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        <title>Le Rapport du cout du Travail agricole au cout total de la production dans l'agriculture</title>
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        C. E. l. 27.
SOCIÉTÉ DES NATIONS — BUREAU INTERNATIONAL DU TRAVAIL
CONFÉRENCE ÉCONOMIQUE
INTERNATIONALE
Genève, le 4 mai 1927
DOCUMENTATION
LE RAPPORT DU COÛT DU TRAVAIL AGRICOLE
AU COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION DANS
L’AGRICULTURE
GENÈVE, 1926
        <pb n="2" />
        14
1804
        <pb n="3" />
        INTRODUCTION

Pages
I. INTRODUCTION . . ; 5

II. LES DIFFICULTÉS DUES A L'EMPLOI SIMULTANÉ DE MÉTHODES DIFFÉ-
RENTES . . : 6

III. LE REVENU OU RENDEMENT NET. DE L'AGRICULTURE ET LES FRAIS
AGRICOLES. . . . 9
IV. DÉFINITION DES FRAIS — PRODUITS CONSOMMÉS SUR PLACE. . 13

V. DÉFINITION DES FRAIS (suite) — L'INTÉRÊT DU CAPITAL — LE LOYER
—- LEUR RAPPORT AU RENDEMENT NET. . . . . 15
VI. DÉFINITION ET RÉMUNÉRATION DU TRAVAIL. . . ei Ÿ5
VII. ConcLUSIONS . . 19
VIII. LE DEGRÉ D’EXACTITUDE DES MOYENNES CITÉES 20
Allemagne. . . 21

Australie :

Etat de l’Australie-méridionale 5 33
Canada...» es qusere 24
Danemark. . . . . ; : 7
Etats-Unis. . . . re ; 33
France . 36
Grande-Bretagne:

Angleterre. . . 45

Ecosse . . . ; 54
Irlande (Etat libre d'y, +. +. , 58
italie... 7m. ; mere | 50
Pays-Bas . . .… ; ; BE. ml 64
Pologne . . +50 rucrnoeuD 0 RFI a 65
Suède. . . .- ee, 65
Suisse. . 7
        <pb n="4" />
        <pb n="5" />
        A
LE RAPPORT DU COUT DU TRAVAIL AGRICOLE
,
AU COUT TOTAL DE LA PRODUCTION DANS
L’AGRICULTURE
I. INTRODUCTION

Le présent mémoire a pour objet — étant donné l’existence des trois facteurs
productifs en matière d’agriculture, communément désignés sous le nom de terrain,
capital et travail — de déterminer la part du coût du travail dans le coût total de
la production agricole.

Il importe, en premier lieu, de remarquer que le rapport de l'un quelconque
des facteurs aux deux autres se modifie constamment — variant dans une mesure
qui déconcerte les exploitants, au point que ceux-ci savent à peine, à un moment
donné, si le coût du travail demeure rationnel en regard des autres frais de leur
production.

Cette variation est inévitable parce que l’offre de terrain, de capital et de
main-d’œuvre n’est ni illimitée ni régulière, ce qui revient à dire: 1° que les terrains
d’exploitation présentent de très grandes différences en qualité et en superficie ;
20 que le montant des capitaux disponibles varie très largement (la pénurie de
capital a une répercussion profonde sur la main-d’œuvre agricole), et, 3° que les
travailleurs, que l’on peut se procurer, diffèrent grandement en nombre et en valeur
professionnelle. Tous les fermiers connaissent ces fluctuations, et c’est même en
utilisant adroitement et avec promptitude celles-ci qu’ils réalisent les profits de
leur exploitation. Le revers de la médaille est une incertitude considérable quant
au flux et au reflux de ces oscillations, et partant — ainsi que nous l’avons dit —
une obscurité très grande sur le point de savoir si la conduite générale de l’exploi-
tation est orientée dans la bonne direction.

L’exploitation agricole se trouverait, à là vérité, plongée dans le chaos si
l’on n’avait pas, pour se guider, certaines directives coutumières. Chaque pays
possède sa propre coordination, large et naturelle, des trois facteurs de la produc-
tion agricole: coordination fondée sur des causes géographiques et historiques.
Ce sont ces formules nationales, d’une modification difficile, qui régissent, dans
une large mesure, à l’intérieur de chaque pays, le coût du travail en agriculture.

Quoi qu’il en soit, l’incertitude est une des caractéristiques marquées du coût
de la production agricole, Le fermier a une idée beaucoup moins précise que
        <pb n="6" />
        6 —

l’industriel de ce qu’est ou de ce que sera son coût de production. Si nous ajoutons
à cela que l’agriculteur a également une idée bien moins exacte de ce que sera
sa production — étant donné les causes et influences naturelles qui échappent
à son action — on comprendra aisément pourquoi l’économie agricole est, pour
le fermier, une source d’inquiétude constante. Cette inquiétude devient plus
accentuée dans des temps de crise, telle que fut, par exemple, la période d’après-
guerre, au cours de laquelle l’inquiétude dégénéra presque en panique.

Mais quelle que soit l’importance que ces considérations peuvent présenter
pour le producteur, elles n’en intéressent pas moins très vivement la société dans
son ensemble. Il est évident, en effet, que la société doit assurer son propre ravi-
taillement; il est non moins évident (ou il devrait l’être) que la société doit pour-
voir à cet approvisionnement sur la base de la justice sociale à l’égard de ceux
de ses membres qui contribuent à la production des denrées alimentaires. Pour
cela, une connaissance des faits est indispensable, car, sans elle, il ne peut y avoir
de répartition équitable des frais et des profits.

La présente étude a été préparée par le Bureau international du Travail,
pour la Conférence économique internationale, en exécution d'instructions données
par la sous-commission d’agriculture du Comité préparatoire de cette Conférence.
II. LES DIFFICULTÉS DUES A L'EMPLOI SIMULTANÉ DE MÉTHODES

DIFFÉRENTES
Les facteurs déterminants du coût de la main-d’œuvre agricole sont encore
peu connus. Le présent mémoire se propose uniquement d’étudier une très modeste
série de données recueillies dans différents pays. L'enquête à laquelle il a été procédé
a été strictement limitée à la détermination de quelques faits, c’est-à-dire que
nous nous sommes abstenus de toute discussion de la notion de justice sociale.

Il pourra être utile de donner, en premier lieu, certaines indications sur les
différentes méthodes employées pour la réunion des données. Les réserves qui
s’imposent en raison même de ces méthodes apparaîtront si manifestement à la
lecture du rapport qu’il est à peine nécessaire de les formuler.

Les méthodes de centralisation des données agricoles sont au nombre de
trois: la méthode du recensement, celle de la comptabilité et celle de l’enquête
spéciale. La méthode du recensement consiste à recueillir le plus grand nombre
possible de données sur la population agricole, les conditions de la propriété fon-
cière, les frais totaux de production et le coût des salaires agricoles, puis tous ces
chiffres ayant été classés, par exemple par catégories d’exploitation, à procéder
aux opérations arithmétiques nécessaires pour obtenir des moyennes du coût du
travail agricole, soit par unité d’étendue cultivée, soit par ouvrier, soit par rapport
au coût total de la production. Cette méthode présente l’avantage de porter sur
le plus grand nombre possible de données. Elle présente l’inconvénient que, dans
l’élaboration de ces données, le rôle des services centraux de statistique est très
        <pb n="7" />
        En
cousidérable et que, quelles que soient l’expérience et la compétence de ces
services, le fait même qu’ils vivent loin de la matière examinée peut rendre
leurs évaluations assez arbitraires, surtout quand elles sont très générali-
satrices.

La méthode de la comptabilité est, par contre, extrêmement sûre. Dans un
but pratique, un certain nombre de fermes situées dans différents pays ont l’habi-
tude de tenir leur comptabilité et, fréquemment, elles emploient dans ce but des
comptables de profession. Cette méthode est incontestablement supérieure à
toutes les autres du point de vue de l’exactitude des informations recueillies.
Malheureusement, elle n’est employée que dans un très petit nombre de pays et
de fermes. En outre, le Bureau international du Travail n’a évidemment pas eu
la possibilité d’examiner les différentes comptabilités de ces fermes. Il a dû se
contenter soit des publications parues sur ce sujet, soit des études manuscrites
qu’ont bien voulu lui communiquer les offices centraux de comptabilité et certaines
autres institutions. Un grand nombre de ces travaux font incontestablement
autorité et constituent une documentation de haute valeur, mais malheureuse-
ment les institutions auxquelles elles sont dues n’ont pas toutes employé les mêmes
méthodes!. Enfin, la méthode de la comptabilité (ou de la comptabilité analytique)
présente un inconvénient spécial qui lui est particulier: elle n’est pas tout à fait
représentative de la situation générale de l’agriculture dans le pays où elle est
appliquée. Tenir une comptabilité agricole est, en effet, une opération générale-
ment assez onéreuse qui ne peut être imposée. Les très grandes fermes ont seules
le moyen de s’assurer les services d’un comptable. Dans les exploitations moins
importantes, le fermier, déjà très occupé, est obligé soit de tenir lui-même ses
livres, ce qui exige certaines connaissances, soit de demander à la Société
d'agriculture de l’endroit de les tenir pour lui. Il est vrai que, parfois, un univer-
sitaire procédant à une enquête scientifique, ou un service d’Etat, lui demande
l’autorisation de tenir cette comptabilité, en vue de l’utiliser pour une étude
sociale. Mais, cependant, on peut admettre que seules les fermes les mieux exploi-
tées se soumettront à cette méthode. A cet égard, l’agriculture fait un contraste
frappant avec le petit commerce, car la presque totalité des petites entreprises
commerciales tiennent des livres et, dans certains pays, elles y sont même obligées
par la loi. Dans l’agriculture, la ténue de livres et la comptabilité — la comp-
tabilité analytique en particulier — en sont encore à la phase expérimentale.
Il convient de noter à ce sujet que, dans l’industrie manufacturière, la comptabilité
analytique est prospective et exerce par là même une influence immédiate et
fondamentale sur la politique de l’entrepreneur, à qui elle permet de fixer le prix
des produits qu’il désire vendre. Dans l’agriculture, au contraire, elle est restée
jusqu’à ce jour presque entièrement rétrospective, et détermine le plus souvent

. } Il serait à souhaiter qu’un accord international pût être conclu sur certains points
très discutés. Peut-être cet espoir n’est-il pas irréalisable. Au Danemark et en Suède, les
autorités connaissant des questions de comptabilité agricole ont conclu, il y a quelques années,
un accord sur des questions générales de méthode.
        <pb n="8" />
        8 ren

le coût des marchandises produites et vendues !. À première vue, son utilité directe
ne paraît pas considérable ?, et un fermier n’atteignant pas un certain niveau
d'intelligence et d’instruction ne peut l’apprécier. La conséquence, ainsi que
nous l’avons mentionné plus haut, c’est que, dans les pays surtout où la tenue
de livres est une pratique récente, elle est introduite uniquement dans les fermes
les mieux exploitées et repoussée par les autres, même lorsque des étrangers offrent
de s’en charger à titre bénévoles.

On peut donc dire que, dans tous les pays, les comptabilités agricoles sont
une analyse des livres tenus par un type d’exploitation assez déterminé: la ferme
la plus moderne et la plus progressive. Même au Danemark, où les exploitations
tenant des livres sont relativement nombreuses, les résultats obtenus au moyen
de cette méthode représentent manifestement une agriculture un peu supérieure
au niveau moyen du pays dans son ensemble. On constate, en effet, que dans les
fermes étudiées les moyennes de la production agricole par hectare sont supérieures
aux moyennes calculées pour l’ensemble du pays. S’il en est ainsi au Danemark,
il doit en être de même, selon toute probabilité, dans les autres pays également.

La méthode de l’enquête participe à la fois du caractère de la méthode du
recensement et de celui de la méthode de la comptabilité. Des enquêtes spéciales,
portant sur un point déterminé d’économie agricole, et le plus souvent confiées
à un service ou à un fonctionnaire public, sont entreprises dans une série de fermes
fréquemment situées dans un district ou dans une région déterminés. Les résultats
obtenus par ce moyen rappellent, sur une moins vaste échelle, ceux de la méthode
du recensement. Mais, d’autre part, comme ils sont fréquemment subordonnés
à l’examen des livres et de la'situation financière générale des fermes étudiées,
on peut dire également que la méthode de l’enquête équivaut à une méthode rapide
de comptabilité. Toutefois, la méthode de l’enquête diffère essentiellement de la
véritable méthode de la comptabilité en ceci, qu’elle ne se propose jamais ni de
tenir les livres de ferme ni de balancer les comptes de chaque ferme étudiée. En
règle générale, les enquêtes n’ont pas pour but d’apporter une aide immédiate
au fermier. Elles ont plutôt le caractère d’études sociales et, à ce titre, elles auraient
dû permettre de réunir une importante documentation susceptible d’être utilisée
pour la présente étude. Malheureusement, le nombre de celles qui ont fourni des
données sur le coût du travail dans l’agriculture est peu élevé.

* Scottish Journal of Agriculture, juillet 1926, p. 260. Toutefois, la comptabilité
analytique pourrait devenir prospective dans l’agriculture également et, en fait, elle
l’est presque devenue dans cértaines branches de la production animale (qui n’est pas
soumise, comme la production végétale, à des perturbations imprévues dues à des facteurs
climatiques), comme l’élevage du porc au Danemark. ;

? La plupart des fermiers se font une idée assez exacte des conséquences immédiates
d’une modification des méthodes agricoles. Ce sont les conséquences finales et surtout l’in-
terdépendance des différentes branches de l’agriculture qui leur échappent.

3 On trouvera dans Les offices de comptabilité agricole dans les divers pays (publication
de l’INSTITUT INTERNATIONAL D’AGRICULTURE, Rome, 1924, 509 pp.) une liste de ces offices,
datant évidemment de la date de publication de cet ouvrage. En ce qui concerne la base théo-
rique de la comptabilité agricole, voir E. LAUR: Grundlagen und Methoden der Bewertung,
Buchhaltung und Kalkulation in der Landwirtschaft, 2me édition; Berlin, Parey; 600 pp.
        <pb n="9" />
        — Q-—

Quels que soient les avantages ou inconvénients de ces différentes méthodes,
la comparaison des données qu’elles ont permis de recueillir est, sinon impossible,
du moins manifestement difficile. Si nous ajoutons aux considérations qui pré-
cèdent que les comparaisons internationales comportent toujours un élément
d’incertitude du fait des idiosyncrasies nationales, nous obtenons une première
liste assez importante de difficultés à surmonter. Il est certain que, dans quelques
pays, l’agriculture tend à se spécialiser. Le coût du travail agricole dans un pays
d'agriculture moyenne et de petite agriculture fournissant surtout des produits
pour l'exportation, comme le Danemark, saurait difficilement se comparer à celui
d’un pays où les conditions de l’industrie agricole ne sont pas les mêmes et, d'autre
part, il n’est pas facile de trouver deux pays présentant une identité suffisante
de tous les facteurs réellement importants. Même en tenant compte uniquement
des groupements de fermes qui paraissent réellement comparables, la difficulté
ne sera pas entièrement résolue. Car chacun de ces groupements subira la loi
de la « formule nationale » dont nous parlions plus haut. C’est la formule nationale
qui régit en dernier ressort la combinaison des différents éléments économiques
nationaux. Les facteurs, tels que l’offre de capitaux, le taux du crédit, la densité
de la population (dont dépend le prix de la main-d’œuvre), ete, n’obéissent pas
uniquement aux lois agricoles, mais sont encore soumis à des lois nationales géné-
rales. Il est certain qu’à la longue les comparaisons internationales deviendront
possibles et qu’elles seront désirables, mais leur exactitude dépendra du degré de
comparabilité d’un grand nombre de points de détails que nous examinons plus loin.

INI- LE REVENU OU RENDEMENT NET DE L'AGRICULTURE
ET LES FRAIS AGRICOLES

La notion du «rendement net », ou revenu de l’agriculture, est celle dont la

définition s'impose en premier lieu en économie agricole 1.
* Une bonne définition, due à l'Italie, est celle conformément à laquelle le ren-
dement net s'obtient en «soustrayant de la valeur de la production brute toutes
les valeurs qu’il a fallu consommer pour obtenir cette production brute »?. Au
nombre de ces valeurs figure évidemment en premier lieu celle des semences,
engrais, fourrages et autres produits similaires, de même que toute’ dépréciation
pouvant être considérée comme une valeur consommée. Ces produits sont ceux
dont la société a dû faire l'avance pour que le processus de production puisse être
mis en œuvre. Il est donc nécessaire de les déduire du résultat final pour obtenir
la partie de la production brute pouvant être considérée comme une valeur. Lorsque
cette opération a été effectuée, on obtient le «rendement net » que la société peut
dépenser ou amasser. C’est pourquoi l’on définit parfois le rendement net comme
étant la somme des dépenses et des épargnes de l’annéeS.

! Au sujet de l’importance du rendement net comme revenu total de tous les partici-
pants à la production, voir Asuay: « Standards of Production in Scottish Agriculture », dans
le Scottish Journal of Agriculture, octobre 1923. OURS

: LassiNagEs voir plus loin la section consacrée à l’Italie (p. 60).
        <pb n="10" />
        10.

Toutefois, on peut admettre également que le rendement net représente non
le revenu rapporté par l’agriculture à la société dans son ensemble, mais celui
qu’elle rapporte aux agriculteurs. Cette conception est plus étroite que la première,
mais peut-être plus pratique et c’est celle qui est le plus communément adoptée.
On déduit alors du rendement net les impôts et taxes et l’intérêt sur les emprunts
extérieurs, qui sont un élément du revenu rapporté par l’agriculture à la société
en général, la collectivité ou le banquier n'ayant aucune part dans le rendement
net ou revenu lorsqu’il s’entend dans ce sens plus étroit !. Dans la terminologie
anglaise, le rendement net conçu dans ce sens est parfois désigné sous le nom de
«net return ». Toutefois, les expressions « net output » et «net production » sont
employées de manière si générale pour désigner les éléments dont se compose le
«net return » qu’il a été impossible de maintenir cette distinction tout au long
de l’édition anglaise de ce mémoire.

Enfin, on peut adopter une troisième définition conformément à laquelle le
rendement net est le revenu rapporté par l’agriculture à un seul facteur de l’in-
dustrie agricole: le fermier ou exploitant. Cette notion est encore plus étroite que
la précédente. Pour obtenir ce qui constitue le rendement net du point de vue
du fermier, on est obligé de soustraire de la production brute, toutes les valeurs
absorbées, y compris la location du terrain que lui fournit son propriétaire et
celle de la main-d’œuvre que lui fournissent ses ouvriers. Ces services sont, pour
le fermier, des frais qu’il doit soustraire de la production brute pour obtenir le
rendement net. Le processus d’élimination peut être poussé à son extrême limite
et le travail personnel du fermier (travail manuel et travail de direction) considéré
également comme un élément des «frais ». La notion de production nette est
alors presque ramenée à la notion étroite des profits commerciaux.

Telles sont, en somme, les trois principales conceptions du rendement net
de l’agriculture. Ces conceptions varient évidemment selon les intérêts en cause 2.

Il existe également des conceptions intermédiaires sur lesquelles nous ne nous
attarderons pas, car elles ne sont que des formes plus subtiles des trois conceptions
exposées ci-dessus. Les deux plus intéressantes sont celle du revenu de la ferme
et celle du revenu de l’exploitation. Ces expressions ne sont pas absolument claires
et pourraient être modifiées. Elles peuvent prêter à confusion, ce qui n’est pas
sans importance, car les deux conceptions se rapprochent étroitement. Le « revenu
de la ferme » est le revenu rapporté par la ferme à tous ceux qui la possèdent et
l’exploitent; le «revenu de l’exploitation » est celui rapporté à tous ceux qui ex-
ploitent et travaillent. Le premier concerne le propriétaire parce qu’il possède
la ferme, mais ne concerne pas le travailleur, étant donné que celui-ci n’est ni

* Conformément à la définition adoptée par AsuBy, le «net return » est représenté
par le rendement net moins la dépréciation du capital, étant admis que la « net production »
ne tient pas compte de ce facteur.

? Actuellement, la plupart des auteurs préfèrent la deuxième conception conformément
à laquelle le rendement net représente le revenu touché par les agriculteurs en leur qualité
d’agriculteurs. Pour les fins que se propose notre mémoire, cette conception est certainement
la plus Pratique et nous l’avons autant que possible adoptée en parlant de la répartition
        <pb n="11" />
        = 11 —

propriétaire, ni exploitant. Le deuxième concerne le travailleur mais ne concerne
pas le propriétaire, parce qu’il ne travaille pas. L’exploitant fait partie des deux
groupements. Toutefois, ces deux conceptions du rendement net sont assez
spéciales. La différence entre le revenu de la ferme et le revenu du travail a été
exposée de manière fort intéressante par un auteur italien !. La conception du
revenu de l’exploitation a été adoptée dans certaines analyses irlandaises et
anglaises. Les expressions «revenu du capital » et «revenu du travail » sont assez
claires pour qu’il ne soit pas nécessaire de les expliquer ici, mais il convient de noter
que l’expression «revenu du travail » a une signification spéciale dans les ouvrages
américains ?.

Nous avons dit plus haut que le rendement net est l’excédent de la production
brute sur les valeurs absorbées pour obtenir cette production brute. Ces valeurs
représentent les «frais ». Il en résulte que les éléments «frais » et le rendement
net sont toujours donnés comme des éléments opposés. Un facteur représentant,
de par sa définition, un élément des frais, ne peut faire partie du rendement net
et de même un facteur faisant partie du rendement net, de par sa définition, ne
peut être considéré comme un élément des frais. I serait sans intérêt d’étudier
ici les différentes combinaisons d’éléments qui permettent d'obtenir les «frais »
correspondant aux différentes conceptions du rendement net que nous avons
exposées plus haut. On comprend facilement, en effet, que les frais sont d’autant
plus importants que la conception du rendement net est plus étroite et inverse-
ment. À toute définition du rendement net correspond une définition particulière
des frais. La somme des frais et de la production nette est égale à la production
brute.

Il résulte de ce qui précède que certains éléments ne sont pas invariablement
attribués au rendement net ou aux frais. Pourtant cette règle ne s'applique pas
à tous les éléments. Les profits, au sens commercial, font toujours partie du ren-
dement net et certains produits comme les semences, les engrais, etc, rentrent
toujours dans les frais. Par contre, les impôts et taxes?, le loyer, l’intérêt sur le
capital agricole et d’autres éléments similaires ont un caractère tout à fait différent.
Les impôts, par exemple, sont un élément des frais pour l’exploitant, mais peuvent
être considérés tout à fait légitimement comme rentrant dans les « profits publies »
que la collectivité retire de l’industrie agricole. Le loyer est un élément des frais
pour le locataire qui exploite la ferme, mais un revenu pour le propriétaire du
terrain. L'intérêt sur le capital employé dans l’agriculture est un élément des frais
pour la personne qui le paie et un revenu pour celle qui le touche.

Le salaire de la main-d’œuvre également peut être considéré suivant le cas
comme un élément des frais ou comme un revenu. Îl est un élément des frais pour
le fermier, mais un revenu pour le travailleur. En fait, le travail est un élément

; Qu plus loin la section sur l’Italie. ar 2 Canad &gt;

à Gette signification spéciale et expliqué À Mersonnels sur le revenu de l'agrieultuee

; agit ici des impôts fonciers; les impôts p ; de las
sont en dehors du cadre de cette enquête et, dans un cas, une correction a été faite en vue
de les exclure.
        <pb n="12" />
        RENDEMENT BRUT OU PRODUCTION BRUTE
— COÛT DE LA PRODUCTION =
(tous les éléments)
1
Coût de la production
(éléments techniques et main-d’œuvre)
—E
(). a
Produits
absorbés au
cours de la
production
son
el rs et 107 (9 @ | (9) = (9) Engaats, DÉ-
y IMPÔTS et TAXES LOYER — INTÉ- PROFITS M TRAVAIL TRAVAIL-—T: LE CIAT
| | | RÊT (au sens j DE DI- MANUEL M ax on
sur le commercial) RECTION sit
capital -
| d’exercice N
EEE ES ee = -
| Revenu : 4 ;
du capital public Revenu du capital privé Revenu du travail
Revenu du capital total public et privé
ee EE ee ns
Revenu de l’exploitation !
_ Revenu de la ferme
a
c Revenu net
{ ee a rt te ie
RENDEMENT AGRICOLE NET OU RÉMUNÉRATION NETTE DE L'AGRICULTURE
RENDEMENT BRUT OU PRODUCTION BRUTE
        <pb n="13" />
        13; -—

des frais. Il fait partie des «valeurs » dont la société doit faire l'avance, pour
qu’il soit possible de faire pousser la récolte. De ce point de vue, il rentre dans la
catégorie des frais techniques, comme le coût des semences, engrais, etc. Il est
essentiel. Les loyers, les impôts ou l’intérêt ne le sont pas dans la même mesure.
Le fait que le loyer d’un champ n’a pas été payé, que le percepteur n’a pas touché
un impôt ou que le fermier a fait faillite, n’empêchera pas le blé de pousser. Mais,
d’autre part, il est incontestable que, dans des conditions normales, le salaire
payé à la main-d’œuvre est également un revenu. La conception la plus large et
peut-être la plus scientifique du rendement nel consiste à grouper tous les facteurs
ayant contribué d’une manière quelconque à la production agricole. On trouve
alors, à l’une des extrémités de l’échelle, la collectivité qui fournit les routes, assure
le transport, etc, et à son autre extrémité le travailleur agricole.

A ces deux conceptions du travail (le travail considéré comme un élément
des frais ou comme un revenu) correspondent deux séries de pourcentages: les
pourcentages du coût du travail dans le total des frais et les pourcentages du revenu
du travail dans le revenu total. Quelques pays possèdent uniquement l’une de
ces séries, d’autres possèdent les deux. Etant donné que quelques-uns des grands
pays producteurs ont pour méthode de calculer uniquement la répartition du
revenu (rendement net), il ne nous a pas été possible de limiter notre mémoire
aux pourcentages des frais.

Le Bureau international du Travail s’est efforcé d’indiquer exactement, dans
les limites que lui traçait le cadre du présent rapport, la combinaison d’éléments
adoptée par chaque autorité pour obtenir le coût total ou le revenu total. Le
diagramme ci-joint permettra peut-être de se faire une idée plus claire du grand
nombre de combinaisons qui peuvent se présenter. Nous n'avons malheureuse-
ment pas pu ramener toutes les données à une base unique, et c’est là précisément
la principale difficulté que rencontre l’établissement des comparaisons interna-
tionales.

