE 587 1,06 124 1,40 252 1,20 50 1,15 1.013 1,13 ;
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        TABLEAU G.
SECOURS CHOMAGE. PROVINCE DE LIEGE 50e quinzaine.
Répartition des ménages d’après le secours distribué par le Comité National par quinzaine.
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Répartition des ménages d’après le secours accordé par le Comité National par quinzaine.
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        <pb n="284" />
        ANNEXE N° 7
(au chapitre XXVII — Secours Alimentaire)
Règlement et modèles d’imprimés pour les
Comités locaux
        <pb n="285" />
        <pb n="286" />
        |. Secours Alimentaire
RÈGLEMENT
(en vigueur à partir du 4 novembre 1917)
I. — Barème des secours et état de besoin

ARTICLE PREMIER. — Le Comité National a décidé de remplacer à par-
tir du le" novembre 1917 les subsides accordés aux Comités provinciaux
pour la répartition du secours A, du secours pour vivres supplémentaires,
du secours C, du secours chauffage et du secours vêtement, par une seule
allocation qui prendra le nom de Secours Alimentaire.

ArT. 2. — Pourront seuls être admis au Secours Alimentaire, à charge
du Comité National, les ménages dont les ressources totales, calculées con-
formément à l’art. 13, ne dépassent pas l’état de besoin ci-après :

Pour les ménages de ! personne, fr. 7.00 par semaine

— , personnes 10.50 &gt;

= ; 14.00 Ë

ue 17.50
21.00
24.50
28.00
31.50
33.25
35.00

avec majoration de 1 fr. 50 par personne supplémentaire et par semaine.

Arr. 3. — Le montant du Secours Alimentaire à charge du Comité
National sera déterminé par la différence entre l’état de besoin et les res-
sources des secourus.

L’intervention du Comité National ne pourra toutefois dépasser les
chiffres maxima ci-après :

4 francs par semaine pour les personnes de plus de 16 ans.

3 francs par semaine pour les enfants de 10 à 16 ans.

2 francs par semaine pour les enfants de moins de 10 ans.

ArT. 4. — Ces secours devront, autant que possible, être majorés par leg
        <pb n="287" />
        262 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Comités provinciaux et les organismes locaux, suivant leurs ressources et
les besoins spéciaux aux populations à secourir, jusqu’à concurrence des
limites de l’état de besoin fixé par l’art. 2.

Ii. — Admission aux Secours

ArT. 5. — Sont admis au Secours Alimentaire tous les ménages néces-
siteux qui en font la demande au Comité local de secours et qui se trouvent
dans les conditions fixées par le présent règlement.

ArT. 6. — On entend par ménage l’ensemble des personnes présentes
et vivant sous le même toit d’une vie commune, qu’elles soient ou non
unies entre elles par des liens de parenté.

Toutefois, il y aura lieu de compter séparément les ressources et le besoin
de deux ménages qui sont réunis, chaque fois qu’on se trouvera en présence
d’un ménage qui, depuis la guerre, sera venu se joindre à un autre ménage,
pour économiser un loyer, par exemple, à moins que celui qui réclame les
secours ne se trouve en fait à l’abri du besoin.

Le pensionnaire payant, l’enfant placé dans une famille par le juge des
enfants, une œuvre de l’enfance ou le bureau de: bienfaisance, l’invalide
militaire secouru par la section Aide et Apprentissage aux Invalides de la
Guerre et le séquestre à domicile ne sont pas considérés comme faisant
partie du ménage.

Sont considérés comme formant des ménages séparés, quoique habitant
avec d’autres personnes, les femmes de militaires et leurs enfants bénéfi-
ciant du secours soutien, ainsi que les secourus par la section Aide et Protec-
tion aux familles d’Officiers et de Sous-Officiers.

La séparation, en vue de bénéficier des secours ou d’une augmentation
de secours, de ménages vivant auparavant réunis, n’est pas admise. Dans
le premier cas, la requête ne sera prise en considération, que s’il est prouvé
que la séparation est réelle et répond à une nécessité. Dans le second cas,
les personnes séparées recevront uniquement les secours auxquels elles
pourraient prétendre si elles continuaient à faire partie du ménage.

Arr. 7. — Lors de leur inscription, les personnes qui sollicitent les
Secours Alimentaires auront à fournir une déclaration de ressources en
double exemplaire, suivant la formule reprise aw modèle 1.

Cette déclaration sera faite par le chef de ménage et portera sur tous les
biens et tous les revenus de toutes les personnes composant le ménage.

Le Comité local attirera l’attention de intéressé sur l'importance qu’il
ÿ a pour lui à faire une déclaration sincère et complète et sur les conséquences
civiles et pénales de toute fausse déclaration.

Le Comité local contrôlera soigneusement les déclarations de ressources.
Il exigera notamment la production des contrats d’assurance, feuilles
de contributions, actes notariés, baux de location, livrets d’épargne, etc. La
feuille de déclaration de ressources sera visée par l’agent chargé du contrôle.

Arr. 8. — Le Comité local dressera pour chaque ménage secouru une
feuille de secours, en double exemplaire (Modèle 2).
        <pb n="288" />
        ANNEXE N° 7

La composition du ménage, à renseigner sur cette feuille, sera contrôlée
d’après les indications des registres de la population.

Chaque feuille de secours portera un numéro matricule qui sera repro-
duit sur la déclaration de ressources et sur les diverses pièces remises au
secouru. Ce numéro ne pourra être attribué à un autre ménage. On conti-
nuera la numérotation au fur et à mesure des nouvelles inscriptions.

Arr. 9. — Les duplicata de la feuille de secours et de la déclaration
de ressources, portant le numéro matricule, seront immédiatement adressés
au Comité Provincial qui procédera à la vérification du caleul des secours
et fera ensuite connaître son approbation ou ses observations éventuelles.

En attendant cette approbation, les secours seront payés à titre provi-
soire par le Comité local et sous réserve de rectification ultérieure.

Arr. 10. — En cas de changement survenant dans la composition du
ménage ou dans la situation des secourus, le Comité local dresse une nouvelle
feuille de secours et une nouvelle déclaration de ressources et envoie le
double au Comité provincial, comme dit à l’art. 8.

Arr. 11. — Lorsqu’un ménage secouru change de résidence, le Comité
local de la commune que le bénéficiaire quitte, établit en double expédi-
tion, un avis de transfert conforme au modèle 3. Un exemplaire de cet avis
est adressé au Comité Provincial chargé de faire éventuellement les régu-
larisations comptables nécessaires. L'autre exemplaire est envoyé diree-
tement au Comité de la nouvelle résidence, en même temps qu’un duplicata
de la déclaration des ressources, de la feuille de secours et le carnet d’iden-
tification.

Le livret de bons dont il est question à l’art. 15 est conservé par le Comité
qui l’a délivré.

IT. — Exclusion des Secours

ArT. ‘12. — Sont exclus des secours :

a) Toute personne — et avec elle son ménage — qui refuse d'accepter
un travail convenable, approprié à ses aptitudes professionnelles et aux con-
ditions de salaires ordinaires.

b) Les ouvriers — et avec eux leur ménage — mêlés à des grèves ou à
des lock-outs.

c) Les secourus qui s’adonnent au jeu, à l’ivrognerie, à la mendicité ou
à des plaisirs dispendieux ; ceux qui sont condamnés du chef de vol, détour-
nement, etc ; ceux qui revendent les vivres qui leur sont fournis par le
Comité National.

Dans les cas prévus au littéra c, les Comités locaux auront à examiner
s’il convient de prendre des mesures spéciales pour assurer la subsistance
des autres membres de la famille.

d) Les cabaretiers et les membres de leur ménage, s’ils ne prennent l’en-
gagement prévu à l’annexe n° 4 du présent règlement.

e) Les personnes qui sont d’une inconduite notoire.

263
        <pb n="289" />
        264 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

Dans ce cas, avant de supprimer les secours, il y a lieu d’en référer au
préalable au Comité Provincial. —

f) Les secourus qui font ou ont fait de fausses déclarations de ressources ;
ceux qui n’indiquent pas les modifications survenant dans la situation de
leurs biens ou dans la composition de leur famille.

g) Les secourus qui ne remettent pas en temps voulu l’attestation exacte
des salaires qu’ils gagnent ou qui acceptent ou remettent une déclaration
inexacte de salaire.

h) Les ménages dont un ou plusieurs membres entraveraient la mission
des contrôleurs et inspecteurs.

Dans les cas prévus aux litt. f, g et À, la suppression des secours pourra
être définitive ou temporaire, totale ou partielle, suivant la gravité de
l’infraction.

IV. — Calcul des Ressources

ART. 13. — Comme dit à l’art. 3, les ressources d’un ménage viendront
en déduction du chiffre fixé par le barème du besoin établi par l’art. 2.
Ces ressources seront évaluées sur les bases suivantes :

A) SALarres. — Les salaires gagnés par les secourus seront immunisés
jusqu’à concurrence de cinquante pour cent.

Sont assimilés aux salaires : les pensions accordées aux anciens ouvriers,
pour autant que leur montant ne dépasse pas un franc par jour. Il en est
de même des rentes payées pour accidents du travail lorsque l’invalidité
des pensionnés est d’au moins 75 pour cent.

B) Revenus. — L’évaluation des revenus du ménage se fera d’après
les bases suivantes :

a) Immeubles : Taux : 1 franc par semaine et par 500 francs de valeurs
disponibles, charges déduites, avec immunisation de 1.000 francs de la
valeur de l’immeuble par personne, sans que cette immunisation puisse
être supérieure à 5.000 francs.

Pour estimer la valeur de l’immeuble, il y a lieu de prendre pour base
le contrat d’assurance contre l’incendie, diminué de 25% ou, à défaut
d'assurance, la dernière péréquation cadastrale.

Lorsque la maison appartenant au secouru et habitée par lui est exempte
de la contribution personnelle en vertu de la loi du 18 juillet 1893, il ne
sera compté aucune ressource du chef de la possession de cette maison.

Il en est de même pour les ouvriers propriétaires qui ont obtenu un prêt
de la Société d’Habitations ouvrières, lorsque le montant des charges hypo-
thécaires ou autres grevant leur immeuble atteint au moins les 2 /3 de la
valeur de celle-ci. Cette mesure est subordonnée à la condition de produire
un certificat de la Société d’Habitations ouvrières à laquelle l’ouvrier est
affilié ou de la Commune servant d’intermédiaire ; ce certificat indiquera
la valeur de l'immeuble et le montant des charges.

Il y a lieu de ranger parmi les immeubles, les terrains à bâtir et les terres
mises en location par leurs propriétaires. Si le terrain est cultivé par le
        <pb n="290" />
        ANNEXE N° 7 v65
propriétaire, il doit être taxé comme culture suivant les indications ci-après.
b) Cultures : à immuniser : 1 are par personne avec 5 ares au maximum.

Il sera compté pour les terres cultivées :

1° En location :

Moins de 10 ares : 4 à 6 centimes par are et par semaine.

De 10 à 50 ares : 7 à 10 centimes par are et par semaine.

Plus de 50 ares : 15 à 20 centimes par are et par semaine.

20 En propriété :

Les taux ci-dessus, majorés de 2 à 5 centimes par are et par semaine.

Les taux relatifs aux cultures seront fixés par les Comités Provinciaux
dans les limites ci-dessus, suivant la situation de chaque région.

Les évaluations seront triplées si le ménage fait le commerce du produit
de ses cultures.

Les cultures maraîchères dépassant 20 ares et les autres cultures supé-
rieures à 1 hectare font présumer que le ménage est à l’abri du besoin.

Les jardins que l’Œ'uvre du Coin de Terre met à la disposition des secourus
sont assimilés aux terres prises en location au point de vue du calcul des
ressources.

c) Epargnes : (Comptes en banque — livrets de Caisse d’Epargne —
titres, créances généralement quelconques, etc.) à immuniser à concurrence
de 1.000 francs par personne avec maximum de 5.000 francs. Taux : 50 cen-
times par semaine et par 200 francs du montant total des livrets du ménage
ou de ses épargnes déposées en banque, de ses titres, non compris les valeurs
ou épargnes appartenant à des personnes âgées de 65 ans et plus.

_ 50 centimes par semaine et par 500 francs, pour les épargnes appartenant
à des personnes âgées de 65 ans et plus.

d) Pensions, rentes, intérêts, secours, distribués par des organismes de
bienfaisance ou de prévoyance sociale, etc.

Il y a lieu de tenir compte de leur montant intégral hebdomadaire, à
l'exception toutefois de la pension de vieillesse de 65 francs et des pensions
accordées aux anciens ouvriers et aux accidentés, immunisées de 50%,
conformément au litt. A.

Les secours accordés en temps ordinaire ou actuellement par les bureaux
de bienfaisance doivent être comptés d’une façon permanente dans les
ressources de leurs assistés. Toutefois les allocations extraordinaires accor-
dées aux secourus en raison de maladie ou de circonstances exceptionnelles,
pourront être immunisées.

e) Chevaux, bétail, basse-cour, etc. :

Cheval : 25 francs par semaine et par tête.

Bœuf de trait : 15 francs par semaine et par tête.

Poney et mulet : 10 francs par semaine et par tête.

Ane : 5 francs par semaine et par tête.

Vache : 10 francs par semaine et par tête.

Porc : 5 francs par semaine et par tête.

Veau, génisse : 4 francs par semaine et par tête.

1 brebis ou 1 chèvre : immunisée.

a
au
        <pb n="291" />
        266 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'’OCCUPATION ALLEMANDE

2 brebis ou chèvres et davantage : 2 francs par semaine et par tête.

Poules et autres volailles : 5 centimes par semaine et par poule ou volaille
au-dessus de 5.

Pigeons : 5 centimes par semaine et par tête.

Chiens autres que le chien de labeur : 1 franc par semaine et par tête.

Sont présumés disposer de ressources suffisantes, les ménages qui possè-
dent plus de deux vaches ou qui élèvent plus de deux porcs, qui tiennent
plusieurs bêtes de trait ou une bête de trait et plus d’une bête de rapport
(vaches, pores, veaux, génisses).

f) Commerces : En principal, ambulants, accessoires, occasionnels :

Les Comités locaux fixeront les revenus des commerces en tenant compte
de l'importance du loyer, du chiffre d’affaires, du genre de commerce et des
circonstances locales.

Remarque. — Les immunisations de la propriété et des épargnes ne
peuvent être cumulées.

En cas d’insuffisance de la valeur des immeubles, le supplément de l’immu-
nisation pourra être déduit des épargnes.

C) SEcours DU COMITÉ NATIONAL ET DE SES SOUS-ORGANISMES. —
Dans le calcul des ressources des secourus il y a lieu de tenir compte des
secours alloués par le Comité National, ses sous-organismes et d’autres
œuvres de bienfaisance.

Sont complètement immunisés :

1° Les secours répartis par la Section Aide et Apprentissage aux Inva-
lides de la Guerre.

20 Les secours aux orphelins de la guerre.

3° Les secours accordés par la Section Aide et Protection aux Œuvres de
l’Enfance et la Commission d’Alimentation de l’Enfance.

40 Les secours alloués par la Ligue Nationale Belge contre la Tuberculose.

50 Les secours spéciaux accordés aux évacués belges.

6° Les secours accordés aux familles françaises, militaires ou évacués,
sur l’intervention de S. E. Monsieur le Ministre d’Espagne.

70 Les allocations accordées par les sociétés de secours mutuels à leurs
membres, pour cause de maladies, blessures, etc.

Sont immunisés à concurrence de 50% :

1° Les secours alloués aux familles privées de leur soutien par suite de
guerre (secours B), ainsi que les secours alloués par la section Aide et Pro-
tection aux familles d’Officiers et Sous-Officiers.

20 Les secours accordés par la section Aide et Protection aux Artistes.

30 Les indemnités que le Comité National accorde à ses assistés par le
secours travail (dentellières, ouvroirs de coupe et de confection, etc.) sont
considérées comme salaires et immunisées à concurrence de 50%.

V. — Payement des Secours

Arr. 14. — Le Secours Alimentaire du Comité National ne peut, en

aucun cas, être payé en espèces ; il doit l’être uniquement sous forme de
        <pb n="292" />
        ANNEXE N° 7 /
bons valables exclusivement dans les magasins du Comité National et dans
les Magasins communaux.

Toutefois, le supplément de secours qui serait accordé aux nécessiteux
par le Comité Provincial ou les organismes locaux, conformément à l’art. 4
peut être payé en espèces.

ArT. 15. — Les bons sont remis aux secourus par quinzaine, au moyen
de livrets conformes au modèle annexé.

La quinzaine doit être comptée pour quatorze jours.

ArT. 16. — Le Secours Alimentaire se substitue aux divers secours
accordés jusqu’à ce jour par le Comité National. En conséquence, ce secours
servira à payer :

1° La soupe ;

20 La farine ou le pain ;

30 Les denrées mises en vente dans les magasins du Comité National
et dans les Magasins communaux ;

4o Le charbon ;

50 Les vêtements ;

6° Les soins médicaux et pharmaceutiques, dans la proportion indiquée
ci-après :

I. Le payement de la soupe sera effectué par les secourus suivant les
barèmes arrêtés par le Comité Provincial ou le Comité local.

Afin de faciliter leurs opérations, les Comités locaux pourraient utilement
remettre aux secourus des cartes de soupe valables pour une quinzaine
et de la valeur desquelles ils seraient débités dans leurs livrets par l’annu-
lation d'un bon correspondant à la valeur des rations. Les cartes qui n’au-
raient pas été épuisées pendant la quinzaine seraient valables la quin-
zaine suivante.

II. Les distributions de farine ou de pain seront organisées suivant le
même principe, en s’inspirant des règles suivies jusqu’à ce jour par les
Comités Provinciaux.

INT. Les secourus pourront obtenir toutes les denrées mises en vente
dans les magasins du Comité National et dans les Magasins communaux
au même titre que les non secourus, sur présentation de leur livret.

