LES DIVERSES ÉCOLES ÉCONOMIQUES ; pétents, tels que les « Offices publics » d'habitation ou d’alimentation. 20 Solidarisme. Le socialisme d'Etat s’est surtout développé en Allemagne mais en France il apparaît plutôt sous la forme du solida- risme. Le fait de la solidarité, c’est-à-dire de la dépendance mutuelle des hommes, qui apparaît si clairement dans la division du travail, dans l'échange — et, pour ce qui con- cerne les générations successives, dans l’hérédité — avait déjà été signalé depuis longtemps. Mais on y voyait une loi naturelle qui n'avait pas besoin du concours des individus pour opérer et qui, d’ailleurs, était loin de pouvoir toujours être considérée comme un bien, car la solidarité dans le mal (exemple, la transmission des maladies par la contagion ou l’hérédité) est plus visible que la solidarité dans le bien. Et, au point de vue moral, elle paraissait contraire à la justice qui veut que chacun ne réponde que de ses propres actes. L'école solidariste, au contraire, veut que la solidarité, qui n’était qu’un fait brutal, devienne une règle de conduite, un devoir imnoral, voire même une obligation juridique sanc- tionnée par la loi. Quelle raison en donne-t-elle ? C’est que la solidarité, loi naturelle, nous ayant montré clairement que chacun de nos actes se répercute en bien ou en mal sur cha- cun de nos semblables, et réciproquement, notre responsa- bilité et nos risques se trouvent énormément accrus. S’il y a des misérables, nous devons les aider: 1° parce que nous sommes probablement en partie les auteurs de leur misère, par la façon dont nous avons dirigé nos entreprises, nos placements, nos achats, ou par l’exemple que nous leur avons donné ; donc, étant responsables, notre devoir est de les relever ; 2° parce que nous savons que nous ou nos enfants serons exposés à être les victimes des misères d'autrui : leur maladie nous empoisonera, leur dépravation nous démora- lisera. Donc, notre intérêt bien compris est de les guérir. 37