IV. DÉFINITION DES FRAIS — PRODUITS CONSOMMÉS SUR PLACE

Les différents éléments que nous avons mentionnés ont pour point de départ
la production brute et les frais annuels bruts. Cette affirmation pourrait difficile-
ment être contestée. Par contre, une grave difficulté surgit immédiatement en
relation avec la question de savoir si la production brute et les frais doivent com-
prendre uniquement les produits achetés et vendus par la ferme ! ou s’ils doivent

! La consommation des personnes qui vivent à la ferme est considérée à juste titre
comme faisant partie des produits achetés et vendus. En effet, les produits consommés
de cette manière quittent la ferme et sont aussi perdus pour elle que s’ils étaient vendus sur
le marché. On pourrait excepter de cette règle les produits consommés par les membres de
la famille du fermier qui donnent leur main-d'œuvre à la ferme et considérer que ces produits
font partie de leur rémunération (de même que la pension d’un domestique habitant la ferme
fait partie de son salaire). Toutefois, cette distinction est trop subtile pour être observée en
pratique lorsqu’on établit le compte des frais et, de manière générale, la consommation totale
des personnes habitant la ferme est considérée comme une unité.
        <pb n="14" />
        —#

comprendre également les produits consommés sur place, c’est-à-dire qui quittent
un département de la ferme pour un autre où ils seront employés. Comme exemple
type de produits consommés sur place, on peut citer le fourrage produit par la
ferme qui sert à nourrir son bétail et le fumier récolté dans ses étables et répandu
sur ses champs. Il est incontestable que les produits consommés sur place constituent
essentiellement une forme de production, car toute chose créée à la ferme rentre
dans sa production, quel que soit l’usage auquel elle est employée. D’autre part,
ces produits rentrent également dans le compte des frais, parce que toute valeur
consommée fait partie des frais. Toutefois, sur les livres du fermier, la consomma-
tion de produits sur place figure uniquement à titre de quantités dont la valeur
n’est pas indiquée, de sorte que la détermination de son total devient une question
d’appréciation d'autant plus incertaine que les prix auxquels il convient de
l’évaluer — en admettant qu’elle soit enregistrée d’une manière quelconque —
sont extrêmement discutés *.

Bien qu’elle soit adoptée par différentes autorités, la méthode simplifiée,
consistant à exclure les produits consommés sur place, ne peut être considérée
comme satisfaisante. Les résultats auxquels elle aboutit sont évidemment plus
ou moins inexacts, suivant l’importance de cette consommation ?. En interprétant
ces résultats à la légère, on peut aboutir à des conclusions bizarres. En comparant,
par exemple, une ferme qui produit elle-même les matières premières qu’elle con-
somme (fumier, fourrage, etc.) à une autre qui achète tous ses produits à l’exté-
rieur, il pourra sembler que la première dépense proportionnellement beaucoup
plus pour sa main-d’œuvre, ce qui s’explique par le fait que, pour la deuxième,
la somme totale dépensée pour acheter des produits qui, précisément sert de base
de comparaison pour l’évaluation du coût de la main-d’œuvre, est extrêmement
élevée. En fait, cette conséquence apparente n’aura aucune signification sociale.

S’il est impossible de déterminer la valeur des produits consommés sur place,
on peut calculer dans la monnaie du pays le coût absolu de la main-d’œuvre par
unité de terrain cultivé ou par unité de production végétale ou animale. Les com-
paraisons internationales sont alors compliquées par les questions monétaires.

! Le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède et la Suisse tiennent compte uni-
quement des opérations en espèces et ont exclu les transferts de produits d’un département
de la ferme dans un autre.

? Pour la mono-culture extensive, par exemple, cette méthode ne présente pas d’incon-
vénients. Dans une exploitation de la zone du blé de l’Amérique du Nord, produisant une
seule céréale, ou dans une ferme de Sicile, s’occupant uniquement de l’élevage des moutons,
les dépenses en espèces correspondent assez exactement au coût de la production. En fait,
pour cette dernière catégorie d’exploitations, le professeur Tassinari admet que la consom-
mation sur place peut être considérée comme nulle. Dans les exploitations de ce type aucun
produit ne passe d’un département dans un autre; tous sont destinés à la vente et à la con-
sommation. On peut leur opposer le cas d’une ferme qui fabrique du beurre avec de la crème
provenant de ses vaches qu’elle nourrit avec le fourrage récolté dans des champs qui lui appar-
tiennent, et qui ont peut-être été fumés avec les produits d’un autre département de l’exploi-
tation. Le coût de production de ce beurre ne sera évidemment pas facile à évaluer. Il est
même extrêmement difficile de déterminer, dans un cas de cette nature, sur quelle base le
coût du travail de la fille de laiterie doit être évalué. Or, ce cas n’est pas rare. Dans un grand
nombre de fermes, la consommation sur place est supérieure aux ventes et achats.
        <pb n="15" />
        — y —
Il ne serait pourtant pas sans intérêt de réunir des séries statistiques indiquant
le coût absolu de la main-d’œuvre nécessaire pour obtenir une unité d’un produit
courant (le blé par exemple) dans un certain nombre de pays.
V. DÉFINITION DES FRAIS (suite) — L'INTÉRÊT DU CAPITAL —
LE LOYER — LEUR RAPPORT AU RENDEMENT NET

La question des produits consommés sur place n’est pas la seule difficulté
que soulève l’adoption d’une définition uniforme des frais (et de la production
brute qui servira à déterminer la production nette).

Une deuxième difficulté surgit en relation avec la question de savoir à quel
chapitre faire figurer les différentes formes d'intérêt sur le capital utilisé dans
l’agriculture. Cet intérêt doit-il être considéré comme faisant partie du rendement
net ou comme rentrant dans le compte des frais et, d’autre part, quel est son mon-
tant exact ?

On peut soutenir à certains égards que l'intérêt sur le capital est une partie
du revenu total de l’industrie agricole et qu’il devrait être traité comme tel, c’est-
à-dire comme un profit ou comme une partie du rendement net !. L'intérêt est
après tout la somme gagnée par le capital et non la somme dépensée et si le capital
agricole contribue à la production agricole — ce qui est incontestable — l’intérêt
sur le capital agricole fait partie du revenu total de l’agriculture. Toutefois, en
pratique, lorsque le fermier est simplement locataire, la fraction de l’intérêt sur
les capitaux fixes qui se présente sous la forme d’un loyer lui apparaît si naturel-
lement comme un élément des frais qu’il aurait peine à concevoir une autre méthode.
Dans les pays où la majorité des exploitations détiennent leurs fermes en location,
les offices de comptabilité agricole portent presque toujours le loyer (et les taxes)
au compte des frais.

Il est certain que la question fournit matière à discussion, mais nous serions
portés à croire que, pour la comparaison internationale des données relatives au
travail, la meilleure méthode consisterait à éliminer le loyer du compte des frais.
Quoi qu’il en soit, la question du loyer se trouve simplifiée par le fait qu’il s’agit

en l’espèce d’une somme connue qui figure sur les livres du fermier. L'intérêt
sur le capital d’exercice, par contre, soulève un problème beaucoup plus compliqué.
Indépendamment du fait qu’il peut être considéré, soit comme un élément des
frais, soit comme faisant partie du rendement net, il est assez difficile de fixer un
intérêt « équitable », et cette question soulève d’interminables discussions. Il est
admis, en principe, que la somme prélevée sur les profits annuels à titre d’intérêt
sur le capital d’exercice doit être suffisante pour payer au fermier un intérêt pou-
vant être considéré comme équitable relativement à celui que ce capital lui aurait

! Il est admis de manière tout à fait générale que l’intérêt sur les emprunts extérieurs
peut être porté au compte des frais. Cependant, nous n’avons pas toujours suivi cette méthode.
I nous a semblé préférable de comparer en premier lieu le coût du travail aux frais de caractère
technique comme le fourrage, les semences, l’outillage, les engrais, etc.

15
        <pb n="16" />
        —— {6

rapporté s’il l’avait placé en valeurs courantes. Ce point de vue est très juste à
beaucoup d’égards et il est accepté de manière toujours plus générale, mais,
lorsqu’on veut l’appliquer, on se heurte immédiatement au fait que dans la réalité
un fermier ne se préoccupe jamais de se verser l’intérêt qui paraît lui être dû sur
son capital. Lorsqu’il emprunte ce capital à un étranger, il est évidemment obligé
de prévoir une somme déterminée à son budget pour le paiement de son intérêt.
Lorsqu’il se doit cet intérêt à lui-même, son montant reste indéterminé !.

On peut se demander également si ce poste existe réellement. Cette question
a une grande importance pour le calcul de la part de revenu qui doit revenir au
capital, à la direction et au travail. Lorsqu’on calcule la proportion entre la part
de revenu allouée au travail et celle allouée à l’exploitant, on aboutit à des
résultats très différents suivant que l’on déduit ou que l’on ne déduit pas du ren-
dement net l’intérêt sur le capital d’exercice. L’exploitant représente deux per-
sonnes: il est à la fois capitaliste et travailleur ?, de sorte que sa rémunération
peut être calculée de deux manières. La première consiste à réserver en premier
lieu l’intérêt et à considérer la somme restante comme le revenu du travail personnel
de l’exploitant, son salaire pour ainsi dire. La deuxième consiste, au contraire,
à réserver en premier lieu à titre de rémunération du travail personnel de l’ex-
ploitant, une somme correspondant au salaire d’un travailleur à plein horaire,
la somme restante étant considérée comme l’intérêt de son capital. Lorsqu'on
admet que cet intérêt (à 5% environ, mais parfois même à un taux supérieur)
doit venir en premier lieu en déduction des profits, il peut réduire ces derniers
dans une proportion assez considérable.

Si le rendement net de l’agriculture était plus élevé qu’il ne l’a été au cours
des dernières années, cette question n’aurait qu’une importance secondaire, mais,
dans les conditions actuelles, on se trouve en présence du dilemme suivant: lors-
qu’on déduit des profits les salaires de la main-d'œuvre louée, la différence ne suffit
pas pour assurer à la fois un intérêt réellement suffisant et une rémunération réel-
lement satisfaisante du travail personnel du fermier. Il apparaît toujours soit
que le capital du fermier ne lui rapporte presque rien, soit qu’il a travaillé toute
l’année sans toucher un salaire. Cette conséquence ressort tout à fait nettement
de certains caleuls auxquels il a été procédé en Amérique.

L’exactitude de ces faits ne peut être révoquée en doute et ils ont une impor-
tance considérable pour tout le problème de la rémunération du travail (de n’im-
porte quelle catégorie) dans l’agriculture. Toutefois, il est permis de se demander
si un processus consistant à porter en compte des intérêts qui n’ont jamais été ni
payés ni même calculés et qui n’ont probablement même pas été gagnés, n’est
pas absolument factice. Ainsi que les travailleurs l’ont déclaré avec une certaine

1 A cette question vient encore s’ajouter celle du taux auquel! doit être caleulé cet
intérêt hypothétique. Ce facteur également peut avoir une répercussion importante sur le
point de vue adopté quant à la répartition du revenu entre le capital, la direction et le travail.

2 Il est travailleur, même s’il accomplit uniquement un travail de direction. Toutefois,
un exploitant qui emploie un gérant rémunéré et ne s’occupe pas personnellement de l’ad-
ministration de sa ferme ne peut évidemment être considéré comme un travailleur.
        <pb n="17" />
        —— Lÿ —
énergie, «si le capital ne rapporte pas un revenu en excès de ce qui a été dépensé,
il n’y a pas d’intérêts sur le capital »*. Si l’on considère cette question comme
fournissant matière à contestation entre le capital et le travail; si l’on fait valoir,
par exemple, sur la base des faits mentionnés plus haut, que l’exploitant (le
capital) est lésé en ce qui concerne cette forme de revenu, il est important que les
données du problème soient posées avec exactitude et nous avons pensé que les
quelques remarques qui précèdent permettraient peut-être de s’en faire une idée
plus impartiale ?.
VI. DÉFINITION ET RÉMUNÉRATION DU TRAVAIL

Au nombre des éléments du coût de la production, celui qui devait naturelle-
ment intéresser le plus vivement le Bureau international du Travail, étant donné
le sujet qu’il avait à traiter, était le travail agricole, ou, plus exactement, le travail
de direction et le travail proprement dit.

Lorsqu'il s’est efforcé de déterminer exactement cet élément, le Bureau inter-
national du Travail n’a pas toujours pu discerner si, dans le coût du travail, les
statistiques font entrer en ligne de compte les services du vétérinaire, le travail
occasionnel du bourrelier ou du forgeron, le louage des machines et le salaire de leurs
conducteurs, les allocations en nature, la valeur du logement, les sommes versées
par l'employeur pour les différentes assurances sociales. Quant au coût des travaux
d'amélioration préparatoires à la culture, il ne peut être compris dans le coût
annuel des travaux ordinaires.

Une autre question importante est celle de l’emploi des travailleurs saisonniers.
L'agriculture est essentiellement une industrie du printemps et de l’été. Pendant
la saison d’hiver, deux cas peuvent se produire: l’ouvrier agricole saisonnier tra-
vaille dans une autre industrie, et l’agriculture n’a pas à supporter les frais de sa
subsistance pendant cette saison, ou au contraire ces frais sont assumés d’une
manière quelconque par l’industrie agricole elle-même. Lorsque l’agriculture est
libérée de la charge d’entretenir ses travailleurs en hiver?, il en résulte, pour le
bilan national du travail agricole, une diminution qui n’existe pas dans d’autres
pays. Lorsque l’agriculture assume cette charge, différents cas peuvent se présenter
suivant les circonstances. Le travailleur, qui est en même temps fermier ou fait
partie de la famille du fermier, tire évidemment sa subsistance de la ferme pendant
la saison d’hiver également, et il en est de même du domestique agricole logé à
la ferme, et de ses avants droit. Par contre, les autres travailleurs ne sont pas

1 The Scottish Farm Servant, août 1926, vol. XIV, n° 161, p. 70.

? Il était impossible de faire abstraction de cette question dans notre mémoire. En
effet, si l’on exclut l’intérêt du compte des frais {nous avons adopté cette méthode dans tous
les cas où cela nous était possible), on est obligé de le porter au rendement net, et ceci est
d’une grande importance pour la question du salaire considéré comme un revenu.

‘ 3 Cette différence doit entrer en ligne de compte lorsqu’on compare le coût du travail
dans l’agriculture et dans l’industrie.
        <pb n="18" />
        18

entretenus toute l’année par la ferme qui les emploie. Ils se retirent en hiver dans
une petite propriété leur appartenant, à laquelle il incombe en grande partie
d’assurer-leur subsistance pendant cette saison. Cette méthode est surtout mise
à profit par les très grandes fermes qui peuvent se procurer de cette manière la
main-d’œuvre dont elles ont besoin à certaines époques. Il en résulte une certaine
relation économique entre cette catégorie d’exploitations et les toutes petites
propriétés. Cette considération est très importante, étant donné qu'une enquête
sur la comptabilité agricole implique presque toujours, à une phase quelconque,
la nécessité de grouper les éléments d’après la dimension de la ferme, et qu'aucune
question n’a été aussi discutée que celle des besoins relatifs de main-d'œuvre dans
les petites et dans les grandes fermes. On constate, en effet, que les enquêtes du
genre de celles qui ont été utilisées pour l’élaboration du présent rapport ne font
que rarement mention des toutes petites exploitations ; tenir compte de cette
catégorie d’entreprises paraîtrait presque ridicule. La conséquence de cette omis-
sion est la suivante: lorsqu’on procède à l’analyse statistique des comptabilités
agricoles, le bilan de la ferme familiale moyenne comprend le coût total de l’entre-
tien de sa main-d’œuvre pendant toute l’année, tandis que la grande exploitation
a rejeté une partie de ce coût sur une catégorie d’exploitations dont il n’est jamais
tenu compte dans les enquêtes.

: Enfin, une dernière difficulté, et peut-être la plus importante, est celle que
soulève la question de la famille agricole. Dans quelle mesure le travail personnel
du chef de famille doit-il être compté dans le coût du travail ? Dans une petite
exploitation, le chef de famille assure person nellement tout le travail de direction
et une grande partie du travail manuel. Toutefois, la question se pose également
dans l’exploitation moyenne, où cependant la part de travail manuel du chef
est moins forte et sa part dans la direction, plus importante. Elle ne se pose plus
guère pour la grande exploitation où le chef de famille ne fait plus aucun travail
manuel 1.

Une question tout aussi délicate se pose en ce qui concerne l’évaluation du
coût du travail du reste de la famille. Etant donné qu’une grande partie des terres
cultivables dans le monde entier sont cultivées par le travail familial, ce dernier
ne saurait être négligé. Malheureusement, les informations dont on dispose dans
ce domaine ne sont que des déclarations plus ou moins arbitraires, et l’on ne peut
espérer réunir des données absolument certaines et exactes. Ces difficultés et
ces approximations commandent la plus grande circonspection dans les conclusions.

1 Il convient de noter cependant que l’évaluation du travail de direction du fermier
est tout aussi difficile. La méthode la plus perfectionnée est celle qui est exposée dans les
rapports danois. Elle consiste à établir, pour le travail de direction du fermier, une courbe
de salaires correspondant le plus exactement possible à la courbe de salaires du travail de
direction loué. Cette courbe part de zéro pour aboutir au salaire maximum touché par les
administrateurs des grandes exploitations; elle tient compte de l’intensification de la culture
et de la catégorie d’exploitations. Dans d’autres cas, le travail effectué par le fermier (travail
manuel et. travail de direction) est évalué à un taux fixe qui est de 2 livres par semaine
pour son travail manuel et 200 livres par année pour son travail de direction dans certaines
comptabilités anglaises. Les évaluations de ce genre ont évidemment un caractère arbitraire.
        <pb n="19" />
        là
D’autres questions se poseraient encore si l’on voulait analyser le problème sous
tous ses différents aspects; on pourrait se demander, par exemple, si l’entretien de
la famille du fermier doit être porté au coût de la culture ou au profit 1.
VIL CONCLUSIONS

Après avoir insisté, comme nous l’avons fait, sur le caractère approximatif
des calculs ayant pour objet de déterminer la part du coût ou de la valeur du travail
agricole dans le coût total ou dans la valeur totale, il pourra sembler hardi de
vouloir tirer des conclusions des résultats obtenus. Il est certain que les compa-
raisons internationales paraîtront risquées aussi longtemps que les informations
disponibles ne seront pas plus complètes. Par contre, les données nationales font
ressortir certains points qui peuvent être exposés en quelques mots.

Le coût du travail est incontestablement un élément important du coût de
la production agricole. Il est difficile de citer des moyennes en présence de tant
de chiffres différents. On peut dire cependant que la proportion de 40% du coût
total se rencontre fréquemment dans le cas des fermes d'agriculture et d’élevage.
Pour les exploitations où prédominent les pâturages ou l'élevage, la proportion
est moins élevée et descend parfois au-dessous de 20% ; pour certaines formes de
culture extrêmement intensive (culture du citronnier en Italie), elle dépasse quel-
quefois 60%. Mais, d’autre part, ce chiffre de 60% a été atteint également dans
des régions à sol pauvre où les récoltes sont médiocres (dans la Suède septentrionale,
par exemple), du fait que la main-d'œuvre constitue alors le principal apport du
producteur à la culture.

On peut donc dire que le coût du travail ne dépasse que rarement la moitié
du coût de la production agricole, mais qu'il est en général supérieur au tiers de
ce coût.

En dépit du fait que le rapport entre le terrain, le capital et le travail varie
constamment (nous avons signalé ces variations au début de notre introduction),
le coût du travail ne paraît pas varier considérablement d’une année à l’autre.
Ses modifications ne sont pas assez rapides pour provoquer une désorganisation
immédiate de l’industrie agricole. En fait, un fermier ne peut jamais engager et
congédier ses ouvriers comme bon lui semble. Indépendamment de considérations
d’ordre humanitaire, la main-d'œuvre agricole est en général domiciliée dans son
voisinage, et fréquemment sur du terrain qui lui appartient. En outre, le nombre
des travailleurs agricoles est en général limité, de sorte que le fermier éprouve
certaines difficultés à s’en procurer et répugne à les congédier. En fait, le problème
d’un marché du travail élastique entièrement adapté aux besoins de l’agriculture
n’a jamais été résolu. Il est probable que, du point de vue strictement économique,
les fluctuations annuelles du coût de la main-d’œuvre devraient être beaucoup
plus importantes qu’elles ne le sont en réalité.

! Il est important de noter que plusieurs pays, comme l’Italie et les Pays-Bas, ont
complètement exclu la valeur du travail familial.
        <pb n="20" />
        =)

En dehors de ses fluctuations annuelles immédiates, le coût moyen du travail
peut accuser un mouvement général. Il est incontestable que, dans un certain
nombre de pays, les salaires accusent, de manière générale, un léger mouvement
de hausse. Mais cette hausse ne signifie absolument pas que l’augmentation du
coût du travail soit supérieure à celle des autres dépenses du fermier. À notre
avis, les données réunies jusqu’ici ne sont pas suffisamment probantes pour qu’il
soit permis d’affirmer que la part du coût du travail dans le coût total de la pro-
duction a subi une modification générale. Il est certainement très loin d’être
prouvé que la hausse du coût du travail agricole des dernières années ait été tout
à fait disproportionnée à celle des autres éléments de dépenses.

La question du coût relatif du travail dans les grandes et petites fermes
soulève des observations intéressantes et vaudrait d’être examinée. Toutefois,
son étude se complique du fait qu’il est nécessaire de tenir compte de l'élément
travail familial. Il est en tout cas certain que la dimension de la ferme ne peut
constituer un critère suffisant. L’intensification de la culture joue un rôle qui ne
peut être négligé, et l’on aboutit ainsi à une combinaison des trois facteurs: ter-
rain, capital et travail, qu’il n’est certainement pas facile d’analyser.

VIIIL LE DEGRÉ D’EXACTITUDE DES MOYENNES CITÉES

En procédant à l’élaboration de notre mémoire, nous avons jugé utile d’ef-
fectuer les opérations arithmétiques permettant de vérifier si les moyennes citées
pouvaient être considérées comme exactes. Les résultats que nous avons obtenus
n’ont pas été très rassurants. Il est extrêmement difficile de classer les fermes
dans des groupements représentant chacun un seul type d’exploitation, de manière
à ce qu’en dépit des différences qu’elles peuvent présenter sous d’autres rapports,
toutes les fermes classées ensemble aient un pourcentage se rapprochant suffisam-
ment de leur moyenne, pour que celle-ci puisse être considérée comme exacte du
point de vue statistique. En admettant que nous ayons un groupement de 400
fermes, si le pourcentage moyen du coût du travail dans le coût total de la pro-
duction pour l’ensemble du groupe est égal à 36, en tenant compte de l’écart
normal de la moyenne, 68,3% des fermes devraient avoir un pourcentage entre
31,2 et 40,8; 95,4%, un pourcentage entre 26,4 et 45,6; et 99,73%, un pour-
centage entre 21,6 et 50,4. Or, on peut constater au tableau III de la section
consacrée au Danemark, qu’en réalité la dispersion des 585 fermes étudiées dans
ce pays diffère considérablement de celle-ci. Bien que les enquêteurs aient eu
grand soin de grouper, pour le calcul de leurs moyennes, des fermes similaires
(c’est-à-dire présentant une certaine uniformité sous le rapport de l’étendue et
des méthodes de culture employées), il semble bien que les fermes choisies ne soient
pas toutes représentatives de leur catégorie en ce qui concerne le facteur travail.
Il est probable que les groupements ne sont pas suffisamment homogènes, et que
les moyennes obtenues pour le coût du travail sont une combinaison de deux ou
trois moyennes différentes. Lorsqu’on peut se contenter de résultats approximatifs,
        <pb n="21" />
        —
il n’en résulte pas nécessairement des conséquences désastreuses, étant donné
que les groupements en question sont en tout cas très semblables. Par contre,
lorsqu'il est nécessaire d’aboutir à des conclusions exactes comme dans le cas des
fluctuations du coût du travail pendant un certain nombre d’années, des erreurs
de ce genre peuvent avoir des répercussions graves. Les réserves que nous formulons
ici nous ont paru nécessaires, d’une part en raison des conclusions auxquelles
nous aboutissons nous-mêmes au cours de notre rapport, et d’autre part afin de
mettre le lecteur en garde contre toutes autres conclusions qu’il pourrait être
tenté de formuler lui-même.
ALLEMAGNE
Dès avant la guerre, la pratique de la comptabilité agricole était largement
répandue en Allemagne. La Société d’agriculture d’Allemagne (Deutsche Landwirt-
schaftsgesellschaft) s’occupait activement des résultats de cette comptabilité dans
ses publications. Nous ne pouvons malheureusement pas utiliser aussi pleinement
que nous le désirerions, dans le présent mémoire, la documentation publiée jusqu’à
ce jour, d’une part, parce que les méthodes de comptabilité employées ne permettent
pas d’obtenir les informations précises qui sont nécessaires, d'autre part, parce que
les auteurs des rapports n’ont calculé aucune moyenne. Les informations recueillies
empruntent plus particulièrement leur valeur à un grand nombre de détails sur
la gestion et la culture individuelles des fermes, ce qui permet de se faire une opinion
sur le jeu des éléments divers dans chaque cas. Cette méthode a évidemment de
nombreux avantages, mais, dans une étude du genre de celle que nous présentons
ici, il est impossible de réunir des données particulières à chacune des fermes.
Les seules informations qui permettent de traiter la question d'un point de
vue général datent de la guerre; elles portent sur la période des hostilités ainsi que
sur l’année 1913-1914. Nous avons choisi, en vue de les analyser ici, les faits
relatifs à cette dernière année, car ils offrent un certain intérêt, même s’il n'est
pas encore possible de les comparer à des faits relatifs à la période d’après-guerre.
Les informations recueillies proviennent de deux sources, c’est-à-dire, d’une
part, de treize offices locaux de comptabilité agricole, et, d’autre part, de la section
de comptabilité agricole de la Société d’agriculture d’Allemagne !. L'enquête n’a
pas porté sur des fermes pouvant être réellement qualifiées de petites exploitations,
mais, de manière générale, la répartition des fermes, d’après leur superficie, cor-
respond aux conditions des districts étudiés.
Les informations fournies sur les méthodes de comptabilité employées sont
trop peu nombreuses pour qu’il soit possible de faire la comparaison entre les postes
! Untersuchungen über die Steigerung des landwirtschafilichen Betriebsaufwandes in den
Jahren 1913-1914 bis 1917-1918 auf Grund buchmässig ermiltelter Betriebsergebnisse. Bericht
der Zentralstelle zur Erforschung der landwirtschaftlichen Betriebsverhältnisse an das
Reichsernährungesministerium, Berlin, Sittenfeld, 1919. 67 pp.
        <pb n="22" />
        = 19
indiqués dans notre introduction. Les postes mentionnés comprennent les engrais,
le fourrage, l’entretien du cheptel (différents articles), l’entretien des machines et
de l’outillage, les traitements et salaires et les articles divers. Les «traitements
et salaires » ne semblent pas comprendre la rémunération du dirigeant de l’ex-
ploitation. Dans la plupart des comptes provenant des offices locaux, le poste
«entretien du cheptel (différents articles) », qui est généralement sans importance
pour les résultats totaux, comprend l’achat du bétail. Pour éviter la confusion
qui pourrait en résulter, nous avons montré également dans notre tableau le rap-
port du coût du travail au coût total de la production, exception faite de ce poste.
POURCENTAGE DU COÛT DU TRAVAIL DANS LE COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION
DANS 163 FERMES ALLEMANDES, 1913-1914
ca Cet ES EEE
Nombre Sue total salaires dans le coût total
Districts de Ps À a
fermes ycompris|non com-
fermes (en hec- sir marks par l’entre- | "is l’en-
sara) Coctane de Tetrain Te {retiens =
_ cheptel | cheptel
Chemnitz : . . . ; 12 365 611,25‘ 22047 8360 40,6
Stutigart . . . Es 10 , 500 50086, 221,33. 44,1 44,6
Dresde . 1. es 15 54,1: 497,93 154,08 | 30,9 37,9
Weimar. . . ; 6 56,32? 41439 19548! 47,7 Si?
Bonn . . - - ; 12 72,2 | 484,27 186,81 | 385 39,9
Münster en Westphalie . . 11 74,5 ! 493,00 17431 354 = 444
Cassel. - 22 2 ; 2 133,4 51940 200,82 38,7 39,7
Halle-sur-Saale . 2 6 | 152,4 616,32 179,74 29,0 41,9
Bresliau . . . : 12 253,6 397,92 14148 355 ‘ 447
Rostock. . . . . Bt 30 387,7 279,62 108,03 38,5 42,1
Kônigsbers .. . . .…… 13 415,3 239,60 77,36 22, 36,4
Posen. . 10 428,5 381,10 11720 30/7 35,4
Offices locaux . 139 220,4 41985 151,79 36,2 41,3
En Silésie. .  . . ms F. 271,9 255,70 117,22 45,8 46,1
Brandebourg . 393,5 264,38 11129 42,2 42,4
Autres fermes 559,1 253,56 107,76 — 424 43.6
Fermes de la S.A.A. . 24 444,1 ! 257,61 * 110.91 43,05 : 43,6
= —_. _— svt [rentrent re | NE sn
Ensemble des fermes . | 163 , 255,0 | 395,96 | 145,77 , 36,8 | 41,5
1 Pour 11 fermes seulement, 2? Pour 2 fermes seulement.

