PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE sous par les tribu: aux, les syndicats doivent s'occuper uni- quement des intérèts professionnels. Ils n’ont pas le droit de faire des opérations commerciales ou industrielles et de jouer le rôle des sociétés coopératives de production, de consom- mation ou de crédit. Cependant par une loi récente leur capacité économique a été élargie : ils peuvent se livrer à la fabrication et à la vente de produits concernant leur pro- fession. Les syndicats ouvriers se groupent en Fédérations — soit par catégories d'industries (par exemple Fédération des Tra- vailleurs du Livre; — soit par circonscriptions régionales (Bourses du Travail). Et ces Fédérations se groupent à leur tour en une Confé- dération Générale du Travail, la fameuse C. G. T. qui — pré- cisément parce qu’elle rassemble des ouvriers de tous les métiers a l’ambition d'élever au-dessus des intérêts corpo- ratifs les intérêts communs à toute la classe ouvrière (voir ci-dessus Le Syndicalisme p. 475). L'action syndicaliste vise à la fois à des résultats immé- diats, et à d’autres à plus longue portée. Comme articles principaux du programme syndicaliste, indiquons seulement ceux-ci : 1° Faire accepter aux patrons le syndicat comme seul in- termédiaire entre eux et leurs ouvriers pour toutes les rela- tions et pour la signature de conventions collectives, et réclamer un droit de contrôle dans chaque entreprise sur tout ce qui concerne le travail ; (1) 2° Maintenir un salaire minimum, dit tarif syndical, au- dessous duquel les patrons ne pourront descendre sans être menacés de grève et au-dessous duquel il sera interdit aux ouvriers d'accepter du travail ; 39 Imposer aux ouvriers la fidélité au syndicat en sanction- nant cette fidélité par la mise en quarantaine des réfractaires, c’est-à-dire de ceux qui refusent d’adhérer au syndicat, et, à (1) En Italie et Norvège des lois ou projets de loi ont déjà été déposés par le gouvernement pour établir ce « contrôle ouvrier » dans les usir.es. 582