LES SALARIÉS ; plus forte raison, des renégats, c’est-à-dire de ceux qui l’ont quitté ; 4° Et comme but ultime : abolition du salariat et du patro- nat et gouvernement économique remis entre les mains du Travail (1). Les grèves. La grève, c'est-à-dire le refus de travail, est généralement considérée comme l’unique but et la fonction essentielle du syndicat : mais c’est une grave erreur, Un syndicat bien orga- nisé peut remporter des victoires sans faire de grèves — tout comme un général sans gagner de batailles — et ce sont mème les mieux organisés et les plus puissants qui font le moins de grèves. Néanmoins, c’est bien la grève qui cons- titue l’ullima ratio. mais seulement après que tout autre moyen a échoué. Qu’est-ce en effet que la grève ? Ce n’est pas simplement le fait de se refuser à travailler, car un tel acte n'a jamais été puni par la loi. Ce n’est pas le fait d’aban- donner le travu«l.-ommencé, car la résiliation du contrat de travail, comme de tout contrat fait sans terme fixé, est de droit. C’est un méyen de contrainte exercé par les salariés sur le patron pour le forcer à modifier certaines conditions du travail, par exemple relever le salaire convenu ou diminuer le temps de travail. Ce n’est pas le seul moyen de contrainte : il peut y en avoir d’autres, tels que le sabotage — mais ici la coercition consiste dans l’interruption brusque du travail et dans le préjudice qui en résulte pour l’entrepreneur. Ce moyen n’est d’ailleurs efficace qu’autant qu’il est exercé collectivement par un grand nombre d’ouvriers, tous ceux (1) Ajoutons toutefois: et des autres représentants des intérêts nationaux. C'est ainsi que dans le Conseil Economique du Travail, que la C. G. T. avait institué, elle a fait place, à côté des délégués des Syndicats, à ceux des coopératives de consommation et des Fédérations d'ingénieurs et de fonction- naires,