ss
        <pb n="23" />
        = 99 =
Les résultats indiqués dans ce tableau sont plus caractéristiques, en ce qui
concerne les différents districts, que relativement à la superficie des fermes. À ce
sujet, il peut être utile de signaler que, dans les districts auxquels se rapportent
les comptes de la Société d’agriculture d’Allemagne, et dans celui de Posen, qui
sont tous des districts où l’on pratique la grande culture, plus de 20% en moyenne
de la superficie totale étaient consacrés à la culture de la betterave, etc, ce qui
a évidemment augmenté le coût du travail. Toutefois, d’une manière générale,
il ressort du rapport — et cette impression se confirme par ailleurs — que la
différence d’intensification de la culture dans les grandes et petites exploitations
n’est pas aussi marquée en Allemagne que dans les autres pays. Cette constatation
s’explique peut-être, en partie, par la politique douanière qui a été adoptée en vue
de favoriser la culture des céréales dans les grandes exploitations. Les corrections
apportées au tableau, en vue d’exclure l’entretien du bétail, ont eu pour effet
d’éliminer, dans une large mesure, les différences, en pourcentage, auxquelles
sont arrivés les offices locaux et la Société d’agriculture.
Depuis la stabilisation de la monnaie allemande, la comptabilité agricole
a été à nouveau poursuivie systématiquement. Il importe d’attirer spécialement
l’attention sur les résultats que l’on est en droit d’attendre de l’enquête effectuée
par le gouvernement sur la situation de l’industrie allemande, — enquête qui
comprend des recherches sur l’économie agricole ayant porté sur environ trois
mille fermes. Il est impossible cependant, au moment où nous préparons ce mémoire,
de se procurer ces résultats sous une forme permettant leur utilisation immédiate,
et le Bureau international du Travail, tout en accusant réception des différentes
communications faites par le directeur de cette enquête et par la Société d’agri-
culture d’Allemagne, est obligé, à son grand regret, de borner pour le moment son
étude aux faits mentionnés ci-dessus».
AUSTRALIE
Etat de l’Australie-méridionale
On peut se procurer, depuis 19211, les comptes montrant les résultats de l’ex-
ploitation de la ferme gouvernementale d’essais, connue sous le nom de Turretfield,
qui est administrée comme une entreprise agricole commerciale. Après déduction
du loyer, de l’intérêt sur le capital emprunté et même du montant approximatif
des impôts et taxes, on relève, pour une période de presque cinq années, un
profit de 7,53%, «ce qui, déclare le rapport, constitue un intérêt satisfaisant pour
un capital placé dans l’agriculture, dans des conditions entraînant le paiement
de tarifs de salaires relativement élevés».
La superficie totale de la ferme est de 1.604 acres, sur lesquelles 70 acres sont
constituées par le lit d’une rivière, et 15 acres occupées par les bâtiments, cours,
1 The Journal of the Department of Agriculture, South Australia, vol. XXX, n° 3, 15 oct.
1926, pp. 201-215. La comptabilité a été publiée annuellement dans ce journal. Un grand
nombre d’informations utiles sur le coût du travail par unité de production, que nous avons
reçues trop tard pour pouvoir les insérer dans le présent mémoire, se trouvent dans la deuxième
partie de l’étude (Ibid, n° 4, 15 nov. 1926, pp. 326-346).
        <pb n="24" />
        194.
etc.; le reste des terrains comprend 1.279 acres de terres arables et 239 acres de
pâturage. On pratique, dans différentes parties de l’exploitation, un système
d’assolement de trois et de quatre années; le cheptel vivant comporte des moutons
et un nombre limité de bovins et de porcs.

Le capital d’établissement a été fourni par un prêt du gouvernement, et le
capital d'exercice par des avances bancaires; le tout représente une somme de
£18.321, soit £11 19 s. par acre (moyenne de 5 années). Ces emprunts portent inté-
rêt à 5%, intérêt qui est inscrit au budget comme partie des dépenses annuelles ;
en outre, un loyer est calculé à raison de 5% de la valeur des terrains et de leurs
aménagements et le montant des impôts et taxes est fixé à un peu plus de £50.

Les salaires, indiqués dans le tableau ci-dessous, comprennent également la rému-
nération à la direction, les salaires des travailleurs qui ont été employés, au cours
des années susmentionnées, à la construction des bâtiments et à l’aménagement de
l’entreprise, ainsi que les primes d’assurance du personnel.
TABLEAU I. -— POURCENTAGE DU COÛT DU TRAVAIL DANS LES DÉPENSES TOTALES
DE LA FERME D'ESSAIS DE TURRETFIELD, 1922-1926
1922-1926
1922-1923 1923-1924 1924-1925 1925-1926
(moyenne) | Par acre ! %/
Total 9
5 s dd 8 sd 5 + u T5 0 4-5 4 Eau
Loyeretimpôts. 762 14 ô 762 10 8 762 8 0} 762 14 5 762 11 9 0 11| 24,0
Intérêts sur les |
emprunts et | ;
avances . . . 162 310 216 19 7 189 9 4 133 3 3 175 9 0 2° 4 59
Travail, direction 826 13 11 879 11 51.086 13 41.041 9 5 958 19 1 12 6 30,2
Diverst : / . . L035 5 1415 4 11797 5 9 660 2 41.276 18 10 16 8| 40,3
Ensemble = ee 7
des postes . 2.786 15 san 5 9js.688 16 52707 9 5/8.173 11 8 2 1 541000
L V compris les postes relatifs aux dépenses de construction et d’aménagement, chevaux de trait, outillage, achat
de bétail, etc.
CANADA

Le système des questionnaires est couramment adopté au Canada. Des
enquêteurs sont envoyés dans les fermes en vue d'obtenir des comptes détaillés
des opérations commerciales. Il est fait usage de formulaires spéciaux et des
questions précises sont posées. Cette méthode revêt, par conséquent, la forme
d’un recensement particulier!. On peut se procurer des informations sur le coût
du travail dans certaines publications du gouvernement fédéral, et, plus spécia-
lement, dans une série de brochures sur la question agricole publiées par le ministère

! Etant donné qu’il n’a pas été tenu, apparemment, de comptabilité complète pour chaque
ferme, on a estimé préférable de s’abstenir de toute compilation de statistiques sur le coût
total de la production, sauf dans le cas où des indications précises sur ce point sont fournies.
Ces indications ont trait aux récoltes distinctes, d’après la méthode «analytique », et ne
s’appliquent pas à l’ensemble de la ferme.
        <pb n="25" />
        — ds —
de l’Agriculture d’Ontario, à la suite d'enquêtes effectuées par le Collège d'agri-
culture de cette province *.

Le principal élément recherché est le «revenu du travail », En vue d’éviter
toute interprétation erronée, il y a lieu de remarquer que le fermier (exploitant)
est considéré comme le principal travailleur de sa propre ferme. En conséquence,
le «revenu du travail » est la rémunération qui lui revient; ce revenu est calculé
en retranchant des recettes totales (y compris le croît des animaux) le montant des
dépenses totales pendant l’année, y compris les impôts, l’amortissement, les salaires
des travailleurs gagés, une somme approximative pour le travail des membres
de la famille du fermier, ainsi que l’intérêt sur le capital (capital immobilisé et
capital d’exercice) à 5%. Le solde, ou revenu du travail, représente alors a) la
rémunération du fermier pour son propre travail manuel, b) la rétribution pour son
travail de direction, et c) les profits.

Pour faciliter, dans la plus large mesure, les comparaisons avec les autres
tableaux contenus dans ce mémoire, un tableau a été dressé (tableau I) de la répar-
tition du rendement net, au sens donné à ce terme dans les autres pays, c’est-à-dire
en y comprenant, avant tout, la rémunération du travail loué, puis l’intérêt sur
le capital immobilisé et le capital d'exercice ?.

Dans ce tableau, la colonne 7 donne le «revenu du travail », au sens canadien
du terme (voir plus haut). En ce qui concerne le signe (—) placé devant certains chiffres

0/6 de cette colonne, à partir de l’année 1920 (voir enquêtes III b et IV), il y a lieu d’in-
diquer qu’il a été tenu compte de la dépréciation approximative due à la grande baisse
24,0 des prix pendant l’année de crise. Cette dépréciation a été hypothétique et non
réelle, sauf dans le cas où le fermier a dû liquider tous ses biens et vendre son exploi-
5,5 tation: le déficit du revenu du travail est donc, dans cette mesure, également
| sé hypothétique. De toute façon, le fermier est censé avoir précédemment reçu un
5 intérêt sur son capital. Pour déterminer la rémunération totale du fermier
Lo ! d) DoMmINION 0F CANADA, DEPARTMENT OF AGRICULTURE, Division or FreLunp Hus-
BANDRY: Report of the Dominion Field Husbandman for the Year 1925. Ottawa, 1926. 38 pp.

Cf. même publication, pour 1922, 1923 et 1924.

b) ONTARIO DEPARTMENT OF AGRICULTURE. ONTARIO AGRICULTURAL COLLEGE: Farm
Management : Part 1, The Dairy Farming Business in Western Ontario, Bulletin 275, 24 pp.;
Part II, The Beef Raising Business in Western Ontario, The Mixed Farming Business in Western
Ontario, The Dairy Farming Business in Eastern Ontario, Bulletin 278, 39 pp.; Part III,
Mixed Farming and Apple Growing in Ontario, Bulletin 282, 23 pp.; Part IV, The Fruit
Growing Business in the Niagara District, Builetin 286, 24 pp.; Part V, Mixed Farming in
the Ontario Corn Belt, Mixed Farming and Apple Orchardina in Ontario. Bulletin 288, 31 pp.
Toronto, 1920, 1921 et 1922. ;

? Il n’a pas été possible d’insérer dans le tableau du rendement net, dressé par le Bureau
international du Travail, le montant des impôts ou la rémunération du travail de la famille
du fermier, car ces frais ne sont pas mentionnés séparément. Ainsi que nous l’avons déjà
indiqué, ces frais sont considérés comme des éléments du coût de la production dans les
publications canadiennes; ils auraient pu cependant avoir été traités également comme rému-
nération (impôts considérés comme revenus, pour la collectivité, de l’agriculture). Les sommes
mentionnées comme intérêts, dans le tableau, ont été calculées par le Bureau international
du Travail, à l’aide des indications relatives aux capitaux placés, fournies par les brochures.

8 C’est là un point sur lequel l’attention est attirée par les rapporteurs canadiens. Une
autre méthode, adoptée dans certains pays, par exemple au Danemark, aurait consisté à
n’évaluer que l’amortissement, en laissant de côté la dépréciation des prix. Cette question
est importante, lorsqu'il existe un cheptel considérable.

3R
        <pb n="26" />
        TABLEAU I. — RÉPARTITION DU RENDEMENT NET ENTRE LE PROPRIÉTAIRE,
, Le Æ
L'EXPLOITANT ET LE TRAVAIL LOUÉ DANS LES FERMES CANADIENNES ÉTUDIÉES
EN 1919-1921
ù sg Part du rendement net revenant
Objet de l’enquête et E ge |g e2 Rend t
classification des fermes 35e | E55 À Semen oux terrains aux intérêts à la direction
d’après l’étendue ES | 25e otal net Ë sur le capital et au travail au travail loué
O me È et bâtiments , ; » ;
Z E5 d’exercice de l’exploitant
(1) (2 (3) | (4) | (5) (6) Ç (7) | (8)

I. Industrie laitière dans ce - ; = ‘
l’Ontario occidental, 1910- Lg Par ferme — _ ; en
1919 y Y% $ % ? % :» % $ ls

21-45 ncres . . .- 21 39 1198 | 100 257 21,5 192 | 16,1 4735 61,4 24 7,0
46-60 &lt;&gt; +". 38 52 1593 100 310 19,5 | 163 10,2 936 58,8 184 11,6
61-75»... 49 70 1847 100 418 | 22,5 | 209 11,3 868 47,0 352 19,6
76-90 Par ss + T7 83 2290 100 474 20,7 243 10,6 1158 50,6 415 18,1
91-110 &gt;» . . Ti 98 2405 100 514 21,4 164 6,8 | 1327 55,2 400 16,6
111-135 &gt;. +. .. 36 123 3070 100 642 20,9 318 10,4 1440 46,9 670 21,8
136-150 -.. . -. - 23 145 3609 100 715 19,8 347 9,6 1881 52,1 666 18,5
161-135 ».-- - - 10 168 3580 100 401 11,2 413 11,5 2159 60,3 607 17,0
plus de 185 vote tu 10 234 5352 100 1210 22,6 599 | 11,2 2449 45,8 1094 20,4
II. a) Elevage (bovins) dans
Lonsario occidental, 1919-
1920
moins de 61 acres . . . 15 52 776 100 232 29,9 130 16,8 235 30,3 170 | 23,0
61-75 des 4 35 69 1355 100 394 29,1 172 12,7 582 43,0 207 15,3
76-90 ns 87 84 1394 100 412 29,6 177 12,7 545 39,1 260 18,7
91-110 &gt;; Res 46 97 1555 | 100 | 469 30,2 186 12,0 618 39,7 282 18,1
111-135 1 41 ! 124 2213 100 597 27,0 " 280 10,4 952 43,0 434 19,6
136-160 es 33 148 2258 100 708 31,6 267 11,9 778 34,8 505 22,6
161-185 mess 27 172 2849 100 735 25,8 325 11,4 1270 44,6 519 18,2
186-225 dr 24 204 2888 100 864 29,3 335 11,6 893 30,9 794 27,5
plus de 225 , 21 285 4408 100 1298 29,5 533 12,1 1784 39,3 843 19,1
b) Culture et élevage dans
Lonrerio occidental, 1918-
1
moins de 76 acres . . . 29 65 1060 100 266 25,1 137 12,9 498 47,0 159 15,0
76-90 ut 60 85 1558 100 331 21,2 : 174 11,2 818 52,5 235 15,1
91-110 me ee 46 96 1606 100 371 25,1 170 10,6 802 49,9 263 |, 16,4 =
111-135 1e 37 126 2216 100 | 500 22,6 246 11,1 | 1018 45,9 452 20,4
136-160 EE 38 146 2214 | 100 530 23,9 242 10,9 948 42,8 494 22,3 {
161-185 Rs 32 173 2679 100 595 22,1 312 11,7 12913 45,4 559 20,9
186-225 au 16 197 2915 100 720 24,7 310 10,6 ‘ 1339 45,9 546 18,7 --
plus de 225 ds, 10 290 3918 100 980 25,0 377 9,6 1678 42,8 883 22,5
c) Industrie laitière dans Tra
l’Ontario occidental, 1918- ra
1919 Loy
27-45 acres . . . . 323 1 89 , 907 100 | 243 37,8 121 . 18,3 396 43,6 147 16,2 Div
46-60 » ete, 50 51 ‘ 1307 100 | 301 23,0 161 ‘. 12,7 662 50,4 183 13,9
é1-75&lt; + 2... 5 68 . 1627, 100 | 381 — 23,4 187 11,5 812 50,0 247 | 15,2
76-90 TR 61 80 1941 | 100 453 25,35. 226 11,6 | 879 45,3 383 19,8
91-110 medie ir 68 99 2230 100 . 545 24,3 , 299 13,4 968 43,5 418 18,8
111-135 Tr 31 121 2680 100 653 24,1 306 11,4 1110 41,4 611 22,8
136-160 AR 9 | 143 3042 100 656 21,6 360 11,8 1260 41,4 766 25,2
plus de 160 5e 10 197 3874 100 970 25,0 394 10,2 1691 43,6 819 21,1
III. a) Culture, élevage et pro-
duction de la pomme (pro- ;
vince entière), 1919-1920
moins de 76 acres . . . 29 60,8 1369 100 386 28,2 170 12,4 511 37,3 302 231
76-90 ae 88 82,6 2019 100 541 26,8 214 10,6 809 40,1 455 22,5
91-110 Her 40 98 | 2234 100 539 24,1 252 11,3 915 41,0 528 23,6
111-135 Tes 19 122,6 ! 2697 100 679 25,2 248 9,2 1230 45,6 540 20,0
136-160 ri 22 145,9 — 2800 100 800 28,5 292 10,4 910 32,4 798 28,4
plus de 160 2h 17 189,6 3646 100 924 25,4 318 8,6 1315 86,1 1089 29,9
b) Même exploitation que
ci-dessus (deuxième en-
quête), 1920-1921
moins de 76 acres . . . 48 60,3 608 100 394 64,8 168 27,6 - 408 - 66,3 449 73,8
76-90 eee 4 45 86 503 | 100 483 96,0 229 45,5 — 675 -134,2 466 92,6
91-110 » Sa 18 99 681 100 554 81,4 248 36,4 — 650 - 95,4 529 21
111-135 » A 32 123,3 826 100 643 771,8 265 32,1 —- 742 — 89,8 660 "79,0
136-160 ext 24 147 | 1153 100 848 73,5 291 25,2 — 832 - T2,2 846 "73,4
plus de 160 p 18 204 1113 100 1018 91,5 362 32,5 -1470 -132,1 1203 108,1

{V. Culture et élevage dans la
zone de production du maïs
(Ontario), 1920-1921

moins de 46 acres . . . 13 39 699 100 344 46,5 104 14,8 &lt;= 5 = 07 256 36,4
46-60 a NS 49 1217 | 100 | 424 348: 123, 102 311 25,5 359 29,5
61-75 5 PE ca 70 1669 | 100 | 617 37,0 160, 9,6 206 12,3 , 686, 41,1
76-90 rase 84 1955 100 754 38,6 ; 212 | .10,8 241 12,3 748 38,3
91-110 EX 96,6 | 1768 100 752 42,7 : 208 11,7 27 1,5 781 44,0

111-135 A2 ÿ 122 2214 100 1089 49,2 278 12,6 -411  - 18,6 1258 56,8
136-160 # + 146 2657 100 1083 40,5 292 11,4 -143 - 53 1425 53,7
161 185 13 170,5 3103 100 1448 46,7 , 410 13,2 - 495 -— 16,0 1740 56,1
plus de 185 20 247 *‘ 5501 100 1629 29,6 488 8.0 966 17,6 2418 44,0,
L Trois acres de terre en friche ou 100 acres de pâturage boisé = 1 acre de terre arable. Les pourcentages ont
été calculés par le Bureau international du Travail.
        <pb n="27" />
        SES =
(intérêt sur son capital et rétribution pour son travail manuel et de direction),
on doit additionner les chiffres des colonnes 6 et 7, ou, si le fermier est un proprié-
taire exploitant, les colonnes 5, 6 et 7.

La part du coût du travail manuel, dans le coût de la production, peut être
évaluée, cependant, en ce qui concerne certaines récoltes de la ferme centrale
expérimentale d’Ottawa, pour l’année 1925. Les comptes servent à montrer quel-
ques-unes des difficultés que présente la comptabilité analytique. C’est ainsi que
le coût de l’outillage aratoire est une approximation; il en est de même du coût
du fumier de la ferme et des frais de son épandage, ou du coût du fumier ayant
servi à une culture précédente et qui garde encore, dans le sol, une valeur d’engrais.

En ce qui concerne les profits, le montant élevé de ceux-ci que l’on constate,
pour les pommes de terre, par exemple, est dû à la fois à l’abondance de la récolte
et aux prix rémunérateurs. Il est évident que l’on aurait besoin d’étudier un
grand nombre de ces comptes avant de pouvoir tirer des conclusions.
On trouvera le résumé de cette comptabilité dans le tableau II. La rému-
nération du travail manuel est calculée à raison de 22 cents par heure 1.
TABLEAU II. — COÛT DU TRAVAIL DANS LE COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION
DE CERTAINES RÉCOLTES; FERME EXPÉRIMENTALE D'OTTAWA, 1925
(Par acre)
= : A Maïs Betteraves Pommes
Coût de la production Avoine Foin (ensilage) fourragères de terre
$ 9; $ Ti mu af se $ 4%,
Travail manuel. . 00 5,06 11° 5,02 28 19.45 24,51 1108 sa (04 7
Loyer etimpôts. . .. . 750 1) 7,55 = ki = 750 Le 0 4 À 50 | 4
Disers ° 9909 646. 15,34 55.3’ 51,16% 583,61 2b,42 . 1,3 04,55 | 54,9
Ensemble des postes. 35.48 100 | 28,76 ‘- 0 7 .,02 " 117,59 [100
Rendement brut 41694 - ! DA,84 6 73 332,30 | -
Profit . 107% - 26, 29" 214,71
!
1 Les frais de battage — qu’il serait peut-être préférable de faire rentrer dans le coût du travail — s’élèvent à
pat etes pu deulillage (y compris le matériel d’ensilage) s’élèvent à 6 dollars par acre. (Ces frais sont fixés à
3 dollars'par acre dans les autres comptes.)
* Y compris les charrois.
DANEMARK
L'Office d’économie agricole du Danemark (Landokonomisk Driftsbureau),
créé en 1918 et subventionné par l’Etat, publie, chaque année, la comptabilité
d’un certain nombre d’exploitations agricoles de caractère différent et de superficie
variée. Les comptes, dont on trouvera l’analyse ci-dessous, portent sur l’exercice
allant d’avril 1923 à mars 1924. Cette période de 12 mois — la première, depuis
la guerre, au cours de laquelle l’agriculture danoise a pu bénéficier de conditions
1 Le travail d’épandage du fumier de la ferme rentre dans le poste « Divers ».

7
du
        <pb n="28" />
        2

réellement stables — est considérée, de manière générale, comme ayant été favo-

rable à l’agriculture.

Nous donnons également quelques chiffres se rapportant aux deux années
précédentes, ainsi qu’à l’excercice 1924-1925, pour lequel des informations viennent
de nous parvenir. Bien que cet excercice ait été particulièrement favorable à
l’agriculture, il doit être considéré comme plus éloigné de la normale que l’exercice
1923-1924, en raison de l’inflation monétaire qui s’est produite au Danemark en 1924!

Les éléments du coût de la production correspondent aux postes a, f, g et h
du tableau de l’introduction, et ceux du coût du travail aux postes f et g. Il
importe de noter que les dépenses pour achat de bétail ou les déboursés nouveaux
de capital, de même que l'intérêt sur le capital des exploitations ne sont pas consi-
dérés comme des éléments du coût de la production. Enfin, les impôts sur les
biens immeubles sont les seules taxes considérées comme rentrant dans le coût
de la production. Ajoutons que le niveau des fermes dont il s’agit est un peu
plus élevé que celui des exploitations danoises moyennes.

