, PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE La véhémence des critiques que l’école cathoiique dirige contre l’organisation actuelle, contre le capitalisme, contre le profit, contre l’intérêt qu’elle flétrit, commeau moyen âge, du nom d’usure (usura vorax), contre les sociétés par actions, contre le libre-échange et toutes les formes de l'internatio- nalisme, et surtout contre la concurrence, lui avait valu de la part des économistes libéraux le nom de socialisme catho- lique. Elle s’en défend cependant très vivement et, en effet, malgré certains points de vue qui leur sont communs, elle diffère de l’école socialiste toto orbe : — d’abord en ce qu’elle ne propose nullement d’abolir les institutions fonda- mentales de l’ordre social actuel, propriété, hérédité, sala- riat, mais bien plutôt de les consacrer dans l'esprit chrétien; — ensuite, en ce qu’elle ne croit nullement à l’évolution ni au progrès spontané de l’humanité. Comme moyen pratique, elle met sa confiance surtout dans l'association professionnelle pour continuer, dans un esprit moderne, le régime corporatif. L’école sociale protestante semblerait devoir se tenir beau- coup plus loin encore du socialisme que l'école catholique, puisque le protestantisme est généralement considéré comme la religion de l’individualisme et du libéralisme. Cependant elle n’est pas moins hostile au libéralisme économique en tant que ce libéralisme se fonde sur la confiance dans les lois naturelles, car, plus encore que l’école catholique, elle a le sentiment que la nature c’est le péché et que c'est contre elle qu’il faut lutter (1). Mais ce péché n’apparaît plus à la jeune école comme purement individuel, mais comme surtout péché social et, par conséquent, comme appelant un salut social. Elle croit que le monde devra se transformer radicalement pour se rapprocher de ce « Royaume de Dieu » dont tous les fidèles doivent attendre et préparer déjà sur cette terre (1) La confession de foi des Eglises Réformées de France, lue chaque dimanche du haut de la chaire, dit : « Nous reconnaissons et confessons que nous sommes de pauvres pécheurs, enclins au mal, incapables par nous-mêmes qoisue le bien ». Elle ne fait d’ailleurs que répéter la déclaration de l'apôtre 40)