LES BESOINS ET LA VALEUR il dance, ou inversement que telle pression de l’accroissement de la population qui aurait augmenté la demande de toutes choses et créé la disette, ne se révèle nullement par une variation des prix, ces causes ayant agi simultanément sur les deux plateaux de la balance. Nous avons toutefois certains instruments qui nous per- mettent de reconnaître les variations non seulement du poids, mais de la pesanteur elle-même : par exemple le pen- dule. En avons-nous pour la valeur? Peut-être pensera-t-on que la monnaie est précisément cet instrument ? Mais non, puisque la monnaie, n’étant elle-même qu’une valeur, se trouve nécessairement affectée par les mêmes causes qui influencent toutes les valeurs. La monnaie ne peut pas plus nous révéler les causes de variation de valeur que les poids de cuivre ou de fonte qui servent d’étalons ne peuvent nous révéler les variations de la pesanteur. La monnaie est seulement une commune mesure de toutes les valeurs d’échange : rien de plus, mais c’est beaucoup. Pour se faire une idée claire de la grandeur, de la pesan- teur, de la valeur, de n'importe quelles notions quantitatives, il ne suffit pas de comparer et de mesurer les choses deux à deux : il faut avoir une commune mesure pour toutes. C'est ainsi que pour mesurer leslongueurs, on a choisi pour terme de comparaison, soit quelque partie du corps humain (pied, pouce, coudée), soit une fraction déterminée de la circonfé- rence du globe (mètre). Pour mesurer les poids, on a choisi, pour terme de comparaison, un poids déterminé d’eau distillée. Le rôle d’une commune mesure est de pouvoir comparer deux choses situées en des lieux différents, qui par conséquent ne peuvent être comparées directement, ou de comparer une même chose à des moments différents, et de s’assurer si elle a varié et dans quelle proportion. Le mètre permet de com- parer la taille des Lapons à celle des Patagonset de mesurer de combien ceux-ci sont plus grands que ceux-là. I per- mettra, s’il est usité ou tout au moins connu dans quelques milliers d’années, de comparer l’homme d'alors à l’homme H /