TABLEAU I. — ÉTAT COMPARATIF DU COÛT DU TRAVAIL ET DU COÛT TOTAL DE LA
PRODUCTION DANS LES FERMES DANOISES AYANT SERVI DE CHAMP D’OBSER-
VATION EN 1921-1925 (CLASSEMENT EFFECTUÉ D’APRÈS LA SUPERFICIE ET
LA SITUATION DES FERMES)

ES Elément « du coût du travail 7
Main-d’œuvre ;
Noms 1 | Coût Coût total de Coût du travail
5 : D - : 8
eme et craie ne. rate | tami- | tion | qu læproduction Paucont toi
fermes | liale | or
= (1923-1924 1923-24 [1924-25| 1923-24 | 1924-25
- Couronnes par hectare 5
Régions :
Sœeland .. .,. 132 179 68 79| 320 893 1.070 36,5 33,2
Mes du Sud... . 36 224 79 93 | 396 911 1.106 43,5 41,0
Fionie.. .. . . . 104 200 55 84 | 339 855 |1.145 39,6 36,2
Jutland oriental . . . 139 140 89 74! 303 822] 938 36,9 32,7
Limfjord occidental. . 29 154 58 77 289 705 878 41,0 34 4
Jutland occidental et
central . 146 110 95 il 262 700 766 37,4 33.4
Superficie moyenne des
fermes (en hectares):
jusqu'a 16... 821 91 3 82 497 11.266 1.587 39,2 34,3
10-20 ...;. .. 9 153 5 81 | 325 | 883 994 36,8 34,3
26-50. ...... . .. 129 178 a” 78 ‘ 302 801 965 37,7 33,6
30-50. -. . , 160 173 75 272 | 708 | 822 384 35,2
30-106. + + 69 167 RAR 240 647 | 732 37,1 34,4
100 et au-dessus - 51 163 ‘ 207 541 634 38.3 36.9
Ensemble des fermes :
1924-1925 . . . 671 168 97 76 341 989 34,5
1923-1924 . - 586 157 78 74 309 813 38,0
1922-1923 . 534 154 60 13 287 692 41,5
1921-1922 500 186 69 79 334 798 41.9
! DET LANDOKONOMISKE DRIFTSBUREAU : Undersôgelser over Landbrugets Driftsforhod VI.
Regnskabsresultater fra danske Landbrug i Aaret 1921-1922. Voir également vol. VII,
(922-1923, VIIT, 1923-1924, et IX. 1924-1925.
        <pb n="29" />
        9

Le tableau ci-dessus montre que le rapport du coût du travail au coût total
de la production est resté constant de 1921-1922'à 1922-1923,'mais qu’il est des-
cendu progressivement de 1922-1923 à 1924-1925. Cette diminution s’explique
par une hausse du coût total de la production. En regard d’une augmentation
totale de 121 et 176 couronnes respectivement, en 1923-1924 et en 1924-1925,
99 et 32 couronnes seulement ont été portées au poste «travail » et 96 et 99 au
poste «fourrage ». En fait, la production du bétail s’est beaucoup développée
au cours de cette période !.

Même pendant une brève période, caractérisée par des variations minimes
des prix, le rapport du coût du travail au coût des autres facteurs de la production
n’est pas stable dans l’agriculture danoise. La main-d’œuvre, dont dispose une
exploitation, peut toujours être employée plus ou moins complètement, en regard
des autres facteurs ; par exemple, si la production du bétail augmente dans une
exploitation, il ne s’ensuit pas nécessairement que des travailleurs supplémen-
taires devront être engagés; en d’autres termes, tandis que la production du bétail
varie, la main-d’œuvre demeure inchangée et, partant, le rapport entre les deux
se modifie.

Les variations du rapport du coût du travail au coût total de la production
sont plus importantes d’une région du pays à l’autre que d’une année à l’autre.
Le pourcentage élevé que l’on constate pour les Iles du Sud est dû à ce que l’on
pratique la culture de la betterave dans ces Îles; dans le Limfjord occidental, il
s’explique par le caractère plus uniforme de l’exploitation agricole; les fermiers
produisent, en effet, beaucoup plus de fourrage pour leur bétail, au détriment de
la culture des céréales destinées au marché, ce qui diminue le mouvement des
affaires.

Les différences de pourcentage du coût du travail sont moins importantes
pour les fermes classées d’après leur superficie, que pour celles classées par région.
Il ressort clairement des chiffres du tableau I que le coût total de la production
par hectare diminue lorsque la superficie de la ferme augmente. Mais on ne peut
dire, cependant, que, se fondant sur l’ensemble du pays, les petites fermes ont des
dépenses de main-d'œuvre plus élevées par rapport aux autres frais de production.
D’autre part, il semble permis de supposer que, pour un groupe d’exploitations
classées d’après la superficie, le pourcentage du coût du travail est d’autant moins
élevé que le coût total de la production l’est davantage.

Dans le tableau II, les fermes de Seeland, de Fionie et du Jutland oriental
ont été groupées d’après le coût total de la production et d’après le pourcentage
du coût du travail. En raison du petit nombre des fermes que renferment les
autres groupes, il n’a été tenu compte que des groupes d’exploitations ayant uhe
superficie de 10 à 20 hectares, de 20 à 30 hectares et de 30 à 50 hectares.

1 Lorsqu’on étudie les comptabilités relatives aux différentes cultures, on constate qu’à
un développement de la production agricole proprement dite (céréales, fourrages, etc.) cor-
Espana une augmentation égale de tous les éléments du coût de la production, y compris le
        <pb n="30" />
        2 —
TABLEAU II. — CLASSIFICATION DES FERMES DANOISES AYANT SERVI DE CHAMP

D'OBSERVATION (D’UNE SUPERFICIE VARIANT DE 10 A 20 HECTARES, 20 A

30 HECTARES ET 30 A 50 HECTARES) D’APRÈS LE COÛT TOTAL DE LA PRODUC-

TION ET LE POURCENTAGE MOYEN DU COÛT DU TRAVAIL !

Pourcentages du coût du tra- ( us ‘a 29- S4- S7- ‘40- 43- 4 ; a 37. 40 Nombre

De dem qe oût total de pr 8 0 A lue Pr Dés

ës] 10 à 20 hectares
#5 * plus de 1.000 cr. +. 7. 3.4 2 --| 1 13.4. 4 21
2 de 800 à 1.000 cr. 2.4 EL. 9 Lu &gt; 7. 2 10 19
$ moins de 800 cr. — 2 |" 4 $+:6 2 3 4 59 16
. a
PR 20 à 30 hectares
=. plus de 1.000 cr. 4 9 2 1-1 2 15 A 3 19

- de 800 à 1.000 cr. &lt;a 5. 4° 4-1 4 — là 4 8 26
, * moins de 800 cr. 145 57 8 8 6 5 23 34
; ,Ç 30 à 50 hectares
«2 plus de 1.000 cr. à 4 2 — — — 8 2 — 10
: 3 de 800 à 1.000 cr. 1 3,9 7 8° 4 — 16 7 7 30
fe , de600à 800 cr. 2 06 10-7 A1 4 12 10. 22 44
Z&gt; | moins de 600 cr. - L 6 2? 6 9 3 y 2 1R 27

1 Calculs établis par le Bureau international du Travail.

Ce tableau semble prouver le bien-fondé de la thèse exprimée plus haut, à
savoir que, lorsque les fermes d’un même groupe sont classées d’après la super-
ficie, plus est élevé le coût total de la production, plus faible est le pourcentage
de celui-ci que représente le coût du travail. On peut vérifier plus aisément ce
fait, peut-être, en examinant, de gauche à droite, la partie du tableau ci-dessus,
dans laquelle ont été condensés les chiffres relatifs aux fermes où le pourcentage
du coût du travail est de 0 à 36, de 37 à 39 et de 40 et plus. On verra tout d’abord
que les groupes les plus nombreux sont ceux où le coût total de la production est
le plus élevé avec le coût de la main-d'œuvre le plus faible, puis le centre de gravité
se déplace vers la droite, à mesure que, le coût total de la production diminuant,
le pourcentage du coût du travail augmente.

Lorsqu’on étudie le rapport du coût du travail aux profits, on obtient des
résultats qui varient. On ne peut affirmer qu’un pourcentage élevé du coût du travail
soit invariablement dû à une mauvaise organisation ou tende nécessairement à
réduire les profits.

Les informations détaillées que fournissent les rapports danois ont permis
au Bureau international du Travail d’examiner attentivement la question impor-
tante de savoir si les rapports moyens du coût du travail au coût total de la produc-
tion, mentionnés ci-dessus, sont représentatifs pour toutes les fermes qui ont
servi de champ d’observation.

MN
        <pb n="31" />
        — 94

Dans le tableau III, les fermes!, dont on possède la comptabilité pour
l’année 1923-1924, ont été groupées d’après le pourcentage du coût du travail
(le pourcentage moyen, pour le pays tout entier, était, pour l’année, de 38).
TABLEAU III. — CLASSIFICATION DES FERMES DANOISES AYANT SERVI DE CHAMP

D’OBSERVATION, D'APRÈS LE POURCENTAGE MOYEN DU COÛT DU TRAVAIL

DANS LE COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION, EN 1923-1924!

7 au-des- 48 —
Pourcentages du coût du travail: ; sous de et au- Total
28 29-33 34-36 37-39 ; 40-42 43-47 dessus
Nombre de fermes dans les
régions suivantes :
Ssecland - . .- -- e- : 23 26 21 22 26 5 131
Jies du Sud. . .-. . - -- / 2 4 5 3 7 15 36
Fionie .: . -— .…- - : 12 ; 17 20 27 18 104
Jutland orientat. .-. -. . | 28 20 19 29 16 {il 139
Limijord occidental - .. . 4 2 6 3 9 5 29
Jutland occidental et central. 10 34 23 25 27 15 12 146
Nombre de fermes ayanl une
superficie variant:
Jusqu’à 10 hectares . . . - 16 3 9 15 17 L7 82
de 10 à 20 » pere 23 8 14 16 12 13 94
20 à 30 » Es ; 28 22 20 17 21 16 130
30 à 50 » 1.5 MA 21 31 27 2h 33 14 161
50 à100 &gt; ee: ! 13 8 16 12 10 6 7
100 et au-dessus . . - - Es 2 10 7 19 7 0 47
Ensemble des fermes . . . 37 103 82 93 104 100 66 585
1 Galeuls établis par le Bureau international du Travail.

Dans près de 50% des fermes, le pourcentage du coût du travail varie entre
34 et 42, c’est-à-dire qu’il ne s’écarte pas de plus de 4 points au-dessus ou au-
dessous du pourcentage général moyen de 38. L'écart est souvent plus grand à
l’intérieur des groupes de fermes classées par région ou par superficie, bien que,
par ce mode classification, on élimine les répercussions qu’ont, dans les autres
cas, les conditions naturelles propres à chacune des diverses régions, ou l’étendue
variée des fermes. Cependant, dans les groupes qui comprennent 131 fermes ou
plus, et dans les groupes de fermes d’une superficie variant de 50 à 100 hectares
et de plus de 100 hectares, on constate une concentration régulière autour du
pourcentage moyen.

Le tableau IV montre la répartition du rendement net (c’est-à-dire des profits
que l’agriculture apporte à la collectivité) entre les différents participants à la
production.

! On ne possède pas des informations complètes en ce qui concerne une ferme située dans
la région de Seeland.
        <pb n="32" />
        TABLEAU IV. — RÉPARTITION DU RENDEMENT NET ENTRE LA COLLECTIVITÉ,
L’EXPLOITANT ET LE TRAVAIL LOUÉ, DANS LES FERMES DANOISES AYANT SERVI
DE CHAMP D'’OBSERVATION EN 1921-1925.
7 5m Part du rendement net revenant
à l’exploitant
Rendement soit Tuisr | CT autravail
Régions et superficie totatnet aa Macon itentérets sur leremanération loué
moyenne des fermes Roi | ja direction
1923- | 1924- | 1923- | 1924- | 1923- | 1924- | 1923- | 1924- 1998- | 1924-
1924 | 1925 | 1924 1925 | 1924 1925 | 1924 1925 1924 | 1925
Couronnes par hectare c
TL. a) Régions
Sesland… 628 | 683 34 35 | 268 : 293 | 144 167 182 : 188
Îles du Sud. - . . 703 810 33N. 33 | 274 | 319 | 169 226 | 227 | 227
Fionie . 585 730 33 33 ! 213 | 283 136 206 203 | 208
Jutland oriental . . . 523 563 27 28 193 | 228 160 144 ' 143 ! 163
Limfjord occidental 504 495 23 23 192 / 170 135 175 154 124
Jutland. . . - . 443 463 20); 1-23 161! 184 151 132 114 124
b) Superficie des fermes
(hectares)
jusqu'a 1017. . . . 807 892 27 31 | 283 316 | 406 445 91 | 100
de 10 a 208-.. 585 623 29 29 | 231 | 253 172 181 153 160
0asn.,.. 547 615 29 31 216 | 260 | 124 127 178 | 197
sua 5... = 492 546 29 30 191 227 97 99 | 175 190
50 à 100... . 438 478 28 28 170 198 68 69 | 172 183
100 et au-dessus . . 391 : 438 VE 28 29 156 : 175.1; 32 30! 175 204
n Cour. | % |Cour.! % |Cour.| % ‘Cour: % |Cour. %
II. Ensemble des fermes
1921-1925. . 617 | 100 | 30 | 4,9 | 246 303 170 27,5 171 (27,7
1923-1924. . . . . 547 | 100 ' 28 | 5,1 | 210 |38,4 | 150 27,4 | 159 29,1
1922-1923. . . 463 | 100 1 31 | 6,7 | 145 jai 131 28,3 | 156 , 33,7
_ 1921-1922 402 | 100 | 35/1 87 33 | 8,2 | 146 136,3 | 188 14618
Le tableau V montre le rendement net dans son rapport au nombre total des
personnes employées dans l’agriculture et à la superficie cultivée par personne.
TABLEAU V. — SUPERFICIE CULTIVÉE ET RENDEMENT NET, PAR TRAVAILLEUR
AGRICOLE, DANS LES FERMES DANOISES AYANT SERVI DE CHAMP D'’OBSER-
VATION EN 1923-1925
; Hectares 5
: Ensemble
Fees 0e te mois 10-20 20-30 30-50 50-100 auto des fermes
: USE 1924-1925 :
Supesiicie qultsée Ja per-| 8,72 628 661 7837 843 87 6,15
One pée dans‘ 1993-1924:
l'agticulturs (hectares) 352 533 642 7390 875 10,31 6,24
Rendement net par pers 1924-1925:
sonne occupée dans 3.318 3.912 4.065 4.024 4.030 3.819 3.795
l’agriculture 1923-1924:
(couronnes) 28di 3.118 3512 3.656. 3833 4.081 3.413

39
        <pb n="33" />
        ÉTATS-UNIS

On possède, pour les Etats-Unis, deux groupes de statistiques annuelles, dans
lesquels il est possible de puiser des informations sur le coût du travail dans l’agri-
culture. Le premier de ces groupes est formé des statistiques nationales sur les
récoltes et la production; le second comprend un certain nombre de rapports
détaillés, émanant de propriétaires d’exploitations agricoles: Les informations
basées sur les statistiques nationales des récoltes ont Wf caractère représentatif
de l’ensemble du pays, mais celles que donnent les rapports plus détaillés des
agriculteurs ne décrivent que la situation de fermes particulières. Ces fermes
ne sont pas louées, elles sont exploitées directement par les propriétaires;
enfin, elles sont d’une étendue plus grande que les fermes moyennes des Etâts-
Unis !.

Les études entreprises sur l’économie agricole, aux Etats-Unis, reposent
toujours sur le fait que le fermier est le principal travailleur de son exploitation,
dans laquelle la main-d’œuvre louée ne joue qu’un rôle subalterne. Le coût du
travail représente donc, avant tout, le coût du travail effectué par le fermier, et
— cela va sans dire — celui du travail des membres de sa famille.

Le tableau I met en regard le coût du travail et le coût total de la production ;
les chiffres donnés dans ce tableau ont été empruntés aux rapports détaillés
transmis par des fermiers. Le coût de la production englobe l’achat de bétail,
de fourrages, d’engrais, de semences, d’outils aratoires et les articles divers, mais
non les impôts ?; il comprend naturellement les salaires des travailleurs gagés,
ainsi qu’une estimation du salaire du fermier et des membres de sa famille. La
pension signifie la pension complète, et non pas simplement la valeur des aliments
et du combustible fournis par la ferme; il n’est pas tenu compte, cependant, du
logement.

1 UnirED SraTEs DEPARTMENT OF AGRICULTURE: Crops and Markets, vol. II, supplément 7,
juill. 1925, et vol. III, supplément 7, juill. 1926. On peut également consulter les tableaux,
chaque année, dans l’annuaire agricole ( Agricultural Yearbook). ÿ

3 Les impôts ont été éliminés du tableau par le Bureau international du Travail.

33
        <pb n="34" />
        mem JE vire
TABLEAU I. — RAPPORT DU COÛT DU TRAVAIL AU COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION,
1922-1925
C 1921-1922 | 1922-1923 | 1923-1924 | 1924-1925
CS (en dollars par ferme par année)
Travail loué:

salaires en espèces... . .. 331 350 384 386

Pension. .... 8... . 156 144 161 158
Main-d’œuvre familiale :

Salaires en espèces... . ..…. . . 716 870 789 793

Pension... 337 357 331 325
Coût total du travail (salaires en

espèces et pension) . ... . . . 1.540 1.721 1.665 , 1.662
Coût total de la production . +; 2.292 2.531 2499 =, 2.502
Pourcentage du coût total du travail

dans le coût de la production. . 67.0 6c.0 67.0 64,9
Pourcentage du coût du travail (sa-

laires en espèces seulement) dans

le coût total de la production . dou 1 600 _ 580, , 57,0

Les chiffres relatifs à la pension ont été calculés par le Bureau international
du Travail. Pour chacune des années mentionnées, le rapport entre le salaire
mensuel sans pension et le salaire mensuel avec pension a été calculé sur la base
d'un tableau des tarifs mensuels de salaires par ouvrier gagé. Etant admis que
tous les ouvriers gagés sont logés et nourris, la valeur de la pension a été déterminée
à l’aide du rapport susmentionné, appliqué au montant indiqué des salaires en
espèces. La même procédure a été suivie pour le travail de la famille. En réalité,
63% des travailleurs salariés, engagés dans les fermes des Etats-Unis, sont logés
et nourris; les pourcentages du coût du travail ont donc été calculés également
pour les travailleurs ne touchant qu’un salaire en espèces. De cette façon, on
a obtenu des pourcentages maxima et minima, et c’est entre ces deux niveaux
que doit être cherché le pourcentage réel.

Les tableaux II et III indiquent comment se répartit le rendement agricole
net. Dans le tableau II figurent tous les participants à la production, y compris
la collectivité et le capital étranger. Le tableau III ne montre que le revenu net
allant à l’exploitant (et à sa famille). Ce calcul a été établi à l’aide de deux méthodes :
dans un cas, a été déduit l’intérêt, à 4,5%, sur le capital de l’exploitant, et le solde
de la somme revenant à ce dernier est considéré comme la rémunération de son
travail manuel et de direction. Dans l’autre cas, on a déduit, en premier lieu,
une somme égale à celle que le fermier aurait gagnée comme travailleur salarié,
et le solde représente l’intérêt sur son capital. Le taux d’intérêt produit par ce

Joût
ç ee
of +, s
        <pb n="35" />
        AT

solde a été ajouté au tableau, et une comparaison a été établie avec les taux d’in-

térêt alloué aux autres capitaux placés dans l’agriculture. Ces deux méthodes

font ressortir un point soulevé dans l’introduction au présent mémoire, à savoir
que la rémunération totale revenant au fermier n’est souvent pas suffisante pour
lui assurer un intérêt'sur son capital et une rétribution de son travail, analogue

à celle allouée au travail salarié.

TABLEAU II. — RÉPARTITION DU RENDEMENT AGRICOLE NET, 1919-1926

TS Répartition du rendement net

_ Capital Exploitant (intérêts sur le

. Rendement t à î i éd
Années “totaimet Collectivité l'agrieuit. Propriétaire (brad dela dieetess | Travaileurs
(impôts) intérêtssur (loyer) tee = alaires)

hypothè- Sous forme | En cspète (salaires
ques, ete.) ! | | d’aliments? | * péces Lo

En millions de dollars

% |, 160 16% À % % %

1919-1920 12.413| 100| 388| 3,1| 787| 6,3| 1.712| 13,8| 2.887! 23,3 5.147| 41,5/ 1.492] 12,0

1920-1921 8.979| 100| 545] 6,1| 897| 9,9 1.399| 15,6 204 29,5: 1.761] 19,6/ 1.732| 19,3

1921-1922 6.766, 100| 582| 8,6) 840|12,4| 959| 14,2 2.129| 31,5| 1.168| 17,3/ 1.088 16,0

1922-1923 7.865| 100] 617 7,8] 809| 10,3| 1.014| 12,9 2.168 27,6| 2.196| 27,9) 1.061| 13,5

1923-1924 8.528| 100 626 1,3 '174| 9,1) 1.034| 12,1] 2.360 27,71 2.530] 29,7) 1.204| 14,1

1924-1925 9.138 100 635 69 Te6) 83 1.094/ 12,0| 2.327, 25,5 3-117| 34,1) 1.207 13.2

1925-1926 9.339| 100] 635| 6,8I 758 8,1/ 1.127! 12,1! 2.524| 27,0 3.079| 33,0: 1.216| 13,0
1 Voir les taux d’intérêts au tableau III.

2 Il n’est pas tenu compte de la rétribution allouée sous forme de logement.

TABLEAU II. — RÉPARTITION DE LA PART DU RENDEMENT AGRICOLE NET REVENANT
A L’EXPLOITANT, AVEC COMPARAISON DU TAUX D’INTÉRÊT DU CAPITAL DE
L’EXPLOITANT ET DU TAUX D’INTÉRÊT DES AUTRES CAPITAUX ENGAGÉS DANS
L’AGRICULTURE, 1919-1926

5 “Part de l'exploitant dans le rendement agricole net "aux d'intérêt

on alloné
#,|a |F-
tr reste LEO À Moine F5 8,1%:
moins inté-  nération | rémunération Sep 8:
es ; ste intérêt s =|6= | 55
pbs ru EE nv | CNE (RÉ LE (Et
à 4,5% et de sa | et de sa regard S'en |Er
direction direction g= BE sa
Éé ge #
Sc|s M
| patt y EE
pertetitie lavintéret
&gt; ue hs 15 PE Stay 8 % _

1919-1920 1.246 | 100 |329 | 26,4 ' 917 | 73,6/830! 66,6, 416| 33,4. 5,7 16,3| 6,7] 8,3

1920-1921 684 | 100 287 | 42,0 397 | 58,0 870 | 127,2 —186 | 4,2 10,51 7,0| 73

1921-1922 | 514/ 100 244 47,5 | 270 52,5 638 | 124,1 124 24,1 | 2,3 1,2/6,8/ 5,7

1922-1923 | 682 100 242 | 35,5 440 | 64,5]|1617 } 90,5 65 9,5 1,2 '3,2/6,8/6,2

1923—1924 766 100233 30,4 | 5331 69,6/1683 | 89,2 1 83| 10,8 1,6 ;3,5]| 6,6| 6,6

1924-1925 854 100230 26,9|1624 73,1|1691 80,9 163, 19,1 3,2 A 6,4, 7,1

1925-1926 — 879 100|231 26,3:648 73,7|699| 79,5 1801 205 3.5 44,6/ 6.4] 724

h
        <pb n="36" />
        ivre 309 00e
FRANCE
L'Office de renseignements agricoles du ministère de l’Agriculture s’est
efforcé, à trois reprises différentes, d’établir le bilan de l’agriculture française.
Les informations recueillies ont été reproduites dans une brochure publiée par
la Confédération nationale des associations agricoles !. Sur la base de ces infor-
mations, les deux tableaux ci-après ont été dressés, qui montrent le coût de la
production et la répartition du revenu agricole net, en 1912 et en 1924. L’année
1918, sur laquelle des renseignements ont été également recueillis par l’Office de
renseignements, n’a pas été comprise dans ces tableaux, étant donné qu’il s’agit
d’une année de guerre.
TABLEAU I. — COÛT DU TRAVAIL ET COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION DANS
L'AGRICULTURE FRANÇAISE
1912 , 1984
en millions de francs
Main-d’œuvre, rémunération des chefs d’exploitation, sala-
Tiés,ctos 4.4. ee 6.000 20.000
Paille, fourrage et aliments divers, produits sur l’exploita-
tion ou achetés au dehors . . . . ... 5.000 : 15.000
Semences . . - eu 383 1.333
Engroischimiques .°2°111 150 600
Frais généraux. . . . de dé cieis eus cût de cd dE AE 3.480 11.060
doial.... 1. 2 ee a CR af 15.013 47.993
Pourcentage du coût du travail dans le coût total de la
production. . - . ‘ see ; 40% 42%
Le poste relatif à la main-d’œuvre comprend apparemment toutes les formes
de travail. Le poste « fourrage et aliments divers » comprend les produits récoltés
dans l’exploitation et ceux achetés au dehors; il en est de même maintenant des
engrais, aucune estimation n’étant faite de la valeur du fumier de la ferme.
D'autre part, ce poste vise également l’intérêt du capital investi dans les engrais
chimiques. C’est là une méthode suivie habituellement en France et en Italie,
mais qui n’est pas toujours adoptée dans les autres pays. Au poste «semences »
1 CONFÉDÉRATION NATIONALE DES ASSOCIATIONS AGRICOLES: La situation actuelle de
l’agriculture française (mai 1926), 19 pp.
Cf. également l’article du prof. Maurice LAIR: « Les prix de revient agricoles et les béné-
fices de l’agriculture française », publié dans la Revue économique internationale, vol. III,
n°s 2 et 3, août, septembre 1925.
        <pb n="37" />
        0
ne figure que l’intérêt sur le capital employé à l’achat des semences; pour déter-
miner le coût de celles-ci, nous avons estimé que l'intérêt sur le capital «semences »
est analogue à celui qui a été adopté pour les autres formes du capital d’exercice,
c’est-à-dire 6%.

Les frais généraux comprennent, entre autres articles, les primes d’assurance-
accidents du personnel, qui devraient être, en réalité, ajoutées au coût du travail;
toutefois, il a été impossible de suivre cette procédure, car le montant de ces primes
n’est pas mentionné séparément.

Si l’on tient compte que la valeur d’une partie, tout au moins, des produits
consommés sur place est comprise dans le relevé des dépenses, on verra que le
pourcentage du coût du travail est relativement élevé; c’est là un fait qui, sans
aucun doute, doit être attribué à la fréquence, en France, des petites exploitations.

