PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE est fort dangereuse et n’offre aucune garantie réelle, et comme elle exige de la part du directeur de la banque une appréciation très exacte de ce que vaut chacun de ses clients, certaines banques s’y refusent. Les règlements de la Banque de France la lui interdisent absolument. Il y a l’avance sur titres, qui est un prêt sur gage, le gage étant les valeurs mobilières déposées par l’emprunteur, les- quelles doivent représenter une somme toujours supérieure à la somme prêtée, pour parer aux risques de dépréciation. Il y a le report, qui est aussi un prêt sur titres mais à court terme : il est fait pour ceux qui ayant acheté à la Bourse des valeurs à terme et ne se trouvant pas en mesure de payer au jour de l’échéance, veulent faire « reporter » le règlement de leur achat au mois suivant. Il y a le prêt sous forme de commandite industrielle, c’est- à-dire de participation à la création d'entreprises, soit par l’avance d’un capital, soit par souscription d’actions, opéra- tion aventureuse dont nos grandes banques françaises s’abstiennent généralement, mais ‘que les banques ‘alle- mandes pratiquent sur grande échelle et qui n’a pas peu contribué à l’essor industriel de leur pays. 1l y a le prêt hypothécaire, mais celui-ci constitue sous le nom de crédit foncier une opération d’une nature spéciale qui est incompatible avec celles que nous venons d’énumérer et doit être réservée à des établissements spéciaux (voir dans le Cours Crédit foncézr). Enfin les banques ne se bornent pas à emprunter pour prêter : elles rendent aussi à leurs clients — qu’ils soient commerçants, Etats ou simples rentiers — divers services. Aux capitalistes, elles rendent le service de garder leurs valeurs et d’en toucher les coupons, ce qui est une grande commodité pour eux, et aussi de leur faciliter le placement de leurs épargnes en leur indiquant de bons placements, ce qui est une source considérable de bénéfices pour le ban- quier, non à raison du droit de garde très minime qu’il per- çoit, mais parce qu’il devient ainsi l’intendant de la fortune de ses clients; il contrôle la vente de leurs titres et le rem- 380