IV. Les distributions gratuites de charbon étant supprimées, les secou-
rus auront à acquitter par le même moyen le montant des fournitures qui
leur seront faites par les organismes distributeurs.

V. Les seçourus qui désirent obtenir des vêtements auront à en faire
la demande au Comité local qui y donnera suite dans les limites de ses dis-
ponibilités et suivant les besoins du ménage. La valeur des vêtements sera
calculée d’après le tarif repris à l’annexe 6.

Le paiement pourra se faire soit au comptant, soit par retenues succes-
sives, suivant décision du Comité local.

VI. Les secourus auront à intervenir dans les soins médicaux et phar-
maceutiques qu’ils réclament, à raison de 10 centimes par prescription

26"
        <pb n="293" />
        268 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
médicale. À cet effet, une feuille de 10 timbres, d’une valeur unitaire de
10 centimes, sera annexée au livret de bons (Modèle 5), et viendra en déduc-
tion de la somme portée à ce dernier.

Aucune prescription médicale ne sera admise en compte par la section
des secours médicaux et pharmaceutiques aux nécessiteux si elle ne porte
un timbre médical. Celui-ci, détaché par le secouru, devra être remis au
médecin qui l’apposera sur sa prescription. Il sera ensuite annulé par le
pharmacien au moment de la remise des médicaments.

Les médecins tenant officine devront annuler un timbre à chaque visite.
Ces timbres annulés resteront adhérents au livret.

La taxe médicale supprime et remplace celles qui auraient pu être créées
jusqu’à ce jour par les Comités provinciaux.

Les feuilles de timbres épuisées ou perdues seront remplacées moyennant
retenue de 1 franc.

Les timbres non utilisés lors du renouvellement du livret seront joints
au nouveau livret en lieu et place d’une nouvelle feuille.

Le valeur des timbres restant attachés au livret lors d’un changement
de résidence, devra être remboursée au secouru.

Les recettes résultant de l’intervention des nécessiteux seront laissées
à la disposition des Comités Provinciaux qui les utiliseront sous forme
d’intervention spéciale dans l’assistance médicale et pharmaceutique
(appareils orthopédiques, lunettes, bandages, etc.).

Ces dispositions ne s’appliquent pas aux soins médicaux et pharmaceu-
tiques donnés aux familles de militaires, aux membres de mutualités et
aux personnes secourues par les bureaux de bienfaisance, conformément
aux règlements de la section de Secours Médicaux et Pharmaceutiques aux
nécessiteux. Il ne doit donc pas être délivré de timbres médicaux aux per-
sonnes rentrant dans ces diverses catégories.

Arr. 17. — L’usage des livrets de bons dont il est question à l’art. 14
pour la remise des secours est subordonné aux règles suivantes :

I. Il y a deux livrets par ménage secouru, l’un de ces livrets étant retenu
pour contrôle et inscription des nouveaux crédits, pendant que l’autre
est en circulation. Leur titulaire doit être le bénéficiaire du secours.

Le titulaire des livrets en est responsable.

II. Le Comité local aura soin de porter sur les livrets les diverses anno-
tations suivantes :

A) Sur la couverture de chaque livret :

a) Les noms du Comité Provincial et du Comité régional dont il dépend.

b) Le nom du Comité local de secours.

c) Les nom et prénoms du titulaire du livret avec son adresse exacte
et son numéro matricule.
        <pb n="294" />
        ANNEXE N° 7 sa

d) Le nombre de membres du ménage du bénéficiaire du secours ou
titulaire du carnet.

e) L’indication des magasins locaux et communaux si cela est nécessaire.

B) Sur le feuillet de quinzaine :

a) Les nom et prénoms du titulaire, son adresse exacte et son numéro
matricule.

b) Le nom du Comité local de secours.

c) Le report de la quinzaine précédente, ou le solde du secours, après
déduction des achats faits pendant cette période.

d) En toutes lettres et en chiffres, les allocations faites au titulaire du
livret, pendant la quinzaine en cours ou envisagée.

e) Le total du report et du secours indique la somme dont le titulaire
dispose pour ses achats.

II. Le Trésorier du Comité local de secours aura soin d’apposer sur le
feuillet du livret nécessaire pour la quinzaine le cachet du Comité local de
secours et sa signature.

IV. Le magasin fournisseur fera du livret l’usage indiqué ci-dessous

En échange des denrées qu’il fournira au titulaire d’un livret, il aura
soin :

a) D'’inscrire sur le feuillet de quinzaine, dans une des cases, les fourni-
tures faites, de les totaliser, de retrancher le total du montant de l'allocation
ou du reste précédent, d’inscrire la différence ou reste et enfin, d'apposer
son timbre ou signer à la place indiquée.

b) D’inscrire sur la feuille de tickets, à la case correspondant à celle
qu’il a employée sur le feuillet de quinzaine, le montant de sa fourniture,
de signer cette souche ou d’y apposer son timbre et de la détacher.

V. Chaque magasin remettra périodiquement au Comité local un relevé
des fournitures effectuées sur les livrets en même temps que les souches
détachées de ces derniers.

VI. Lorsque les livrets rentreront au Comité local de secours pour ins-
crire les allocations de secours pour une nouvelle période, il y aura lieu de
détacher au préalable la feuille de quinzaine de la période précédente.

Ensuite on procédera à la vérification, par rapprochement, des feuilles
de quinzaine, des souches et des relevés des magasins, et aux rectifications
éventuelles.

VII. Lorsque le titulaire du livret change de résidence, sa feuille de secours
est clôturée et son compte établi en tenant note des retenues restant à effec-
tuer et du solde non utilisé du livret. Si le compte ne peut être liquidé immé-
diatement, le reliquat éventuel est porté à l’avis du transfert (modèle 3)
adressé au Comité Provincial et au Comité de la nouvelle résidence.

26:
        <pb n="295" />
        270 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
VI. — Contrôle des Secours

ArT. 18. — Un carnet d’identification, reproduisant les principales
indications de la feuille de secours, sera remis à chaque ménage (modèle 7).

Les Comités locaux enregistreront chaque quinzaine dans ces carnets
les secours accordés à leurs titulaires et ils veilleront à ce que ces derniers
y mentionnent les salaires qu’ils ont gagnés, ainsi que les secours qui leur
seraient accordés par les patrons et les institutions de bienfaisance.

Un récolement général des carnets sera effectué une fois par quinzaine,
au moins, préalablement à l’établissement de la feuille de secours.

Afin de faciliter leur travail, les Comités locaux auront intérêt à remettre
deux carnets d’identification à chaque ménage, chacun d’eux servant
alternativement pendant une quinzaine, tandis que l’autre reste à la dispo-
sition du contrôle.

Les Comités locaux pourront également exiger des secourus des décla-
rations de salaires sur feuilles détachées ; les renseignements ainsi obtenus
étant ensuite consignés aux carnets des intéressés.

Arr. 19. — Les Comités locaux prendront toutes les mesures utiles
afin d’éviter de venir en aide aux personnes qui ont cessé de se trouver
dans les conditions requises.

À cet effet ils organiseront un contrôle des secourus, en tenant compte
des circonstances locales, et ils vérifieront les déclarations de salaires.

Les secourus ont à se plier aux exigences de ce contrôle et à fournir toutes
les pièces justificatives jugées nécessaires.

Les Comités locaux veilleront également à ce que les sommes figurant
aux livrets ne dépassent pas les besoins des secourus, en tenant compte,
toutefois, des réserves que ceux-ci voudraient se constituer en vue de l’achat
de vêtements.

ArT. 20. — Les Comités locaux ont qualité pour réprimer les abus et
les irrégularités.

La sanction des abus se trouvera dans la suspension des secours, partielle
ou totale, temporaire ou définitive, sans préjudice aux poursuites judiciaires.

ArT. 21. — Les Comités régionaux prononcent en cas de désaccord
entre les secourus et les Comités locaux. En cas d’appel de la décision du
Comité régional, le Comité Provincial statuera.

Le Comité National sera appelé éventuellement à se prononcer en dernier
ressort.

VII. — Comptabilité des Secours

Arr. 22. — Les Comités locaux devront établir chaque quinzaine le

montant des secours sur les feuilles de secours (modèle 2).
-La répartition des secours y sera également mentionnée.
Les secours seront ensuite reportés dans une liste d’émargement (modèle 8).
        <pb n="296" />
        ANNEXE N° 7 271

Après émargement par les secourus, ces listes seront transmises au Comité
régional.

Arr. 23. — Les Comités régionaux transmettront au Comité Provin-
cial les listes d’émargement des Comités locaux de leur ressort, accompa-
gnées d’un relevé récapitulatif.

ART. 24. — Le Comité Provincial remettra au Département Secours
du Comité National un état de dépenses conforme au modèle 9.

Le Comité National liquidera ensuite au Comité Provincial sa part d’inter-
vention, avec bonification d’un tiers pour cent à titre d’intérêt.

ArT. 25. — Les Comités Provinciaux tiendront en tout temps à la dis-
position du Comité National les listes d’émargement ayant servi à l’éta-
blissement des situations de dépenses à lui remises.
        <pb n="297" />
        272 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
Modèle [. (Recto)
ComITÉ NATIQNAL DE SECOURS ET D’ALIMENTATION
Comité Provincial de......…...........- Comité local de... No
Déclaration de Ressources
Nom du chef d€ MÉNAGC :.+e+02+ee een cree eee ce cet PTÉNOUS :°5nen rene tienne trans
PSE ei riremantitsnntthane | encoooeoonariRt
COMPOSITION DE LA FAMILLE
QUALITÉ PRÉNOMS Date de |  Proression OBSERVATIONS
naissance
PTS een set
Mére re...
fer enfant... ..
2e UNE Mate
3e Does is
4e ct.
Be Me
Ge Se
(5L:
Autres \ 9
membres. )
are
QUESTIONNAIRE
I. — Êtes-vous propriétaire de la maison que vous habitez ?............ Est-elle
exempte de la contribution personnelle ?.................…...... Cette maison est assurée
pour fr... hypothéquée de fr... par acte reçu par le notaire...
II, — Autres immeubles en propriété.
MONTANT DE Nom DU
SITUATION = L’ASSURANCE NOTAIRE
NATURE COMMUNE ÉTENDUE OU VALEUR = HyporTn. ET DATE
RUE, N° CADASTRALE DE L’ACTE
Maison........-
Maison.........
Maison... ...
Terrain à bâtir .
Terres données en
location ......
RSESSE TS A
        <pb n="298" />
        ANNEXE N° 7
Modèle !. (Verso)
III. Economies.
Nom et prénoms de
toutes % PEVANSS LIVRETS | RENTES | DÉPOTS | Lors DE TITRES OUI Divers
du ménage. D’ÉPARGNE BELGES EN BANQUE VILLE CRÉANCES
IV. — Cultures. — Cultivez-vous pour votre ménage seulement ?........Terres en
location :........ares. Terres en propriété :..…...….ares. Etendue des cultures maraî-
chères: ares.
V. — Chevaux, bétail, volailles, ete.
{ chevaux :.……. vaches :.…... brebis :..... pigeons :...…
; ana " chiens, autres que
Nombre ) bœufs de trait :..……. génisses :..…. chèvres :..... le chien de labeur (+
de ânes : .….….. veaux :...... poules et autres volailles :..…....….
poneys et _mulets:...., porcs :.. -. lapins :.….. ruches*...…….…
VI. — Revenus divers (par quinzaine — 2 semaines).
NOM ET PRÉNOMS PEN SECOURS AUTRES
DES SALAIRE = COMMERCE ENSIONS de bureau de ddr
MEMBRES DU MÉNAGE ET RENTES) bienfaisance  SFCO sn
Je déclare par ma signature donnée librement que, ni moi, ni mon épouse, ni mes
enfants, ni aucune des personnes vivant actuellement sous mon toit et faisant partie
de mon ménage, ne possédons d’autres biens en propriété ou en location, ni d’autres
ressources que ceux énumérés ci-dessus.
Je m’engage à faire connaître de suite les changements survenus dans la compo-
sition ou les ressources de mon ménage. ; ,
Je m’engage à restituer au Comité local de Secours toutes les sommes que je pourrais
avoir touchées de ce Comité, à partir de la date de la présente déclaration, si le Comité
peut en prouver la fausseté. ; A ;
J’autorise M. le Président du Comité local de Secours à faire vérifier l’exactitude
de ma déclaration notamment auprès des banques, de l’Administration communale,
de la Caisse d’Epargne, du cadastre, des contributions, de l’enregistrement, des hypo-
thèques, des notaires et des patrons. 3 ;
Les délégués du Comité local, du Comité provincial et du Comité National peuvent
centrôler ma déclaration par les visites à mon domicile.
ertridramneennnie nes! 1O5 roro rercowa tee Netenanet UN
Vérifié et certifié exact, Signature,
Le Contrôleur.
Er qe s * ze : Paccmqe==---—
, N. B. — Le déclarant qui ne sait pas signer apposera une croix à l’endroit de sa
signature en présence de deux témoins.

273
19
18
        <pb n="299" />
        MopèrE 2. No du livret
CoMITÉ NATIONAL DE SECOURS ET D'ALIMENTATION Revenus hebdomadaires évalués d’après le règlement 2
se Fr. C..Fr! Can
Comité Provincial d Comité local d = ; — es
: Immeubles ( Maison EE EE 4
Feuille de Secours en propriété { Terrain à bâtir !
valeur ouenlocatione: +... |.
Nom et prénoms de chef du ménage ( ) a) Hypothèques ,
Rue . No N° À déduire 3 Immunisationss*. Men =
———" ; —5 a Valeur disponible à taxer, 1... |.
COMPOSITION DU MÉNAGE Entiures p
: DATE DE PATRON Observations ‘a) en location... ares.
NOM ET PRÉNOMS NAISSANCE |Prorrssion Immunisation… _…_ …_ ares.
as es ES SES Sn dtaxer: &gt;. ATCSE A 1 00000
5) en propriété. … ares.
Immunisation.. ares.
- àtarer: _…_….….. QATGS - + + eur 1 00 0»
Epargnes
N. B. — Sont complètement immunisés : Personnes de plus de 65 ans, montant ….…… fr.
1) les secours répartis par la Section « Aide et Apprentissage aux Invalides de lmmunisation. +4... +»... Montant. IT
la Guerre » ; à taxer : fr.
2) les secours aux Orphelins de la guerre ; ; UE
3) les secours accordés par la Section « Aide et Protection aux Œuvres de l’En- Personnes de moins de 65 ans, montant Îr.
fance et la Commission d’Alimentation de l’Enfance » ; Immunisation. ………...…..+.. montant -"AF-
4) les secours alloués par la Ligue Nationale Belge contre la Tuberculose ; à tater: PESTE
5) les secours spéciaux et le secours B accordés aux évacués belges ; ; ; nr ;
6) les secours accordés aux familles françaises, militaires ou évacués, à l’interven- Pensions, rentes, intérêts.
tion de S. Exec. Monsieur le Ministre d’Espagne ; 0 CHÉVAUX AV25 ÎT. 2.211 1e
7) les sMosations eccardées par les Sociétés de Secours Mutuels à leurs membres bœutfs ais ir... ...
pour cause de maladies, blessures, etc. ; FEES À
8) les secours B accordés aux femmes et aux enfants de militaires ; evoeecas PO 4 mulets à 10 fr...….10000,
9) les secours B alloués à la mère de soldat, veuve, ou au père de soldat, impo- + Len ÉLIIES NT a ee se in Ets
tent. si le soldat était leur unique soutien. Bétail*\..… … vaches à LO 1r.-.....--+- +. 10-100 +
Sent tcés à ° |. A pores à DIR... 11 ET Me
ont immunisés à concurrence de 5 P. ©. E.…… VCAUX, Qénissés, à 4 [r.........+0e 4
1) lessecours B alloués aux parents de militaires (voir toutefois le chiffre 9) ci-dessus, brebis, chèvres à 2 fr. ........-..-
ainsi que les secours alloués par la Section « Aide et Protection aux familles 7 d
d’officiers et de sous-ofliciers » ; Basse-cour (ati doceuE
3 les SoCOMIS accordés La: la La tie « Aide et Erotertion aux Artistes ; de 5)
es indemnités que le Comi ational accorde à ses assistés par le Secours- : ;
travail (dentellières, ouvroirs de coupe et de confection, etc.), sont considé- Poules et autres volailles........... à fr. 0.05! ,
rées commé salaires et immunisées à concurrence de 50 n. c. .-. PIÉCONS. 74-04 + ut 1100100 7 d 11-10-05) …» +
Remarque : Les cultures maraîchères dépassant 20 ares, les cultures de Chiens (autres que le chien de labeur)... à fr. 1.00
tabac dépassant 10 ares (3.000 plants) et les autres cultures supérieures à __… lapins (plus de 5)............... à fr. 0.10
1 hectare font présumer que le ménage est à l’abri du besoin. | FUCNOS Le 1 2 res se a Me es Sa: eirrenee ce
Sont présumés disposer de ressources suffisantes les ménages qui possèdent Commerce. .....42--&lt;000&lt; 00000000 es en se es a 050000
plus de deux vaches ou qui élèvent plus de deux porcs, qui tiennent plusleurs ‘Total... ..
bêtes de trait et plus d’une bête de rapport (vaches, porcs. veaux, génisses). Soit, par quinzaine :(X2)........400000000 0000 vue