TABLEAU II. — RÉPARTITION DU REVENU NET DANS L'AGRICULTURE
FRANÇAISE

1912 | 1924
en millions de francs
inpois. ... 1°. A» 762 1.583

Loyer (à 3%) . . . . - ee 2.750 —
ou loyer (à 5%) . . ue 7.500
Intérêt sur les bâtiments, l’outillage, etc. à 6%. . . . 563 2.000
Rémunération du travail . . #04 6.000 20.000
Profits . . - te, 77 3.349
* Et tet ae Matte a Meet eee 10.847 34.432

Les impôts comprennent les impôts de tous genres payés par la population
agricole. Le loyer est évalué à 3% avant la guerre et à 5% après. En fixant le
loyer à 5% pour la période d’avant-guerre, l’exploitation agricole aurait été défi-
citaire (perte de 1.058.000.000 de francs); d’autre part, en le chiffrant à 3%, en
1924, on aurait presque doublé les profits indiqués dans le tableau (6.349.000.000
de francs). Le travail (travail loué et travail du fermier lui-même) a reçu, en 1912,
une rémunération correspondant à 55% du revenu total net. Ce pourcentage a
atteint, en 1924, 58%-

Des renseignements ont été également reçus, par l'intermédiaire de la
Confédération nationale des associations agricoles, sur le coût de la production
dans certaines exploitations prises isolément. Ces renseignements sont donnés
ici sous toute réserve, car le Bureau international du Travail a été obligé, pour
des raisons de commodité, de condenser les résultats des comptabilités distinctes

votal
        <pb n="38" />
        some SR rime
des diverses fermes — comptabilités dont le détail varie nécessairement. Le
Bureau a tenu compte, pour la préparation de ce résumé statistique, des principes
exposés dans l’introduction au présent mémoire. Ces informations présentent un
grand intérêt, en raison de la rareté des comptabilités agricoles en France.
TABLEAU III. — COÛT DU TRAVAIL ET COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION DANS
7 FERMES FRANÇAISES, PRINCIPALEMENT EN 1925
Pourcentage
Coût Goût du coût 5
; i . total de la )
- Superficie ; du travail Droduction travail dans
Départements (hectares) Années «pre le coût total
de la pro-
en francs par hectare duction
1. Aisne*. , 85 1925 1 OUR
ç 2 | av. la guerre
. Au EE =
4. Aude 5 laprès » 2.000 it
3. Haute-Garonne O21 | 1925 1.791 074.
4 ) 156 1925 1.165 536
. : 47 | 1925 = 1218 5
5, SI 1925 1.067
7 31,5 1925 1.000

! 65 hectares de betterave à sucre, 145 hectares de céréales.

? 20 hectares de vigne. L’installation de l’électricité dans l’exploitation, après la guerre,
a permis de diminuer la main-d’œuvre.

3 45 hectares de vigne.

* 21 hectares de vigne. Propriété d’une institution publique.

* 1,5 hectare de vigne. Propriété d'une institution publique.

* 1,0 hectare de vigne. Propriété d'une institution publique.

! 1,0 hectare de vigne. Propriété d’une institution publique.

On dispose également, en ce qui concerne la Haute-Garonne, de renseigne-
ments sur des fermes de trois catégories différentes, dont l’étendue est respec-
tivement de 25, 50 et 100 hectares!. Le sol, dans cette région, est modérément
fertile; on y pratique la culture et l’élevage, et les produits de la basse-cour,
qui contribuent à alimenter le grand marché parisien, présentent une certaine
importance. Les chiffres donnés n’ont trait, dans chaque cas, qu’à une ferme
seulement, mais on verra que deux exploitations ont été étudiées pour la caté-
gorie A; d’autre part, les produits consommés sur place ne figurent pas dans les
recettes. Ces fermes sont tout à fait représentatives de leur région et du genre
d'exploitation pratiqué dans des entreprises de cette étendue; elles sont gérées
directement par leur propriétaire. D’intéressantes statistiques supplémentaires

* Communication adressée au Bureau international du Travail par M. CAMMORANESI,
directeur-conseil de fermes situées dans les régions de Toulouse et de Villefranche-de-Lauragais.

“«
        <pb n="39" />
        2-2
ont été établies montrant quel aurait été le coût probable du travail si on avait
employé un système différent de main-d’œuvre; ces statistiques sont basées sur
l’expérience acquise dans la région, et c’est en raison de l’intérêt qu'offre cette
comparaison que nous présentons ici des chiffres détaillés.

Les deux principaux systèmes de main-d’œuvre consistent soit à engager
un maître-valet et sa famille, soit à prendre un métayer. Le maître-valet et les
autres membres de sa famille, de sexe masculin, reçoivent un salaire en espèces
d’environ 5 à 600 francs par an, un salaire en nature, 10% de certaines récoltes,
une part importante des produits de la basse-cour et certains autres bénéfices.
Les membres de la famille, de sexe féminin (travaillant chacun environ 50 jours
par an), sont payés à la journée. Les gains totaux en espèces du maître-valet
et de sa famille représentent environ un quart de la rémunération totale reçue
par eux (voir les chiffres plus loin).

Le métayer s'engage également à fournir le travail de sa famille tout entière.
Il n’est versé aucun salaire direct en espèces, même pour les services des membres
de la famille de sexe féminin ; la rémunération totale du métayer est fournie par
une partie de la production brute. Le métayer participe aux frais d’exploitation
(c’est là un autre point qui le distingue du maître-valet); il n’est pas censé être
responsable de la gestion de l’entreprise, mais, en pratique, la faculté lui est très
souvent laissée de diriger l’exploitation à son gré.

On calcule habituellement que le travail d’un adulte (homme) est nécessaire
pour l’exploitation de dix hectares, dans la plaine, et de huit hectares, dans les
collines.

CATÉGORIE À. — DEUX FERMES DE 25 HECTARES CHACUNE
Ferme n° 1 (en francs)
Production brute, valeur . . . . een 36.000
Frais d’exploitation, autres que le coût du travail . 15.000
Revenu net .…. 21.000

Les frais d’exploitation englobent les frais ordinaires et l’amortissement
(y compris l’amortissement des animaux de travail), ainsi que les impôts, mais
non, apparemment, les intérêts sur le fonds de roulement. Les frais d’exploitation
ne sont pas énumérés par article.

La rémunération du travail se répartit comme suit:

(en francs)!
d) Salaires en espèces. . . PE à 1.800
b) Salaires en nature (blé et vin). .… - 2 9.000
c) Part de certaines récoltes. . . sfr arts 6.700
Total... mise 5, 172,500
! Toutes les statistiques ont été établies en chiffres ronds.

0
        <pb n="40" />
        mc AE) ——

On voit que le travail absorbe une part considérable du revenu net; toutefois,
étant donné le caractère spécial des cultures entreprises et la nature quelque peu
sommaire de la comptabilité, il est prudent de ne pas établir de comparaison avec
l’exploitation d’autres fermes !.

Ferme n° 2

La comptabilité relative à cette ferme est plus complète; mais tout ce qui
a trait aux intérêts a également été omis; d’autre part, les sommes allouées pour
l’amortissement (200 fr.) et pour l’entretien des bâtiments et la perte de bétail
(200 fr.) paraissent très petites.

(en francs)

Production brute, valeur . . . . ..... 40.000
Frais d’exploitation autres que le coût du travail ? . ; 5.370
Revenu net . 34.630

La rémunération du travail se répartit comme suit:

d) Salaires en espèces . . . tas SR 1.800

b) Salaires en nature (blé et vin) . . Hi Crest oR 6.300

c) Part de certaines récoltes, etc. sais 7.510
1e 15.610

Le travail absorbe, ici, une part beaucoup moins élevée du revenu net, en
fait moins de 50%.

CATÉGORIE B. — UNE FERME DE 50 HECTARES

Dans cette exploitation, 20 hectares sont consacrés aux céréales ; 10, aux bette-
raves, etc.; 10,aux pâturages; 5 hectares sont occupés par les bois, les bâtiments,
etc.; et 5 hectares demeurent en jachère. Le cheptel vif comprend six bœufs,
huit vaches, deux juments et dix têtes de petit bétail.

(en francs)
Production brute, valeur . . . . “2 . 78.000
Frais d’exploitation, autres que le coût du travail, et
non compris les impôts . ete 18.250
Revenunet . .… . 59.750
:! Le maximum absolu des frais d’exploitation des fermes ordinaires de cette catégorie,
dans la région, est de 7.000 francs (voir le deuxième exemple).
? Y compris les impôts, 270 francs.
3 Y compris une somme de 3.000 francs représentant 50% du croît des animaux.

La
&lt;‘otal
        <pb n="41" />
        AS
L'intérêt, sur le fonds de roulement (100.000 francs) à 6%, s’élèverait à 6.000
francs, et le montant des impôts a été de 1.000 francs. La main-d’œuvre est fournie
par un maître-valet et sa famille, soit quatre hommes adultes employés conti-
nuellement et deux femmes adultes occupées une partie du temps seulement.
La rémunération du travail se répartit comme suit:
(en francs)
d) Salaires en espèces — hommes (à 600 francs par an) | 2.400
Salaires en espèces — femmes (à 10 fr. par jour,
total 100 jours) . - 1.000
b) Salaires en nature (blé et vin). . . ER 9.000
c) Part de certaines récoltes, etc. ! . de + 021-400
Pas et ls 33.800
On peut établir, comme suit, la répartition du revenu net:
Répartition du revenu net
Rémunération de l’exploitant
Revenu total net Rémunération
Impôts Intérêt sur le du travail
fonds Profits
de roulement
5 Fr. 4 ET ue PS4 Fr. | A) Fr. =} #
59.750 | 100 | 1.000 | 1,7 | 6.000 | 10 \18-950 | 31,7 |38.800 | 56,5

Les profits nets sur un capital immobilisé de 150.000 francs et un fonds de
roulement de 100.000 francs représenteraient un intérêt de 7,6 % par année (c'est-
à-dire en plus de l’intérêt à 6% sur le fonds de roulement qui figure dans le tableau
ci-dessus). Les profits englobent la rémunération pour le travail de direction du
propriétaire-exploitant.

On peut estimer à combien se seraient élevés les profits si la ferme avait été
exploitée d’après le système du métayage. Cette évaluation est fondée sur l’ex-
périence, acquise dans la région, du métayage dans les fermes d’une étendue sem-
blable.

Si l’on admet que la production brute et les frais d’exploitation demeurent
les mêmes que ceux indiqués dans les tableaux ci-dessus, on constate que:

1 Ÿ compris une somme de 7.500 francs, représentant 50% du profit brut sur le bétail, et
une somme de 3.000 francs, représentant 50% du profit brut de la basse-cour.

‘ocal
        <pb n="42" />
        — #2 —
(en francs)
le propriétaire de la métairie aurait pris la moitié des
profits bruts, soit . : . - - 39.000
il aurait payé la moitié des frais d'exploitation, soit 9.125
il aurait payé la totalité des impôts. .. 1 1... 1.000
il aurait avancé tout le fonds de roulement L, considérant
ainsi que de sa part se trouverait déduit l’intérêt
sur ce fonds, soit, à 6%. . . . 6.000
autotal 2 16.125
ce qui lui aurait donné comme part du revenu net. . 29.875
soit un bénéfice de 9,2%, sur son capital total (capital immobilisé et fonds de rou-
lement).
Le métayer et sa famille auraient reçu la moitié des (en francs)
profits bruts, soit. . . . . _ tt 4 ee 99.000
ils auraient payé la moitié des frais d’exploitation, soit 9.125
touchant, par conséquent, comme part du revenu net 29.875
soit une somme inférieure d’un peu moins de 4.000 francs à celle qu’ils ont touché
en qualité de travailleurs salariés.

Il est intéressant de constater que la rémunération du travailleur, engagé
comme métayer, est inférieure de 8% à celle qui lui est assurée comme salarié.
D'autre part, il importe de souligner que la rémunération qui est ostensiblement
allouée au maître-valet et à sa famille, comme salaire fixe pour leur travail, est,
en réalité, loin d’avoir ce caractère. La coutume s'établit de plus en plus d’em-
ployer le système du métayage pour payer le travail loué. C’est ainsi que les postes
importants de 7.500 francs et de 3.000 francs, qui représentent ensemble pas
moins d’un tiers de la rémunération du maître-valet et de sa famille, ne sont pas
des gages, mais constituent une part des profits, calculée d’après le système du
métayage qui prévaut dans la région. On déclare que la grande pénurie de main-
d'œuvre agricole amène couramment les agriculteurs à offrir ces avantages, même
lorsque le travailleur est un maître-valet et non un métayer ordinaire. Il est
clair que le système du métayage seul est moins avantageux pour le travailleur
que ce système mixte de travail salarié et de participation aux profits; et l’on
ne saurait dire que cette différence est due tout entière au fait qu’avec le système
du métayage, le travail des femmes est fourni « par-dessus le marché », car ce travail
ne représente qu’une somme de 1.000 francs dans la rémunération totale de la
famille du maître-valet 2.

! C’est là une coutume qui n’est pas rare dans la région.
? Voir l’opinion contradictoire exprimée dans le chapitre sur l’Italie, où il est dit que le
système du métayage est plus avantageux pour le travailleur agricole que l’emploi à salaire.
        <pb n="43" />
        _—- 43 —
CATÉGORIE C. —- UNE FERME DE 100 HECTARES
Dans cette ferme, 40 hectares sont consacrés aux céréales; 20, aux betteraves,
etc.; 20, aux pâturages; 5 hectares sont occupés par les bois, les bâtiments, etc.
et 10 hectares demeurent en jachère. Le cheptel vif comprend 10 bœuïs, 8 vaches,
4 juments et 20 têtes de petit bétail.
(en francs)
Production brute, valeur . . . - - s.... - . 140.500
Frais d’exploitation, autres que le coût du travail et
non compris les impôts . . . . .. 38.500
Revenunet . . . . . 102.000
L’intérêt, sur le fonds de roulement (170.000 francs) à 6%, s’élèverait à
10.200 francs, et le montant des impôts a été de 1.500 francs. La main-d'œuvre
est fournie par un ou deux maîtres-valets avec famille, soit en tout 10 hommes
adultes, employés continuellement, et 5 femmes adultes, occupées une partie du
temps seulement.
La rémunération du travail se répartit comme suit:
(en francs)
a) Salaires en espèces — hommes (à 600 francs par an) 6.000
Salaires en espèces — femmes (à 10 francs par jour,
total 200 jours) . . .… . . vil 2.000
b) Salaires en nature (blé et vin). . . . 22.500
c) Part de certaines récoltes, etc! .. . . . . . . 37.710
Total 68.210
On peut établir comme suit la répartition du revenu net:
Répartition du revenu net
Rémunération de l'exploitant
Revenu total net Rémunération
Impôts Intérêt sur le du travail
fonds Profits
de roulement
TT, . Tr Par. mé Pen Fra Ps
102.000 | 100 | 1.500 | 15 | 10.200 | 100 22.090 | 21,6 | 68.210 | 66,9
TE 2 —_ 2 2 ete née
! Ÿ compris une somme de 10.000 francs représentant 50 % des profits bruts sur le bétail,
et une somme de 5.000 francs représentant 50% du profit brut de la basse-cour.
        <pb n="44" />
        A4
Les profits nets sur un capital immobilisé de 250.000 et un fonds de roulement
de 170.000 francs représenteraient un intérêt de 5,3%, par année (c’est-à-dire
en plus de l’intérêt sur le fonds de roulement qui figure dans le tableau ci-dessus).
Les profits englobent la rémunération du travail de direction du propriétaire-
exploitant.
Dans ce cas également, une estimation peut être faite des profits qui auraient
été réalisés avec le système du métayage.
(en francs)
Le propriétaire aurait pris la moitié des profits bruts,
sait... sat . - 70.250
Il aurait payé la moitié des frais d’exploitation, soit 19.250
Il aurait payé tous lesimpôts . . .. . . . . . .. 1.500
Il aurait avancé tout le fonds de roulement, considé-
rant ainsi que de sa part se trouverait déduit l’in-
térêt sur ce fonds, soit à 64. . . . 1. 2.1 1 1. 7.800
aufoiali. . .…. - - 28.550
Ce qui lui aurait donné comme part du revenu net 41.700
soit un bénéfice de 19,7% sur son capital total (capital immobilisé et fonds de
roulement).
(en francs)
Les travailleurs (3 métayers et leurs familles) auraient
touché la moitié des profits bruts, soit. . . . . . 70.250
Ils auraient payé la moitié des frais d’exploitation,
soit. . . - .°. 19.250
Recevant, par conséquent, comme part du revenu net 51.000
soit une somme inférieure de plus de 17.000 francs (plus de 20 %) à celle qu’ils ont
touchée en qualité de travailleurs salariés. Les observations, présentées dans le
cas de l'exploitation de la catégorie B, s’appliquent donc ici avec plus de force
encore.
        <pb n="45" />
        — 45 —
GRANDE-BRETAGNE
Angleterre

On possède, sur le coût du travail dans l’agriculture, des informations éparses
qui remontent jusqu’à 1868. On trouvera un résumé d’une grande partie de cette
documentation dans un article de W. H. R. Curtler!, qui montre dans quelle large
mesure le montant des salaires, par acre de terrain, varie dans l’agriculture anglaise,
suivant le caractère de l’exploitation. En 1913-1914, les salaires payés dans les
fermes mixtes typiques varient de £1 à £1 7s. 10 d. par acre, atteignant jusqu’à
£11 4s. dans la culture des fruits et £24 14s. 10 d. dans les houblonnières.
Cette divergence considérable du coût absolu du travail par acre — qui caractérise
encore l’agriculture anglaise — de même que la décentralisation de l’étude des
comptabilités agricoles, en Angleterre, ne permettent guère que de donner un
choix des résultats connus, sans viser à une vue d'ensemble.

Les informations que l’on peut communiquer, en premier lieu, consistent en
statistiques qui ont été souvent citées, car elles montrent la répartition propor-
tionnelle du revenu agricole net entre les participants à la production, pendant la
période écoulée de 1913-1914 à 1919-1920. Le rendement net est calculé de la
manière ordinaire, mais on a retranché 30% ? de la part du propriétaire pour les
travaux de réparation et de transformation qui ont censé avoir été effectués,
ainsi qu’une somme représentant 7% d’intérêt sur le capital du fermier. Le
solde est considéré comme constituant, au sens strict, le revenu net. Avant la
guerre, on estimait que ce revenu se répartissait à peu près comme suit, avec de
légères variantes dans certains cas: fermier, 40%; travailleurs, 40%; pro-
priétaire, 20% *.

Si l’on admet que le rendement obtenu en 1913-1914 correspond à celui d’une
année normale et qu’il peut être représenté par le chiffre 100, il est possible de
dresser un tableau montrant la diminution ou l’augmentation de la part de chacun
des facteurs de la production, depuis cette année jusqu’à 1919-1920. Les chiffres
sont ceux de l’exploitation d’une ferme du Midlands oriental.

1 «Enquête sur le taux des salaires par acre en Angleterre en 1913-1914 », par W. H. R.
CurrLer. Bulletin des Institutions économiques et sociales, 1916. Août, pp- 85-104, et octobre,
pp. 94-111. Cf. également: J. A. VENN, Foundations of Agricultural Economics, Cambridge
University Press, 1923, PP- 237 et suiv., qui contient certaines observations sur les conclusions
de M. Curtler. Depuis la publication de l’article de M. Curtler, la Commission royale d’agri-
culture de 1919 a rendu public son rapport. Toutefois, comme la documentation que renferme ce
travail sur le coût de l’agriculture a trait dans une large mesure à des années de guerre, nous
avons cru préférable de nous baser, dans l’ensemble, pour la préparation du présent mémoire,
sur des informations plus récentes.

? Chiffre établi à la suite d’une enquête effectuée par la « Land Agent’s Society », en 1909,
et qui a porté sur 224 exploitations et 2 millions d’acres.

3 Il importe de tenir compte de ce retranchement d’intérêts du «revenu net», en procédant
à des comparaisons avec les autres tableaux donnés dans le présent mémoire.

« Cf. C. S. Orwin: Farming Costs, Oxford University Press, 1921, pp. 109 et suiv.
        <pb n="46" />
        — 1
TABLEAU I. — RÉPARTITION DU PROFIT AGRICOLE NET D’UNE FERME DU MIDLANDS
ORIENTAL, DE 1913-1914 a 1919-1920 1
19157 | SE | 1915- | 1916- | 1917- | 1918- | 1919-
5 1916 1917 1918 1919 1920
Propriétaire . . . 100 97 | 945 90,5 90 87 89
Fermier. . . . . 100 194,5 / 108 , 115 111 115 109
Travailleur gagé . 100 ge ous 95 99,5 98,5 103

! Ces chiffres sont tirés d’un graphique publié dans le livre de M. ORWIN.

Les chiffres cités ici offrent peut-être le meilleur exemple qui existe à l’heure
actuelle des répercussions de la législation (institution des conseils de salaires
agricoles en vertu des lois sur la production des céréales) sur les salaires dans
l’agriculture et sur le coût relatif du travail. Jusqu’à ce qu’aient été rendues les
ordonnances relatives aux salaires, les fermiers réalisaient un gain sensible aux
dépens des propriétaires et des travailleurs. Ces ordonnances ont eu pour résultat
de protéger les droits des travailleurs, mais elles n’ont pas modifié la situation des
propriétaires !.

On peut se fonder, sans doute, avec plus de certitude sur les chiffres relatifs
à un grand nombre de faits, que l’on réunit peu à peu dans les cinq centres d’où
est parti le mouvement en faveur de la comptabilité agricole en Angleterre, c’est-
à-dire à Cambridge, Leeds, Oxford, Reading et Wye. On s’occupe tout particu-
lièrement, dans chacun de ces endroits, du relevé analytique du coût de la pro-
duction distincte de certains produits.

L’« Agricultural Economies Research Institute », d’Oxford, a fait une enquête
sur les aspects économiques de l’agriculture dans les Midlands 2 Les fermes
étudiées sont groupées d’après le district, l’étendue et le genre d’exploitation ;
l'enquête distingue entre les types suivants: les fermes «arables », c’est-à-dire
ayant plus de 60% de terres cultivables; les fermes «mixtes », ayant de 40 à
60% de terres cultivables ; les fermes «à pâturages », dont la proportion de terres
cultivables est inférieure à 40%, et enfin les entreprises d’industrie laitière. Les
éléments du coût de la production sont: les loyers, les impôts locaux, les salaires,
l’achat des engrais, l’alimentation du bétail et les dépenses diverses. Le tableau II
montre le pourcentage du coût du travail dans le coût total de la production.

! Le fait que le chiffres ont trait aux années de guerre et qu’ils ne concernent qu’une seule
ferme présente des inconvénients; les résultats produits par l’application de la loi de 1924 sur
la réglementation des salaires agricoles offriront à l’avenir une meilleure documentation.
in re ation sur le coût du travail communiqués spécialement au Bureau international
        <pb n="47" />
        mostte 4
TABLEAU II. — POURCENTAGE DU COÛT DU TRAVAIL DANS LE COÛT TOTAL DE LA
PRODUCTION (FERMES ANGLAISES DES MIDLANDS). CLASSIFICATION D’APRÈS
LA SUPERFICIE ET LE CARACTÈRE DES EXPLOITATIONS
Dépenses, y compris la rémunération
Nombre de Bispque du travail de la famille
Etendue fermes pat par grou- ou Travail loué et travail de la famille
grou pements Tous een
pensent (en acres) | les Postes Montant | Pourcent. !
_ (par 1.000 acres) 1
A. D’après la superficie €
South Oxfordshire
(acres)
6-50 #0 0e 25 831 9.535 3.793 39,8
50-100 . . . . - Ë 26 1.755 7.157 2.974 41,5
100-150 .. . - - - , + 23 2.888 6.722 2.531 37,5
150-200... 26 4.419 6.145 | 2.345 38,2
200-300... - ESA 28 6.620 5.741 | 1.935 33,1
300-500 &gt;. +. - SE 26 9.758 5.333 | 1.806 33,8
500 et plus. . 10 7.532 5.450 1.869 34.5
South-East Oxfordshire
0-50... ete 33 724 11.300 5.118 45,3
50-100 1. EL” 21 1.693 8.450 2.595 34,5
100-150 a) : TUE 15 LY7 6.850 2.587 36,3
150-200 . . . . ee 6 1.054 5.800 2.575 44,4
200-300... .- 1... - 21 5.138 7.250 2.712 37.4
300-590... .. +. + . 14 5.026 6.100 2.250 36,9
500 et plus. . . - CEE 11 8.404 5.050 1.934 38.3
Wiltshire
0-100 set etes se 404 60 3.894 11.727 3.387 28,8
100-300 ... .. . 4 118 21.622 7171 1.756 24,5
300-500 22 10.100 6.091 1.838 30,2
Vallée de la Tamise du North Berk-
shire et du South Oxfordshire
ÿ-100-; ; +. "wma 8e 24 1.526 7.587 3.460 45,7
190-300 . . . . /- M ES 24 4.464 5.646 2.541 45,1
300-500 … .… +. ++— 19 7.819 4.958 1.942 39,2
500 et plus. .  - 21 15.375 5.255 2.043 38.9
B. D’après le caractère de l’exploi-
tation
South Oxfordshire
Fermes arables . . -. - .… 34 9.100 5.323 1.981 371.2
Fermes. .…. . a 24 6.296 5472 1.959 35,8
Entreprises d’industrie laitière . . 84 13.898 6.231 2.261 36,2
Fermes à pâturages . . . . . 14 2.545 5.092 1.345 26.4
South-East Oxfordshire
Fermes arables . .. . . - .- 2/ 7.094 4.475 1.859 41,3
Entreprises d’industrie laitière . . 78 14.550 7.102 2.646 37,3
Fermes à pâturages . . . - 1R 1.793 7.502 2.008 26.7
Wiltshire ;
Entreprises d’industrie laitière . 200 35.616 7,303 1.957 26.6
1 Pondérés d’après la superficie des fermes étudiées.
        <pb n="48" />
        +1" —

Le tableau ITI donne un résumé des chiffres du tableau II, groupés d’après
l’étendue des fermes, puis d’après leur caractère.

TABLEAU III. — POURCENTAGE DU COÛT DU TRAVAIL DANS LE COÛT TOTAL DE LA

PRODUCTION DANS DES FERMES ANGLAISES DES MIDLANDS, CLASSÉES D’APRÈS

LA SUPERFICIE ET LA NATURE DE L’EXPLOITATION (RÉSUMÉ)

: : Pourcentage du coût du
Supetiicie de: formes ; Nombre des fermes travail dans le coût
et caractères des exploitations total de la production
Superficie des fermes :

0-100 acres . . - Be 189 36,3
100-300 +: . .. FR 261 34,9
sSOHS06 + 1e 1 81 34,4
500 1 ee 42 37,6

Ensemble des fermes . . . . . . . 578 35.6
Caractère des exploitations :
Fermes arables. . . . . Se : 38.9
Fermes mixtes (agriculture et
élevage). . ……. -. .…. … 2 35,8
Entreprises d’industrie laitière 364 31.1
Fermes à pâturages. . ... . 3. 2.5
4

+ A l’exception des fermes du Wiltshire, qui comportent principalement des prairies et
sont consacrées dans une large mesure à la production laitière.

