LES SALARIÉS sent du moins, que cette réduction de la journée de travail ait été compensée par une augmentation du rendement horaire. Les ouvriers n’ont même nullement admis la nèces- sité de cette compensation. Ils rejettent la responsabilité de diminution du rendement sur les défectuosités de l’organi- tion et les insuflisances de l’outillage. $ 2. Garantie d’un minimum légal de salaire. C’est là une mesure réclamée instamment non seulement par les socialistes mais même par bon nombre de catho- liques sociaux. On pourrait dire en effet qu’il n'est pas plus exorbitant de fixer un taux minimum du salaire qu’un taux maximum de l’intérêt. Mais le danger d’un salaire minimum c’est que s’il est fixé trop bas, il est à craindre qu’il ne ramène à son niveau la moyenne des salaires; et s’il est fixé trop haut, l’autre danger c’est qu’il ne détermine les patrons à ne plus embaucher que les ouvriers dont le travail vaudra plus que ce minimum et à refuser tous les autres, en sorte que tous les mauvais ouvriers, ou novices, ou trop âgés, ou infirmes, ou maladroits, qui aujourd’hui gagnent tout de même leur vie en touchant un médiocre salaire pour un médiocre tra- vail, dorénavant ne trouveront plus d’emploi et tomberont à la charge de l’assistance publique. Cela est si vrai que les législations australiennes ont dû autoriser les salaires au- dessous du taux légal pour les « demi-ouvriers ». Néanmoins, on peut répondre à cette objection que mieux vaudrait peut- être un régime social où les capables toucheraient de bons salaires et où les incapables seraient simplement assistés qu’un régime comme celui d’aujourd’hui où la concurrence des mauvais ouvriers fait trop souvent tomber à leur niveau le salaire des bons ouvriers. Nonobstant ces difficultés, en plusieurs pays on a fait un pas dans cette voie, en Australie, en Angleterre. Toutefois il ne s’agit pas d’un salaire minimum général inscrit dans la loi, mais d’une tarification des salaires dans certaines 599