15 tation de produits laitiers, et le Canada, aujourd’hui le plus grand pays exportateur de blé — que les coopératives agricoles de vente ont pris leur plus grande extension. CANADA En raison de sa population relativement petite, le Canada doit vendre à l’étranger environ 70 pour cent de sa production en blé. La grande distance qui sépare les régions de production des ports et des marchés a rendu nécessaire un appareil extrêmement perfectionné de moyens de transport, d’entreposage, de relations commerciales et bancaires. Cet appareil s’est développé tant sous l’influence des besoins mêmes du trafic que sous la pression des fermiers. Ceux-ci eurent à combattre pied à pied contre les intérêts coalisés des chemins de fer et des compagnies d’élévateurs et à s'assurer des facilités d’entreposage et une route libre vers les mârchés. Leur lutte peut se diviser en trois périodes, les fermiers ayant passé successivement de l’action législative à l’organisation de coopératives d’«elevators », et, enfin, dans ces dernières années, à l’organisation de coopératives de vente. 10 La première période de lutte et de revendication aboutit, en 1899, à la nomination d’une Commission Royale. Le rapport de la Commission et la pression continue des fermiers déterminèrent l’adoption en 1900 du «Manitoba Grain Act », qui fut amendé par la suite et complètement revisé en 1912 sous le titre de « Canada Grain Act ». Le principal but de cette législation était de permettre aux fermiers d’échapper à la contrainte des companies d’élevateurs. La réglementation édictée leur assurait la possibilité de faire leurs expéditions jusqu’au marché «terminal », et réglementait les conditions dans lesquelles devaient s’effectuer les opérations de classement, d’échantillonnage et de transfert des blés expédiés. 20 Les progrès que cette législation assura ne suffirent pas à apaiser le mécontentement des fermiers. Leurs associations se développèrent dans les trois provinces des prairies d’Alberta, Manitoba et Saskatchewan et réclamèrent des grouvernements de ces provinces la construction d’«elevators» publics. Le gouvernement du Manitoba céda à cette pression, et fit voter en 1910 un « Act » l’autorisant à acquérir des élévateurs et à les faire gérer par un office de trois commissaires. Le gouvernement du Manitoba acquit ainsi 175 élévateurs, mais au bout de deux années il abandonna l’entréprise et préféra louer ses élévateurs à la Grain Growers Ltd, qui avait été constituée entre temps par les fermiers. La Grain Growers Ltd. fusionna en 1917 avec une coopérative du même type constituée en 1913 dans la province d’Alberta. Dans la province du Saskatchewan le gouvernement recommanda au lieu et place des élévateurs publics l’organisation d’une société dirigée par les fermiers. Il ouvrit une avance, égale à 85 pour cent du coût de construction des élévateurs jugés nécessaires, à la condition que les fermiers souscriraient le surplus. C’est ainsi que fut constituée en 1911 la Saskatchewan Co-operative Elevators Company. Entre 1900 et 1910, un nombre considérable d’élévateurs coopératifs locaux