Il appert des tableaux I et II, pris ensemble, que le pourcentage du coût
du travail dans le coût total de la production est, ainsi que l’on devait s’y attendre,
plus élevé dans les fermes « arables » que dans les autres exploitations. Le coût
du travail est également plus élevé proportionnellement dans les petites fermes
que dans les grandes; la chute du coût du travail est particulièrement marquée
dans les fermes de plus de 200 acres (le South-East Oxfordshire constitue une
exception); mais le coût commence à augmenter à nouveau lorsque les fermes
dépassent 500 acres. Toutefois, ce mouvement général ne se manifeste pas dans
le cas des fermes à pâturage et des entreprises d’industrie laitière du Wiltshire
où l’augmentation ou la diminution du coût du travail ne sont pas aussi étroite-
ment liées à l’étendue des fermes.
        <pb n="49" />
        49 Le

Les recherches effectuées par Cambridge, dans les comtés de l’est, permettent
d’établir un autre groupe de statistiques !. Mais, pour apprécier à leur juste valeur
les chiffres reproduits plus loin, il est nécessaire de se reporter aux sources originales
de documentation et de tenir compte du fait que les moyennes ont été établies à
l’aide d’informations relativement peu nombreuses. Les rapports 1 et 3 ont trait
aux mêmes fermes étudiées pendant deux années (au cours de cette période, cepen-
dant, deux fermes ont été retranchées et trois ont été ajoutées); le rapport 2 vise
un groupe de fermes différentes. Il n’est tenu compte du travail de l’exploitant
que dans le rapport 3 seulement, ce qui explique naturellement le pourcentage
élevé du coût du travail, dans le coût total de la production, qu’indique ce rapport ;
l’estimation du coût du travail de l’occupant a été faite en lui allouant £2 par
semaine pour son travail manuel et £200 par an pour son travail de direction.
L’absence de toute évaluation du travail de l’exploitant, dans les rapports 1 et 2,
est particulièrement importante en ce qui concerne certaines des fermes les plus
petites (en général l’étendue des fermes diffère sensiblement) ?. Les salaires com-
prennent le loyer des cottages, les allocations en nature et la prime d’assurance
des travailleurs, mais il n’est pas tenu compte du paiement du travail occasionnel,
qui d’ailleurs n’a pas une grande importance. Les dépenses comprennent le loyer
de l’exploitation et les impôts, mais en établissant le tableau montrant la répar-
tition du revenu, ces articles ont été rétablis dans la colonne du «revenu du pro-
priétaire »?.

1 CAMBRIDGE UNIVERSITY, SCHOOL OF AGRICULTURE, FARM Economics BRANCH: An
Economic and Financial Analysis of Fourteen East Anglian Farms in 1923-1924, par J. A.
VENN, M. A, 10 pp., tableaux; même étude portant sur la période 1924-1925, 15 pp, tableaux
(ces deux études sont désignées sous le nom de rapport 1 et rapport 3); cf. également An
Economic and Financial Analysis of Six Eastern Counties Farms in 1924-1925, par J. A. VENN,
M.A. et R. Mcb. CarsLaw. B.A.. 12 pp. tableaux (cette étude est désignée sous le nom de
rapport 2).

* Les superficies totales étaient : rapport 1 (14 fermes) 2.748 acres (moyenne 196 acres;
exploitation la plus petite, 30 acres; exploitation la plus grande, 559 acres); rapport 3
gs fermes, pour la plupart semblables aux exploitations visées dans le rapport 1), 3.217 acres
Moyenne 214 acres et demie; exploitation la plus petite, 33 acres; exploitation la plus grande,
647 ‘acres); rapport 2 (6 fermes) 5.037 acres (moyenne 439 acres et demie: exploitation la plus
Petite, 298 acres; exploitation la plus grande, 1.702 acres).

3 Dans ce tableau, il n’a pas été possible de séparer les impôts locaux (revenu de la col-
lectivité) du loyer (revenu du propriétaire), ni de séparer l’intérêt sur le capital emprunté (habi-
tuellement considéré comme un élément du coût et non du revenu) de l’intérêt calculé sur le
capital du locataire ou l’actif du fermier. L’intérêt sur le capital emprunté peut être évidem-
Ment considéré comme élément du revenu, mais comme revenu allant à la banque ou au
préteur, et non au fermier ayant emprunté. Le rapport 1 ne permet pas d’établir la répartition

U revenu.
        <pb n="50" />
        =
TABLEAU IV. — RAPPORT DU COUT DU TRAVAIL AU COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION
DANS 14, 15 ET 6 FERMES ANGLAISES !
Rapport 1 et 3: Fermes de Pa East Anglia»
Déboursés totaux Pourcentage “
Nombre ail
Caractère des exploitations die ferues = GE 09 Pravail par are és ect
Total Par acre de la produ©
1923-|1924-, 1928- | 1924- | 1923- 1924- 1923- 1924- 1923-1924
L 1904 | 19251 1924 | 1925 1924 | 1925 _1924 | 1925 Lou | 1426
4 £ 4 s d|£ s d. £.s.d. £ s d
Sol compact: terres ara-
bles Gnixtes) . . . . 4 3 8216) G-6G28/14 17 712 2 4 87: 44 513 22,6 | 26,
Sol de compacité ;
moyenne: ‘Terres ara-
bles (mixtes) et indus- ;
trie laitière . .…… 4 ripi 7.387| 17.204|10 0 SilL 17 11, 2 5 6 3 13 107/2|22,7 | 314
Sol léger: terres arables
(mixtes) industrie lai-
tière et élevage de
moutons... . . .. 6 5 13.017] 10.914 S 18 51818 4 118 e 2 0 11 \2L,8 | 223
Ensemble des fermes . 14 | 15 | 28.620) 34.746|10 8 3/10 1811 |2 510} 83 1 2 129,0 | 27
“Rapport 2: Fermes des « Eastern Counties »
Terres arables (mixtes) et prairies 14.093 —-; [6. 9 L0 — 2,0 6 — 155
Prairios.…. . - ++ 12.158| _ 4 410 — |111 7 |—|37
Ensemble des fermes . . 26.251! 5 14 10 me + 176 — | 32
eee _ — —
L Calculs établis en partie par le Bureau international du Travail. Les moyennes données par acre sont des
moyennes arithmétiques des fermes, non pondérées d’après la superficie.
TABLEAU V. — RÉPARTITION DU REVENU NET DE 15 ET DE
6 FERMES ANGLAISES, 1924-1925
Fe part 31 Fermes de Pa. East Anglia »
Répartition du revenu net entre
Nom- —— mn Toni
bre Revenu le propriétaire l’exploitant le travaille
Caractère de total A LE  — . À —__ Gegé &gt;
de l’exploitation Rémuné-'
fer- net Loyer Intérêt ration du Salaires, loys
mes et impôts sur le travail et| Profits | Ensemble de l’habitatio”
locaux capital* de la assurance
ete = direction = ;
= % 5 % : é 9
Sol compact: terres , | , E “ ; $ 4-# ;
arables (mixtes) . 3 2.345 100] 773, | 33 503 504 1.301 294 | 12 1.866 ! 79
Sol de compacité
moyenne: terres
arables (mixtes) et
industrie laitière .| 7 11.167| 100| 2.001 18 1.351 860 6400 2.851125 6.315 5
Sol léger : terres
arables (mixtes)
industrie laitière
et élevage des
moutons . . . ., 5 PE —æ 1751 20) 75 876 255 5082 | 84 | 5206 | 36
Ensemble des em 15 | 22.451 100| 4.525 | 20 | 2.607 | 2.240 | 1.692 | 6.539 | 20 | 11.387 | 5°
"Rapport 2: Fermes des « Eastern Counties »
Terres arables (mix-
tes) et prairies . 4 7.865 100| 1.823 ' 23 | 1.227 764 1,991 | 25 | 4.051 52
Prairies. . . . . 2 7.288 _100 2.193 30 928 348 580 8) 4.515 62
Ensemble desfermes| 6 | 15.153| 100| 4.016 | 26 | 2.155 416 * 2571 | 17 |- 8.566 5
L Ÿ compris l’intérêt sur le capital emprunté. * Calculs établis en partie par le Bureau international du Travail.

A0
        <pb n="51" />
        »

Nous arriverons maintenant aux exemples de relevés analytiques du coût
de revient de certains produits, tenus dans les centres de comptabilité agricole
d’Angleterre. Les difficultés que présente ce genre de comptabilité sont bien con-
nues. Pour pouvoir juger en toute impartialité ces relevés, chacun d’eux devrait
être reproduit séparément et accompagné de tous les détails utiles sur les méthodes
suivies, car c’est précisément à ces détails que les résultats empruntent leur signi-
fication; mais c’est là une procédure que ne permet pas de suivre l’espace dont
nous disposons dans le présent mémoire. Afin de ne pas omettre, toutefois, ce
genre de comptabilité, qui pourrait jouer un rôle important en corrigeant et en
complétant les autres comptes, nous donnons ci-après quelques exemples des
informations que l’on possède !.

En ce qui concerne le Yorkshire, des enquêtes sur le coût de production du
lait sont effectuées par le centre de Leeds depuis 1908 ?. Ces recherches ont mis
en évidence la variété extraordinaire du coût du travail que l’on constate, en
Angleterre, d’une ferme à l’autre, dans la même région et pour les mêmes tâches.
Une enquête faite en 1916-1917 (14 troupeaux) a montré que le coût annuel du
travail variait d’un minimum de £4 4s. 3 d. par vache (11/2 d. par gallon) à un
maximum de £10 7s. 9 d. par vache (4 d. par gallon). Cette variation peut être
attribuée en partie à la divergence des tarifs de salaires en vigueur (qui allaient
de 26 s. à 40 s., par semaine, pour les adultes hommes), divergence due elle-même
au fait que certaines des fermes étaient situées à proximité de districts industriels
où les salaires étaient plus élevés. Néanmoins, «cette divergence des tarifs de
salaires ne constituait pas un facteur aussi important, dans la variation du coût
du travail, que la quantité relative de travail employée pour l’entretien des
vaches », et cette variation continua même après que le Conseil des salaires du
Yorkshire eut établi des tarifs uniformes. Le tableau ci-après se passe de
commentaires.

1 Cf. pour l’étudè d’informations supplémentaires The Royal Commission on Agriculture
1919, Minutes of Evidence, 5 vol, Londres, H. M. Stationery Office, 1919, ainsi que diverses
autres sources de documentation.

? Journal of Ministry of Agriculture, août 1922, pp. 411-419: « The Cost of Manual Labour
in Milk Production », par A. G. RusToN et R. S. SETON. Voir également : UNIVERSITY 0F LEEDS
AND YORKSHIRE COUNCIL FOR AGRICULTURAL EDUCATION, Factors influencing the Cost of
Production of Milk; Leeds, Jowett and Sowry, 1921, 46 pp-

A1
        <pb n="52" />
        ss RE
TABLEAU VI. — COMPARAISON DE LA QUANTITÉ ET DU COÛT DU TRAVAIL, POUR
LA PRODUCTION DU LAIT, DANS ll FERMES DU YORKSHIRE, EN 1916-1917
ET 1919-1920
Nombre moyen Coût du travail par gallon de lait
de vaches soignées _
Numéro du troupeau par un homme 1916-1917 1919-1920 ;
Été 3 Hiver Été | Hiver | Été | Hiver
s SS Pence TT -
A EE 29 , 16 : ne, q 4'/s |
ass EC 1 1 MAS AL 1S 1'/a 2'la 39/4 |
L és M EE 1'/2 5. 3 VV #h

a 111 ED 14 Ve 2h 1

AN RES 17 13 15/4 S 3'/e 5'/2

ist ae ee 17 1 17/, SF =

Av 0 TN 1 = A de G
Fes ae ee 15 Ï Ô - “la
da 4 3e 4 rte DR 1" : 2 Ja 84 2 8/4
a a A 4 :. ss; 1s.0%/4
pe LS .. x 1s.0*/2
Moyenne . . . .

Les. enquêtes ont montré, en outre, le rapport du travail «direct » au” travail
«indirect ». Le travail direct comprend la traite, le nourrissage, le nettoyage des
étables, le soin des litières, l’échaudage et le nettoyage des ustensiles à lait et les
soins aux taureaux; le travail indirect 'est celui qui consiste à produire” dans
l'exploitation les aliments donnés aux vaches. Lorsque la consommation (des
aliments produits sur place est importante (ce qui est le cas pour les laiteries
ayant leurs propres troupeaux), le coût du travail indirect représente une partie
considérable du coût total du travail. Le petit tableau ci-après fournit un exemple
des moyens à la disposition des enquêteurs pour établir le pourcentage du coût
du travail dans le coût total de la production ; nous le donnons à titre documentaire.
Il serait encore plus complet si l’on avait déterminé les pourcentages respectifs du
travail direct et du travail indirect.
        <pb n="53" />
        es
TABLEAU VII. — POURCENTAGES DU COÛT : à) DU TRAVAIL DIRECT ET b) DU
TRAVAIL INDIRECT, DANS: d) LE COÛT TOTAL BRUT DE LA PRODUCTION, b) LE
COÛT TOTAL BRUT MOINS LE LOYER ET LES IMPÔTS ET C) LE COÛT TOTAL FINAL
DE LA PRODUCTION DU LAIT DANS 22 FERMES DU YORKSHIRE, 1919-1920
z Moyenne Pourcentages du coût du travaildans
ss TR tion da le coût brut moins le loyer | le coût final
par vache gallon de lait et Les upéts
Travail : à. a
direct. . . . 10. 3. 4 4/2
indireat.. 1 3 5 7 1 pour l’entretien
: des vaches
Ensemble... . . 13 811 5°Ja
Loyer et impôts locaux . 4 2 9 1'/&gt; 30$ j. 834 |. 954
Coût total brut. . .. . 44. 1 6 1. 6/ par gallon de lait
Plus amortissement des
vaches .. 48 0 V S/, 311.1 988 | 288
Coût total final. . - ...52 16) | 10
Le tableau VIII montre les pourcentages du coût du travail dans le coût
de la production, pour un certain nombre de fermes, en ce qui concerne des récoltes
et produits distincts. En raison de l’impossibilité de se procurer, pour chacune
de ces fermes, des chiffres réels par acre, en livres, shillings et pence, seuls des
pourcentages ont été donnés. Le coût de la production comprend le loyer et les
impôts locaux (mais non l’achat de bétail pour le compte dait»); il y a lieu, d'autre
part, de tenir compte du fait que certaines évaluations sont incertaines. Le tableau,
qui a été dressé à l’aide d’informations provenant de deux sources différentes,
servira à montrer les différents pourcentages auxquels on arrive en étudiant la
situation pour des années diverses et des régions différentes du pays. Ce tableau
a pour objet de prouver deux points, à savoir: a) qu’il est possible de déterminer
lesdits pourcentages ou tout au moins de les évaluer avec une précision satisfai-
sante, b) qu’un grand nombre d’informations devront être recueillies, et que l’on
aura probablement à s’accorder sur certaines questions de détail controversées 1,
avant que les résultats obtenus puissent servir de base à d’autres conclusions.
Néanmoins, ainsi que nous l’avons déjà dit, il importe de ne pas perdre de vue la
valeur des comptabilités relatives à des récoltes et produits distincts en examinant
le coût du travail dans l’agriculture. Il serait certainement de la plus grande utilité
que les producteurs d’une denrée de consommation générale, telle que le blé,
1 Des efforts spéciaux dans ce sens sont faits actuellement dans les différents centres de
comptabilité agricole d’Angleterre.

13
Là
        <pb n="54" />
        puissent dire quel est, par hectolitre, dans les différentes parties du monde, le

rapport du coût du travail aux autres coûts de la production *.

TABLEAU VIII. — POURCENTAGES DU COÛT DU TRAVAIL DANS LE COÛT TOTAL DE
LA PRODUCTION DE CERTAINES RÉCOLTES ET PRODUITS EN ANGLETERRE
(QUELQUES EXEMPLES SEULEMENT)!

Récoltes _ Pourcentages

Fermes Numéros + 4 : ‘

( Midlands*) ï

Blé... - 7 18 16

Orge .. . .. » ; 2e

Avoine . - . - — [ = —

Betteraves. . . a S ;

Autres racines . Lu - - = Ë

Fermes Numéros 2 a; 8 dun, Er

Lait... 29 26 28 =. ,

10 fermes ( Yorkshire), 175 acres — 1919? — =

%/, du coût brut moins l’engrais
°/, du coût brut demeuré dans le sol

Blé... 25,9 25

12 fermes ( Yorkshire), 175 acres — 1919?

Avoine +. 30.1 2
1 Communication de l’« Agricultural Economics Research Institute », Oxford, au Bureau

international du Travail.

$ AGRICULTURAL EDUCATION AssOCIATION : Procès-verbal de l’Assemblée générale an-
nuelle, 1921 : « The Cost of Production of Wheat and Oats », par Arthur G. RUsTON.
Ecosse

La Commission d’économie et de comptabilité agricoles, nommée récemment
par le Conseil d’agriculture d’Ecosse, examine dans son rapport * les bases sur
lesquelles la comptabilité agricole pourrait être instituée, en Ecosse, sur une
assez large échelle, et elle s’occupe spécialement de nombreuses questions touchant
le travail, qui ont été soulevées dans l’introduction au présent mémoire.

! On trouvera une étude plus détaillée du coût du travail en agriculture, accompagnée
de l’examen de nombreuses questions intéressantes, dans le Journal of the Ministry of Agricul-
ture, nov. et déc. 1922, pp. 697-705 et 801-808: Labour on the Farm, par A. G: RusTon et
J. S. SIMPSON. :

? Report of the Committee appointed by the Board of Agriculture for Scotland in February
1925 to Examine and Report on Questions of Farm Accounting and Economics. Edimbourg,
H. M. Stationery Office, 1926, 34 pp., 9 d. Ce rapport renferme des études et des observations
sur les systèmes de comptabilité employés au Danemark, en Suisse et dans d’autres pays. On
trouvera un compte rendu préliminaire des travaux de la Commission dans le Scottish Journal
of Agriculture, juill. 1926, pp. 256-262.

DC
        <pb n="55" />
        139.2
On possède, dans l’entre-temps, d’autres informations fournies par une en-
quête, effectuée en 1920-1921, qui a porté sur 50 fermes, comprenant la plupart
des exploitations types existant dans 23 comtés !. Les comptes ont été répartis
en 11 groupes, suivant le caractère des exploitations. Le tableau I montre la répar-
tition du rendement net entre les participants à la production.
TABLEAU I. — RÉPARTITION DU RENDEMENT NET, PAR ACRE, ENTRE LA COLLECTI-
VITÉ, LE PROPRIÉTAIRE, LE CAPITAL ET LE TRAVAIL DANS 56 FERMES ÉCOS-
SAISES, 1920-1921
#n Capit. employé] Rendement net Fraction du rendement net versée
5120 TRS ss eee pe pe
s1DE7 ; Capital] à la collec- au propriétaire à l'exploitant au travail
; =ÉST d’exer- é f 2
*roupe| Genre de culture E) Pl 4 merci se Montant fl FeMTRN | (over) | raies a arts) | (salaires)
ë GE ton $ Dar 100 mu) °J, | Montant | °} | Montant | °/, L Montant 9/4
(4) (2) 1)" 6) 1 (6) a, (5) | (9) | (10) (1)
: sal fsdi Rudi es 0 ME sd
La)| Industrie laitière, (en £ par acre) _____
vente de lait . 21206 2.300/1.615| 6 u 2/100/1 111,61 3 01921 6 9 2233 &gt; 6| 57,1
b)| Fromagerie 4) 3|1399|2.958/ 2.387| 3 2 611001 102,911 2 736,1-2 3 6-696 4 1 6/ 130,4
c)| Vente de lait . .. 7|198 2.300| 2.055| 6 12 11/1002 31,71 3 0|17,4| 119 2 29,73 7 8| 51,2
II a)' Production mixte 4'326| 3.733! 2.612/13 5 5/100/2 81,01 17 4 14,1) 6 18 5 52,2 5 y. 0/-32,8
b) Même production. 3 2955188 2.963 @ O0 2/1002 102,41 11 10/26,5 11 9 95 417 3 80,9
UI a) Production mixte 12 371|2.500/ 2.038) 8 9 10/100/1 11/1,11 5 0/14,7 316 5 450,3 6 6| 39,2
b) Même production, : ; Ï
“  plusspécialisée . 2|291| 7.216; 4.658 24 12 710015 9 1,23 12 7/14,7 12 | 7490813 2 35,2
c)| Même production,
plus spécialisée,
(petites proprié-
tés). -.…. - … 4 52/2.250 3.255| 9 13 8/1005 32,71 2 6| 11,6/4 8 4 45,6 13 17 7) 40,1
d)! Même production. |15 314 2.208 1.765) 5 10 911001 10|1,71 2 1 19,9| 1 411 22.518 1 14 559
[V a)' Elevage du bétail. 2|444 1.858 1.617| 4 6 11100 707 18 721,41 14 7 39,8 1 13 2 38,2
by Même production. 2|462 1.350 1406 5 2 3/10011 911 13 6132 2 8 1 47,0 119 6 38,6
, Ensemble des 4 ne. Le | | y ç
fermes . . . . 56/2081 2.575) 2.079) 710 9j1002 1 LA 5 9 17,0] 9 12 11| 35,1 [8 10 0j 46,4
1 Calculs établis par le Bureau international du Travail.
Le rapport aborde une autre série de calculs très intéressants destinés à montrer
la productivité relative, dans chaque groupe de fermes, de la terre, du capital et
du travail, et il conclut par un «ordre de mérite » attribué aux différents groupes,
d’après une combinaison de leur rendement brut par acre, de leur rendement net
par homme, du revenu brut sur le capital du fermier et du montant des salaires par
acre. Par suite du manque d’espace, il est impossible de donner ici la totalité
de ces informations, mais on trouvera, dans le tableau II, des chiffres destinés
à montrer, dans une certaine mesure, les quantités diverses de travail employé
1 Financial Results of Sixty-Five Farms, par J. WyLLIE; H. M. Stationery Office, 1922.
Le présent résumé est emprunté à l’analyse que renferme l’article intitulé: «Standards of
Production and Net Output in Scottish Farms », par A. W. AsHBy, paru dans le Scottish
Journal of Agriculture, octobre 1923.
        <pb n="56" />
        — 56

dans les fermes étudiées. Les colonnes 5 et 6 du tableau I permettent d’établir

une comparaison en ce qui concerne le capital utilisé, de sorte que l’on peut déter-

miner l'intensité relative de l’exploitation des fermes.

TABLEAU II. — NOMBRE DES TRAVAILLEURS TYPES ! EMPLOYÉS PAR 100 ACRES
DE TERRE ET PAR £1.000 DE RENDEMENT NET ET RENDEMENT NET PAR TRA-
VAILLEUR TYPE, DANS 56 FERMES ÉCOSSAISES, 1920-1921

8 “ Nombre de travailleurs EN

types employés Rendement net
Groupes: de fermes par 100 acres | par£1.000 de + par
Tr | . I ill 2
__ _ de terre | rendement net availlcux ne
à
[ea pt Pate Get Te ee 1 2,54 4,29 232,7
ee 3,02 9,97 100,3
2 a ete ie 000 2,50 3,85 259,6

IL a, SR te» Mae 3,22 2,45 408,0
k ot ee PE 3,60 6,13 162,9

Ml a 22e ee D 2,46 2,93 341,3
» ...:+... 4.4 6,41 2,63 379,8
OV. 2 eee eee à 2,89 1,49 672,0
n . +"... 2.20 4,20 237,8

IV à . 1,23 2,85 350,8
b) . set tn 1,46 2,89 346,1

Ensemble des fermes .. . . … as vo 10 2875

! Un «travailleur type» (standard man) équivaut au paiement, en salaires, d’une somme
de £135 par année.

Il se peut que les résultats du groupe III c), qui semblent montrer l’utilisa-
tion la plus rationnelle du travail, soient influencés par le calcul approximatif
de la conversion du travail familial en «travailleurs types », et il convient de ne
pas se fonder trop étroitement sur'ces résultats particuliers.

Une autre série d'informations est fournie par des estimations, basées sur
une expérience prolongée des conditions locales, relatives à certains groupes d’ex-
ploitations agricoles écossaises!. Ces estimations mentionnent le nombre des
personnes employées, les dépenses de salaires (y compris les allocations en nature),

1 Communication particulière, au Bureau international du Travail, du Commissaire-
adjoint de l’Agriculture pour l’Ecosse.

Éd B.4B a L
        <pb n="57" />
        mere
le loyer et le «revenu du fermier ». Dans ce revenu, sont compris la rémunération
allouée au fermier pour son propre travail manuel et de direction et l'intérêt
éventuel sur son capital. Les rapporteurs sont largement d’avis qu’il ne resterait
aucune somme disponible pour cet intérêt «après prélèvement des dépenses du
fermier et de sa famille ». Cette méthode de calcul paraît, cependant, introduire
un élément d’incertitude dans la comptabilité, et il est sans doute préférable,
conformément à la procédure suivie ailleurs dans ce mémoire, de déduire du
«revenu du fermier » une somme correspondante au salaire le plus élevé payé, dans
l’exploitation, à un travailleur adulte (homme) lorsqu’un tel salaire est mentionné,
et de considérer que le solde doit couvrir: 1° la rétribution à la direction, 2° la
rémunération du travail des membres de la famille du fermier, et 3° l’intérêt sur
le capital. Lorsque cette déduction ne peut être opérée sur les chiffres donnés,
il est impossible d’analyser les éléments constitutifs du «revenu du fermier »,
même sur la base théorique indiquée.
TABLEAU III. — RÉPARTITION DU REVENU AGRICOLE NET FOURNI PAR L’EXPLOI-
TATION DE CINQ FERMES TYPES D’ÉCOSSE, 1925 (CHIFFRES APPROXIMATIFS)
‘ Répartition du revenu net nier
p du re un e
Type d'exploitation sapeiqie Notre even total élève
acres 6
SE TPOD age employées’ Loyer | Fermier | Travail « se)
_ année
Et 1% £ 1%} £ [1% £ [1%
Terre arable, 7 ani =
Forfarshire bête 250 et main-d'œuvre, 1.468 1100] 475 32 214? 115 770% 153 .
occasionnele Ï ;
Terre arable, Lothians 300 13 2255 675 30 480 21' 1.100 re
Terre arable et éle-
vage (bœufs) Ç
Aberdeenshire . . 150 54 760 |100| 180 js 180 |24 400 52
; 150 4 ;
Laiterie, Ayrshire . . 35 vaches|et main-d’œuvre 1.160 1100] 300 (261 410 35 450° |39
laitières  occasionnele
2400 1906-16) Ÿ | 1806-16+ , , 1906-16 |
moe 2 travatieurs 1.145 100| 630 155 175 45 340 30]
i : : su mentaires: ——&gt;—"""&gt; mr dpi
Paca SENS brebis et Pour l’agnelage 1916-26 1916-26 | 1916-26 1916-26
béliers) ‘et la fenaison 1,785 100| 6307 135 385 22) 770 |4al
Non compris le fermier est sa famille. ; pires
Capital £3.500; à déduire les impôts locaux, qui ne sont pas compris ici dans le loyer.
Ÿ compris assurance (£20) et travail de comptabilité (factures de fournisseurs) £45.
x compris un garçon et une domestique.
Ÿ compris les factures du menuisier et du forgeron.
Capital £7.000. x ; ;
* Le rapporteur déclare non fondée la supposition que le loyer ne serait pas augmenté après la guerre; il serait
sans doute ne nécessaire d’augmenter le capital d’exercice.
        <pb n="58" />
        rien EPA
IRLANDE (ÉTAT LIBRE D’)

Le fonctionnaire, chargé à l’origine, par le « Agricultural Costings Committee »
(institué en 1919), de l’étude des comptabilités agricoles dans toutes les Iles
britanniques, publie sous sa signature les comptes (pour l’exercice février 1920-
février 1921) d’une exploitation de 68 acres s’occupant de culture et d’élevage !.
De plus, le coût de la production a été également analysé, en 1920, dans 18 fermes
consacrées principalement à l’élevage du bétail et à l’industrie laitière 2. Ces exploi-
tations ont une superficie totale de 3.796 acres, et elles peuvent être classées en
trois groupes: moins de 100 acres, de 100 à 200 acres, et plus de 200 acres8.

