<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0">
  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>Principes d'économie politique</title>
        <author>
          <persName>
            <forname>Charles</forname>
            <surname>Gide</surname>
          </persName>
        </author>
      </titleStmt>
      <publicationStmt />
      <sourceDesc>
        <bibl>
          <msIdentifier>
            <idno>1737995603</idno>
          </msIdentifier>
        </bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <div>LES MODES SOCIALISTES 475 
maître et travailler pour son propre compte — soit ! mais ce 
n’est qu’une question de mots 1). Dans la société coopérative 
de consommation, que l’on nous présente souvent comme une 
anticipation sur petite échelle de la future grande société 
collectiviste, les ouvriers et employés se considèrent parfai- 
tement comme des salariés et même font grève à l’occasion. 
Le syndicalisme. 
Le syndicalisme est moins une doctrine qu’un « mouve- 
ment », comme disent les Anglais; ou, si on veut y voir une 
doctrine, alors elle doit être classée dans le pragmatisme, si 
à la mode aujourd’hui, philosophie qui cherche la vérité 
dans l’action pratique. On a voulu présenter le syndicalisme 
comme une déduction et une réalisation de la doctrine 
marxiste, un néo-marxisme — mais, en ce cas, elle est incons- 
ciente de la part des syndicalistes dont bien peu sans doute 
ont lu Karl Marx, et ce sont des intellectuels qui leur ont 
révélé cette filiation. A bien des égards c’est plutôt de 
l’anarchisme que se sont inspirés les militants du syndica- 
lisme. Voici, d’ailleurs, les caractères essentiels qui l’appa- 
rentent ou le différencient de ces deux écoles. 
1° Le syndicalisme est un socialisme exclusivement ouvrier. 
C’est en ceci qu’ik peut être considéré comme dérivé du 
rmarxisme, car nous avons fait remarquer que ce qui avait 
fait la force du socialisme-marxisme (ou social-démocrate, 
comme disent les Allemands) c’est de s'être fait l’organe des 
(1) La question de la rémunération du travail (pour ne pas dire le salaire) 
sous le régime collectiviste, n'apparait pas comme facile à résoudre. 
On a cherché souvent (Thompson, Owen, Rodbertus, etc., voir surtout 
Georges Renard, Le Régime socialiste) un mécanisme destiné à assurer d'une 
façon automatique la on proportionnelle du travail. 
, Mais, en fait de mécanisme automatique, on ne peut guère en imaginer 
d'autre que la loi de l'offre et de la demande. Et le néo-marxisme le reconnait 
lui-même aujourd'hui. 
Le 
-.</div>
    </body>
  </text>
</TEI>