Te
        <pb n="300" />
        = Ee
jamais Juinraile] Quinzaine | Quinzaine | Quinzaine | Quinzaine æ» Quinzaine { Quinzaine! Quinzaine{ Quinzainet Quinzaine! Quinzaine
NATURE DES RESSOURCES Hu + +0…0e L AU 20000 dut... | du .… +. du | du du du idu du du du du
AU + irocr (AU ss000e0s AUÜU.ccuu... 'Alde.uu00.s AU... AU au lou jau au au au au
Revenus repris au recto (pr quinzaine).
50-p. ec. des } 2.8..220081 2 es 5
SALAIRES )3.6...4.2001 1e
Secours Soutien 50 p. c.............
Secours divers....….….…............
Ressources totales.
Besoin maximum du ménage
suivant barème du C. N.
Secours alloué (1) à charge du C. N.
(porté au livret).
Retenue pour vêtements.
A déduire | Retenue p' timbr médic.
Retenue pour ........….
Solde disponible delle see» æ
Secours supplémentaires... ;.
- +
Quinzaine * Quinzaine ! Quinzaine ' Qninzaine Oninzaine | Quinzaine Quinzainet Quinzaine Quinzant = Aurazarn +00 ts
NATURE DES RESSOURCES du... de …… du... &amp; asséss 31 ee nee LOU du du du a
AU onu = HUdeouuuu0s Fllecuuces Ale au0000 MA, AU au jau au - . Te
É -_— re Ii
Revenus repris au recto (pt quinzaine).
dO pc. des) 24.220010...
SALAIRES ) 3:..#..............
Secours Soutien 50 p.c...........….….
Secours divers...
Ressources totales.
Besoin maximum du ménage
suivant barème du C. N.
Secours alloué (1) à charge du C. N.
(porté au livret)
Retenue pour vêtements).
A déduire | Retenue p' timb* médic.
Retenue pour ........….
Solde disponible........
Secours supplémentaires ..........….. ta
— ; &lt;=
(1) Le secours alloué est représenté par la différence entre le besoin et les ressources du ménage, sans que ce secours puisse en
aucun cas être calculé sur des bases supérieures aux taux de 4-3-2 fixés par le règlement.
        <pb n="301" />
        276 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Modèle 3.
CoMmITÉ NATIONAL DE SECOURS ET D'ALIMENTATION
Comité Provincial de Comité local de
AVIS DE TRANSFERT N°
Le Comité Local de Secours de--------------------- scan cc+0=&gt; A NTORING
le Comité Provincial de... = ;
VEN — ——— ‘(de ce qu :
15 Comité Local de…—--_--&lt;=evremecc rca que “6 MIGNagS
dont le bénéficiaire des secours est ere ere
fiche N°...………………et qui se compose de membres se
rend dans la Commune de.…….…--- --…«-1ersecceceanenes onsiesneennenanciecenmennmen en casses
Ce ménage recevait un secours alimentaire hebdomadaire de (en chiffres
et en toutes lEVLTOs)…-««occinenn-aineiennetmnenn ennemis etes ses
Le dernier paiement lui a été effectué pour la période du...
: Ç , sa
Le livret de ce ménage présente un solde en ie faveur de.………—-+#..
(en chiffres et en lettres)==&gt;---&lt;ercetteiiranee ane nn ones ass
; crédit ;
que veuillez porter au —-— de son nouveau livret.
débit
Pour le Comité Local de Secours :
Le Secrétaire-Trésorier, Le Président,
RELEVÉ DE COMPTES
Annexes :
Solde restant à liquider sur le livret. = TT
Ristourne pour timbres médicaux. - Henille ue secours,
Déclaration de ressources.
Total...
Carnet d’identification.
à déduire pour soldes retenues.....
sa
Solde en —— faveur..."
notre
        <pb n="302" />
        ANNEXE N° 7 ;
Modèle 4.
CoMITÉ NATIONAL DE SECOURS ET D'ALIMENTATION
Comité Provincial de Comité local de
DÉCLARATION POUR CABARETIER

Je SOUSS IUT É-…0eccscortoneer ester renecattor atcancenten ertesgerepemErcencerencassestesetcceen deMEUTANÉ
A rrreeerenrermenesn LANG -Uocucesssopecterane Rene ncEnEtESenerenegecanetancectre- AN
m'engage par ma signature donnée librement ci-dessous, à ne plus vendre
ni laisser vendre aucune boisson dans l’immeuble que j’occupe, aussi long-
temps que je bénéficierai, aussi bien moi-même que les membres de ma
famille, des secours alimentaires accordés par le Comité de Secours d…………………
arrrarereererenmene AUX personnes dans le besoin.

Je m'engage aussi à restituer toutes sommes que j'aurais touchées du-
dit Comité, tant pour moi que pour les membres de ma famille, à partir
de la date de ma signature, s’il est contrevenu au présent engagement.
Pour permettre au Comité de Secours le contrôle qu’il désire, je m'engage à
recevoir en tout temps, à toute heure de la journée, les membres du Comité
local, ses contrôleurs et inspecteurs, ainsi que tous ceux du Comité Provin-
cial et du Comité National.

Signature :

277
        <pb n="303" />
        978 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
Modèle 5. Couverture (recto).
CoMITÉ NATIONAL DE SECOURS ET D’ALIMENTATION
Comité provincial de... _…__…__…_…… LL
Comité local de... … 1 -
N° 000000
DÉLIVRÉ A
Nom et prénonidu Hiulaire :.……u-e…--rerranemn cnomenmnettennentorane eme
demeirant =. = ee eee ae
Numéro matricule _………
Nombre de personnes constituant le ménage
Magasin du Comité local n°.
Magasin communal n°.
Voir au dos du livret.
        <pb n="304" />
        ANNEXE N° 7
Modèle 5. Feuillet de quinzaine. (Recto)
0
LIVRET N° 00000
IMPORTANT, — Le Secrétaire-Trésorier du Comité local de Secours a seul
le droit de détacher les feuillets de quinzaine.
a —
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DES FOURNISSEURS des marchandises DES FOURNISSEURS , des marchandises
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        1°” FeunLeT À 5 1°" FeunrET À :
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co co
= Nom = Nom
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Somme Somme
1°" FeunieT À 6 1° FeumLET À 2
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Somme Sor:12-sm z
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        282 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Modèle 6.
CoMmITÉ NATIONAL DE SECOURS ET D'ALIMENTATION
Fa ENT +
Comité Provincial de Comité local de
TARIF DES VÊTEMENTS
HOMMES CalocoNns 4250 50 ee eee des Tee. 2 EE
Pantalons... 4 2140 0e een ee 5 »
CHOMISES +0 0 00 01210 00 2 0001 +0 0e 0 Te 4 » Vestons..... 49.141 0 5e Tete TL à
Calccons c……0—0 0e 4e ee A eee Te eee A 325 Costumes... 5e 1 a eee 16 »
Gilets de flanelle….......-..-.-. 3. » Pardessus.. 0-5 AT es cmt 15 à
Gilets de chasse et vareuses ..... 5. vi Paletots (2 à Sxans)............ 3 50
Chaussettes (paires)....…........ 2 50 CADANSY, cre0 cire motors san ti cfeie eine tetre 11 »
Vestons 72m 0 eee 0 etrte 010 002 12 » Chaussettes (paires)........…..... TI 25
Pantalons..." g » Casquettes ni 4155074 + efeth 040 ete 1 50
Costumes de travail ........-... 20 » Tabliers &gt;... 14.100 ete eee 4 »
Costumes toile bleue............ 13 » Sabots 1 00 a. »
Costumes velours ....…..-.....…. 33 » Chaussons pour sabots .......... 1 50
Vestons Velours ............+. 29 » Pantoufles, chaussons lisières..... 2 50
Pantalons toile bleue ........... 5 » Galoches..….... MR EE 2025
Pantalons velours ..:........… 18 »
Gilets tissus, velours à manches . an
CODaNS + +.+0+04- "1020 0e ren eue 13 » FILLES (1 à 18 ans)
ee 22e
aloches (paires)...-......….....- » =
Pantoufles lisières (paires) Grau 5 » CHOMISCS 2e + neuve ++ 07 a 0 rec ie rer aie 510 2 60
Sabots (paires) ............…....- 1 25 Pantalons: ‘de + - 0 ++ = 0 A 50e 1 25
Chaussons pour sabots .......... 1590 —Jupons dessous (au-dessus de =
Souliers semelles bois........... 5 75 12 ans)......…20000sc 00000 225
Robes dessous (en dessous de 2 25
5 ANS). 2001 res CAR A Se ne
FEMMES Costumes jeunes filles........... 20 »
CHOINISES Le reeae annee en eee ts &gt; ,  Blouses (depuis 14 ans).......... 4 50
Chemises de nuit et jaquette de nuit &gt; FlODES 002110 2e 0 0000 Ce Carte 7 11 »
Pantalons... eve. "eee ee: CR JUpes .....2200ee aan eee cc eue es Il :
Camisoles ou cache-corsets ...... 125 —Cabans........…....0.000n0ee0es ,
; ) Palctots. ++ = rte ee 10 1 een ee 5 17 +
Bas (paires) .…++.-..ee 20 ee ee ne » ,
Jupons dessous... ,  Paletots (2 à 3 ans)............ 3 50
Blouses et jaquettes............. ER Tabliers ..….....00000000 00000000 4 »
DES en raie date ie pietala ais satire traite 7 50 | Bas (paires)........4.000000ec 0e a
Foyer de dames........….….…..... 0°» robes de-nuit :............... 2075
Paletots.1 30e de ace ent e 27 » Sabots ............,0000000000e La
Costumes... &gt;w 0 28 » Chaussons pour sabots .....….…….- 1 50
Tabliers et tabliers à manches …. 3 75 Pantoufles, chaussons lisières..... 2 50
Souliers Molière, semelles bois Galoches. . siecle 225
a a EE 2 »
aloches (paires ..…..........-- » er ;
Pantoufles lisières (paires)........ dd » ENFANTS (1** âge jusque 1 an)
Sabots (paires) .........-....... 1.» -
Chaussons pour sabots .......... 1 50 Layettes complètes..-........--. 25 25
IRODOS (ere 0 e'&lt; 10500» Eire 19. » Chemises DÉbé eu... 22000000 1...»
Chemises layette ............-.. 0 90
DIVERS ITASSIOTOS secte ee eerea asie ze tenace ne 1 20
Frobes bébé. ,°22. 2-10 00 000 2»
ESsuie-mAains . .. Ve. 0 0002000 + 05900 = Robes layettes......-..-........ 3 »
Couvertures ordinaires .........- 134 &gt; Bonnets ....15 40e ee &gt; 40
Couvertures ouatées ............ J4 &gt; Daveitos &gt;. 1e 011 eee ve ù 35
Taies d'’oreillers . ste a RES 2» * Mouchoirs de cous.........--.. 0 60
Capuchons +. 12.2. &lt; + +000 + PR
GARCONS (1 à 18 ans) Tanges coton .....#"- +++ "0005 0 80
Langes molleton....---.......-- © 80
ChEMISES ‘20+ +0 eee 00000 00000 0000 275 VONtTIiÈrES 2. he des ia ete eee aa a ee 0 30
Jerseys ou vareuses ..….….….…..….….…….. 4 50 Gilets tricot et vareuses ......-- 3 50
Gilets de flanelle ............... a» Chaussons (paires) .........…... +8
Combinaisons .… «eo. 3 »  Pantalons-langes...........….... 1 43
        <pb n="308" />
        Gomité National de Secours et d'Alimentation
GARNET D'IDENTIFIGATION
exp

28
No
        <pb n="309" />
        984 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Modèle 7. 2°page couverture
COMPOSITION DU MÉNAGE
; DATE DE ;
NOM ET PRÉNOMS NAISSANCE PROFESSION Observations
Homme.
Femme
Enfants |
Autres membres
Observations
Commune : [= De AN 0
| EE EEE
Domicile: Ra am Te emma prceariROE
Censuré D 2251 b.
        <pb n="310" />
        ANNEXE N° 7
Modèle 7.
Pages 1, 2 et 3
Relevé des salaires payés par les patrons et les institutions diverses,
ouvroirs, etc,
x. Montant Signature du patron
Pages 4 et 5
Secours alloués par la Bienfaisance publique ou privée.
; Désignation et visa Désignation et visa
Date Montant | de l'organisme | Date | Montant de l'organisme
de secours de secours,
Pages 6 et 7
Secours alloués par le Comité National aux familles privées de leur soutien
par suite de la guerre.
Date | Montant | Date | Montant A
Pages 8 et 9
Secours alimentaire.
Date | Montant 1 | Date | Montant a
Pages 10
Vêtements remis au ménage par le Comité National de Secours
et d’Alimentation, la Bienfaisance publique ou privée.
Dat Description des articles Visa
Pages 11 et 12

285
rate
Visa Vis
Visa Vis:
        <pb n="311" />
        286 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Modèle 7. 3° page couverture.
RENSEIGNEMENTS RECTIFICATIFS
CONCERNANT LA COMPOSITION DE LA FAMILLE, etc.
Toute rectification sera paraphée au cachet du Comité Nationa!.
de Secours et d’Alimentation.
Ce carnet est une pièce d’identité, il n’implique pas un droit de secours. Le titu-

aire qui perd son carnet s’expose à être privé d’assistance.
        <pb n="312" />
        COMITÉ NATIONAL DE SECOURS ET D’ALIMENTATION N° ==
Comité provincial d……………. ………………….… Connité:JOCal: À. -svecerrenterencreucancuccrciitire
FEUILLE D’ÉMARGEMENT
Pour là quinzaine AU .…….…..….…..-vereeeciiennsennnnnnnnnnn Mllsaeecersensennencs-smnntennnnnns
: »
SECOURS
- é Secours
NOM ET PRÉNOMS Signature
« D" _ " du bénécfiiairo non OBSERVATIONS
lAlimentaire | Vêtements ' Espèces | Total pour acquit ep
BÉNÉFICIAIRE ' prélevé
«mor von) Pit Fr C
Reports de la feuille N°
IE 1 ci ; 5
=
EE ee eme OT, Ë
POUR LE COMITÉ LOCAL : @
Le Secrétaire-Trésorier Le Président, æ
(« (e) de

191
4e) +
        <pb n="313" />
        CoMITÉ NATIONAL DE SECOURS ET D’ALIMENTATION No ;
à
Comité provincial dd Comité local de. urnes _
A
ÉTAT DES DÉPENSES û
Pr PAU A ed a acc
? | @ 4. |
_ ; » q Siobunt ot Comeé Nartiar SUBSIDES PROVINCIAUX, RÉGIONAUX
#4 DÉSIGNATION 1 1 a ET LOCAUX
D ä g° hi Secours
3 = — =
î &gt; DES 3 2 35 | = OBSERVATIONS
3 5 g : Ë l'Alimentaire | Vêtement Tps ee rte .… Di locaux
2% COMITÉS LOCAUX 8 2 $ RS médicaux ‘ou espèces PIRE sers
‘ | Fr. “ | Fr. ’ F- "Fes Co Fr, « Fr. ’
Reports de la feuille N°
Toraue Fr... Voraz : Fr... :
Certifié sincère et véritable, = 45
Pour le Comité Provincial :
Le Président.

191
        <pb n="314" />
        INDEX
Amendes, 57 ; 60 ; 83 ; 132.
Ameublement (industries de l’—)
Abaques, 123 ; 205-209 ; — employées (voir : bois).

par le comité provincial du Hai- Angleterre, 1, 2, 4, 8 14, 16, 19

naut, 205-209. 128, 129, 140; 158, 159.
Accidents, 43, 64 ; 182. Annexes, 189-288 ; rapport du Comité
Acier, 5. local de Seraing-sur-Meuse, 189-
Acquits des secours reçus, 57. 203 ; abaques employées par le
Activisme, 160, 165. Comité du Hainaut, 205-209 ; cir-
Activité économique belge (1 —), culaire de la direction générale de

1-7; 9, 10. la province de Liége, 210-225 ;
Administration belge, 15, 16 ; — pro- l’autorité allemande et la commu-

vinciales, 15, 16 ; — communales, nication des listes, 225-230: chô-

13. 15, 16; 61, 62, 65; 85, 90, 91, meurs complets et chômeurs par-

102; 103, 104; 137, 160, 165; 229, tiels dans quatre quinzaines, 231-

230 (et voir : Comités locaux). 234 ; statistiques spéciales à la
Admission au secours, 63, 73 ; 78 : province de Liége, 235-247 ; 249-

107-114; 181; 210, 213; 262, 263; 258 ; modèles d’imprimés pour les

âge d’—, 110, 111; 210; (et voir : Comités locaux, 259-288.

listes). Anvers, 2, 6, 10, 13, 28, 29 ; 39, 44,
Affiches de protection, 14. 49, 51 ; 82, 108, 141, 142, 180.
Agence de renseignements pour les Apprentissage, 94, 95; 103-106 ;

prisonniers, 24. 120 (et voir : enseignement).
Agglomération bruxelloise, 13, 14 : Ardoisières, 92.

37, 49, 51, 54 ; 75, 141, 180. Armée belge, 9; 17: 94, 140; —
Agriculture belge, 2-4 ; 68 : 141, 142. allemande, 1, 10, 19; 59, 61 :
Aide et protection aux artistes, 24, 131, 133, 134, 136, 153, 154. 158,

109, 266 ; — aux chômeurs invo- 166, 184.

lontaires, 41-48 ; 229: — aux Armistice, 158, 159, 162, 166, 184.

dentellières, 108, 266; — aux Armurière (l’industrie —), les ouvriers

Eglises sinistrées,s 24; — aux armuriers, 142, 145 ; 199, 237.

sans-logis, 24. Arrêtés, 83, 84; 88, 90 ; 110 : 128-
Alimentation, 3, 11 ; 12-20; 41 : 135 ; 136, 137 ; — allemands contre

59; 68; 104; industries de l’—, les chômeurs, 128-135.

