3 PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE accru, la classe ouvrière peut se sentir plus pauvre, car telle est la nature de l’homme que l’aisance même lui apparaît comme un état de misère si elle fait contraste avec l’opu- lence de ceux qui l’entourent. Et il ne faut pas dire que l'accroissement de ces besoins est imputable à la classe ou- vrière elle-même, car il est bien évident qu’au contraire la plupart lui ont été suggérés par l’imitation des classes riches. Ce n’est pas ici simplement une question d’appétits qui se trouvent en souffrance, mais aussi un sentiment de justice. Les ouvriers estiment qu’ils ont droit non pas seulement à une amélioration jugée suffisante par les patrons, mais à un accroissement derevenu au moins proportionnellement éga] à celui des autres classes de la société. Or est-ce le cas? L’accroissement des salaires a-t-il été proportionnel à l’ac- croissement général de le richesse ? Tous les économistes de l’école libérale répondent affirmativement et s'efforcent de. démontrer que la part prélevée par le travail a proportion- nellement plus augmenté que la part prélevée par le capital. Mais cette démonstration n’était pas très probante pour le passé et ce n’est pas la dernière guerre qui lui aura apporté de nouveaux arguments, car s’il est vrai que les salaires aient bénéficié d’une énorme plus-value, il est facile de voir qu’elle est restée au-dessous de celle des profits. Sans doute les ouvriers peuvent s’estimer favorisés en compa- raison des capitalistes rentiers qui ont subi, sans presque aucune compensation, tout le préjudice de la dépréciation de la monnaie : toutefois les véritables profiteurs de la guerre ce ne sont point les salariés mais les industriels, les commerçants et surtout les agriculteurs. Les lois du salaire. Définir les lois du salaire c’est essayer de mettre en formule leur action ; c’est chercher à découvrir les causes générales qui en déterminent le taux et le font monter ou “58 1V