16 furent construits, mais ils furent pour la plupart graduellement absorbés soit par la Saskatchewan Co-operative Elevators Company, soit par la Grain Growers Ltd. Dans l’espace de quelques années, ces deux grandes sociétés dirigées par les fermiers prirent la première place parmi les entreprises engagées dans l’entreposage et le commerce du blé. En 1925, la Saskatchewan Co-operative Elevators Company possédait 452 «elevators » locaux et à Fort William-Port Arthur des «terminal elevators » d’une capacité totale de 15.175.000 boisseaux, représentant un quart de la capacité totale des «terminal elevators » dans lesquels se trouve rassemblée avant son exportation la plus grande partie de la production du blé du Canada. La Saskatchewan Co-operative Elevators Company a récemment cédé l’ensemble de son installation aux coopératives de vente («wheat pools »), dont le déve- loppement caractérise la période actuelle de l’organisation des fermiers du Canada. 3e Durant la guerre toute l’organisation de l’écoulement du blé du Canada passa dans les mains de deux organismes, la «Wheat Export Company », et les «Board of Grain Supervisors ». La « Wheat Export Co. » agissait au nom du Gou- vernement britannique et des Gouvernements alliés, et était par suite essentielle- ment un organisme de consommateurs. D’autre part, le «Board of Grain Super- visors », composé des principaux membres du « Winnipeg Grain Exchange » (Bourse du blé) et de représentants des fermiers et des gouvernements des différentes provinces, réglait le mouvement du blé à l’intérieur du pays, et fixait les prix sur lesquels pouvaient s’accorder à la fois les fermiers et la Wheat Export Co. Après la disparition de cette organisation dualiste en juillet 1919, un nouveau Wheat Board fut établi sous l’autorité du Gouvernement du Dominion pour écouler la récolte de 1919. Les récoltes suivantes furent écoulées par les voies ordinaires du commerce, mais l’effondrement des prix du blé en 1920-1921 détermina les fermiers à réclamer le rétablissement du Wheat Board. Leur demande ayant été refusée, ils cherchèrent d’autres moyens, et se rallièrent en 1923 à l’idée de l’orga- nisation de « voluntary boards ». C’est ainsi que se créèrent, en 1923 dans la pro- vince d’Alberta et en 1924 dans les provinces du Manitoba et du Saskatchewan, des coopératives de vente basées sur le principe du «pooling» que nous avons décrit plus haut. Les trois coopératives provinciales constituèrent ensuite entre elles une agence commune sous le nom de « Canadian Co-operative Wheat Pro- ducers, Ltd. ». Le nombre des fermiers ainsi groupés autour d’une agence commune de vente par l’intermédiaire des coopératives provinciales, elles-mêmes subdivisées en associations locales, s’élève actuellement à 127.200. Les fermiers associés et engagés par des contrats de cinq années à livrer la totalité de leur production à l’organisation commune de vente, représentaient une superficie cultivée en blé de 10.018.756 acres en 1924 et de 14.091.308 acres en 1925, soit respectivement 50% en 1923 et 67% en 1924, de la superficie cultivée en blé dans l’ensemble des trois provinces des prairies. Les quantités de blé écoulées par l’agence commune se sont élevées à 81.700.000 boisseaux pour la récolte de 1924 (soit 22 millions de quintaux) et à 187.500.000 boisseaux pour la récolte de 1925 (soit près de