30-32, 34 ; 151 ; 199, 200 ; 237, Art (industries d’— et de précision),

238 ; le Comité national de Secours 30-32, 34 ; 199, 237, 238.

et d'— (voir : Comité national). Artisans, 107, 108 ; 145 ; 192 ; 210.
Allemagne, 1, 2, 4, 16, 19, 22, 24 : Assistance, 13, 23, 24 ; 50; 111 ; 132,

59 ; 130, 133, 134, 136, 137, 153, 133, 157; — à la Bourgeoisie, 24 ;

160, 184 ; 228. — aux réfugiés et évacués, 24.
Alliés (les —), 19, 22. Associations professionnelles, 25 ; 38-
Allocations, 37, 39 ; 69; 71 ; 78: 40 ; 42, 43, 47, 54 ; 65, 66 ; 99 ;

109, 179, 182-184. 131, 152, 157, 158 ; — internatio-
Alost, 28, 29, 40. nale pour la lutte contre le chô-
Ambassadeurs (voir : diplomates). | mage, 26 ; 64 ; 81.

Ë"
19
        <pb n="315" />
        290 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

Assurances, 200, 238 ; — chômage, Bourgmestres, 13, 41; 83, 84;
68 : 150, 152, 157, 159, 160, 102, 137, 160, 165, 166 ; 227, 228, 230.
175, 177, 187. Bourse, 7 ; — du Travail, 33, 34, 43 :

Audenaerde, 13. 65 : 160, 162, 185, 187.

Autorités publiques belges, 17; — Brabant, 49, 51; 73, 141, 180.
allemandes, 14, 16, 18, 21; 42, Braun (M.—), bourgmestre de Gand,
46, 52, 53, 57, 58 ; 59-61 ; 75-16 5 160.

83, 87, 88, 91, 101 ; 120 ; 125, 126,  Briqueteries, 92.

198-135 : 136, 137, 140, 153, 161, Bruges, 13, 28, 29, 40 ; 49, 51; 73 +
163; 176, 1477, 183, 225-230 ; 130, 141.

l’ — allemande et la communica-  Brutalités, 135.

tion des listes de chômeurs, 225- Bruxelles, 7, 10, 13-15, 17, 23, 23,
230. 20.97, 39 1 52, 53,09, 60:70,

Auxiliaire des Sociétés d'habitations 17,87; 103, 104, 119; 128:
ouvrières, 24. 191 200; 227, 229, (et voir -

Avis de la Ville de Bruxelles, 14; — agglomération bruxelloise).
de transfert, 263 ; modèle d’un — Budget, 7.
de transfert, 276. Bulletin de statistique agricole, 3.

Avoine, 3.

Ç
B
Cabaretiers, 109.

Banques, banquiers, 9, 17; 200, Caisses de chômage, 25, 26, 32; 36,
238 ; — nationale belge, 7. 38; 43, 47 ; 65; 156; — mutuelles

Barèmes, 261, 264; — B, 184; d’assurances contre le chômage,
186 ;. 215. 95; — syndicales, 25; 158, 159;

Bâtiment (industries du —), 30-32, — de secours, 54; — générale
34 ; 150, 151, 154, 155, 473. d’épargne, 117, 118 ; 156, 174.

Belgique, 1-8; 9, 11, 12, 14, 15, Caissette de Soldat belge, 24.

19, 22 : 25-27, 36, 47, 50, 55 ; 81, Caleul du montant du secours, 115-

04% 4117, 149; 122-130, 136 ; 116 ; 121-123 ; 264-266 ; abaques,

158, 183, 184 ; 227-229; caractères 205-209 ; circulaire du 16 février

économiques essentiels de la —, 1916, 210-224.

1-8 ; son territoire, sa population,  Cantines, 13, 14 ; — du Soldat pri-

1 ; sa prospérité, 2-8 ; sa situation sonnier, 24.

géographique, 6. Caractères économiques essentiels de
Belgique (le journal : La —), 133. la Belgique, 1-8.
Bénéfices du Comité national, 21, Carnet d'identification, 67 ; 263 ;

22. 270 ; modèle d’un —, 283-286.
Bénéficiaires accessoires, 113. Carrières, 31, 32, 34 ; 199 ; 237, 238.
Berlin, 7, 136. Centrales, 133.
Bétail, 3, 4 ; 118, 119. Céramique (industries de la —),
Bienfaisance, 36, 270 ; bureaux de 30-32, 34 : 199, 200 ; 237, 258.

—, 183, 187 : 265, 266, 268. Certificats, 41 ; 65 ; 74 ; 107, 108 ;
Bissing (von —), 83, 84 ; 228. — de complaisance, 74, 75.
Blocus, 14, 19 ; 227. Chambre de commerce de Bru-
Bœufs, 3, 119 (et voir : bétail). xelles, 103 ; — syndicales du métal,
Bois et forêts, 2, 88 ; industries du 103. ,

— et de l’ameublement, 30-32, Change (le —), 7-

34 ; 151, 154, 155, 173 ; 199, 200 ; Charbon, charbonnages, 2, 142 ;

237, 238. secours —, 178 ; 183 ; 267.
Bons de secours, 56, 65; 75; 79; Charité, 21, 50, 82 ; esprit de —,

194-197 ; 178, 179, 183 ; 200, 201 ; 43, 50, 158.

266, 267 ; — de salaires, 44 ; — Charleroi, 5.

rouleaux, 200. Charte du Comité national, 18, 19.
        <pb n="316" />
        Chemins de fer, 2, 6, 7; 10; 52; | 109, 115 ; 121, 123 ; 139, 140, 146,
88,109 : 133. 147 ; 157 ; 192, 197, 199, 200 ;
Chimiques (industries —), 30-32, 207, 213, 214: 231-233; 237,
34, 199, 200 ; 237, 238. 238 ; 242, 243; — célibataires,
Chômage, 1-3, 7 ; 11, 12 ; 21, 23, 27, 37; 655; 70, 71 ; 124, 122 ; &gt; —
29 ; 36, 38, 39 ; 41 ; 49 ; le — en mariés, 37 ; 65, 67, 68, 71 (et voir :
Belgique avant la guerre, 25-35 ; ménages) ; —- involontaires, 41,
journées de —, 26, 27, 29, 30, 45 ; 64, 65 ; 110 ; travaux pour —,
32 ; 152, 153, 155 ; 163, 167, 168- 81-84 ; l’enseignement pour —,
175 ; les fonds de — pendant les 94-102 ; une école pour —, 103-
premiers mois de l’oceupation, 36- 106; les arrêtés allemands contre les
40; le secours —, 41-48 (et voir : —, 128-135 ; renseignements sta-
secours); recensement des chômeurs, tistiques, 139-149 ; répartition des
49-51 (et voir: nombre de chômeurs, — par provinces, 141 ; les — à
et : chômeurs) ; organisation du Gand, 150-176 ; les — à Liége
service de secours —, 52-58, (voir : Liége).
relations du service avec les auto- | Chômeuses, 49 ; 65-71 ; 72 ; 96 ; 113,
sités allemandes, 59-61 ; premier 114; 121-123; 193-195; 201, 213
règlement et bases du secours —, (et voir : ouvrières, et : enfants
62-68 ; son extension aux chômeurs chômeurs).
partiels, 69-71 ; sa mise en appli- Circulaires du Comité national, 41 ;
cation, 72-75 ; organisation dans 42 ; 62 ; 76; — du gouverneur
la province de Liége, 76-80 (et général, 137; — du 16 février
voir : Liége); travaux pour chô- 1916 (province de Liége), 205 ;
meurs, 81-84 ; l’enseignement pour 210-225.
chômeurs, 94-102 ; une école pour  Citernes à purin (construction de —),
chômeurs, 103-106 ;  développe- 92, 9.
ment excessif du règlement, 107- Clavier (la fortune belge à la veille
114 ; caleul du montant du secours, de la guerre), 8.
115, 116; 121, 123 (et voir : Cockerill (établissements —), 191.
calcul) ; le règlement du 20 février Coefficients, 2.
1916, 117-123 ; le mode de dis- Coiffeurs, 199.
tribution du secours, 124-127;  Colporteurs, 108.
arrêtés allemands contre les chô- Comité national de secours et d’ali-
meurs, 128-135 ; les déportations, mentation, 3, 11 ; 12-20 ; 21-24 ;
136-139 ; renseignements statis- 36, 39; 41-48; 49-51 ; 52-58 ;
tiques, 139-149 ; le fonds de — 59-61 ; 62, 63, 66-68 ; 69, 70 :
de Gand, 150-175 ; suppression du 12-75 ; 76-79 ; 81-84 ; 85; 94-
secours — et institution du secours- 102 ; 103, 104, 107-109, 111-113 ;
alimentation, 176-185; retour au 117-121 ; 124-126 ; 128-130, 133,
secours —, 186-187 (et voir : 134 ; 137 ; 139, 144; 150, 155
annexes). 160, 161, 164, 176, 178, 181-187 ;
Chômeurs. 25-34 ; 37-39 ; 41-44 ; 191, 192; 200, 201 ; 212, 213,
49-41 ; 62, 66 ; 71 ; 72-75 ; 78 ; 230 ; 254-258 ; 261 ; 266, 267,
81-84 ; 168-176 ; 182, 193-196; 270; son organisation, 12-20 ;
197, 198; 200 (et voir : chômage) ; ses caractères essentiels, 15-18 ;
nombre de — à diverses dates, le département-secours, 21-24 ;
26, 27, 29-32, 34 ; 49-51 ; 72, 73 ; discussion du secours-chômage,
78 ; 139-143 ; 163 ; 168-176 ; 192- 44-48 ; réunions du Comité, 52 ;
195 ; 200 (et voir : recensements, relations avec les autorités alle-
et : quinzaines) ; — complets, 50 ; mandes, 59-61 ; sa fin, 187; —
69, 71, 83, 112 ; 115 ; 121-123 ; provinciaux, 21, 22; 43, 46;
139, 144, 146, 147; 157 ; 192, 49, 51; 53-58 ; 59-61 ; 62, 63,
193, 197, 199, 200; 207, 243; 65-68, 70; 72-75; 76-80; 85-
231-233 ; 237, 238; 242, 243 : 93 ; 95-97, 100 ; 107 ; 119, 123 ;
— partiels, 63; 69-71, 72-73; 78; 1 124-126 ; 139, 177, 178, 180, 183,

INDEX 291]
        <pb n="317" />
        292 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
185, 486 + 191, 192, 200, 202; " 55, 57, 59, 63, 63 606: 76-78;
205-209 ; 213, 261, 265, 267, 270 ; 81-84 ; 85-88 ; 92 ; 95, 100-102 ;
— provincial du Hainaut, 123 ; 104 ; 131, 137, 143 &gt; 156,174, 177,
207-209 (et voir : Hainaut) ; 175, 183, 137: 194; 201 ; 229.
— provincial de Liége (voir : Comptabilité, 75, 78, 79 ; 87 ; 125 ;
Liége) ; — de secours de la pro- 178, 179 + 271.
vince de Luxembourg, 13; 44; Conseil national du secours de chô-
73 ; 83 ; 85-93 (et voir : Luxem- mage, 186; — provincial de
bourg) ; — local de secours et Liége, 25 ; — communal de Gand,
d’alimentation, 53, 77 ; — locaux, 158, 159.

53-58 ; 59-61 ; 62-68 ; 72-74 ; 76- Construction (industries de la —),
80; 86, 87 : 91, 932, 96-99 ; 104, 30-32, M4; 145 ; 199, 200 ; 237,
112, 143, 116: 119, 120, 123; 238 ; — de citernes à purin, 92,
124, 125, 131 ; 137, 144, 145, 149, 93.

160, 161, 178, 179, 183, 184; Contributions de guerre, 132.
189-203 ; 210-225 ; 212 ; 259- 288 ; Contrôle des fonds distribués, — des
— local de Seraing-sur-Meuse, 189- chômeurs, 57, 58 :,65,,67, 68 ;
203 ; 230 (et voir : Seraing); — 755170, 80; 124, 125, 159, 160 ;
local de la Province de Liége, 210- 201, 270 (et voir » acquit, et :
225 (et voir : Liége) ; — général inspecteurs).

de secours de Seraing-sur-Meuse, Contrôleurs du service provincial,
191, 192 ; — général du secours- 58 +75 + 79, 80: 149,

chômage de l’arrondissement de Convention internationale de la Haye
Liége, 77 (et voir : Liége) ; — de de 1907, 16, 19 ; 130-133.

Secours, 13-15, 43,54; — spéciaux, Coopératives, 47 (et voir : sociétés).
54, 55 ; — d’arrondissement, 56; Coups, 135.

76-78 ; 95 ; 124 ; 122, 213; — Courants commerciaux, 6.
exécutif, 21; 52, 53; 77; — du Cours professionnels, 96-102 ; 103-
nord de la France, 21; — direc- 106.

teur de Verviers, 77 (et voir : Courtrai, 5, 28, 29 ; 49-51 ; 73, 74.
Verviers) ; — central de Secours 141.

et d’alimentation, 14; — d’ali- Couturières, 103.

mentation et d’hygiène, 13; — Crédits alloués pour le chômage,
du fonds, 25, 39 ; — central des 26-28 ; 30 + 157, 153; 1795, le
œuvres de lectures populaires, 24 ; — communal, 44.

— industriel, 128, 129 ; — d’aide Croix-Rouge, 131. i

et protection aux chômeurs, 77;  Cuirs et peaux (industrie des —),
— d’enseignement pour chômeurs, 30-32, 34 ; 199, 200 ; 237, 238.
100 ; — organisateur de l’Ecole Cultures, 118, 141, 265.

pour chômeurs, 103 ; — de chô-

mage-capacitariat, 96, 99, 100.

Commerce, 2, 6, 9 ; 42, 50, 51, 63, D

64, 68 ; 73, 96, 107 ; 119, 140, 146 ;

186 ; 192 ; 200 ; 210 ; 233 ; 238 ;

266 ; — accessoire d’un chômeur, Daily Telegraph, 133.
119 (et voir : ressources). Danemark, 4, 26.

Commission Aide et Protection, 41; Déclaration de ressources, 262 ;
— d’enquête sur les violations du modèle de —, 272, 273 ; — pour
droit des gens, 139 ; — for Relief cabaretier, 277.
in Belgium, 15; 21, 22; 129, Décret du 9 septembre 1905, 26.
130, 132 ; — spéciale du Comité | Défaitistes, 53.
national, 69. Définition des chômeurs, 42. ;

Commissaire civil, 83, 84, 88. Délai de carence, 110; 116 ; 185.

Commissionnaire, 108. Délégués, 85 ; — du Comité national,

Communes, 10 ; 13, 14, 18, 22, 25- 52, 53:74 102.

29, 33 ; 36-40 : 41-44, 46, 49, 50, 53, . Delmer, « Etudes sur la Belgique », 6.
        <pb n="318" />
        IN +1 3

Dentellières, 108. Entr’aide fraternelle des membres

Département Alimentation, 14, 21 ; du Barreau, 24.

124; — Secours, 14; 21-24;  Epargnants, 154, 157, 159, 160, 162-

53 : 59 : 274. 164, 167, 169-172 ; 174.
Dépenses, 27, 28 : 42, 44 ; 143, 144, Epargne (l’—, les —), 7 ; 118 ; 169-

157-159 ; 162, 167, 173-175 ; 192, 172 ; 265.

194, 196, 202 ; 269, 271 (et voir : Espagne, 14-16, 18, 19.

fonds de chômage). Etablissements industriels, 2 ; 45 ;
Déportations, 61; 136-138 ; 139, 100 ; 145.

140, 141, 160, 166 ; 228. Etat (l’— belge), 7, 10, 17, 24, 33,
Destructions systématiques, 185. 41 ; 81, 86 ; 186 ; — neutres, 16,
Dette publique, 7. 19.

Développement successif du règle- Etats-Unis, 1 : 14-16, 18, 19.
ment (voir : règlement). Etat de besoin, 63; 73-75 : 111,

Diagrammes, 192-193 ; 200-201 ; 113, 115, 116; 117, 119-123;
252-255 (et voir : annexes, et : 177, 178, 184 ; 207-209 ; 213;
tableaux). 261.

Diplomates, ministres plénipoten- Etat des dépenses (modèle d’un —),
tiaires, 14, 15, 18, 19 ; 128. 288.

Directeur général du Service de chô- Exclusion des listes (voir : personnes
mage, 205, 217, 229, 230 (et voir : exclues).

Mahaim). Exil dans des camps (voir : dépor-
Distributions de vivres, 184. tations).

Domestiques (services —), 34. Exportations, 5, 6 ; 128, 120.

Dons et souscriptions, 22. Exposition universelle de Gand, 150.

Femmes (voir : ouvrières et : ména-

Echevins activistes, 165, 166 (et gères).
voir : activisme). Fer, 5.

Ecole pour chômeurs à Bruxelles, Feuilles de chômage, 123 ; modèle
103-106 ; l’— industrielle de Bru- d’une — d’émargement, 287 ; —
xelles, 103-106. de coupons, 281 ; — de secours,

Eecloo, 28, 29, 40. 262, 270; modèle d’une — de

Effort local, 178, 183, 184. secours, 274, 275.

Electriciens, 199, 237, 238. Feuillets de quinzaine, 269 ; modèle

Emigration, 1. de — de quinzaine, 279.

Employés, 30-32, 34 ; 42, 58, 63, 64, Fileurs (ouvriers —), 155, 173.

68 ; 73, 96, 97, 107 ; 140, 143, 145 y Finances belges, 7.

150, 151, 153-155 ; 173, 186 ; 192, Flandres, 4, 5 ; 49, 51 ; 73, 108, 180 -

199, 200 ; 210, 237, 238. — occidentales, 49, 51 ; 73 ; 139,
Encouragements (voir : prime au 141, 180; — orientales, 49, 51 :

travail). 73 ; 141, 180.

