LA MONNAIE MÉTALLIQUE : monnayage, sans quoi tout le monde ferait frapper du métal en monnaie de billon pour gagner la différence entre sa valeur métallique et sa valeur légale. C’est le gouvernement seul qui se réserve le droit d’en émettre telle quantité qu’il jugera utile aux besoins, De la loi de Gresham. Dans tous les pays où deux monnaies sont en circulation, la mauvaise monnaie chasse toujours-la bonne. C’est en ces termes que l’on formule une des lois les plus célèbres de l'Economie politique, baptisée du nom d’un chancelier de la reine Elisabeth qui l’aurait découverte, dit-on, il y a trois siècles. Mais longtemps avant lui, Aristo- phane avait déclaré ce fait curieux que les hommes préfé- raient la mauvaise monnaie à la bonne. Ce qui donne à première vue à cette loi un caractère paradoxal, c’est qu'elle semble dire que l’on préfère toujours la mauvaise monnaie à la bonne. Or cela paraît absurde. La science économique repose tout entière sur ce postulat qu’en toute circonstance l’homme préférera le produit qui est de meilleure qualité, qui répond le mieux à ses besoins, et les faits de tous les jours le confirment. Entre deux fruits nous préférons le plus savoureux, et entre deux montres celle qui marche le mieux. Pourquoi alors agirions-nous d’une façon inverse quand il s’agit de la monnaie ? Mais aussi n’agissons-nous point différemment ! Nous nous conduisons de la même façon pour la monnaie que pour tout autre bien ; nous préférons la bonne s’il s’agit de de la garder pour nous, mais s’il s’agit de la donner à nos créanciers et à nos fournisseurs, pourquoi choisirions-nous la bonne si la mauvaise peut faire aussi bien l'affaire, c’est-à- diresi on ne peut la refuser en paiement ? La loi de Gresham n'est donc pas une anomalie, mais au contraire une applica- Gine. P. R. 25e édition. 289 V tn