Le tableau I montre le rapport du coût du travail au coût total de la pro-
duction. En ce qui concerne la ferme de 68 acres, le coût total de la production
a été analysé pour des récoltes ou produits distincts (voir le tableau IN. II y a
lieu d’ajouter que le plus grand soin a été apporté, dans cette ferme, à déterminer
le coût exact du travail, et la valeur de la main-d’œuvre familiale elle-même a
été fixée en tenant compte de l’importance et de la qualité du travail. Les taux
de salaires varient de 1 s. 2 d. à 4 d. par heure (ce dernier taux étant celui appliqué
aux jeunes filles). L’inclusion de la main-d’œuvre féminine et juvénile, dans le
poste «travail loué », diminue la valeur moyenne de ce travail par rapport au
«travail familial », dont la majeure partie, effectuée par le fermier lui-même, est
comptée au tarif de salaire le plus élevé. Il n’est pas mentionné de rémunération
à la direction dans l’autre enquête relative aux 18 fermes.

TABLEAU I. — COÛT DU TRAVAIL ET COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION DANS @) UNE

FERME IRLANDAISE, b) 18 FERMES IRLANDAISESs, 1920
2} Fetiué b) 18 fermes, soit :
Coût de la production de 6s'acres 7 fermes a a tmms C1 8fermes
| de moins de 100 acres| de 100 à 200 : actes is plus de 200 acres
(par acre)

ce sav % ss 40%. Es d y,
Travail familial . . 1 “ … 5| 206 € 5,5) 8 8 2,9

2 dont ME &gt; 35 21,6] 32 8| s80| 2 7 7 | 39,3
Coût total du travail 5 5 | 6 8 SE a 15 6 38,5 à 143 | “47,7
Coût total de la produc-
tion! LL. | 44 12 11 | 100 | 9 9 51100 | 6 1 à | 100

L Y compris le loyer et les impôts locaux, mais non les achats de bétail.

Le coût relatif du travail dans les petites fermes, d’une part, et dans les grandes
fermes, d’autre part (partie b du tableau) offre un contraste frappant.

! Journal of the Department of Agriculture and Technical Instruction for Ireland, nov. 1922,
pp. 197-273: « Farm Costings in Ireland », par James M. Apams.

? Journal of the Department of Lands and Agriculture, févr. 1925, pp. 351-373: « Farm
Costings » (Extrait de la déposition publique faite, devant la Commission agricole, par
M. J. M. ADAMS, ministère de l’Agriculture).

3 Ces deux études statistiques sont présentées ici ensemble, pour occuper un espace plus
restreint, bien qu’elles portent sur des enquêtes entièrement tes

8
        <pb n="59" />
        Dans le tableau II, la comparaison est établie entre le coût du travail et le
coût brut de la production. Le coût net est également indiqué, et la comparaison
avec ce dernier ne serait qu’un simple calcul.

TABLEAU II. — COÛT DU TRAVAIL ET COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION DE CERTAINES

RÉCOLTES ET DENRÉES DANS UNE FERME IRLANDAISE, 1920-1921

Par acre, etc. TS a ;
Avoine |Avoine, système] (rente) |Pommesdeterre| Betteraves

Montant | Montant | */o | Montant | %/o tonton | */e | Montant | %

= s. dd. 2 s. cl. Be s à. #5. d. 2 s d
Travail. es 12 SU à 70 19/1 11 9| 20/9 9 8 335 1 2/28
Loyer et impôts locaux. 18 5 9 11 99 66 18 5/ 12 18-11; 3 18 5-5
Love se E pnte L0 CAE 0 4 5 164715 9 S/ésjis 5 Nadia 141 67
Coût total brut. . . . 9 16 4|1t00| 17 10 5j100 7 19 5|100|28 11 9/100/18 1 6/100
_ 2e ee [jf
Moins reliquat ou plus- | |

value Pur = 8 5 3 O 11 —2 12
coût totabnet .- - M9 16 4 17 10 5 71 0 Es 10 10! 15 9
mme rever mets eee 5 2
Par acre, etc.
: Lait ; Œut
Lin | Paturage (par Salon) | par do aines

Montant | °/o | Montant | */o | Montant | 9e | Montant | «/

© s. d. 8 =. d. - £
Travail .-- ..-- 135 #3 4 3 9-11 ‘ Lt
Loyer et impôts locaux. 5) 4 18 5 52
Autres frais. .. .. . a" 1 5515 3] 37 - ci
Coût total brut. . . .21 6 8/100 115 5/100| 1084 ‘107
Moins reliquat ou plus- 1 à ‘

vaiue - ... , mac — 11/9

Coût total net . . - le 6 8 | 1 15 ÿ re

1 Terrains qui sont loués prêts à être ensemencés.

Le tableau III montre comment est réparti le revenu net !. On possède éga-
lement, pour le deuxième groupe, les chiffres de 1923, mais ceux-ci sont apparem-
ment influencés par la crise agricole. Au cours de cette année, le revenu net est

1 Le revenu net ne comprend pas le loyer. La raison en est fournie dans le rapport qui
déclare qu’«en Irlande, le loyer de la terre, qu’il s’agisse d’une annuité, d’un loyer au sens
juridique ou d'une autre charge, ne constitue pas un loyer au sens économique, et le montant
des paiements annuels, figurant à ce poste, ne peut être considéré comme le revenu de la
terre.» Dans tous les comptes ci-dessus le loyer est considéré comme un élément du coût.

59 .
        <pb n="60" />
        =
peu élevé, et comme le paiement du travail (y compris le travail de la famille)
constitue une première charge sur les profits, la part laissée au capital et à la direc-
tion est très réduite. Il est nécessaire d’attirer une fois de plus l’attention sur le
fait que le fermier, travaillant lui-même, toucherait une rémunération de deux
côtés, à la fois comme « capitaliste-dirigeant » et comme travailleur. On pourrait
sans doute déduire, des pourcentages indiqués dans les notes 2 et 3, que la rému-
nération proportionnelle du capital et de la direction augmente parallèlement à
la superficie de l’exploitation étudiée, mais le nombre des fermes est trop peu
élevé pour appuyer une telle déduction.
TABLEAU III. — RÉPARTITION DU REVENU AGRICOLE NET DANS @) UNE FERME
IRLANDAISE, b) 18 FERMES IRLANDAISEs, 1920 !
c Répartition du revenu net 5
Revenu total net Capital et Travail 1 _
direction familial | loué | ensemble

d) Une ferme de | € s.d. | % | £ 4) 7 | 2 2 % 182 5.0. | % | 2 sd, | %

GGacres. . . 11 30/|100//513 0) À a ve = —| 510 0 | 49
b) 18 fermes j

19020. 7 10/100 3190/5564 110 etat Eu PRE
1923. … - - à 12 0 | d00 20155 19 12150 [8 70|90

! Calcul par acre établi par le Bureau international du Travail (arrondi au shilling suivant les totaux indiqués),

? Les pourcentages, pour les fermes de moins de 100 acres, de 100 à 200 acres et de plus de 200 acres, sont res-
peste Etain et les fermes de moins de 100 acres, de 100 à 200 acres et de plus de 200 acres, sont res-
pectivement de 54. 52 et 40,
ITALIE

En ce qui concerne l’Italie, il est possible de se baser sur une enquête, dirigée
par le professeur G. Tassinari, de l’Ecole supérieure d’agriculture de Bologne, dont
les résultats ont été publiés récemment par la Fédération italienne des consortiums
agricoles de Piacenza 1.

L'enquête a porté sur 20 fermes-types représentant chacune, dans les diffé-
rentes régions d’Italie, un groupe particulier d'exploitations ayant la même orga-
nisation, et approximativement les mêmes besoins et les mêmes revenus. Le but
de ces recherches était d’établir comment le revenu agricole a été réparti entre
les divers agents économiques qui ont participé à la production, d’une part pendant
les années 1912-1913-1914, d’autre part au cours des années 1921-1922.

Le rendement net est calculé en déduisant du rendement brut (y compris les
produits transformés à la ferme) ce que l’on désigne sous le nom de « matières
consommées pour des fins productives ». Ce poste budgétaire paraît ressembler

! G. TAssINARI: Saggio interno alla distribuzione de reddito nel? agricollura italiana. Fede-
razione italiana dei consorzi agrari. Piacenza, 1926. 179 Pp.

30
        <pb n="61" />
        — {. —

assez étroitement à ceux désignés, dans d’autres comptabilités, par les termes
« dépenses courantes » ou « déboursés ». Ce poste comprend l'assurance, l'entretien
et l’amortissement. Les impôts et intérêts ! sur le capital sont considérés comme
une charge à imputer sur les profits. L'intérêt entre dans le tableau I ci-après.
Si les comptes, d’une part, ont l’avantage de comprendre les produits transformés
à la ferme 2, ils ont, d’autre part, le grand inconvénient d’omettre toute estimation
de la valeur du propre travail du fermier ou de celui de sa famille. Les postes
distinets pour le travail de direction offrent, cependant, une série de combinaisons
pour la répartition des profits, qui sont indiqués dans le tableau II. Dans les
quatre premières colonnes de ce tableau, les facteurs de la production sont réduits
à deux groupes: a) le travail et la direction, et b) les formes diverses de capital
et de propriété; la rémunération allouée à ce dernier groupe est désignée sous le
nom de «revenu d’exploitation ».

La comparaison des pourcentages respectifs de la rétribution accordée à ces
deux groupes de facteurs est incontestablement intéressante. Dans les deux der-
nières colonnes, le tableau donne une série distincte de pourcentages de rému-
nération attribués à la direction plus au capital d’exercice; ces pourcentages
montrent très utilement la rémunération obtenue par l’exploitant qui assure la
direction de son entreprise, et ils offrent de nombreux points de comparaison avec
les statistiques des Etats-Unis établies dans le même ordre d'idées *.

En raison de la variété des opérations agricoles pratiquées dans les différentes
régions du pays, il est difficile d’analyser les informations données. Le directeur
de l’enquête trace une ligne de démarcation entre le travail salarié et le travail
rémunéré d’après le système du métayage *. À part quelques exceptions, la rému-
nération assurée au travail, par le système du métayage, était proportionnellement
plus grande, avant la guerre, que la rétribution du travail salarié; cette différence
a plutôt tendu à disparaître après la guerre, par suite de l’augmentation des salaires
nominaux qui n’a pas été entièrement compensée par la hausse correspondante
des prix des produits agricoles. Cet écart, en réduisant les profits nets, a eu pour
effet d’élever le pourcentage de la rétribution allouée au travail salarié, tandis
que le travail rémunéré d’après le système du métayage supportait, naturellement,
une part de la diminution totale nette des profits.

1 Intérêt calculé à 5% avant la guerre, et, depuis celle-ci, à 7%. Il est tenu compte de
l’entrée ou du retrait de capitaux au cours de l’exercice.

2 Cette opération est considérée comme nulle dans les entreprises d’élevage de moutons,
en Sicile, où les animaux et le produit de la tonte sont vendus à la fin de la saison. Les sta-
tistiques relatives à ce genre d’exploitation ne sont pas données dans le présent mémoire par
suite du manque d’espace. Ainsi qu’on peut le prévoir, ces statistiques indiquent, soit dans le
rendement net, soit dans le rendement brut, un coût de travail très bas. Toute comparaison
avec les autres frais de production demeure presque sans valeur, car ces frais (en dehors des
frais de direction ou de loyer, lorsque les pâturages sont loués) sont extrêmement modiques.

3 Non compris, ainsi que nous l’avons mentionné plus haut, la rémunération du propre
travail manuel de l’exploitant.

4 Cette distinction est indiquée par les lettres S (salaires) et M (métayage), placées en regard
de la description des exploitations dans le tableau I.

31
        <pb n="62" />
        TABLEAU I. — RÉPARTITION DU RENDEMENT NET ENTRE LE PROPRIÉTAIRE, LE CAPITAL, LA DIRECTION ET
LE TRAVAIL DANS 18 FERMES ITALIENNES EN 1912-1914 Er 1921-1922 1
ones peme PAIE —
1912-1914 1921-1922
Rendement Part du rendement net revenant Rendement Part du rendement net revenant
. eee eee 400000 EU == retése et ee
UE au travail | à la au au pro- het au travail à la au au pro-
manuel direction capital | priétaire* manuel direction | capital priétaire
Total | % [Total] % Total] % Total| A | Total] % |Totai] % Total % Total % [rotai % [Total %
__ Valeur en lires par hectare -
|
Culture intensive W|@|@|w|6|weIwm|81 |) a1)| a2| G3| A4)| A5) | (16)| (A7) | (18)| (19) | (20)
A. Fermes irriguées en Lombardie et !
iémont:
a) Laiterie et riziculture (S). . . . 740 100 250| 33,8 | 41 | 5,55 — 94/12,7| 355 10 [3350 100 |2.100| 56,0 180 48 541 14 929/ 24,8
b) Riziculture (S) . . - . -. .. —| — —|— == —— — | — |4.371| 100 |2.580| 59,0 220} 5,9' 275 12,7| 980) 22,4
c) Laiterie (5). ... +... .. —| — —|— —- — —|1— — | — |3.230 100 |1.500| 46,4 257 6,8 554 8,5|1.2385/ 38,3
B. Fermes non irriguées de l’Emilie avec !
cultures industrielles :
a) Vigne et autres produits aux en-
virons de Bologne (M) . . . . . 514| 100 229| 44,5 25| 4,9 55/10,7 205 39,9 |2.330 100 |1.019| 43,7 95| 4,1 393/16,9| 823| 35,3
b) Fruits et autres produits en Ro- | j
magne (M). . . .. . . . . , 464| 100 229 49,3 19| 38 57/12,4 160 34,5 |2.860 100 |1.336/ 46,7 75) 2,6 410) 14,4|1.039| 36,6
G. Fermes mixtes s'occupant de viti- ÿ
culture dans le Montferrat :
a) Métairie (M) .. . .. 2... 513] 100 251|490, 42) 8,2 30) 5,9 189) 36,0 |3.875 100 1.640 48,6 169 4,7 199 57/1382 41,0
b) Fermes exploitées directement(S) — | — —i— —|1— —i— — | — |2.830/ 100 |1.350| 47,7 240| 8,5 233/ 8,2/1.007| 35,6 o
ND
D. Fermes mixtes s’occupant de viticul-
ture et de la culture de l’olivier dans
l'Italie centrale:
a) Vigne et autres produits, plaine ;
de la Toscane (M). . . . . . ., 397| 100 204) 51,4 20| 5,0 26) 6,6) 147 37,0 |2.218| 100 1.176 53,0 100| 4,5 170 7,7) 772| 34,8
b) Oliviers et autres produits, côte
dela Toscane (M). . . .. A 327| 100 169| 51,7 11| 3,4 24 7,3 | 123/ 37,6 |1.746| 100) 900| 51,5 50| 2,9 206 11,8| 590 33,8
c) Vigne et autres produits, plaine,
de l’Ombrie (M). . . . . . . . 292 100 150 51,4 18| 6,2 36| 12,3 88 30,1 1.600 100) 822 51,4 86| 5,4 253 15,8: 439 27,4
d) Oliviers et autres produits, col- ;
lines de l’Ombrie (M) . . . . . 223 100 114 51,1 14| 6,3 28/ 12,6 67| 30,0 1.237) 100  632| 51,1 68| 5,6 217 17,5' 320| 25,8
FE. Exploitations spécialisées :
a) Vigne et oliviers, Apulie (Met S). 440 100 246 55,9 44| 10,0 9 2,1 — 141 32,0 2.279| 100 1.155 50,7 180 7,9 13 0,5) 931 40,9
bd) Vigne, Sicile?(S) . . . .*. . . 899) 100 276] 30,7 60| 6,7 24 2,7 — 539 59,9|4.010| 100 1.628 40,6 210) 5,2 161, 4,1 2.011) 50,1
c) Citronniers. Sicile (M). . . . . 1.954| 100 390| 19,9, 135 6,9 45| 2,4 1.384 70,8 3.650| 100 1.843 50,5 290) 8,0 209 5,7|1.308 35,8
d) Orangers. Sicile (S). .. .22 —! — 1e 1 + — — | 10.876! 100 12.202 20,2 600} 5,5 223| 2,1|7.851| 72,2
Culture extensive.
F. Cuilure des céréales (grandes exploi-
tations) :
a) Culture des céréales dans le Tavo-
liere et en Apulie (S). . . . . .  121| 100|  48/39,7| e| 40) 14 11,6 | 53| 43,8] 470 100 | 240| 51,0 29. 6,1 773) 15,5 128 27,4
b) Autre exemple de la même cul-
iute (Sy .- 1 : -… . 167| 100: 68/40,7' :3| 7“ 14 84) 72|43,1| 656) 100! 370564 | 6510,0 76) 11,0| 144| 21,9
G. Fermes mixtes en cultures de céréales
et pâturages (latifundia) :
a) Fermes en cuitures de céréales et | j |
___ pâturages en Sicile (S). - . - .\ 108 | 100| 4'45,61 er ne  «la5a| a78| 100| 177/458| +9 8,01 1 s2| 158 420
+ Les lettres S et M indiquent que l’entreprise est exploitée d’après le système de la main-d’œuvre salariée ou d’après la méthode du métayage.
* Ÿ compris impôts.
$ Petite propriété.
        <pb n="63" />
        — Lu —

TABLEAU 11. — POURCENTAGES DU RENDEMENT NET REVENANT AU TRAVAIL, AU
CAPITAL (REVENU PAR EXPLOITATION) ET AU FERMIER EXPLOITANT, DANS
18 FERMES ITALIENNES EN 1912-1914 Er 1921-1922"

1912-1914 1921-1922 1912-1914 | 1921-1922
ÿ Capital ,Ç ! Gapitel
((sous toutes . | «
Travail ses formes) Travail es Directe papa
diréttion Son ane tfion espere ration au fermier
Ke | ta expioitant)
tation) tation)
(D) {2) 55) (4 5 6
Culture intensive ; (a) ©
A. Fermes irriguées en Lombardie
et Piémont:
a) Laiterie et riziculture (S). . 39,3 60,7 60,8 39,2 | 182 19,2
b) Riziculture (S) . . . . - . —- — ! 64,9 351 | — | 15,3
c) Laiterie (S) - - - + - - - + - — 53,2 46.8 : " 18,6
B. Fermes non irriguées de l’Emi-
lie avec cultures industrielles :
d) Vigne et autres produits aux
environs de Bologne (M) . . 49,4 50,6 47,8 52,2 ;. 15,6 21,0
b) Fruits et autres produits en |
Romagne (M) . : + + + += 53,1 46,9 49,3 50,7 16,2 17,0
CG. Fermes mixtes s’occupant de
viticulture dans le Montferrat :
a) Métairie (M). . . + + + - « 57,2 42,8 53,3 46,7 14,1 10,4
b) Fermes exploitées directe-
ment ($S} . .. . - - - - - — — " B6,2 - 488 — | 16,7
D. Fermes mixtes s’occupant de co TT
viticulture et de la culture de
l’olivier dans l’Italie centrale:
a) Vigne et autres produits,
plaine de la Toscane (M). - 56,4 43,6 57. 42,5 11,6 12,2
b) Oliviers et autres produits, ;
côte de la Toscane (M). . - 55,1 | 445 ' 54,4 ! 456 10,7 | 147
c) Vigne et autres produits,
plaine de l’Ombrie(M) . . - 57,6 424 ‘ 56,8 43,2 * 185 21,2
d) Oliviers et autres produits, |
collines de l’Ombrie (M) . - 57,4 42,6 56,7 43,3 18,9 23,1
E. Exploitations spécialisées : To TT
a) Vigne et oliviers, Apulie (Met S) 65,9 34,1 58,6 | 41,4 12,1 8,4
b) Vigne, Sicile? (S) . . - - - 37,4 62,6 45,8 , 54,2 "4 , 9,3
c) Citronniers, Sicile (M) . . . 26,3 ! 73,2 58,5 ! 41,5 983 | 187
d) Orangers, Sicile (S) _. . - - pa 25,7 74,3 — 7,6
Culture extensive
F. Culture des céréales (grandes
exploitations) :
a) Culture des céréales dans le
Tavoliere et en Apulie (S) - - 44,6 | 55,4 57,1 42,9 16,5 | 21,6
b) Autre exemple de la même | |
culitire (9)... ++ a 4,4 151,6 66,4 _33,6 16,1 21,6
G. Fermes mixtes en cultures de
céréales et pâturages(latifundia) :
à) Fermes en cultures de cérè- | |
___ ales et pâturages en Sicile (S) . __48,5 51,5 498 |--502 | 83 11,2
! Les lettres S et M indiquent que l’entreprise est exploitée d’après le système de la main-d’œuvre salariée ou
d’après la méthode du métayage.
* Petite propriété.

12
| -
        <pb n="64" />
        -——"#
PAYS-BAS

Il existe, aux Pays-Bas, différents offices centraux de comptabilité, chargés
d'organiser la comptabilité dans l’agriculture. Les principales données recueillies
par ces offices sont publiées par le département de l’Agriculture 1,

En 1924-1925, des comptabilités ont été reçues de 1.226 exploitations agri-
coles. Nous nous occuperons uniquement, dans l’analyse qui suit, des régions
pour lesquelles on possède des données concernant plus de 25 fermes. La culture
et l'élevage constituent les principaux types d’exploitation rurale.

Les méthodes de comptabilité en usage dans le pays ne permettent pas de
faire la comparaison avec les postes indiqués au tableau de l’introduction ; ces
méthodes diffèrent également, dans une certaine mesure, entre elles, suivant les
offices de comptabilité. Les salaires ne comprennent ni la rémunération du fermier
pour son propre travail, ni la rétribution de la direction (aucune indication ne
permet de déterminer si le travail de la famille du fermier entre ou non en ligne
de compte). Ces lacunes font que les chiffres concernant le coût total du travail
et le pourcentage de ce coût demeurent trop bas, l’erreur étant d’autant plus
importante qu’il s’agit d’une exploitation plus petite.

TABLEAU I. — COÛT DU TRAVAIL ET COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION ET POUR-
CENTAGE DU COÛT DU TRAVAIL DANS LE COÛT TOTAL PAR HECTARE, 1924-1925
0 2 CT superficie moyenne Coût eme
_ 3 £ des fermes salai- | total des salaires
Régions 5 7, Foyer de la — dans le coût
c+ ‘Terre | Pâtu- |Ensem- — Tes Produe- total de la
az arable | rage | ble tion production
Groningen hectares florins par hectare
Région de culture du
nord... .…… -MÉ1D0E 140,558 6,50 | 46,75 167,21 | 268,52 62,2
Nieuw-Oldambt . . . 34 50,25 5,50 | 55,75 153,25 247,83 61,7
Oud-Oldambt . . . . 25 89,20 7,30 | 46,50 143,99 248,73 57,8
Frissland
Pâturage (sol argileux) 155 2,60 26,80 : 29,20 105,88 277,57 380
Pâturage (tourbières) . 78 — 29,60 129,60 85,17 264,77 32,7
Foréts. . .…. . - . 119 2,10 30,60 ‘32,70 78,58 262,44 30,0
Culture (soi argileux) . 261 14,50 21,30 35,80 144,25 296,78 48.5
Overijssel
Pâturage .. . . …, . 27 1,80 | 19,20 | 21,00 | 59,88 222,84 26,8
Terres sableuses . . . 80 3,20 | 9,40 | 12,60 66,14 359,86 184
Noordholland
Région centrale . . - 65 0,20 | 18,30 18,50 66,13 331,50 20,0
Noordbrabant
Région du nord-ouest
(sol marin argileux). 65 __| 35,50 | 10,25 | 45,75 | 165,12 | 354,24 | 46,8
! DEPARTMENT VAN BINNENLANDSCHE ZAKEN EN LANDBOUW: Verslagen en Mededeclingen
van de Directie van den Landbouw, 1926, n° 2; Verslag over den Landbouw in Nederland over
1925 (Hierin is opgenomen een overzicht van de « Bedrijfsuitkomsten in den Landbouw in
1924 »), La Have, 1926.
        <pb n="65" />
        Dans les exploitations agricoles, le coût total de la production n’est pas très
élevé, mais on est frappé, par contre, de l'importance du pourcentage du coût
du travail dans le coût total. Dans les entreprises d’élevage, le coût total de la
production est très élevé en raison des sommes importantes qui doivent être consa-
crées à l’achat de fourrages, mais le coût absolu du travail est moins élevé que
dans les exploitations agricoles; en sorte que le pourcentage du coût du travail
est deux fois moins élevé dans les fermes d’élevage que dans les fermes de culture.
Il convient, toutefois, de noter que les fermes d’élevage sont plus petites et qu’en
conséquence le travail personnel du fermier, dont il n’est pas tenu compte, y joue
un rôle plus important. Cependant, les données concernant les fermes consacrées
à la fois à l’agriculture et à l’élevage montrent qu’il existe réellement, en ce qui
concerne la quantité de travail nécessaire par hectare, une différence entre les
exploitations agricoles et les entreprises d’élevage.