Enfants des chômeurs, 72, 73 ; 109, Fonds de chômage, 25-29 ; 36, 37,
110, 113, 115, 119-123 ; 139, 142- 39, 40, 42, 43, 45, 46 ; 65 ; 78, 86 :
144, 146, 147, 160, 161, 167, 177, 104, 110 ; 183, 202 ; — intercom-
182, 184 ; 194, 197, 198 ; 210, 211, munaux, 26, 27 ; 66 ; — pendant
213-216, 218, 220, 222, 241-244 ; les premiers mois de l’occupation
253, 254 ; 261, 262. allemande, 36-40 ; — de Gand,

Enquêtes, 65. 150-175 ; — intercommunal bru-

Enseignement professionnel pour cnô- xellois, 37; — intercommuna
meurs (l'—), 94-102; 120 ; 161 ; de Liége, 38; 76, 78; — des
201 ; une école pour chômeurs, crises, à Gand, 157 ; — du Comité
103-106. national, 22,

{DEY 298
… F
        <pb n="319" />
        294 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L'OCCUPATION ALLEMANDE
Fonte, 5. Hollande, 129, 140.
Fortune (la — belge), 8. Hoover (M. H. C. —), x, 15.
France, 1, 2, 4, 8 ; 140. Horning (M. —), 229.
Francqui (M —), 15 ; 21 ; 52, 101. Horticulture, 199 ; 237.
Fraudes, 48, 54 ; 69; 156, 176,178,179.  Houille, 5, 145.
Froment, 3. Huy, 76, 78 ; 233, 237, 238 ; 239-
243 :. 251-256.
G Hygiène, 13.
Gand, 5, 25, 260, 28,29; 36, 40, 54:
le fonds de chômage de —, 150-175.
Garanties (régime des —), 19.
Gardiennat des récoltes, 92. Hnmisration: 1
° g 14
un (Corrado), 8. Importations, 3, 6, 14, 16 ; 128, 129,
ivet, 21. 133
Glaceries, 5. , Impôts, 7, 21, 44.
Goltz (baron von der —), 14. Imprimés pour les Comités locaux
Gouvernement (le — belge), 9, 14- (modèles d'}, 259, 272-288.
16, 19, 22, 26, 33 ; 82 ; 158, 185, Indemnités de chômage, 25 ; 37-40 ;
187 sde =7 augiels, 14, 19, 43-45, 48 : 67, 68 ; 69 ; 115, 116 ;
Gouverneur général de G Belgique, 190 : 49C- 156 ° 162. 168-172,
gouvernement général, 14, 18; : ons NA ee
EN D 1 a TS EE SE
191, 1355 137, 159 5 24h Indigents, 12-14, 21, 23, 41, 45, 47,
Grapitiques 2055204 63, 64, 68 ; 73, 74; 111; 118;
Grèves, 43, 64, 65, 140 + 1455 263. 129 143 176-178. ; , ?
Grey (Sir Edward —), 132, Industrie groupes d’industries, 2,
Guerre de 1914-1918, 8, 9-11 ; 36, 4-6 : 40 : 13 24 30-32 34: 41
81, 94 ; 110, 412 ; 134 ; 150, 153, 198. 129” 140 hs. 145. 146:
186 ; 227. 192; 199-200 ; 240 ; 227 ; 238 ;
TI 237 ; — à domicile, 108 ; — de
" guerre, 59, 61 ; — 136.
: EE : , , Industriels (les —), 45, 63 ; 76 ; 128.
San aies de l-—  Inspecteurs de la comptabilité des
voir + Ve} = Comités locaux, 75, 79; 203.
Hainaut, 49, 51, 54, 60; 73 ; 139, Institut de Sociologie Solvay, 7.
141, 143, 180 ; abaques employées | frstitutions de prévoyance, 65, 67.
par le Comité provincial du — Institution du secours alimentaire,
205-209... 176-185.
Halluin, 151. Instruction des chômeurs (voir :
Hambourg, 6. enseignement).
Hauts fourneaux, 5. Instruction aux Comités locaux de
Havre (Le —), 158. ; la province de Liége, du 16 février
Haye (La —), 158 (et voir : conven- 4916, 210-225.
tions). Invasion, 1, 8; 9-11 ; 12; 26, 33.
Henr M. A. —), 2, 3, 4, 10, 12, 52 0 3 A :
465 39 « DT sur l’occupation Iseghem, 28, 29, 40.
allemande en Belgique », 2, 12 ;
—, «le Ravitaillement de la Bel-
gique pendant l’occupation alle- '
mande », 3, 10, 12, 15; —, L'’Œuvre
du Comité national de secours et | Janssen (M. Emmanuel —), 5 de ;
d’alimentation pendant la guerre, Journées de chômage (voir : chô-
12 ; 46. mage).

Pa
        <pb n="320" />
        n :
' Londres, 6, 7, 15 ; 158.
Louvain, 28, 29 ; 39.

Kerchove (Ch. de —), 6, 128; — Lutte contre le chômage, 21, 23, 25,
« l’Industrie belge pendant la 26, 36 ; 43, 45 ; 81 ; 88, 93 ; 162,
guerre », 6 ; — « Opposition alle- 185, 187.
mande à l’assistance aux chô- Luxembourg, 44, 49-51, 73; 75;
meurs », 81 ; 94. 85-93 ; 134 ; 140, 180.

M

Lancken (baron von der —), 133.

Lannoy (Charles de —), « l’Alimen- Magasins de vivres, 13-15 ; 56 ;
tation de la Belgique par le Comité 66 ; 79 ; 124, 125 ; 267, 269 (et
national », 12. voir : stocks).

Lettre du gouverneur général aux Mahaim (professeur Ernest —), 7 ;
Dourgmestres, 247, 228. 191 ; 200 ; 217 ; 229 ; —, « les

Liége, 1: 9, 10, 13, 25, 28, 29; 38, abonnements d’ouvriers sur les
39, 49, 51, 53, 55, 56 : 72, 73, 75 ; lignes de chemins de fer belges et
76-80 ; 83, 88, 95, 100, 101; 108, 113, leurs effets sociaux », 7.

115, 116, 119; 124, 125; 139, 141,  Main-d’œuvre, 47, 59, 37, 88, 90,
142, 145, 180, 181, 183, 186; 191; 95 ; 130 ; 134 ; 136 ; 150.

229; 233; 235-247; 249-258; Maisons, 117; 2604; — ouvrières,
organisation du secours-chômage 24 ; 117.

dans la province de —, 76-80; 83;  Majorations, 25 ; 37-40 ; 156, 157 ;
123 ; 229 ; 231-233 ; statistiques 167, 175; 261.

spéciales à la province de —,  Malades, maladies, 43, 64, 110, 182,
143-149 ; circulaire du 16 février 183.

1916 de la direction générale dela  Mandataires publics, 16, 17.
province de —, 205, 210-225 ; Manœuvres, 86, 87 ; 145 ; 199, 237,
statistiques spéciales à la province Marchandises, 15, 21, 22 ; 79 ; 124,
de—, pour la cinquantième semaine 129.

de secours-chômage, 235-247; 249- Marchés étrangers, 2, 4, 7.

258. Matières premières, 6, 9, 36 ; 128-

Limbourg, 49-51 ; 73 ; 83 ; 141, 143, 130, 140, 166 ; 227.

180. Maubeuge, 21.

Liniers (ouvriers —) 154, 155, 173. Max (le bourgmestre Adolphe —), 13.

Listes des chômeurs, 42, 43; 56;  Mécaniciens, machinistes, 199 ; 237,
61, 63-65, 67 ; 69 ; 72-75, 77, 78; Ménages de chômeurs, 37; 65, 67;
137 ; 139, 140, 145 ; 166 ; 202, 71; 72-74; 78: 109 ; 111-113,
203 ; 213 ; 225-230 ; révision des 115, 116; 117-123; 124; 139,
—, 73, 78; — d'émargement, 140, 142, 143; 146-149 ; 177,
78 ; refus de communiquer les —, 178, 180-185; 192, 197, 198; 207,
137 ; l’autorité allemande et la 208 ; 213-216, 218, 220, 222, 239,
communication des — de chô- 240, 242-247 ; 251-258 ; 261, 262,
meurs, spécimen de la corres- 264, 267, 2698
pondance, 225-230. Ménagères, 142-144, 177, 179, 182 ;

Liverpool, 6. 194, 197, 213-216, 218, 220, 222,

Livre (industries du —), 30-32, 34 ; 239, 242-244.

151, 155, 173 ; 199, 200 ; 237, 238. Mendicité, 12.

Livrets de bons, 178, 179, 183 ; 263, Métallurgie, 5, 10 ; 145 ; 191.
267-269 ; modèle de — de bons, Métaux (industrie des —), 30-32, 34 ;
278 ; — d'ouvriers, 65 ; 164, 165. 103-106 ; 142, 145; 151, 154,

Lock-out, 43, 64, 110 ; 263. 155, 173 ; 199, 200, 237, 238,

Lois du 1er octobre 1906, 26; —du Mines, 5, 30-32, 34 ; 145 ; 199, 237,
1er août 1907, 27. 238.

. TDEX 295
K
        <pb n="321" />
        296 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE

Ministère du Travail et du Ravitail- 103, 104, 107, 109, 110, 115, 116 ;
lement, 1836. 193, 4130, 133, 135. 136, 140,

Mise en application du premier 143," 145: 150, 452-155, 160,
règlement, 72-75 (et voir : règle- 162-164, 176, 177, 181, 184, 185 ;
ment). 1865 192 ; 199 + 210, 237.

Misère, 12, 13, 15; 47; 63; 82;  Ouvrières, 31, 33, 34 ; 43 ; 49, 50 ;
O1, 120, 145, 177, 184. 96, 97 ; 103, 143, 114 : 153, 154,

Mobilisation, 9. 160, 161, 164, 181 (et voir : chô-

Mode de distribution du secours, 124- meuses, et : ménages).

127.

Modèles d’imprimés pour les Comités
locaux (voir : imprimés). P

Monnaie, 9.

Moralité du secours, 45, 47. Pain, 183, 184, 267.

Moratoire, 10. Papier (industries du —), 30-32, 34 ;

Mutualités, 66, 154, 160, 174 ; 192, 237, 238.

Paris, 7 ; 158.
Partis politiques, 16, 17.
M Passelecq (Fernand —), 81, 94;
128 5,130, 131, 134, 1304, —,

Namur, 49, 51 ; 73; 83; 111 ; 127, « Entraves aux œuvres belges
141, 178, 180. d’assistance aux chômeurs », 81 ;

Nécessiteux (voir : indigents, et : 94 ; —, «la Déportation et le Tra-
état de besoin). vail forcé des ouvriers et de la

New-York, 6. population civile », 94 ; 136.

Ninove, 309. Pays-Bas, 16, 19.

Nombre de chômeurs à diverses Pêche, 31, 237.
dates (voir : chômeurs). Pensions, 118, 265.

Norddeutsche Allgemeine Zeintung, Personnel des services publics, 109,
129. 110 ; — du Comité de Seraing-

Norvège, 26. sur-Meuse, 202, 203.

Personnes exclues du secours, 73 ;
107-110; 119: 186,187 + 197 ;
216, 217 ; 218 ; 263 (et voir : admis-
sions).

Occupation allemande, 1, 2 ; 12, 15, Pirenne (J. — et M. Vauthier),
19:36, 37,40 ;, 42, 46,50, 55; « La législation et l’administra-
69 ; 04 ; 118, 139: 150,-166,-184, tion allemandes en Belgique »,
186. 128 ; 130, 132-134 ; 136.

Œuts, 3. Placement des chômeurs, 33, 34 ;

Œuvres d’assistance de bienfaisance, 1623 187.

13, 14 ; 53 ; 111 ; 176 ; 191 ; — Pommes de terre, 3 ; 156.

de la commune de Seraing-sur- Population (la — belge), 1, 2 ; 133 ;
Meuse, 191; — nationale des 140, 143 : 180 ; 193, 1953 —
Orphelins de la guerre, 24. active, 5, 6 ; — industrielle, 5, 6,

Ordonnances d’août 1915 et du 735 04&gt; 133, 142, 143, 193,195.
15 mar 1916, 227. Porcs, 3.

Organisation du service du secours- : Ports, 6.
chômage, 52-58 ; — dans la pro- Président du Comité national, 41,
vince de Liége, 76-80 (et voir : 42, 40: 40 : 52 : 70; 73-75 ; 402 3
Liége). — des Comités provinciaux, 53 ;

Ostende, 13, 28, 29. 60 ; 137 ; — du Comité de la pro-

Ouvriers, 5, 7,9 : 24, 25, 27-32, 34 3 vince de Liége, 76, 77; — de
36, 38 ; 42, 45-47 ; 49-51, 54, 55, l’administration civile allemande,
58, 59, 03-608 + 73, 74: 81-83, 88.

85, 86, 88 ; 90, 92, 94 ; 96, 97; Presse allemande (La —), 133.

5
Ô
        <pb n="322" />
        INDEX 297
ç

Prime au travail, 116, 121-123 ; : Reïus de travail, 43 ; 64 ; 88 ; 110 ;
185 ; 193. 130-132, 134 ; 136-139 ; 227 ; 265.
Prison (peine de —), 58, 83 ; 130-132, Règlements, 96, 99, 100 ; 124; —
134 ; 156. concernant le secours-chômage,
Prisonniers, 24. 62-68 ; 69-71 ; 84 ; 85 ; 92, 93 ;
Prix, 21, 22 ; hausse des —, 12 ; 144 ; mise en application du pre-
176, 183. mier —, 72-75 ; développement
Production, 3-5. successif du premier —, 107-114 ;
Produits fabriqués, 4, 5, 9. — du 20 février 1916, 117-123 ;
Professions des chômeurs, 142 ; 145 ; — pour les Comités locaux, 259-
150, 151, 154; 199-200 ; 237, 271.
238 ; — libérales, 108. Renaix, 13, 28, 29.
Protection de l’Enfance, 23. Répartition des ménages, 197, 198 ;
Provinces, 10, 13, 25, 26, 33; 49, 239-247 ; 251-258 ; — des chô-
51 ; 53, 56, 59 ; 73, 76-80 ; 81 : meurs par professions (voir : pro-
85-93 ; 139, 140, 143, 145, 178, fessions).
183 ; 205 ; 231 ; 235-247 ; 249-  Réquisitions, 9 ; 14 ; 128, 129 ; 153,
258. 162, 163, 166.
Ressources d’un ménage de chô-
0 meurs (calcul des —), 115-123 ;
148 ; 161, 179 ; 205-209 ; 210-224 ;
Quinzaines (nombre de chômeurs 261-263 ; « autres — &gt;», 116;
par —), 143-147 ; 181, 182 ; 192- 117-119 ; 161 ; 210 ; 218, 220, 222 ;
196; 197, 199; 200, 201, 249-251 ; 245-246 ; 264-266 ; taux d’évalua-
252-258 ; les chômeurs complets tion des « autres — », 211, 212 ;
et les chômeurs partiels dans 218 ; 264-266 (et voir : calcul) ;
quatre quinzaines spécialement étu- — du Comité national, 21, 22
diées, 231-233. 43, 48 ; — des communes, 62.
Restaurants économiques, 24.
Revue du Travail, 26.
dE Rotterdam, 6, 22 ; 129.
Rowntree (M. B. Seebohm —), « Com-
Rapports, 37 ; 80; 95, 101, 102 ; ment diminuer la misère », 4.
106 ; 124, 130, 133; 139; 189-  Rutten (R. P. —), 158.
203 ; 201 ; — général du Comité
national, 4 ; 12-15, 18, 19, 21 ;
101 ; 130 ; 139, 143, 181 ; — par 5
M. E. Mahaim au Comité d’arron-
dissement de Liége, 95, 100, 101; Sabots (fabrication de —), 91.
124 ; — présenté au Comité pro- Saint-Gilles, 75.
vincial de Luxembourg, 88-93; Saint-Nicolas, 28, 29, 40.
— du Comité local de Seraing-sur- Saisies par les Allemands, 133, 134.
Meuse, 189-203. Salaires, 43, 45, 47, 48, 59, 62, 64,
Rathenau (plan Walther —), 133, 67, 68 ; 69 ; 82, 83, 85-87 ; 112,
134, 136. 115-117, 121-123, 129, 130, 147,
Ravitaillement, 10, 13, 19, 21 ; 36, 148, 185 ; 193, 201, 202, 207, 208,
53 ; 150, 177. 210 ; 216-218, 220, 222, 245, 246 ;
Recensements, 1, 2, 5 ; 31, 42 ; 78 ; 264, 270.
140, 145 ; 192 ; — agricoles, 2; Secours, 3, 11, 12-20 ; 21-24 ; 36 ;
— de l’Industrie et du Commerce 38, 40, 41, 43 ; 52-58 (et voir :
en 1910, 31 ; 75, 140 ; — des chô- chômage, et : chômeurs) ; le Comité
meurs, 42, 43; — des chômeurs national de —, 12-20 (et voir :
en février-mars 1915, 49-51 ; 63, Comité) ; le — Chômage, 21, 23,
64 ; 72 ; 140, 143. 24 : 36, 38 ; 41, 43-48 ; 51 ; 52-
Réclamations pour suppression de 58 ; 59-61 ; 130-150 ; organisation
secours, 60. du service du — chômage, 52-
        <pb n="323" />
        298 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
58 ; ses relations avec les autorités techniques dans la province du
allemandes, 59-61 ; premier règle- Luxembourg, 86, 87; — d’aide
ment et bases du — chômage, et protection aux familles d’offi-
62-68 ; son extension aux chô- ciers et de sous-officiers, 23 ; 2606
meurs partiels, 69-71 ; sa mise en (et voir aide et protection).
application, 72-75; organisation Short-time, 157, 158.
dans la province de Liége, 76-80 ; Sociétés d'habitations ouvrières, 65,
développement successif du règle- 66 ; — coopérative d’avances et de
ment, 107-114 ; calcul du montant prêts, 24, 109.
du —, 115, 116 ; 121-123 (et voir : Solvay (M. Ernest —), 14 ; 94-96 ;
calcul) ; le règlement du 20 février -101,. 127.
1916, 117-123 ; le mode de distri- Sommes payées (voir : dépenses),
bution du —, 124-127 ; arrêtés Soupes populaires, 13, 23 ; 92 ; 177,
allemands contre les chômeurs, 178, 267.
128-135; les déportations, 136-139;  Souscriptions publiques, 39.
renseignements statistiques, 139- Statistiques (renseignements —), 139-
149 ; le fonds de chômage de 140 : 150-152 ; 181 ; 192 ; 497 ;
Gand, 150-175 ; suppression du 230 ; — spéciales de la province de
— chômage et institution du — Liége, 235-247 ; 249-258 (et voir :
alimentaire, 176-185 ;-retour au tableaux, et : annexes).
— chômage, 186, 187 (et voir : Stocks de vivres, 13-15 ; 140 ; (et
annexes) ; le département —, voir : magasins).
21-24 (et voir : département) ; Subventions, 25-30, 33, 38, 39, 41,
le — A, 23 ; A1 ; 113 ; 117 ; 140, 51 : 62,99, 100 : 1456, 160.
143 ; 176, 177, 179, 181, 182; Suppression du secours-chômage 176-
192; 2601: — alimentaire, 23 ; 185.
41, 44; 127 ; 140; 176-185 ; 192, Suspension des secours, 57 ; 67 ; 99 ;
249-255, 256, 258 ; 201-271 : 267 ; 104.
son institution, 176-185 ; le — B, Syndicats professionnels, ouvriers
23 : le — C, 23 1176; 181,182 ; syndiqués, 27-30, 33; 37, 38 ;
261 ; — médicaux et pharmaceu- 41-47; 54, 63, G5: 103; 150,
tiques, 23, 267, 268 ; — aux bles- 152, 154: 150-102, 164, 167,
sés, 13; — chauffage, 23 ; 176 ; 174 ; 192.
261 ; — vêtement, 23 ; 176, 178 ; Système gantois, 25, 26 ; — liégeois,
261 ; — pour vivres supplémen- 26.
taires, 176, 261 ; — aux pensionnés
de l’Etat, 24; — spécial aux
ouvriers, 46, 140 ; — en nature,
56,.05,/66, 68 ;.75, 79 3 124, 425,
179, 183, 184 ; — en argent, 75; Tabac (industries du —), 30-32, 34 ;
79, 124, 126, 179 ; 200, 201, 266 237, 238.
(et voir : bons) ; — théorique, 116, Tableaux, 139 ; 143, 145, 147, 167 ;
119, 121-123 ; 207-209 : 213, 216, 181-183 (et voir : annexes) ; les
218 (et voir : calcul); — moyen, 144. — dans l’ordre de pagination :
Sections des Comités locaux, 53 ; importations belges en jours de
— Travail, 85, 91 ; — des Abris consommation, 3 ; nombre de bes-
provisoires, 24 ; — Aide et Pro- tiaux par kilomètres carrés, 4 ;
tection, 41-48 ; 266. fonds de chômage communaux en
Seigle, 3. Belgique, de 1901 à 1912, 27;
Seraing-sur-Meuse, 13; 80; 229, crédits alloués et sommes dépensées
230 ; rapport du Comité local de en 1912, 28; chômeurs et jours
+=, 139, 203. de chômage considérés pour l’octroi
Services administratifs de l’Etat, 10, des subventions en 1912, 29;
17 ; 109 ; organisation du — du chômeurs et jours de chômage
secours-chômage, 52-58 ; — dans par groupes d’industries en 1912,
la province de Liége, 76-80 ; — 30 ; répartition des chômeurs par

