DES BANQUES 417 prix — il y en a bien d'autres : pourtant si l’on traçait les deux courbes, celle des prix et celle de l'émission, elles apparaîtraient à peu près parallèles. Le public attribue la hausse uniquement à la rareté des produits et à la difficulté des transports, ce qui est vrai d’ailleurs, et n’aperçoit pasla cause cachée qui est la dépréciation des billets, d'autant moins que les gouvernements s'efforcent de la dissimuler ou de la nier afin de maintenir intact le crédit du billet. Toutefois il devient difficile de cacher cette cause quand la hausse dépasse un certain niveau. Aussi l’inflation apparaît-elle comme le mal le plus grave dont souffre l’Europe, et tous les financiers, hommes d’Etat et économistes, s’évertuent à trouver le remède. H semble qu’il est bien simple; il n’y a qu’à ramener le montant du billet en cireulation au chiffre d'avant la guerre ? Mais pour détruire les 30 milliards de billets émis en trop, il faudrait d’abord que la Banque les remboursät — et pour cela il faudrait que l’Etat lui remboursât à elle-même les 30 milliards qu’il lui a empruntés. Sans doute a-t-il promis expressément de le faire au plus vite, mais il a besoin de tant de milliards pour d’autres emplois (ne fut-ce que la reconstitution des régions dévastées de la zône de guerre) qu’il est douteux qu’il en reste beaucoup pour rembourser la Banque. D'ailleurs, même si ce remboursement était faisable, il serait très dangereux, car cette raréfaction subite de la monnaie — cette déflation, comme on dit — déterminerait une baisse des prix et une crise terrible. On ne pourra y procéder que peu à peu. VII L’élévation du taux de l’escompte. Tl est un cas dans lequel les banques courent le risque d’avoir à rembourser une grande quantité de leurs billets : c’est toutes les fois qu’il est nécessaire de faire de gros paiements à l’étranger. Comme ces paiements ne pourront point être faits en billets, mais seulement en numéraire, il faudra 1