206 ECONOMIC ESSAYS IN HONOR OF JOHN BATES CLARK total des coopérateurs en Europe est d'un peu plus de 25 millions, soit en multipliant par 4 pour tenir compte des membres de la famille, de 100 millions, sur une population totale pour Europe de 460 millions, soit une proportion d’environ un quart. Mais dans certains pays, la proportion s'éléve & 40%, et méme a la moitié. Or, la population des sept pays de 'Europe méridionale, réunis, est de 105 millions; ils devraient done, s'ils étaient dans la moyenne européenne, compter plus de 5 millions de coopérateurs inscrits, au lieu de 1.500.000. La population coopérative dans ces pays ne représente donc que 1% p. 100, et méme si I’on multiplie par le coefficient 4, on n’arrive qu’a 6 p. 100 de la population totale; c’est-d-dire sur 15 3 16 personnes, il n'y a qu'un seul coopérateur (je ne parle que des coopératives de consommation). Si on classe les pays d'Europe qui sont au nombre de 29 depuis la guerre (avant ils n’étaient qu’au nombre de 20), selon le nombre absolu des coopérateurs et selon la proportion au chiffre de la population, on voit que 1'ltalie n’occupe que le Se rang comme nombre absolu, le 7e comme nombre proportionnel; la Roumanie, le 13e et le 19¢; U'Espagne, le 25e; le Portugal, la Bulgarie, la Serbie, la Gréce, les tout derniers rangs. Il n'y a pas seulement l'infériorité numérique, mais aussi celle de lorganisation. Aucun de ces pays ne posséde cet organe central et vital qu'est le Magasin de Gros. Il y en a bien eu un en Italie mais qui n’a mené qu'une existence misérable, avant méme d’avoir disparu dans la bourrasque fasciste. La coopération serait-elle une question de latitude, de climat? Sans doute linfériorité du Sud relativement au Nord est un fait que nous venons de constater. Mais quelle relation de cause a effet peut-on imaginer entre le climat et 'association coopérative? Peut on croire que, tout au moins en ce qui concerne la société de consommation, celle-ci, par définition, répond mieux aux hesoins des gros consommateurs, tels que les gens du Nord, les Anglais, gros mangeurs de beeuf et de pudding, plutot qu’aux méridionaux, qui n’ont besoin pour vivre que de peu de choses, les Italiens de macaroni, les Espagnols de pois chiches, les Roumains de bouillie de mais, les Grees de raisins secs ou d’olives? Mais cette explication simpliste doit étre écartée avec un sourire, car si les Italiens, les Espagnols, et les peuple des Balkans, sont sobres. ils ont par contre les plus nombreuses familles de