— 16 — Ajoutons que notre belle Provence, dont la production agri- cole, favorisée par la nature et la science de nos agriculteurs, est orientée vers des primeurs et des produits de luxe, souffre particulièrement de gênes à l’exportation que rien ne justifie. Mais si nous apportons ainsi aux agriculteurs un appui, dont nous espérons qu’ils nous savent gré au milieu des erreurs trop répandues dont ils sont les victimes, nous voudrions que, se libérant eux aussi des préoceupations immédiates, sortant des arbres pour mieux voir la forêt, ils cessent d’opprimer, sans effet utile possible, une grande industrie marseillaise. L’huilerie voit son activité paralysée, sa vitalité même com- promise par les entraves apportées à l'exportation de l’un “de ses produits principaux : le tourteau. Nous voudrions que, renonçant à l’espoir de réaliser momen- tanément des prix d’achat avantageux obtenus, grâce à la misère d’une belle industrie, par la liquidation de stocks dont le renouvellement ne peut se faire qu’au prix mondial, les agriculteurs comprennent : Qu'il est paradoxal de restreindre l’exportation d’un produit qu’il faut d’abord importer de l'étranger ; Qu'il est paradoxal de restreindre l’exportation d’un produit fabriqué dont la matière première sort librement de nos colo- nies et de France ; Et qu’il vaut mieux enfin voir l’équilibre des prix interna- tionaux rétabli par l’abondance et la libre exportation que par la rareté. Ajoutons que les discussions et les mésintelligences que les problèmes de la répartition des licences d’exportation entrai- nent entre compatriotes ne sont pas le moindre des incon- vénients d’un régime techniquement erroné, indéfendable du point de vue général du pays et qui n'a que trop duré pour la prospérité de notre cité. Pour d’autres entraves à l’exportation, on invoque, non pour les justifier, mais pour en défendre le principe, le désir de maintenir en France des industries dont les produits visés forment la matière première. Mentionnons comme exemple les chiffons et déchets métal- liques et, puisque la question touche plus directement Marseille, les ferrailles. Là encore nous ne voyons aucune raison plausible en faveur du maintien de ces entraves. Nous voulons bien admettre