L'ÉCHANGE INTERNATIONAL Le protectiornisme. Les protectionnistes n’en sont plus à croire que la monnaie constitue la plus enviable des richesses et ne se donnent plus pour but principal d’en augmenter le stock, quoique pour- tant ils soient encore obsédés par la préoccupation d’une balance du commerce défavorable (voir le chap. précédent), Is ne sont pas hostiles au développement du commerce international et ils le prouvent d’ailleurs par les efforts qu'ils font par tous pays pour se le disputer. Mais ils pensent que l'échange entre nations ne peut être abandonné au même laisser-faire que l’échange entre individus. Pour ceux-ci on peut laissez libre cours à la concurrence et à la loi de l’offre et de la demande: tant pis si les intérêts particuliers se trouvent sacrifiés à l’intérêt général. Mais quand il s’agit de sa patrie, on ne peut courir le risque de la voir ruinée ou assujettie par la prépondérance économique de nations rivales. L'intérêt national, l’égoïsme sacré, comme le nommait un ministre italien au cours de cette- guerre, doit diriger la politique commerciale. En sorte que ce qu’on appelle le système protectionniste serait mieux nommé système nationa- liste. Voici leurs principaux arguments (1) : 10 Indépendance économique. Si on laisse l'échange international sans contrôle, les nations qui sont douées d’une supériorité économique par la nature ou par leur évolution historique, dans certaines branches de la production, accapareront progressivement tout le marché mondial, ainsi que c’est le cas pour les grandes maisons sur le marché national. Les nations moins (1) Ajoutez l'argument déja exposé ci-dessus p. 330, à savoir que toute importation crée une dette, et la plus grosse, à la charge du pays acheteur. 239 IV