POLOGNE

Le Bureau international du Travail est en correspondance avec l’Office central
de comptabilité agricole de Pologne, et il espère être en mesure de fournir prochai-
nement des informations sur le coût du travail dans l’agriculture polonaise. L'Office
central a établi neuf bureaux locaux dans différentes régions du pays ; ces bureaux
utilisent les services du personnel des écoles régionales d’agriculture de l'Etat.
Les fermes étudiées sont visitées une fois par semaine et les comptes sont commu-
niqués aux bureaux locaux toutes les trois ou quatre semaines. Une comptabilité
détaillée a été instituée, à partir du 1er juillet 1926, dans 750 exploitations d’une
superficie relativement restreinte; dans 20% des cas, cette procédure n’a pas été
continuée, en sorte que les observations ne portent, à l’heure actuelle, que sur
environ 600 fermes.

L'Office central n’est pas encore en possession d’informations complètes sur
la superficie de ces fermes, mais il déclare que:

16 fermes ont moins de 3 hectares
47 » » de sa. 5 »
132 » » &gt; 5 à 10 »
87 &gt; x» ‘10 à 15 0
106 » &gt;. » 159 30 »
&gt; » » 30 à 50 9
» » 50 à 90 »

On peut s’attendre à ce que l’étude de la comptabilité de fermes de ces étendues
qui sont disséminées dans tout le pays donne des résultats particulièrement utiles.
SUÈDE

Les résultats des comptabilités, établies par les fermes suédoises, sont publiés
chaque année, en série, par le Conseil royal de l’agriculture. Nous avons tenu
compte uniquement de ceux concernant les années 1922-1923 et 1923-1924

65
        <pb n="66" />
        sn (AE)
(1er juillet au 30 juin)!. Ces deux années ont subi l’influence du mouvement des prix
—— mouvement qui s’est manifesté par une réduction plus forte pour les produits
agricoles que pour ceux des autres industries. En 1923-1924, la situation était
encore défavorable dans l’industrie des céréales, mais, par contre, une amélioration
s'était produite dans l’élevage, par rapport à l’année précédente.

Les éléments du coût de la production correspondent aux postes a), f), g) et h)
du tableau de l’introduction, et ceux du coût du travail, aux postes f) et 9). Les
dépenses de capital et l’intérêt sur le capital d’exercice du fermier ne sont pas
considérés comme des dépenses d’exploitation. La rémunération du travail effectué
dans les forêts faisant partie des fermes n’est pas comprise dans le coût de la pro-
duction pour l’exploitation agricole proprement dite.

Le tableau I, ci-après, montre le coût de la production dans trois régions
de la Suède : les districts du sud, où environ 50%, des terres arables sont consacrées
à la culture des céréales et 20% à la culture des betteraves, des pommes de terre
et des plantes fourragères; ceux du centre, avec 40%, des terres arables pour les
céréales et 40% pour les prairies ; ceux du nord avec 13%, pour les céréales en 1923-
1924 (20% les années précédentes), 67% de prairies, 14% de fourrage (9% l’année
précédente), et une grande étendue de pâturages naturels.

TABLEAU I. — COÛT DU TRAVAIL ET COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION DANS LES

FERMES AYANT SERVI DE CHAMP D'OBSERVATION EN SUÈDE (EN COURONNES,

PAR HECTARE, ET SOUS FORME DE POURCENTAGE), 1922-1923 ET 1923-1924
‘ 1922-1923 1923-1924

par cr

Superficie des fermes Nombre Coût | Gont du contage Nombre Coût Le du du coût

(hectares de terre cultivable) de total travail du tra de total travail du
fermes La fermes travail
étudiées _ il coûts étudiées __ la dans le

Couronnes total Couronnes cont,
Suède méridionale
1014-25. : »-.. ..… , 6 604 | 249 41,2 E 523 214 40,9
21-50... 1e À 15 607 253 41,7 G 552 | 227 41,1
01-100. . - &gt;. &gt;. 8 | 506 186 36,8 5 = = ——
100,1 et plus . - - .…. - | 20 | 431 = 59i | do 10 | 450 | 218 | 475
Ensemble desfermes! . .. 7% 474 221 | 46,6 32 482 | 217 45,0
Suède centrale À
010. -...... 26 458 | 314 | 686 | 19 425 | 258 60,7
101725... ... -. 1” | 308 201 65,3 10 315 197 | 02,5
501-100. ..... : .… — — | == 10 387 213 | 55,0
tO0, 1 et plus . .. . .. ne | 363 196 54,0 60 ; 339 177 52,2
Ensemble des fermes! . . .1 103 | 367 | 109 | 512 101 52 180, 52%
Suède septentrionale À dE 5 ;
9.40... +... | 377 | 265 704 | 65 | 388 | 250 584
10,125. -. 70 302 214 | 70,9 72 330 ' 213 64,5
Ensemble desfermes! . . 1 147 1 3% 228 | 699 | 140 330 | 213 ] 645

1 Ÿ compris un certain nombre de fermes appartenant à des groupes non indiqués.

! Meddelande fran Kungl. Lantbruksstyrelsen, Nr. 254 (Nr. 1 âr 1925): « Räkenskaps-

resultat frän Svenska Jordbruk IX Bokfôringsaret 1922-1923 » pâ uppdrag av. Kunegl. Lant-
brukstyrelsen bearbetade av Ludvid NANNESON. Idem, Nr. 260 (Nr. 7 âr 1925), X, 1923-1924.

ee
        <pb n="67" />
        — G/

Dans la Suède méridionale, le coût total de la production est approximative-
ment le même qu’au Danemark, mais le pourcentage du coût du travail est légè-
rement plus élevé. Le coût du travail, par hectare, est à peu près le même dans
toute la Suède ; cependant, le coût total de la production décroît graduellement,
à mesure que, s’éloignant de la région méridionale, on se rapproche des districts
du centre, puis du nord. Cette diminution a pour résultat que, dans la partie sep-
tentrionale du pays, les deux tiers ou même davantage du coût total de la pro-
duction sont consacrés à la rémunération du travail. Etant donné la superficie
restreinte des fermes dans la Suède septentrionale, la majeure partie du travail
y est effectué à l’aide de la main-d’œuvre familiale. Par suite des divergences
considérables que l’on constate dans les conditions agricoles, d’une région à l’autre,
les chiffres pour l’ensemble du pays n’offrent aucun intérêt. Le pourcentage
général moyen du coût du travail, pour l’ensemble des fermes suédoises qui ont
servi de champ d’étude, serait d’environ 50,9.

Le tableau ci-après, qui montre comment se répartissent, autour de cette
moyenne, les fermes étudiées, indique un écart considérable de pourcentages, ce
qui fait que le pourcentage général moyen indiqué ci-dessous n’est nullement
représentatif. Cet écart demeure encore très grand, même si l’on étudie les régions
séparément.

TABLEAU II. — CLASSIFICATION DES FERMES ÉTUDIÉES D'APRÈS LES POURCENTAGES
MOYENS DU COÛT DU TRAVAIL DANS LE COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION
(ENSEMBLE DES DISTRICTS SUÉDOIS), 1923-1924

bus EE “en #15 | æ ot

total de la production 37 | 9 ü 56 61 66 | plus

Nombre de fermes où

ont été constatés
les pourcentages ci- |
dessus (total, 273) 13 | 13 | st (18 (26 | 254 dm: ;

Il ressort du tableau I qu’en Suède méridionale et centrale, les pourcentages
du coût du travail ont diminué de 1922-1923 à 1923-1924. Toutefois, dans les
deux cas, les différences de pourcentage du coût du travail, dans les fermes de
superficie variée, sont plus considérables que les différences d’année en année.
En Suède méridionale, on constate, en général, que le coût total de la production,
en couronnes, par hectare, est d’autant plus bas que l’exploitation est plus grande,
mais cette observation ne s'applique pas au coût du travail. Dans quelques cas,
le coût du travail par hectare est plus élevé pour une ferme d’une superficie donnée
que pour le groupement au-dessous. Lorsqu'on étudie les pourcentages, on

=
+
        <pb n="68" />
        68
constate que la proportion du coût du travail dans le coût total augmente avec
l'étendue des fermes, mais que cette augmentation est interrompue pour le groupe
des fermes de 50 à 100 hectares. Les plus grandes exploitations sont incontes-
tablement celles pour lesquelles le pourcentage du coût du travail est le plus élevé.

Dans le centre de la Suède, le mouvement est encore plus complexe. Le coût
total ne diminue pas régulièrement lorsque la superficie de la ferme augmente ;
au contraire, pour les fermes de 50 à 100 hectares, le coût total par hectare est
plus élevé que pour celles de 10 à 25 hectares. En ce qui concerne le coût du travail,
le mouvement est sensiblement le même, mais moins progressif. La conséquence
de ces deux mouvements est que, sous réserve d’une seule exception, le pourcentage
du coût du travail, dans le coût total de la production, est moins élevé dans les
plus grandes fermes.

En Suède septentrionale, l’étendue des exploitations ne joue aucun rôle.
D’autre part, les pourcentages du coût du travail ont accusé de 1922-1923 à 1923-
1924 une diminution importante qui s’explique peut-être par la réduction (voir
ci-dessus) de l’étendue des terrains consacrés aux cultures.

L'auteur des rapports suédois, M. Nanneson, a pu, à l’aide des données rela-
tives à la somme de travail utilisée dans les différentes cultures des entreprises
agricoles en Suède, calculer ce qu’il désigne sous le nom de «besoin normal » de
travail dans l’agriculture suédoise. Ce besoin normal de travail est établi en heures
de travail individuel (hommes). Les résultats ainsi obtenus ont été appliqués à
certaines des fermes étudiées, notamment à celles ayant obtenu les meilleurs résul-
tats et à celles ayant obtenu les résultats les plus médiocres. La somme réelle de
travail utilisée dans ces fermes a été calculée en divisant la somme totale de la
rémunération au travail par les tarifs normaux de salaire horaire. Le rapport de
la somme, réelle de travail au «besoin normal » de travail, multiplié par 100, est
appelé l'indice du coût du travail. Lorsque cet indice dépasse 100, il signifie que
l'exploitation a employé plus de main-d'œuvre qu’il n’était nécessaire. Il n’a pas été
tenu compte des conditions topographiques spéciales des fermes ou du paiement
de tarifs de salaires différents des tarifs normaux. Il est nécessaire cependant de
tenir compte de ces faits lorsqu’on cherche à déterminer la valeur des résultats.
Ces calculs ont été employés, dans les rapports suédois, en vue d’examiner le rap-
port du coût du travail aux bénéfices.

Les deux tableaux III et IV ci-après montrent le rapport du coût du travail
aux pourcentages des bénéfices sur le capital et à l’indice du coût du travail, pour
ün certain nombre des fermes les meilleures et les plus médiocres de la Suède
méridionale et centrale.
        <pb n="69" />
        TABLEAU III. — RAPPORT DU COÛT DU TRAVAIL AU TAUX DES BÉNÉFICES SUR LE
CAPITAL ET A L’INDICE DU COÛT DU TRAVAIL (BESOIN NORMAL DE TRAVAIL)
DANS LES FERMES AYANT SERVI DE CHAMP D’OBSERVATION EN SUÈDE MÉRI-
DIONALE, 1921-1924

1921-1922 1922-1923 1923-1924
Exploitations Exploitations Exploitations
| es | ue NE.
mé- meil- mé- meil- mé- meil-

_ diocres | leures diocres | leures … diocres | leures

Exploitations groupées d’a-

près l’étendue (hectares) 25,1-50 100,0 et plus 10,1-50
Nombre de fermes . . . . 10 10 10 | 10 5 5
Taux de bénéfices sur le

capital : .. 2,6 10,6, —1,2 2,4 1,6 6,1
Coût du travail (couronnes

par hectare). .- - - - 347 324 231 219 217 210
Coût total de la production

(couronnes par hectare). 819 744 484 455 492 469
Pourcentage du coût du

travail dans le coût total 42,4 — 44,9 47,9 48,1 44,1 44,7
Besoin normal de travail

(heures de travail indivi-

duel (hommes) par an-

née et par hectare). . . 460 500 377 355 441 446

Indice du coût du travail. 99 89 95 96 89 | 8
En Suède méridionale, la comptabilité des fermes les «meilleures » (c’est-à-dire

les fermes donnant le taux le plus élevé de bénéfices sur le capital engagé) indique

à la fois le coût total réel de production, par hectare, le plus faible, et le coût réel

de travail le moins élevé. Mais le pourcentage du coût du travail dans le coût

total est plus élevé dans ces exploitations que dans les fermes les plus médiocres.

On pourrait déduire de ce fait que les mauvais résultats d’exploitation, qu’obtien-

nent les fermes les plus médiocres, ne sont pas dus particulièrement à des dépenses

exagérées de main-d’œuvre, et, à l’appui de cette déduction, on peut relever que
l’indice du travail, bien qu’étant demeuré, pendant deux années, le plus bas dans
les fermes «les meilleures », a dépassé d’un point, en 1922-1923, le niveau atteint
dans les fermes les plus médiocres, ce qui indique que, malgré que les exploitations
des deux groupes aient employé une somme de travail inférieure à leur besoin
«normal » (les indices sont restés dans les deux cas au-dessous de 100), les fermes

69
        <pb n="70" />
        = 7)

les meilleures ont été, dans une certaine mesure, moins économes de main-d’œuvre

que les fermes les plus médiocres. Les calculs ont été établis pour trois groupes

de fermes de superficie qui varie pour chacune des trois années.

TABLEAU IV. — RAPPORT DU COÛT DU TRAVAIL AU TAUX DE PROFITS SUR LE
CAPITAL ET A L'INDIGE DU COÛT DU TRAVAIL (BESOIN NORMAL DE TRAVAIL)
DANS LES FERMES DE LA SUÈDE CENTRALE AYANT SERVI DE CHAMP D’OBSER-
VATION, 1921-1924

To 1921-1922 | 1922-1923 ‘ 1921-1922 | 1922-1923 | 1923-1991

Groupes de fermes, par 1 C 0

superficie (hectares). . 0-10 0-10 '100et plus 106 et plus [100 et plus

Nombre de fermes . . . 10 | 10 | 10 | 106 5410 | 1% ! 10 | 10 | 10 | 10

Taux de profit sur le ca- | |

pital .... .. .-80|58L40| 861-881 29 E 22 27 K3
Coût du travail (cour. par

hectare). 17e. - 7 843. 877 [363 | 201 | 301 |214 2» | 165 | 198 | 158
Coût total de la produc-

tion (cour. par hectare) 644 | 553 | 517 | 452 | 544 | 415 | 413 | 334 | 363 305
Pourcentage du coût du

travail dans le coût

total .. . . . . . . 68,8|68,2|74,1|644(55,3| 51,6| 55,4 | 49,3 | 44,6. 51,8
«Besoin normal de tra-

vail » (heures de travail

individ. (hommes) par |

année et par hectare). 480 |530 | 453 Le 310 Es 316 | 330 | 308 | 315

Nombre-indice du travail 128 | 97 | 147 | 105 |125 | 93 |115 | 78 | 120 | 93
Dans la Suède centrale, le coût total de la production dans les fermes les

plus médiocres (lesquelles enregistrent en moyenne une perte considérable) est,

pour chaque année et pour tous les groupes, plus élevé que dans les fermes les
meilleures. Le coût du travail, dans ces exploitations, est particulièrement élevé
et le pourcentage du coût du travail dans le coût total de la production demeure
supérieur à celui que l’on constate pour les fermes les meilleures. L'indice du coût

du travail, qui est bien au-dessus de 100 pour ces groupes, montre que l’on y a

employé une main-d’œuvre exagérée. Les rapports insistent fortement sur le fait

que l'emploi dispendieux de main-d’œuvre a privé l’exploitation agricole de tout
profit.

La situation étant exactement la même dans la Suède septentrionale, nous
ne donnons ici aucun tableau spécial pour cette région.

Les calculs de M. Nanneson, mentionnés ci-dessus, montrent également com-
bien différent est le besoin normal de travail pour les mêmes cultures, dans les

TE
        <pb n="71" />
        2-7}

diverses parties du pays. L'agriculture, dans la Suède septentrionale, malgré le

rendement peu élevé par hectare, exige une dépense considérable de main-d'œuvre

par hectare. Voir le tableau V, ci-dessous :

TABLEAU V. — ÉTAT COMPARATIF DES HEURES DE TRAVAIL INDIVIDUEL, PAR
ANNÉE ET PAR HECTARE, NÉCESSAIRE POUR LES DIFFÉRENTES CULTURES,
ETC., DANS LES FERMES AYANT SERVI DE CHAMP D’OBSERVATION, EN SUÈDE
MÉRIDIONALE, CENTRALE ET SEPTENTRIONALE

Cultures! et bétail ee Suene suegs
méridionale centrale septentrionale

Semailles d'automne . . . . . . 190 240 350

Semailles de printemps . . . . . 120 160 300

Pommes déterre. .. &gt;... .. 450 500 600

Betteraves d sucre .. --... 800 850 =

Plantes fourragères... . . - 550 600 650

Prairies... .. 4e - ee 60 80 100

Foutragé +. ue 1e 1e = 70 120 200

Pâturages. .… .… - - + 20 20 50

Autres travaux. . . .: … . 180 180 170

Bétail (partête) . ... . . . . 60 60-70 120
1 Jachère après chaque récolte.

SUISSE
En Suisse, l’Union des paysans (Schweizerischer Bauernverband) présente

chaque année, au département fédéral de l’Economie publique, des rapports sur

la comptabilité agricole *. Cette méthode, appliquée depuis longtemps déjà, permet
d’établir une comparaison entre les périodes d’avant-guerre et d’après-guerre.

Nous avons choisi, pour dresser nos tableaux comparatifs, la période 1908-1912,

l’année 1912 et les années 1922, 1923 (1er mars au 28 février). Les deux dernières

années marquent un retour à des conditions plus normales, après la période de

guerre. En 1922, la crise agricole a été aiguë, mais elle était surmontée en 1923

et une nouvelle hausse des prix commençait à se faire sentir.

1 Cette documentation est publiée dans l’Annuaire agricole de la Suisse, par le départe-
ment fédéral de l’Economie publique.
        <pb n="72" />
        72

On possède également des informations pour 1924, mais, comme ces chiffres
diffèrent très peu de ceux relatifs à 1923, nous avons préféré nous en tenir aux
années susmentionnées, de manière à faciliter les comparaisons avec les autres
pays pour lesquels des statistiques portant sur l’année 1924 n’ont pu être obtenues
en temps utile.

Les rapports ne contiennent aucune description agricole des fermes ayant
servi de champ d’étude. Les conditions agricoles diffèrent largement suivant les
régions. D’après un recensement, auquel il a été procédé en 1905 1, la proportion
de terrains arables, qui est de 11,7% en moyenne pour tout le pays, varie de 0,
dans certains cantons, à près de 40% dans d’autres, et les pâturages naturels
(pâturages alpins) de 0 à 72%. L’étendue des fermes est également très variée ;
pour celles dont la superficie ne dépasse pas 15 hectares, la proportion de terres
arables est de 18%, et celle des prairies de 60 à 61% en moyenne. La viticulture
ne joue un rôle que dans les plus petites exploitations. Dans les fermes de 15 à
30 hectares, les pâturages commencent à remplacer les prairies, et, pour celles
de plus de 70 hectares, la proportion est de 6% de prairies, 85% de pâturages et
1% de terres arables.

Les éléments du coût de la production correspondent aux postes a), f), g) et h)
du tableau de l’introduction ; et ceux du coût du travail aux postes f) et 9). Le
poste «impôts » comprend également les impôts personnels sur le capital investi
dans l'exploitation agricole et sur le revenu provenant de celle-ci. En 1922, les
comptes enregistraient une dépréciation extraordinaire du cheptel vivant, cor-
respondant à la baisse des prix, ce qui a porté de 2 à 9 le pourcentage de ce poste
(dépréciation du cheptel vivant) dans le coût total de la production. Etant donné
qu'au Danemark et en Suède, les pertes de cette nature ne sont pas considérées
comme un élément du coût de la production, nous avons également établi une
comparaison entre les éléments du coût du travail et le coût total, en exceptant le
poste «dépréciation du cheptel vivant ». De même, nous avons fait abstraction
du poste «intérêts sur le capital agricole », qui, dans les rapports, était inclus dans
le coût de la production.

! Recensement de 1905. Statistique de la Suisse. Résultats du recensement fédéral des entre-
prises agricoles, industrielles et commerciales, au 9 août 1905. 2me volume. Exploitation des pro-
duits bruts du sol. Berne, 1910.
        <pb n="73" />
        za
05 —

TABLEAU I. — COÛT DU TRAVAIL ET COÛT TOTAL DE LA PRODUCTION DANS DES
FERMES SUISSES (EXPRIMÉS EN FRANCS PAR HECTARE, ET SOUS FORME DE
POURCENTAGE), 1908-1912, 1912, 1922, 1923

1908-1912 - 1912 1922 _ 1923
Supetticle 18 rer [ ve ir = EE
des formes cart |ouves | its out | om ass | ces rs re | us l'es
; travail vai dense) ; travail vail dans | ; travail rail dans le ; travail vail dans le
Lo produotion | coût total Arte | coût total sateten 1 coût total éaroduation | coût total
a) Coût de la production, y compris l’amortissement du cheptel vif
(Era, Er. Tr. 6e Fr Ti F1
Jusqu'à 5 . . 761 474 | 62,2) 802 , 464 | 57,8 1.849| 101 54,6 1.528) 948 62,6
5-10 . . . .686 | 352 51,3 | 744 | 368 49,4 ; 1.301] 690 53,0 |1.185| 682 | 57,6
10-15 . . . 9500/7286 57,2 | BV | 297 54,1 | 1.166 567, 48,6 | 1.060) 563 | 53,1
15-50 . . - (4445/1244 MR 5 429 |A 957 | h 211.040) 467 44,9 896| 455 | 50,7
30 et plus . 1300/7195 sun. ; 4,4 908: 385 42,4 806 371 | 46,0
Ensemble des| _
fermes . . ; 551 | 324 | 58,2 | 592 | 298 | 55.6 |1.240| 624| 50,3 | 1.004| 605 | 55,3
b) Coût de la production, non compris l’amortissement du cheptel vif
Jusqu’à 5 . . 750 : 474 | 63,2 | 781 | 464 | 59,4 | 1.599 | 1.010' 63,1 | 1.483] 948 | 63,9

5-10 . . . 1675 352 /|152,1 (.717 3608 | 51,3 1.129) 690 61.1 | 1.133) 682 60,1

10-15 . . . .| 488 : 286 | 58,6 522 ! 297 | 56,8 1.012 | 567 56,0 996| 563 | 56,5

15-30 . . . .| 434 244 | 56,2| 462 257 | 55,6) 878] 467 53,1 840| 455 | 54,1

30 et plus . -1°877 195 517302 210 1 53.5) 761585 506 749| 371 49,5
Ensemble a ‘

fermes . . .| 542 | 324 | 59,8 | 572 | 333 | 50,2 | 1.068| 624| 58,4 |1.039| 605 | 58,9
Les chiffres absolus des années 1908-1912, 1922 et 1923 diffèrent considéra-

blement, mais, par contre, les pourcentages du coût du travail dans le coût total
de la production sont presque les mêmes, surtout lorsqu’on tient compte des chiffres
«corrigés ». Pendant les deux périodes considérées, le coût total de production,
dans les petites fermes, a atteint près du double de ce coût dans les grandes
exploitations. Pour le coût du travail par hectare, cette proportion a varié de plus
du double à deux fois et demie. Il en résulte que le pourcentage du coût du travail
dans le coût total de la production s’élève à 60 environ, dans les petites exploi-
tations, et à 50 seulement dans les grandes. Cette décroissance, qui est extra-
ordinairement régulière d’un groupe à l’autre, n’a été égalée dans aucun des pays
où s’est manifestée une décroissance analogue.

Ce qui, en Suisse, constitue une grande propriété demeure, en fait, une exploi-
tation relativement petite; c’est là une constatation qui ressort clairement du
tableau II ci-après, où l’on verra le rôle important que joue la main-d’œuvre
familiale dans les exploitations de cette nature.

15
        <pb n="74" />
        TR
TABLEAU II. — RÉPARTITION DU POURCENTAGE DU COÛT DU TRAVAIL (MAIN-
D’ŒUVRE FAMILIALE ET MAIN-D’ŒUVRE LOUÉE) DANS LES FERMES SUISSES
AYANT SERVI DE CHAMP D’OBSERVATION, 1923
_ Pourcentage du travail fourni par
Superficie des fermes _ _ _
(hectares) le fermier et sa les ouvriers
___ famille salariés
Jusqu'à 5... - UE 88 12
5-10. . 2 ee ee Se 79 21
16-15... . Ne EN Re LA 69 31
15-00... pe ee eee ee AN 50 50
30et au-dessus .. 211 31 D
Ensemble des fermes . . . mea …

oQ 40
        <pb n="75" />
        LS
isède, pour les Etats-Unis, deux groupes de statistiques annuelles, dans
St possible de puiser des informations sur le coût du travail dans l’agri-
premier de ces groupes est formé des statistiques nationales sur les
la production; le second comprend un certain nombre de rapports
manant de propriétaires d’exploitations agricoles: Les informations
; les statistiques nationales des récoltes ont ur caractère représentatif
le du pays, mais celles que donnent les rapports plus détaillés des
: Ne décrivent que la situation de fermes particulières. Ces fermes
las louées, elles sont exploitées directement par les propriétaires ;
sont d’une étendue plus grande que les fermes moyennes des Etâts-
udes entreprises sur l’économie agricole, aux Etats-Unis, reposent
r le fait que le fermier est le principal travailleur de son exploitation,
le la main-d’œuvre louée ne joue qu’un rôle subalterne. Le coût du
ésente donc, avant tout, le coût du travail effectué par le fermier, et
sans dire — celui du travail des membres de sa famille.
eau I met en regard le coût du travail et le coût total de la production ;
donnés dans ce tableau ont été empruntés aux rapports détaillés
ar des fermiers. Le coût de la production englobe l’achat de bétail,
S, d'engrais, de semences, d’outils aratoires et les articles divers, mais
ôts ?; il comprend naturellement les salaires des travailleurs gagés,
e estimation du salaire du fermier et des membres de sa famille. La
nifie la pension complète, et non pas simplement la valeur des aliments
‘ustible fournis par la ferme; il n’est pas tenu compte, cependant, du
#
œ
%
v
+ STATES DEPARTMENT OF AGRICULTURE: Crops and Markets, vol. II, supplément 7,
vol, III, supplément 7, juill. 1926. On peut également consulter les tableaux,
. dans l’annuaire agricole (Agricultural Yearbook).. ;
ôts ont été éliminés du tableau par le Bureau international du Travail.

33
      </div>
    </body>
  </text>
</TEI>
