Ë PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE pourra leur céder. La réponse à la première question dépend de ce qu’il possède ; la réponse à la seconde dépend de ce qu’il produira. La demande des bras dépend de l’acti- vité industrielle, mais cette activité dépend à son tour des espérances des entrepreneurs bien plus que de la somme qu’ils ont en caisse ou de celles dont leur crédit permet de disposer chez leurs banquiers. De plus la prétendue précision de cette théorie n’est qu’un leurre. En fin de compte, quand on la serre de près, elle se réduit à ceci que le taux des salaires s’obtient en divisant le total des sommes distribuées en salaires par le nombre des salariés, ce qui est une simple tautologie. Ou, si on veut la prendre dans le sens le plus large, elle signifie que les salaires sont d’autant plus élevés que la richesse d’un pays est plus grande, proposition trop banale pour avoir aucun intérêt scientifique. S 2. Théorie de la loi d'airain. Ceite théorie prend également pour point de départ ce fait que la main-d’œuvre, la puissance du travail, dans l’organisation actuelle de nos sociétés, n’est qu’une marchan- dise qui se vend et s’achète sur le marché. Ce sont les ouvriers qui sont vendeurs, ce sont les patrons qui sont acheteurs, Or, partout où la concurrence peut librement s’exercer, n’est-ce pas une loi commune à toutes les mar- chandises que leur valeur se règle sur le coût de produc- tion ? C’est là ce que les économistes appellent le prix naturel ou la valeur normale. Donc il doit en être de même de cette marchandise qu’on appelle la main-d’œuvre. Pour elle aussi le prix, c’est-à-dire le salaire, est déterminé par le coût de production. Reste à savoir ce qu’il faut entendre par ces mots de coût de production appliqués à la personne du travailleur. Prenons par exemple une machine. Les frais de produc- tion sont représentés : 1° par la valeur de la houille qu’elle sh9