TE
        <pb n="324" />
        : È
groupes d’industries en 1910, 31; ‘ 34 ; 145 ; 150, 151, 153 ; 199, 200 ;
proportion d’ouvriers chômeurs par 237, 238.
groupes d’industries en 1910, 32 ; Tisserands, 155, 173.
nombre de chômeurs et de journées | Trade-Unions, 158, 159,
de chômage pris en considération Trafic, 7, 9.
en 1912, 32 ; relevé par groupes Transit commercial, 6.
d’industries des opérations des Transports (industries des —), 30-32,
Bourses de Travail en 1913, 34 ; 34 : 151 ; 199 ; 237.
nombre de chômeurs au début de Travaux pour chômeurs, 81-84 ; 134 ;
1915, par provinces, 49, 51 ; secours 140 ; — dans la province de Luxem-
aux chômeurs partiels, 71 ; chô- bourg, 85-93 ; 134 ; 140 ; — d’uti-
mage à Gand dans les diverses lité publique, 42, 44; 62; 81;
industries avant la guerre, 151 ; 85, 88 ; 130 ; 201 ; — de Wate-
nombre de chômeurs à (Gand ringues, 90, 91; — communaux,
pendant les années de guerre, 201 ; — pour l’ennemi, 46, 47 ;
152, 153 ; chômeurs. hommes et 69, 88 ; 130, 131, 134 ; 136-139 ;
femmes à Gand, en 1918, 154 ; 153, 154 ; 160, 166, 184 ; — forcés,
proportion de chômeurs par indus- 134 ; 136-139 ; 153, 154, 162 ;
tries et de journées accordées, 155 ; 227.
réquisitionnés du fonds de chô-  Tresseuses de paille, 108.
mage, 163 ; secours alloués aux Tuberculose (lutte contre la —),
«épargnants », 164; livrets de caisse 23.
d’épargne épuisés, 165 ; — concer-
nant le fonds de Gand, (nombre de
membres affiliés, chiffres des opé- {j
rations effectuées, dépenses par
membre dans les diverses indus- Union sacrée. 17. 55
tries, 168-176 ; — concernant le Union des Villes et des Communes
Comité de Seraing-sur-Meuse, 192, belges. 24
194-200 ; abaques employées par Usines ë 9 : 26. 45. 81 : 128, 135 :
le Comité du Hainaut, 206 &gt; 208 ; 166 "185 ; 193, , dette. :
montant de l’indemnité de chômage ; : ;
revenant, par semaine, au chef de
ménage, 220-223 ; chômeurs com-
plets et chômeurs partiels dans la
province de Liége, pendant quatre
quinzaines, 233; statistiques spé-  Varlez (M. Louis —), 25, 26 ; 37 ;
ciales de la province de Liége pour la 150, 152-155, 158-163, 165, 166.
cinquantième semaine du secours-  Vermittlungstelle des Nationalen Co-
chômage, 237-247 ; répartition des mités, 60.
ménages d’après le nombre de Verre (industries du —), 5, 30-32,
personnes qui les composent, 251- 34 ; 199, 200 ; 237, 238.

254 ; répartition des ménages Verviers, 5, 13, 28, 29 ; 76-79 ; 145,
d’après le secours accordé par le 147: 233; 237, 238 ; 239-243,
Comité national et par quinzaine, 251-256,

254-258 ; modèles d’imprimés pour Vestiaire central, 23.

les Comités locaux, 272-288. Vêtements, 267, 285 ; tarif des —,

Tamise, 28, 29, 40. 282 ; industries du —, 30-32, 34 ;

Tarifs, 7 ; modèles de — des vête- 151, 155, 164, 173; 199, 200 ;
ments, 282. 237, 238.

Taux du secours, 65 ; 69 ; 75 ; 86; Villalobar (marquis de —), 19.
117-120 ; 157 ; 176, 177 (et voir : Villes (grandes —), 13, 14; 36;
calcul). 75 ; 95 ; 150, 156,

Termonde, 28, 29, 40. Virton, 91.

Territoire belge (le —), 1. Vivres, 13-19, 23, 44, 56; 75 ; 129,

Textiles (industries —), 5, 30-32, 156, 176, 183, 184.

INDEX 298
        <pb n="325" />
        300 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Vollenhoven (M. van —), 19. Westarp (Comte von —), 131.
Voyageurs de commerce, 108 ; 151;  Whitlock (M. Brand —), 19 ; 133.

200 ; 238.

Yser, 10.

Waremme, 76, 78 ; 145, 147 ; 233 ;

237, 238 ; 239-243 ; 251-256. Zinc, 5.
Wateringues (travaux de —), 90, Zivil Kommissar, 83.

01. Zurich, 26.

W
7
        <pb n="326" />
        Table des Matières
Pages
AVANT-PROPOS 2022 cencne rene rien ae eme ne ee en AT nie ee See XII
CHAPITRE PREMIER.
Les caractères essentiels de la Belgique au point de vue
ÉCONOMIQUE nr +m ee eee 0 0e a aee date nan ee A A Ana 00400 E
CHAPITRE II
Les premiers effets de la guerre ............000000000000 9
CHAPITRE III
Le Comité.National 22-20 0000 000000000000 12
CHAPITRE IV
Le Département Secours . ............00000 0000 0e 00000, 21
CHAPITRE V
Le Chômage en Belgique avant la guerre et les moyens de le
combattre .…... ETS rene ee re aa aa rate eee es nee 0 25
CHAPITRE VI
Les Fonds de chômage pendant les premiers mois de l’occu-
pation allemande . ..:.:..- 22221 eee eme rec 1100000 0000 36
CHAPITRE VII
La section Aide et Protection aux Chômeurs involontaires. . . 41
CHAPITRE VIII
Le recensement des chômeurs en février-mars 1915 . ..... 49
CHAPITRE IX
Organisation du service . .............2.01000 0000 nc cie ee 52
CHAPITRE X
Relations avec les autorités allemandes . ...........00006 59
CHAPITRE XI
Le premier règlement et les bases du Secours Chômage . . 62
CHAPITRE XII
Extension du secours aux chômeurs partiels ............. «9
CHAPITRE XIII
Les débuts de la mise en marche du service............. 72

Us
        <pb n="327" />
        302 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
Pages
CHAPITRE XIV
L’organisation dans la province de Liége .............…. 76
CHAPITRE XV
Travaux pour chômeurs. =---+&lt;-#-".…—.mw--es+receen €ël
CHAPITRE XVI
Les travaux pour chômeurs dans la province de Luxembourg. 85
CHAPITRE XVII
L’enseignement pour chômeurs ........…...120000acsc au 0e S4
CHAPITRE XVIII
Une école pour chômeurs à Bruxelles ...….............. 103
CHAPITRE XIX
Les développements successifs du règlement ............. 107
CHAPITRE XX
Le caleul du montant du secours . ....-..-....…...…….... 115
CHAPITRE XXI
Le réglement du 20 février 1910...+.-euwaeenecersaeucte IUT
CHAPITRE XXII
Le mode de distribution des secours ….....……….....….... 124
CHAPITRE XXIII
Les arrêtés allemands contre les chômeurs .............. 128
CHAPITRE XXIV
Les déportetions …{++rereenemenementane ne node rate de LE SO
CHAPITRE XXV
Renseignements statistiques ....:........-.4+++-+++"++-"+&lt; 138
CHAPITRE XXVI
Le Fonds de Chômage de Gand .....:.....-.....+..-... 150
CHAPITRE XXVII
Suppression du Secours Chômage et institution du Secours
Almnentaire 2.22 ns AITO
CHAPITRE XXVIII
Le retour au Secours Chômage - (Juillet 1919). ......... ‘8
Annexes :
ANNEXE No 1
Rapport du Comité local de Seraing-sur-Meuse............ 189
ANNEXE No 2
IT. — Comité provincial du Hainaut... 205
IT. — Instructions aux Comités locaux de la province de Liége 210

Æ.
Fur
        <pb n="328" />
        TABLE DES MATIÈRES sas
Pages
ANNEXE N° 3
L’Autorité allemande et la communication des listes de
chômeurs..:........20.02+0 00000 mea 0000 8000 0UE 00 225
I. — Lettre du gouverneur général aux bourgmestres.... - 227
II. — Correspondance au sujet de la communication des listes
des chômeurs. .-.-..7......2-21 2-00 000011000100» 22)
ANNEXE N° 4
Les chômeurs complets et les chômeurs partiels dans quatre
quinzaines, .… + rame meme ar ra entrer etre nee re TRES « 231
ANNEXE N° 5
Statistiques spéciales de la province de Liége..++»""&lt;&lt;="-». 295
ANNEXE N° 6
Comparaison d’une quinzaine du Secours Chômage avec les
premières quinzaines du Secours Alimentaire............ 249
ANNEXE No 7
Règlement et modèles d’imprimés pour les Comités locaux... 259

JU
        <pb n="329" />
        <pb n="330" />
        PLAN D’ENSEMBLE
D’UNE
HISTOIRE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE
DE LA GUERRE MONDIALE
Î
LISTE DES DIRECTEURS ET DES COMITÉS DE DIRECTION
DIRECTEUR GÉNÉRAL : M. JAMES T. SHOTWELL
Membre de droit des Comités de direction
BELGIQUE
M. H. PrRENNE, directeur.
FRANCE
Comité de direction :
Président : M. Charles GIDE.
Membres : M. Arthur FONTAINE.
M. Henri HAUsER.
M. Charles RisT.
GRANDE-BRETAGNE
Comité de direction :
Président : Sir Willam BrvErincEe, K. C. B.
Membres : M. H. W. C. Davis, C. B. E.
M. Thomas Jones, LL. D.
M. J. M. KEvywes, C. B.
M. F. M. Hirsr.
M. W. R. Scort, D. Phil. LL. D.
ITALIE
Comité de direction :
Président : M. Luigi ErNauDi.
Membres : M. Pasquale JANNACCONE.
M. Umberto Rrcct.

!
20
        <pb n="331" />
        PLAN D’ENSEMBLE
ALLEMAGNE
Comité de direction :
Président : M. Carl MELCHIOR.
Membres : M. A. MENDELSSOHN-BARTHOLDY.
M. Hermann BUÜcCKHER.
M. Carl DUISBERG.
M. Max SERING.
AUTRICHE
Comité de direction :
Président : à M. FripprioH WizsEr, (1920-1926).
(Mort en juillet 1926.)
Membres : M. Richard RiELp.
M. Richard SCHÜLLER.
M. Clemens PIRQUET.
HONGRIE
M. Gustave GRATZ, directeur.
RUSSIE
+ Sir Paul VINOGRADOFF, directeur (1921-1925).
(Mort en décembre 1925.)
Pays-Bas
M. H. B. GREVEN, directeur.
Pays SCANDINAVES
Comité de direction :
Président : M. Harald WESTERGAARD (Danemark).
Membre : M. Eli HkcKscHER (Suède).
ROUMANIE
M. David MITRANY, directeur.

306
        <pb n="332" />
        II

LISTE DES MONOGRAPHIES

L'histoire économique et sociale, comme l’indique la Préface du
Directeur, est composée de monographies écrites par les person-
nalités les plus qualifiées pour chaque sujet traité. Parmi les
auteurs dont la liste est ci-dessous, plus de trente ont été
ministres ou en ont rempli les fonctions dans les gouvernements
du temps de guerre. D’autres ont occupé des postes très impor-
tants où ils ont été à même d'observer avec précision les effets de
la guerre sur les services qu’ils dirigeaient. Une liste descriptive
plus détaillée des auteurs et des monographies figure dans les
Rapports annuels du Directeur de la Section historique et éco-
nomique de la Dotation Carnegie, qui seront envoyés sur toute
demande adressée soit à l’éditeur, soit aux bureaux de la Section
historique et économique, 405 West, 117th Street, New-York.

La liste ci-dessous ne comprend que les monographies déjà
parues et celles qui sonten préparation. Elle pourra être modifiée
ou allongée selon les besoins. Les monographies se divisent en
deux catégories principales : celles destinées à former un volume
de 300 à 500 pages, et celles qui, ne comportant qu’une centaine
de pages, pourront être ultérieurement réunies- en un même
volume avec d’autres traitant de sujets connexes. Les titres ont
été groupés pour indiquer l’arrangement en volumes qui est pro-
jeté ; mais dans les séries longues et compliquées, ce groupement
ne saurait être considéré comme définitif. Les monographies déjà
parues sont indiquées par un astérisque, celles qui ne traitent
qu’une partie d’un sujet par un double astérisque.
SÉRIE BELGE

La Belgique et la guerre mondiale, par M. H. PrrENNE.

La Déportation et le travail forcé des ouvriers et de la population
civile (1915-1918), par M. Fernand PAssELECQ.

*Le Ravitaillement de la Belgique pendant l’oceupation allemande, par
M. Albert HENRy.

*La Législation et l’Administration allemandes en Belgique, par
MM. J. PIRENNE et M. VAUTHIER.

