LES SALARIÉS 8 Au reste, nulle cause autre qu’une variation dans la valeur de la monnaie ne peut avoir un effet général sur les prix (p- 75). Pourtant, dit-on, toutes les fois qu’une grève aboutit à une augmentation de salaire, ce qui est un cas très fréquent, ne faut-il pas que cette augmentation soit prise quelque part? — Nullement ! elle peut se trouver compensée par une dimi- nution des profits ou par une réduction du coût de produc- tion : rien n’a fait plus progresser le machinisme que les grèves. La conciliation et l’arbitrage. Puisque les conflits internationaux, qui autrefois ont provo- qué des guerres incessantes, tendent aujourd’hui à être réso- lus par la conciliation et l’arbitrage déjà dans un assez grand nombre de cas — pourquoi de même dans les conflits entre le capital et le travail, à la solution brutale par la grève, c’est-à-dire au droit du plus fort, n’essaierait-on pas de subs- tituer la même institution ? Et, en effet, c’est bien à cela qu'on travaille par tout pays. Il faut soigneusement distinguer la conciliation et l'arbi- trage. Ces deux institutions, quoique ayant souvent les mêmes organes, diffèrent par des caractères essentiels : a) Par le moment où elles fonctionnent. La conciliation agit avant que le conflit n’éclate et afin de le prévenir. L’ar- bitrage n’intervient généralement qu’après que le conflit a assez duré et afin de le résoudre ; b) Par la procédure. Dans la conciliation, les deux parties sont en présence pour causer et s'efforcent de se convaincre l’une l’autre. Dans l’arbitrage, il y a toujours un tiers pris en dehors des parties : c’est l’arbitre, et c’est celui-ci que cha- cune des parties s'efforce de convaincre, comme les plaideurs le juge ; c) Mais surtout par leurs résultats. Dans la conciliation, les 58, y