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        <title>Principes d'économie politique</title>
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      <div>L'ÉPARGNE 4 
comme la seule source de la fortune et, pour la classe 
ouvrière, comme le seut moyen d’améliorer son sort. 
Au contraire, l'opinion publique s’est montrée toujours 
assez peu sympathique à l'épargne et mème des esprits 
supérieurs, comme Montesquieu, ont pu écrire : « Si les 
riches ne dépensent pas beaucoup, les pauvres meurent de 
faim. » 
On concilie généralement ces deux thèses en disant que 
c’est aux pauvres à épargner et aux riches à dépenser. Mais 
on comprend que ce double conseil — qui pour l’ouvrier fait 
un devoir de la privation, et pour le capitaliste un devoir de 
la jouissance — ne soit pas sans irriter le premier. Il nous 
paraît d’ailleurs peu fondé, mème en restant sur le terrain 
économique, et nous serions plutôt disposé à l’intervertir. 
En ce qui concerne les classes à qui on prêche l'épargne, 
nous ne dirons pas que pour elles l'épargne est impossible, 
car elle est toujours possible, mème pour le pauvre : l’élas- 
ticité des besoins de l’homme est merveilleuse et, de même 
qu’ils sont indéfiniment extensibles, ils sont aussi indéfini- 
ment compressibles. D'ailleurs, puisque la classe ouvrière 
trouve moyen de dépenser lamentablement des milliards en 
petits verres d’eau-de-vie et en pipes de tabac, il est clair 
qu’elle pourrait les épargner si elle le voulait et qu’elle ferait 
beaucoup mieux, 
Si néanmoins les conseils d’épargne donnés avec tant 
de morgue aux classes pauvres ne nous paraissent pas 
toujours justifiés, c’est parce que toutes les fois que 
l'épargne est prélevée sur le nécessaire ou même sur les 
besoins légitimes, elle est plutôt funeste qu’utile. Il est 
absurde de sacrifier le présent à l’avenir toutes les fois que 
le sacrifice du présent est de nature à compromettre l’avenir. 
Toute dépense privée ou publique qui a pour résultat un 
développement physique ou intellectuel de l'homme doit 
être approuvée sans hésiter, non seulement comme bonne 
en soi mais comme préférable même à l'épargne. Une ali- 
mentation fortifiante, de bons vêtements, un logement 
salubre, un mobilier confortable, des soins médicaux el 
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