*Le Secours Chômage en Belgique pendant l’oceupation allemande,
par M. Ernest MAHAIM.
        <pb n="333" />
        ’ LISTE DES MONOGRAPHIES
L’Industrie belge pendant l’occupation allemande, par le comte
Ch. DE KERCHOVE.
L’Action du gouvernement belge en matière économique pendant la
guerre, par M. F. G. van LANGENHOVE.
SÉRIE FRANÇAISE
*Bibliographie méthodique de l’Histoire économique et sociale de la
France pendant la guerre, par M. Camille BLocH.
L'Organisation gouvernementale française pendant la guerre :
**Les Formes du gouvernement de guerre, par M. Pierre
RBENOUVIN ;
*Le Problème du régionalisme, par M. Henri HAUSER ;
Les Services administratifs pendant la guerre (leur histoire
et leurs archives), par M. A. BOUTILLIER DU RETAIL ;
**L’Organisation de la République pour la Paix, par
M. Henri CHARDON.
*Le Contrôle du Ravitaillement de la Population civile, par M. Pierre
PINoT.
*L’Agriculture pendant la guerre, par M. Michel AucÉ-LARIBÉ.
La Guerre et l’Industrie française :
*L’Industrie française pendant la guerre, par M. Arthur
FONTAINE ;
L'Organisation des industries de guerre, par M. Albert THo-
MAS ;
**Les Industries textiles, par M. Albert AFTALION ;
Les Industries métallurgiques, par MM. L. PraLoN, P. Rr-
CHEMOND et L. BARADUC-MULLER.
Les Industries chimiques, par M. Eugène MAUCLÈRE ;
Les Combustibles minéraux, par M. Henri DE PEYERIMHOFF ;
*+*Les Forces hydro-électriques, par M. Raoul BLANCHARD ;
Les Bois d’œuvre pendant la guerre, par M. le général CHE-
VALIER ;
, Les Industries de l’aéronautique, par M. le colonel Paul
Dné.
La Guerre et le travail (3 volumes) :
Salaires, tarifs, conventions collectives, grèves, par MM. Wil-
liam Ovarrp et C. PICQUENARD ;
Placement et chômage, par M. A. CRÉHANGE ;
Le Syndicalisme durant la guerre, par M. Roger PICARD ;
**La Main-d’œuvre étrangère et coloniale, par M. B. NoGARO
et M. le lieutenant-colonel WEIL ;
**La Santé et le travail des femmes pendant la guerre, par
M. Marcel FrRois.
Effets économiques de la guerre dans les régions envahies :
*L’Organisation du travail dans les régions envahies de la
France pendant l’occupation, par M. Pierre BOULIN ;
Le Ravitaillement des régions envahies, par MM. Paul CoL-
LINET et Paul STAHL ;

308
        <pb n="334" />
        LISTE DES MONOGRAPHIES 3

Les Dommages de guerre pour la France, par MM. Edmond

MICHEL et PRANGEY.
Réfugiés et prisonniers de guerre :
Les Réfugiés, par M. Pierre CARON ;
Les Prisonniers de guerre en France, par M. Georges CAHEN-
SALVADOR.
La Guerre et le commerce :

La France et la politique économique interalliée (2 volumes),

par M. Etienne CLÉMENTEL ;

La Guerre et le commerce français. Etude générale, par

M. Charles RisT.
La Guerre et la marine marchande française :
Transports par mer : la marine marchande, par M. CANGAR-
DEL ;
Les Ports français pendant la guerre, par M. Georges HER-
SENT.
La Guerre et les transports :

*Politique et fonctionnement des transports par chemins de

fer, par M. Marcel PEscHAUD ;

*La Navigation intérieure en France pendant la guerre, par

M. Georges POCARD DE KERVILER.
La Guerre et les finances françaises :
*Les Finances de guerre de la France, par M. Henri TrvcHy ;
Le Marché monétaire et financier français pendant la guerre,
par M. Albert AUPETIT.
Le Coût de la guerre pour la France :
*Les Dépenses de guerre de la France, par M. Gaston JÈZE ;
Le Coût de la guerre pour la France, par MM. Charles GIDE
et Gaston JÈZE.
La Guerre et la vie sociale :
**La lutte contre la cherté par les organisations privées, par
MM. Charles GIDE et DauvDÉ-BANCEL ;

Problème du logement et urbanisme, par MM. Henri SELLIER

et BRUGGEMAN ;

La Population et les revenus en France pendant la guerre,

par M. Michel HUBER ;

*Le Mouvement des prix et des salaires durant la guerre en

France, par M. Lucien MARCH.
La Guerre et la santé publique :
La Défense de la santé publique pendant la guerre, par le
Dr Léon BERNARD ;

Les Mutilés, par MM. CassIN et DE VILLE-CHABROLLE.
Mémoires et Impressions de tranchées, par M. Jean NorroN Cru.
Etudes d’Histoire locale (2 volumes) :

**Paris, par MM. Henri SELLIER, BRUGGEMAN et PoËTE ;

**Lyon, par M. Edouard HERRIOT

**Marseille, par M. Paul Masson ;

**Rouen, par M. J. LEVAINVILLE ;

**Bordeaux, par M. Paul COURTRAUIT ;

30€
        <pb n="335" />
        LISTE DES MONOGRAPHIES
**Bourges, par M. Claude-Joseph GIGNOUX ;
**Tours, par MM. Michel LHÉRITIER et Camille CHAUTEMPS;
L’Alsace et la Lorraine, par M. Georges DELAHACHE.
La Guerre et les colonies françaises :
**L; Afrique du Nord, par M. Augustin BERNARD ;
Les Colonies françaises pendant la guerre, par M. Arthur
GIRAULT.
SÉRIE AMÉRICAINE
*Recueil des sources américaines pour l'Histoire économique de la
guerre, par MM. Waldo G. LELAND et Newton D. MERENESS.
Le Contrôle de l'Industrie pendant la guerre aux États-Unis, par
M. Alvin S. JOHNSON.
Histoire des chemins de fer américains et Politique des transports,
pendant la guerre, par M. Walker D. HINEs.
Histoire financière de la Guerre, recettes, taxations, etc…, par M. Tho-
mas Sewall ADAMS.
Les Contrôles de guerre aux États-Unis, par M. Edwin F. Gay.
Autres volumes en préparation.
SÉRIE TRADUITE ET ABRÉGÉE
*Histoire des industries françaises pendant la guerre, par M. Arthur
FONTAINE.
L’Agriculture et le contrôte du ravitaillement en France pendant la
guerre, par MM. Michel AucÉ-LARIBÉ et Pierre PINOT.
Les Finances et les Dépenses de guerre en France, par MM. Henn
Trucuy et Gaston JÈZE.
Les Formes du gouvernement de guerre en France, par M. Pierre
RENOUVIN.
L'Organisation du travail dans les régions envahies de la Francs
pendant l’occupation, par M. Pierre BOULIN.
« Mittel-Europa », préparation d'une nouvelle union économique, par
MM. GRATZ et SCHÜLLER.
Le Gouverment de guerre en Autriche, par M. J oseph REDLICH.
Autres volumes en préparation.
SÉRIE BRITANNIQUE
*Bibliographie, par Mlle M. E. BULKLEY.
* Archives britanniques de paix et de guerre, par M. Hubert HALL.
*Manuel de l’administration des archives, par M. Hilary JENKINSON.
Le Gouvernement de guerre de la Grande-Bretagne et de l’Irlande,
considéré spécialement au point de vue économique, par M. W.
G. S. ApaMm, C. B.
*Le gouvernement de guerre dans les Dominions, par M. À. B. KEITH.
pc +

310
        <pb n="336" />
        LISTE DES MONOGRAPHIES

*Mécanisme de certains contrôles de l’État, par M. E. M. H. Lroyp.

Rationnement et ravitaillement, par Sir William BEvErIDGE, K. C. B.
et Sir Edward C. K. GoNNER, K. B. E.

*Prix et salaires dans le Royaume-Uni (1914-1920), par M. A. L.
BowLEy.

Les Impôts et les bénéfices de guerre, par Sir Josiah C. SramP. K. B. E.
Les Impôts.

Les Bénéfices de guerre et leur répartition.

La Guerre et les assurances : série d’études :

Assurances sur la vie, par M. S. G. WARNER.

Assurances-incendie, par MM. A. E. Sicx et S. PRESTON.

Assurances maritimes, par Sir Norman Hrrr.

Société de Secours mutuels et assurances sur la santé, par Sir
Alfred WATSON.

Le Mouvement national pour l’épargne, par Sir William ScHoo-
LING.

Assurances contre le chômage, par Sir William BEVERIDGE.

Histoire générale de la marine marchande britannique pendant la
guerre, par M. C. Ernest FAYLE.

*Le Contrôle des alliés sur la navigation maritime ; une expérimenta-
tion d’administration internationale, par Sir Arthur SALTER,
K.C.B.

*L’Industrie britannique du charbon et la guerre, par Sir Richard
REDMAYNE, K. C. B.

L’'Industrie britannique du fer et de l’acier pendant la guerre, par
M. W. T. Layton, C. H., C. B. E.

Les eflets de la guerre sur les industries textiles britanniques : .
**La Commission de contrôle du coton, par M. H. D. HENDERSON.

*Production des denrées alimentaires, par Sir Thomas MrDDLETON,
K. B. BE.

Les Trade-Unions et la guerre, par M. G. D. H. COLE :

**Le Trade-Unionisme et les munitions.
**La Main-d’œuvre dans l’industrie britannique du charbon.
**Les Organisations ouvrières par ateliers.
L'or aui du travail et son contrôle, par M. Humbert WOoLFE,
B.B
Effets de la guerre sur la santé publique :
La Santé de la population civile pendant la guerre, par M. À. W.
J. MacrapDEN, C. B.
La Santé des soldats démobilisés, par M. E. Cunyngham BROWN"
. B. E.

*Les Industries de la Vallée de la Clyde pendant la guerre, par M. W.
R. ScoTT et M. CUNNISON.

*L’Écosse rurale pendant la guerre : série d’études sous la direction
de M. W. R. Scorr :

*Pêcheries écossaises, par M. D. T. JoNESs
*Agriculture écossaise, par M. H. M. CONACHER ;
*Le Travailleur agricole, par M. J. S. DUNCAN;

311
        <pb n="337" />
        LISTE DES MONOGRAPHIES
*La Réforme agraire, par M. W. R. ScoTr ;
*Appendice sur le Jute, par M. J. P. Dar.

“Les Budgets de guerre et la politique financière britannique, par
MM. F. W. HrrsT et J. E. ALLEN.

Le Pays de Galles et la guerre, par M. T. JoNEs.

Manuels pour l’étude de l’économie de guerre.

Dictionnaire des organisations officielles du temps de guerre, par
M. N. B. DEARLE.
Chronique économique de la guerre, par M. N. B. DEARLE.

Études d’Histoire sociale britannique pendant la guerre mondiale
(en préparation).

Le Coût de la guerre pour la Grande-Bretagne (en préparation)

SÉRIE ITALIENNE

Bibliographie économique et sociale de la guerre, par M. Vincenzo
PORRI, avec une introduction sur les archives de la guerre, par
M. Eugenio CASANOVA.

*La Législation économique de la guerre, par M. Alberto DR’STEFANI.

La Production agricole en Italie (1914-1919), par M. Umberto Rrcer.

Les Classes agricoles en Italie pendant la guerre, par M. Arrigo SEr-

* PIERL.

*L’Alimentation et la politique du ravitaillement en Italie, par
M. Riccardo BACHI, avec un appendice sur le Réapprovisionne-
ment en vivres de l’armée italienne, par M. Gaetano ZINGALI.

Les Finances de guerre, par M. Luigi ErvaUDI.

Le Coût de la guerre pour l’Italie, par M. Luigi Ervaupi.

De l’Inflation en Italie et de ses répercussions sur les prix, les revenus
et les changes étrangers, par M. Pasquale JANNACCONE.

“Statistique de la santé publique en Italie pendant et après la guerre,
par M. Giorgio MORTARA.

Le Peuple italien pendant et après la guerre : étude sociale, par M. Gio-
acchino VOLPE.

*Les Répercussions de la guerre sur la vie économique et sociale du
Piémont, par M. Giuseppe PRATO.

SÉRIE ALLEMANDE

Aperçu bibliographique de la littérature allemande relative à l’histoire
économique et sociale de la guerre, par M. A. MENDELSSOHN-
BARTHOLDY et M. E. ROSENBAUM, avec une section sur les archives
impériales, par M. le comte MUSEBECK.

Effets de la guerre sur le gouvernement et la constitution de l’Alle-
magne :

a) » Gouvernement de guerre de l’Allemagne, par M. A. MEN-
DELSSOHN-BARTHOLDY ;

b) L’Administration politique des territoires occupés, par MM. von
GayL, W. von Krirs et L. F. von KoHLERr.

312
        <pb n="338" />
        LISTE DES MONOGRAPHIES
Effets de la guerre sur la morale et la religion :
a) Les Effets de la guerre sur la morale, par M. O. BAUMGARTEN.
b) Les Effets de la guerre sur la religion, par MM. Erich FOERSTER
et Arnold RADEMACHER.
c) Les Effets de la guerre sur la jeunesse, par M. Wilhelm FLITNER.
d) La Guerre et le crime, par M. Moritz LIEPMANN.

Effets de la guerre sur la population, le revenu et le niveau de la vie
en Allemagne :

a) Les Effets de la guerre sur la population, par M. R. MEER-
WARTH.
b) Les Effets de la guerre sur les revenus, par M. A. GUNTHER.

Les Effets généraux de la guerre sur la production, par M. Max SERING.

La Guerre et le contrôle gouvernemental :

a) Le contrôle de l’État et sa liquidation, par M. H. GOPPERT.
b) L’Approvisionnement des matières premières et le contrôle
du gouvernement, par M. A. KorTH.
c) La Coopération économique avec les alliés de l'Allemagne et
l’Organisation du ravitaillement, par M. W, FRiscH.
d) L’Utilisation économique des territoires envahis :
La Belgique et la France du Nord, par M. JAHN ;
La Roumanie et l’Ukraine, par M. MANN ;
La Pologne et la région baltique, par MM. W. von Kris et
von GAYL.

Les Effets de la guerre sur le commerce allemand, par M. K. WIEDEN-
FELD.

Les Effets de la guerre sur la navigation et les chemins de fer :

a) La Guerre et la flotte allemande, par M. E. RosENBAUM.
b) La Guerre et les chemins de fer, par M. SARTER.

L’Influence de la guerre sur l’industrie allemande, par M. Hermann
BUCHER.

La Guerre et les syndicats ouvriers allemands, par MM. Paul UMBREIT.
Adam STEGERWALD, Antoine ERKELENZ ; le Travail des femmes
pendant la guerre, par le D' Charlotte LORENZ.

L’Histoire sociale des classes ouvrières pendant et après la guerre :
a) La Guerre et l’ouvrier allemand, par M. Davrp.

b) La Guerre et les salaires, par M. Waldemar ZIMMERMANN.
c) L’Action du gouvernement sur les (conditions sociales en Alle-
magne pendant la guerre, par le D' DIECKMANN.

L’Alimentation et l’agriculture.

«) La Guerre et la population agricole, par M. Max SERING.

b) L’Approvisionnement alimentaire pendant la guerre, par
M. Ar. SKALWEIT ;

c) L’Influence de la guerre sur la production agricole, par M. Frie-
drich AEREBOE.

Effets de la guerre sur la santé de la population civile en Allemagne,
par le Dr Franz BUMM.

Effets de la guerre sur les finances allemandes :

a) Effets de la guerre sur la circulation monétaire et les banques
(en préparation).

313
        <pb n="339" />
        LISTE DES MONOGRAPHIES
b) Les Finances allemandes pendant la guerre, par M. Walter
LoTz.
SÉRIE AUTRICHIENNE ET HONGROISE
Autriche-Hongrie :

“Bibliographie des documents imprimés, par M. Othmar SPANN.

*Les Finances austro-hongroises pendant la guerre, par M. Alexandre
Popovrcs.

Histoire économique militaire ; série d’études écrites sous la direction
du professeur WIESER, du général KRavss, du général Horn
et du colonel GLAISE-HorsTENAU. Le Recrutement, etc, par le
colonel KLosE ; Munitions et ravitaillement, par le colonel Prrve ;
(autres volumes en préparation).

L’Utilisation économique des territoires occupés : Serbie, Monténégro,
Albanie, par le général KErounawE ; l’Italie du Nord, par le
général LErpL ; la Roumanie, par le général Félix SOBOTKA :
l'Ukraine, par le général Krauss ; la Pologne, par le général
MITzRA.

*« Mittel-Europa », préparation d’une nouvelle union économique, par
MM. Gratz et SCHULLER.

La Ruine et le démembrement de la monarchie des Habsbourg (en
préparation).

Empire d’Autriche :

“Le Gouvernement de guerre en Autriche, par M. Joseph REprrcH.

Réglementation de l’industrie en Autriche pendant la guerre, série
d’études sous la direction de M. Richard RrEp..

Le Contrôle de l’alimentation et de l’agriculture en Autriche pendant
la guerre, série d’études sous la direction de M. H. LowENFELD-
Russ.

“Le Travail en Autriche pendant la guerre, série d’études sous la
direction de M. Ferdinand HANnUsok.

Les Chemins de fer autrichiens pendant la guerre (contrôle civil), par
M. ENDERES ; les Transports sous le contrôle militaire, par le
colonel RATZENHOFER.

“Le Ravitaillement en charbon de l’Autriche pendant la guerre, par
M. HoOmANN-HERIMBERG.

Effets de la guerre sur la morale et la religion par le chancelier SEIPEL.

La Guerre et le crime en Autriche, par M. Franz ExNER.

Le Coût de la guerre en Autriche, par M. HoRrNIK.

Royaume de Hongrie :

Histoire générale de l’économie de guerre en Hongrie, par M. Gustave
GRATZ.

Les Effets de la guerre sur l’administration gouvernementale et sur
l’esprit public en Hongrie, par le comte Albert ApPoNYT.

314
        <pb n="340" />
        LISTE DES MONOGRAPHIES 3

Histoire de l’industrie hongroise pendant la guerre, par le baron Joseph
SZTERÉNYI.

Histoire du commerce hongrois pendant la guerre, par M. Alexandre
MATLEKOVITS.

Histoire des Finances hongroises pendant la guerre, par M. John

.  TELESZKY.

L’Agriculture en Hongrie, par M. MUTSCHENBACHER, et le Contrôle
alimentaire, par M. Jean Bup.

La Vie sociale en Hongrie pendant la guerre, par M. Desider Par.

La Santé publique et la Guerre en Autriche-Hongrie :

Exposé général de la santé publique en Autriche-Hongrie, par le
docteur PIRQUET.

*Etudes sur la santé publique en Autriche pendant la guerre, (deux
volumes), par les docteurs HELLY, KIRCHENBERGER, STEINER,
RascHorsky, Kassowrrz, BREITNER, von BOKAY, SCHACHERL,
Hocxaur, FINGER, KyrLE, Erras, Economo, MULLER-DEHAM,
NoBEL, WAGNER, EDELMANN et MAYERHOFER, avec une intro-
duction par le docteur PrRQUET.

PREMIÈRE SÉRIE RUSSE
(Tusqu’à la Révolution bolchéviste.)
Effets de la guerre sur le gouvernement et les finances nationales en

Russie :

Les Effets de la guerre sur le gouvernement central en Russie, par
M. Paul P. GRONSKY.

