<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<TEI xmlns="http://www.tei-c.org/ns/1.0">
  <teiHeader>
    <fileDesc>
      <titleStmt>
        <title>Premières notions d'économie politique</title>
        <author>
          <persName>
            <forname>Charles</forname>
            <surname>Gide</surname>
          </persName>
        </author>
      </titleStmt>
      <publicationStmt />
      <sourceDesc>
        <bibl>
          <msIdentifier>
            <idno>1755918933</idno>
          </msIdentifier>
        </bibl>
      </sourceDesc>
    </fileDesc>
  </teiHeader>
  <text>
    <body>
      <div>[£3 
AR 
PREMIERES NOTIONS 
nuellement aux Etats-Unis, dit-on), n’a d’autre 
but que de suggérer au consommateur des besoins 
factices? C’est le désir du profit. Le marché natio- 
nal et international est encombré de produits non 
seulement inutiles mais méme nuisibles, que I'indus- 
trie a accumulés au détriment de la satisfaction des 
besoins essentiels des hommes. 
Et méme quand les entrepreneurs pourvoient 3 
nos besoins normaux, la encore leur service se 
trouve sans cesse vicié par le désir du profit. Cha- 
que marchand, pour gagner plus vite, n'a que le 
choix : ou bien de majorer le prix des marchan- 
dises, ou bien d’économiser sur la qualité en se 
servant de matiéres de qualité inférieure et en se 
laissant glisser sur la pente de la falsification des 
denrées. 
Quant a la loi de la concurrence que les écono- 
mistes seraient disposés a qualifier — comme disent 
les jurisconsultes quand ils parlent de la pres- 
cription — de « patronne du genre humain », il 
faudrait s’entendre sur la valeur de ce mot car il 
comporte deux significations bien distinctes. 
En tant qu'on entend par libre concurrence la</div>
    </body>
  </text>
</TEI>
