FO _S 119 encore maintenant. Ils ont créé une vaste littérature en Alle- magne, et aussi en France. Actuellement, ils commencent à se multiplier en Russie également. Plékhanov consacre à Bogdanov plusieurs articles reproduits dans le recueil intitulé : De la dé- fense à l'attaque, et au revisionniste italien Benedetto Croce un article reproduit dans le recueil Critique de nos critiques. Dans ce dernier recueil ont également paru des articles contre Bernstein et Conrad Schmidt (Œuvres, tome XVII, t. X1.) (D. R.). (17) Ernest Mach et ses adeptes procèdent exactement de la même façon. Ils transforment d’abord la sensation en entité autonome, indépendante du corps sensible, entité qui, chez eux, s'appelle élément, et ensuite ils proclament que cette entité contient la solution et la contradiction entre l’être et le penser, entre le sujet et l’objet. On voit par là combien grande est l’er- reur de ceux qui affirment que Mach est proche de Marx. (18) Par là s’expliquent les réserves que Feuerbach fait toujours quand il parle du matérialisme. Par exemple : « En deçà de ce point, je suis complètement d’accord avec les maté- rialistes ; au delà, je me sépare d’eux » (Aphorismes posthu- mes). Ce qu’il voulait dire par là ressort nettement des paroles suivantes : « Moi aussi, je reconnais l’idée, mais seule- ment dans le domaine de l’humanité, de la politique, de la morale, de la philosophie » (Grun, II, p. 307). Mais d’où vient l’idée de la politique et de la morale ? Cette question n’est pas résolue du seul fait que nous « reconnaissons » l’idée. (19) D'ailleurs, d’après Feuerbach également, l’ «être hu- main » est formé par l’histoire. Ainsi, il dit: « Je pense seulement comme un sujet éduqué par l’histoire, généralisé, uni au tout, à l’espèce, à l’esprit de l’histoire universelle. Mes pensées n’ont pas leur principe et leur fondement directement dans ma subjectivité particulière, elles sont des résultats ; leur principe et leur fondement sont ceux de l’histoire universelle elle-même » (K. Grun, II, p. 309). Ainsi, nous trouvons déjà chez Feuerbach des germes de la conception matérialiste de Phistoire. Mais, sous ce rapport, Feuerbach ne va pas plus loin que Hegel (v. notre article : « À l’occasion du 60° anni- versaire de la mort de Hegel », dans le recueil intitulé : Vingt années [Œuvres, t. VIII]). Il reste même en arrière de lui. Avec Hegel, il souligne l’importance de ce que le grand philo- sophe idéaliste allemand appelait la « base géographique de l’histoire universelle ». Il dit : « Le chemin que suit l’histoire de lPhumanité lui est évidemment prescrit, car l’homme suit le chemin de la nature, comme cela se voit d’après la direction des cours d’eaux. Les hommes cherchent à aller là où ils trou- NOTE “