<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0">
  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>Principes d'économie politique</title>
        <author>
          <persName>
            <forname>Charles</forname>
            <surname>Gide</surname>
          </persName>
        </author>
      </titleStmt>
      <publicationStmt />
      <sourceDesc>
        <bibl>
          <msIdentifier>
            <idno>1737995603</idno>
          </msIdentifier>
        </bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <div>; PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE 
verre d’eau, au sens économique du mot, est une richesse (1). 
Toutes les choses qui nous entourent, animaux, végétaux, 
corps bruts, ne la possèdent pas, tant s’en faut ! 
Pour qu’une chose soit utile. il faut trois conditions : 
1° Il faut qu’il existe une certaine relation entre les qualités 
quelconques d’une chose et l’un de nos besoins. Si le pain 
est utile, c’est, d’une part, que nous avons besoin de nous 
nourrir, et, d’autre part, que le blé contient justement les 
éléments éminemment propres à notre alimentation. Si le 
diamant est très recherché, c’est qu’il est dans la nature de 
l’homme, comme d’ailleurs dans celle de certains animaux, 
d'éprouver du plaisir à contempler ce qui brille et que le 
diamant, à raison de son pouvoir réfringent, supérieur à 
celui de tout autre corps connu, possède précisément la 
propriété de jeter des feux incomparables. 
Remarquez bien que des deux termes de ce rapport, c’est 
l’homme et non la chose qui est de beaucoup le plus impor- 
tant pour l’économiste. On pourrait croire le contraire : on 
pourrait croire que la satisfaction que nous attendons tient 
à certaines propriétés des choses, que l’utilité de l’or est de 
même nature que son poids ou son éclat et son inoxydabilité, 
que l'utilité doit être attachée aux objets comme une qualité 
sensible. Nullement : la preuve, c’est que cette correspon- 
dance de la chose à nos besoins n’est pas toujours due à la 
nature : elle peut être imposée par les usages sociaux, par la 
mode, ou par les croyances. Des reliques plus ou moins 
authentiques ont été pendant bien des siècles, et sont encore 
aujourd'hui, dans certains pays, considérées comme des 
richesses incomparables‘à raison des vertus qu’on leur prête. 
Il ne manque pas d'eaux minérales et de produits pharma- 
ceutiques qui sont très recherchés, quoique leurs propriétés 
curatives soient loin d’être démontrées. Costumes qu’on ne 
porte plus, livres qu’on ne lit plus, tableaux qu’on n’admire 
(1) Toutefois le mot de richesse dans le langage courant étant pris comme 
synonyme de valeur, peut-être vaudrait-il mieux employer le mot de « bien ». 
6h en latin, goods en anglais, ce qui est bon). 
AR</div>
    </body>
  </text>
</TEI>
