LES SYSTÈMES MONÉTAIRES tement environ la moitié de la production), serait suflisant pour empêcher la fixation d’un rapport aussi extravagant que celui que nous venons d’indiquer. Tous les gouvernements du monde auraient beau décréter que l’argent vaudra autant que l’or, jamais hommes et femmes ne paieront pour une montre ou une bague d'argent le même prix que pour une montre ou une bague d’or — à moins que l'argent ne devint aussi rare que le platine. Mais dans les limites raisonnables, nous n’hésitons pas à croire qu’un accord international serait efficace pour fixer la valeur respective des deux métaux et pour supprimer par conséquent le principal inconvénient du système bimétal- liste, à savoir la fuite de l’une des deux monnaies. Où fuirait- elle, puisque par tout pays elle serait soumise à la même loi? Seulement cet accord international est-il possible en fait ? Ceci est une autre question, Il ne le semble pas, car chaque pays met un point d'honneur à adopter l’étalon d’or, et notamment le gouvernement anglais, dont le concours serait indispensable au rétablissement du bimétallisme, l’a toujours repoussé. Depuis la guerre la situation des bi-métallistes s’est fortifiée en un sens parce que la valeur de l’argent a beaucoup remonté, presque au rapport ancien de 1-à 15,5; par conséquent il n’y a plus à redouter autant les perturbations résultant de la loi de Gresham (1). Mais, d’autre part, elle a perdu beaucoup de son intérêt parce que le retour à la monnaie métallique (jaune ou blan- che) paraît lointain, non seulement dans les pays ex-belli- (1) Le métal argent a augmenté de prix, comme tous les autres métaux d'ailleurs, et du prix de 80 franes le kilo, auquel il été tombé en 1902, il s’est élevé jusqu’à 300 francs le kilo en 1920. Mais, depuis lors il a derechef notablement baissé et est redescendu aux environs de 100 francs. Il s’agit là du prix en francs d’or, car en francs billets le prix de l'argent a naturellement monté dans la proportion de la dépréciation du billet, c’est-à- dire a quadruplé. 309