ve PRINCIPES D’ÉCONOMIE*POLITIQUE de nos jours et de s'assurer si la stature humaine a dégénéré. Pour mesurer la valeur, il ne suffit donc pas de comparer les valeurs deux à deux (comme on le fait par le troc), il faut aussi prendre pour terme de comparaison la valeur d’une chose déterminée. Mais laquelle choisir ? Chaque peuple, chaque temps, ont usé d’une mesure diffé- rente. Homère dit que l’armure de Diomède valait cent bœufs. Un Japonais aurait dit, il y a peu d’années encore, qu'elle valait tant de quintaux de riz, un noir de l’Afrique tant de mètres de cotonnades, un trappeur du Canada tant de peaux de renards ou de loutres Cependant c’est un fait remarquable que les peuples civi- lisés se soient trouvés presque tous d’accord pour choisir comme mesure des valeurs, comme étalon, la valeur des métaux précieux, or, argent ou cuivre, mais surtout les deux premiers. Ils se sont tous servis d’un petit lingot d’or ou d’argent, qu’ils ont appelé le franc, la livre sterling, le mark, le dollar, le rouble, etc. Pour mesurer la valeur d’un objet quelconque. on le compare à la valeur de ce petit poids d’or ou d'argent qui sert d’unité monétaire; c’est-à-dire on cherche combien il faut céder de ces petits lingots pour acquérir la marchandise en question, et s’il en faut 10, par exemple, on dit que la marchandise vaut 10 francs ou 10 dollars, etc. C’est son prix. Le prix d’une chose est donc l’expression du rapport qui existe entre la valeur de cette chose et la valeur d’un certain poids d’or ou d’argent, ou plus brièvement sa valeur expri- mée en monnaie : et comme, par tout pays civilisé, la monnaie est là seule mesure usitée des valeurs, le mot prix est devenu synonyme du mot valeur (1). Pourquoi a-t-on choisi les métaux précieux comme com- mune mesure des valeurs? Parce qu’ils ont deux propriétés particulières qui leur permettent de remplir cette fonction sinon d'une façon parfaite, du moins mieux que tout autre objet connu. (1) Voir au livre II le chapitre Le Prix. 19