Les Finances de l’État en Russie pendant la guerre, par
M. Alexandre M. MICHELSON.

La Circulation monétaire en Russie pendant la guerre, par
M. Michel V. BERNADSKY.

Le Crédit d’État en Russie pendant la guerre, par M. Paul
N. APOSTOL.

Les Municipalités et les Zemstvos pendant la guerre :

Les Effets de la guerre sur les municipalités russes et l’Union natio-
nale des villes, par M. N. I. AsTROFF.

Les « Zemstvos » en temps de paix et en temps de guerre, par le
prince George E. LvVOFrF.

Les « Zemstvos », par le prince Wladimir A. OBOLENSKY.

L’Union nationale des « Zemstvos » et la « Zemgor » (Fédération
de l’Union des Zemstvos et de l’Union des Villes), par M. Serge
P. Turin.

La Guerre et la psychologie des membres des « Zemstvos », par
Isaac V. SHKLOVSKY.

L’Armée russe dans la guerre mondiale, étude d’histoire sociale, par le
général Nicolas N. GOLOVINE.

L’Économie rurale en Russie et la guerre, par MM. Alexis ANZIFEROFF,
Alexandre Brrimovrrcu et M. O. BATCHEFF.

31?
        <pb n="341" />
        LISTE DES MONOGRAPHIES

Les Effets de la guerre sur la propriété foncière et la réforme agraire,
par MM. V. A. KossiNsky et Alexandre D. Brrrmovrrc.

Le Problème du ravitaillement en denrées alimentaires de la Russie
pendant la guerre, par M. Pierre B. Srruvé, de l’Académie des
Sciences de Russie.

Effets de la guerre sur le mouvement coopératif en Russie :

Le Crédit coopératif agricole en Russie et la guerre, par M. Alexis
N. ANZIFEROFF.

Le Contrôle de l’industrie par l’État en Russie pendant la guerre, par
M. Simon O. ZAGORSKY.

Les Effets de la guerre sur quelques industries :

a) Les Mines de charbon, par M. Boris N. SokoLorr.
b) L’Industrie chimique, par M. Mark A. LANDAU.
c) L'Industrie du lin et de la laine, par M. Serge N. TRETIAKOFrF.
d) Le Pétrole, par M. Alexandre M. MrCHELSON.
Les Effets de la guerre sur les questions ouvrières :
a) Les Salaires, par Mlle Anna G. ErsENsTADT.
b) Les Modifications survenues dans la composition des classes
ouvrières, par Vladimir T. BRAITHWAITR.

Effets de la guerre sur le commerce et les échanges :

Le Commerce russe durant la guerre, par M. Paul A. Bou-
RYSHKINE.
La Russie et la guerre économique, par le baron Boris E. Norpé.
Les Transports en Russie pendant la guerre, par M. Michel B. BRarKkr-
VITCH.
Les Institutions universitaires russes pendant la guerre, par M. Paul
J. NOVGORODZOFF.
L'Enseignement primaire et l’enseignement secondaire en Russie
durant la guerre, par M. Dimitry M. OpINEZ.
L'Histoire sociale de l’Ukraine pendant la guerre, par M. Nicolas
M. MoGILANSKY.
Statistique de la vie publique en Russie pendant la guerre, par M. S. S.
KowHn.
La Russie et la guerre mondiale (synthèse historique) (en prépara-
tion).
SÉRIE GRECQUE

Effets économiques et sociaux de la guerre en Grèce, par M. A.

ANDREADES.
SÉRIE HOLLANDAISE

Efiets économiques et sociaux de la guerre dans les Pays-Bas :
L'Effet de la guerre sur le ravitaillement, par M. F. E. PosrHuma.
L'Industrie hollandaise, par M. C. P. ZAALBERG.
Le Commerce et la navigation hollandais, par M. E. P. de Moncur.
Prix, salaires et coût de la vie, par M. H. W. METHORST.

316
        <pb n="342" />
        LISTE DES MONOGRAPHIES cd

Banques et circulation, par MM. VIssErING et J. Westerman
HozsTYN.

Les Colonies hollandaises, 1914-1922, par MM. J. H. Carpentier
ALTING et DE CocCK-BUNING.

Les Finances de guerre dans les Pays-Bas, de 1918 à 1922. Le
Coût de la guerre, par M. H. W. C. BORDEWYR.

Les Effets de la guerre sur le problème du logement, 1914-1922,
par M. H. J. RomEyn.

*Les Finances de guerre des Pays-Bas, jusqu’en 1918, par M. J. van
DER FLIER.

SÉRIE SCANDINAVE

Les Effets de la guerre en Suède, série de monographies :

a) La Vie et le travail du peuple suédois. Introduction générale,
par M. Eli F. HECKSCHER.

b) L’Agriculture suédoise et l’approvisionnement alimentaire, par
M. Carl MANNERFELT.

c) L’Industrie suédoise, par M. Olaf EpsTROM.

d) Les Classes ouvrières, par M. Otto JARTE.

Effets de la guerre sur les finances et le commerce suédois :

a) La Circulation et les finances, par M. Eli F. HECKSCHER.

b) Le Commerce suédois, par M. Kurt BERGENDAL.

La Norvège et la guerre mondiale, par M. Wilhelm KEILHAU.

Les Effets économiques de la guerre sur le Danemark, par M. Eimar
CoHN, avec une étude sur l'Islande, par M. Thorstein THORs-
TEINSSON.

SÉRIE JAPONAISE

Influence de la guerre sur la production des matières premières au
Japon, par M. KoBAYASHI.

Influence de la guerre sur l’industrie japonaise, par M. OGAwAa.

Influence de la guerre sur le commerce japonais et les échanges, par
M. YAMASAKI.

Influence de la guerre sur les transports au Japon, par M. MATSUOKA.

Influence de la guerre sur les finances japonaises et le marché moné-
taire, par M. ONOo.

Influence sociale de la guerre au Japon, par M. KoBAYASHI.

SÉRIE BULGARE

Les Effets économiques de la guerre en Bulgarie, par M. G. T.
DANAILOV.

SÉRIE TCHÉCOSLOVAQUE

*Problèmes financiers et politiques en Tchécoslovaquie pendant la
première année d’après-guerre, par M. A. RAsIN.

&gt; 1"
        <pb n="343" />
        : LISTE DES MONOGRAPHIES
Les Eflets de la guerre sur le peuple tchécoslovaque. Volume d’études
rédigées sous la direction du président MASARIK.
SÉRIE YOUGO-SLAVE
Situation écéonomique de la Serbie avant la guerre, et pendant la
première année de la guerre, par M. Velimir Basxrrcx.
Effets économiques et sociaux de la guerre en Serbie, par M. Drago-
liub YovANOVITCH.
Efiets de la guerre, série d’études (en préparation).
SÉRIE ROUMAINE
La Révolution agraire en Roumanie et dans le Sud-Est de l’Europe,
par M. D. MrTrany.
Conséquences économiques de la guerre en Roumanie :
Les Effets de l’occupation ennemie en Roumanie, par M. G.
ANTIPA.
Les Effets de la guerre sur la santé publique en Roumanie, par
M. J. CANTACUZÈNE.
Les Effets de la guerre sur la vie économique roumaine (volume en
préparation).
Les Finances de guerre de la Roumanie, par M. Vintila BRATIANU.
L’Agriculture roumaine pendant la guerre, par M. Inneseu SISESTI.

318
        <pb n="344" />
        III

LISTE DES MONOGRAPHIES PUBLIÉES
ET DES ÉDITEURS
La publication des Monographies est faite sous la direction générale
de la Yale University Press, avec le concours d’éditeurs dans les diffé-
rents pays. Chacun des volumes se trouve donc ainsi non seulement
à la Yale University Press, mais dans tous les pays, chez les éditeurs
de l’Histoire économique et sociale de la guerre.
Les ouvrages suivants ont paru ou vont paraître prochainement.
SÉRIE AUTRICHIENNE ET HONGROISE
(en allemand )
Bibliographie des documents imprimés, par M. Othmar SPANN.
Les Finances austro-hongroises pendant la guerre, par M. Alexandre
von Porovrcs.
Le Ravitaillement en charbon de l’Autriche pendant la guerre, par
M. von HOMANN-HERIMBERG.
Le Travail en Autriche pendant la guerre, série d’études sous la direc-
tion de M. Ferdinand HANUSCH.
« Mittel-Europa », préparation d’une nouvelle union économique, par
MM. GRATZ et SCHÜLLER.
Le Gouvernement de guerre en Autriche, par M. Joseph REDLICH.
Etudes sur la santé publique en Autriche pendant la guerre, par les
docteurs HELLY, KIRCHENBERGER, STEINER, RAscHOoFsKY, Kas-
SOWITZ, BREITNER, VON BOKAY, SCHACHERL, HoCKAUF, FINGER,
KyrLE, Erras, Ecoxomo, MULLER-DEHAM, NOBEL, WAGNER,
EDELMAN et MAYERHOFER, avec une introduction par le docteur
PIRQUET.
SÉRIE BELGE
(en français)
La Législation et l’administration allemandes en Belgique, par MM. J.
PIRENNE et M. VAUTHIER.
Le Ravitaillement de la Belgique pendant l’occupation allemande,
par M. Albert HENRY.
        <pb n="345" />
        - LISTE DES MONOGRAPHIES PUBLIÉES
Le Secours de chômage en Belgique pendant l’occupation allemande,
par M. Ernest MAHAIM.
SÉRIE ANGLAISE
(en anglais)
Le Contrôle des alliés sur la navigation maritime ; une expérimenta-
tion d'administration internationale, par Sir Arthur SALTER.
Le Gouvernement de guerre dans les Dominions, par M. A. B. Krrrn.
Prix et salaires dans le Royaume-Uni (1914-1920), par M. A. L. Bow-
LEY.
Manuel de l’administration des Archives, par M. Hilary JENKINSON.
La Commission de contrôle du coton, par M. H. D. HENDERSON.
Bibliographie, par Mlle M. E. BurkLex.
Archives britanniques de paix et de guerre, par M. Hubert Harr.
L'Organisation du travail et son contrôle, par M. Humbert Wocrr.
L'Industrie britannique du charbon et la guerre, par Sir Richard REp-
MAYNE.
Production des denrées alimentaires, par Sir Thomas MIDDLETON.
Les Organisations ouvrières par ateliers, par M. G. D. H. Cozæ.
Le Trade-Unionisme et les Munitions, par M. G. D. H. Cour.
La Main-d’œuvre dans l’industrie britannique du charbon, par M. G.
DH Cox.
Mécanisme de certains contrôles de l’État, par M. E. M. H. Lroyp.
La Vallée de la Clyde pendant la guerre, par M. W. R. ScoTT et M. J.
CUNNISON.
L’Écosse rurale pendant, la guerre, série d’études sous la direction de
M. W. R. ScorT :
Pêcheries écossaisses, par M. D. T. Jones:
Agriculture écossaisse, par M. H. M. CONACHER :
Le Travailleur agricole, par M. J. S. DUNCAN ;
La Réforme agraire, par M. W. R. ScoTT:;
Appendice sur le Jute, par M. J. P. Day.
Les Budgets de guerre et la politique financière britannique, par
MM. F. W. Hrrsr et J. E. ALLEN.
SÉRIE ITALIENNE
(en italien)
Statistique de la Santé publique en Italie pendant et après la guerre,
par M. Giorgio MORTARA.
Les Répercussions de la guerre sur la vie économique et sociale du
Piémont, par M. Giuseppe Praro.
La Législation économique de la guerre, par M. Alberto DE’STEFANT.
L’Alimentation et la politique du ravitaillement en Italie, par M. Ric-
cardo BACHI, avec un appendice sur le Réapprovisionnement de
l’armée italienne, par M. Gaetano ZINGAIT.

320
        <pb n="346" />
        LISTE DES ÉDITEURS
SÉRIE TCHÉCOSLOVAQUE
(en anglais)
Problèmes financiers et politiques en Tchécoslovaquie pendant la pre-
mière année d’après-guerre, par M. A. RasIN.
SÉRIE HOLLANDAISE
(en anglais)
Les Finances de guerre des Pays-Bas, jusqu’en 1918, par M. J. van
DER FLIER.
SÉRIE AMÉRICAINE
(en anglais)
Recueil des sources américaines pour l’histoire économique de la
guerre, par MM. Waldo G. LELAND et Newton D. MERENESs.
SÉRIE TRADUITE ET ABRÉGÉE
(en anglais)
Histoire des industries françaises pendant la guerre, par M. Arthur
FONTAINE.
SÉRIE FRANCAISE
(en français)

Bibliographie méthodique de l’Histoire économique et sociale de la
France pendant la guerre, par M. Camille BLocH.

Le Problème du régionalisme, par M. Henri HAUSER.

L’Industrie française pendant la guerre, par M. Arthur FONTAINE.

Les Industries textiles, par M. Albert AFTALION.

Les Forces hydro-électriques pendant la guerre, par M. Raoul BLAN-
CHARD.

L’Agriculture française pendant la guerre, par M. Michel AuGÉ-LARIBÉ.

Le Contrôle du Ravitaillement de la population civile, par M. Pierre
PrNoT.

Lyon pendant la guerre, par M. Edouard HERRIOT.

La Vie économique à Bordeaux pendant la guerre, par M. P. Cour-
TEAULT.

Tours et la guerre. Etude économique et sociale, par MM. Michel LHÉRI-
TIER et C. CHAUTEMPS.

Marseille pendant la guerre, par M. P. Masson.

Rouen pendant la guerre, par M. J. LEVAINVILLE.

Bourges pendant la guerre, par M. C. J. GreNoUx.

321
21
        <pb n="347" />
        - LISTE DES ÉDITEURS

Paris pendant la guerre, par MM. H. SELLIER, BRUGGEMAN et POËTE.

La Santé et le travail des femmes pendant la guerre, par M. Marcel
Frors.

Les Formes du gouvernement de guerre, par M. P. RENOUVIN.

Le Mouvement des prix et des salaires durant la guerre en France,
par M. L. MARCH

La Main-d’œuvre étrangère et coloniale, par M. B. Nocaro et M. le
lieutenant-colonel WEIL.

Les Dépenses de Guerre de la France, par M. Gaston JÈzx.

Les Finances de Guerre de la France, par M. H. Trucur.

La Navigation intérieure en France pendant la guerre, par M. G.
PocARD DE KERVILER.

Politique et fonctionnement des transports par chemins de fer, par
M. M. PrscHAUD.

L’Organisation du travail dans la région envahie de la France pendant
l’occupation, par M. P. BoULIN.

L’Afrique du Nord pendant la guêrre, par M. Augustin BERNARD.

L’Organisation de la République pour la paix, par M. Henri CHARDON,

La Lutte contre la cherté par les organisations privées, par MM. Ch.
GIDE et DAUDÉ-BANCEL.
Les éditeurs et les dépositaires de ces volumes sont les suivants :
AMÉRIQUE : Yale University Press, New-Haven (Connecticut).
AUTRICHE-HONGRIE : Holder-Pichler-Tempsky, A. G., Vienne (Au-
triche).

FrancE : Les Presses Universitaires de France, 49, boulevard Saint-
Michel, Paris (France).

ALLEMAGNE : Deutsche Verlags-Anstalt. Berlin et Stuttgart.

GRANDE-BRETAGNE : Oxford University Press, Amen House, Warwick
Square, Londres, E. C. 4.

ITALIE : Casa Editrice Laterza, Bari (Italie).

Toute personne qui désirerait avoir des renseignements sur les
volumes parus ou à paraître doit s’adresser à l’éditeur de son pays.

322
        <pb n="348" />
        Imp. des Presses Universitaires de France, Paris. — 1926. — 0.637.
        <pb n="349" />
        /
LISTE DES MONOGRAPHIES
L'histoire économique et sociale, comme l’indique la Préface du
Directeur, est composée de monographies écrites par les person-
nalités les plus qualifiées pour chaque sujet traité. Parmi les
auteurs dont la liste est ci-dessous, plus de trente ont été
ministres ou en ont rempli les fonctions dans les gouvernements
du temps de guerre. D’autres ont occupé des postes très impor-
tants où ils ont été à même d’observer avec précision les effets de
la guerre sur les services qu’ils dirigeaient. Une liste descriptive
plus détaillée des auteurs et des monographies figure dans les
Rapports annuels du Directeur de la Section historique et éco-
nomique de la Dotation Carnegie, qui seront envoyés sur toute
demande adressée soit à l’éditeur, soit aux bureaux de la Section
historique et économique, 405 West, 117th Street, New-York.
La liste ci-dessous ne comprend que les monographies déjà
parues et celles qui sonten préparation. Elle pourra être modifiée
ou allongée selon les besoins. Les monographies se divisent en
deux catégories principales : celles destinées à former un volume
de 300 à 500 pages, et celles qui, ne comportant qu’une centaine
de pages, pourront être ultérieurement réunies: en un même
volume avec d’autres traitant de sujets connexes. Les titres ont
été groupés pour indiquer l’arrangement en volumes qui est pro-
jeté ; mais dans les séries longues et compliquées, ce groupement
ne saurait être considéré comme définitif. Les monographies déjà
parues sont indiquées par un astérisque, celles qui ne traitent
qu’une partie d’un sujet par un double astérisque.
SÉRIE BELGE
La Belgique et la guerre mondiale, par M. H. PrRENNE.
La Déportation et le travail forcé des ouvriers et de la population
civile (1915-1918), par M. Fernand PAssELECQ.
*Le Ravitaillement de la Belgique pendant l’oceupation allemande, par
M. Albert HENRy.
*La Législation et l’Administration allemandes en Belgique, par
MM. J. PIRENNE et M. VAUTHIER.
*Le Secours Chômage en Belgique pendant l’oceupation allemande,
par M. Ernest MAHAIM.

Il
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