DES BANQUES 397 et de défavorable une importance exagérée. Nous savons que, pour un pays, le fait d’avoir à envoyer du numéraire à l’étranger ou d’en recevoir ne constitue ni un très grand péril ni un très grand avantage, car sa richesse ne dépend pas de la quantité de monnaie qu’il possède. Mais au point de vue des banquiers, cette situation a une très grande importance, car s’il y a du numéraire à envoyer à l’étranger, c’est dans leur caisse qu’on viendra le chercher. Tous les signes qui la révèlent ont donc pour eux un intérêt capital : aussi ont-ils toujours les yeux fixés sur le cours du change. Ce cours se trouve coté dans tous les journaux, aujourd’hui surtout où l’on s’en préoccupe beaucoup. On l’y trouve généralement à côté du « temps qu’il fait ». C’est bien sa place et on pourrait même très bien le représenter, comme font beaucoup de journaux pour la température, par un petit graphique, une courbe qui indiquerait les variations du change. Ce serait d'autant plus à propos que le change c’est le vrai baromètre financier. Comme l’autre, il indique la pluie et le beau temps ; seulement il faut prendre garde que les indications sont inter. verties ! Quand le baromètre monte, c’est le beau temps, et quand il baisse, c’êst la pluie. Au contraire, quand on voit le change (c’est-à-dire le prix du papier étranger) monter, c’est le mauvais temps, cela veut dire que l’or s’en va. Et quand, au contraire, le change est bas, alors c’est le soleil qui vient ; c’est l’or qui brille ! Toutefois, il est à remarquer que les variations de prix des traites sont renfermées dans des limites beaucoup plus resserrées que celles des marchandises ordinaires. En temps normal, ce prix ne peut jamais être coté ni très au-dessus, ni très au-dessous du pair. En effet pourquoi celui qui est débiteur vis-à-vis de l’étranger recherche-t-il une lettre de change? — Uniquement pour s’épargner les frais d’envoi du numéraire et la conversion de la monnaie française en monnaie étrangère. Mais il est bien évident que si la prime qu’il devait payer pour se procurer la traite était supérieure à ces frais, qui sont en somme peu élevés, il n’aurait aucune raison pour